La police aéroportuaire accusée de piéger des Musulmans pour en faire des espionspar Jasper Hamill, The Herald (UK) 2 mai 2010 traduit de l'anglais par Djazaïri
La section des opérations spéciales [Special Branch] a été accusée de ses pouvoirs d'interpellation et de fouille pour recruter des espions pour l'Etat dans les aéroports écossais.
Selon des militants pour les libertés publiques, des agents interpellent et interrogent régulièrement des musulmans dans les aéroports avent de leur demander d'espionner leurs propres communautés.
En vertu de l'annexe 7 du terrorism Act de 2000, des policiers peuvent interpeller et fouiller qui ils veulent, indépendamment du fait qu'elles paraissent suspectes. Refuser de répondre à une question est une infraction pénale.
Des dirigeants communautaires Musulmans et des militants des droits de l'homme ont averti que ces actions de la police risquaient de lui aliéner la communauté musulmane.
Ils ont appelé le gouvernement écossais à arrêter le recours par la police aux pouvoirs de l'annexe 7 pour recruter des espions.
Asif Ahmed, 28 ans, promoteur immobilier de Renfrew a été interpellé à l'aéroport d'Edombourgh avec sa femme et on lui a demandé de travailler comme agentt pour la Special Branch.
Ahmed déclare: "Je suis d'Ecosse, où je suis né et ai grandi, et je suis fier de notre société d'intégration.
J'ai été choque. Mais depuis, j'ai entendu parler d'autres histoires. Ca arrive à n'importe qui dans la rue."
Ahmed et son épouse revenaient de Stanstead [un aéroport londonien]. Ils étaient en train de récupérer leurs bagages quand deux agents en uniforme se sont approchés d'eux. Ils ont été emmenés dans une salle d'interrogatoire, séparés et questionnés pendant plus d'une heure.
Ahmed ajoute: "Ils ont dit qu'ils ne savaient pas que nous étions Musulmans et qu'ils ne nous ont pas arrêtés pour cette raison. Mais je suis barbu et ma femme porte un hidjab. Comment pouvaient-ils ne pas savoir que je suis Musulman?"
Les agents s'étaient eux-mêmes présentés comme membres de la Special Branch.
"Ils m'ont dit que je ne pouvais pas avoir accès à un avocat et que je devais répondre à leurs questions. Ils ont essayé de m'intimider et ont dit: "Nous avons des gens très puissants dans cet aéroport et nous pouvons faire tout ce que nous voulons."
Les agents les ont interrogés de manière intrusive, demandant s'ils connaissaient des terroristes, s'ils appartenaient à une quelconque organisation islamique et dans quelle mosquée ils priaient. Après plusieurs heures d'interrogatoire, il a été demandé au couple d'espionner pour la Special Branch. Ahmed ajoute: "De plus en plus de gens disent que ça leur est arrivé."
L'annexe 7 du terrorism Act de 2000 permet aux policiers d'interpeller et d'interroger des voyageurs dans les ports et aéroports "dans le but de déterminer s'il s'agit d'une personne qui est ou a été impliquée dans la commission, la préparation ou l'instigation d'actes terroristes."
Mohammed Asif, de la Scottish Afghan Society, dit avoir entendu parler de Musulmans interpellés "très souvent" en vertu de cette loi et à qui on a demandé d'espionner.
Il affirme que la Special Branch pose toujours ces trois questions: "est-ce que vous priez? Où priez-vous? Dans quelle mosquée allez-vous?"
Asif précise: "On m'a demandé si je savais où se trouvait Ben Laden. Ce sont des questions stupides."
Au lieu de rendre la Grande Bretagne plus sûre, dit-il, elle fait les communautés se sentir plus isolées. Il ajoute: "Dans la communauté musulmane, on ne fait généralement pas confiance à la police et tout ça va encore aggraver les choses."
Mais, selon Asif, la plupart des Musulmans signaleraient volontairement une quelconque activité terroriste à la police.
Richard Haley, de Scotland Against Criminilasing Communities [l'Ecosse contre la criminialisation des communautés] a fait campagne contre l'annexe 7.
Il déclare: "Savoir qu'il y a des informateurs sans leur communauté diminue la probabilité de voir des Musulmans s'engager en politique et crée une atmosphère dans laquelle le terrorisme peut prospérer. L'annexe 7 est une mesure législative draconienne qui nie aux voyageurs le droit limité au silence dont ils jouissent dans d'autres circonstances. La gouvernement écossais doit insister sur l'arrêt du recours à l'annexe 7 comme moyen de recrutement par la police."
Un porte parole de l'aéroport d'Edimbourg a indiqué ne pas pouvoir s'exprimer sur des problèmes de sécurité, et la la police de la région de Lothians and Borders dit ne pas avoir connaissance des allégations.