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dimanche 29 novembre 2015

Racisme et antisémitisme? Vraiment?

Nous constatons une montée en puissance des partis d'extrême droite dans plusieurs pays européens : en France, en Grèce, en Autriche et en Pologne notamment.
Cette montée de l'extrême droite ne se fait pas de manière uniforme, ni dans son ampleur, ni dans son contenu car ces aspects dépendent des contextes qui sont différents et de l'histoire locale.
Ainsi, en France, l'extrême droite a dû produire un certain nombre de garanties quant à son renoncement à l'antisémitisme , déni de l'existence des chambres à gaz et à afficher ouvertement la nostalgie du pétainisme . Le caractère impératif ce cette contrainte s'explique à la fois par le contexte local et le poids particulier de la communauté juive sur la vie politique française mais aussi par le fait que le régime républicain s'est reconstruit au sortir de la guerre en opposition au régime de Vichy qui l'avait rejeté. Ce n'est pas pour rein que'aujourd'hui tous les drigents politiques font référence à de Gaulle, ce qui n'avait pas toujours été le cas, notamment de la part de personnalités qui avaient fait œuvre de résistance à l'occupation allemande.
En Pologne, les choses sont différentes car si ce pays a connu une occupation allemande féroce, la résistance nationale non communiste s'en prenait certes aux soldats allemands, mais elle attaquait aussi les Juifs. Un historien a ainsi pu affirmer que les Polonais avaient tué plus de Juifs que d'Allemands pendant la guerre.
L'antisémitisme reste donc vivace en Pologne ainsi qu'en témoigne la nomination dans le gouvernement de droite d'un ministre qui a affirmé publiquement que les Protocoles des Sages de Sion étaient probablement un document authentique.
En témoigne aussi cette manifestation anti-réfugiés dans une grande ville polonaise où des manifestants ont brûlé des mannequins représentant des Juifs orthodoxes.

Des Polonais anti-réfugiés brûlent des effigies de Juifs orthodoxes pedant una manifestation à Wroclaw.

par la rédaction, The Algemeiner (USA) 18 novembre 2015 traduit de l'anglais par Djazaïri
Des dizaines de manifestants dans la ville de Wroclaw, ouest de la Pologne, ont brûlé des effigies accoutrées comme des Juifs avec des papillotes aux cheveux et des chapeaux noirs, a rapporté le journal polonais Gazeta Wyborcza mercredi. (à 3'30" sur la vidéo)

La manifestation s'inscrivait dans le cadre d'une protestation plus large contre l'admission en Pologne de réfugiés de la guerre civile en Syrie. Les manifestants affirmaient que les réfugiés étaient en réalité des migrants économiques et des terroristes, selon l'article.
La manifestation s'est déroulée sur une scène mobile devant la mairie de Wroclaw. La Police a contenu la manifestation mais ne l'a pas empêchée, en l'absence de plaintes officielles.
Beaucoup en Europe s'inquiètent de l'arrivée des réfugiés qui fuient la violence en Syrie qui a coûté la vie ) des milliers de personnes ces cinq dernières années et au causé d'immenses dévastations.
Plus tôt dans la semaine, The Algemeiner avait parlé d'une autre manifestation anti-réfugiés qui s'est tenue dans la plus grande avenue de Poznan.
La Pologne a officiellement décidé d'accepter 5 000 réfugiés.

mercredi 11 novembre 2015

Le ministre antisémite dont la presse française ne parle pas

Sur certains sujets, on ne pourra pas dire que la presse française est très réactive.
On avait ainsi pu constater qu'elle avait eu un certain retard à l'allumage pour commenter les propos négationnistes du chef du gang sioniste Benjamin Netanyahou qui a récemment affirmé que c'est le Grand Mufti de Jérusalem qui avait suggéré à Hitler l'idée d'exterminer les Juifs.

On observe un phénomène semblable en ce qui concerne la situation politique d'un pays européen, et pas n'importe lequel puisque ce pays est la Pologne, un pays important par sa population, sa qualité de membre de l'Union Européenne et de l'OTAN et sa situation géographique au contact de la Russie et de l'Ukraine

La Pologne a une frontières avec l'enclave russe de Kaliningrad et avec l'Ukraine
.

Eh bien, les élections législatives en Pologne viennent de donner la majorité absolue à un parti conservateur représentant d'une droite dure, voire même assimilable à l'extrême droite.

Ce parti conservateur siège au parlement européen dans le même groupe que les Conservateurs britanniques ; il est même la deuxième force politique de ce groupe après les affidés de David Cameron.

Un nouveau cabinet a naturellement été constitué à Varsovie et parmi ses membres, au poste clef de ministre de la Défense, a été nommé un homme qui déclarait publiquement il y a quelques années que l'opuscule intitulé « Les Protocoles des Sages de Sion » pouvait bien être authentique parce que, selon lui, l'expérience montre qu'il existe de telles organisations [qui complotent secrètement] dans les milieux juifs.

Nous sommes là devant des propos typiquement antisémites, tenus par un membre important du gouvernement d'un pays qui compte en Europe.

Et que nous en dit la presse hexagonale ?

Pour l'instant, rien.

Je vous fiche mon billet que si un obscur sous-secrétaire d'Etat d'un pays arabe avait tenu le même langage, nous aurions eu quantité d'articles et de dépêches pour signaler et fustiger des propos antisémites.

Le nouveau ministre polonais de la défense condamné pour ses propos sur la théorie d'un complot juif

par Rajeev Syal, The Guardian (UK) 10 novembre 2015 traduit de l'anglais par Djazaïri

Ministre nouvellement nommé, Antoni Macierewicz est critiqué pour avoir dit qu'un libre canular présentant un projet pour dominer le monde pourrait être authentique.

Le ministre polonais de la Défense nouvellement nommé a été condamné pour avoir suggéré la possibilité qu'un document frauduleux prétendant montrer qu'il existe un plan juif pour dominer le monde puisse être authentique.


Antoni Macierewicz


Antoni Macierewicz fait partie d'un certain nombre de nominations controversés décidées lundi par le parti de droite Droit et Justice après s'être assuré pour la première fois la majorité absolue aux élections législatives du pays.

Sa nomination pourrait compliquer les relations de la Pologne avec ses alliés de l'OTAN et de l'Union Européenne (UE) ans leur démarche pour isoler la Russie. Elle pourrait aussi constituer une difficulté pour David Cameron dont le groupe [au parlement de Strasbourg] des Conservateurs et Réformistes Européens dépend du soutien de Droit et Justice.

Macierewicz avait dit aux auditeurs de Radio Maryja en 2012 qu'il avait lu les Protocoles des Sages de Sion, un petit livre qui se présente comme un plan juif pour contrôler l'économie et les médias mondiaux mais dont il a été démontré que c'était un faux.

Il avait considéré qu'il y avait un débat autour de l'authenticité de l'opuscule, mais il avait dit aux auditeurs : « L'expérience montre qu'il existe de telles organisations dans les milieux juifs.»

Ses propos ont été largement condamnés par les militants antiracistes en Pologne. Rafał Pankowski, qui a parlé de la participation de Macierewicz à l'émission de radio dans un livre sur l'extrême droite polonaise déclare : Il est bien connu pour son discours politique extrémiste qui suscite la division et a ses racines dans le discours identitaire nationaliste de Radio Maryja.

« La culture politique de Droit et Justice semble fortement influencées par ce genre de discours. C'est un triste moment pour la démocratie polonaise et européenne si la promotion des théories du complot est récompensée par des nominations à des postes importants. »

Ancien membre de l'opposition polonaise anticommuniste et vice-ministre de la Défense, Macierewicz est connu pour son action pour purger les services de renseignements militaires du pays de toute influence russe et communiste.

Au début des années 1990, il avait mené une enquête pour repérer les communistes parmi les anciens dirigeants de Solidarité, les accusant d'avoir travaillé pour la police secrète. Il avait même accusé le fondateur du syndicat, Lech Walesa, d'être un espion connu sous le nom d'Agent Bolek, mais ses accusations n'avaient pu être prouvées.

Plus récemment, il s'est fait le champion d'une théorie selon laquelle l'accident d'avion qui avait causé la mort de 96 Polonais en 2010, dont le président Polonais, était un assassinat orchestré par la Russie et non un accident comme les enquêtes officielles l'ont établi.

« Le gouvernement dirigé par le premier ministre [russe] de l'époque, Vladimir Poutine est entièrement responsable de cette tragédie, » a-t-il déclaré devant le Parlement européen en mars.

« Il faut le dire, c'était la première salve d'une guerre qui est maintenant en cours à l'est de l'Europe et qui se rapproche de plus en plus dangereusement des frontières de l'UE et de l'OTAN. »

Le gouvernement russe a mis en cause une erreur de pilotage, et les enquêteurs polonais ont affirmé que le personnel de l'aéroport était également responsable.

Le langage incendiaire de Macierewicz risque de poser problème aux diplomates de Bruxelles déjà préoccupés par la victoire des nationalistes et eurosceptiques de Droit et Justice.

Les Protocoles des Sages de Sion auraient été publiés pour la première fois en Russie dans les années 1900 [avant la révolution bolchevique, NdT], traduits dans différentes langues et diffusés internationalement au début du 20ème siècle.

Ils sont supposés être les minutes d'une réunion de dirigeants juifs à la fin du 19ème siècle au cours de laquelle ils auraient discuté d'un projet de plan global pour subvertir les règles morales des Gentils, contrôler la presse et l'économie mondiales.

Des journalistes et des historiens ont démontré leur caractère frauduleux dans les années 1920, montrant qu'ils contenaient des extraits de textes tirés d'autres livres. Ils furent néanmoins étudiés dans les écoles allemandes après l'accession au pouvoir des Nazis en 1933.

Droit et Justice est devenu le premier parti politique de la Pologne post-communiste à obtenir la majorité absolue au parlement, ce qui lui donne un contrôle d'une ampleur inédite sur les politiques de l'Etat.

Son retour au pouvoir a remis en selle l'ancien premier ministre Jaroslaw Kaczynski dont le gouvernement avait agacé ses alliés européens avec sa rhétorique antiUE entre 2005 et 2007.

Droit et Justice n'a répondu aux demandes de commentaires du Guardian


samedi 16 mai 2015

L'étudiant juif qui jouait à la croix gammée

L'étudiant juif avait sans doute pensé s'offrir une bonne tranche de rigolade en affichant dans le hall de sa résidence universitaire aux Etats Unis un symbole religieux hindou qui n'est autre que le fameux swastika adopté dans la première moitié du 20ème sicle par le régime nazi qui en avait fait son emblème.
Mal lui en a pris, un de ses co-résidents ayant perçu la présence ce symbole comme une menace antisémite renvoyant aux heures les plus sombres de notre histoire.
Il ne sera certes pas traduit en justice mais risque d'être expulsé de sa chambre universitaire, cette dernière étant associée aussi à l'appartenance à une fraternité étudiante, un puissant outil d'intégration et d'entraide sur le campus et même après les études.
On a donc ici encore un exemple de personne de confession juive qui utilise la peur de l'antisémitisme , ici à une simple fin récréative. Mais aussi un exemple d'ethnocentrisme qui voit des milliards d'adeptes du bouddhisme ou de l'hindouisme dépossédés d'une pièce de leur symbolique religieuse rattachée d'autorité à une philosophie politique qui a dominé une partie de l'Europe pendant une courte période de temps.

Une université américaine étudie l'interdiction de la croix gammée

PTI | Times of India (Inde) 24 avril 2015 traduit de l'anglais par Djazaïri
Ceci est un symbole nazi
Ceci est un symbole nazi
WASHINGTON: La prestigieuse université George Washington envisage d'interdire le swastika, un symbole sacré de l'hindouisme et du bouddhisme, car les autorités universitaires pensent qu'elle ressemble au symbole nazi et pourrait heurter la sensibilité de certains étudiants juifs.
Ceci est un symbole hindouiste
Ceci est un symbole hindouiste
La démarche intervient après qu'un étudiant, non identifié mais de confession juive, a rapporté une représentation du swastika d'un séjour en Inde le mois dernier. Il l'a placardé brièvement sur le panneau d'affichage dans le hall de la résidence de sa fraternité majoritairement juive.
Un membre de la fraternité qui avait vu le swastika sur le panneau d'affichage avait pensé que s'était une forme de menace et avait appelé la police.
Tout avait été clarifié en quelques heures quand le plaignant avait compris qu'il n'y avait pas de menace. La police avait rapidement bouclé son enquête.
Cependant, l'étudiant qui avait placé le symbole sur le panneau d'affichage est maintenant passible d'une expulsion définitive, rapporte le Daily Caller.
Steven Knapp, président de l'université George Washington, a indiqué dans une déclaration que les intentions derrière l'affichage du motif nazi sur le campus n'affecteront pas sa détermination à le qualifier de crime inspiré par la haine [hate crime].
« Quoique l'étudiant affirme que son acte n'était pas une expression de haine, l'université a déféré l'affaire... pour examen par son unité chargée des crimes de haine, » a déclaré Knapp.
John Banzhaf, un professeur de droit public réputé de la faculté de droit de l'université George Washington, a pris en charge la défense de l'étudiant juif mis sur la sellette.
Si l'étudiant est expulsé ou subit n'importe quelle autre sanction disciplinaire, l'effet en sera d'interdire les symboles religieux sacrés du campus de George Washington, a déclaré Banzhaf.
Le swastika a longtemp été conçu comme un symbole porte-bonheur en Occident (cette représentation date de 1907)
Le swastika a longtemp été conçu comme un symbole porte-bonheur en Occident (cette représentation date de 1907)
L'administration de l'université a « apparemment pris la position de considérer qu'afficher quoi que ce soit aui pourrait être confondu avec une croix gammée nazie » est interdit, a-t-il soutenu - « même si c'est le fait d'étudiants bouddhistes ou hindouistes. »

jeudi 16 avril 2015

Qu'est-ce que la pédagogie de "l'holocauste"?

Ce 16 avril est la date retenue par le régime sioniste pour la commémoration de ce qu'il est convenu d'appeler « holocauste », c'est-à-dire la déportation et l'extermination des Juifs par le régime nazi.
Selon Wikipedia, cette date fixée dans le calendrier hébraïque correspondrait initialement à une volonté de rendre hommage aux insurgés du Ghetto de Varsovie et à d'autres partisans juifs.
C'est quand même curieux car seule une minorité des insurgés du Ghetto était sioniste, certains combattants étant même carrément antisionistes comme Marek Edelman resté fidèle jusqu'au bout à ses convictions.
Cette journée est donc l'occasion de rappeler au monde la dette qu'il est supposé avoir envers le « peuple juif » mais aussi à appeler la population de l'entité sioniste à la cohésion autour de la peur et de ses pendants naturels, la haine et la vengeance.
Ces sentiments doivent bien sûr être inculqués à la population dès son plus jeune âge. A l'école par exemple. Mais comment transmettre un sentiment ? Comment amener un enfant à éprouver un sentiment aussi proche que possible de ceux qu'ont pu éprouver ceux qui avaient leur âge à l'époque du nazisme ?
Une enseignante a appliqué une méthode qu'elle n'est certainement pas la première à employer.
Et qui n'est pas loin de la proposition faite par Nicolas Sarkozy en 2008 qui devait consister à "confier la mémoire d'un des 11.000 enfants français victimes de la Shoah" à "tous les enfants de CM2".
On peut qualifier ce genre de démarche de dérive. Mais ce genre de dérive est inévitable dès lors qu'on substitue l'enseignement de la mémoire à celui del 'histoire.

Une enseignante d'école maternelle laisse les enfants rentrer chez eux avec des étoiles jaunes de l'holocauste

par Gali Markowitz-Slotzker, Jerusalem Post (Sionistan) 16 avril 2015 traduit de l'anglais par Djazaïri
Une mère fait part de son indignation devant ce qu'elle considère comme une méthode inappropriée d'enseignement de l'holocauste aux tout petits
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La mère d'une fillette âgée de trois ans s'est plaint à la mairie de Rishon Lezion sur un message Facebook jeudi après qu'une enseignante de l'école maternelle a laissé ses élèves rentrer chez eux avec une étoile jaune sur leurs vêtements dans le cadre d'une leçon pour la Journée de Commémoration de l'Holocauste.
La mère en colère a écrit dans le message, « Les enfants ont-ils besoin d'apprendre sur ce sujet rn portant des étoiles jaunes comme les survivants de l'holocauste ? » Dans leur monde, quand les enfants reçoivent un autocollant ou un symbole qu'on leur appose, ils le voient comme un prix, une récompense pour leur bonne conduite, pas du tout comme ce symbole qui charrie une signification très lourde, trop lourde pour des tout petits, alors que le message peut être transmis d'une manière plus appropriée et plus délicate pour les enfants de cet âge. »
Elle a ajouté : « Les enseignants d'écoles maternelles peuvent-ils donc faire tout ce qui leur passe par la tête ?  N'ont-ils aucune supervision ou instruction sur les conséquences si on fait quelque chose de ce genre. Je suis une des 17 mères qui ont vu leurs enfants rentrer de l'école maternelle comme ça [avec l'étoile jaune]. Une de ces mères a encore bien du mal à retrouver son calme et pleure sans arrêt depuis deux heures... Qui assume la responsabilité ici ? Que se passe-t-il avec l'éducation de nos enfants qui sont sans aucun doute entre de mauvaises mains ! A l'aide ! »
La municipalité de Rishon Lezion a déclaré en guise de réponse que, « Tous les membres des équipes chargées de l'éducation pré-élémentaire reçoivent des instructions en amont de la Journée de Commémoration de l'Holocauste. Cet incident déborde complètement les limites et nous le considérons avec beaucoup de gravité. Le personnel concerné de l'école maternelle a été immédiatement suspendu et sera convoqué pour un entretien. »

mardi 7 avril 2015

Yasmina Haifi tient tête au lobby sioniste aux Pays Bas, et gagne.

Yasmina Haifi est une spécialiste de cybersécurité qui exerce aux Pays Bas pour le compte du ministère de la justice. Elle exerce toujours dans ce ministère même si elle a été relevée de ses fonctions dans la cellule antiterroriste qui en dépend.
Yasmina Haifi

Elle aurait pu être licenciée comme le souhaitait un certain nombre de politiques pour avoir écrit sur Twitter qu'elle considérait que l'Etat Islamique en Irak et au Levant (EIIL ou Daesh) faisait partie d'un plan sioniste pour nuire à l'Islam.
On dira que le raccourci est un peu rapide, mais dans le fond elle a raison notre informaticienne dont la mission antiterroriste lui a certainement permis de se faire son opinion.
Son employeur ministériel tout comme une commission des droits des fonctionnaires ont conclu qu'elle n'avait fait qu'exercer son droit à la liberté d'expression.
Elle a bien sûr été accusée d'antisémitisme et elle reconnaît elle-même ne pas avoir réalisé à quel pont la confusion était entretenue aux Pays Bas entre sionisme et judaïsme, elle qui précisément militait contre l'antisémitisme au sein du parti travailliste néerlandais dont elle était une adhérente.
Et dont elle a démissionné pour une raison non expliquée dans l'article.

Une spécialiste néerlandaise de cybersécurité qui avait déclaré que l'EIIL faisait partie d'un plan sioniste conserve son emploi

Jewish Telegraphic Agency 2 avril 2015 traduit de l'anglais par Djazaïri
(JTA) Un fonctionnaire néerlandaise qui affirmé que l'EIIL faisait "partie d'un plan [conçu] par les sionistes" peut garder son emploi, a décidé le ministre de la Justice du pays.
Le ministre Ard van der Steur a rendu sa décision publique mercredi dans une lettre adressée au Parlement à propos de la conduite de Yasmina Haifi, un ancien chef de projet au Centre national de cybersécurité du ministère.
Dans la lettre, van der Steur écrit que Haifi a reçu une notification "licenciement avec sursis" et sera transférée à un autre poste. Elle ne sera plus employée à l'unité néerlandaise de lutte contre le terrorisme auquel participe son ancien service fonctionne, mais elle travaillera ailleurs au sein du ministère.
Van der Steur a écrit la lettre pour répondre aux questions posées par des parlementaires de droite qui réclamaient des mesures contre Haifi.
En août, Haifi a été suspendue pour avoir écrit sur Twitter, "l'EIIL n'a rien à voir avec l'islam. Cela fait partie d'un plan par les sionistes qui cherchent délibérément à salir le nom de l'Islam." L'EIIL, ou Etat Islamique, est une organisation terroriste sunnite.
Haifi a nié être antisémite et a affirmé que son tweet visait Israël, pas les Juifs.
En Février, une commission présidée par Job Cohen, ancien maire d'Amsterdam et ancien leader du Parti travailliste néerlandais, conclu qu'il n'existait aucun motif valable pour licencier Haifi. Suite à la controverse, Haifi a quitté le Parti travailliste, où elle militait à titre bénévole.
La commission pour les droits des travailleurs de la fonction publique, présidée par Cohen, qui a des origines juives, avait recommandé une réprimande pour Haifi mais conclu qu'elle était protégée d'un licenciement par les lois relatives à la liberté d'expression.
Le vice-premier ministre Lodewijk Asscher a qualifié le tweet de Haifi "de forme classique d'antisémitisme."
Dans une lettre envoyée à des amis et à de la famille en Août, Haifi a nié être antisémite.
«J'ai toujours participé à des actions contre l'antisémitisme", écrit-elle. "Je ne m'étais pas rendue compte de la charge du mot sioniste / sionisme. Aux Pays-Bas (et dans le reste de l'Europe), il est équivalent de 'juif. " J'ai ciblé la politique d'expansion de l'État d'Israël et non le peuple juif ".

mercredi 7 janvier 2015

Le massacre perpétré au siège de Charlie Hebdo a-t-il un rapport avec la liberté d'expression?

Ce post est une synthèse de plusieurs messages ou commentaires que j'ai commencé à poster sur Facebook à partir du début d'après-midi.
Je viens d'entendre le discours de François Hollande à la radio. On doit reconnaître qu'il a fait un très beau discours, très digne et à la hauteur de la situation même s'il n'a pu éviter un passage hypocrite sur la politique étrangère de la France et fait ainsi le lien dans un sens bien précis avec la tuerie perpétrée aujourd'hui à Paris. 
On verra ce qu'il subsistera de cette dignité dans les jours, semaines et mois à venir.

Comme beaucoup, j'ai appris avec stupéfaction puis effarement l'agression extrêmement meutrière perpétrée contre les locaux du magazine Charlie Hebdo.
Non pas que j'apprécie la ligne éditoriale de cet hebdomadaire (que je m'abstiens de lire depuis maintenant de longues années), mais parce que je réprouve ces méthodes sauvages et l'effusion de sang.

Sans être absolument non violent, je considère que l'exercice de la violence doit être réservé à l'auto-défense en cas d'agresion physique, proportionnelle à l'agression et laisser la place à la justice dès lors qu'elle est en mesure de se substituer à l'autodéfense qui n'a lieu d'être qu'en cas d'urgence et d'absence d'autre recours. La violence physique, qui plus est meurtrière, est à condamner dans tous les autres cas, et bien évidemment dans le cas présent.

J'entends bien, et je comprends, que de nombreuses voix vont se lever (et se lèvent déjà) pour déplorer la perte de toutes ces vies humaines, que ce soit la mort des membres de l'équipe de l'hebdomadaire ou celle des agents de police, et pour déplorer l'atteinte physique faite à la liberté d'expression et de la presse.

Pourtant, si on ne peut que déplorer les pertes humaines, je considère que ce crime n'a rien à voir avec la liberté d'expression, ni même avec le champ médiatique. Après tout en ce moment, ce sont Michel Houellebecq et Eric Zemmour qui font l'actualité islamophobe, pas Charlie Hebdo. C'est pourtant l'hebdomadaire qui a été visé.

Ce drame s'inscrit en réalité dans la campagne de peur qui s'est mise en place depuis l'affaire Merah. Les trois premières affaires ou pseudo affaires (Nantes, Joué les Tours et Dijon) ont été un avant goût, des étapes utiles qui ont été exploitées pour renforcer les dispositifs sécuritaires dans un cadre clairement posé comme antiterroriste par le gouvernement alors que nous étions devant des incidents certes traumatisants dans lesquels des personnes ont pu trouver la mort mais qui relèvent du malheureux fait divers.

Nous sommes maintenant entrés dans le vif du sujet car ce sont des membres de l'élite intellectuelle et médiatique qui ont été visés, ce qui justifiera une très forte réponse des pouvoirs publics qui représentent d'une certaine manière ces élites. Nous allons bien sûr voir se mettre en place un ensemble de dispositions ainsi qu'une répression qui va toucher des gens et des milieux qui n'ont rien à voir avec les auteurs de ce crime.

De fait, avec le massacre perpétré au siège de Charlie Hebdo, un palier et un point de non retour ont été franchis comme on va bientôt s'en apercevoir.

Il fallait en effet une telle abjection pour balayer les réticences à sombrer dans la haine anti musulmans dont a su faire preuve le peuple français. Ici, c'est la classe médiatique, avec des personnalités qui étaient à la jonction des milieux journalistiques et artistiques, qui a été touchée en plein coeur avec des figures emblématiques du paysage culturel français, ainsi de la disparition par exemple de ce véritable monstre sacré qu'est Georges Wolinski, des symboles de l'impertinence qui ont accompagné plusieurs générations d'intellectuels et de membres de la classe moyenne cultivée (qu'on les apprécie ou pas, c'est autre chose).

Ici, il faut attirer l'attention sur le fait que depuis quelques années, le climat islamophobe est exacerbé par des membres de cette élite, que ce soit Eric Zemmour, Michel Houellebecq ou certaines des victimes du carnage qui vient d'être perpétré. C'est un climat en quelque sorte inspiré par le haut et non quelque chose qui vient des tréfonds de la société. Et il ne faut pas trop personnaliser la question parce que les personnes citées ont en réalité derrière elles tout un appareil politique et économique qui les porte à bout de bras.

Il faut donc s'attendre à une très forte réaction de ces élites qui sont des élites dominantes dans tous les sens du terme. Le crime qui vient d'être commis risque d'attirer de nouvelles couches de ces catégories sociales dans la dérive islamophobe.

La réaction des élites aura lieu aussi bien sur le plan intellectuel que sur le plan politique et sécuritaire avec un renforcement des mesures répressives. D'autant que la mise à mort de sang froid d'un agent de police à terre et sans défense aura bouleversé et choqué non seulement la population en général mais ses confrères dont j'ose à peine imaginer l'état d'esprit en ce moment.

Comme beaucoup d'autres personnes, je souhaite ardemment que les auteurs de la tuerie soient arrêtés par la police pour être traduits en justice et qu'on puisse savoir leurs mobiles exacts et qui les a inspirés/manipulés. Parce que nous sommes certainement ici devant une affaire du type Mohamed Merah ou Mehdi Nemmouche, avec des tueurs manipulés par un service. Si les auteurs sont eux-mêmes membres du service auquel je pense, ils ne seront certainement jamais pris, ni morts, ni vifs.

Personnellement, je ne veux pas manquer de respect aux victimes, que ce soit aux agents de police ou à Wolinski que j'ai toujours admiré, pas même à Charb qui a versé dans la provocation islamophobe.

Je me refuse par contre à associer ce crime à des Musulmans et encore moins à des Musulmans agissant en toute connaissance de cause.

Pour moi, ce n'est et ne peut être que le résultat d'agissements de personnes manipulées (du genre justement Mohamed Merah, Mehdi Nemmouche et d'autres) ou le résultat de l'intervention directe d'un service spécialisé.

Pour mieux me faire comprendre, je dirai que ces crétins/salopards peuvent être manipulés dans ce sens qui consiste à semer la mort et la désolation, ou dans un autre sens qui consiste à s'associer aux acteurs des campagnes islamophobes. Ce sont fondamentalement les mêmes personnes et la direction de leur dérive sera avant tout une question de goût (pour la bagarre par exemple), de rencontres, d'argent, de femmes,de shit, enfin tout ce qui peut motiver un homme.

A ceux qui demanderont pourquoi, je répondrai simplement qu'ils devraient s'intéresser à la politique de leur pays, sa politique économique, sociale et étrangère, Toutes les réponses sont là mais, comme disait Marx, la compréhension ne se dégage pas directement des faits bruts et concrets pris isolément mais au contraire de la mise en relation des faits, c'est-à-dire en allant de l'abstrait au concret et pas l'inverse.
Le député UDI Meyer Habib et Benjamin Netanyahou
Le député UDI Meyer Habib et Benjamin Netanyahou
Ce n'est pas pour rien si on nous a dit que la lutte contre l'antisémitisme était « une grande cause nationale », ce n'est pas pour rien que le député français Meyer Habib a dit qu'avec leur vote en faveur de la reconnaissance d'un Etat palestinien les députés importaient en France le conflit du Proche Orient (Meyer Habib vient d'enfoncer le clou dans la plaie pour ainsi dire), ce n'est pas pour rien que Benjamin Netanyahou a averti la France qu'elle est menacée par le terrorisme parce qu'elle est trop pro-arabe (ce qui n'empêche pas les médecins militaires de Netanyahou de soigner les blessés d'al Qaïda dans le Golan occupé),
Ce n'est pas pour rien mais parce que l'Agence Juive veut attirer en Palestine occupée quelque « 42 000 Juifs de France d'ici 2017 ». Comme les Juifs français se sentent plutôt bien dans leur pays, il est donc nécessaire de simuler la demande d'émigration fut-ce au prix d'une extrême tension et même de morts en France.

En effet, ces gens ne reculent devant rien et tout ce qui les intéresse, c'est le rapport coût-bénéfice.

Nous sommes aujourd'hui dans l'ultime étape de la création du climat propice à encourager le départ vers l'entité sioniste de citoyens qui appartiennent à la communauté juive la plus importante numérique d'Europe et dont les membres sont souvent détenteurs d'un niveau d'éducation et de qualification élevé. C'est donc une population très intéressante sous cet aspect et dont l'apport ne sera pas négligeable pour la grande bataille qui se joue en Palestine occupée : la bataille démographique, toujours décisive dans les situations coloniales.

dimanche 28 septembre 2014

Joe Biden, Shakespeare et les usuriers anciens et modernes

Comme Abraham Foxman, le patron de l'Anti-Defamation League (ADL, équivalent américain e la LICRA) aime à le dire, le vice-président des Etats Unis Joe Biden est un ami du « peuple juif ».

Ce qui ne l'a pas empêché de comparer à Shylock certains usuriers qui ont fait du profit aux dépens de militaires partis combattre en Irak,

Shylock est juif en effet, mais ce n'est pas vraiment par amitié pour le peuple auquel il appartient que Biden lui a comparé les prêteurs voraces, C'est simplement parce que citer ce nom lui permettait d'éviter une description longue et fastidieuse de ces prêteurs qui exploitent les GI's partis faire leur devoir de patriote au Moyen Orient. En citant le nom de Shylock, il s'assurait d'être compris immédiatement par son auditoire.

Comme il est rappelé dans l'article, Shylock est un personnage de Shakespeare qui, dans la pièce « Le marchand de Venise » exige d'un de ses débiteurs une livre de sa propre chair en cas de non remboursement.

Le personnage appartient donc à la culture de commune occidentale, anglo-saxonne tout particulièrement.

Cette comparaison des prêteurs véreux de l'Amérique d'aujourd'hui à Shylock n'a pas laissé sans réaction Abraham Foxman qui a fait une remontrance à Joe Biden. Une admonestation très légère bien sûr car Joe Biden est comme on l'a dit un ami du « peuple juif » et qu'il considère Abraham Foxman comme un « conseiller ».
Heureusement que je suis un ami du peuple juif!
Heureusement que je suis un ami du peuple juif!
Un conseiller en quoi ? me direz-vous
C'est simple : un conseiller en affaires juives car Joe Biden sait comme d'autres, et sans doute mieux que beaucoup d'autres, qu'il vaut mieux avoir le soutien des institutions juives dont l'influence est, selon, lui, à l'origine de la plupart des grands changements sociétaux qu'ont connu les Etats Unis, Biden donnant comme exemple le mariage homosexuel.

Tout ça , c'est de l'antisémitisme évidemment. Mais outre le fait que Joe Biden s'est excusé auprès de Foxman, l'un comme l'autre sont conscients des avantages qu'ils retirent ou peuvent retirer d'un partenariat de pouvoir.

Biden: l'utilisation du terme «Shylocks» était un mauvais choix

Biden décrivait des gens qui profitent de ceux qui ont des problèmes financiers
par Ashley Killough, CNN (USA) 17 septembre 2014 traduit de l’anglais par Djazaïri

Le vice-président Joe Biden a déclaré mercredi que son utilisation du terme "Shylocks", que certains considèrent comme antisémite, était "un mauvais choix de vocabulaire."

Sa déclaration intervient un jour après que le directeur national de l'Anti-Defamation League a publié une remontrance légère pour l'utilisation de ce terme par le vice-président, expliquant que Biden "aurait dû être plus prudent."

Mardi, à une cérémonie marquant le 40e anniversaire de la Legal Services Corporation Biden a raconté des anecdotes tirées de l'expérience de son fils qui servait en Irak et avait rencontré des soldats qui avaient besoin d'une aide juridique en raison de problèmes chez eux.
« C'est une des choses dont il avait constaté le besoin le plus pressant quand il avait été là-bas en Irak pendant un an, » a déclaré Biden. « Les gens venaient le voir pour parler de ce qui leur arrivait au pays en termes de saisies, en termes de mauvais prêts qui étaient... Je veux dire ces Shylocks qui profitent sur le dos de, hum, ces femmes et ces hommes quand ils sont à l'étranger. »

Le Directeur national de l'Anti-Defamation League (ADL), Abraham Foxman a déclaré mercredi que le vice-président l'avait appelé.
« A l'évidence, il n'y a avait pas de mauvaise intention ici, mais Joe et moi sommes tombés d'accord pour qu'il avait besoin de potasser son Shakespeare. Il n'y a pas d'ami plus sincère pour le peuple juif que Joe Biden, » a affirmé Foxman dans une déclaration. Non seulement a-t-il été un pilier contre l’antisémitisme et la bigoterie, mais il a le courage et la franchise de reconnaître une erreur et de s'en servir comme opportunité pour apprendre et enseignes aux autres les effets néfastes des stéréotypes. Il a transformé une gaffe rhétorique en moment de pédagogie. »

Le terme « Shylock » dérive du nom du personnage de la pièce de Shakespeare « Le marchand de Venise ». Le juif Shylock était un prêteur sans scrupules dans la pièce, et un passage marquant de la pièce est son exigence d'une « livre de la chair » du marchand Antonio s'il manque à rembourser un prêt.
Diverses incarnations de Shylock
Diverses incarnations de Shylock
Mardi, Foxman a tancé Biden en disant qu'il "aurait dû être plus prudent" et en ajoutant que ce terme « représente le stéréotype médiéval sur les Juifs et reste à ce jour une caractérisation péjorative ». 

Biden a déclaré que Foxman était un « ami et conseiller » de longue date et était correct dans son évaluation du terme qu'il avait choisi.

Biden qui envisage une candidature à la présidentielle de 2016 s'est rendu en Iowa mercredi pour prendre la parole à l’inauguration de la manifestation Nuns on the Bus, une association catholique libérale [de gauche dans le vocabulaire anglo-saxon] pour la justice sociale basée à Washington.