lundi 11 avril 2011

Libye: après les prétendus mercenaires Africains, les mercenaires Algériens

Les prétendus insurgés Libyens, en fin de compte des agents de la CIA et de leurs propres intérêts viennent d'affirmer que le gouvernement de Mouammar Kadhafi employait des mercenaires Algériens et qu'ils en auraient tué trois et capturé une quinzaine d'autres.
Les prétendus insurgés ont recours de leur côté aux mercenaires Français ou Britanniques mis à disposition "gracieusement" par MM. Sarkozy et Cameron.
J'écris "gracieusement" parce que j'imagine qu'ils comptent se rembourser sur ce qu'il restera de la Libye après leurs déprédations.

Nos amis "rebelles" libyens nous avaient déjà fait le coup avec les mercenaires Africains, (on entend par là d'Afrique subsaharienne) qui se sont avérés être soit des travailleurs immigrés soit des Libyens, militaires ou civils, ayant le mauvais teint de peau aux yeux des rebelles téléguidés par Washington.

Human Rights Watch, qui n'a pas la réputation d'être indulgente envers les régimes arabes, surtout s'ils s'opposent au sionisme,  vient justement de réfuter la présence de mercenaires Africains pendant les affrontements qui se sont déroulés dans l'est libyen.
Peter Bouckaert, l'enquêteur de Human Rights Watch a déclaré que ce qu'il avait trouvé sur place [à Benghazi], c'étaient en fait 156 soldats originaires du sud de la Libye et non d'un autre pays africain. Après avoir discuté avec eux, il a constaté qu'ils étaient tous des Libyens noirs d'ascendance africaine [ce qui est la moindre des choses dans un pays africain comme la Libye, NdT]. Ces soldats ont depuis été relâchés par les contestataires.
Selon Bouckaert, le soutien des Libyens noirs du sud au régime de Kadhafi s'explique par le fait que Kadhafi a lutté contre la discrimination contre cette partie de la population dans la société libyenne.
On peut se demander pourquoi on accuse maintenant le gouvernement libyen de recruter des mercenaires en Algérie, un pays qui s'est opposé, plutôt mollement car nous ne sommes plus à l'époque où la voix de l'Algérie avait une quelconque portée dans le monde, à l'intervention militaire étrangère en Libye. L'idée des rebelles est qu'en réalité ces mercenaires, s'ils existent, seraient chargés par le gouvernement algérien d'épauler les troupes de M. Kadhafi. Ce que dément formellement Alger qui par contre se dédouane de toute responsabilité à propos de ceux qui se seraient rendus en Libye de leur propre chef.
On notera que, curieusement, un des principaux relais de cette accusation est la monarchie marocaine. Or la monarchie marocaine c'est une synthèse des intérêts de la France, des Etats Unis et du régime sioniste au Maghreb.

Mon avis est que si l'Algérie ne s'est opposée que trop mollement à la guerre impérialiste, elle risque par contre de payer un prix très élevé pour sa relative inaction. Et quand je dis l'Algérie, je ne pense pas au pouvoir de M. Bouteflika, mais à l'Algérie en tant que nation et Etat dans les frontières que nous lui connaissons.

dimanche 10 avril 2011

Sarkozy est-il fou?


Je ne connaissais pas le Black Star News, un journal publié par des membres de la communauté afro-américaine de New York. Ce n’est cependant pas un journal communautaire au sens où il ne s’intéresserait qu’à des sujets supposés intéresser plus spécifiquement la communauté afro-américaine. C’est en fait un journal généraliste qui traite de tous les sujets d’une manière qui se veut aussi professionnelle que d’autres titres de la presse américaine. Sur sa page « About », le Black Star News s’enorgueillit d’ailleurs de quelques scoops fameux qui lui ont valu d’être repris par des media plus connus comme The Village Voice, Newsweek ou CNN entre autres.

Le Black Star News est opposé à l’agression militaire contre la Libye et plaide pour un encouragement à une issue négociée après un cessez-le-feu engageant les deux parties.
Milton Allimadi, qui est le rédacteur en chef de ce journal pose la question suivante dans son éditorial  du 7 avril :

Le président Français Sarkozy est-il fou ?

Si on se gêne guère en effet pour dire que le colonel Kadhafi est fou, Milton Allimadi est sans doute un des rares journalistes à oser se demander franchement si M. Sarkozy a toute sa tête. Et il nous donne clairement sa réponse, qui n’est pas dénuée d’arguments en faveur de la thèse de facultés mentales sérieusement altérées chez le président Français.

M. Allimadi est cependant trop indulgent avec son propre pays dont il estime qu’il a été berné et entraîné dans la guerre contre la Libye par Bernard-Botul-Henri Lévy et son pote Sarkozy. Or la prise en main immédiate des opérations militaires par Africom est une nette indication qu’en réalité le philosophe chevelu a agi en service commandé pour les Etats Unis afin de précipiter la France la tête la première dans l’affrontement avec le gouvernement libyen. Et ce n’est pas un hasard, si l’Angleterre, tête de pont de Washington en Europe, a montré une ardeur belliciste sans réserves pour encourager M. Sarkozy à persévérer dans ses gesticulations guerrières. 

Par Milton Allimadi, The Black Star News (USA) 7 avril 2011 traduit de l’anglais par Djazaïri

Un article du New York Times, enterré en page 9 de l’édition du 1er avril de ce journal, rapportait que le président Français Nicolas Sarkozy avait été convaincu de reconnaître le Conseil National de Transition des rebelles] Benghazi et de bombarder la Libye par son ami Bernard-Henri Lévy.
Lévy qui se prend pour une sorte d’Indiana Jones à la française, avait appelé Sarkozy depuis Benghazi où il avait fait un crochet après un séjour en Egypte, et persuadé son ami président d’envoyer des avions de l’armée de l’air française que Sarkozy utilise à l’évidence comme si c’étaient ses propres jouets.

L’article intitulé “De son propre aveu, un homme a fait de la Libye une cause française” note que l’épouse de Sarkozy, Carla Bruni, avait autrefois détruit le mariage de la propre fille de Lévy. Sarkozy éprouvait peut-être un fort sentiment de culpabilité et a probablement pensé qu’il avait une dette envers Lévy; alors il a attaqué la Libye.

Sarkozy, rapportait l’article, avait assuré à Lévy que la France bombarderait les forces armées de Mouammar al-Kadhafi, avec ou sans l’approbation des Nations Unies. Le président Français avait dit à son pote que si l’ONU, la Ligue Arabe et l’Union Africaine désapprouvaient l’intervention – ce fut le cas de l’Union Africaine – la France s’entendrait avec ses « partenaires européens » et trouverait un moye, de bombarder les troupes de Kadhafi.

Quand la résolution de l’ONU a été adoptée, Sarkozy aurait dit à son ami Lévy, “Nous avons gagné.”
Quels sont ces esprits assez malades pour jouer avec les vies des Libyens et avec l’Afrique ? Sarkozy, qui n’a pas démenti l’article du new York Times, est-il mentalement instable ? La France, puissance atomique, est-elle gouvernée par un malade ?
L’article aurait dû faire la une du new York Times et aurait dû être écrit sur un ton sérieux. Mais le Times s’est également illusionné lui-même en croyant que les “rebelles” de Benghazi affiliés à al Qaïda étaient la solution aux problèmes de la Libye.

S’il avait été président des Etats Unis, Sarkozy aurait eu à faire face à une procédure d’impeachment. Ce qui soulève la question de savoir pourquoi les Etats Unis continuent à jouer un rôle quelconque dans cette désastreuse farce européenne ? Pourquoi faudrait-il risquer la vie d’hommes et de femmes de l’armée des Etats Unis à cause du jeu pervers de Sarkozy et Lévy ?

La France et le Royaume Uni ne s’occupent pas de “sauver” des vies libyennes. En promouvant des actions militaires, ils ne font en réalité que prolonger le conflit et mettre en danger des vies libyennes.

Les Etats Unis peuvent récupérer un peu de capital moral en exigeant un véritable cessez-le-feu respecté par les deux parties au conflit, et non l’idée folle par laquelle Sarkozy et David Cameron veulent un ‘cessez-le-feu” unilatéral de Kadhafi. Le président Obama devrait exiger de la France et de la Grande Bretagne qu’elles cessent de tester leurs nouvelles armes sur la Libye et qu’elles permettent aux deux parties de se réunir autour d’une table, de s’entendre sur un cessez-le-feu et d’engager des discussions pour une nouvelle constitution et des élections.

Si Hillary Clinton avait un minimum de bon sens, présenterait ses excuses au président Obama pour avoir permis que les Etats Unis d’être entraînés dans l’univers dépravé de Sarkozy, et elle présenterait même sa démission – elle bombe au contraire le torse et demande plus de guerre, comme Sarkozy. Au lieu de faire ce qui est juste et d’admettre qu’elle a été dupée par paris. Sarkozy avait même laissé dans le flou son propre ministre des affaires étrangères Alain Juppé, selon l’article du new York Times

Mouammar al-Kadhafi a écrit au président Barack Obama, demandant au président des Etats Unis d’arranger un cessez-le-feu. Obama ne devrait pas ignorer cette requête même si les bellicistes, dont les fils et les filles ne meurent pas [au combat] contrôlent le débat en cours.

Très déterminés à la prolongation de la guerre; la France et le Royaume Uni autorisent Benghazi à exporter [illégalement] du pétrole libyen sur le marché international via le Qatar. Est-ce qu’une partie de ce pétrole souillé de sang arrivera sur le marché US ?

Quand des insurgés ont exporté illégalement des richesses de l’est du Congo ravage par la guerre, des sanctions onusiennes ont été imposes. En Libye, l’Occident encourage une activité criminelle en permettant à Benghazi de contrevenir aux sanctions de l’ONU, d’acheter des armes et de prolonger la guerre. Quelle est la marge de manœuvre des insurgés pour une démarche de paix quand leurs bienfaiteurs veulent la guerre ?

La manière de protéger les « civils Libyens »

Les “rebelles” n’ont jamais cache leurs motivations. Mustafa Jalil, un leader rebelle qui était il y a encore un mois ministre de la justice de Kadhafi a fait la preuve de son niveau de corruption quand il a dit au Financial Times que les ressources pétrolières de la Libye seraient attribuées au pro rata de l’aide que chaque pays occidental apporte pour renverser Kadhafi.

Ne vous demandez pas pourquoi la France, le Royaume Uni et l’Italie, réagissant au chantage et à la corruption, sont si pressés d’&étendre la guerre. Des contrats pétroliers illégaux ont probablement été signés. Ce sont les trésors qui se trouvent au pied de l’arc-en-ciel sanglant – après que las cadavres ont été définitivement enterrés. Vice Sarkozy !

vendredi 8 avril 2011

Quand l'OTAN croit à sa propre propagande...

 ... ça fait des morts (chez les autres)

A force de nous seriner le message selon lequel les rebelles hostiles au régime du colonel Kadhafi étaient peu armés, les forces de l'OTAN elles-mêmes en sont venues à croire à leur propre propagande.
Car, nous le savons, les Occidentaux disent toujours la vérité car ils sont observés par le quatrième pouvoir, celui représenté par une presse notoirement libre.

Par exemple, concernant le bombardement "par erreur" hier de rebelles par les avions de l'Alliance Atlantique, le secrétaire général cette organisation,  Anders Fogh Rasmussen, a émis de "vifs regrets" , ce qui n'équivaut pas en langage diplomatique à des excuses que l'OTAN refuse de faire pour la bonne raison que l'OTAN "n'était pas au courant que les insurgés utilisaient des chars".

Pourtant, on peut lire ce qui suit dans le Daily Telegraph de Londres:
Des combattants [rebelles] disent que les tanks pris [à l'armée libyenne] ont été marqués conformément à un accord avec l'OTAN pour éviter des tirs amis accidentels., mais en vain. Selon un rebelle, plus de sept d'entre eux ont été tués et d'autres gravement blessés, dont un adolescent qui a perdu ses deux jambes. D'autres donnent un bilan différent.
Des témoins affirment que les avions ont tournoyé dans le ciel pendant une demi-heure avant de tirer de deux à quatre missiles. Dans leur fuite, les rebelles ont abandonné les autres tanks de peur d'être à nouveau frappés.
De toutes façons, 
La rébellion a fait savoir qu'elle n'exigeait pas d'excuses, simplement des explications et qu'elle souhaitait surtout une meilleure communication avec l'Otan.
Je suppose que même Bernard-Botul-Henri Lévy ne s'attendait pas à trouver des rebelles aussi dociles et soumis en Libye. Un paradoxe de plus dans cette pseudo guerre humanitaire.

jeudi 7 avril 2011

Qu'est-ce qui ressemble le plus à un bougnoule?

Si ce n'est un soldat Libyen? où encore un rebelle Libyen?

Tous des bougnoules, n'est-ce pas? Et encore plus vu du ciel. C'est ce qu'on peut conclure de cette troisième frappe des avions de l'OTAN qui a fait des victimes chez les civils qu'ils sont censés protéger ou les ennemis du colonel Kadhafi, ceux là même qui appellent de leurs voeux une intensification des bombardements sur leur pays.

On peut lire dans Le Figaro que
Selon le chef d'état-major des rebelles, le général Abdelfatah Younès.  "Nous estimons qu'il s'agit d'une frappe fratricide, menée par l'Otan par erreur", a déclaré le chef militaire de la rébellion lors d'une conférence de presse à Benghazi.
Comme il va vite en besogne ce général, le voilà déjà frangin avec Nicolas Sarkozy, David Cameron et Bernard-Botul-Henri Lévy! Je pensais que les combats fratricides étaient ceux qui opposaient les troupes gouvernementales aux forces rebelles. Mea culpa!

Toujours d'après Le Figaro, on se rend compte qu'Abdelfatah Younis ne comprend pas comment a pu se produire cette frappe "fratricide" puisque:
"Nous les avons informés [l'OTAN] que les chars allaient quitter Benghazi, puis qu'ils étaient arrivés à Ajdabiya, puis qu'ils allaient avancer en direction de Brega", a-t-il assuré. "Si ce raid a été mené par l'Otan, c'est une erreur", a-t-il dit. "S'il est le fait de l'armée de Kadhafi, c'est une erreur encore pire, car nous sommes censés être protégés de cela par une zone d'exclusion aérienne".
Vous avez bien lu: non seulement la zone d'exclusion aérienne est supposée protéger les rebelles contre l'aviation gouvernementale mais les "frères" Britanniques, Français, Espagnols etc. doivent neutraliser en les bombardant ces horribles Libyens qui ne peuvent pas être des frères. C'est logique. 

D'après Abdelfatah Younis, la "bavure" fratricide a fait quatre morts, deux insurgés et deux médecins, 14 blessés et six disparus.
Les médecins présents sur place ont un bilan différent: au moins13 rebelles tués et de nombreux blessés. Le nombre de victimes civiles est inconnu mais doit s'élever à des dizaines si on en croit des rebelles anonymes cités par Le Figaro.

Toujours par le même général anti-Kadhafi, nous apprenons incidemment que ces rebelles qu'on dit pauvrement armés disposent d'au moins 400 engins blindés et qu'ils sont même susceptibles d'en avoir d'autres en ordre de combat. 

Avec ce conflit en Libye, nous sommes décidément en pleins faux-semblants avec en plus maintenant les faux frères et les faux amis.

mercredi 6 avril 2011

Une démocratie de plus au secours des rebelles en Libye

L'entité sioniste ne pourra plus se targuer d'être la seule démocratie, de délinquants certes, au Proche orient. 
En effet, après les démocraties bien connues que sont le Qatar et les Emirats Arabes Unis, c'est maintenant la vieille démocratie jordanienne qui vient apporter son concours à l'imposition de la zone d'exclusion aérienne supposée empêcher l'armée de l'air du colonel Kadhafi de bombarder des rebelles dûment estampillés démocrates par l'Occident.

De fait, on peut lire dans l'Express que le ministre des affaires étrangères du royaume de Jordanie a annoncé que son gouvernement a dépêché plusieurs avions de combat, six en tout, sur une base aérienne européenne dont le nom n'a pas été divulgué.

L'armée jordanienne, il est vrai, n'a jamais failli à son devoir de porter secours aux populations victimes d'agressions militaires. On se souvient comment elle a brillé (par son absence) pendant les épreuves subies par le peuple palestinien durant les deux intifadas ou encore pendant l'opération sioniste "plomb durci" contre Gaza fin 2008, début 2009.

Ne parlons-même pas de ses missions furtives très réussies dans le ciel libanais face aux raids destructeurs menés par l'aviation et la marine sionistes contre ce pays en 2006.

Si après ça, on ne crie pas vive la démocratie jordanienne!

lundi 4 avril 2011

La défection de Moussa Koussa: les faux-semblants de la guerre contre la Libye

Avec la Libye, nous nous trouvons devant de multiples faux -semblants : faux « psychopathe ou chien fou » mais vrai autocrate, faux philosophe mais vrai pousse au crime, fausse intervention humanitaire mais véritable agression impérialiste, vrais rebelles mais faux démocrates.

Et ce n'est pas fini !

En effet, on a beaucoup parlé de la défection de Moussa Koussa, le ministre Libyen des affaires étrangères qui s'est livré à la Grande Bretagne. Et on se demande bien pourquoi il a choisi le Royaume Uni parce que, peut-on lire dans nos journaux, il s'expose à ce qu'on lui cherche des poux dans la tête à propos de l'attentat de Lockerbie, ce crime qui avait coûté la vie de 270 personne.
Il paraîtrait même que David Cameron a demandé une enquête sur le rôle de Moussa Koussa dans cette affaire.

Moussa Koussa

Pourtant, si on donne asile à quelqu'un, c'est qu'on est prêt à lui accorder l'immunité, ce que récuse pourtant William Hague, le ministre britannique de la défense qui soutient que l'asile doit être accordé à M. Koussa mais sans immunité.
Nous sommes là encore dans les faux-semblants. 

Et pour continuer dans cette veine, il s'avère que Moussa Koussa travaillait depuis une dizaine d'années pour le MI 6 britannique et la CIA !

Comme quoi cette importante défection n'est peut-être que celle de la taupe qui se savait sur le point d'être grillée et liquidée par les services de sécurité de son pays.

dimanche 3 avril 2011

Les services secrets canadiens et les combattants de la "liberté" en Libye

Après les renseignements militaires des Etats Unis, c'est au tour des services secrets canadiens de s'interroger sur la nature de ceux qui s'opposent militairement au colonel Kadhafi et que les forces « démocratiques » de l'OTAN assistent à coups de bombardements et maintenant pare une aide sur le terrain apportée par des agents Britanniques et Américains.
Une inquiétude répercutée dans le Calgary Herald par Susan Martinuk dont on a du mal à comprendre si elle est canadienne ou ressortissante des Etats Unis. Ce qui est par contre certain, c'est que Mme Martinuk n'est pas rassurée sur ce qui pourrait se passer en Libye en cas de victoire de ceux que Bernard-Botul-Henri Lévy a certifiés casher, c'est-à-dire démocrates.

Pour argumenter ses préoccupations, Mme Martinuk invoque le précédent afghan où les Occidentaux avaient soutenu contre le régime communiste appuyé par l'URSS d'autres combattants de la liberté, certifiés eux aussi casher par le même philosophe atteint de botulisme
Mme Martinuk aurait pu citer l'Irak qui jouit maintenant d'un régime sectaire grâce à l'intervention des forces coalisées sous la houlette de Washington. Ben non, elle évoque le Hamas qui venu démocratiquement au pouvoir, et sans jamais remettre en cause les processus institutionnels qui régissent l'Autorité Palestinienne, s'est vu clouer au pilori par les « démocraties » occidentales avant de se retrouver cantonné dans la bande de Gaza placée sous blocus par les terroristes sionistes.
Pas de zone d'exclusion aérienne dans ce cas. Où plutôt si, une zone d'exclusivité aérienne pour les avions sionistes.

Mme Martinuk nous parle aussi de l'Egypte où les Frères Musulmans seraient en passe de parvenir, légalement au pouvoir, suite à la déposition du président Moubarak. Cette perspective n'est certes pas pour lui plaire mais, dans le cas égyptien, comme dans les cas irakien et afghan, Mme Martinuk ne semble pas se rendre compte que les Etats Unis poussent consciemment en avant des forces rétrogrades, conservatrices sur le plan des mœurs et politique mais favorables à une économie marchande et à l'investissement capitaliste américain. Elle ne se demande pas pourquoi Nick Clegg, le vice premier ministre Britannique préfère al Qaïda au régime du colonel Kadhafi.
La situation égyptienne est sans doute bien plus complexe que celle de l'Afghanistan et de l'Irak, mais il est sût que les Etats Unis ont une préférence marquée pour la vieille garde des Frères Musulmans, conservatrice socialement et économiquement, par rapport aux fameux militants séculiers ou « laïques » qui ont le tort insigne de récuser l'emprise des Etats Unis sur le destin de leur nation.

Pour finir, Mme Martinuk semble s'indigner contre la fatwa émise par les Frères Musulmans égyptiens (en réalité Youssef al-Qardaoui, c'est-à-dire ce qu'il y a de plus réactionnaire et pro saoudien chez les Frères Musulmans) pour demander l'assassinat de Kadhafi.
Mais à quel moment s'est-elle indignée contre la fatwa prononcée par MM. Obama, Sarkozy et Cameron contre Kadhafi. Fatwa qu'ils se sont d'ailleurs empressés d'essayer de mettre à exécution.
Par Susan Martinuk, Calgary Herald (Canada) 1er avril 2011

Qui sont ces gens qui combattent contre le Mouammar Kadhafi, le fou Libyen ?
Les dirigeants Occidentaux ont à l'évidence décidé qu'ils avaient besoin de notre protection. Ce qui avait commencé comme une résolution de l'ONU pour une zone d'exclusion aérienne dans le ciel libyen et « toutes les mesures nécessaires » pour protéger les civils des forces armées de Kadhafi s'est vite transformé en bombardements sous les ordres de l'OTA d'objectifs stratégiques.

Depuis jeudi, des discussions internationales portent sur l'armement des rebelles, évoquant leurs faibles chances devant Kadhafi sans armes et sans entraînement assuré sur le terrain.
Le premier ministre Britannique David Cameron, le président US Barack Obama et le président Français Nicolas Sarkozy ont semble-t-il étudié une demande pour obtenir des armes. Si Cameron et Sarkozy n'ont encore rien promis, Obama a dit qu'il enverrait du matériel de communication, des fournitures médicales et éventuellement des véhicules de transport pour les rebelles, mais pas d'armes. C'est du moins ce qu'a déclaré Obama au peuple américain qui se méfie d'une nouvelle intervention militaire.
En privé, cependant, c'est une autre histoire. On sait maintenant qu'Obama a signé un ordre secret autorisant un soutien clandestin aux rebelles. L'ordre est une sorte de directive présidentielle qui sert à autoriser des opérations secrètes par nul autre organisme que la CIA. Il est raisonnable de supposer que des opérations clandestines de la CIA signifient aussi armes et munitions. Officieusement, bien entendu. Mais avant de livrer des armes, ne devrions-nous pas demander qui sont ces gens et ce qu'ils représentent ? Diverses informations parlent d'eux comme de combattants de la liberté et de rebelles ? Mais est-ce aller vraiment trop loin que de les qualifier de terroristes ?

Un rapport des services de renseignement s canadiens suggère de manière gênante que la réponse est « non. »
Un rapport secret de l'Integrated Threat Assessment Centre, organisme gouvernemental d'évaluation des menaces, préparé pour le Canadian Security and Intelligence Service a été rendu public cette semaine suite à une demande faite en application de la loi sur l'accès à l'information. Le rapport a été rédigé fin 2009 et qualifie le bastion anti-Kadhafi en Libye orientale de « épicentre de l'extrémisme islamiste. » En outre, « dans cette région, la population a des idées plus conservatrices comparativement au reste de la Libye et l'activisme islamiste est fortement concentré. »
On a un peu de mal à faire coller ces idées avec celles du commandant suprême des alliés dans l'OTAN qui a qualifié l'opposition « d'hommes et de femmes responsables qui luttent contre le colonel Mouammar Kadhafi. »

On ne sait pas si les extrémistes ont des liens avec al Qaïda, mais ce pourrait n'être qu'une petite consolation du moment que les extrémistes islamistes ne semblent pas avoir besoin de ce genre de liens pour faire des ravages dès lors qu'ils contrôlent tout un pays et qu'ils ont une armée à leur disposition (par exemple, le Hamas, l'Afghanistan).
Quand nous considérons en Occident ce qui a été qualifié avec enthousiasme de printemps arabe, nous aimons à penser que de malfaisants dictateurs ont reçu finalement leur dû et que chaque soulèvement est mu par des forces démocratiques. Mais comme certains l'ont déjà signalé, peut-être ne faisons-nous que remplacer des tyrans qui détestent l'Occident par de pires tyrans qui détestent encore plus l'Occident.

Un bon exemple est l'Egypte, où les forces séculières démocratiques semblaient en tête des grandes manifestations de la place Tahrir, mais on attend de voir le niveau de démocratie qui en sortira. Les événements récents laissent à penser que l'Egypte est peut-^te en voie d'être dirigée par des extrémistes islamistes incarnés par les Frères Musulmans.
Dans un récent référendum, les Egyptiens ont voté massivement pour des élections à bref délai – ce qui veut dire que les démocrates non islamistes n'auront guère de chances de construire des partis démocratiques séculiers [secular] et d'éduquer l'opinion aux institutions démocratiques. Ce référendum prépare au contraire l'Egypte à une prise du pouvoir par les Frères Musulmans qui semblent déjà bénéficier d'un certain soutien dans l'armée.
En passant, les Frères Musulmans ont récemment émis une fatwa pour l'assassinat de Kadhafi. Juste pour vous donner une idée de ce qui pourrait de préparer pour l'Egypte

Nous avons déjà connu cette situation auparavant. Les Etats Unis avaient fourni des missiles et des fusils aux moudjahidine, les combattants Afghans de la liberté pour combattre les Soviétiques dans les années 1980. Le résultat fut la prise du pouvoir par une organisation islamiste extrémiste appelée Talibans. Vous connaissez la suite.

Le concept de liberté pour lequel luttent les "combattants de la liberté" pourrait être très différent de notre idée de la liberté. Il y a de fortes chances qu'ils combattent pour l'application de la sharia et un régime totalitaire basé sur la religion, plutôt que pour des libertés individuelles.