dimanche 10 décembre 2006

Un autre motif d'inquiétude pour Douste-Blazy?

Pendant que Douste-Blazy dit son "inquiétude" au sujet de la conférence organisée en Iran sur "l'holocauste," certains s'inquiètent de savoir où est passé l'argent drainé, voire extorqué, au nom des victimes de ce même "holocauste."
d
"Où est passé l'argent de la Shoah?" demande le Yedioth, ce journal du Sionistan.
d
Réponse pour une partie de l'argent tout du moins :

"Vols en première classe à travers le monde, logements dans des hôtels luxueux, dîners dans les restaurants branchés et cartes de crédits, c'est ainsi qu'opère la Claims Conference (Conference pour les indemnisations), qui s'occupe de la restitution de biens juifs volés pendant l'holocauste. Le président de la Conférence avait été impliqué dans des irrégularités financières dans de précédentes activités mais le porte parole des organisations affirme que : aucune accusation de délit n'a été retenue contre lui; il obtient des résultats remarquables pour les survivants".

Comme organisations est écrit au pluriel, j'imagine que la dite Claims Conference fait partie d'un pool d'organisations de bienfaisance dans lesquelles on retrouve les mêmes têtes et les mêmes noms, seules les fonctions changeant.

Pour avoir une idée d'où passe le reste de l'argent, le Yedioth a eu l'idée de s'intéresser à là où il n'allait pas en questionnant une "survivante de l'holocauste."

N., âgée de 63 ans et souffrant d'un cancer, vit seule à Haïfa en Palestine occupée. Elle dit loger en HLM, dépenser beaucoup d'argent en soins médicaux et ne plus arriver à joindre les deux bouts :

"je n'ai rien à manger."

N., qui est née dans un camp de concentration a téléphoné à un certain nombre d'organisations de l'entité sioniste supposées venir en aide aux "survivants" dont la fameuse Claims Conference. Toutes sans exception lui ont adressé une fin de non recevoir.
s
Après la récente guerre contre le Liban, N. s'est enhardie au point d'appeler la Claims Conference aux USA.

"Des gens m'ont dit que je pourrai recevoir de l'aide, mais ils ont basculé mon appel de ligne en ligne, des USA vers Francfort et on m'a finalement dit 'madame, ce genre de demande est géré en Israël'. Mais ici [en palestine occupée] ils m'ont fermé la porte. Ils disent que je suis trop jeune et qu'ils n'aident que les survivants âgés de plus de 75 ans."

Décidément mauvaise langue N. ne peut s'empêcher d'ajouter :

"je suis née pendant l'holocauste; j'ai souffert dans les camps dès le jour de ma naissance, j'étais malade, mais l'organisation supposée secourir les victimes de l'holocauste et possède deux milliards de dollars dans ses comptes utilise l'argent à d'autres fins et n'est pas disposée à m'aider. Les Nazis ont assassiné ma famille et volé nos biens, mais les dirigeants de la Claims conference sont-ils leurs héritiers?"

Le journal confirme que la Claims Conference n'apporte qu'une aide minimum aux personnes dont elle a pour mission officielle de récupérer les biens à leur profit. La plus grande partie de l'argent va à des organisations qui n'ont aucun rapport avec les survivants de "l'holocauste."

On peut parler de tout

OU PRESQUE...

"Al Qaida" frappe en Algérie

Voilà un moment qu'est évoquée la présence d'Al Qaida en Algérie. A plusieurs reprises, des annonces de la mort de tel ou tel responsable d'Al Qaida en Algérie étaient restées sans écho.
Les choses se présentent un peu différemment aujourd'hui puisque l'annonce de l'affiliation (ou plutôt de la réaffiliation) du GSPC algérien (Groupe Salafiste pour la Prédication et le combat) à Al Qaida a eu l'heur d'éveiller l'intérêt de la presse internationale.
d
Nous savons tous que Al Qaida est supposée être hostile aux USA et à leurs alliés. Nous savons aussi que, selon le Pentagone, le Sahara pullulerait de terroristes dont de nombreux fuyards d'Afghanistan. Ces terroristes ont, soulignons-le, le bon goût de se retrouver dans une zone du Sahel en forme de banane qui recèle entre autres des richesses en hydrocarbures sous-exploitées et sous-explorées.
Restait le passage à l'action d'Al Qaida, version Algérie, contre une cible ayant quelque rapport avec l'Oncle Sam.
d
C'est chose faite avec cet attentat contre deux bus transportant des employés de la société de construction Brown Root & Condor, de dimanche 10 décembre dans la région d'Alger.
Bilan de la chose : un mort et 9 blessés dont un grièvement.
Au fait, petite précision au passage : le mort est un Algérien et le blessé grave un Libanais. C'est la routine chez Al-Qaida : les attentats anti-USA tuent plutôt rarement des Américains (tant mieux pour eux).
Ce n'est donc pas demain que les autorités algériennes vont s'affoler au sujet de la présence d'Al-Qaida au Maghreb puisqu'elles font tout depuis des années pour persuader les USA, qui ne demandent que ça, de cette présence. Au moment du changement d'équipe au pouvoir à Washington, on a du penser à Alger qu'une piqûre de rappel s'imposait.
d
Piqûre dont la cible ne doit rien au hasard : Brown & Root-Condor est une société de droit algérien, filiale de Halliburton, cette entreprise qui s'en met plein les poches en Irak et dans laquelle Dick Cheney conserve des intérêts.
Mais non! (je vous vois venir) ce ne sont pas ces profits de guerre qui en ont fait la cible d'Al Qaida-GSPC. Il faut savoir que récemment, avant de faire la "une" de la presse en Algérie pour cet attentat, la société Brown & Root-Condor s'est retrouvée au centre d'une polémique au sujet de marchés passés dans des conditions douteuses et d'accords de sous traitance avec une société de l'entité sioniste. Deux raisons qui auraient provoqué la colère du président Bouteflika.
d
Plus que d'un attentat anti-américain il s'agirait plus vraisemblablement, comme d'habitude, d'une affaire algéro-algérienne avec, au passage, la mort d'au moins un innocent.

Une leçon d'éthique venue d'Afghanistan

Comme on le sait, du point de vue des USA tout se résume bien souvent à une affaire d'argent. L'argent est supposé régler bien des problèmes en Afghanistan aussi comme l'expose Mirwais Atal dans le Sunday Herald (journal britannique).
Ce n'est pas tout à fait faux. Mais l'argent peut-il emporter l'adhésion d'une population dont on a envahi le pays à coup de bombardements massifs et de raids sanglants?
C'est ce que semblent penser les autorités américaines qui ont imaginé se gagner les "coeurs et les esprits" des Afghans en distribuant à foison des billets verts.

"Quand, dans la province de Ghazni, au sud de l'Afghanistan, les soldats US ont donné de l'argent aux responsables villageois, ils devaient penser être en train de se faire des amis. L'argent, destiné à construire des ponts, des puits, des réseaux d'eau potable ou d'irrigation et autres infrastructures, était supposé convaincre les populations locales que la présence étrangère serait profitable pour leur pays en général et pour elles en particulier".

Cette distribution d'argent effectuée au mois d'octobre était le pendant psychologique d'une offensive lancée mi-septembre conjointement par la coalition occidentale et ce qu'on appelle pompeusement l'Armée Nationale Afghane. Offensive qui répondait au doux nom de "Operation Mountain Fury" [fureur de la montagne].
Le hic, c'est que la vénalité ne semble pas être la caractéristique première des villageois Afghans puisque :

"Le seul problème a été que les ressources destinées à combattre l'influence des Talibans en sont venues à servir exactement au contraire. Des habitants de divers endroits du district d'Andar ont dit depuis que dès que les troupes de la coalition avaient quitté leurs villages, l'argent s'est retrouvé dans les coffres des talibans pour financer le Djihad contre les étrangers."

Abdul Djalil, responsable d'un village d'Andar déclare en effet que :

"L'argent américain est impur selon l'Islam. Nous ne pouvions pas l'utiliser pour améliorer nos conditions de vie, alors nous avons décidé de le donner aux talibans. Ce que nous pouvions faire de mieux avec cet argent était d'aider les talibans à continuer le Djihad."

Dans un village de Lashko, les soldats US avaient donné 50 000 Afghani (1000$) pour un projet de construction. Le soir même, les Talibans étaient venus au village et avaient demandé aux villageois ce qu'ils comptaient faire de cette somme. Les villageois leur répondirent que :

"la décision leur revenait. Ils ont pris l'argent et sont partis."

Quelques jour plus tard, questionnés par les soldats US sur ce qu'ils avaient fait de l'argent, les villageois leur expliquèrent que les Talibans le leur avaient pris de force

"Les soldats étaient mécontents et nous ont menacé de ne pas nous aider contre les talibans".

Ce qu'on découvre dans l'article est non seulement que les villageois n'ont pas besoin d'être aidés contre les Talibans mais qu'ils soutiennent ces derniers qui les défendent face au banditisme organisé, à la brutalité des troupes gouvernementales et à la corruption de l'administration. Et qu'en réalité les Talibans sont en train d'instaurer un Etat parallèle qui a bien plus de prise sur la réalité que l'Etat "officiel" mis en place par les USA et leurs associés de l'OTAN.
La situation en Afghanistan semble, de fait, particulièrement dégradée pour l'OTAN, non seulement du point de vue militaire mais également du point de vue politique. Pour l'heure, tout ceci est minimisé par la communication officielle, le réveil n'en sera que plus brutal...

mercredi 6 décembre 2006

Est-ce déjà du terrorisme biologique?

Un vol American Airlines à destination de Dallas a du faire un atterrissage d'urgence à Nashville ce lundi rapporte le journal US Rocky Mountain News qui titre : "Flatulence force plane to land."
Au cours du voyage, plusieurs passagers ont en effet alerté l'équipage après avoir senti une odeur de soufre , ce qui a motivé l'interruption du vol. A Nashville, les 99 passagers ainsi que les cinq membres d'équipage ont évacué l'avion qui a été soumis par le F.B.I. à une fouille minutieuse tandis que les bagages étaient passés au scanner.
C'est l'interrogatoire d'une passagère qui a permis d'identifier la source de l'odeur de soufre. La porte-parole de l'aéroport de Nashville explique que :

"une passagère a reconnu avoir craqué des allumettes pour essayer de dissimuler une 'odeur corporelle'... Elle avait un problème de santé qui n'a pas été précisé."

La porte-parole a ajouté :

"D'un côté c'est drôle mais on se sent aussi désolé pour cette personne. C'est rare de voir quelqu'un procéder ainsi pour dissimuler une odeur".

Désolé ou pas, la femme n'a pas été autorisée à remonter dans l'avion. Elle n'ira pas non plus à Guantanamo puisque aucune charge n'a été retenue contre elle. Péter n'est pas encore un délit. Jusqu'à quand?

mardi 5 décembre 2006

"Un Juif pour Jésus, ça n'existe pas. C'est comme dire qu'un Noir est pour le Ku Klux Klan."

Il existe aux USA un groupe religieux syncrétique dénommé "Jews for Jesus" (Juifs pour Jésus) qui a la particularité de reconnaître la mission divine de Jésus. Ce qui, à mon avis les fait sortir du judaïsme mais mon post n'a pas pour objet une question théologique à proprement parler.

Dans son travail de diffusion de ses croyances, ce groupe a élaboré et diffusé un tract. Rien que de très banal jusque là.
La suite l'est moins.

Sur le tract figurait en effet la photo de Jackie Mason, un comédien Juif apparemment bien connu là-bas avec en légende : "Jackie Mason ... un Juif pour Jésus!?", le corps du texte soulignant les similitudes entre Juifs et Chrétiens.

Et ça, ça ne passe pas chez Jackie Mason qui n'en peut mais et dépose une plainte contre les "Juifs pour Jésus." [Mason a annulé sa plainte en échange d'excuses publiques du groupement religieux, un bon point pour lui]

Mason ne se contente pas de reprocher à l'association des "Juifs pour Jésus" d'avoir utilisé son nom et sa notoriété sans son accord préalable, ce qui peut se comprendre.

Mason ne supporte pas non plus qu'on puisse imaginer une proximité entre Juifs et Chrétiens car 'On ne peut pas être en même temps une table et une chaise. On est soit un Juif soit un gentil." [la minuscule de gentil est dans le texte du journal].

Pour être mieux compris, Mason explique :
s
Je trouve cette image de la relation judéo-chrétienne intéressante, à évoquer avec ceux qui n'arrêtent pas de nous seriner à propos d'une prétendue culture judéo-chrétienne, surtout au moment où Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy entrent, en même temps que dans la compétition présidentielle, dans une compétition pour le titre de champion du pro-sionisme.
s
Ultime précision : le groupement "Juifs pour Jésus" est pro-sioniste.

dimanche 3 décembre 2006

Al Qaida ne s'use que si l'on ne s'en sert pas

Al-Qaida a vraiment fait ses preuves et désormais l'Occident ne peut plus s'en passer, lui trouvant chaque jour de nouveaux usages.
q
Al Qaida a servi à justifier l'invasion de l'Afghanistan puis celle de l'Irak mais aussi la promulgation de lois liberticides comme le Patriot Act aux USA. Ces lois liberticides ont pour objectif premier de préserver la sécurité des populations : ça va de soi, mais ça va mieux en le disant.
s
Mais apparemment désormais, chaque fois qu'un Etat occidental rencontrera un problème, il sera semble-t-il tenté de le résoudre en invoquant ces mots magiques : Al Qaida. On se souvient que l'an dernier la tentation avait été forte chez certains de voir la main des barbus derrière les émeutes qui avaient secoué les banlieues. Coup d'essai ou perte de pédales, le gouvernement était allé jusqu'à proclamer l'état d'urgence. Le spectre du FLN - Al Qaida n'était donc vraiment pas loin.
s
En parlant de problème justement, nos voisins Britanniques en ont un qui pourrait s'avérer de taille dans quelques temps. Il s'agit de la montée en puissance d'un sentiment indépendantiste en Ecosse. Et le Scottish National Party, le parti indépendantiste, pourrait devenir la première force politique d'Ecosse et devancer ainsi le Labour aux prochaines élections.
s
Face à ce problème il était urgent de faire intervenir super Ben Laden & Cie. C'est chose faite désormais puisque John Reid (le Sarkozy Britannique) lors d'une récente visite en Ecosse a déclaré ce qui suit :

Auront-ils [les Ecossais indépendants] des gardes frontières le long de la Tweed pour arrêter les terroristes? Ou comptez-vous sur l'idée que les terroristes diront 'oui, nous avons massacré des enfants comme des adultes, nous avons assassiné des gens qui sont Musulmans et Chrétiens, oui nous avons tué des gens de tous milieux et nationalités, mais nous ne toucherons pas aux Ecossais?' C'est un conte pour enfants," a-t-il affirmé.
Il a aussi déclaré que l'opposition du Scottish national party à la guerre contre l'Irak n'empêcherait pas l'Ecosse de figurer sur la liste des cibles d'Al Qaida : "la naïveté de ceux qui croient ça, que si d'une manière ou d'une autre vous fuyez devant les terroristes, ces derniers ne s'en prendront pas à vous est démontrée par l'Histoire. Les dernières arrestations importantes de terroristes ont eu lieu au Canada, pourtant non seulement le Canada n'est pas allé en Irak, mais s'est opposé à l'intervention en Irak."

Le problème avec l'Histoire est que quand on l'invoque, il ne faut pas se contenter des parties qui nous arrangent.
s
Admettons (ce que je ne crois pas) que des réseaux, appelons les Al Qaida, s'en prennent à des nations qui ont porté le fer dans des pays musulmans. En quoi le Canada, qui s'est certes opposé à l'intervention en Irak mais est fortement engagé en Afghanistan devrait-il échapper à leurs "représailles?"
Même si ces "représailles" et les arrestations de leurs planificateurs semblent aussi bidon que le fameux complot en vue de commettre des attentats à partir d'explosifs liquides que les Britanniques ont parait-il déjoué.
s
Le truc est toujours le même : inventer un scénario catastrophe, faire porter le chapeau à des sans grades, faire noircir du papier par les journalistes.
s
De toutes façons, le but étant de susciter la crainte dans l'opinion, qui s'intéressera vraiment aux suites judiciaires?
ss
Et qu'il vient de recevoir à ce titre 170 000 Livres Sterling de dommages et intérêts aux dépens de titres aussi divers que : The Guardian, The Observer, the News of the World, The Mirror, The Daily Mail, the Mail on Sunday, the Evening Standard, the Independent, the Times, the Daily Express et the Daily Star (on a là dedans aussi bien de la presse dépôtoir que de la presse de qualité, des journaux de droite et des journaux dits de gauche).