Affichage des articles dont le libellé est Christianisme. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Christianisme. Afficher tous les articles

mercredi 20 mai 2015

Réformer l'Islam dites-vous?

Mehdi Hasan contribue régulièrement par des tribunes libres dans la presse anglaise au débat sur l'Islam et le monde musulman (son expression est « le monde majoritairement musulman »).
Il entend ici répondre de manière argumentée à ceux qui en Occident appellent à une réforme de l'Islam. Les quelques exemples qu'il donne viennent des Etats Unis, mais on aura vite fait de trouver leurs équivalents das les milieux politiques et médiatiques hexagonaux.
Mehdi Hasan
Mehdi Hasan
Mehdi Hasan est aujourd'hui journaliste présentateur à Al Jazeera anglaise et a été directeur de rédaction au New Statesman (un magazine politique britannique proche du travaillisme).

Pourquoi l'Islam n'a pas besoin d'une réforme

Ceux qui appellent de leurs vœux un « Martin Luther musulman » devraient réfléchir
par Mehdi Hasan, The Guardian (UK) 17 mai 2015 traduit de l'anglais par Djazaïri
Ces derniers mois, les appels stéréotypés à une réforme de l'Islam, une religion vieille de 1 400 ans, se sont multipliés. « Nous avons besoin d'une réforme musulmane, » annonçait Newsweek. « L'Islam a besoin d'être réformé de l'intérieur, » disait le Huffington Post. Après le massacre de janvier à Paris, le Financial Times approuvait ceux qui, en Occident, considéraient que le président laïque de l'Egypte, Abdel Fattah el-Sisi, « pouvait se révéler être le Martin Luther du monde musulman. » (La chose pourrait s'avérer difficile étant donné que Sisi, selon les termes de Human Rights Watch, a approuvé des « attaques meurtrières préméditées » contre des manifestants généralement non armés, qu'on pourrait assimiler à des « crimes contre l'humanité. »)
Et puis il y a Ayaan Hirsi Ali, l'essayiste d'origne somalienne, athée et ex-musulmane qui vient de publier un nouveau livre intitulé « Heretic : Why Islam Needs a Reformation Now (hérétique, pourquoi l'Islam a besoin d'une réforme maintenant). On l'a vu apparaître sur les plateaux de télévision et dans des tribunes libres pour exhorter les Musulmans, libéraux comme conservateurs, à abandonner certaines de leurs croyances religieuses centrales et à s'unir derrière un Martin Luther.La question de savoir si des Musulmans de base vont régir positivement à un appel à la réforme venant d'une femme qui a qualifié leur religion de « culte de la mort destructeur et nihiliste » qui devrait être « écrasé », et a proposé que Benjamin Netanyahou reçoive le prix Nobel de la paix, est une autre affaire.
Ce discours n'est pas nouveau. Thomas Friedman, le célèbre éditorialiste du New York Times, avait appelé à une réforme de l'Islam dès 2002 ; les universitaires américains Charles Kurzer et Michaelle Browers ont situé les origines de cette « analogie avec la réforme [protestante, NdT] au début du 20ème siècle et observent que des « les journalistes conservateurs étaient aussi impatients que les universitaires libéraux dans leur quête de Luthers musulmans. »
'L'Islam n'est pas le christianisme. Ils ne sont pas analogues, et c'est faire preuve de beaucoup d'ignorance que de prétendre qu'il en est autrement. Apparemment, quiconque veut gagner la guerre contre l'extrémisme violent et sauver l'âme de l'Islam, sans parler de transformer un Moyen Orient qui stagne, devrait être pour un tel processus. Après tout, le christianisme a eu la Réforme, argumente-t-on, qui a été suivie par les Lumières ; par le sécularisme, le libéralisme et la démocratie européenne moderne. Alors pourquoi l'Islam ne pourrait-il pas faire pareil ? Et l'Occident ne pourrait-il pas proposer son aide ?
la réalité est cependant que les discours sur une réforme de l'Islam comme celle qu'a connue le christianisme est très fortement teinté d'hypocrisie. Examinons l'idée d'un « Luther musulman ». Luther ne s'est pas contenté de placarder 95 thèses sur la porte de l'église du château à Wittenberg en 1517, dénonçant les abus des ecclésiastiques de l'église catholique. Il exigeait aussi que les paysans allemands en révolte contre les seigneurs féodaux soient « mis à mort », les comparant à des « chiens fous », et il avait écrit « Des Juifs et de leurs mensonges » en 1543 où il parlait des Juifs comme «peuple du diable » et appelait à la destruction de leurs maisons et de leurs synagogues. Comme l'a observé le sociologue et spécialiste américain de l'holocauste Ronald Berger, Luther avait participé à faire de l'antisémitisme un « élément central de la culture et de l'identité nationale allemande. » Pas vraiment un exemple de réforme et de modernité pour les Musulmans en 2015.
Martin Luther placardant ses 95 thèses sur la porte de l'église de Wittenberg
Le 31/20/1517, Martin Luther placarde ses 95 thèses sur la porte de l'église de Wittenberg
La réforme protestante avait aussi ouvert la porte à une effusion de sang sans précédent à l'échelle continentale. Avons-nous oublié les guerres de religion en France ? Ou la guerre civile anglaise ? Des dizaines de millions d'innocents périrent en Europe ; on pense que 40 % de la population de l'Allemagne a trouvé la mort pendant la guerre de trente ans. Est-ce que c'est ce que nous voulons qu'endure maintenant la partie du monde en majorité musulmane déjà en proie à des conflits sectaires, des occupations étrangères et au legs du colonialisme, uniquement au nom de la réforme, du progrès et même du libéralisme ?
'L'Islam n'est pas le christianisme. Les deux religions ne sont pas analogues, et c'est faire preuve de beaucoup d'ignorance, voire de condescendance, que de prétendre qu'il en est autrement – ou d'essayer d'imposer une vision eurocentrique et parfaitement linéaire de l'histoire à des pays à majorité musulmane très divers en Asie ou en Afrique. Chaque religion a ses propres traditions et textes ; les adeptes de chaque religion ont été affectés d'une foule de manières par des processus géopolitiques et socio-économiques. Les théologies de l'Islam et du Christianisme, en particulier, sont des mondes à part ; l'Islam par exemple n'a jamais eu de classe cléricale dans le style catholique obéissant à un Pape de droit divin. Alors contre qui devra se faire la « réforme islamique » ? Sur la porte de qui faudra-t-il placarder les 95 fatwas ?
La vérité est que l'Islam a déjà eu sa propre réforme à tous égards, au sens de se dégager des appartenances culturelles et d'un processus de supposée « purification ». El résultat n'a pas été une utopie pluraliste et multi-confessionnelle, une Scandinavie sur l'Euphrate. Elle a produit au contraire... le royaume d'Arabie Saoudite.
N'est-ce pas exactement une réforme qui a été offerte aux masses du Hedjaz par Muhammad Ibn Abdul Wahhab, le prédicateur itinérant de la moitié du 18ème siècle qui avait fait alliance avec la famille Saoud ? Il proposait un Islam austère débarrassé de ce qu'il considérait comme des innovations, il écartait des siècles de tradition intellectuelle et du commentaire, et il rejetait l'autorité traditionnelle des oulémas, ou des autorités [en termes de savoir, NdT] religieuses.
On pourrait même dire que si quelqu'un mérite le titre de Martin Luther musulman, c'est Ibn Abdul Wahhab qui, aux yeux de ses détracteurs, combinait le puritanisme de Luther à l'antipathie du moine allemand à l'égard des Juifs. La position controversée d'Ibn Abdul Wahhab à l'égard de la théologie musulmane, écrit son biographe Michael Crawford, « l'amena à condamner une bonne partie de l'Islam de son époque » et avait entraîné son rejet comme hérétique par sa propre famille.
Ne vous méprenez pas. Des réformes sont évidemment nécessaires dans un monde musulman en crise : des réformes politiques, socio-économiques et, c'est vrai, religieuses aussi. Les Musulmans doivent redécouvrir leur propre héritage de pluralisme, de tolérance et de respect mutuel – incarné, par exemple, dans la lettre du Prophète aux moines du monastère Sainte Catherine , ou dans la « convivencia » 'ou co-existence) de l'Espagne musulmane médiévale.
Ce dont le monde musulman n'a pas besoin, c''est d'appels désinvoltes à une réforme de l'Islam formulés par des non Musulmans et par d'ex-Musulmans, dont la répétition illustre simplement à quel point des commentateurs occidentaux de premier plan sont superficiels, simplistes, a-historiques et même anti-historiques sur cette question. Il leur est beaucoup plus facile, semble-t-il, de réduire le débat complexe sur l'extrémisme violent à une série de poncifs, de slogans et de petites phrases plutôt que d'examiner les causes à la racine de ces tendances historiques ; plus facile de porter au pinacle les détracteurs les plus extrêmes et les plus intolérants de l'Islam tout en ignorant les voix des nombreux militants, savants et universitaires.
Hirsi Ali, par exemple, a eu droit à toute une série de louanges et de questions complaisantes dans le flot d'interviews qu'elel a faites avec des médias américains, du New York Times à Fox News (« Une héroîne de nitre temps », disait un gros titre de Politico). On ne pouvait malheureusement que constater que seul l'humoriste Jon Stewart, dans le Daily Show, s'était soucuié de signaler à Hirsi Ali que son héros réformiste voulait une « forme plus pure de christianisme » et avait contribué à créer « un siècle de violence et de chaos. »
Ayaan Hirsi Ali
Ayaan Hirsi Ali
Avec mes excuses à Luther, si quelqu'un veut faire la même chose avec l'Islam aujourd'hui, c'est le chef de l'Etat Islamique en Irak et au Levant (EIIL ou Daesh), Abu Bakr al-Baghdadi qui prétend violer et piller au nom d'une « forme plus pure » de l'Islam – et qui incidemment n'est pas très fan des Juifs non plus. Ceux qui implorent de manière si simpliste, et pas qu'un peu bêtement, pour une réforme de l'Islam, devraient être un peu plus prudents quant à ce qu'ils appellent de leurs vœux.

lundi 16 février 2015

Une prosélyte aux arguments frappants

Aux Etats Unis, qui sont un pays laïque (certainement plus que la France) la religion est une donnée importante, y compris dans sa dimension prosélyte.

En effet, nombre de croyants , le plus souvent des pasteurs,se font un devoir de rappeler le message du Christ ou de le propager auprès des mécréants. Toutes les techniques de prédication sont utilisées, les plus spectaculaires étant les méga-rassemblements ou la prédication télévisée.

Mais chaque croyant peut aussi considérer comme de son devoir de transmettre le message aux incrédules.

C'est ce qu'a entrepris Marguerite Haragan, une fidèle de Boise dans l'Idaho, qui a cherché les arguments les plus frappants pour amener à Jésus une de ses concitoyennes de confession juive.
Situation de l'Idaho
Situation de l'Idaho

Le procureur explique qu'une femme de Boise a menacé et agressé une femme juive

par Erin Fenner, Idaho Statesman (USA) 13 février 2015 traduit de l'anglais par Djazaïri
Boise – Marguerite Haragan a appuyé son pied sur la gorge d'une femme juive tout en lui disant qu'elle « ferait mieux d'accepter Jésus », a expliqué un procureur du Comté d'Ada pendant la mise en accusation de Haragan jeudi.
Boise est la capitale de l'Idaho et le siège du Comté d'Ada
Boise est la capitale de l'Idaho et le siège du Comté d'Ada
Haragan est sous le coup de deux chefs d'inculpation pour harcèlement malveillant. Elle a d'abord essayé de renoncer à son droit à un avocat car, disait-elle, elle était « lucide » et comprenait ses droits ; Mais le juge a insisté sur l'intérêt pour elle d'être représentée par un avocat du fait de la « gravité » des deux chefs d'inculpation retenus contre elle, selon les minutes de la mise en accusation.

Haragan se livrait déjà à du harcèlement verbal contre la femme – identifiée au tribunal par ses initiales « AG » - y compris par téléphone, selon le procureur. Mais le 5 février, elle se serait livrée à une escalade violente.
Marguerite Haragan

Selon le procureur, AG a rapporté que Haragan s'était présentée à son domicile ce jour là, avait frappé à la fenêtre de devant et crié qu'elle « ferait mieux de croire en Jésus, et qu'elle ne partirait pas tant qu'elle ne l'aurait pas fait. »

AG avait ouvert la porte pour relever la plaque minéralogique de Haragan et lui demander de s'en aller, a déclaré le procureur. Haragan aurait alors giflé AG au visage, lui aurait tiré les cheveux, l'avait jetée au sol pour lui donner des coups de pied dans le ventre et sur les cuisses. Haragan criant que AG devait croire en Jésus pour que cessent les coups, a expliqué le procureur. Haragan avait plaqué son pied sur le cou de AG et lui tirait les cheveux, provoquant une blessure au cou encore douloureuse, selon le procureur.
« Finalement, la victime a du s'exécuter » pour mettre fin à l'agression, a indiqué le procureur.

Mais le 7 février, Haragan est revenue chez AG et a gravé le mot « Mort » sur sa boîte à lettres, selon le procureur.

Le juge a ordonné l'interdiction de tout contact de Haragan avec AG et a fixé le montant de la caution à 100 000 dollars. Haragan était toujours dans la prison du Comté vendredi matin. Sa prochaine comparution en audience préliminaire se teindra le 26 février, mais ces audiences sont parfois reportées ou annulées.

vendredi 3 mai 2013

L'Eglise d'Ecosse réfute théologiquement le sionisme!


Il n’y a pas que les historiens ou les sociologues pour se liguer contre le sionisme. En effet, après avoir longtemps gardé une retenue, voire même été favorables au projet sioniste, c’est de plus en plus aux églises chrétiennes de s’y mettre.
Cette fois, c’est au tour de l'église d’Ecosse (prebystérienne) qui vient de se fendre d’un rapport qui conteste carrément les prétentions juives à la terre de Palestine.
Et en religieux qu’ils sont, ils le font sur un registre théologique, en interrogeant l’Ancien Testament, celui justement que les sionistes brandissent comme titre de propriété incontestable.
Ephraim Borowski,le patron de la communauté juive d’Ecosse a beau jeu de critiquer le rapport de l’église écossaise à qui il reproche «de prétendre connaître le judaïsme mieux que nous. »
Ce sombre idiot a cependant oublié que l’Ancien Testament est aussi un livre sacré pour les Chrétiens et qu’à ce titre, les juifs n’ont pas de droit particulier à contester la lecture qu’en font les Chrétiens
Il a oublié aussi que les Chrétiens se réfèrent aussi à cet autre livre sacré qu’est le Nouveau Testament, un corpus scripturaire que le judaïsme rejette complètement.
Ce rapport est (d’un point de vue chrétien) solidement étayé par les écritures sacrées, mais on se doute bien que les sionistes auraient voulu, comme à leur habitude, en définir le contenu, eux qui ont pris l’habitude d’expliquer aux Chrétiens comment comprendre leur religion au nom de la thèse selon laquelle elle serait une variante ou un dérivé de la religion juive ; et qui aimeraient bien en faire autant avec l’Islam. 

L’Eglise d’Ecosse: les Juifs n’ont pas droit à la terre d’Israël

Un nouveau rapport de l’église qui  remet en cause les prétentions historiques des Juifs et critique le sionisme a suscité la colère et une sévère condamnation de la part de la communauté juive locale
par Anshel Pfeffer, Haaretz (Sionistan) 2 mai 2013   traduit de l'anglais par Djazaïri
Un rapport de l'Eglise d'Ecosse, publié cette semaine, nie tout droit particulier du  peuple juif sur la terre d'Israël 
L'église, qui ces dernières années a renoncé à  sa vision auparavant philosémite, a ouvert un large fossé avec la communauté juive écossaise avec ce rapport. Entre autres déclarations controversées, le rapport fait valoir que «les chrétiens ne doivent soutenir aucune prétention de la part des juifs, ou de tout autre peuple, à un droit divin exclusif ou même à un privilège divin dans la possession d’un territoire donné."
Le rapport , intitulé "L'héritage d'Abraham? Un rapport sur ​​la« terre promise », a été préparé pour l'assemblée générale de l'Eglise d'Ecosse, qui aura lieu dans deux semaines. Il est le dernier d'une série de documents publiés au cours de la dernière décennie qui critiquent le sionisme et les chrétiens qui le soutiennent. 
Le rapport reconnaît le fait que l'Eglise d'Ecosse a par le passé été convaincue du droit des Juifs à l'ancienne terre d'Israël et on doit peut-être même à un ministre écossais, Alexander Keith, la fameuse phrase: «Une terre sans peuple, pour un peuple sans terre ». Un autre célèbre ministre écossais sioniste, John Brown, le père de l'ancien Premier ministre britannique  Gordon Brown, avait visité  Israël et était un partisan enthousiaste de l'Etat juif.
Ce dernier rapport indique  cependant clairement que cette affection [pour le sionisme] appartient au passé. Il analyse les diverses revendications scripturaires et théologiques des Juifs sur la terre [la Palestine, NdT] et rejette les versets dans lesquels la terre est promise au fils d'Abraham. Par ailleurs, il rejette la «croyance qu’ont  certains juifs selon laquelle ils ont droit à la terre d'Israël au titre de compensation pour la souffrance de l'Holocauste».
Dans le même temps, le rapport fait référence aux passages du Nouveau Testament qui sont censés être «une critique radicale de la spécificité et de 'exclusivisme juifs» par Jésus. En outre, il cite sans recul critique des écrits de Juifs et de Chrétiens antisionistes. 
En réaction à la situation politique en Israël, le rapport demande: «Le peuple juif aurait-il aujourd'hui un droit plus juste à revendiquer ce territoire s’il traitait équitablement les Palestiniens?" Le rapport insiste beaucoup sur le fait que le sionisme a utilisé la Bible comme base de ses revendications sur Israël, mais il soutient que «c'est faire un mauvais usage de la Bible que de l'utiliser comme un guide topographique pour régler les conflits contemporains sur un territoire." 
Sans surprise, le rapport s’est attiré de vives critiques de la part des responsables juifs en Grande-Bretagne. La  population juive en Ecosse compte moins de dix mille âmes, mais la communauté a une forte organisation et bénéficie généralement de bonnes relations avec le gouvernement écossais et les responsables religieux locaux.
Image
Ephraïm Borowski
«[Le rapport] se lit comme une polémique contre les Juifs et le judaïsme digne de l’époque de l’Inquisition ", proteste Ephraim Borowski, directeur du Scottish Council of Jewish Communities. "Il est partial, faible côté sources, et contradictoire." Il a accusé l'Église d'Écosse d’abandonner le dialogue avec la communauté juive et "de prétendre connaître le judaïsme mieux que nous."

vendredi 12 novembre 2010

Polémique judéo-chrétienne

 Notre dernière leçon portant sur le judéo-christianisme commence à dater. Bon, ça tombe bien , l'actualité nous donne l'occasion d'une nouvelle petite leçon.
Le judéo-christianisme, serais-je tenté d'écrire, est une notion qui semble faire l'unanimité au point d'apparaître comme une évidence.
Or, comme beaucoup d'évidences, elle est souvent démentie par les faits. Prenons par exemple les Juifs pour Jésus, une secte qui a pris au sérieux ce fameux judéochristianisme. Eh bien, ils ne font pas l'unanimité et pas tellement pour leur côté "chrétien" mais plutôt pour leur côté "juif." Car, comme disait l'autre:
 Un Juif pour Jésus, ça n'existe pas. C'est comme dire qu'un Noir est pour le Ku Klux Klan.
Sympa de comparer Jésus au Grand Sorcier et le christianisme au Ku Klux Klan!

Un juge de Floride sanctionne l'avocat qui poursuivait en justice les Juifs pour Jésus
Kiowa County Signal (USA) 11 novembre 2010 traduit de l'anglais par Djazaïri

West Palm Beach, FL - Pour avoir déposé à plusieurs reprises des plaintes abusives contre les Juifs pour Jésus, le juge Edward Fine, de l'Etat de Floride, a sanctionné l'avocat plaignant Barry Silver, et l'a condamné à payer 45 000 dollars de fris de justice. Le cabinet Liberty Counsel représente les Juifs pour jésus dans le dossier Rapp contre Juifs pour Jésus.
Un an après la publication d'une newsletter des Juifs Jésus dans laquelle Bruce Rapp, le beau fils d'Edith Rapp, affirmait que Mme Rapp "faisait la prière des pécheurs," Edith avait déposé plainte avec l'aide de Silver contre les Juifs pour Jésus, en prétendant uq cette organisation l'avait diffamée en affirmant qu'elle était une "adepte du judaïsme." Liberty Counsel avait déposé plusieurs motions pour rejeter la plainte, ce que le tribunal a accepté, mais Silver a déposé à nouveau les mêmes plaintes frivoles [sic]. Se fondant sur ce comportement, le tribunal a cette fois sanctionné Silver. Le juge Fine a aussi déclaré qu'il revenait à l'ordre des avocats de Floride d'adopter des sanctions additionnelles.

Mathew Staver, de la Foundation of Liberty Counsel et doyen de la faculté de droit de la Liberty University, commente ainsi: "Les avocats ne doivent pas se servir de poursuites en justice pour diffamer leurs opposants. Barry Silver a essayé de faire de son dépôt de plainte l'instrument d'une polémique contre le christianisme en général et les Juifs pour Jésus en particulier. Le tribunal lui a à juste titre infligé des sanctions pour abus de la procédure judiciaire."

samedi 23 octobre 2010

Le Vatican contre le sionisme

Vos journaux ne se bousculent pas pour parler du sujet que je vous propose; tout simplement parce que cette réunion au Saint-Siège ne portait pas sur le préservatif ou la contraception (on verra cependant demain s'ils sont plus diserts).

Les sionistes attendaient beaucoup du synode pour le Moyen-Orient qui vient de se réunir au Saint-Siège. Si le synode s'est effectivement inquiété du sort des Chrétiens au Moyen-Orient, les sionistes en sont cependant restés pour leurs frais comme on peut le voir avec cette réaction du rabbin David Rosen, directeur du département des Affaires interreligieuses du Comité juif international, pour qui ce synode, auquel il a participé en tant qu'invité, accueillait des "évêques radicalement hostiles à l’Etat hébreu". En plus de ces évêques et du rabbin, on a noté aussi la présence d'un ayatollah Iranien et d'un Musulman sunnite venu du Liban.

En fait, non seulement rien de ce qu'espéraient les sionistes ne s'est produit au Vatican mais le synode a apporté une réponse théologique ferme d'opposition à la doctrine sioniste.
Excusez du peu, mais on peut lire en titre d'un article sur RFI que
Vous avez bien lu et je rappelle que RFI est l'acronyme pour Radio France Internationale (et non pour Radio fasciste Islamique comme vont vite tenter de vous en persuader les sionistes).
Le Vatican n'y va effectivement pas avec le dos de la cuiller et affirme qu'il 
Mgr Cyrille Salim Bustros, archevêque de Newton (USA) enfonce le clou:
"Pour nous, chrétiens, on ne peut plus parler de Terre promise au peuple juif", terme qui figure dans l'Ancien testament, car cette "promesse" a été "abolie par la présence du Christ". Après la venue du Jésus, "nous parlons de Terre promise comme étant le royaume de Dieu", qui couvre la Terre entière, et est un "royaume de paix, d'amour, d'égalité (et) de justice", a-t-il expliqué.

Nous avons là un important pas supplémentaire dans une des directions que redoutent le plus les sionistes, c'est-à-dire la délégitimation de leur Etat usurpateur.
Mais vous verrez, les sionistes qui déjà prétendent mieux connaître le Coran que les Musulmans (le Coran disent-ils, légitime le sionisme!) vont arguer du fait qu'ils sont bien meilleurs spécialistes des Evangiles que les hiérarques catholiques eux-mêmes.

vendredi 1 janvier 2010

L'holocauste par le mariage

Un texte d'Aliza Lavi, paru dans l'édition de ce jour d'un grand journal de l'entité sioniste nous donne l'occasion de revenir sur le caractère étrange de la conception du judaïsme par le sionisme. Cette personne, fort mignonne au demeurant, saisit l'occasion des fiançailles de Chelsea, la fille de Bill et Hillary Clinton avec le fils d'une riche famille juive américaine pour souligner le danger des mariages entre juifs et non juifs.




D'aucuns apprécieront sa comparaison de ce genre de mariages avec ce qu'on appelle l'holocauste, soit la tentative d'extermination des Juifs européens par le nazisme. L'auteur nous apprend qu'il y a eu en réalité plusieurs holocauste antérieurs en raison de ces fameux mariages mixtes.




Bon, elle ne pousse pas le bouchon jusqu'à taxer Mlle Clinton d'antisémite, mais on n'en passe pas loin.




La conception du judaïsme manifestée par ce texte n'est en rien spirituelle mais à mi-chemin entre une conception raciale et nationale tout simplement parce que l'auteure tente de résoudre à sa manière des contradictions qui restent cependant insolubles.




En effet, Aliza Lavi met en garde contre le danger à relativement court terme que posent les mariages mixtes à la communauté juive américaine, elle reconnait implicitement que ce danger est d'autant plus grand que les portes de la conversion au judaïsme restent le plus souvent à peine entrouvertes pour ceux qui souhaiteraient adhérer à la religion juive. Elle plaide donc pour un rabbinat plus ouvert à l'accueil des convertis car cet accueil doit se faire selon la loi juive. Mais comme ce sont les rabbins qui décident de ce qu'est l'application de la loi juive, il faut que retirer cette affaire aux religieux en désignant... des rabbins plus flexibles. Les positions de Mme Lavi ont moins à voir avec un motif spirituel qu'avec un motif national. Et c'est donc la nation, c'est-à-dire l'entité sioniste qui doit prendre cette affaire en charge sous peine de perdre ses "enfants au profit d'autres religions, d'autres peuples et d'autres nations". En une seule phrase, nous retrouvons l'intrication de ces trois termes; religion, peuple et nation.




On pointera certaines erreurs, par volonté ou ignorance, de Mme Lavi. Elle signale par exemple que, contrairement au christianisme et à l'Islam, le judaïsme n'est pas prosélyte. Ce n'est certes plus le cas, mais il n'en a pas toujours été ainsi et l'action prosélyte du judaïsme dans le Maghreb antique est bien connue. La fin du prosélytisme date de la prise en main de ce qu'on appelle judaïsme aujourd'hui par le rabbinat et la mise au pas d'une forme de judaïsme universaliste et non sectaire (le karaïsme).




Elle note concomitamment que le judaïsme, n'a été prosélyte ni par la persuasion et encore moins par la force. Cette affirmation n'a de valeur que lorsque le judaïsme est dépourvu d'Etat, ce qui a généralement été le cas avant l'instauration de l'Etat sioniste. Mais si nous prenons le cas du Yémen ancien, avec présence d'un Etat juif, nous observons un comportement tout à fait différent avec un roi Juif qui donne aux Chrétiens le choix entre la conversion au judaïsme ou la mort.



Le problème des mariages mixtes n'est pas une question religieuse, mais une affaire nationale
par Aliza Lavi, Yedioth Aharonoth (Sionistan) le 1er janvier 2010 traduit de l'anglais par Djazaïri

Chelsea Clinton, la fille d'une des familles les plus en vue de la classe politique américaine, a choisi un Juif pour mari. Le futur époux, Marc Mezvinsky, appartient à une famille du monde des affaires et de la politique. Preuve supplémentaire qu'on peut trouver des juifs au cœur même de l'establishment américain. L'ancien président et l'actuelle secrétaire d'Etat seront les beaux parents d'un Juif.

Avec toute notre reconnaissance et notre vieille amitié pour Bill et Hillary Clinton, et en dépit du fait que l'image de cette dernière joue le rôle d'exemple pour de nombreuses femmes dans le monde - on pourrait envisager cette même histoire sous un angle opposé et la considérer comme un motif de préoccupation.

Un type, membre d'une famille juive, fait un mariage mixte. On n'a aucune indication selon laquelle Chelsea Clinton envisage de se convertir au judaïsme. Et peut-être Marc, comme beaucoup de Juifs de sa génération; va-t-il épouser la femme qu'il aime sans se poser des questions en apparence obsolètes.

Bill et Hillary Clinton sont des amis sincères d'Israël et du peuple juif. Quand Hillary s'est exprimée, en qualité de première dame, le jour en mémoire de Yitzhak Rabin, elle avait commencé son discours par des citations de section hebdomadaire de la Torah. Peu de politiciens Israéliens le font. Ce faisant, Hillary montrait sa proximité intime avec le peuple juif et son patrimoine. Pendant la bataille pour la restitution des avoirs des victimes de l'holocauste conservés dans les banques suisses, c'est Hillary qui avait engagé Bill à agir pour le bien de la justice historique. Mais néanmoins, nos enfants ne peuvent pas se marier dans la famille Clinton.

Le nombre de mariages mixtes dans la diaspora a augmenté de 200 % ces 50 dernières années. Environ 55 % des mariages conclus par des Juifs sont mixtes. Dans un quart des familles, les enfants de la prochaine génération ne seront plus Juifs et auront, au mieux, une vague lien avec leurs racines juives. Une projection dans l'avenir montre qu'en l'espace de quelques générations, la communauté juive américaine aura pratiquement disparu, en dehors de sa composante religieuse et ultra orthodoxe.

Il y a des limites
Certains diront que je suis vieux jeu et raciste. Certains diront, "Pensez-vous vraiment que nous avons le droit de faire obstacle?" Et il y a ceux qui, comme certains de mes amis, qui disent qu(il y a si peu de différences entre les jeunes gens d'aujourd'hui qu'elle-même ne s'était pas rendue compte que sa fille s'était fiancée avec un Gentil avant que d'assister au mariage à l'église du frère de son futur gendre.
Ma réponse à ces arguments est la suivante: Oui, il y a des limites. La faculté du peuple juif à continuer à exister et à survivre à travers les générations repose, entre autres, sur le maintien du mariage à l'intérieur, et seulement à l'intérieur, de la communauté. L'assimilation et les mariages mixtes ont détruit des communautés complètes avant même l'holocauste.
La judaïsme, contrairement au christianisme et à l'Islam, n'est pas une religion missionnaire. Elle ne cherche pas à augmenter le nombre de ses croyants, ni par la persuasion et surtout pas en recourant à la force. Mais ce n'est pas non plus une religion fermée dans laquelle les gens ne peuvent pas entrer. Ceux qui souhaitent la rejoindre peuvent le faire, aux conditions de la loi juive. Ceux qui veulent épouser un homme ou une femme de confession juive peuvent se convertir. Les gens font des choses bien plus difficiles par amour.

Malheureusement, cette bataille semble presque perdue dans la communauté juive des Etats Unis. Mais du moins devrions nous, en Israël, parler en conséquence de ces mariages mixtes. avec plus de retenue et de façon moins colorée. En même temps, nous devons œuvrer à la nomination de juges rabbiniques qui soient sensibles et comprennent les nécessités de l'heure, qui permettront à ceux qui le veulent de se convertir. Les mariages mixtes ne sont pas un problème religieux mais un problème national. Ce n'est pas l'affaire des religieux. C'est l'affaire des juifs Israéliens qui risquent de perdre leurs enfants au profit d'autres religions, d'autres peuples et d'autres nations.

mercredi 9 décembre 2009

L'identité de rupture de M. Nicolas Sarkozy

Dans sa récente tribune parue dans le journal Le Monde, le président Nicolas Sarkozy reconnaît explicitement ce qui auparavant n'était qu'implicite: le débat sur l'identité nationale a pour thème central la situation de l'Islam en France.
Selon M. Sarkozy, "dans notre pays, où la civilisation chrétienne a laissé une trace aussi profonde, où les valeurs de la République sont partie intégrante de notre identité nationale, tout ce qui pourrait apparaître comme un défi lancé à cet héritage et à ces valeurs condamnerait à l'échec l'instauration si nécessaire d'un islam de France qui, sans rien renier de ce qui le fonde, aura su trouver en lui-même les voies par lesquelles il s'inclura sans heurt dans notre pacte social et notre pacte civique".

Ce discours aurait été bien accueilli par les dirigeants musulmans hexagonaux.
Ce que ces dirigeants ne semblent pas comprendre, c'est que la notion de "défi" évoquée par M. Sarkozy est purement subjective et que son interprétation dépendra des circonstances. Là où untel passe devant un minaret en lui jetant un regard indifférent, l'autre ressent une vision insupportable etc.
M. Sarkozy écrit que "Chrétien, juif ou musulman, homme de foi, quelle que soit sa foi, croyant, quelle que soit sa croyance, chacun doit savoir se garder de toute ostentation."
Mais dans la réalité qu'en est-il vraiment alors que seule la supposée ostentation musulmane est en réalité pointée du doigt, exactement comme dans la fameuse loi dite du foulard sur les signes religieux à l'école.

Ce que les responsables musulmans n'ont pas noté, peut-on les en blâmer, est que ce texte de M. Sarkozy, marque une véritable rupture avec toute l'histoire de la république française et donc avec l'identité française contemporaine.
Certes la tournure est habile, la civilisation chrétienne n'est apparemment pas placée sur le même plan que la république puisque dans la phrase nous avons d'abord "civilisation chrétienne" puis, séparés par une virgule "les valeurs de la république."
Apparemment pas d'identité, c'est le cas de le dire, entre les deux. Sauf que le reste de la phrase les reprend dans un même segment, les plaçant en réalité à égalité.

En quoi est-ce une rupture?
Tout simplement parce que la république française s'est constituée et s'est affermie contre l'église catholique. Restaurations monarchiques et épisode de la Commune de 1871 avaient convaincu Thiers ou Jules Ferry d'asseoir définitivement la république en combattant le plus efficacement possible l'église catholique, alliée des monarchistes. La IIIème république inaugurée en 1871 s'achèvera avec l'arrivée au pouvoir de Philippe Pétain...
La consolidation de la république passait par une prise de contrôle de la société pour la soustraire à l'influence de l'église. Une étape marquante de cette prise de contrôle de la société fut l'instauration d'une école publique gratuite puis obligatoire et laïque et enfin la loi de séparation de l'église et de l'Etat. Cette mise au pas de l'église fut d'ailleurs bien reçue par les autres confessions qui avaient à l'époque droit de cité en France: le judaïsme et le protestantisme. Les Musulmans colonisés n'avaient eux pas voix au chapitre.
Cette construction contre le religieux, ici le catholicisme, n'est pas un paradigme qu'on pourrait généraliser à d'autres vielles démocraties parlementaires européennes. Il s'agit d'un processus propre à l'histoire de la France, et donc constitutif de son identité.

Comment raccrocher cette identité là à la civilisation chrétienne? Disons qu'il faut faire confiance au sorcier Sarkozy.
Attention, il n'est pas dans mon intention de nier l'extrême importance de l'héritage chrétien de la France (ou de l'Angleterre, de l'Irlande, de la Tchéquie etc.) mais simplement se souligner l'incongruité de le raccrocher d'une manière ou d'une autre à la république qui s'est construite contre l'église.
M. Sarkozy vient peut-être de briser une digue et Dieu sait si la république y résistera car une brèche est ouverte dans laquelle les clercs ne tarderont sans doute pas à s'engouffrer.
Et ces clercs ne sont pas et ne seront pas musulmans car, en dépit de leur nombre, le poids politique des musulmans dans la société française est proche de zéro.
Et la question de l'Islam en France est, avant d'être une question religieuse ou culturelle, d'abord une question éminemment politique qui tient au droit de cité des adeptes réels ou supposés de cette religion.
Une question "d'intégration" comme on aime à le dire dans les cercles néo-coloniaux .(Sauf que ces cercles mettent en question l'intégré putatif et non l'intégrateur récalcitrant).

jeudi 11 juin 2009

Petite leçon de théologie judéo-chrétienne en bande dessinée

Gary Trudeau est un dessinateur connu aux Etats Unis, notamment grâce à sa bande dessinée quotidienne "The Doonesbury" qui, nous apprend Wikipedia, lui a valu le prix Pulitzer en 1975.

Opposant résolu à George W. Bush, il avait promis une récompense de 10 000$ sous forme de dons à une oeuvre caritative vouée à aider les militaires étatsuniens à la personne qui apporterait la preuve que le président avait réellement effectué son service militaire.

Mais la dernière controverse à son sujet est toute différente puisque l'Anti Defamation League (ADL, équivalent de la LICRA aux USA) vient d'accuser une de ses récentes bandes dessinées d'être antisémite, pas moins!
s

Dans une lettre à Trudeau, l'ADL écrit:


L'enseignement chrétien est clair: le Dieu de l'Ancien Testament est le même Dieu que le Dieu du Nouveau Testament. Le révérend Sloan de Doonesbury est coupable de promotion de stéréotypes anti juifs et d'ignorance de la Bible. Il doit des excuses aux chrétiens comme aux juifs.
Vous avez pu constater en lisant la BD qu'à aucun moment il n'est question de juifs. Alors pourquoi l'ADL s'offusque-t-elle?
f
La réponse justement dans la lettre de l'ADL:
"Le problème de Jésus dans les évangiles est avec les changeurs, pas avec les usuriers. Les changeurs convertissaient les pièces de l'empire romain en monnaie acceptée par le Temple de Jérusalem, comme les changeurs actuels changent des dollars contre des euros.
Parler d'usuriers ramène au stéréotype de Shylock, quand les juifs furent forcés par les chrétiens à s'engager dans l'usure."
On observera le caractère étrange de la remarque de l'ADL et de son réflexe antisémite qui consiste à associer judaïsme et usure, ou prêt à intérêt car le mot "moneylender" se traduit aussi bien par usurier que par prêteur à intérêt. Ce qui est indifférent pour le christianisme originel pour lequel prêt à intérêt et usure sont du pareil au même.


On notera également avec intérêt le ton sentencieux de l'ADL qui semble s'y connaître en matière de "judéochristianisme," puisqu'elle va jusqu'à qualifier le révérend de la BD d'ignorance es christianisme puisqu'il aurait dû savoir que le Nouveau Testament condamne les changeurs et non les prêteurs.

Bon, je ne suis pas un spécialiste et n'ai pas chez moi un exemplaire du Nouveau Testament. Cependant, en cherchant bien sur le web, j'ai trouvé ceci:
Il y est question de changeurs condamnables parce qu'ils se comportent comme des... usuriers!

samedi 21 février 2009

Autre petite leçon de théologie judéo-chrétienne à laquelle vous n'aurez pas droit dans vos journaux

On pouvait croire que l’affaire Williamson était close suite aux actes de contrition du Pape Benoît XVI.

Que nenni puisque cette affaire rebondit dans l’entité sioniste où l’animateur d’un talk show télévisé semble-t-il très prisé a produit un sketch qui moque certains éléments importants de la doxa chrétienne, et pas seulement catholique.

Le Vatican a protesté formellement auprès des autorités sionistes et l’animateur de ce talk show se serait excusé publiquement avant même cette protestation.

C’est qu’avant la réaction vaticane, l’émission a suscité quelques remous chez les Chrétiens qui résident dans l’entité, des Palestiniens pour la plupart, et qui trouvent que les excuses de l’animateur étaient «hésitantes et non sincères,» un simple acte d’obéissance à la direction de la chaîne.

Vous ne trouverez pas cette information dans vos journaux préférés (motus et bouche cousue comme d’habitude) mais dans quelques sites web catholiques dont l’audience doit se confiner surtout aux croyants.

Je ne vais pas me lancer dans les méandres de la théologie. Cependant ce sketch mérite une petite observation. En effet, on se souvient que ce qui était reproché à l’évêque excommunié Williamson était sa contestation de l’utilisation par les nazis de chambres à gaz pour tuer des Juifs ainsi que son estimation à quelques centaines de milliers du nombre de victimes juives des exactions nazies (à comparer avec le chiffre de 6 millions communément proposé).

Les affirmations de M. Williamson peuvent être jugées contraires à la vérité ainsi que le considèrent des personnalités comme Mme Angela Merkel sans parler du chœur à l’unisson qui provient de ceux qui représentent le judaïsme.

Mais ce n’est pas cet aspect qui m’intéressera ici. Ce qui m’intéresse présentement c’est qu’à ce qu’à ce qu’on peut considérer comme une infraction au savoir historique, certains réagissent en portant la polémique sur un terrain religieux. Une preuve de plus que la question de l’holocauste ne relève pas du savoir historique mais de la théologie.

Or l’évêque Williamson a traité cette question de l’holocauste comme une question relevant de la science historique et a osé déclarer qu’il modifierait son point de vue s’il trouvait des preuves des diverses assertions sur l’holocauste.

Il ne demandait donc rien que la science ne puisse lui fournir or, plutôt qu’à des preuves, il a eu droit, et le Vatican avec lui, à une avalanche d’imprécations et de menaces, ces dernières s’étant d’ailleurs concrétisées avec sa révocation du séminaire où il exerçait et l’ordre d’expulsion à son encontre délivré par le gouvernement d’Argentine, [apparemment à la demande du rabbin Goldmann] pays où il réside pour très peu de temps encore.

Moralité : Williamson aurait mieux fait d’affirmer que la Terre est plate où que c’est le soleil qui tourne autour de la Terre, il aurait eu moins de soucis.


Le Vatican irrité par un show télévisé israélien ‘blasphématoire’
Yedioth (Sionistan) 21 février 2009 traduit de l’anglais par Djazaïri

L’animateur d’un talk show télévisé nie ironiquement que Marie ait été une vierge et que Jésus ait marché sur l’eau en guise de ‘leçon’ pour les Chrétiens qui nient l’Holocauste. Le Vatican : un acte d’intolérance vulgaire et insultant à l’égard des sentiments des croyants en le Christ.

Le Vatican indique avoir protesté formellement auprès du gouvernement israélien au sujet d’un show d’une télévision privée israélienne qui a ridiculisé Jésus et Marie par un « acte d’intolérance insultant. »

En Israël, la chaîne de télévision a assuré au ministère israélien des affaires étrangères que cette partie du show ne serait pas rediffusée et que son animateur, le comédien Israélien bien connu Lior Shlein s’était excusé.

Dans ce programme, Shlein avait nié avec ironie les traditions chrétiennes, que Marie était une vierge et que Jésus avait marché sur l’eau, expliquant qu’il l’avait fait pour donner une « leçon » aux Chrétiens qui nient l’Holocauste.

Il faisait référence à la récente levée de l’excommunication d’un évêque qui nie que 6 millions de Juifs ont été tués pendant la deuxième guerre mondiale. Cette réhabilitation avait suscité l’indignation chez les Juifs.

Une déclaration du bureau de presse du Vatican ce vendredi indique que ses représentants en Israël ont protesté contre cette partie du programme diffusé récemment sur la chaîne privée Channel 10, une des trois principales chaînes télévisées israéliennes, pendant le talk show humoristique du soir de Shlein.

‘honte de sortir de la maison’

Dans le show, on raconte que marie est tombée enceinte à 15 ans grâce à un camarade de classe. Il est dit que Jésus n’a jamais pu marcher sur l’eau parce qu’il « était si gros qu’il avait honte de sortir de la maison, ne parlons pas d’aller au lac de Galilée en maillot de bain. »

Yigal Palmor, porte parole du ministère des affaires étrangères, a déclaré que la ministère s’était rapproché de Channel ,10 sur la base des protestations du nonce apostolique et s’est entendu dire que cette partie du programme ne serait pas rediffusée. Palmor a précisé que le conseiller juridique de la chaîne avait déjà envoyé une lettre d’excuses à un avocat qui représente une organisation chrétienne qui a été offensé par cette partie de l’émission.

Palmor a indiqué que Shlein s’était excusé en direct mercredi et a déclaré qu’il n’avait pas l’intention de blesser quiconque. Il a affirmé que la chaîne avait agi [en matière d’excuses] avant que le nonce apostolique ait pris contact avec le ministère des affaires étrangères.


Le clip était une réponse ironique à la réhabilitation par le Vatican de l’évêque Richard Williamson qui avait dit lors d’une interview à la télévision publique suédoise qu’aucun Juif n’avait été gazé pendant l’holocauste et que seulement 200 000 à 300 000 Juifs avaient été tués.

La réhabilitation de Williamson par le Vatican a provoqué une indignation qui ne s’est apaisée qu’après le rencontre la semaine dernière au Vatican entre le Pape Benoît XVI et des dirigeants Juifs. Au cours de cette audience, le Pape d’origine allemande a émis une ferme dénonciation de l’antisémitisme et affirmé qu’il était inacceptable que quiconque, particulièrement un membre du clergé, nie ou minimise l’holocauste.

Le Vatican a exigé de Williamson, un membre de la traditionnaliste Société de Saint Pie X, se rétracte avant de pouvoir être admis comme évêque dans l’église catholique romaine. Jeudi, le gouvernement de l’Argentine, où vit Williamson, a ordonné son expulsion dans les dix jours. Le gouvernement a évoqué un problème relatif aux lois sur l’immigration, mais a aussi affirmé que ses propos sur l’holocauste avaient profondément insulté l’Argentine, les Juifs et l’humanité entière.

Le Britannique Williamson avait déjà été démis de sa fonction de directeur du séminaire la Reja de la société de Saint Pie X. Il a indiqué qu’il ne se rétracterait que s’il était satisfait par un examen des preuves mais expliqué que ça prendrait du temps.

dimanche 3 juin 2007

Selon M. Redeker : le judaïsme est une religion dont les rites conjurent la violence

On se souvient aussi de ce qui a suivi, c'est-à-dire le tollé dans les pays musulmans, la pseudo fatwa condamnant à mort M. Redeker et le soutien apporté par de nombreuses personnalités à un intellectuel menacé pour avoir pensé...
Justement, cette conjuration de la violence propre au christianisme et au judaïsme, voyons comment elle est comprise par un ancien grand rabbin Séfarade dont la doctrine est exposée dans le Jerusalem Post.
s
par Matthew Wagner, The Jerusalem Post, 30 mai 2007, traduit de l'anglais par Djazaïri

Tous les civils qui vivent à Gaza sont collectivement responsables des tirs de roquettes Kassam sur Sderot, écrit dans une lettre au premier ministre Ehud Olmert l'ancien grand rabbin Séfarade Mordechai Eliyahu.
Eliyahu a statué qu'il n'existait absolument aucune restriction d'ordre moral à tuer de manière indiscriminée des civils au cours d'une éventuelle offensive militaire contre Gaza dans le but de faire cesser les tirs de roquettes.
La lettre, publiée dans Olam Katan [Petit Monde], une brochure hebdomadaire qui doit être distribuée ce vendredi dans les synagogues à travers tout le pays, se réfère à l'histoire biblique du massacre de Shechem (Genèse 34) et au commentaire de Maimonide (Lois des rois 9, 14) pour justifier la légalité de sa décision.
Selon l'éthique juive de la guerre, écrit Eliyahu, une cité assume la responsabilité collective des agissements immoraux d'individus. A Gaza, l'ensemble de la population est responsable car elle ne fait rien pour arrêter les tirs de roquettes Kassam.
L'ancien grand rabbin déclare aussi qu'il est interdit de risquer la vie des Juifs de Sderot ou celle des soldats de l'armée [sioniste] par crainte de blesser ou de tuer des Palestiniens non combattants qui résident à Gaza.
Nous n'avons pas pu nous entretenir avec Eliyahu. Toutefois, Shmuel Eliyahu, son fils, qui est grand rabbin de Safed, a déclaré que son père était contre une incursion de l'armée de terre à Gaza qui mettrait en danger la vie de soldats Israéliens. Il préconise plutôt un bombardement massif [carpet bombing] de l'ensemble de la zone d'où sont lancés les Kassam, sans tenir compte des pertes en vies humaines palestiniennes.
"S'ils ne s'arrêtent pas après que nous en ayons tué 100, alors nous devons en tuer un millier," explique Shmuel Eliyahu. Et s'ils n'arrêtent pas au bout de 1000 morts nous devons alors en tuer 10 000. S'ils n'arrêtent toujours pas nous devons en tuer 100 000 et même 1 million. Ce qu'il faudra pour les faire s'arrêter."
Dans sa lettre, Eliyahu cite les Psaumes. "Je poursuivrai mes ennemis et je les ferai prisonniers et n'aurai de cesse avant de les avoir éradiqués."
Eliyahi écrit que "C'est un message à tous les leaders du peuple Juif de ne pas éprouver de compassion pour ceux qui tirent [des roquettes] sur des civils dans leurs maisons."
s
Bon, maintenant, attendons voir l'ampleur du tollé suscité par nos deux rabbins : tsunami ou vaguelette imperceptible?
s
Poser la question, c'est y répondre.