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dimanche 9 septembre 2012

Du fanatisme en costume cravate, un texte de John Pilger


Dans mon précédent post, je parlais de ces dirigeants Occidentaux fanatiques. Ils ne correspondent certes pas à l’image qu’on a habituellement du fanatique, puisqu’ils s’habillent en costume cravate ou en tailleur sans dédaigner à l’occasion le polo et le blue jeans. Ils n’ont que les mots liberté, démocratie à la bouche.
Toujours est-il que nous leur devons la plupart des grands crimes perpétrés depuis la fi de la dernière guerre mondiale et qu’ils sont toujours là pour soutenir l’injustice. Ou pour crier à l’injustice et au manque de démocratie quand leurs intérêts sont mis en cause.
Ils n’hésitent pas à s’allier avec ceux qui correspondent à l’image habituelle du fanatique sans omettre de leur refaire un portrait de combattants de la liberté.

Ce fanatisme n’est pas religieux  même si la religion peut lui donner une inflexion particulière. C’est un fanatisme idéologique et c’est le thème de cet article de John Pilger
John Pilger

par John Pilger, New Statesman (UK) 6 Septembre 2012, traduit de l’anglais par Djazaïri*

Quel est le plus puissant, le plus violent “isme” au monde ? La question va réveiller des démons habituels, comme l’islamisme, puisque le communisme a maintenant quitté la scène. La réponse, écrivait Harold Pinter, n’est que “superficiellement enregistrée, très peu documentée, pour ne pas dire très peu reconnue”, parce qu’une seule idéologie clame ne pas être idéologique, n’être ni de droite ni de gauche, la voie suprême. C’est le libéralisme.

Dans son essai “De la liberté” en 1859, auquel les libéraux modernes rendent hommage, John Stuart Mill décrivait le pouvoir de l’empire. “Le despotisme est le mode légitime de gouvernement en ce qui concerne la gestion des barbares”, écrivit-il, “tant que le but poursuivi est leur amélioration et que les moyens employés correspondent effectivement à cet objectif.” Les barbares” représentaient une grande partie de l’humanité dont “l’obéissance implicite” était exigée. Le libéral français Alexis de Tocqueville croyait également en la conquête sanglante des autres comme étant un “triomphe de la chrétienté et de la civilisation” auquel elles étaient “clairement prédestinées aux yeux de la Providence”.

“L’historien Hywel Williams écrivait en 2001 que “c’est un mythe utile que de dire que les libéraux sont les pacifistes et les conservateurs les va t’en guerre, mais l’impérialisme de la voie libérale est peut être plus dangereux à cause de sa nature ouverte [qui ne se donne pas de limites], de sa conviction qu’il représente un mode de vie supérieur de vie tout en niant son autosatisfaction fanatique et arrogante.” En écrivant cela, il avait à l’esprit un discours tenu par Tony Blair après le 11 Septembre 2001, dans lequel il promettait de “réorganiser ce monde autour de nous” conformément à ses “valeurs morales”. Au moins un million de morts plus tard, rien qu’en Irak, ce héraut du libéralisme se retrouve aujourd’hui employé par la tyrannie du Kazakhstan avec un salaire de 13 millions de dollars.

Les crimes de Blair ne sont pas une exception. Depuis 1945, plus d’un tiers des membres des Nations-Unies, 69 pays, ont souffert d‘une partie ou de tout ce qui suit. Ils ont été envahis, leurs gouvernements renversés, leurs mouvements populaires réprimés, leurs élections subverties et truquées et leurs populations bombardées. L’historien Mark Curtis évalue en millions le nombre de morts.

Le projet était principalement celui des Etats-Unis, ce porte-drapeau du libéralisme dont le vénéré président “progressiste” John F. Kennedy, d’après une recherche récente, avait autorisé le bombardement de Moscou au moment de la crise cubaine en 1962. “Si nous devons utiliser la force”, avait dit Madeleine Albright, ministre des affaires étrangères du gouvernement libéral [au sens aussi de gauche comme on l’entend aux Etats Unis]  de Bill Clinton, “c’est parce que nous sommes l’Amérique. Nous sommes la nation indispensable. Nous avons de la hauteur. Nous voyons plus loin dans l’avenir.” Une bonne définition de ce qu’est la violence du libéralisme moderne.

Ce qui se passe en Syrie s’inscrit dans un projet historique. Ce qui suit est un document commun aux services secrets britanniques et américains qui a fuité :

 “Afin de faciliter l’action des forces libératrices (sic), un effort spécial doit-être fait pour éliminer quelques individus clés et provoquer des troubles intérieurs en Syrie. La CIA est prête et le SIS (MI6) va essayer de lancer quelques petites actions de sabotages et des coups de main (NdT: en français dans le texte original) en Syrie, en travaillant avec ses contacts auprès de certains individus … un certain niveau de peur est nécessaire…des heurts frontaliers mis en scène donneront le prétexte pour une intervention… La CIA et le SIS devraient utiliser… leurs capacités à la fois dans le domaine psychologique et dans le domaine de l’action pour augmenter la tension.”

Ces lignes datent de1957, mais elles auraient aussi bien pu être tirées d’un rapport récent du Royal United Services Institute: “Une trajectoire de collision pour une intervention”, dont l’auteur dit avec de manière pseudo-euphémique: “Il est très probable que des forces spéciales et des sources pour les services de renseignement occidentaux sont déjà en Syrie depuis pas mal de temps.”

Ainsi une guerre mondiale pointe à l’horizon en Syrie et en Iran. Israël, la création violente de l’occident, occupe déjà une partie de la Syrie. Ceci n’est pas nouveau. Les Israéliens pique-niquent sur les plateaux du Golan pour regarder une guerre civile qui est dirigée par les services de renseignement occidentaux depuis la Turquie, financée et armée par la monarchie moyenâgeuse d’Arabie Saoudite.

Après avoir volé la majeure partie de la Palestine, attaqué vicieusement le Liban, affamé la population de Gaza et construit un arsenal nucléaire illégal, Israël n’est pas ciblée par la campagne actuelle de désinformation visant à installer des  régimes clients à Damas et à Téhéran.

Le 21 Juillet, l’éditorialiste du Guardian de Londres Jonathan Freedland avertissait que “l’occident ne n’allait pas rester à l’écart bien longtemps… Les Etats-Unis et Israël sont inquiets de voir le stock d’armes chimiques et nucléaires de la Syrie, qui est maintenant sorti des entrepôts pour être transféré; ils ont peur qu’Assad puisse choisir de partir dans un nuage létal de gloire.” Qui dit cela ? Les “experts” habituels et les barbouzes.

Comme eux, Freedland désire “une révolution sans une intervention massive comme ce fut le cas en Libye”. D’après ses propres archives, l’OTAN avait lancé 9700 sorties aériennes contre la Libye, dont plus d’un tiers contre des cibles civiles avec aussi des missiles dotés de têtes à uranium appauvri. Regardez les photos des ruines de Misrata et de Syrte et les fosses communes localisées par la Croix Rouge. Lisez le rapport de l’UNICEF sur les enfants tués, la plupart n’avaient pas 10 ans.” Exactement comme pour la destruction de la ville irakienne de Falloujah, ces crimes ne sont pas les titres de la presse, parce que l’information comme la désinformation est une arme offensive complètement intégrée dans le champ de bataille.

Le 14 Juillet, L’Observatoire Libyen des Droits de l’Homme, qui s’était opposé à Kadahafi et à son régime rapportait: “La situation des droits de l’Homme en Libye est maintenant bien pire que sous Kadhafi.” Le nettoyage ethnique y est rampant. D’après Amnesty, l’entière population de la ville de Tawergha “est toujours empêchée de retourner chez elle tandis que ses maisons ont été pillées et brûlées.”

Dans le milieu des universitaires anglo-américains, des théoriciens influents connus sous le vocable de “réalistes libéraux” enseignent depuis longtemps que les impérialistes libéraux - un terme qu’ils n’utilisent jamais - sont des pacifistes et des faiseurs de paix pour le monde, des gestionnaires des situations de crise, plutôt que des fauteurs de troubles. Ils ont enlevé le facteur humain de leur étude des nations et l’ont congelé avec un jargon au service d’un pouvoir belliqueux. Ils ont autopsié des nations entières, ils ont identifié “les Etats faillis” (les nations difficiles à exploiter) et les “Etats voyous” (nations qui résistent à la domination occidentale).

Que le régime soit une démocratie ou une dictature n’a pas d’importance. La même chose est vraie de ceux qu’on emploie pour faire le sale boulot. Au Moyen-Orient, du temps de Nasser à la Syrie d’aujourd’hui, les collaborateurs du libéralisme occidental ont été les islamistes, plus tard Al Qaïda, tandis que les notions discréditées depuis longtemps de démocratie et de droits de l’Homme ne servent plus que de couverture rhétorique à la conquête, “comme requis”… Plus çà change (NdT: en français dans le texte)…

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John Pilger, célèbre journaliste d’enquête et documentariste, est un des deux seuls journalistes à avoir  obtenu deux fois la récompense suprême du journalisme britannique; ses documentaires ont été primés au Royaume-Uni et aux Etats-Unis. Dans un sondage du journal New Stateman sur les 50 héros de notre temps, Pilger arrivait 4ème derrière Aung San Suu Kyi et Nelson Mandela. “John Pilger”, écrivait Harold Pinter, “met au jour avec une attention particulière aux faits, la sale vérité. Je le salue bien bas.” www.johnpilger.com

* sur la base d’une traduction de Résistance 71 révisée par mes soins

mardi 18 août 2009

Hitler a-t-il serré la main de Jesse Owens?

Berlin 1936, Jesse Owens et son concurrent (et néanmoins ami) Lutz Long
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Je ne sais pas trop comment introduire ce texte alors je dirais d’abord que c’est un article intéressant dont les informations, si elles sont avérées, nous en apprennent un peu plus sur la façon dont l’histoire de la seconde guerre mondiale a été mise en scène par les ennemis puis les vainqueurs d’Adolf Hitler.
Mais qu’on ne s’y méprenne pas, il est hors de mon propos de réhabiliter peu ou prou le chef de l’Allemagne nazie : le caractère hautement nocif de son idéologie et des actes qui en ont découlé est une certitude.
Ce que je veux dire, c’est que nous attendons toujours une histoire réelle de la formation puis de l’accession au pouvoir de l’idéologie nazie ainsi que du déclenchement de la guerre et des événements qui s’en sont ensuivis.
En fait cette historiographie existe et évolue au fil du travail des historiens. Cependant elle reste le domaine des spécialistes à l’université, dans les laboratoires de recherche, les éditions spécialisées. Je ne parle donc pas là de publications réputées apocryphes telles celles du professeur Faurisson par exemple, mais d’ouvrages connus et reconnus des institutions académiques. Les travaux de
Robert O. Paxton sur la France de Vichy sont un bon exemple du genre d’œuvres dont je parle.
Au lieu de quoi, l’histoire véhiculée par la presse écrite ou audio-visuelle tend à être dominée par un ensemble de mythes, de schémas réducteurs où les notions de bien et de mal (le nazisme étant le mal absolu) sont monnaie courante. De cet ensemble de mythes et de schémas, nulle rationalité ne saurait être dégagée et nous ne saurions en tirer aucun élément de compréhension du fait qu’un peuple éduqué a pu se laisser entraîner par quelqu’un généralement décrit comme fou.
Et ce n’est donc pas un hasard si l’historiographie grand public de cette période tend de plus en plus à se restreindre à ce qu’on appelle l’holocauste, c’est-à-dire la persécution et la tentative d’élimination des Juifs européens. C’est cette histoire mythifiée qui se prête à l’instrumentalisation idéologique notamment par le sionisme.
Pourtant, si on veut bien situer Hitler dans le contexte de son époque, on s’aperçoit que son discours sur la supériorité raciale n’avait rien d’aberrant ni d’original en son temps.
Sur ce site internet, vous trouverez un échantillon de l’iconographie raciste utilisée par la plupart des parties au conflit, que ce soient les «bons» ou les « méchants.» La théorie de la supériorité de l’homme blanc était au minimum une idée reçue et partagée dans les sphères dirigeantes si ce n’est dans le petit peuple. Winston Churchill avait par exemple synthétisé au mieux les idées islamophobes de l’époque et, deuxième guerre mondiale ou pas, nous voyons que ces thématiques islamophobes ressurgissent aujourd’hui.
Preuve s’il en est que si les leçons de l’histoire coloniale n’ont pas été tirées, celles de la seconde guerre mondiale ne l’ont pas été non plus en dépit d’une inflation de films, documents, documentaires et autres supports pédagogiques.
J’en reviens maintenant au sujet de l’article, c’est-à-dire l’immense champion que fut Jesse Owens et sa poignée de mains avec Hitler. Cette poignée de mains est en réalité en plein dans l’actualité.

En effet l’athlète Jamaïcain Usayn (tiens, un prénom musulman) Bolt vient de s’illustrer dans le même stade et sur le même type d'épreuve que Jesse Owens il y a 73 ans. L’occasion pour le Figaro (et probablement d’autres journaux) de nous rappeler que en remportant la compétition,
«L'icône noire narguait ainsi l'Allemagne nazie et ses revendications aryennes, au point que le Führer préféra quitter la tribune lorsque l'Allemand Lutz Long céda devant la légende en finale du saut en longueur ».
Assez curieux, dirons-nous que le Figaro considère que l’icône noire, ainsi qu’il désigne Owens, ait « nargué ainsi l’Allemagne nazie,» lui qui subissait la ségrégation aux Etats Unis, une pratique pas franchement reluisante. Or si malgré cet article le doute subsiste encore sur la réalité de la poignée de mains entre le dirigeant nazi et Jesse Owens, ce qui est avéré par contre est que ce dernier affirmera plus tard avoir été mieux traité dans l’Allemagne nazie que dans les USA de la ségrégation.

Hitler a-t-il serré la main de Jesse Owens, le héros des olympiades de 1936 ?
Par Allan Hall, Daily Mail (UK) 11 août 2009 traduit de l’anglais par Djazaïri


L’incident fut longtemps considéré comme un des plus grands camouflets sportifs de l’histoire – quand Hitler avait quitté précipitamment le stade olympique de Berlin parce que l’Allemagne avait été humiliée par un homme noir.
C’était en 1936 et Jesse Owens, un incroyable athlète Américain venait juste de remporter sur 100 mètres la première de ses quatre médailles d’or.
Hitler, qui la veille, avait serré la main de tous les vainqueurs Allemands de l’olympiade, avait quitté le stade furieux de voir ses supermen aryens battus par leurs supposés racialement inférieurs.
C’est ce qu’on raconte.
Mais aujourd’hui, un journaliste sportif Allemand de l’époque se manifeste pour affirmer que, même si Hitler avait effectivement quitté le stade après la course, ce ne fut pas avant d’avoir serré la main d’Owens.
Siegfried Mischner, 83 ans, affirme qu’Owens avait dans son portefeuille une photo du Führer faisant précisément ce geste.
Owens, qui trouvait que les éditions du jour des journaux rendaient compte de manière ‘injuste’ de l’attitude d’Hitler envers lui avait essayé dans les années 1960 d’obtenir de Mischner et de ses collègues journalistes une modification de la version admise de cette histoire.
Mischner affirme qu’Owens lui avait montré une photographie et lui avait dit : «C’était un de mes plus grands moments.».
Mischner explique : «Elle avait été prise derrière la tribune d’honneur et donc hors de portée des objectifs de la presse mondiale. Mais je l’ai vue, je l’ai vu en train de serrer la main d’Hitler.
L’opinion prédominante dans l’Allemagne d’après-guerre était qu’Hitler avait ignoré Owens.

‘Nous avons alors décidé de ne pas faire état de la photo. Le consensus voulait qu’Hitler devait continuer à être décrit sous un mauvais jour dans sa relation avec Owens.’
Mischner, qui a décidé d’écrire un livre sur les olympiades de 1936, indique que d’autres journalistes étaient avec lui le jour où Owens a montré la photographie et qu’ils n’en ont pas fait état non plus.
‘Owens était déçu,’ dit-il. ‘Il secouait la tête en réprobation. La presse d’alors était très soumise. Ce n’est pas une excuse, mais personne ne voulait être celui qui donnerait une bonne apparence au monstre Hitler.
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‘Tous mes collègues sont morts, Owens est mort. J’ai pensé que c’était la dernière possibilité pour mettre les choses au clair. J’ignore où se trouve la photo où même si elle existe encore.’
Owens, décédé en 1980, était le fils de métayers et il s’adjugea quatre records et quatre médailles d’or (sur 100 mètres, 200 mètres, en relais et au saut en longueur) à Berlin.
Il avait affirmé avec insistance ne pas avoir été snobé par Hitler mais n’avait jamais évoqué une rencontre et une poignée de mains avec lui. ‘On avait probablement fait en sorte qu’il accepte le mythe comme nous l’avons fait,’ ajoute Mischner.
Owens dira plus tard avoir été mieux traité en Allemagne qu’aux Etats Unis où les Noirs subissaient la ségrégation.

vendredi 4 janvier 2008

Le conflit palestino sioniste se caractérise-t-il par l'aspect religieux?

Je réponds par la même occasion au commentaire de Nabil.
En réalité, la situation en Palestine ne me semble pas différer d'autres colonisations de peuplement, c'est à dire que des gens viennent dans une contrée non pour s'y installer et vivre comme les autres et avec eux, en apportant leurs talents éventuels, mais pour dominer et remplacer la population autochtone.
Même la cruauté des sionistes a des précédents : celle des colons Européens en Australie et en Amérique mais aussi en Algérie.
Personnellement je trouve beaucoup de points communs entre la situation en Palestine et celle de l'Algérie coloniale. Dans les deux cas, il y a eu colonisation de peuplement avec l'intention d'éliminer la population autochtone. Dans les deux cas la colonisation s'est dotée d'un appareil idéologico-religieux pour justifier ses agissements. Les Juifs puisent dans leur Talmud comme d'autres ont puisé dans les évangiles ou dans la philosophie des Lumières. La différence vient surtout du fait que les sionistes prennent la notion de peuple élu dans un sens bassement matérialiste. C'est que le sionisme, à défaut d'être une merveille de philosophie, est tout simplement une saloperie d'idéologie coloniale, raciste par essence. C'est ce que ces jeunes dénonçaient quand ils parlaient de l'entité sioniste comme d'un endroit spirituellement vide.
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Dans les deux cas, en Algérie comme en Palestine, on a noté une sorte de fatalisme de la population colonisée devant la barbarie du colonisateur. Lutter contre un colonialisme de cette nature demande une énergie dont aucun peuple n'a fait l'économie, le peuple Palestinien pas plus que d'autres avant lui.
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Les parallèles ne s'arrêtent pas là. Avec ses deux mouvements politiques que sont le Hamas et l'OLP, la Palestine se trouve d'une certaine manière dans une situation proche de celle qu'a connu l'Algérie en 1954 avec le FLN d'une part et le MNA d'autre part. Le fait que le colonisateur encourage l'un aux dépends de l'autre est pour moi un signe positif des manoeuvres auxquelles ce dernier est réduit pour tenter de venir à bout du peuple indigène.
Ce qui caractérise par contre en propre la situation de Palestine, c'est que le peuple indigène n'est plus majoritaire dans le territoire qui lui a été ôté par l'ONU. En matière coloniale, la question démographique est cruciale et elle condamne en définitive l'entité et les responsables de l'entité le savent bien. Mais en bons gangsters qu'ils sont, ils préfèreront mettre le feu au pays avant de le quitter pour rejoindre leurs mères patries comme l'ont fait les membres de l'OAS.
Autre parallèle, le fait que même si l'entité sioniste ne se présente pas comme l'annexe d'une métropole [elle a un drapeau, siège à l'ONU etc.] elle est bien l'annexe d'une métropole, les USA en l'occurence. Mais pour l'instant c'est le lobby colonial sioniste qui fait la pluie et le beau temps à Washington comme Barack Obama [en passant, on se croirait dans une salle de ventes aux enchères] s'en est aperçu, lui qui est passé à la vitesse éclair d'une position nettement pro palestinienne à un soutien franc et massif à l'entité sioniste. Il y a là en fait peut être encore un point commun de plus avec l'Algérie colonisée : la situation n'était-elle pas la même en France avant que de Gaulle y mette bon ordre?
Personnellement je me refuse à avoir une approche culturaliste ou religieuse du conflit palestino sioniste qui obéit fondamentalement aux mêmes contraintes que tous les conflits coloniaux. Par contre, il importe pour éclairer les opinions peu au fait de la problématique de la région de leur exposer ce qu'est l'idéologie sioniste comme cela avait été fait auparavant quand il s'agissait d'exposer pour en montrer l'iniquité les idéologies coloniales.