dimanche 28 décembre 2008

Plus de frappes chirurgicales sur Gaza...

Plus de frappes chirurgicales sur Gaza : tout est dit dans ce dessin de Khalil Bendib qui montre le chirurgien boucher Ehoud Olmert en train de charcuter Gaza avec l'aide de ses assistants Tzipi Livni mais aussi Mahmoud Abbas et Hosni Moubarak.
Et il est vrai que ces derniers, comme l'ensemble des dirigeants arabes, certes à des degrés divers, sont co responsables du blocus imposé à la bande de Gaza et du déchaînement actuel de la sauvagerie sioniste.
Mais qu'ils se rassurent, aucun Arabe digne de ce nom n'oubliera jamais et tôt ou tard la facture sera présentée à qui de droit. Et il faudra payer.






mercredi 24 décembre 2008

Affaire Madoff : une leçon pour le Peuple Elu?

Je ne sais pas si cet article que je vous propose fait partie de la vague de textes antisémites supposés déferler sur internet suite à l'escroquerie montée par Bernard Madoff.

Mais le moins que l'on puisse dire est que Larry Gellman n'y va pas avec le dos de la cuiller et dénonce carrément l'esprit tribal juif qui aurait permis à Madoff de réussir à faire disparaître l'argent de bon nombre de personnalités et d'institution juifs qui lui avaient fait confiance en dépit de nombreux signaux d'alerte.

Bon, Gellman n'est pas antisémite. En réalité c'est une personnalité importante de la communauté juive américaine et un des membres de la campagne d'Obama. Il n'est pas antisioniste non plus mais, par contre, il n'est pas disposé à accepter au nom de sa foi, toutes les turpitudes de l'entité sioniste.

Ainsi écrivait-il en octobre 2008 :

Beaucoup de mes amis Républicains sont aussi d'ardents partisans d'israël. Quand ils ne me rappellent pas à quel point est horrible Obama, ils veulent s'assurer que je réalise le niveau de la menace que le terrorisme islamique fait courir aux Juifs en Israël et partout ailleurs. Il y a certainement une grande part de vérité dans ce qu'ils disent.

Mais ce qu'ils semblent avoir oublié c'est que le seul premier ministre à avoir jamais été assassiné ne l'avait pas été par un Arabe mais par un Juif pratiquant nommé Yigal Amir – un jeune et brillant élève d'une yeshiva [école talmudique] qui écoutait attentivement quand ses rabbins lui dirent que Rabin était un traitre car il négociait avec l'ennemi. Alors Amir – un patriote Juif Israélien de son propre point de vue – assassina Rabin.

Aujourd'hui, douze ans plus tard, des sondages récents montrent que 38 % des Juifs religieux israéliens considèrent Amir comme un héros et des manifestations pour exiger sa libération se déroulent régulièrement.


Alors qui est Gellman s'il n'est ni antisioniste ni antisémite ?

Simplement un Juif Etatsunien qui a semble-t-il correctement analysé la dynamique du fait religieux dans son pays. Et qui, au nom de cette analyse et des valeurs pour lesquelles ses parents ont lutté et auxquelles il croit, demande la disparition des cercles où se maintient un esprit qu'il qualifie de tribal et prétendent incarner un judaïsme loin de la réalité des citoyens Etatsuniens de confession juive.

Un article important et à lire attentivement.


La vraie leçon pour le Peuple Elu de Bernard Madoff

Par Larry Gellman, The Huffington Post (USA) 24 décembre 2008 traduit de l'anglais par Djazaïri

Alors que Bernie Madoff est occupé à commander des plats à livrer dans son appartement de l'Upper East Side, le reste du monde juif lit, écrit, regarde, écoute, rédige des courriels, des blogs, des lettres, des articles, des éditoriaux et des commentaires relatifs aux leçons à tirer de cette désormais fameuse pyramide de Ponzi.

Les faits émergent avec une lenteur de tortue mais les avis fusent de toutes parts comme les tubes à air comprimé dans un match de paint-ball. En raison de mon grand intérêt et de ma forte implication dans pratiquement toutes les choses qui ont trait à ce qui est juif, je suis sur la route de la plupart d'entre elles. Voici un bref inventaire des problèmes, sans ordre particulier à l'exception de ce que je considère comme le plus important et que je garde pour la fin.

J'ai reçu et (vu que je préside moi-même deux organisations juives) ai écrit des lettres à des donateurs, des employés, des clients et des bénévoles pour m'assurer qu'ils savent que l'Agence X n'a pas d'argent investi chez Madoff. Selon qu'il s'agissait de telle ou telle organisation, c'était en raison de politiques d'investissement conservatrices, d'une prudence nécessaire ou d'une veine incroyable.

Quelques un de mes amis m'ont écrit ou retransmis des courriels déplorant le fait que l'affaire Madoff a fait sortir de nouveau les antisémites du bois. Ce lien vous mènera vers un tel article.

L'Anti-Defamation League (ADL) a affirmé qu'il se produisait « un déversement de propos antisémites sur les sites web grand public et extrémistes ».

« Les Juifs sont toujours des boucs émissaires commodes en temps de crise, mais le scandale Madoff et le fait que tant d'investisseurs grugés soient Juifs a créé un angle d'attaque idéal pour les antisémites, » explique Abraham Foxman, directeur national de l'ADL.

Des amis m'ont envoyé des courriels pour s'assurer que je savais à quel point ce Madoff est embarrassant pour les Juifs. D'autres ont exprimé leur dégoût du fait que Madoff aie volé de l'argent à des coreligionnaires Juifs et à des associations caritatives juives.

Ces amis et l'ADL ont raison sur ce point mais ils doivent aller plus loin. C'est un événement triste et tragique. Mais personne ne s'est mis à haïr les Juifs de ce fait et nous ne devons ressentir aucune gêne devant les autres [les non Juifs] si ce n'est devant nous-mêmes. Nous vivons en Amérique en 2008 – Dieu merci.

Dans le même temps, personne n'a beaucoup parlé de ce que je considère comme la statistique la plus fascinante – que toutes les victimes personnellement recrutées par Madoff étaient juives et que, malgré les nombreux avertissements et drapeaux rouges, ils se sont tous accrochés à lui jusqu'au dénouement ultime. Madoff a fait des victimes institutionnelles qui lui avaient été apportées par des gestionnaires de fonds spéculatifs mais tous les investisseurs individuels et toutes les fondations étaient des gens qu'il rencontrait dans des clubs intégralement juifs ou par l'intermédiaire d'œuvres caritatives où il était personnellement impliqué.

Ces clients représentent une petite minorité des Juifs Américains mais ils ont des caractéristiques spécifiques par leur fortune, leur influence et leur visibilité en tant que responsables du patrimoine d'organisations juives. Ils étaient attirés par Madoff parce qu'il leur avait été chaudement recommandé par d'autres membres riches et très en vue de la communauté et parce que Madoff lui-même était un membre de la Tribu (Member of the Tribe, MOT).

J'utilise ce terme à dessein et pour la raison, fort heureusement, qu'il s'applique à un nombre de Juifs qui rétrécit de jour en jour aux Etats-Unis. Il reflète une approche qui a servi et aidé les Juifs Américains pendant des décennies quand nos parents lutter pour briser les barrières discriminatoires et pour accéder pleinement à toutes les opportunités en matière d'emploi, de scolarisation, de lieu de résidence et de loisirs.

C'était une époque où il y avait véritablement de l'antisémitisme et où une grande partie du rêve américain était hors d'atteinte pour notre peuple. C'était une bataille qui devait être livrée.

La bonne nouvelle est que nos parents ont gagné. Et c'est parce qu'ils ont gagné que notre génération et nos enfants participent complètement à tout ce que ce grand pays a à offrir avec une variété de choix et d'options que nos parents et nos grands parents seraient probablement incapables d'appréhender. Ironiquement, la plupart des institutions d'accès restreint qui subsistent sont ces clubs juifs (comme ceux dont Madoff était membre et où il cherchait ses proies) et ces écoles qui sont fermés aux non Juifs.

Nous vivons désormais dans un monde où, selon une enquête récente, 44 % des Américains disent avoir changé de religion au moins une fois dans leur vie. Il y a seulement une génération, personne ne changeait de religion – nous naissions Juifs ou Chrétiens et nous restions et nous mariions dans cette foi que ça nous plaise ou pas. Quelques générations auparavant, la plupart des gens n'allaient pas plus loin qu'à quelques kilomètres de leur lieu de naissance et ils adoptaient souvent l'emploi de leurs pères.

Mais maintenant, pour la première fois dans l'histoire, les Juifs Américains ont des choix illimités. Nous sommes libres d'épouser qui nous voulons et de vivre, de travailler et d'aller à l'école où nous voulons. La plupart des Américains profitent à plein de cette étonnante variété de choix nouveaux. Les MOT se tordent les mains et l'appellent assimilation. Le reste d'entre nous est ravi de cette liberté.

La majorité d'entre nous reste attaché à la Communauté et nous voulons certes tirer bénéfice de la Sagesse – nous allons simplement au-delà de la Tribu.

Le groupe qui se développe le plus vite chez les Chrétiens sont les gens qui se décrivent eux-mêmes comme sans dénomination [c.à.d. ni catholiques, ni Protestants…] et le groupe de juifs le plus important est de loin celui de ceux qui se décrivent comme simplement Juifs. Plus de 90 % disent être fiers d'être juifs mais ils ne gravitent généralement pas autour des synagogues, des fédérations juives, des organisations pro Israël et de tous les clubs juifs que leurs parents ont contribué à créer.

Au lieu de quoi, ils sont en quête de pratiques et de spiritualités pour améliorer leurs vies et leur donner plus de sens. Mais les tribalistes n'ont pas reçu le message. Il y a dix ans, de nombreuses organisations juives sont devenues obsédées par la promotion de la « continuité,» un mot d'ordre qui voulait dire qu'en réalité ils étaient épouvantés par le taux croissant de mariages mixtes [Juif-Non Juif]. Car on prenait pour acquis qu'une personne mariée avec un non Juif, ainsi que leurs enfants, étaient à jamais perdus pour le judaïsme.

En fait, nos synagogues et nos écoles sont pleines d'enfants dont un seul des parents est Juif tandis que l'autre n'est pas converti. Il n'est pas rare de voir une famille de faire un repas de Pâque juive au printemps et d'avoir un sapin de Noël en hiver. Dans certains de ces familles, les deux parents sont Juifs. On ne trouve ça qu'en Amérique.

De plus en plus de gens participant de plus en plus aux activités juives même s'il est douteux qu'ils se considèrent comme des membres à part entière de la Tribu. Et la plupart d'entre eux ne confieraient jamais tout leur argent à un homme dont les méthodes étaient douteuses, et dont les résultats avaient été mis en cause par un tas de gens intelligents et objectifs, simplement parce qu'il appartenait à des clubs juifs et donnaient à des œuvres caritatives juives. On peut appeler ça assimilation. J'appelle ça du bon sens.

Ce qui me ramène à Bernie Madoff et à ses victimes. Toutes ses victimes étaient juives mais tous les Juifs n'ont pas été ses victimes. De manière perverse, c'est presque l'exact opposé de ce qu'on dit souvent sur les victimes de l'holocauste.

Dans l'affaire Madoff, seuls les Juifs à l'esprit tribal avaient l'envie d'investir et de laisser tout leur argent dans une situation où les drapeaux rouges avaient été agités jusqu'à la folie sur toute la place [financière].

Comme pièce à conviction A, je soumets cet article de Time Magazine.

Intitulé "Comment j'ai été baisé par Bernie Madoff," l'article a été écrit par l'investisseur Robert Chew. Il explique que tout son argent ainsi que celui de toute la famille de son épouse (plus de trente millions de dollars) avaient été investis chez Madoff.

Mais voyons ce qu'il dit :

J'ai reçu l'appel à 18h, le 11 décembre. J'attendais ça depuis cinq ans… Je pense qu'on savait tous qu'il appellerait un jour. Nous espérions tous, mais nous savions en notre for intérieur que c'était trop beau pour être vrai, n'est-ce-pas ?

Ce qui nous ramène à la question initiale : pourquoi tant de gens intelligents ont-ils donné à Madoff tout leur argent et sont-ils restés les bras croisés sans rien faire quand il est devenu clair – ou du moins probable – qu'il annonçait des résultats irréalistes?

Une part en revient à la nature humaine mais je crois que la plus grande part tient aux règles du jeu en vigueur chez les Membres de la Tribu – le Peuple Elu des clubs et des organisations caritatives juifs, où un groupe trié sur le volet de leurs amis et associés ont également investi avec Madoff. Il y a certaines règles non écrites qui vont avec l'appartenance à ce groupe. La première est de ne jamais critiquer Israël publiquement et la seconde était apparemment de ne pas douter de Bernie. Douter de Madoff aurait été un affront envers les autres membres et en particulier ces chefs de tribu respectés qui leur ont ouvert la porte du premier rang. Peu importent les faits et peu importe le sentiment que ça finira mal qui ronge Robert Chew.

La catastrophe Madoff a secoué financièrement et émotionnellement la communauté juive. Ca a été également un choc déconcertant pour beaucoup d'entre nous de réaliser qu'un autre membre de la Tribu pouvait faire ça aux siens.

Mais la grande leçon positive qui devrait être retenue est qu'il est temps de sortir de l'esprit tribal pour notre propre bien. Nous ne pouvons pas et ne devons pas abandonner l'idée de communauté et de responsabilité partagée du bien être de chacun. Mais nous vivons dans un monde ouvert et pluraliste où la véritable valeur du judaïsme se reflète désormais dans notre sagesse, notre éthique et nos valeurs – et non par notre besoin de nous replier sur nous-mêmes et de ne faire aveuglément confiance qu'aux nôtres. La plupart des Juifs Américains l'ont compris depuis longtemps. Espérons que plus d'organisations juives et leurs chefs recevront finalement le message.

mardi 23 décembre 2008

Iront-ils un jour jusqu’à demander l’abolition de la Loi du Retour (à Sion) ?

Alors que nous sommes toujours sans nouvelles du rabbin qu'un tribunal parisien avait autorisé à quitter le territoire français pour se rendre dans l'entité sioniste, un juge vient, aux USA, de refuser la liberté sous caution à un autre rabbin, impliqué celui là, dans le scandale Agriprocessors, cet abattoir casher où la main d'œuvre était surtout composée d'illégaux non déclarés et la comptabilité peu orthodoxe.

Dans son exposé des motifs de refus, le juge a invoqué le risque de fuite lié à la Loi du Retour qui permet à n'importe quel juif, où qu'il se trouve, d'acquérir immédiatement la citoyenneté sioniste dès lors qu'il fait son « aliyah » (retour en Palestine pour l'occuper).

Bien entendu, les avocats du rabbin crient au scandale et à la discrimination, à l'opprobre jeté sur toute une communauté sans pour autant parler… d'antisémitisme.

Et pour cause.

Ils ont beau jeu de parler des accords d'extradition passés entre Sion et les Etats-Unis, des accords qui d'après eux s'appliqueraient normalement. A un moment, j'ai même cru qu'ils allaient demander l'abolition de la Loi du Retour !

On aurait aimé qu'ils nous citent des exemples d'application de ces accords. Ils existent certes mais sont rarissimes, non pas qu'il n'y ait pas de délinquants à extrader mais que pour obtenir ne serait-ce qu'une extradition, les USA sont contraints d'exercer sur Sion des pressions supérieures à celles qu'ils exercent dans le cadre des négociations de « paix. » C'est tout dire.

D'Anatoli Gaydamak à Flatto Sharon, en passant par la bande du Sentier, l'Hexagone est bien placé pour savoir ce qu'il en est de l'extradition des «olim.»

Les fédéraux affirment que la Loi du Retour implique un risque de fuite des Juifs

Sholom Rubashkin, ancien PDG d'Agriprocessors : considéré comme présentant un risque de fuite, il se voit refuser la liberté sous caution.

par Stewart Ain, The Jewish Week (USA) 10 décembre 2008 traduit de l'anglais par Djazaïri

Dans un argumentaire juridique "étonnant et très inquiétant," un procureur fédéral a soutenu que la loi israélienne du Retour induisait un risque de fuite élevé chez les Juifs Américains et les rendaient donc inéligibles à la liberté sous caution.

Cette thèse, qu'on considère comme sans précédent, est apparue dans le dossier de fraude bancaire de Sholom Rubashkin, l'ancien dirigeant juif d'Agriprocessors Inc., l'abattoir casher de l'Iowa qui est au centre de l'affaire.
Et le juge fédéral chargé de l'affaire, la magistrate Jon Stuart Coles, a cité la Loi du Retour dans sa décision du 20 novembre oppose à la libération sous caution de Rubashkin.

« En vertu de la Loi israélienne du Retour, n'importe quel Juif et les membres de sa famille qui ont manifesté le désir de s'établir en Israël se verront accorder la citoyenneté, » a écrit le juge, ajoutant que le gouvernement avait annoncé qu'au moins un des autres accusés de l'affaire Agriprocessors s'était déjà enfui en Israël.

Les avocats de Rubashkin ont écrit dans leur appel interjeté vendredi passé : « Il est ironique qu' une loi conçue pour fournir un refuge aux juifs persécutés soit maintenant devenue une base pour maintenir en détention un juif qui autrement aurait pu être libre dans l'attente du procès.»
Deborah Lauter, chef du bureau des droits civiques de l'Anti-Defamation League, a déclaré que la "référence (du procureur) à la Loi du Retour est tout à fait inhabituelle."
Marc Stern, co-directeur exécutif par intérim de l'American Jewish Congress a qualifié cette mesure de « très préoccupante. »

"Tous les Juifs sont suspects à cause de la Loi du Retour?" demande-t-il. «C'est un argument très étonnant et très préoccupant. Ce n'est pas comme dire qu'il pourrait s'enfuir en Israël – qu'il existe ou pas une Loi du Retour.»
Stern a déclaré que l'argumentation du gouvernement est "probablement non fondée en droit mais il est difficile de se prononcer sans être plus proche du dossier... Je pense que c'est une argumentation qui est trop agressive et je pense qu'ils devraient la justifier par des preuves que je ne peux les imaginer présenter. »


Dans une requête légale présentée vendredi dernier, les avocats de Rubashkin ont demandé à Scoles de reconsidérer sa décision. Et, pour préserver leur droit à l'appel, ils ont aussi présenté des documents auprès de Linda Reade, la juge de la Cour Fédérale du district, au cas où Scoles n'accorderait pas la liberté sous caution à Rubashkin.

Les avocats de la défense, F. Montgomery Brown et Guy Cook, plaident dans leurs documents que les Etats-Unis ont un accord d'extradition avec Israël et que par conséquent, "la Loi du Retour n'aurait dû jouer absolument aucun rôle dans l'analyse du dossier."

Ils observant que quand ils ont soutenu cette position devant le tribunal, le bureau de l'US Attorney Matt M. Dummermuth l'a contrée en insistant sur le fait que la procédure d'extradition « pourrait durer des années." Et le procureur avait aussi versé au dossier une copie de la Loi du Retour.

Les avocats de la défense ont indiqué que leurs recherches "n'avaient pas permis de découvrir un seul exemple impliquant un accusé Juif où l'accusation aurait invoqué la Loi du Retour pour justifier le maintien en détention."

Et ils citent un avocat qui a des années d'expérience auprès des cours fédérales des districts de Manhattan et de Brooklyn qui affirme être incapable de "se souvenir d'aucun exemple où le procureur aurait invoqué la Loi du Retour dans sa démonstration que la libération sous caution d'un Américain Juif présentait un risque particulier."

Bob Teig, porte parole du bureau de Dummermuth, a indiqué que la requête de la défense a été déposée vendredi dernier et "que nous n'avons eu aucune possibilité d'y répondre."
A la question de savoir si la qualification de l'argumentation du gouvernement par la défense était correcte, il a répondu que « L'ordre du juge parlait de lui-même.»
Laura Sweeney, une porte parole du Département de la Justice, a répondu à une question sur l'argumentation du procureur que « C'est une affaire en cours et donc le Département de la Justice n'a aucun commentaire à faire. »

Dans leur requête en refus de libération sous caution après sa deuxième arrestation en novembre – il avait été arête en octobre sur la présomption d'avoir recruté des travailleurs en situation irrégulière pour son usine – les procureurs avaient constaté que Rubashkin avait 20 000 dollars chez lui, la plus grande partie de cette somme se trouvant dans des sacs de voyage avec son acte de naissance et les passeports de ses dix enfants.

Baruch Weiss de New York, un des avocats de Rubashkin, concède que l'argent se trouvait dans la maison mais qu'il s'agissait surtout de billets d'un dollar qui avaient été récoltés pour une œuvre caritative. Et il indique que le reste servait à payer les dépenses. Il observe qu'une facture de réparation automobile d'une valeur de 1700 dollars venait d'être payée récemment en argent liquide.
Les avocats de l'Iowa qui défendent Rubashkin soutiennent dans leur requête que du point de vue "des procureurs," toute personne relevant de la loi du retour représente un risqué accru de fuite. En conséquence, de ce point de vue, 'tout Juif » sera considéré relativement à la liberté sous caution comme présentant un risque de fuite plus élevé qu'un non Juif. Ce qui signifie que 5,3 millions d'Américains seraient considérés comme présentant un risque plus élevé simplement parce qu'ils sont Juifs."
Ils soulignent que cette façon de voir incluait l'Attorney General Michael Mukasey, le responsable de la sécurité intérieure Michael Chertoff et deux magistrats de la Cour Suprême, Steven Breyer et Ruth Bader Ginsburg.

Dans leur requête, les avocats de la défense indiquent que le traité d'extradition entre les USA et Israël « a toujours été applicable, » et que suite à de récents amendements il est « maintenant mieux qu'applicable. »
"Il s'applique à tous, Juifs et non Juifs," disent-ils. « Il s'applique même à des Israéliens. Ce traité garantira que Rubashkin – même en cas d'acquisition de la citoyenneté israélienne aux tremens de la Loi du Retour – sera renvoyé aux Etats-Unis. S'il s'enfuyait en Israël, il serait arête en attendant son extradition. A cause de ce traité, la Loi du Retour n'a pas de pertinence [dans cette affaire].
De plus, les avocats de la défense affirment qu'en refusant à Rubashkin la liberté sous caution, le tribunal lui refusait son droit constitutionnel à la protection égale.

"Les Juifs son tune catégorie protégée dans l'objet de la Protection Egale, » notent-ils. « Donc, singulariser les Juifs de quelconque manière lors de la prise de décision pour la liberté sous caution est inconstitutionnel…


"Le gouvernement a échoué à démontrer la nécessité absolue d'une décision qui implique tous les Juifs et a échoué à démontrer que l'intérêt public ne pouvait être satisfait par une approche plus étroitement circonscrite... Le gouvernement n'a apporté aucune preuve que les Juifs ont une plus grande probabilité de s'enfuir que des non Juifs à cause de la Loi du Retour."


La conclusion de la défense est que "au lieu d'écrouer plus fréquemment les Juifs, les Etats-Unis devraient se baser sur le régime général de la liberté sous caution et donc tenir compte du traité d'extradition consolidé et amendé avec Israël qui est régulièrement invoqué dans ces quelques cas où l'accusé prend effectivement la fuite. Il vaut certainement mieux voir le gouvernement forcé en de rares occasions à recourir à ce traité d'extradition plutôt que brandir au dessus de 5 millions d'Américains le risque de fuite… Sinon, le gouvernement insulte des Américains à cause d'une loi adoptée dans un pays étranger sur lequel ces Américains n'ont aucun contrôle et qu'ils n'ont peut-être aucun désir d'invoquer. »


lundi 22 décembre 2008

L'article sionisme de l'encyclopédie des races et du racisme

Je vous en avais parlé à deux reprises, c’est pourquoi je suis heureux de pouvoir vous proposer une traduction de l’article sionisme que Noel Ignatiev a rédigé pour « l’encyclopédie des races et du racisme» Comme je vous l’avais relaté, les sionistes protestent contre cet article qui, selon eux, comporte des erreurs factuelles (sans dire lesquelles).
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J’ai donc cherché d’éventuelles erreurs dans ce document et je n’en ai trouvé qu’une dont la rectification aggrave un dossier du sionisme déjà passablement chargé. En effet Ignatiev évoque la déclaration Balfour comme si elle avait été rédigée à l’époque où les Britanniques exerçaient leur contrôle sur la Palestine. Or ce n’est pas le cas, la déclaration Balfour est datée du 2 novembre 1917, soit six semaines avant la prise de Jérusalem par les troupes judéo-britanniques et six mois avant l’octroi à la Grande Bretagne d’un mandat sur la Palestine par la Société des Nations. Balfour avait promis aux sionistes un territoire sur lequel le Royaume Uni n’avait strictement aucun droit. d Le sionisme, qu’on se le dise, c’est l’illégalité et l’injustice dès le départ.

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g SIONISME
Le sionisme est le mouvement politique créé pour favoriser l’établissement d’un Etat juif. Il est basé sur l’idée que les Juifs, où qu’ils vivent, constituent un même peuple. Il s’est développée n Europe à la fin du 19ème siècle en réaction à un climat de montée du nationalisme et du sentiment anti juif, notamment dans les régions sous l’autorité du tsar, où vivait le plus grand nombre de Juifs, mais aussi en France où l’affaire Dreyfus avait montré l’ampleur de l’hostilité envers les Juifs, même dans une démocratie moderne où, par comparaison, ils étaient assimilés. Parce qu’il définit le Juif non par son observance religieuse, par une langue, un lieu de naissance ou une culture mais par son lignage, le sionisme est une idéologie de la race.
d Pour beaucoup des premiers sionistes, l’emplacement du futur Etat était sans importance ; parmi les régions envisagées figuraient l’Argentine et l’Ouganda. Le premier congrès sioniste mondial, organisé par Théodore Herzl et réuni en 1897 à Bâle en Suisse, opta pour la Palestine afin de s’appuyer sur la tradition religieuse selon laquelle à l’arrivée du messie, les Juifs seront rassemblés là bas et que le royaume de Dieu sera accompli pour l’ensemble de l’humanité.
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d La Palestine moderne d En 1868 13 000 Juifs vivaient en Palestine qui comptait alors environ 400 000 habitants ; en majorité c’étaient des pèlerins aidés par des œuvres caritatives étrangères. En 1882, le baron Français Edmond de Rothschild, combinant philanthropie et investissement, commença à soutenir des colons juifs d’Europe orientale amenés en Palestine pour établir un système agricole sur le modèle de ce que les Français avaient mis en place en Algérie. Vers 1895, le nombre de juifs était passé à 50 000 ; ils parlaient le yiddish, l’arabe, le persan, le Géorgien et d’autres langues. L’hébreu était une langue liturgique que personne ne pratiquait dans la vie quotidienne. En 1907, les Juifs étaient seulement 80 000 pour une population totale de 700 000 habitants.
d En 1917, Lord Balfour, ministre Britannique des affaires étrangères, à la recherche de soutiens pour l’effort de guerre britannique au cours de la première guerre mondiale, fit une déclaration exprimant de la sympathie avec les démarches pour établir un foyer national juif en Palestine, alors sous contrôle britannique. Il annonçait également souhaiter qu’un tel foyer national ne lèse pas les intérêts de la majorité arabe. Les sionistes s’emparèrent de cette déclaration, l’interprétant comme signifiant un soutien à un Etat juif. A l’époque de la déclaration Balfour, les Juifs représentaient moins de 10 % de la population et possédaient 2,5 % du sol de la Palestine.
d Le problème de la construction d’une société juive au milieu d’une écrasante majorité non juive sera connu sous l’expression de « conquête de la terre et du travail. » Les sionistes créèrent une société, le Jewish National Fund (JNF), qui achetait des terres au nom du peuple juif. Le JNF ne louait ces terres qu’à des Juifs qui n’étaient pas autorisés à les sous louer. Les baux du JNF prohibaient spécifiquement le recours à de la main d’œuvre non juive sur les parcelles lui appartenant. Dans certains cas, quand la terre avait été acquise auprès de gros propriétaires absentéistes, les agriculteurs Arabes qui résidaient st travaillaient sur ces terres étaient expulsés. La démarche d’instauration d’un monopole juif s’étendit à l’industrie et les sionistes créèrent une institution, l’Histadrout, pour organiser les travailleurs Juifs et exclure les Arabes de la compétition avec eux sur le marché du travail.
d Malgré ces politiques et les encouragements du gouvernement britannique, pendant les trente ans qui suivirent la déclaration Balfour la majorité des Juifs dans le monde manifestèrent peu d’empressement à s’installer en Palestine. Entre 1920 et 1932, seulement 118 000 Juifs s’établirent en Palestine, moins de 1 % de la population juive mondiale. Même après l’ascension d’Hitler, les Juifs européens n’optèrent pas pour la Palestine. Sur les 2,5 millions de Juifs qui fuirent l’Europe entre 1935 et 1943, à peine 8,5 %, environ 200 000 personnes vinrent en Palestine. Près de deux millions se rendirent en Union Soviétique, 182 000 aux Etats-Unis et 67 000 au Royaume Uni – en dépit de quotas d’admission stricts dans ces deux derniers pays.
d Les restrictions britannique et étatsunienne sur le nombre de Juifs admis à immigrer coïncidaient avec la politique sioniste énoncée par David ben Gourion, le premier chef de gouvernement d’Israël : « Si je savais qu’il était possible de sauver tous les enfants d’Allemagne en les amenant en Angleterre, et seulement la moitié en les emmenant en Eretz Yisrael [le pays d’Israël], alors j’opterais pour la deuxième alternative. Car nous devons tenir compte non seulement de la vie de ces enfants mais aussi de l’histoire du Peuple d’Israël » (Brenner 1983, pp. 149 – 150). La politique d’attacher plus d’importance à l’instauration de l’Etat d’Israël qu’à la survie des Juifs (ce qui était cohérent avec le rejet de l’assimilation par les sionistes) conduisit les sionistes à collaborer avec les nazis (avec qui ils partageaient la conviction que les Juifs étaient une communauté raciale basée sur le sang) pour promouvoir l’émigration juive en Palestine.

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d LA NAISSANCE D’ISRAEL d Le triomphe du sionisme fut rendu possible par l’existence de millions de réfugiés à la fin de la seconde guerre mondiale, au maintien des restrictions sur l’immigration aux Etats-Unis et au Royaume Uni ainsi qu’à la sympathie que s’étaient attirés les Juifs en tant que victimes des persécutions nazies. Après l’annonce par la Grande Bretagne en 1947 de son intention d’abandonner son contrôle sur la Palestine, les Nations Unies votèrent pour diviser la Palestine en un Etat juif et un Etat arabe – accordant à l’Etat juif 54 % du territoire en dépit du fait que les Juifs ne possédaient pas plus de 7 % des terres. Malgré l’immigration de 75 000 Juifs en Israël entre 1945 et 1978, les Juifs restaient minoritaires dans le pays. Avant même la proclamation de l’Etat d’Israël, les sionistes avaient commencé à expulser les habitants arabes. L’attaque contre Deir Yacine en avril 948, au cours de laquelle des forces paramilitaires sionistes sous le commandement du futur premier ministre israélien Menahem Begin, massacrèrent plus de 250 civils Palestiniens, adressant aux autres le message qu’ils auraient intérêt à partir, est le meilleur exemple de la manière dont le transfert de population a été réalisé. Certains fuirent les bombardements aériens britanniques en appui direct aux Israéliens. Dans la guerre qui s’ensuivit, les forces sionistes entraînées et équipées par les Britanniques et d’un complément d’armement venu d’autres pays purent facilement l’emporter sur les forces surclassées en nombre et en équipement de Jordanie, d’Egypte et de quatre autres pays qui avaient déjà accepté la partition de la Palestine.
d A la fin de la guerre, les sionistes contrôlaient plus de 80 % de la Palestine et plus de 750 000 Arabes avaient été expulsés de chez eux. Ces gens et leurs descendants sont constitutifs du problème des réfugiés Palestiniens – un quart de l’ensemble des réfugiés de la planète. Malgré les demandes répétées de l’ONU pour qu’ils soient autorisés à rentrer chez eux, le gouvernement israélien a refusé.
d
d La fondation de l’Etat d’Israël a signifié la destruction par les sionistes de près de 400 villages arabes. Dans un célèbre discours devant les étudiants de l’Institut Israélien de Technologie d’Haïfa en 1969, Moshe Dayan, ministre Israélien de la défense de 1967 à 1974, avait déclaré :
d Des villages juifs ont été bâtis à la place des villages arabes. Vous ne savez même pas les noms de ces villages arabes et je ne vous le reproche pas car les livres de géographie n’existent plus. Non seulement les livres n’existent plus mais les villages arabes n’existent plus. Nahial a surgi à la place de Mahlul ; Kibboutz Gvat à la place de Jibra ; Kibboutz Sarid à la place de Huneifis et Kebar Yehusha à la place de Tal al-Shuman. Il n’existe pas un seul endroit construit dans ce pays qui n’avait pas antérieurement une population arabe (Davis 1987, p. 108).
d
d Le premier recensement de l’Etat d’Israël, réalisé en 1949, dénombrait 650 000 Juifs et 150 000 Arabes. La base juridique d’un Etat racial repose sur deux lois adoptées l’année suivante. La première, la Loi du Retour, permettait à tout Juif, de n’importe où dans le monde, d’avoir le droit d’immigrer en Israël et d’en acquérir la citoyenneté. La seconde fut la loi sur les biens des absents qui confisquait les possessions des Arabes qui ne résidaient plus sur la terre dont ils étaient propriétaires. Les réfugiés Arabes vivant à l’intérieur d’Israël furent qualifiés de « présents absents » avec interdiction de revenir dans leurs propriétés. Ceux qui tentèrent de le faire furent désignés comme des « infiltrés, » et certains furent tués au cours de ces tentatives. Les terres confisquées sont depuis devenues des terres domaniales israéliennes louées seulement à des Juifs et représentent la grande majorité des nouvelles colonies juives.
d L’Etat d’Israël n’appartient pas, même en théorie, à ceux qui résident sur son territoire, mais a été défini par les juridictions israéliennes comme étant « l’Etat souverain du peuple juif, » où qu’il se trouve. En cohérence avec cette conception de soi, l’Etat n’a jamais défini ses frontières ni même déclaré l’existence d’une nationalité israélienne.

d
d AVANTAGES RESERVES AUX JUIFS EN ISRAEL d Selon le droit israélien, toute personne née d’une mère Juive est Juif, sauf conversion de cette personne à une autre religion. Le raisonnement qui amène cet écart par rapport à la loi judaïque est que ce genre de personnes affaiblit l’identité nationale juive à cause de leur tendance à se marier en dehors de la communauté juive. En même temps, l’Etat d’Israël désireux d’augmenter le nombre d’habitants loyaux, à étendu le droit au retour à des personnes qui ne sont pas de mère juive mais ont un lien avec l’identité juive par le mariage ou par transmission par filiation paternelle. Ce genre de personnes est enregistré comme étant « sous observation. » d De plus, quelques individus ont obtenu le statut de Juif après conversion au judaïsme et reconnaissance officielle de leur conversion. d En Israël, Juif est une identité assignée. Parmi les avantages associés à ce statut, outre le droit à l’immigration et à l’acquisition de terres ; se trouvent la citoyenneté, l’accès au logement, les possibilités d’accès à l’éducation et à l’emploi, la participation à la vie politique et un traitement préférentiel par le système judiciaire.
d
d Citoyenneté. Les Juifs qui immigrent en Israël deviennent automatiquement citoyens. Les Arabes qui veulent la citoyenneté doivent satisfaire à un certain nombre de conditions, à la discrétion au final, du ministère de l’intérieur. Ceci s’applique également aux Arabes nés dans ce qui est maintenant Israël pour ceux qui ont résidé ailleurs, quelle que soit la durée de cette résidence. Les non citoyens Arabes qui épousent des citoyens reçoivent seulement un statut de résident, pas la citoyenneté. Comme un universitaire l’avait affirmé, « la citoyenneté n’est presque jamais accordée à des non Juifs» (Adalah 1988, pp 24 – 28).
d
d Logement. Le gouvernement israélien pratique ouvertement la discrimination pour le logement. La cour suprême a statué qu’un Arabe qui voulait acquérir une maison dans un logement dans un quartier juif devait en être empêché par la voie légale sur la base que les appartements avaient pour fonction d’aider les Juifs à surmonter les effets de la discrimination au cours du mandat britannique. Les taux d’intérêts subventionnés par le gouvernement sont au moins inférieurs d’un tiers pour les Juifs que pour les non Juifs. Les autorités restreignent le développement des villes arabes en leur refusant les permis d’extension tandis que des permis sont accordés à des villes juives peu peuplées. Des permis de construire sont couramment refusés aux Arabes et des obstacles sont mis en travers du chemin des Arabes quand ils cherchent à construire des maisons. Sur 429 localités désignées comme zones de priorité nationale A selon la loi de planification et de construction, seules quatre sont arabes. En conséquence, les Arabes ont été contraints de vivre dans des secteurs surpeuplés d’agglomérations mixtes et dans des villes non reconnues ne disposant pas de services de base comme l’eau courante, le tout à l’égout ou l’électricité. Les habitants de ce genre d’endroits vivent sous la menace constante d’être expulsés et de voir leurs maisons démolies.
d
Education et politique familiale. Le pays gère ce qui est pour l’essentiel un système scolaire ségrégé. Des écarts significatifs existent entre les écoles juives et arabes à tous les niveaux, de l’école primaire à l’enseignement supérieur. Le ministère de l’éducation exerce un contrôle sur le curriculum des écoles juives non religieuses et arabes tout en accordant l’autonomie aux écoles religieuses juives. Le curriculum, même dans les écoles arabes, met l’accent sur l’histoire et la culture juives et ignore l’histoire et la culture des indigènes palestiniens. Comme les Arabes ne servent pas dans les forces armées, ils ne sont pas éligibles pour des avantages financiers comme les bourses, les prêts et les allocations familiales accessibles à ceux qui servent dans l’armée. La Cour Suprême a cependant statué que le paiement de subsides à des étudiants Juifs qui fréquentent des écoles religieuses et sont exemptés de service militaire, tout en les refusant à des étudiants Arabes qui ne font pas l’armée, n’était pas discriminatoire.
d
Emploi. L’Histadrout est née en tant que combinaison d’une union syndicale et d’une société coopérative pour les travailleurs Juifs. Pendant des années elle fut l’institution dominante de la société israélienne et a servi de base populaire pour le parti travailliste au pouvoir. Ces dernières années, avec l’évolution de l’économie israélienne, l’Histadrout a perdu en importance mais son héritage demeure puisque les travailleurs Juifs dominent dans les secteurs avancés de l’économie tandis que les travailleurs Arabes constituent une couche inférieure. De plus les travailleurs Arabes sont de plus en plus souvent remplacés pas des Thaïlandais ou des Philippins, partiellement en raison du renforcement de la résistance palestinienne.
d
Participation à la vie politique. Aucun parti qui conteste l’existence d’Israël en tant qu’Etat juif n’a le droit de participer aux élections. Il est même contraire à la loi d’arborer des signes ou de chanter des hymnes d’organisations antisionistes. De plus, les grands partis ont pris clairement position pour qu’aucune coalition ne dépende du soutien de la communauté arabe (qui représente 20 % de la population), et aucune décision relative à l’avenir de l’Etat juif ne peut être adoptée sans une majorité juive au parlement. De la sorte, la minorité non juive est empêchée non seulement d’essayer de contourner son statut de seconde classe par des moyens parlementaires, mais même de mettre son poids dans la balance quand l’opinion juive est divisée.
d
Le système judiciaire. L’Etat ne fournit pas d’informations comparatives sur les sentences infligées aux Juifs et aux Arabes convaincus d’actes criminels, mais l’examen des archives judiciaires montre de grandes disparités dans les condamnations comme dans les inculpations. Les tribunaux israéliens ainsi que la Cour Suprême ont statué avec constance que la discrimination entre Arabes et Juifs était légitime compte tenu de la création d’Israël en tant qu’Etat pour les Juifs. Dans un dossier caractéristique, un colon Juif avait été condamné pour avoir tué un enfant Arabe. Le juge l’avait condamné à une peine de prison de six mois avec sursis assortie d’un travail d’intérêt général. En réponse aux critiques, le juge avait déclaré, «C’est une erreur que de demander au nom de l’égalité, un même résultat et des sentences égales pour deux contrevenants qui ont des nationalités différentes et qui enfreignent les lois de l’Etat. La sentence qui dissuade l’un ne dissuade pas l’autre et sa communauté (Adalah, pp. 17-21).
d
d Les types de discrimination susmentionnés s’appliquent à l’intérieur de ce qu’on appelle la « Ligne Verte » - qui délimite l’Etat d’Israël à sa fondation en 1948. En 1967, Israël a occupé Jérusalem Est, la Cisjordanie, la péninsule du Sinaï et la bande de Gaza, restaurant l’intégrité territoriale de la Palestine qui avait été une unité administrative des siècles durant, d’abord sous les Ottomans puis par la suite sous mandat britannique. Après 1967, le système d’administration militaire mis d’abord en place en 1948, et qui avait été partiellement levé à l’intérieur d’Israël en 1966, fut imposé sur le reste de la Palestine qui fut ouvert à la colonisation juive avec des aides financières de l’Etat pour les colons.
d
d Au début du XXIème siècle 500 000 Juifs résident en Cisjordanie. Ils vivent dans des cités fortifiées entourées de soldats et bénéficiant de leurs propres services collectifs et qui sont reliées à un réseau routier réservé aux Juifs. Les villes et villages arabes sont isolés les uns des autres par des centaines de check points et des routes sur lesquelles les Arabes n’ont pas le droit de circuler. En 2002, le gouvernement israélien, invoquant le besoin d’assurer sa sécurité intérieure a commencé à construire une structure d’une dizaine de mètres de haut en béton et en barbelés qui sinue à travers la Palestine historique. Si en théorie cette barrière devait suivre la Ligne Verte (sauf à Jérusalem Est annexée officiellement par Israël), elle a donné l’occasion d’une nouvelle expansion de la colonisation juive. En 2003, le commandement militaire de la Cisjordanie a signé un ordre selon lequel toutes les terres situées entre ce mur et la Ligne Verte étaient interdite à tous à l’exception des citoyens Israéliens. d
d
LA DEMOCRATIE EN ISRAEL
d Depuis la fondation de l’Etat d’Israël, ses défenseurs ont eu du mal à concilier la réalité d’un Etat juif avec une conception de la démocratie. Certains ont traité le problème en rejetant la démocratie comme un but pour les non Juifs. Parmi eux on trouve Ariel Sharon qui devint premier ministre en 2001 ; Sharon avait affirmé, « Nos grands parents ne sont pas venus ici pour bâtir un Etat démocratique. Ils sont venus pour bâtir un Etat juif. » D’autres ont nié la contradiction en insistant sur le caractère à la fois juif et démocratique de l’Etat. Pour ces personnes, l’occupation de Gaza et de la Cisjordanie a posé de nouveaux problèmes idéologiques : si les Arabes qui vivent à l’intérieur de l’Etat d’Israël, où ils représentent 1/5 de la population, peuvent être considérés comme des citoyens de seconde zone, les 3,5 millions d’Arabes qui résident dans les territoires occupés après 1967 doivent être considérés comme une population sans Etat dépourvue de droits et de représentation politique. d
s
Sous la pression de critiques internes et de l’opinion internationale, les autorités sionistes ont accepté le principe d’un Etat séparé sur une partie de la Palestine historique. Le problème est devenu alors de maximiser la superficie qui fera partie de l’Etat juif tout en réduisant au minimum le nombre d’indigènes Palestiniens à l’intérieur. A cette fin, les autorités sionistes ont continué à étendre la colonisation juive (pour conforter leurs revendications de terres supplémentaires dans l’anticipation d’un accord) tout en évinçant les indigènes Palestiniens, en détruisant des villages et en rendant la vie difficile pour ceux qui restent sur place. d Les autorités se sont, depuis, retirées de Gaza, une bande de terre de 360 km2 où résident 1,4 million d’indigènes Palestiniens, essentiellement des réfugiés de 1948 ou 1967 et leurs descendants. Elles ont retiré 7500 colons Juifs (1,7 % de l’effectif total des colons dans les territoires occupés par Israël après 1967), mais ont laissé la région encerclée de clôtures de barbelés électrifiés et de tours de surveillance. L’ensemble de la circulation et du commerce vers et à partir de Gaza est contrôlé par Israël de même que l’espace aérien et les ressources en eau. Il existe même des plans pour une clôture maritime qui donnerait à Israël le contrôle total de la frontière maritime. d Auteur : Noel IGNATIEV, traduit de l'anglais par Djazaïri

mercredi 17 décembre 2008

Un ministre indien s'interroge sur ce qui s'est réellement passé à Mumbai

Lors des récentes attaques de Mumbai en Inde, un offiier de la brigade anti terroriste (ATS), Hemant Karkare a trouvé la mort. Karkare est le policier qui avait enquêté sur les attentats de Malageon, imputés d’abord aux Musulmans avant la mise en cause d’extrémistes Hindous dont un officier supérieur de l’armée.

Karkare était donc un personnage gênant pour cette frange extrémiste qui manifestement tente de s’implanter dans l’armée indienne et sa mort est survenue à point nommé.

Karkare a-t-il été victime des terroristes présumés Pakistanais où y a-t-il eu en fait deux opérations distinctes à Mumbai?

Aujourd’hui c’est un ministre du gouvernement indien qui pose ouvertement la question au grand dam des extrémistes Hindous. Ce ministre est M. Antulay, chargé des minorités, c’est-à-dire un poste ultra sensible dans un pays déchiré par des affrontements communautaires qui ne se limitent pas aux heurts entre Musulmans et Hindous.


Antulay émet des doutes sur la mort de Karkare

Times of India 17 Déc. 2008 traduit de l’anglais par Djazaïri

NEW DELHI: Par des remarques qui ont lancé une controverse mercredi, A.R. Antulay, ministre fédéral chargé des minorités a émis des doutes sur le fait qu’Hemant Karkare, chef de l’ATS du Maharashtra, ait été tué par les terroristes Pakistanais, laissant entendre que sa mort pourrait être liée à son enquête sur les explosions de Malegaon.

Soutenant que « la réalité est plus complexe que ce qui se donne à voir, » il a déclaré que Karkare enquêtait sur certains dossiers dans lesquels « il y a également des non Musulmans, » en référence apparemment aux attentats de Malageon qui ont été suivis de l’arrestation de onze personnes dont le prêtre hindouiste Pragya Thakur et le lieutenant colonel Shrikant Prasad Purohit.

La façon dont il (Karkare) est mort pourrait relever d’une enquête distincte, » a déclaré Antulay.

Les propos du ministre ont été immédiatement critiqués par le Bharatiya Janata Party qui a demandé au premier ministre d’indiquer s’ils correspondaient à un «dérapage individuel ou à une position collective du gouvernement. »

« Ces propos sont nauséabonds et exigent une clarification de la part du premier ministre, » a déclaré aux journalistes Rajiv Pratap Rudy, porte parole du BJP.

Antulay a déclaré : « Karkare avait découvert lors de ses investigations sur certaines affaires que des non Musulmans étaient impliqués. Une personne allant à la racine du problème du terroriste est toujours une cible.»

«A première vue, ils (les terroristes) n’avaient aucune raison de tuer Karkare. A-t-il (Karkare) été victime du terrorisme ou du terrorisme plus quelque chose, je ne sais pas, » a-t-il ajouté.
Décrivant Karkare comme un officier plein d’audace, lucide et très perspicace, Antulay a demandé « Comment se fait-il qu’au lieu d’aller à l’hôtel Taj ou Oberai ou même à Nariman House, il soit allé dans un endroit où il ne se passait rien comparativement à ce qui s’est produit dans ces trois endroits ? »
« Pourquoi tous les trois (Hermant Karkare, Vijay Salaskar et Ashok Kamte) y sont-ils allés ensemble. Ca dépasse mon entendement, » a conclu le ministre.

dimanche 14 décembre 2008

Vers l’accomplissement, puis la fin, du ghetto sioniste

L'intérêt de John Mearsheimer pour l'entité sioniste et les relations des USA avec cette dernière n'a pas faibli. En témoigne cette analyse percutante qui se veut prospective et complète utilement un post antérieur sur la bombe démographique qui menace l'entité..


Mearsheimer prédit tout simplement l'évolution de l'entité sioniste vers une situation d'apartheid officielle et l'accession au pouvoir des rabbins. C'est précisément cette perspective du pouvoir rabbinique conjugué à celui des militaires qui a poussé Avraham Burg à écrire un livre qui fait du bruit.


Cette évolution du pouvoir vers le rabbinat ne saurait pourtant surprendre tant elle est dans la logique d'une entité sioniste qui, à force d'hésiter entre une définition raciale du judaïsme et une définition religieuse a finalement les deux.

Et dans le cas de la définition religieuse, le judaïsme ne se conçoit qu'avec le pouvoir des rabbins sur la société dans ses diverses composantes.

Mearsheimer pointe un certain nombre de conséquences de cette perspective d'un pouvoir rabbinique. Il évoque notamment ces ressortissants sionistes qui aimeraient pouvoir quitter l'entité mais sont dans l'incapacité de le faire.

Qui sont ces derniers ? Pour l'essentiel, ce sont ces déclassés qui forment une part non négligeable du peuplement de l'entité : peu instruits, peu qualifiés, leurs chances de s'en sortir à l'étranger sont proches de zéro.

Mearsheimer souligne le fait que les Juifs ultra orthodoxes sont la seule fraction de la population juive à connaître un essor démographique. S'il le signale, je pense qu'il convient d'insister sur le fait qu'en majorité les ultra orthodoxes ne travaillent pas, ne font pas le service militaire et que leurs enfants fréquentent des écoles religieuses.

En eux-mêmes ces faits sont lourds de conséquences pour l'entité sioniste : non travail signifie nécessité de recourir à une main d'œuvre extérieure (palestinienne ? philippine ? non juive de toutes manières) ; non service militaire signifie à terme problèmes d'effectifs dans l'armée (consolation, il y aura pléthore de rabbins pour bénir les bombes et autres missiles) ; non fréquentation des écoles publiques signifie impossibilité de détourner les gamins de l'ultra orthodoxie de leurs parents ; cela signifie aussi des études centrées sur le Talmud loin des besoins d'une économie et d'une armée qui se veulent à la pointe de la technique.

D'autre part, si les ressortissants sionistes les plus qualifiés continuent à partir et si le flux d'immigrants qualifiés venait à se tarir complètement, on ne donnera pas cher des prouesses technologiques de Sion qui sont d'abord dues à l'importation de cerveaux formés aux USA, en Russie et ailleurs et guère à un système éducatif à côté duquel personne n'oserait plus décrier le système français.


Le visage changeant d'Israël

Par John Mearsheimer, TPMCafe (USA) – 12 décembre 2008 traduit de l'anglais par Djazaïri


Avraham Burg croit à l'évidence que l'occupation a eu un profond effet corrupteur sur Israël. Mais un autre phénomène qui est en cours à l'intérieur d'Israël l'inquiète beaucoup : le changement de nature de cette société. Il dit par exemple que « la société israélienne est fondamentalement divisée, » et même s'il ne précise pas les détails de cette division, elle semble avoir une dimension politique et religieuse. Il pense que le centre de gravité politique d'Israël s'est déplacé sensiblement à droite. En fait, il pense que la gauche « a vu sa base s'effriter et est devenue marginale. » Il considère aussi que l'équilibre entre les Israéliens tenants du sécularisme et les religieux a basculé en faveur de ces derniers, et c'est pourquoi il écrit que « l'avènement d'un Etat dirigé par des rabbins et des généraux n'est pas un cauchemar impossible. »

Je vais tenter d'étayer l'analyse de Burg en précisant quelques tendances internes de la société israélienne qui ont eu et continueront à avoir un effet profond sur l'Etat juif avec le temps, mais qui dont les médiats traditionnels ici en Amérique ne parlent guère. Plus précisément, je voudrais me concentrer sur le renforcement des ultra-orthodoxes ou Haredi en Israël, et de l'émigration hors d'Israël qu'on pourrait appeler « Aliyah à l'envers. »

Au moment de sa fondation en 1948, Israël comportait seulement un petit nombre de Juifs ultra orthodoxes. En fait, les Haredis étaient profondément opposés au sionisme qu'ils percevaient comme un affront à la tradition juive. Cependant, leur nombre s'est accru par à coups ces dernières années comme l'a fait leur proportion dans la population israélienne. La raison en est simple : en moyenne, chaque femme Haredi a 7,6 enfants, ce qui représente à peu près le triple de ce qu'on observe dans l'ensemble de la population juive israélienne. Ainsi le magazine Forward rapportait en août 2007 que « En quinze ans, de 1992 à 2007, la proportion d'enfants juifs fréquentant des écoles élémentaires publiques profanes est passé de 67 % à 55 % ; cette proportion devrait tomber à 51 % en 2012. Le pourcentage d'élèves qui fréquentent les écoles ultra orthodoxes est passé entre temps de 12 ,4 % en 1992 à 26,7 % en 2007 et devrait atteindre 31 % en 2012. »

La croissance rapide de la communauté ultra-orthodoxe a des conséquences significatives pour Israël, parce que seulement 30 % des hommes ultra orthodoxes travaillent et très peu parmi eux effectuent le service militaire. Plus généralement, elle implique que cette communauté jouera probablement un rôle politique important en Israël dans les décennies à venir. Il vaut la peine de noter que lors de la dernière élection municipale à Jérusalem, le candidat ultra-orthodoxe, Meir Porush a déclaré que « Encore quinze années et il n'y aura plus un seul maire non religieux dans aucune ville d'Israël, excepté peut-être dans un petit village perdu ». Il exagérait, c'est certain, mais ses propos montrent l'orientation prise par Israël et pourquoi Burg s'inquiète du contrôle de l'Etat par les rabbins.

La deuxième tendance réside dans le grand nombre d'Israéliens qui ont émigré en Amérique du nord et en Europe, et qui ne rentreront probablement pas. Selon la plupart des estimations, il y a approximativement 5.3 millions de juifs Israéliens et 5.2 millions de Palestiniens habitant le grand Israël [c.à.d. l'ensemble de la Palestine]. Il y a également environ 300.000 individus habitant en Israël que le Bureau central de la statistique définit en tant que «autres. » La plupart sont des parents d'immigrés ou les individus juifs qui ont des ancêtres juifs, mais pas une mère juive, et ne sont donc pas classés dans la catégorie des juifs par le gouvernement israélien. Si on compte ces « autres » comme juifs, alors il y a 5.6 millions de juifs israéliens, et non 5.3 millions. Procédons ainsi, ce qui signifie qu'il y a 5.6 millions de juifs israéliens et 5.2 millions de Palestiniens. Cependant, tous ces juifs n'habitent plus toujours en Israël. Il est difficile d'obtenir des chiffres fiables sur le nombre d'Israéliens qui vivent à l'étranger, parce que le gouvernement a cessé de les publier au début des années 70. En me basant sur divers articles sur le sujet et des conversations que j'ai eues quand j'étais en Israël en juin dernier, il semble raisonnable de supposer qu'au moins 750.000 Israéliens vivent à l'étranger. Ceci signifie qu'il y a maintenant moins de juifs que de Palestiniens habitant le grand Israël, même en comptant les 300.000 «autres» comme juifs.


En outre, de nombreux indices montrent qu'un nombre substantiel de juifs israéliens voudrait quitter Israël s'il en avait la possibilité. Dans un article qui vient de paraître dans National Interest, John Mueller et l'Ian Lustick rapportent que « une étude récente indique que seulement 69 % d'Israéliens juifs disent vouloir rester dans le pays, et un sondage de 2007 montre qu'un quart des Israéliens envisagent de partir, pourcentage qui inclut presque la moitié de l'ensemble de la jeunesse. Ils signalent également que, «selon une autre étude, 44 % des Israéliens disent qu'ils seraient prêts à partir s'ils pourraient obtenir un meilleur niveau de vie ailleurs. Plus de 100.000 Israéliens ont acquis les passeports européens. « * je suis prêt à parier que la plupart de ces Israéliens qui ont choisi de vivre dans la Diaspora sont non religieux et modérés politiquement, au moins par rapport au contexte israélien. Il est également utile de noter que l'immigration en Israël est faible depuis le début des années 90, et que certaines années, le nombre des émigrants dépasse celui des immigrants.

Ces données semblent confirmer le point de vue de Burg selon lequel la société israélienne devient plus religieuse et moins séculière, et que le centre de gravité politique va beaucoup plus loin vers la droite qu'à l'accoutumée. Je pense que l'évolution de cette situation a cinq conséquences possibles.

Premièrement, ces tendances rendront certainement moins probable une évacuation de la Cisjordanie par Israël et la création d'un Etat palestinien viable. Le Grand Israël deviendra un fait accompli, si ce n'est déjà le cas.

En second lieu, il semble clair que les juifs vont être nettement dépassés en nombre par les Palestiniens dans le Grand Israël. Le fait démographique fondamental que je n'ai pas évoqué antérieurement est que la femme palestinienne a en moyenne approximativement 4.6 enfants, contre environ 2.6 enfants pour la femme israélienne. Le Grand Israël sera un Etat de ségrégation.

Troisièmement, les jeunes Israéliens qui pensent comme Burg sont susceptibles de se sentir de plus en plus mal à l'aise en Israël, et de trouver l'idée de vivre en Europe ou en Amérique du nord de plus en plus attrayante. Et l'Europe, qui devra face dans un proche avenir à de sérieux problèmes démographiques réservera probablement un accueil favorable - peut-être même tentera-t-elle de l'attirer - aux Israéliens qui voudront immigrer.

Quatrièmement, il risque de devenir de plus en plus difficile pour les forces pro-Israël aux Etats-Unis d'arguer que Washington devrait maintenir ses « relations spéciales " avec l'Israël, parce que les deux pays ont « des valeurs communes. « Il n'y a pas beaucoup de similitude en termes de valeurs fondamentales entre cet Israël émergent l'Amérique contemporaine.

Cinquièmement, il semble également évident qu'il va être de plus en plus difficile pour les juifs américains, particulièrement les plus jeunes, de s'identifier à Israël et de ressentir un attachement profond envers cet Etat, attachement essentiel pour maintenir les relations spéciales.

En somme, Israël est en difficulté et c'est pourquoi les Américains de toutes convictions – particulièrement ceux qui prétendent être les amis d'Israël – devraient lire le livre important de Burg et commencer à en parler.


samedi 13 décembre 2008

Les graines de l’antisémitisme

L'Agence Juive et le Yediot Aharonot, un des principaux quotidiens de l'entité sioniste s'émeuvent de la commercialisation par une chaîne de magasins aux Etats-Unis de graines de tournesol grillées.

Le Yediot écrit :

Des magasins appartenant à une famille russe stockent et vendent des dizaines de paquets comportant une étiquette représentant un Juif d'apparence sinistre et avide. Pour l'Agence Juive : brusque montée d'antisémitisme aux Etats-Unis en raison de la crise financière globale.

Un peu plus loin :

Amos Hermon, chef de la Task Force contre l'antisémitisme de l'Agence Juive explique que ce n'est pas la première fois que des symboles anti juifs sont utilisés par des Russes. « Ce que nous voyons ici est l'utilisation de représentations identiques à celles qui étaient d'usage dans l'Allemagne nazie et en Europe orientale avant et pendant la seconde guerre mondiale, » a-t-il déclaré.

« Le fabricant a choisi consciemment de susciter et d'invoquer des sentiments antisémites, pensant ainsi accroître ses ventes. »



Je ne connais pas la langue de ces Russes taxés sans vergogne d'antisémites mais si on en croit le Yediot on lit sur la partie gauche de l'étiquette :

Shalom d'Israël »

Et sur la partie droite, une phrase en argot qui dirait :

Crachez-les partout » par allusion aux « sales Juifs.»

Bon, je ne suis pas russophone, mais j'ai l'impression que crachez-les partout concerne la partie non comestible de la graine et que « sales juifs » ne figure pas sur l'étiquette.

On a là un exemple type de fabrication d'un événement antisémite qu'on a même le culot de mettre en lien avec la crise financière globale (au fait pourquoi la crise financière devrait-elle s'accompagner d'une montée de l'antisémitisme ?). La propagande sioniste a effectivement besoin de l'antisémitisme et c'est au microscope qu'elle le traque, quitte éventuellement à en semer elle-même les graines.

Car ces graines avec leur emballage au goût pour le moins douteux ne sont vendues que dans quatre magasins de New York, une ville peuplée de plusieurs millions d'habitants !

Ensuite, rien ne dit que les emballages en question soient utilisés pour la commercialisation de ces graines dans d'autres réseaux de distribution, aux Etats-Unis ou ailleurs.

Et ce que le Yediot comme l'Agence Juive se sont bien gardés de dire, c'est que si les commerces incriminés appartiennent bien à une famille russe, en l'occurrence la famille Shnayder, cette dernière est juive ashkénaze. D'ailleurs les magasins de la famille Shnayder se trouvent à Brooklyn, c'est-à-dire un quartier où les Juifs sont nombreux et constituent probablement l'essentiel de la clientèle.

Maintenant, voyons si cette manifestation « antisémite » va faire le tour du monde de l'information...