samedi 9 juin 2007

Guerre des six jours : Johnny Hallyday chante pour soutenir l'entité sioniste

En lisant un article de Robert Fisk, je découvre un aspect de l'histoire du show-biz français que j'ignorais complètement.
Je m'explique, on sait généralement que certains artistes du showbiz français apportent un soutien actif à l'entité sioniste : c'est de notoriété absolument publique pour des gens comme Enrico Macias ou Patrick Bruel; c'est quelque chose qui a été rappelé après sa mort au sujet de Serge Gainsbourg qui avait enregistré une chanson à la gloire de l'entité.
f
On sait aussi généralement que la guerre dite des six jours en juin 1967 avait été présentée par les media français comme une guerre de défense de l'entité attaquée sur tous les fronts par les armées des pays arabes qui l'entourent. On sait aussi l'admiration que la victoire sioniste a suscitée en France, pays laïque mais friand de récits bibliques tel celui de David contre Goliath.
Ce que je ne savais pas, c'est que l'élan de solidarité qui avait associé la France à ce David [l'entité sioniste] avait donné lieu à un méga concert gratuit de soutien à l'entité avec Johnny Hallyday en vedette.
Sans parler du Comité Français de Solidarité avec l'entité qui publiait dans la presse des appels au soutien à Dayan & Co avec les signatures de Serge Gainsbourg, Juliette Gréco, Yves Montand, Simone Signoret ainsi que celles de politiciens comme Valéry Giscard d’Estaing et François Mitterrand.
d
Comme quoi, l'ouverture à la Sarkozy n'est pas un fait nouveau. Ce genre d'ouverture se fait sur le dos des Arabo-musulmans en 1967 comme de nos jours comme on l'a vu avec l'union sacrée qui s'est faite autour de la prétendue loi sur la laïcité.
d
Aux liens vers les ressources anglophones que je vous propose, ajoutons ce texte que j'ai tiré du blog d'Arabdiou, un journaliste Algérien qui reproduit un extrait passionnant d'un ouvrage de Pierre Déméron.
q

Extrait du livre de Pierre Déméron ‘Contre Israël’ que j’avais présenté aux lecteur d’El Moudjahed en 1967.. M.A

« .. La victoire d’Israël en juin dernier, c’est entendu, est un chef-d’œuvre de préparation et d’exécution diplomatique et militaire.

Le dernier en date de ses « Blitzkrieg » a donné à l’Etat hébreu l’occasion d’occuper de nouveaux territoires arabes, qu’ils se promet d’annexer en totalité ou en partie, comme déjà Jérusalem proclamée capitale de l’Etat juif, dans le plus parfait mépris des résolutions de l’ONU .Il s’est ouvert de nouveaux ,et comme en 1956 à coups de canon, le Golf d’Akaba. Ses soldats campent au bord du canal de Suez .Il exploite aujourd’hui le pétrole du Sinaï… »Bravo petit » comme dit Jean Cau. (dans « Candide » du 31.7.67 ).

Pour un pays qu’on nous annonçait menacé d’extermination, voilà un retournement de situation qui tient du prodige…

Mais il y a des victoires qui coûtent cher. La victoire – éclair des panzers de Dayan à rendu toute solution du conflit israélo _arabe inimaginable, impossible tout dialogue autre ,qu’à coup de canon. Elle a fait perdre à Israël, devenant un occupant comme les autres, une bonne part du capital de sympathie que lui valait le martyre des juifs sous le nazisme .Elle l’a privé surtout de son arme la plus redoutable .Non pas de ces »Mirages » sur lesquels le général de Gaulle a fait mettre l’embargo, mais de l’arme psychologique irremplaçable qui transformait les adversaires de sa politique en statues de sel :l’infamante accusation d’antisémitisme, systématiquement portée contre ceux qui, se refusant à tout confondre- question juive et problème israélien- n’acceptaient pas d’approuver, en mémoire des innocentes victimes du nazisme, la politique d’Israël depuis son imposition en Palestine.

Trop utilisé depuis vingt ans,elle commençait de faire long feu. Elle est désormais inutilisable.

Elle l’est devenue depuis que, sur les grands boulevards, à Saint-germain des Prés, avenue de Wagram ,devant l’ambassade d’Israël, ou au Cirque d’hiver, dans les nombreuses manifestations de soutien à Israël, on a pu voir les antisémites de jadis et de toujours, fraternellement mêlés aux demi soldes de l’OAS,aux chômeurs du colonialisme, aux égorgeurs de Fatmas, aux défenseurs par le feu, par le sang et par l’eau des baignoires ,des valeurs chrétiennes, bras dessus, bras dessous avec des juifs « de France » qui brandissaient le drapeau israélien, chantaient en hébreu ‘l’Hatikva » et criaient « les Français avec nous « comme s’ils se considéraient comme étrangers.

Tous ceux qui avaient tout perdu, fors leurs préjugés ,et leur haine des ratons ,prenaient en ces jours de gloire –et sans danger- leur revanche par soldats et par courages interposés .La victoire de Dayan ,c’était leur victoire. Sur les klaxons « Israël vaincra » sonnait _ le hasard fait bien les choses_ Tititi -tata » comme naguère « Algérie Française « …

Tout Paris manifestait en faveur de cette « courageuse république »,comme l’appela Guy Mollet, menacée de génocide par « Nasser -Hitler » et ses hordes d’Arabes fanatiques au cimeterre toujours entre les dents :Edmond de Rothschild,Sammy Davis,P.Schmittlein à qui M. Bourgès _Maunoury ,l’homme de Suez, confiait « Ah ! si les Américains nous avaient laissés continuer en 1956 ! »Luis Mariano,qui regrettait sans doute de ne pas savoir l’hébreu pour chanter « l’Atikva « comme tout le monde, le publicitaire M .Bleustein -Blanchet,Mme Soustelle dont le mari aurait tant voulu appliquer une solution à »l’israélienne » à l’Algérie, le grand rabbin Kaplan, Richard Anthony, le général Koenig, héros de Bir Hakim, allié d’affaire de Marcel Dassault et président de l’alliance France – Israël, Sacha Distel ,A.Sanguinetti ,l’ex-chef des barbouzes, le colonel Tomazo, dont le nez de cuir palissait ce jour-là devant le bandeau noir de Dayan, Arthur Rubinstein, Michel Simon, le vieil homme poussé par l’enfant, qui avait si bien su dissimuler pendant l’occupation sa sympathie pour les juifs ,Régine, qui devait rêver d’ouvrir un bastringue au pied du mur des lamentations puisque la victoire éclair des panzers de Dayan l’empêchait de partir comme cantinière sur le front du Sinaï. Sans oublier naturellement ,Me Tixier - Vignancour.

On vécut des heures bouleversantes .La gravité de l’heure invitait à l’oubli des querelles. On vit Enrico Macias se réconcilier avec Johnny Hallyday, sous l’œil paternel de l’Ambassadeur israélien Walter Eytan.

Toutes les familles spirituelles de la France en somme étaient là, enfin réconciliées. Une véritable union sacrée comme en 1914.Plus pure, plus généreuse, plus désintéressées celles là, puisque cette fois, ce n’était pas la France qu’il s’agissait de défendre mais un pays étranger . La France entière avait les yeux fixés sur la ligne bleu de la.. Mer Morte. Seul le gouvernement faisait exception, lui qui ne voyait pas plus loin que son hexagone et, égoïstement, ne songeait qu’aux seuls intérêts français.

Quelle divine surprise pour les antisémites. Ceux qui avaient pourvu les camps de concentration nazis, aussi bien ceux –l’immense majorité des français -qui avaient vu, sans broncher, disparaître autour d’eux, les juifs un à un,au cour de la grande rafle de quatre ans, faisaient enfin amende honorable.

Ces juifs qu’ils avaient pris si longtemps pour les petits juifs des caricatures, des usuriers au nez crochu, des sous hommes incapables de faire des soldats et des laboureurs, voilà qu’ils maniaient le napalm mieux que nous en Algérie et plus efficacement que les Américains au VietNam !Leurs soldats ressemblaient comme des frères aux paras des couvertures de « Match » des beaux jours de la pacification .Ils combattaient le même ennemi. Les anciens d’Algérie et de Suez étaient d’ailleurs à leurs cotés avec les autres anciens combattants, ceux qui à pied, à cheval ou en petite voiture ne manquent jamais l’occasion de se prouver qu’ils sont toujours vivants.

L’union nationale des parachutistes français, dans un communiqué, saluait « en Israël une fière et courageuse citadelle de la civilisation occidentale et adressait « le témoignage de sa fraternelle amitié à ses camarades engagés en Israël et au Vietnam dans le même combat pour la dignité et la liberté de l’homme . »

Les Israéliens remettaient enfin les ratons à raison, comme des grands et tout seuls cette fois ,sans l’aide de la France et de l’Angleterre, comme en 1956.

Ils arrachaient des terres aux arabes pour en faire des terres arables, le fusil dans une main, un fraisier dans l’autre, « ense et arato » comme au bon vieux temps .Les images d’Epina qui hantent les rêves des nostalgiques du colonialisme devenaient de nouveau réalité De vrais soldats de Bugeaud, ces « soldats laboureurs « de Dayan !

Le bandeau noir du général israélien devenait aussi populaire que la casquette du maréchal. Dayan ,c’était en somme Bugeaud plus Bigeard :on n’arrête pas le progrès. Certains déjà se prenaient à rêver .L’an prochain à Jérusalem ?On y était. L’an prochain, et pourquoi pas tout de suite, au Caire, à Damas, à Amman, puis à Tunis, à Alger et à Rabat ?

« France-Presse Action »,le bulletin de l’OAS,ne mâchait pas ses mots :

»..Pour nous, les Israéliens ont autant que les Français d’Algérie le droit de rester dans un pays qu’ils ont conquis par leur travail, qu’ils ont fait de toute pièce et qui est leur, ni moins ni plus. Devant les faits, il n’est plus possible de se nourrir d’illusion .Il n’est qu’une seule alternative (sic) ou une reconquête globale de l’Afrique, ou admettre à terme la disparition de l’Etat d’Israël.. Cela dit, nous ,combattants de l’OAS,saluons fraternellement les soldats d’Israël ,les seuls avec nous à défendre depuis de longues années une civilisation qui nous est commune. »

Dans l’enivrante fraternité des manifestations, nos anti sémites découvraient que les juifs valaient décidément mieux que ce qu’on en avait dit et qu’on en avait fait ,des siècles durant .Des frères en somme. Evidemment , on s’en apercevait un peu tard, mais il n’est jamais trop tard pour bien faire .La preuve :les Allemands venaient, »pour des raisons humanitaires » d’envoyer 20.000 masques à gaz aux Israéliens !Ces masques qui eussent été si utiles à Dachau, Auschwitz et Treblinka !

C’était le temps ou Xavier Vallat, ancien commissaire aux affaires juives de Vichy, exprimait la considération pour Israël ,ou on pouvait admirer dans « Aspect de la France » le portrait du président du conseil Israélien Lévi Eshkol. Maurice Bardèche, qui ne s’est jamais remis du procès des criminels de guerre de Nuremberg, citait opportunément Drieu la Rochelle dans le numéro de mai de « Défense de l’Occident » : »Les nationalistes de tous les pays doivent aider les juifs sionistes dans leurs efforts. Nul plus bel hommage n’est offert à la philosophie nationaliste que celui du juif sioniste . »

Pour une fois ,Drieu la Rochelle avait vu clair et était suivi…Fidèle à lui même l’admirateur du national socialisme ,d’outre tombe ,volait lui aussi au secours des sionistes.

Un ancien milicien parti en reportage pour Israël en revenait plein d’admiration pour l’efficacité de la machine de guerre et d’espionnage du « petit peuple menacé ».Dans un éditorial de « Rivarol » on apprenait que » ceux la même qui trouvent les juifs envahissants dans leur propre pays, témoignent de la considération à l’égard d’hommes de courage et de foi, qui sont retournés en terre Promise mettre en valeur des ressources jusque la inexploitées «

Quoi de plus logique de la part de ceux qui trouvent les juifs envahissants chez eux, de les voir avec plaisir envahir autrui ?

Dans un article intitulé « Les canonnières ont encore du bon »- en fait de canonnières, il s’agissait de la 6ème flotte- Lucien Rebatet, ancien collaborateur du « collaborateur » « Je suis partout » passait aux aveux : « Les Arabes au fond devraient avoir ma sympathie .Ils ne m’ont jamais rien fait, je ne leur ai jamais rien fait, tandis qu’il existe entre les juifs et ma modeste personne ,le contentieux que vous savez. Mais je ne saurais dire à quel point ce colonel (Nasser) me lève la peau. »

C’était sûrement la première fois que Lucien Rebatet tombait d’accord avec Claude Lanzmann, intellectuel rigoureux qui collabore aux « Temps modernes » et à « France Dimanche ».

Durant des mois, Claude Lanzmann s ‘était donné beaucoup de mal pour constituer un énorme dossier sur « le conflit israélo-arabe » (« Les Temps modernes n° 253 bis ), ..pour »servir la paix »,qui parut quand éclata le conflit. Il s’était voulu « pur réceptacle » et il s’apercevait tout d’un coup, qu’il était juif et partie et oubliait, en un instant ,l’enseignement qu’il aurait du tirer du dossier qu’ il avait lui même établi ! « Va t on un jour m’obliger à crier « Vive Johnson »,si les Etats Unis sont les seuls à s’opposer à l’extermination d’ Israël ? Si Israël était détruit, ce serait plus grave que l’holocauste nazi. Car Israël, c’est ma liberté. Certes, je suis assimilé, mais je n’ai pas confiance. Sans Israël, je me sens nu et vulnérable. »

Peu s’en fallait que les anciens collaborateurs ne ressentissent autant de honte à être Français que certains Israélites comme Daniel Meyer que scandalisait la politique étrangère de la France .Mais pour l’ancien ministre français ,s’agissait il encore de politique étrangère ?Que le général de Gaulle ait rappelé que la France n’était engagée avec aucun des Etats en cause, qu’elle considérait que chacun avait le droit de vivre ,estimait que le pire serait l’ouverture des hostilités et que l’Etat qui le premier emploierait les armes n’aurait ni son approbation ni son appui, révoltait le président de « la ligue des Droits de L’Homme » !

Heureusement,les israéliens menacés d’extermination prouvèrent en quelques heures au monde, miraculeusement –on parle volontiers de miracle à propos d’Israël- l’inanité de ses craintes et réduisirent « l’agresseur » à néant. C’est à des miracles de ce genre que l’on reconnaît sans doute qu’un peuple est »le Peuple Elu »

dimanche 3 juin 2007

Selon M. Redeker : le judaïsme est une religion dont les rites conjurent la violence

On se souvient aussi de ce qui a suivi, c'est-à-dire le tollé dans les pays musulmans, la pseudo fatwa condamnant à mort M. Redeker et le soutien apporté par de nombreuses personnalités à un intellectuel menacé pour avoir pensé...
Justement, cette conjuration de la violence propre au christianisme et au judaïsme, voyons comment elle est comprise par un ancien grand rabbin Séfarade dont la doctrine est exposée dans le Jerusalem Post.
s
par Matthew Wagner, The Jerusalem Post, 30 mai 2007, traduit de l'anglais par Djazaïri

Tous les civils qui vivent à Gaza sont collectivement responsables des tirs de roquettes Kassam sur Sderot, écrit dans une lettre au premier ministre Ehud Olmert l'ancien grand rabbin Séfarade Mordechai Eliyahu.
Eliyahu a statué qu'il n'existait absolument aucune restriction d'ordre moral à tuer de manière indiscriminée des civils au cours d'une éventuelle offensive militaire contre Gaza dans le but de faire cesser les tirs de roquettes.
La lettre, publiée dans Olam Katan [Petit Monde], une brochure hebdomadaire qui doit être distribuée ce vendredi dans les synagogues à travers tout le pays, se réfère à l'histoire biblique du massacre de Shechem (Genèse 34) et au commentaire de Maimonide (Lois des rois 9, 14) pour justifier la légalité de sa décision.
Selon l'éthique juive de la guerre, écrit Eliyahu, une cité assume la responsabilité collective des agissements immoraux d'individus. A Gaza, l'ensemble de la population est responsable car elle ne fait rien pour arrêter les tirs de roquettes Kassam.
L'ancien grand rabbin déclare aussi qu'il est interdit de risquer la vie des Juifs de Sderot ou celle des soldats de l'armée [sioniste] par crainte de blesser ou de tuer des Palestiniens non combattants qui résident à Gaza.
Nous n'avons pas pu nous entretenir avec Eliyahu. Toutefois, Shmuel Eliyahu, son fils, qui est grand rabbin de Safed, a déclaré que son père était contre une incursion de l'armée de terre à Gaza qui mettrait en danger la vie de soldats Israéliens. Il préconise plutôt un bombardement massif [carpet bombing] de l'ensemble de la zone d'où sont lancés les Kassam, sans tenir compte des pertes en vies humaines palestiniennes.
"S'ils ne s'arrêtent pas après que nous en ayons tué 100, alors nous devons en tuer un millier," explique Shmuel Eliyahu. Et s'ils n'arrêtent pas au bout de 1000 morts nous devons alors en tuer 10 000. S'ils n'arrêtent toujours pas nous devons en tuer 100 000 et même 1 million. Ce qu'il faudra pour les faire s'arrêter."
Dans sa lettre, Eliyahu cite les Psaumes. "Je poursuivrai mes ennemis et je les ferai prisonniers et n'aurai de cesse avant de les avoir éradiqués."
Eliyahi écrit que "C'est un message à tous les leaders du peuple Juif de ne pas éprouver de compassion pour ceux qui tirent [des roquettes] sur des civils dans leurs maisons."
s
Bon, maintenant, attendons voir l'ampleur du tollé suscité par nos deux rabbins : tsunami ou vaguelette imperceptible?
s
Poser la question, c'est y répondre.

jeudi 31 mai 2007

Les universités britanniques, le boycott de l'entité sioniste, et le lobby qui n'existe pas...

Les syndicats britanniques de l'enseignement supérieur se mobilisent depuis un certain temps en faveur d'un règlement du conflit du Proche-Orient dans le respect des résolutions de l'ONU. Si on lit la presse sioniste, par exemple le Yedioth Ahronoth, mon torchon préféré, on apprend que le British University and College Union (UCU) vient de voter une motion appelant à débattre d'un boycott de la coopération avec les institutions universitaires de l'entité sioniste. Il ne s'agit donc pas d'un boycott à proprement parler mais d'un appel aux différentes branches du syndicat à discuter de la question, le boycott lui-même étant peu susceptible de recueillir l'agrément de la majorité et ne figurant pas parmi les priorités des adhérents selon Sally Hunt, la secrétaire générale de l'UCU.
s
La réaction sioniste ne s'est pourtant pas faite attendre et est d'abord venue des USA. En effet, Goldhirsh foundation, une importante fondation basée aux USA selon le vocabulaire sioniste (c'est-à-dire juive mais sise aux Etats-Unis, américaine mais pas américaine) vient d'annoncer que :

"elle a annulé ses projets de créer une procédure d'attribution de bourses pour des chercheurs Britanniques".Cette fondation spécialisée dans la recherche sur les tumeurs du cerveau pèse quelques 150 millions de dollars et finance des projets dans le monde entier."

La punition a été notifiée dans un courrier envoyé aux universités britanniques par Elizabeth Goldhirsh, la présidente de la fondation :

"Cette action représente un important revers pour la liberté académique et la libre expression. De plus, la décision de stigmatiser et de diaboliser Israël bien plus que d'autres pays - en gardant le silence sur la brutale occupation de la Tchétchénie par la Russie par exemple, où l'oppression qu'exerce actuellement la Chine au Tibet - est, au mieux, troublante. Au pire elle renvoie à une motivation bien plus sinistre et tragique.
"Ce qui est également gênant c'est d'agir ainsi au moment où les civils Israéliens sont confrontés à des tirs presque quotidienns de missiles lancés depuis Gaza et où le partenaire pour des négociations est une organisation qui pratique les attentats suicide et refuse de reconnaître le droit à l'existence d'Israël.
"Compte tenu de cette décision, je suis profondément attristée de dire que, alors que ma fondation avait envisagé d'ouvrir l'accès à des bourses aux chercheurs Britanniques, nous ne serons dès lors plus en mesure de le faire.
Je vous conjure d'oeuvrer contre ce boycott et de faire revenir l'université britannique aux nobles idéaux de la recherche libre et sans préjugés".

On remarque dans le contenu de la lettre les clichés propres à la propagande sioniste : la non reconnaissance du droit à l'existence de l'entité par l'organisation non citée nommément (le Hamas), les civils sionistes victimes de tirs de roquettes depuis Gaza, la diabolisation de l'entité sioniste tandis qu'on se tait debvant les crimes commis par d'autres Etats. Et enfin une accusation à peine voilée d'antisémitisme.
Ce qui détonne, c'est le rappel des principes de liberté académique, liberté dont l'entité se gausse ou cherche à contraindre partout quand il s'agit des thèmes qui la gênent. L'entité n'est-elle pas un des plus fervents partisans des lois qui interdisent la recherche libre sur les crimes nazis?
s
Mais les sionistes ne comptent pas en rester là car, après tout, cette fondation envisageait seulement de délivrer des bourses à des chercheurs Britanniques et ne l'avait donc jamais fait auparavant.
C'est Z'ev Boim, ministre sioniste de l'absorption des immigrants (Immigrant Absorption Minister, je n'invente rien), qui s'y est collé en premier. Profitant de sa présence à Londres et pour montrer sa non ingérence dans les affaires de l'université britannique, Boim a lancé l'idée que les donateurs Juifs gèlent leurs donation aux institutions académiques britanniques. Idée qu'il envisage de discuter avec les responsables de la communauté juive en Grande-Bretagne ainsi qu'avec les représentants d'Israël qui ont abordé le problème avec les autorités britanniques chargées de l'enseignement supérieur.
C'est donc d'un contre boycott que parle explicitement Boim qui invite la communauté juive mondiale (world Jewry) à envisager des mesures contre ce boycott britannique "futile."
Pour quelque chose de futile, on dirait bien que Boim vient de sonner l'alerte générale.
s
Le ministre britannique de l'Enseignement Supérieur a fait part de sa déception au sujet de la motion syndicale qui selon lui "ne permet pas de promouvoir le processus de paix au Moyen-Orient."
S'il avait demandé à ses chercheurs, ces derniers lui auraient peut-être que leurs recherches sur un tel processus avait permis de conclure à son inexistence.
s
C'est semble-t-il à la même conclusion qu'est parvenu UNISON, le principal syndicat britannique qui se prépare à rétablir son boycott économique de l'entité sioniste en réaction à la guerre contre le Liban l'été dernier et aux attaques sionistes contre Gaza. Suite au désengagement sioniste en 2005, UNISON qui rassemble quelque 1,6 millions de travailleurs avait levé un précédent boycott des biens et des investissements sionistes. Désengagement que n'importe quel observateur un tant soit peu attentif avait bien interprété comme de la poudre aux yeux.

mardi 29 mai 2007

Lyon : projection débat sur la résistance des femmes Palestiniennes

Le centre Tawhid vous propose la projection du film

"Women in struggle"
de Buthayna Khoury

et un débat sur la résistance des femmes palestiniennes

le jeudi 7 juin 2007 à 19h00

Le débat sera animé par
Fatima BEZINE (militante de Palestine en marche)

Entrée gratuite
Ouvert à tout public
8 rue Notre-Dame Lyon 69006

Bus 1 / 34 - Ligne T1, Métro Charpennes
x
transmis par Palestine en marche (Lyon)

Illuminons les flambeaux de la résistance de Jérusalem (Al Qods)

40 ans d’occupation de la ville d’al-Quds
Illuminons les flambeaux de sa résistance
(transmis par Palestine en marche, Lyon)

Il y a 40 ans (6 juin 1967), les troupes israéliennes achevaient l’occupation de la Palestine en s’emparant de la partie orientale de la ville d’al-Quds, de la Cisjordanie et de la bande de Gaza, ainsi que de territoires arabes (Golan en Syrie et Sinaï en Egypte). Depuis, seul le territoire du Sinaï fut rendu à l’Egypte. Le Golan et Jérusalem-Est sont annexés et colonisés, la Cisjordanie démantelée par des colonies, des routes et le mur de l’annexion. Pour la bande de Gaza, le désengagement des colons et de l’armée réalisé en 2005 a permis à l’Etat sioniste d’instaurer « une prison à ciel ouvert » pour faciliter le bombardement de la population, avec l’appui actif des Etats-Unis, de l’Union européenne et des régimes arabes à leur solde.

40 ans après cette occupation et près de 60 ans après l’occupation et la colonisation des territoires palestiniens formant ce qui est appelé aujourd’hui l’Etat d’Israël, suite à la destruction de la Palestine et l’expulsion de près d’un million de Palestiniens, le peuple palestinien poursuit sa résistance.

En annexant la ville d’al-Quds (Jérusalem), les autorités de l’occupation s’imaginaient qu’elles pourraient en déraciner les Palestiniens et les pousser vers les routes de l’exil. Les mesures de colonisation et de destruction qui ont suivi l’occupation de la partie orientale d’al-Quds furent nombreuses et multiples.

Administrativement, le fait de rattacher la partie orientale occupée en juin 1967 à la municipalité sioniste donna libre cours à tout un ensemble d’actes illégaux visant à réduire la population palestinienne, à favoriser l’implantation des colonies juives, à l’intérieur même des quartiers arabes, à réduire la fréquentation des lieux saints palestiniens, chrétiens ou musulmans, à étouffer l’économie palestinienne, à contrecarrer les efforts palestiniens à l’éducation, la santé et le développement humain d’une manière générale : de nombreuses maisons sont régulièrement détruites, des Palestiniens originaires de la ville sont refoulés et leurs papiers d’identité confisqués pour les prétextes les plus divers, des lieux publics comme les bibliothèques sont transformés en casernes, les marchés de la ville sont envahis par les produits israéliens, les terres et les propriétés palestiniennes sont volées par des moyens mafieux et détournés, les centres sociaux et éducatifs fermés et saccagés.

Récemment, le mur de l’annexion construit par les autorités coloniales a voulu parachever l’isolement de la ville sainte de la Cisjordanie, alors que depuis des années, la population de la bande de Gaza est interdite de s’y rendre. En étouffant et en isolant la population palestinienne d’al-Quds, Israël procède au nettoyage ethnique comme il l’a précédemment fait dans les villes palestiniennes de Yafa, Akka, Ber Saba’, Haïfa, Lod et Ramleh.

L’annexion de la partie orientale de la ville d’al-Quds a servi aux autorités de l’occupation de morceler encore une fois le peuple palestinien, non seulement géographiquement, mais aussi au niveau de son rattachement administratif. Pour l’Etat sioniste, les Palestiniens de l’Est d’al-Quds ont un statut différent de celui des Palestiniens de la Cisjordanie et de la bande de Gaza, mais aussi de celui des territoires occupés en 48, y compris la partie occidentale d’al-Quds. Ce statut administratif différent leur a servi pour réprimer tous ceux qui ont participé aux élections législatives de l’Autorité palestinienne et pour nier le caractère palestinien et arabe de la ville.

Mais, malgré toutes ces mesures coloniales et répressives, la population palestinienne d’Al-Quds résiste encore : les dernières statistiques israéliennes nous informent que le nombre des Palestiniens vivant dans la municipalité élargie de Jérusalem, soit les parties occidentale et orientale de la ville, est encore plus élevé que celui de la population israélienne, malgré toutes les colonies récemment installées. Même si ces statistiques servent aux sionistes pour activer leur colonisation, il n’en reste pas moins qu’ils affirment aussi que les Palestiniens résistent à leur expulsion et à leur étouffement.

En annexant la ville d’al-Quds, les autorités de l’occupation ont aussi ouvert la voie aux Palestiniens de 48 d’accourir au secours de la ville sainte : parmi tous les actes de résistance, citons celui initié par sheikh Raed Salah, fondateur et dirigeant du mouvement islamique, qui organise régulièrement des programmes où les Palestiniens de 48, venant du Nord (Galilée) ou du sud (Naqab), se rendent régulièrement à la ville d’al-Quds, pour animer ses rues, acheter ses produits et remplir ses lieux saints. Les organisations de la résistance palestinienne sont également actives, directement ou par le biais de structures associatives, pour permettre à la population de demeurer sur place : empêcher les destructions de maisons, dénoncer les ventes illégales et mafieuses, mobiliser la population et notamment les jeunes, installer des structures d’aide à l’éducation, aux soins, entre autres.

Ce sont tous ces actes de résistance quotidienne de la population d’al-Quds, à laquelle nous rendons hommage, qui freinent la judaïsation rampante de la ville. Cependant, notre rôle doit être plus actif et nous devons contribuer à illuminer les flambeaux de la résistance sur place.

C’est pourquoi nous vous invitons à participer à la campagne lancée par
la Fondation internationale pour al-Quds
du 7 au 23 juin
« Al-Quds, 40 ans d’occupation : illuminons les flambeaux de sa résistance »

Cette campagne internationale de sensibilisation vise à faire prendre conscience de la gravité de la situation faite par l’occupation à cette ville en particulier, à dénoncer les mesures d’annexion et de nettoyage ethnique en cours, mais aussi à expliquer et à mettre en valeur tous les actes de résistance quotidienne menées par la population palestinienne.
Elle vise aussi à développer la solidarité concrète avec la ville sainte et sa population, en prenant en charge ou en participant à des projets de développement, social, éducatif, médical et d’infrastructure, menés par la fondation en direction de la population d’al-Quds, par le biais des structures palestiniennes sur place.
Pour avoir plus d’informations sur la fondation internationale pour al-Quds et ses projets de développement, consulter le site http://www.alquds-online.org/Org/ qui présente ses actions passées et ses projets futurs.


Notre association participe à cette campagne internationale en diffusant :
- un dépliant sur la ville d’al-Quds : « al-Quds, patrimoine en danger ? »
- une étude sur les prisonniers palestiniens de la ville d’al-Quds.
Vous pouvez obtenir ces deux documents par mail ou par courrier postal.

Contactez-nous si vous souhaitez participer à cette campagne de 15 jours en faveur de la résistance à al-Quds en nous précisant les formes possibles que vous envisagez : diffusion de l’information, collecte de fonds, etc..

Pour participer aux actions de solidarité avec la résistance palestinienne
(diffusion de l’information et financement de projets culturels et sociaux en Palestine occupée)
Contacter Palestine en marche

Adresse postale : Palestine en marche c/o EPI
13 chemin Auguste Renoir
69120 Vaulx-en-Velin
Palestine_en_marche@yahoo.fr

lundi 28 mai 2007

Azmi Bishara diffame-t-il l'entité sioniste en la comparant au régime d'apartheid. La réponse d'un spécialiste.

Ronnie Kasrils, le ministre Sud-Africain des services de renseignements, est issu d'une famille juive Balte et c'est un vétéran de la lutte clandestine contre l'apartheid dans son pays. Ses prises de position en faveur des Palestiniens et sa condamnation nette du sionisme irritent le lobby sioniste dans son pays et, bien sûr, les chefs du gang sioniste à Tel Aviv. Kasrils est un marxiste, ce qui ne l'a pas empêché, au cours d'une récente visite effectuée en Palestine occupée d'inviter officiellement en Afrique du Sud Ismaïl Haniyeh, le premier ministre Hamas de l'Autorité Palestinienne. C'est que Kasrils ne s'y trompe pas et sait parfaitement faire la différence entre un mouvement d'émancipation tel que le Hamas et l'idéologie sioniste qui charrie en son coeur même le racisme et l'apartheid. Et en tant que Sud-Africain, il sait parfaitement de quoi il parle. Ses propos apportent une réponse sans équivoque au Yedioth qui accuse Azmi Bishara, un membre Palestinien du parlement sioniste, de diffamer l'entité sioniste en la comparant au régime d'apartheid de l'ancienne Afrique du sud. Il faut aussi se souvenir qu'alors que l'entité sioniste était une alliée fidèle du régime d'apartheid, les pays arabes ont généralement soutenu l'ANC telle l'Algérie où Mandela avait pu recevoir une formation militaire. Laissons donc la parole à Ronnie Kasrils.
z
(le texte provient du quotidien sud-africail Mail & Guardian du 21 mai 2007, via Random Pottins, le blog de l'historien Britannique Charlie Pottins) Traduit de l'anglais par Djazaïri
d
Voyager en Palestine, dans la bande de Gaza et en Cisjordanie où je me suis rendu récemment, c'est faire un voyage surréaliste à rebours dans l'état d'urgence de l'apartheid. On se décourage à devoir passer par une myriade de checkpoints – plus de 500 en Cisjordanie. Ils sont contrôlés par des soldats lourdement armés, jeunes mais à l'air sinistre, nerveusement attentifs à chaque mouvement, les doigts sur la gâchette.
Heureusement pour moi, que du fait que je circulais dans un véhicule de l'ambassade d'Afrique du Sud avec des documents officiels et une escorte, les délais de passage étaient brefs. Balayer du regard les files de palestiniens à pied ou en voiture c'était comme voir les files d'attente silencieuses et tristes devant les bureaux de passage de l'ancienne Afrique du Sud.
q
Le trajet d'une ville de Cisjordanie à une autre, qui pourrait prendre 20 minutes en voiture dure actuellement 7 heures pour les Palestiniens, soumis à de multiples vexations par de très jeunes soldats. Mon ami, la militante pour la paix Terry Boullata a quasiment abandonné son travail d'enseignant. Le monstrueux mur de l'apartheid s'interpose entre son domicile de Jérusalem Est et son école qui se trouvait de l'autre côté de la rue, lui imposant désormais un trajet d'une heure. Elle s'en tire mieux que les paysans de Qalqilya dont le bourg rural autrefois prospère est totalement cerné par le mur avec ses deux portes d'entrée. Ce sont les troupes d'occupation qui en ont la clef. Souvent elles ne sont même pas là pour permettre à quiconque d'entrer ou de sortir. Bethléem aussi est complètement enfermée par le mur avec deux points de passage. Les Israéliens ont ajouté l'insulte à la blessure en placardant les entrées avec des affiches pittoresques souhaitant la bienvenue aux touristes dans le lieu où est né le Christ.
s
La « barrière de sécurité, » selon les termes israéliens, a autant pour but de briser le moral des hommes que de parquer les Palestiniens dans des ghettos. Comme un serpent, elle change de forme et coupe à travers les terres agricoles sous la forme d'une barrière d'acier et de fil de fer, avec des tours de guet, des fossés, des chemins de patrouille et des systèmes d'alarme. Elle aura 700 km de long et, d'une hauteur de 8 à 9 mètres par endroit, elle éclipse le mur de Berlin. La fonction de la barrière devient claire en rase campagne. Son tracé englobe de larges pans de la Cisjordanie pour incorporer en Israël les colonies juives illégales – dont certaines sont de grandes agglomérations – et annexer toujours plus de territoire palestinien.Les Israéliens affirment que l'objectif du mur est seulement de prévenir les attaques terroristes. Si c'était le cas, expliquent les Palestiniens, pourquoi n'a-t-il pas été construit le long de la frontière marquée par la ligne verte?
x
On ne peut que souscrire à l'observation du ministre Sud-Africain Essor Pahad qui a déclaré : « Il est devenu parfaitement évident que le mur et les checkpoints ont pour rôle principal d'améliorer la sécurité des colons et de leur faciliter les choses. »La Cisjordanie, 22 % de ce qui fut la Palestine historique, a vu sa superficie réduite de 10 à 12 % pour ses habitants et est scindée en plusieurs fragments dont la vallée du Jourdain qui est une zone de sécurité pour les colons Juifs et l'armée israélienne. Comme le bande de Gaza, le Cisjordanie est de fait une prison hermétiquement fermée. Il est choquant de découvrir que certaines routes sont interdites aux Palestiniens et réservées aux colons Juifs. J'essaye vainement de me souvenir de de quoi que ce soit d'aussi obscène dans l'Afrique du Sud de l'apartheid. La bande de Gaza offre un paysage désolé de pauvreté, de crasse et d'infrastructures bombardées.
x
De façon incongrue, nous avons pu prendre part à une réception donnée pour la journée de la libération de l'Afrique du Sud dans un restaurant avec vue sur le magnifique port et la plage. Des tirs résonnaient dans la rue, interrompant brièvement nos activités; c'étaient des milices ou d'autres groupes de personnes qui fêtaient la sortie d'hôpital d'un camarade blessé. De longues rangées de bateaux de pêche se balancent, inutiles, dans le port car les temps sont durs. Israël leur interdit de s'éloigner de plus de 3km de la côte rendant ainsi la pêche improductive. Pourtant, malgré tout, nos hôtes nous ont offert un banquet digne des meilleures traditions palestiniennes.
d
Nous repartons par l'aéroport de Tel Aviv où un fonctionnaire Israélien repère mon accent. « Êtes-vous Sud-Africain? » me demande-t-il avec l'accent typique de la région de Gauteng. Ce jeune homme a quitté Benoni alors qu'il était enfant en 1985. « Comment est Israël? » lui ai-je demandé. « C'est un endroit pourri [fucked place], » dit-il en riant, « je pars bientôt pour l'Australie. » « De l'autre côté du miroir? » me suis-je dit. J'ai fait exactement comme Alice, je suis allé de l'autre côté du miroir dans un monde surréaliste qui est infiniment pire que l'apartheid. Dans quelques heures je serai en Irlande du Nord, invité à voir Ian Paisley et Martin MC Guinness prêter serment pour le partage du pouvoir à Stormont. Même PW Botha et Ariel Sharon n'ont jamais été aussi extrémistes que Ian Paisley dans sa période la plus belliqueuse et sectaire. L'Irlande a été sous la botte anglaise pendant 800 ans, le régime d'apartheid sud-africain a duré 350 ans. Le projet colonial sioniste remonte aux années 1880. La classe dirigeante israélienne, corrompue et dépourvue de vision, ne peut plus continuer à diriger à l'ancienne manière. Les Palestiniens ne sont pas disposés à rester plus longtemps sous oppression.
s
Ce qu'il faut, c'est l'unité des Palestiniens derrière leur gouvernement élu renforcé pat les luttes des Palestiniens et des Israéliens progressistes avec le soutien de la solidarité internationale. Les exigences immédiates sont la reconnaissance du gouvernement d'unité nationale, le levée des sanctions économiques et du bouclage des territoires Palestiniens, la inde 40 ans d'occupation militaire et la reprise des négociations pour une solution avec deux ÉtatsRemarquons pour finir que l'invitation du premier ministre Ismaïl Haniyeh en tant que chef du gouvernement d'unité nationale a été saluée par le président Mahmoud Abbas et sera honorée par notre gouvernement. Comme ils disent en arabe : « Inch Allah si Dieu le veut].

vendredi 25 mai 2007

Entretien avec l'Arabe en colère

Dans mon précédent post, je vous parlais d'As'ad Abukhalil, cet universitaire Libanais qui vit et enseigne aux USA mais qui surtout anime Angry Arab News Service, un blog où, souvent au détour de phrases aussi mordantes que brèves on perçoit la richesse d'une analyse qui se donne parfois à voir dans des développements plus longs. As'ad Abukhalil appartient à une espèce qu'on aurait pu croire disparue, celle des intellectuels Arabes patriotes, mais pas sectaires, enracinés dans leur culture, mais pas au prix d'un enfermement qu'il refuse, ouvert au monde mais sans jamais le confondre avec l'Occident. C'est ce type d'intellectuels qui fait cruellement défaut aujourd'hui dans le monde arabe. Il est intéressant de souligner que tout en ayant été éduqué dans la culture musulmane, l'approche d'As'ad Abukhalil est du type profane pour ne pas dire marxiste. A la fois respectueux et contempteur de la religion [ou plutôt des clercs de cette religion] dans laquelle il a été éduqué, il nous offre l'image de ce que pourrait être un discours musulman mais non religieux sur l'Islam et la culture musulmane mais également sur les autres religions ou cultures. Paradoxe? A y réfléchir pas vraiment.
s
As'ad Abukhalil est un intellectuel engagé, au service de son pays mais aussi, et peut-être surtout, en faveur de la cause palestinienne. D'où ce long entretien qu'il a accordé à Electronic Intifada sur les événements en cours au Liban dans le camp de réfugiés de Nahr al-Bared près de tripoli.
q
Entretien avec As'ad Abukhalil sur le siège du camp de Nahr al-Bared
Ali Abunimah, Electronic Lebanon, 24 Mai 2007, traduit de l'anglais par Djazaïri
s
Des milliers de réfugiés Palestiniens fuient le camp de réfugiés de Nahr al-Bared dans le nord Liban au cinquième jour de combats entre l'armée libanaise et un groupe militant connu sous le nom de Fath al-Islam qui ont causé la mort de dizaines de soldats et de militants ainsi que celle d'un nombre indéterminé de civils. Le monde assiste en silence à l'aggravation de la situation des réfugiés Palestiniens, 50 ans après leur expulsion de leur patrie vers le Liban. Ali Abunimah, le co-fondateur d'Electronic intifada s'est entretenu avec As'ad Abukhalil, le créateur du blog Angry Arab news Service. Abukhalil explique les origines du Fath al-Islam, les événements qui ont abouti à cette violence et leur signification pour le Liban et la région.
s
EI : Qu'est-ce que le Fath al-Islam
ABUKHALIL: On n'avait pas entendu parler de Fath al-islam avant la fin de l'année dernière. On a eu des articles ces deux dernières années, particulièrement après le retrait des forces syriennes du Liban, sur l'existence d'un type d'organisations de militants extrémistes en cours d'émergence dans les camps de réfugiés au Liban et ailleurs en dehors des camps, notamment dans le nord du Liban.
Certaines informations faisaient dans le sensationnalisme et parfois, des organisations dont le gouvernement avait à se plaindre s'avéraient avoir été financées par la famille Hariri, par exemple Asbat al-Ansar et Jund as-Sham dans le camp de réfugié de Aïn Héloué et dont certains membres ont rejoint par la suite Fath al-Islam.Il est évident que Fath al-Islam n'est pas, ou du moins n'a pas comme caractéristique première d'être une organisation palestinienne. Sur la base des interview de ses chefs que j'ai pu voir à la télévision ou lire dans la presse ces tout derniers mois, on peut discerner l'armature idéologique de cette organisation. Ce sont des fondamentalistes sunnites qui se fixent ces objectifs généraux grandioses des fondamentalistes qui ne séduisent que les plus marginales parmi les organisations fondamentalistes marginales. Ils réfutent tout lien avec al Qaïda même s'ils partagent sa rhétorique et s'ils ne cachent pas leur sympathie voire leurs affinités avec al Qaïda.
s
EI: A-t-on des preuves que la famille Hariri a financé Fath al-Islam?
ABUKHALIL: Nous n'avons pas de preuves que la famille Hariri a financé spécifiquement Fath al-islam. Mais deux possibilités restent à envisager. L'Afghanistan nous a enseigné le phénomène du retour de flamme imprévu. Il arrive qu'un sponsor finance un client et qu'après un certain laps de temps, le client se retourne contre son sponsor. La possibilité existe donc mais je n'ai connaissance d'aucune preuve que Hariri ait financé directement cette organisation en particulier. Ce que nous tenons pour établi, c'est que ces dernières années, et singulièrement depuis 2005, pendant les élections parlementaires, la famille Hariri a dépensé énormément d'argent, particulièrement au nord Liban, pour recruter dans les organisations fondamentalistes extrémistes sunnites.Certains des membres de Fath al-Islam qui combattent en ce moment avaient été libérés lors d'une amnistie sans précédent en 2005, sur l'insistance de la famille Hariri qui voulait s'attirer les faveurs d'organisations fondamentalistes sunnites de Tripoli. Il est donc très probable que certaines de ces personnes ont été bénéficiaires des largesses de Hariri dans la région nord du Liban. Mais ça ne veut pas dire que les Hariri ont financé en connaissance de cause Fath al-Islam, même si nous savons qu'ils ont financé des groupes sunnites fanatiques dont des membres ont plus tard rejoint Fath al-Islam.
s
EI: On rapporte dans la presse que des Palestiniens qui fuient le camp de Nahr al-Bared disent que les militants de Fath al-islam se sont infiltrés dans le camp l'année dernière, qu'ils ne se mêlaient pas aux gens et avaient peu de contacts avec les habitants du camp sauf pour condamner le fait de fumer, de jouer de la musique ou d'afficher des posters. Un réfugié remarque que le camp est surveillé de tous côtés par l'armée libanaise et il se demande comment ces militants ont pu y pénétrer vu qu'ils ne sont pas tombés du ciel. Comment répondriez-vous à cette question?
ABUKHALIL: Je trouve vraiment suspecte la manière dont tous ces gens sont entrés au Liban, et tout indique qu'ils y sont entrés légalement. Nous n'avons pas affaire à des infiltrations du genre de celles dont parle la presse américaine pour l'Irak. Ils sont donc entrés au Liban avec leurs passeports, sont passés par les ports où ils ont été contrôlés par les forces de sécurité et l'armée libanaise puis ils se sont installés dans ces camps; et comme vous l'indiquez à juste titre, tous ces camps sont sous la surveillance de l'armée libanaise.Au cours d'un entretien accordé à la chaîne TV Al-Arabiya le 23 mai, le ministre libanais de la défense, Elias Murr a déclaré que pas un seul combattant n'a été identifié comme palestinien parmi les dizaines de combattants tués dans les affrontements. Il a indiqué que la plupart étaient Libanais, Saoudiens, Yémenites, Algériens, Tunisiens, marocains etc.
s
EI: Qu'est-ce qui a déclenché la violence à Nahr al-Bared?
ABUKHALIL: C'est là que ça devient bizarre et qu'apparaissent de nombreuses questions. Après l'assassinat de Rafiq Hariri en février 2005, la famille Hariri n'a pas eu confiance dans les services de sécurité et de renseignements existants et donc, sous la supervision et avec des financements des USA et avec le soutien de l'Arabie Séoudite, de la Jordanie et des Émirats Arabes Unis, elle a constitué sa propre quasi milice, les Forces Intérieures de Sécurité. Ils ont aussi créé quelque chose appelé Jihaz al Ma'alumat, un appareil de renseignement, dont l'existence ne repose sur aucune base légale au regard de la législation libanaise. Quoi qu'il en soit, ce sont aujourd'hui les plus importants services de sécurité et de renseignements au liman et ils ont marginalisé les autres.
La veille de la flambée de violence, Al-Mustaqbal, le journal des Hariri, faisait sa une sur le cambriolage d'une banque près de tripoli. Le journal affirmait que c'était l'oeuvre de Fath al-Islam. On peut se demander pourquoi si on savait qui avait cambriolé la banque, les autorités ne se sont-elles pas rendu sur les lieux pour les arrêter?Selon les informations dont je donne la primeur à vos lecteurs, l'appareil sécuritaire des Hariri avait apparemment prévu de faire un raid spectaculaire sur un appartement appartenant à Fath al-Islam à Tripoli, et désirait tirer bénéfice de l'affaire afin d'impressionner le public libanais; ils avaient donc emmené avec eux des équipes des chaînes TV de Hariri. Eh bien, ils sont allés faire ce raid le jour en question. Ca a été un fiasco du début à la fin. Ils ont été écrasés par une poignée de combattants de Fath al-Islam. C'est alors qu'ils ont fait appel à l'armée libanaise. La presse libanaise rapporte que l'armée libanaise n'était pas au courant de tout ça et qu'elle n'avait pas été prévenue et qu'elle a été simplement appelée à intervenir après que les forces de sécurité et les services de renseignements de Hariri aient échoué dans leur raid qui était supposé impressionner l'opinion libanaise.
s
EI: Quelles ont été les réactions à ces événements au Liban et des organisations ou des partis ont-ils condamné le bombardement du camp de Nahr al-Bared?
ABUKHALIL: De mon point de vue, s'agissant des réactions au Liban, c'est un des éléments les plus douloureux de cette affaire.
Aucun parti politique libanais n'a pris position, pas un seul, contre le bombardement indiscriminé du camp de réfugié de Nahr al-Bared. Le Hezbollah a choisi de soutenir l'armée, comme l'ont fait le Parti Communiste et d'autres organisations. Bien entendu, il ne fallait pas s'attendre à autre chose de la part du mouvement du 14 mars, mais dans l'opposition ça a été à qui manifesterait le plus fortement son soutien. Le général Aoun, le principal leader de l'opposition chrétienne a apporté un soutien total et inconditionnel à l'armée libanaise et à son recours à ce qu'on appelle une « option militaire décisive » - ce qui veut dire autoriser l'armée à entrer dans les camps ou à les investir.
s
EI: Pourquoi en est-il ainsi?
ABUKHALIL: En premier lieu, je comprends que l'armée libanaise a été frappée durement l'été dernier. Son moral et son prestige ont énormément souffert de son manque d'efficacité face aux brutales agressions israéliennes. Comme il n'existe aucun symbole de l'unité du Liban, les gens veulent toujours mettre en avant que, bon, « c'est peut-être l'armée. » Ça ne peut pas être toujours le caviar d'aubergines ou le hoummous. Ce doit être quelque chose de plus concret. Et c'est pourquoi on a cet engouement pour le soutien à l'armée. Ensuite, il y a une attitude générale raciste – le racisme classique à l'encontre des Palestiniens – et Khalid Saghiyya, un courageux éditorialiste Libanais en a parlé dans al-Akhbar. C'est pourquoi il est facile pour de nombreuses personnes de tolérer des attaques indiscriminées contre les camps de réfugiés Palestiniens. Ce n'est pas la première fois. Exactement comme en Jordanie il y a eu tous ces épisodes de bombardement des camps qui ont culminé pendant le Septembre Noir. Pendant toute ma vie au Liban il y eu toutes ces attaques par l'armée libanaise et plus tard par d'autres milices. En 1973, j'avais 13 ans, les camps de réfugiés Palestiniens au Liban avaient été bombardés par l'aviation libanaise. La liste est longue. Cette armée libanaise ne montre sa force que contre des réfugiés palestiniens sans défense. D'accord il y a l'organisation Fath al-Islam, ainsi que je l'ai dit, mais c'est un petit groupe fanatique dont on aurait pu s'occuper comme d'un problème de sécurité. Il était inutile de recourir à la puissance de feu de l'armée dont nous ne soupçonnions certainement pas l'existence quand l'été dernier le Liban était agressé par Israël et que l'armée libanaise se cachait surtout pour regarder quelques centaines d'irréguliers Libanais résister courageusement à l'agression israélienne.
s
EI: Le gouvernement libanais vous rétorquerait certainement qu'il ne vise pas les habitants du camp et il a même fait des déclarations dans lesquelles il dit comprendre que l'organisation qu'il vise n'a rien à vois avec les palestiniens du Liban.
ABUKHALIL: L'ironie est que certes, il a dit tout ça et qu'il a dit plus. Il a eu recours au même que les Israéliens quand ils ont bombardé les camps de réfugiés en Cisjordanie et à Gaza. C'est le même langage que celui pratiqué par les USA en Afghanistan et en Irak : « Ils se cachent au milieu des civils. Ils se servent des civils comme de boucliers humains. Frapper les civils est une faute, l'armée se préoccupe de la population civile. » Toute cette propagande des dommages collatéraux est utilisée par le gouvernement.Les Palestiniens sont faibles au niveau régional et international. Ils ne reçoivent aucun soutien des gouvernements arabes, ce qui explique que le gouvernement libanais a non seulement eu la capacité et la volonté de faire ce qu'il a fait, et hier une déclaration officielle de la Ligue Arabe a non seulement apporté son soutien et exprimé sa « satisfaction » pour reprendre ses termes, au sujet de ce qui se passe mais a proposé une assistance militaire en récompense des bombardements du camp.
s
EI: La main des USA est évidente dans cette affaire. Nous avons vu le gouvernement libanais solliciter une assistance militaire, dont des munitions et du matériel américains en réaction aux événements de Nahr al-Bared. Comment voyez-vous le rôle des USA et permettez moi d'élargir un peu ma question. En quoi les événements du Liban sont-ils liés à ce qui se passe à Gaza et les USA ont-ils réellement une stratégie pour la région? Quelle est la vision d'ensemble ici?ABUKHALIL: Les USA jouent certainement un rôle considérable dans toute cette affaire. Il y a à peine une semaine, David Welch, le sous-secrétaire US pour le Proche Orient visitait le Liban. Fait sans précédent, il a rencontré le commandant en chef de l'armée libanaise. Ce n'était jamais arrivé auparavant. On ne sait pas de quoi ils ont discuté mais la presse libanaise – même la presse pro gouvernementale – a souligné le caractère sans précédent de la rencontre entre Welch et le commandant en chef.En ce qui concerne les Américains, nous devons aussi observer qu'ils ont annoncé officiellement que le gouvernement libanais leur avait fait une requête d'assistance militaire d'urgence. Et encore que le gouvernement libanais a promptement démenti avoir fait une telle demande. Et que ensuite il a démenti le démenti. Regardez Gaza et vous constaterez que les Américains ont soutenu, financé et armé les milices de Muhammad Dahlan et que Mahmoud Abbas le président de l'Autorité Palestinienne] a été chargé de combattre et de tuer d'autres Palestiniens. Voyez le Liban d'aujourd'hui et vous trouvez un gouvernement libanais soutenu, financé et armé par le gouvernement américain et qui fait la même chose. La Palestine et le Liban sont devenus plus importants pas tellement parce que l'administration US aurait la volonté de leur accorder une quelconque attention mais tout particulièrement en raison de l'échec du projet américain en Irak. Et il a choisi la Palestine et le Liban parce que ce sont des endroits où se trouvent des milices fantoches armées et financées par les USA que ces derniers peuvent utiliser contre leurs ennemis et les ennemis d'Israël.
s
EI: Que nous disent les événements en cours sur l'évolution de la situation au Liban? La presse israélienne par exemple, parle d'une autre guerre cet été. S'agit-il de signaux avant coureurs comme beaucoup de gens le craignent?
ABUKHALIL: Je suis plus d'avis que c'est peut être une indication que ce conflit pourrait être une alternative à une telle guerre. Les Israéliens comme le Hezbollah ne sont pas du tout intéressés par une flambée du conflit cet été. Et je pense que les USA ont la volonté et la capacité de faire pression sur le gouvernement libanais pour qu'il désarme les camps de réfugiés palestiniens de manière à accroître la sécurité d'Israël à leur point de vue. Même cela aurait une effet de choc en retour car nous avons déjà vu que les camps de réfugiés palestiniens sont très mécontents devant ce qui se passe.