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lundi 16 février 2015

Une prosélyte aux arguments frappants

Aux Etats Unis, qui sont un pays laïque (certainement plus que la France) la religion est une donnée importante, y compris dans sa dimension prosélyte.

En effet, nombre de croyants , le plus souvent des pasteurs,se font un devoir de rappeler le message du Christ ou de le propager auprès des mécréants. Toutes les techniques de prédication sont utilisées, les plus spectaculaires étant les méga-rassemblements ou la prédication télévisée.

Mais chaque croyant peut aussi considérer comme de son devoir de transmettre le message aux incrédules.

C'est ce qu'a entrepris Marguerite Haragan, une fidèle de Boise dans l'Idaho, qui a cherché les arguments les plus frappants pour amener à Jésus une de ses concitoyennes de confession juive.
Situation de l'Idaho
Situation de l'Idaho

Le procureur explique qu'une femme de Boise a menacé et agressé une femme juive

par Erin Fenner, Idaho Statesman (USA) 13 février 2015 traduit de l'anglais par Djazaïri
Boise – Marguerite Haragan a appuyé son pied sur la gorge d'une femme juive tout en lui disant qu'elle « ferait mieux d'accepter Jésus », a expliqué un procureur du Comté d'Ada pendant la mise en accusation de Haragan jeudi.
Boise est la capitale de l'Idaho et le siège du Comté d'Ada
Boise est la capitale de l'Idaho et le siège du Comté d'Ada
Haragan est sous le coup de deux chefs d'inculpation pour harcèlement malveillant. Elle a d'abord essayé de renoncer à son droit à un avocat car, disait-elle, elle était « lucide » et comprenait ses droits ; Mais le juge a insisté sur l'intérêt pour elle d'être représentée par un avocat du fait de la « gravité » des deux chefs d'inculpation retenus contre elle, selon les minutes de la mise en accusation.

Haragan se livrait déjà à du harcèlement verbal contre la femme – identifiée au tribunal par ses initiales « AG » - y compris par téléphone, selon le procureur. Mais le 5 février, elle se serait livrée à une escalade violente.
Marguerite Haragan

Selon le procureur, AG a rapporté que Haragan s'était présentée à son domicile ce jour là, avait frappé à la fenêtre de devant et crié qu'elle « ferait mieux de croire en Jésus, et qu'elle ne partirait pas tant qu'elle ne l'aurait pas fait. »

AG avait ouvert la porte pour relever la plaque minéralogique de Haragan et lui demander de s'en aller, a déclaré le procureur. Haragan aurait alors giflé AG au visage, lui aurait tiré les cheveux, l'avait jetée au sol pour lui donner des coups de pied dans le ventre et sur les cuisses. Haragan criant que AG devait croire en Jésus pour que cessent les coups, a expliqué le procureur. Haragan avait plaqué son pied sur le cou de AG et lui tirait les cheveux, provoquant une blessure au cou encore douloureuse, selon le procureur.
« Finalement, la victime a du s'exécuter » pour mettre fin à l'agression, a indiqué le procureur.

Mais le 7 février, Haragan est revenue chez AG et a gravé le mot « Mort » sur sa boîte à lettres, selon le procureur.

Le juge a ordonné l'interdiction de tout contact de Haragan avec AG et a fixé le montant de la caution à 100 000 dollars. Haragan était toujours dans la prison du Comté vendredi matin. Sa prochaine comparution en audience préliminaire se teindra le 26 février, mais ces audiences sont parfois reportées ou annulées.

lundi 22 septembre 2014

J'irai cracher sur vos tombes au cimetière de La Mouche

La commémoration de la mort d'innocents tués au nom d'une idéologie barbare devrait être pour tous une occasion non seulement de recueillement mais de rassemblement. Ce devrait par exemple être le cas avec la cérémonie qui s'est tenue le 21 septembre au cimetière israélite de La Mouche à Lyon en hommage,je cite l'article du Progrès reproduit un peu plus loin,, "aux martyrs de la Soha privés de sépulture."

Le problème est qu'il n'en fut rien puisque le rabbin Richard Wertenschlag, préposé à la cérémonie, n'a rien trouvé de mieux à faire qu'e d'évoquer le conflit qui oppose Palestiniens et sionistes dont il trouve injuste le traitement par les médias qui présentent selon lui les victimes comme des bourreaux.

Comme quoi, il y a bien une exploitation du souvenir des victimes de la seconde guerre au service d'une idéologie qui n'a rien à envier au nazisme et d'un Etat scélérat et criminel.

Quelqu'un avait écrit quelque chose comme "J'irai cracher sur vos tombes". Un certain rabbin l'a fait.
Le Progrès - 22 septembre 2014
Le Progrès - 22 septembre 2014

mardi 29 juillet 2014

Définition du combattant et précisions utiles sur les boucliers humains par le rabbin David-Seth Kirshner

Je ne ferai pas de commentaire. Je vous laisse apprécier ce morceau de bravoure doctrinale théologique et politique de la part d'un rabbin qui n'est en rien un marginal.
Le rabbin Seth Kirshner a un goût pour la modernité
Le rabbin David-Seth Kirshner a un goût pour la modernité

Si vous avez voté pour le Hamas, Israël a le droit de vous tuer, déclare le chef du conseil des rabbins de New York

par Philip Weiss, Mondoweiss (USA) 29 juillet 2014 traduit de l'anglais par Djazaïri



Il y avait un rassemblement pro-israélien de 10 000 personnes hier à New York, à même pas un bloc d'immeubles du siège des Nations Unies, et le rabbin David-Seth Kirshner qui est un dirigeant du NY Board of Rabbis a suggéré que les Palestiniens qui avaient voté pour le Hamas sont des combattants qui méritent d'être dans la ligne de mire d'Israël. Il a dit :
Quand vous participez à un processus électoral et que vous optez pour une organisation terroriste qui affirme en paroles et en actes que son objectif premier est de détruire le Chuck Schumerpays voisin et pas de bâtir des écoles, ou de créer des entreprises ou des emplois, vous êtes complice et vous n'êtes pas une victime civile.
La foule a applaudi. Kirshner a poursuivi en disant que l'armée israélienne est « l'armée la plus morale dans l'histoire de la civilisation. » Il a conclu son propos par le mot, Amen.
Le rabbin n'a pas précisé comment il s'y prendrait pour trier les Palestiniens qui ont voté pour le Hamas. A la dernière élection en Palestine, en 2006, le Hamas - « l'organisation terroriste à laquelle Kirshner faisait évidemment référence - avait recueilli 440 000 voix, 44 % de l'électorat selon Wikipedia. Le Fatah avait obtenu 410 000 voix, le FPLP 42 000.

Le sénateur Chuck Schumer et de nombreux parlementaires démocrates ont également pris la parole au rassemblement, sur la 47e rue. Aucun n'était sur l'estrade quand Kirshner a offert son conseil spirituel vers la fin de la manifestation.

Ci-dessous les propos de Kirshner dans leur contexte, ils commençant à la 3ème minute environ dans la vidéo ci-dessus. Kirshner, qui est identifié soit comme vice-président, président ou trésorier du New York Board of Rabbis, a commencé par dire que les Nations Unies condamnaient le massacre de civils à Gaza.

Mesdames et messieurs, permettez-moi d'expliquer quelque chose on ne peut plus clairement à vous qui êtes réunis ici. Si vous portez des jeans et un T-shirt et que vous portez un fusil AK-47, vous n'êtes pas un civil, vous êtes un combattant.Quand vous accueillez à bras ouverts le Hamas dans votre salle de séjour et lu permettez de lancer des roquettes à côté de votre sofa, vous n'êtes pas un civil, vous êtes un combattant.Quand vous participez à un processus électoral et que vous optez pour une organisation terroriste qui affirme en paroles et en actes que son objectif premier est de détruire la pays voisin et pas de bâtir des écoles, ou de créer des entreprises ou des emplois, vous êtes complice et vous n'êtes pas une victime civile.Et pour finir, si vous ne respectez pas les consignes données par tracts, appels téléphoniques, textos et tirs de sommation vous informant d'évacuer un immeuble, et qu'au contraire vous vous utilisez vous-même comme un bouclier ou vous servez d'un enfant innocent comme bouclier, vous n'êtes pas un dommage collatéral. quand vous ignorez ces avertissements d'une grande hauteur morale et que vous vous alignez vous-même sur le Hamas, vous êtes un combattant.
Dans une autre partie de son discours, le rabbin s'est identifié lui-même complètement au gouvernement israélien, déclarant que « nous avons renoncé à notre liberté il y a 9 ans, » faisant ainsi référence à l'arrêt du programme de colonisation à Gaza.

Kirshner avait accueilli l'an dernier le gouverneur [de l'Etat du New Jersey] Chris Christie au Temple Emanu-El, sa synagogue conservatrice dans le New Jersey. Il avait pris la parole en 2009 devant l'AIPAC, l'organisation israélienne de lobbying,.

lundi 10 février 2014

La "shoah" était-elle une punition méritée?

On a vu que certaines communautés juives sont farouchement antisionistes et le sont pour des raisons avant tout religieuses. Ces communautés ultra-orthodoxes considèrent en effet que l'exil est voulu par Dieu et est donc la condition normale des Juifs. Selon cette lecture, la tragédie de la seconde guerre mondiale est une punition infligée par Dieu à cause de la volonté du sionisme de sortir de cet exil et de fonder un Etat.
Ce point de vue est caractéristique de ces ultra-orthodoxes regroupés entre autres dans Naturei Karta mais il traverse aussi d'autres courants du judaïsme, ce qui nous rappelle qu'il fut un temps pas si lointain où la majorité des Juifs, pratiquants ou non, étaient soit indifférents, soit hostiles au sionisme.
Le rabbin Yossef Mizrachi, un Juif séfarade qui s'inscrit dans le courant orthodoxe (et donc majoritaire) du judaïsme professe des thèses finalement assez semblables à celles défendues par les ultra-orthodoxes de Naturei Karta sur la question de ce qu'on appelle holocauste.
De la Kabbale vulgarisée pour gens crédules, lit-on en conclusion de l'article que je vous propose.

Visite au Royaume Uni du rabbin qui affirme que «les Juifs ont provoqué eux-mêmes l'holocauste »

par Simon Rocker, Jewish Chronicle (UK) 6 février 2014 traduit de l'anglais par Djazaïri
Un prédicateur controversé qui croit que le syndrome de Down et l'autisme sont les conséquences de fautes commises dans une vie antérieure a fait sa première tournée de conférences en Grande-Bretagne cette semaine, malgré les protestations contre sa visite.
Le rabbin Yossef Mizrachi, qui soutient également que les Juifs ashkénazes ont dans une certaine mesure provoqué eux-mêmes la Shoah qui s'est abattue sur eux, s'est exprimé dans plusieurs synagogues séfarades de Londres ainsi que devant les élèves de deux écoles secondaires juives.
La visite s'est déroulée dans un contexte marqué par de vives critiques de la part de personnes qui avaient vu des vidéos en ligne de précédentes conférences.
Dans une interview accordée cette semaine, le rabbin d'origine israélienne qui dirige une organisation religieuse orthodoxe aux Etats Unis explique que ses idées sur le péché et la réincarnation viennent de la Torah et de la Kabbale. « La souffrance vient comme résultat de quelque chose que nous avons fait dans le passé, » dit-il.
« Le fait que nous devions être réincarnés signifie que nous avons failli à notre mission dans notre vie précédente. Si nous avions réussi, nous serions allés au paradis. »
« Une âme renaîtra dans un nouveau corps pour qu'elle puisse avoir la chance de corriger les erreurs de la vie précédente », dit-il. « Mais pour chaque acte, nous sommes récompensés ou punis « mesure pour mesure ».
Par exemple, dit-il, « Habituellement, quand une personne est sourde et muette, elle est [affectueux parties de son corps, la bouche et l'oreille. Les péchés qu'on peut commettre avec la bouche et l'oreille – médire sur les autres, détruire leurs vies par les mots et écouter les ragots. »
Il ajoute que si une personne renaît avec une liberté de choix, elle sera néanmoins mise à l'épreuve pour voir si elle se comporte bien ou mal. Mais une personne dont le cerveau est atteint n'a pas de liberté de choix.
« Quand une personne vient au monde sans libre arbitre, nous savons qu'elle est déjà corrigée à 99 %, » dit-il. « Elle n'a pas grand chose à faire pour rectifier la situation et parvenir au résultat... Elle est donc à un niveau beaucoup plus élevé. »
Aucun parent d'un enfant autiste ne s'est jamais plaint auprès de lui de sa façon de voir les choses, souligne-t-il. « Au contraire. Ils me disent 'vous m'avez donné espoir... vous expliquez que ce sont des âmes bénies, je me sens vraiment honoré d'avoir un enfant comme lui.' »
Pour l'holocauste, le rabbin Mizrachi suggère que les Juifs ashkénazes ont souffert parce qu'ils étaient plus assimilés et moins respectueux des rabbins. Les Séfarades non assimilés ont été largement épargnés. « En Syrie, en Israël [Palestine, NdT], en Irak, en Iran – autant d'endroits où les Juifs étaient restés fidèles aux lois [juives, NdT] – ils [les Nazis] ne les ont pas tués, » dit-il.
Il laisse entendre que les Juifs religieux qui ont péri dans les chambres à gaz étaient coupables de ne pas avoir empêché l'assimilation des « frères et soeurs » non pratiquants.
Le rabbin Mizrachi, qui prétend avoir ramené plus de 50 000 Juifs à l'observance de la Torah associe aussi la propagation du cancer et d'autres maladies à l'immoralité et à l'impudeur.
Le rabbin Mizrachim au milieu des lycéens de l'Hasmonean High School
Le rabbin Mizrachi au milieu des lycéens de la Hasmonean High School
Dans son discours prononcé lundi devant les élèves de terminale de la Hasmonean High School, il a parlé des dangers des médias sociaux et il n'a pas abordé la réincarnation.
Le rabbin Daniel Kleiman, qui est professeur d'études juives à l'Hasmonean l'a trouvé chaleureux et posé. C'est un grand motivateur, qui parle avec son cœur. Il n'a rien de sulfureux. Il est très bien accepté dans tout le spectre de la communauté orthodoxe.
Le rabbin Mizrachi fait partie des stars mondiales du rabbinat
Le rabbin Mizrachi fait partie des stars mondiales du rabbinat
A Od Yosef Hai, une synagogue qui avait précédemment annulé sa conférence, le rabbin Mizrachi a pu faire un discours après l'office religieux du dimanche matin.
Mais ses détracteurs ont continué à formuler de fortes objections. Daniel Jonas, fidèle de la synagogue et fondateur de l'orchestre Los Desterrados, a fait campagne contre le rabbin Mizrachi. Ses positions « insultent les parents des enfants à besoins particuliers [malades ou handicapés, NdT], ou de n'importe quelle personne qui a le cancer, » déclare M. Jonas.
« Son évidente ignorance des faits historiques de la shoah vous coupent le sifflet tout comme l'arrogance stupéfiante de sa prétention à connaître les causes divines de la maladie et du génocide.
Jon Abrams , qui travaille avec des personnes handicapées, a exposé ses préoccupations quant à la venue du rabbin Mizrachi dans une intervention devant Anshei Shalom, une congrégation indépendante à la synagogue St John's Wood United Synagogue, décrivant ses prises de position comme « offensantes ».
Dans un post sur Facebook, le rabbin Mizrachi s'en est pris à deux de ses détracteurs en particulier en écrivant : « Nous verrons tous bientôt comment ils seront détruits pour l'éternité , exactement comme la Torah l'a promis. »
Un porte parole [du judaïsme orthodoxe] US a déclaré : « Si un orateur dénigrait une partie quelconque de la communauté ou propageait des points de vue contraires à nos valeurs, nous objecterions à ce qu'il soit invité dans nos institutions. Cependant, avant d'appliquer une telle censure, nous devrions avoir la certitude sans ambiguïté que c'est le cas. »
Le rabbin Alan Kimche de la synagogue Ner Israel de Hendon considère les idées du rabbin Mizrachi comme « un mouvement très marginal dans l'orthodoxie. »
« C'est de la Kabbale vulgarisée qui attire des gens crédules ».

lundi 3 février 2014

Des Juifs antisionistes reçus à la chancellerie allemande!

Les choses bougent tout doucement, trop sans doute, mais elles bougent.
On apprend ainsi qu'un cadre de la chancellerie allemande a récemment rencontré des militants antisionistes de l'organisation juive ulltra-orthodoxe Naturei Karta, la même organisation qui s'était associée à l'humoriste Dieudonné, à Yahia Gouasmi et Alain Soral dans la liste antisioniste.
A mon avis, les Allemands qui connaissent la réalité de la position sioniste à l'époque de l'arrivée au pouvoir de Hitler sont plus nombreux que d'aucuns le pensent.

Un officiel du bureau de Merkel rencontre des Juifs antisionistes

La secte ultra-orthodoxes antisionistes tient une réunion avec un officiel allemand dans le cadre d'une possible tentative pour saper la connexion entre Israël, le judaïsme et l'Allemagne
par Eldad Beck, Yediot Aharonot (Sionistan) 3 février 2014 traduit de l'anglais par Djazaïri
Un cadre de haut niveau du bureau de la chancelière allemande Angela Merkel a rencontré des représentants de l'organisation ultra-orthodoxe antisioniste Naturei Karta lors de la journée internationale de commémoration de l'holocauste la semaine dernière.
Cet officiel a rencontré quatre membres de l'organisation à Berlin où ils protestaient contre l'existence de l'Etat d'Israël et l'exploitation de l'holocauste par les sionistes pour des raisons politiques. 
Le Yediot a révélé que l'officiel est un chef de département au bureau de la chancelière et que, contre tous les usages, les a rencontrés ouvertement. Les membres de Naturei Karta ont confirmé que le but de cette rencontre était de clarifier aux yeux des Allemands que le sionisme ne représente pas le judaïsme.
La délégation de Naturei Karta comprenait deux survivants de l'holocauste, Moshe Dov et Chezkel Klein, ainsi que son porte parole, le rabbin Yisroel Dovid Weiss qui a affirmé pendant la rencontre que « l'holocauste était une punition divine pour les Juifs parce que les sionistes ne voulaient pas suivre le chemin de Dieu et voulaient devenir indépendants. » [une lecture classique du judaïsme veut que l'exil soit une punition divine infligée aux Juif] 
naturei karta
Weiss a affirmé à l'officiel de la chancellerie qu'environ 10 % des Juifs appartiennent au mouvement antisioniste.
Ces dernières années, des officiels du bureau de Mme Merkel ont oeuvré à miner la relation spéciale entre Israël et l'Allemagne afin de dégager l'Allemagne de sa responsabilité historique pour l'holocauste.
La rencontre, rapportée par le journal de gauche Neues Deutschland, n'avait pas de caractère secret. 
Par le passé, Naturei Karta a assisté en Iran à des manifestations qui niaient l'holocauste, parrainées par l'ancien président Mahmoud Ahmadinejad.

mercredi 29 janvier 2014

« Auschwitz n'appartient à personne »

C'est ce qu'expliquait en 1989 une Simone Veil attristée par l'installation d'un couvent de sœurs carmélites dans un bâtiment annexe du camp qui avait servi naguère à stocker le Zyklon-B, le fameux gaz toxique.
Carmel d'Auschwitz
Carmel d'Auschwitz
Cette ancienne ministre, aujourd'hui académicienne, présentée souvent comme un modèle de probité et de sagesse s'était exprimée ainsi :
Auschwitz ne peut être qu'un lieu de recueillement. Il n'appartient à personne. L'idée que ce lieu soit récupéré par des carmélites, même pour la prière, est insupportable, d'autant que les Polonais, depuis longtemps déjà, ont, progressivement mais volontairement, occulté l'extermination des juifs pour faire du camp le symbole du seul martyre national, et que les juifs avaient été abandonnés à leur destin par le monde entier.
On passera sur l'expression d'une rancune tenace à l'égard de la Pologne mais on s'étonnera par contre du fait que Mme Veil ignore que le recueillement est justement une des occupations favorites des sœurs carmélites qui se vouent à la contemplation !
Soeurs carmélites
Soeurs carmélites
1989, c'est quatre années après la création du Carmel, ce qui prouve la ténacité des opposants à la présence de ce Carmel, pour l'essentiel des adeptes du culte de la shoah, des prosélytes de la religion de l'holocauste.
Ces gens qui ne connaissent ni le pardon, ni l'oubli et sont doués d'une mémoire d'une plasticité prodigieuse ne renoncèrent pas et finirent par obtenir du Pape Jean-Paul II qu'il ordonne le départ des Carmélites en 1993, soit huit ans après leur installation.
C'était donc il y aune vingtaine d'années.
Simone Veil sera sans doute d'accord avec moi pour dire qu'Auschwitz est plus que jamais un lieu de recueillement et je ne doute pas qu'elle donnera de la voix pour protester contre ce qui se prépare en ce moment dans ce haut lieu de la souffrance juive.
On apprend en effet qu'une organisation juive ultra-orthodoxe annonce l'ouverture en avril prochain d'un « kollel » et d'un « kirouv » à Aushcwitz.
Un kollel, nous explique le blogueur de Failed Messiah, est une école supérieure religieuse et le kirouv un centre missionnaire voué à la « re-judaïsation » des âmes égarées, c'est-à-dire de ceux qui entretiennent un lien ténu avec la religion de leurs parents ou grands parents.
Le site Failed Messiah laisse entendre que les kirouvs animés par ces ultra-orthodoxes sont souvent des tromperies [« deceptive »] et ont donc une visée financière. Failed Messiah écrit que
« les rabbins ultra-orthodoxes vont s'attaquer directement aux enfants des Juifs non pratiquants et non orthodoxes qui viennent à Auschwitz – un lieu sanctifié par le sang et les cendres des millions qui ont été assassinés là-bas »
L'organisation religieuse à l'initiative du projet a lancé une souscription dont un dés véhicules est le courrier électronique avec la diffusion du placard de promotion reproduit ci-dessous :
Promotion du kollel et du kirouv d'Auschwitz
Comme on le voit dans la partie gauche du bandeau supérieur, l'institution s'appelle l'Auschwitz Jewish Memorial, exploitant donc directement l'impact du nom du lieu d'implantation.
On lit sur la partie droite du même bandeau :
Nous sommes fiers d'annoncer l'ouverture d'un kollel et d'un kirouv à Auschwitz
L'idée est qu'Auschwitz est un mémorial juif, c'est ce que nous dit la légende de la photo avec une étoile jaune précédant le mot « stories » = des histoires juives.
Sous le bandeau en forme de pellicule photo, on lit :
Rappeler le passé pour protéger l'avenir. Perpétuer et faire revivre la mémoire des six millions de victimes de l'holocauste par la prière et l'étude.
On nous précise aussi qu'on peur soutenir le projet en donnant de l'argent.
On lit dans le carré jaune en bas à droite :
Nous sommes ici.
Vivants, à Auschwitz.
Pour raconter l'histoire [story = récit, histoire de vie].
Six millions de vies.
Six millions d'histoires.
Sans oublier le copyright dans l'angle inférieur droit.
En cas d'absence de réaction de protestation de la part de Mme Veil, il faudra donc modifier légèrement sa phrase:
Auschwitz ne peut être un lieu de recueillement que pour les Juifs.

dimanche 29 décembre 2013

Un homosexuel juif a une âme plus élevée qu'un non juif

Les positions de principe sur l'homosexualité des trois religions monothéistes sont assez voisines. Un dignitaire d'une de ces trois religions a tenu quand même à rappeler que ce qui distingue les membres de sa secte vis-à-vis des adeptes des autres cultes vaut aussi pour les homosexuels.
En effet, c'est dit, un homosexuel juif a une âme plus élevée, c'est-à-dire est plus humain, qu'un non juif qu'il soit homosexuel ou hétérosexuel.
Et c'est dit par un rabbin, membre du gouvernement auquel le président François Hollande a récemment fait une déclaration d'amour.
A rapprocher de ces paroles prononcées en 1970 par Elie Wiesel:  "Il y a un Etat, et il est différent de tous les autres. Il est juif, et pour cela il est plus humain que n’importe quel autre" 

 Les homosexuels juifs ont des âmes plus élevées que les gentils, affirme un vice ministre

Le rabbin Eli Ben-Dahan d'Habayit Hayehudi déclare que le mariage entre deux personnes du même sexe est prohibé au même titre que le mariage entre juifs et gentils.
par Haaretz (entité sioniste)29 décembre 2013 traduit de l'anglais par Djazaïri
Les juifs homosexuels ont des «âmes plus élevées» que les gentils, qu'ils soient homosexuels ou hétérosexuels, a déclaré le vice ministre des affaires religieuses au journal israélien Maariv dans un article publié vendredi.
Malgré ça, il s'opposera à toute loi sur le mariage homosexuel, exactement comme il s'opposerait au mariage entre un Juif et un gentil, a déclaré le rabbin Eli Ben-Dahan, membre du parti de droite Habyit Hayehudi.
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Le rabbin Eli Ben-Dahan a lu bien des livres pour arriver à ses conclusions
Le mariage entre personnes du même sexe est «contre nature,» a ajouté le rabbin et homme politique, affirmant que «il est naturel que le monde veuille se continuer à travers des relations entre un homme et une femme.»
Ben-Dahan s'exprimait au moment même où son parti et le parti Yesh Atid parvenaient à un compromis, ouvrant la voie à un projet de loi au parlement offrant des réductions d'impôts pour les parents de même sexe.
L'accord écrit entre les deux partenaires de la coalition [au pouvoir] est resté secret mais on considère que la loi sera mise au placard et que des déductions fiscales équivalentes seront mises en place par voie réglementaire au niveau du ministère des finances plutôt que par la législation.
Ben-Dahan qui n'était pas présent au moment du vote au parlement a expliqué qu'il ne voulait pas persécuter les homosexuels, mais que son opposition à cette loi découle de son attachement à la nature juive d'Israël.
«Je dois protéger le caractère juif de l'Etat. Les choses qui contredisent les valeurs, la culture ou les traditions ne recevront pas [mon] approbation,» a-t-il dit.

lundi 19 août 2013

Le pays où on identifie les Juifs par l'ADN

On peut être certain que si l’Allemagne nazie avait eu connaissance des tests ADN, elle les aurait mis en pratique pour distinguer le bon grain de l’ivraie.
De fait, comme on le sait, l'idée que les Juifs auraient un profil génétique particulier est régulièrement dénoncée comme une manifestation abjecte d'antisémitisme. 

Les russophones qui souhaitent faire l’aliya pourraient être obligés de subir un test ADN

Le cabinet du premier ministre déclaré que les candidats à l’immigration originaires de l’ex Union Soviétique pourraient se voir demander de prouver leur lignage juif.
Par Asher Zeiger et rédaction, Times of Israel (Sionistan) 29 juillet 2013 traduit de l’anglais par Djazaïri
Un certain nombre d’habitants de l'ex-Union soviétique qui souhaitent immigrer en Israël pourrait être soumis à des tests ADN pour prouver leur judéité, a déclaré dimanche le bureau du Premier ministre.
Cette procédure a été signalée par Maariv ce lundi, au lendemain de l’information révélée par ce journal israélien sur une jeune femme de 19 ans originaire de l’ex Union Soviétique qui a dû se soumettre à un test ADN en vue d’être admise à un voyage de découverte d’Israël [les Birthright trips sont des séjours de découverte réservés à de jeunes juifs en vertu de leur droit « naturel », de naissance, afin de renforcer leur attachement à l’entité sioniste et de les encourager à participer à l’œuvre coloniale, note de Djazaïri].
Les services du premier ministre ont confirmé que de nombreux Juifs de l’ex Union Soviétique qui sont nés hors mariage peuvent se voir exiger de confirmer par la génétique leur appartenance juive afin d’avoir l’autorisation d’immigrer en tant que juif.
Une source auprès des services du premier ministre a déclaré à Maariv que la procédure consulaire, approuvée par le département juridique du ministère de l’intérieur dispose qu’un enfant russophone n’ hors des liens du mariage est éligible à un visa d’immigration en Israël si  la naissance a été enregistrée avant le troisième anniversaire. Si ce n’est pas le cas, un test génétique pour prouver la filiation juive est nécessaire.
Un porte parole du ministère des affaires étrangères a expliqué que la décision d’exiger un test AND pour les Juifs russes est basée sur une recommandation de Nativ, un programme éducatif place sous les auspices du bureau du premier ministre pour aider les Juifs de l’ex Union Soviétique à immigrer en Israël.
Cette affaire touche au cœur de la loi du retour en Israël qui permet à toute personne qui a un parent, un grand parent ou un époux juif d’aller en Israël et d’accéder à la citoyenneté. Déterminer qui est un Juif – une définition qui a évolué avec les nombreux courants de la religion – a conduit le ministère de l’intérieur à créer un système byzantin de vérifications et de règles qui a parfois amené les candidats [à l’immigration], les convertis tout particulièrement, à aller devant les tribunaux israéliens pour [faire reconnaître] leur droit à immigrer.
Dans son article initial, Maariv révélait que le problème pour Mashah Yakerson, la participante au programme Birthright, tenait au fait que sa naissance n’avait été enregistrée [auprès des services consulaires] qu’à l’âge de trois ans, jetant ainsi un doute sur sa filiation. Mais selon l’article de lundi, l’affaire avait été compliquée parle fait qu’elle était née hors mariage.
Birthright propose des séjours gratuits de dix jours en Israël pour de jeunes adultes Juifs âgés entre 18 et 26 ans qui ne se sont jamais rendus dans le pays dans un contexte éducatif.
Le Dr. Shimon Yakerson [le père de Mashah, NdT] a déclaré qu’après avoir contesté la décision, on lui a répondu que sans un test ADN sa fille n’aurait pas l’autorisation de participer au programme ou d’immigrer en Israël.
“C’est du racisme flagrant à l’égard des Juifs russes,” a déclaré Shimon Yakerson à Maariv.
Yakerson a déclaré que la naissance de sa fille avait été déclarée tardivement parce qu’il travaillait dans une faculté rabbinique aux Etats Unis quand elle est née.
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Selon le traité du Dr Yakerson, vos chapeaux ne prouvent pas que vous êtes juifs!
Des officiels du ministère des affaires étrangères ont déclaré dimanche à Maariv que l’exigence d’un test ADN les laissait perplexes parce que selon la Loi du Retour, même des enfants adoptés par des Juifs sont éligibles à la citoyenneté israélienne.
Yakerson a une fille plus âgée, Dina, qui a immigré en Israël en vertu de la Loi du Retour en 1990.

vendredi 19 juillet 2013

L'évolution du catholicisme préfigure-t-elle celle de l'Islam en Europe?

Un des aspects intéressants de cet article est ce dont il ne parle pas : la position doctrinale du judaïsme vis-à-vis du christianisme, de Jésus en particulier..
A part ça, il nous donne peut-être une idée de ce qui attend la religion musulmane, en Europe au moins. Sauf que dans le cas de l’Islam, il faut moins s’attendre à l’influence de convertis qu’à celle de ministres de l’intérieur ou même d’ambassadeurs et d’officines qui leur sont liées.
On aura peut-être aussi les mêmes aberrations que le catholicisme avec ce prêtre Espagnol, Antonio Hortelano, qui admet fièrement avoir travaillé pour le Mossad. :
- J’ai même plus travaillé avec Israël qu’avec le Vatican.
- Pourquoi avec les Juifs ?
- Ca se voit sur ma figure : j’ai une ascendance juive.
- Etre un espion juif va bien avec le sacerdoce catholique ?
- Parfaitement. Jésus était juif de race et de religion. Et il n’est jamais sorti du judaïsme. On ne peut être chrétien sans être juif.
A comparer avec les thèses présentées dans l’article que je vous propose.

Les convertis qui ont changé l'Église

Les prêtres d'origine juive contribué à faire avancer les réformes de Vatican II
Par John Connelly, Forward , The Jewish Daily (USA) 30 juillet2012 traduit de l’anglais par Djazaïri
Il y aura cinquante ans cet automne, les évêques catholiques se réunissaient à Rome pour un Concile qui devait mettre l’Eglise « en phase avec son temps » en la faisant parler plus directement au monde moderne. Après trois années de délibération, les évêques votèrent est acceptèrent des déclarations qui permettaient aux fidèles de suivre la messe dans leurs propres langues, encourageaient la lecture profane des écritures et exhortait les Catholiques à penser les autres religions en tant que sources de vérité et de grâce. Le Concile définissait l’Eglise en tant que « peuple de Dieu » et suggérait une organisation plus démocratique des relations entre les évêques et le Pape.. Il avait aussi adopté une déclaration sur les religions non chrétiennes, connue sous le nom latin Nostra Aetate («à notre époque»). La quatrième partie de ce texte, une déclaration sur les Juifs, s’était avérée des plus controversées, manquant à plusieurs reprises d’être écartée en raison de l’opposition d’évêques conservateurs.
Nostra Aetate confirmait que le Christ, sa mère et les apôtres étaient juifs, et que l’Eglise avait son origine dans l’Ancien Testament. Elle refusait que les Juifs qient tenus collectivement responsables de la mort de Jésus Christ, et fustigeait toutes les formes de haine, dont l’antisémitisme. Citant la l'Epître de Saint Paul aux Romains, Nostra Aetate qualifiait les Juifs de «très chers» à Dieu. Ces paroles semblent relever du sens commun aujourd’hui, mais elles constituaient une révolution dans les enseignements du catholicisme.
Malgré l’opposition à l’intérieur de leurs rangs, les évêques savaient qu’ils ne pouvaient faire silence sur les Juifs. Quand le document se retrouva dans l’impasse en mai 1965, l’un d’entre eux expliqua pourquoi il fallait que les choses avancent : «Le contexte historique : 6 millions de morts Juifs. Si le Concile, qui intervenait 20 ans après ces faits, restait silencieux à leur sujet, il évoquerait alors inévitablement la réaction exprimée par Hochhuth dans ‘Le Vicaire.’ Cet évêque parlait du traitement par le dramaturge Allemand Rolf Hochhuth du silence de Pie XII devant l’holocauste. Ces évêques ne souhaitaient plus vivre dans cette Eglise là [note de Djazaïri :au sujet du prétendu silence de Pie XII, voir ci-après]. 
Le problème était qu’ils ne disposaient pas d’un langage qui leur soit propre pour briser le silence. Plus que la plupart des autres disciplines académiques, la théologie est un maquis complexe dont chaque branche est gardée par une coterie d’experts sourcilleux. Ceux qui voulaient toucher à la complexité des relations de l’Eglise avec les Juifs devaient étudier l’eschatologie, la sotériologie [doctrine du salut], la patristique, l’Ancien et le Nouveau Testament, et l’histoire de l’Eglise dans toutes ses périodes. Les évêques en furent réduits à se reposer sur un tout petit groupe d’expertss qui s’était assez intéressé à cette question pour amasser les inhabituelles qualifications intellectuelles nécessaires pour cette tâche.
Comme je l’ai découvert en faisant des recherché pour mon livre publié récemment, «De l’ennemi au frère: la révolution dans l’enseignement catholique sur les Juifs, 1933-1965,» ces experts n’avaient pas commence leur travail dans les années 1960.
A partir d’avant-postes en Suisse et en Autriche, plusieurs d’entre eux avaient essayé de formuler une argumentation catholique contre l’antisémitisme, trente ans plus tôt, à l’ombre du nazisme. Ils étaient aussi peu représentatifs du catholicisme qu’on pouvait se l’imaginer. Non seulement étaient-ils, vivant en Europe centrale,  assez courageux pour se dresser face à Hitler avec leurs idées, mais ils n’étaient en majorité pas nés catholiques. Les catholiques qui ont aidé l’Eglise à aller vers la reconnaissance de la continuité de la sainteté du peuple juif étaient des convertis, issus pour beaucoup de familles juives.
Le plus important était Johannes Oesterreicher, né en 1904 d’un père Juif vétérinaire et de son épouse Ida à Stadt-Liebau, une agglomération germanophone de Moravie du Nord [en Tchéquie]. Dans sa jeunesse,  il avait participé au scoutisme sioniste avait été élu représentant des élèves Juifs dans son lycée avant de, pour des raisons qui restent inexplicables (il dira plus tard être «tombé en amour pour le Christ»), Oesterreicher avait pris intérêt aux écritures chrétiennes (les écrits du Cardinal Newman, de Kierkegaard et les Evangiles eux-mêmes) et, sous l’influence d’un prêtre qui sera par la suite assassiné par les nazis (Max Joseph Metzger) il devint catholique puis prêtre. Au début des années 1930, il avait pris en charge l’initiative du Diocèse de Vienne pour convertir les Juifs, dans l’espoir d’amener sa famille et ses amis dans l’Eglise. Son succès fut limité. Là où il eut plus d’impact fut dans le rassemblement d’autres penseurs catholiques pour s’opposer au racisme nazi.

Osterreicher fut choqué de constater la pénétration de ce racisme dans le travail d’éminents penseurs catholiques qui enseignaient que les Juifs étaient une race décadente [damaged] et étaient donc inaptes à recevoir la grâce du baptême. Par mi ses compagnons dans sa démarche, se trouvaient d’autres convertis comme le philosophe Dietrich von Hildebrand,  le théologien Karl Thiem et le philosophe de la politique Waldemar Gurian. En 1937, Gurian, Oesterreicher et Thieme rédigèrent une déclaration catholique sur les Juifs plaidant, à l’encontre des racistes, que les Juifs étaient porteurs d’une sainteté particulière. En dépit de sa conformité à l’enseignement catholique orthodoxe, pas un seul évêque (ne parlons même pas du Vatican) ne la signa.
Oesterreicher fuit l’Autriche à l’arrivée des Nazis en 1938 et continua son travail depuis Paris, diffusant par radio des sermons en langue allemande à destination du Reich, informant les Catholiques que Hitler était un «esprit immoral» aux «antipodes de la forme humaine»  et décrivant les crimes perpétrés par les Nazis contre les Juifs et les Polonais.
Au printemps 1940, il échappa de justesse à une équipe avancée d’agents de la Gestapo et, via Marseille et Lisbonne, il se rendit à New York pour rejoindre finalement la Seton hall University où il devint le principal expert de l’église catholique américaine en matière de relations avec les Juifs.
Oesterreicher abandonna progressivement son approche “missionnaire” des Juifs et définira de plus en plus son travail comme œcuménique. Lui et les Chrétiens qui partageaient ses idées essayaient de voir comment étayer leur croyance dans la vocation ininterrompue du peuple juif dans les écritures chrétiennes. Si la bataille d’avant guerre était menée contre les thèses superficielles du racisme nazi, celle de l’après-guerre avait pour objet les convictions profondément enracinées de l’anti-judaïsme chrétien. Dans un premier temps, les convertis soutenaient que, oui, les Juifs pouvaient être baptisés. Dans un second temps, même s’ils persistaient à penser que les Juifs devaient être baptisés afin d’échapper à la malédiction pour avoir rejeté le Christ, ces penseurs commencèrent  à réfléchir à la nature de cette supposée malédiction.
Si l’histoire était une série d’épreuves envoyées pour punir le people juif de ne pas avoir accepté le Christ, alors quelle était la signification d’Auschwitz? Les Nazis étaient-ils des instruments de la volonté divine dans le but d’amener les Juifs à se tourner enfin vers le Christ ? Répondre oui à cette question était obscène, mais ce fut la seule réponse que la théologie catholique donna en 1945. Dans les années qui suivirent, les convertis durent organiser une révolution dans une Eglise qui se posait comme immuable. Ils le firent en infléchissant la doctrine de l’Eglise dans le sens de l'Epître de Paul aux Romains, chapitres 9-11 où l’Apôtre, sans parler de baptême ou de conversion, proclame que les Juifs restent «chéris de Dieu» et que «tout Israël sera sauvé.» 
Comme Oesterreicher, les penseurs qui firent le travail intellectuel qui a préparé cette révolution étaient en écrasante majorités des convertis. Juste après la guerre, Thieme s’associa à Gertrud Luckner, une survivante des camps de concentration, pour publier le Freiburger Rundbrief dans le sud-ouest de l’Allemagne où ils firent des avancées théologiques remarquables sur la voie d’une conciliation avec les Juifs. A Paris, le Révérend  Paul Démann, un Juif hongrois converti, commençait à publier la revue les Cahiers Sioniens et avec l’aide d’autres convertis, Geza Vermes et Renée Bloch, il réfuta l’anti-judaïsme du catéchisme des écoles catholiques.

En 1961, Oesterreicher fut convoqué pour travailler dans la commission de Vatican II chargée de la «question juive,» qui devint le problème le plus ardu à être soumis aux évêques.
A un moment critique, en octobre 1964, les prêtres Gregory Baum et Bruno Hussar rejoignirent Oesterreicher pour assembler ce qui devint le texte final du décret du Concile sur les Juifs qui sera voté par les évêques l’année suivante. Comme Oesterreicher, Baum et Hussar étaient des convertis d’origine juive.
Ils étaient dans la continuité d’une tendance remontant au premier Concile du Vatican en 1870, quand les frères Lémann – des juifs devenus catholiques et prêtres – avaient présenté un projet de déclaration sur les relations entre l’Eglise et les Juifs qui affirmait que les Juifs « sont toujours chers à Dieu » à cause de leurs ancêtres et parce que le Christ était issu d’eux « par la chair.» Sans les convertis au catholicisme, il semble que l’Eglise catholique n’aurait « jamais su penser » la manière de relever les défis de l’antijudaïsme raciste.
Le pourcentage élevé de Juifs convertis comme Oesterreicher parmi les Catholiques qui étaient opposes à l’antisémitisme est logique: dans les années 1930, ils furent l’objet du racisme nazi et ils ne pouvait pas éviter le racisme qui avait pénétré dans l’Eglise. Dans leur opposition, ils ne faisaient que rappeler à l’Eglise sont propre universalisme [catholique = universel, NdT]. Mais en se tournant vers les passages longtemps négligés de l'Epître de Saint Paul aux Romains, ils ouvraient aussi l’esprit de l’Eglise à une nouvelle approche du peuple juif.
Quelles furent les impulsions derrière leur engagement après la guerre ?
Dans un compte rendu critique très généreux de mon livre dans The New Republic, Peter Gordon suggère que la “volonté [des convertis] de plaider en faveur des autres dérivait d’une préoccupation pour leur Moi [self]. Ils avaient gardé un sentiment d’eux-mêmes en tant que Juifs même dans l’Eglise catholique. Gordon nous remet en mémoire le scepticisme de Sigmund Freud sur la possibilité de l’amour de l’autre. L’amour vrai, pensait Freud, «était toujours mêlé de narcissisme : ce n’est pas l’autre que j’aime, mais moi-même, ou du moins c’est seulement cette qualité chez l’autre qui me ressemble ou ressemble à la personne que je fus un jour.»
Nous voyons cependant chez Oesterreicher une solidarité indéfectible  avec la communauté qui fut la sienne, avec sa famille en premier lieu. En 1946, il avait médité sur le sort de son père qui était mort de pneumonie à Theresienstadt (sa mère sera assassinée ensuite à Auschwitz). Oesterreicher n’avait pas peru l’espérance pour son père. Nathan Oesterreicher avait été un homme bon qui “avait droit à la béatitude des hommes de paix.”
Si Oesterreicher fils avait été un vrai narcissique, il aurait pu se satisfaire de la conviction qu’il avait été sauvé par le baptême. Finalement, l’immense affection et la nostalgie de son père juif commencèrent à ouvrir l’esprit d’Oesterreicher à la possibilité que les Juifs puissent être connaître le salut en tant que Juifs.
Le cadeau le plus durable des convertis qui participèrent à la réécriture des enseignements catholiques sur les Juifs a été d’étendre jusqu’à nous leur sens de la solidarité familiale, aux Juifs et aux Chrétiens. En 1964, Oesterreicher rédigea personnellement cette partie de Nostra Aetate selon laquelle l’Eglise ne parle plus de sa mission à l’égard des Juifs, mais regarde vers le jour qui verra «tous les peuples s’adresser au Seigneur d’une seule voix ‘pour qu'ils invoquent tous le nom de l'Éternel pour le servir d'un seul coeur’.»  (la dernière partie de la phrase est tirée de Sophonie 3 :9). Avec cette nouvelle doctrine, l’Eglise a cessé de vouloir transformer l’autre en une partie d’elle-même, et depuis cette mise au point, les Catholiques qui participent au dialogue judéo-chrétien tendent à ne plus être des convertis. Ils vivent la nouvelle compréhension des juifs et des Chrétiens en tant que frères. Les convertis ont franchi une frontière vers l'autre tout en restant en un sens très profondément eux-mêmes. mais en reconnaissant la légitimité, en fait la bénédiction, de nos différences, ils ont contribué à faire tomber un mur qui sépare Juifs et Chrétiens
John Connelly est professeur d’histoire à Berkeley, Université de Californie, et il est l’auteur de “From Enemy to Brother: the Revolution in Catholic Teaching on the Jews, 1933-1965,” (Harvard University Press,2012).