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samedi 8 octobre 2011

Les opprimés et les chômeurs d'Arabie Saoudite n'ont pas le droit de se révolter


L’Arabie Saoudite connaît une certaine agitation politique. Il est ce bon ton cependant, comme dans le cas des troubles au Bahreïn de ramener les problèmes à une dimension religieuse, en l’occurrence à une fracture chiites- sunnites.


En quelques mots, le problème et son analyse. Quand on pense que le gouvernement syrien se fait tancer quand il pointe la main de l’étranger derrière les troubles qui secouent ce pays !

On évacue ainsi le politique et le social. Alors que, quand on considère la situation en Arabie Saoudite, si la minorité chiite est effectivement particulièrement mal lotie, il convient de ne pas oublier que l’Arabie est un pays où il n’existe aucune liberté publique, pas même celle, peut-être superflue mais hautement symbolique, d’avoir un téléphone capable de prendre des photos/vidéos, que les femmes n’ont pas le droit de conduire une voiture et que le taux de chômage des personnes âgées entre 18 et 40 ans tourne autour de 50 %.

Le royaume a donc lui aussi ses «hittistes» (teneurs de murs forcés à l’oisiveté), un échec d’autant plus criant que le pays croule sous les pétrodollars et qui aide à comprendre le mécontentement d’une partie de la population qui déborde la composante chiite.

Mais l’Arabie est la clef pas seulement des approvisionnements en pétrole des Etats Unis et d’autres pays, mais surtout de la régulation des prix de cette matière première.

C’est pourquoi, vous ne verrez pas un ambassadeur des Etats Unis (ou de France) s’embarquer dans une démarche de prise de contact et d’encouragement des opposants à la monarchie saoudienne. Angry Arab fait un lien vers un article d’opinion de David Ignatius publié par le Washington Post où ce dernier fait l’éloge de Robert Ford,  l’ambassadeur US à Damas, pour son rôle de conseil auprès de l’opposition syrienne.

Angry Arab se pose à bon droit la question de savoir si l’ambassadeur des Etats Unis à Ryad va lui aussi avoir l’ordre de ses supérieurs d’aller conseiller ceux qui manifestent contre la monarchie absolue qui gouverne l’Arabie Saoudite ?
Au risque, comme Robert Ford de se fairebombarder de tomates et d’œufs par des terroristes stipendiés par le gouvernement ?
Il ne le fera pas car, comme le Parisien Libéré l’é écrit, c’est une agitation chiite manipulée par l’Iran.

Une question qu'Angry Arab ne pose pas est celle de savoir pourquoi le gouvernement syrien n'a pas demandé le rappel de l'ambassadeur par Washington ou ne l'a pas simplement expulsé?
Or, c'est peut-être la seule question qui vaille.

jeudi 10 mars 2011

Inqilab en vue en Arabie saoudite?

Un vent de fronde souffle en ce moment parmi la population en Arabie saoudite. Cette fronde s'explique certes par l'absence de libertés publiques et la férule exercée par la clique wahabbite  qui veille au strict respect de l'idéologie pseudo religieuse qu'incarne la maison Ibn Séoud. Mais ce pays que nous percevons à juste titre comme immensément riche, avec des réserves pétrolières considérables pour une population relativement peu nombreuse. connait aussi de fortes inégalités économiques avec des secteurs de la population déshérites.

Il y a quelques années, j'avais eu l'occasion de discuter avec Ahmed Abodehman, un écrivain originaire de ce pays et a la particularité d'être le seul écrivain "séoudien" à avoir publié une oeuvre de fiction (La ceinture) écrite directement en langue française.
Comme je lui disais que je comprenais bien le problème du manque de libertés publiques dans son pays mais que, au plan économique, j'avais l'impression que personne n'était à plaindre (en dehors de certains travailleurs étrangers), il m'avait rétorqué que je devais me détromper et que dans son pays, il y avait aussi de jeunes "hittistes" [qui "tiennent" les murs], c'est-à-dire de jeunes contraints à l'oisiveté faute de perspectives d'emploi.
Je dois dire que j'avais été doublement troublé par cette révélation. D'abord parce que je m'imaginais bel et bien que tous les autochtones en Arabie avaient un revenu convenable si ce n'est confortable. Ensuite parce que je pensais que l'Algérie avait le monopole du "hittisme".
Bref, les raisons de bouger sont multiples en Arabie séoudite et c'est bel et bien le cas en ce moment.
La police vient d'ailleurs d'ouvrir le feu contre des personnes rassemblées à Qatif, une ville de l'est du pays.
Trois manifestants auraient été blessés, selon l'AFP qui nous précise que ces manifestants sont chiites.
Cette évocation de l'appartenance chiite des manifestants n'est bien entendu pas anodine et elle vise à orienter notre analyse sur le terrain familier des affrontements sectaires. et, bien sûr, de nous rappeler que l'Iran n'est pas loin.
Or comme je le laissais entendre, et comme le comprend bien Dominique Moïsi, le mal est plus profond et c'est la survie du régime qui est peut-être en jeu.
Or l'Arabie Saoudite est avec le Maroc, mais bien plus que la monarchie chérifienne, une des pièces maîtresses du dispositif politique et stratégique des Etats Unis dans le monde arabe. L'Arabie Saoudite est en réalité une des meilleures assurances vie du régime sioniste. Et David Moïsi le sait bien, lui qui est en sa qualité de sioniste plutôt modéré, si soucieux du bien-être de l'Etat voyou.