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mardi 5 mars 2013

Hommage au Croissant Rouge Syrien


Il n’y a pas besoin d'être expert en politique, et encore moins d’être pro-Assad pour comprendre que la Syrie est victime d’un complot qui s’inscrit dans le cadre du prétendu «printemps arabe.»  De fait, les comploteurs sont tellement sûrs d'eux qu'ils se réunissent ouvertement dans des rencontres qui sont supposées être celles des "amis" de la Syrie.
Comme en Egypte, l’idée est de mettre au pouvoir des gens avec qui les monarchies du Qatar et d’Arabie Saoudite mais aussi  l’entité sioniste pourront composer.
Ces gens sont certes virulents verbalement mais accommodants sur le fond. Exactement comme le premier ministre Turc Recep Tayyip Erdogan qui vient de se fendre d’une sortie radicalement antisioniste verbalement au moment où son armée vient de réceptionner du matériel militaire importé de l’Etat contre lequel il vitupère.
Où comme le régime mis en place en Egypte, qui contre espèces sonnantes et trébuchantes a opté pour la non remise en cause des accords signés avec l’entité sioniste et vient d’ordonner l’inondation de tous les tunnels qui relient Gaza au Sinaï.
Le Croissant Rouge syrien n’est pas une organisation politique et elle accomplit un travail conforme à sa vocation.
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C'était il n'a pas si longtemps: une volontaire du Croissant Rouge syrien portait sur ses épaules une petite réfugiée soudanaise
C’est pour cette raison qu’elle peut travailler, pas sans risques d’ailleurs, dans l’ensemble du territoire national, aussi bien dans les zones contrôlées par le gouvernement que dans celles aux mains de l’opposition.
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Deir Ez Zohr: pour Mohamed, volontaire du Croissant Rouge syrien, tous les moyens sont bons pour acheminer l'aide à ceux qui en ont besoin
Il n’empêche que les cadres de cette organisation peuvent avoir leur point de vue sur ce qui se passe dans leur pays.
C’est le cas par exemple de Khaled Erksoussi, le chef des opérations du Croissant-Rouge syrien qui ne peut s’empêcher de faire quelques constats amers. Comme par exemple que l’aide humanitaire pour le peuple syrien était loin d’avoir atteint les montants promis par les participants à une conférence tenue au Koweit à cet effet. Ou encore que très peu d’aide humanitaire transite par la frontière syro-turque qui semble plutôt une voie réservée à l’acheminement d’armes et de combattants (de fait, on sait que quantité de biens, y compris alimentaires, ont au contraire pris tranquillement le chemin de la Turquie).
  
Les organisations des pays du Golfe, principaux alliés de  l’opposition, boycottent le transfert de fonds dans le pays. La vacance du pouvoir a ouvert la porte à des bandes de délinquants et d’agresseurs qui menacent la distribution
Par Mikel Ayestaran, ABC (Espagne) 5 mars 2013 traduit de l’espagnol par Djazaïri
Khaled Erksoussi est peiné. Le chef des urgences du Croissant-Rouge syrien a perdu hier un chauffeur d'ambulance à Khobar. Un mortier est tombé quand il était dans le poste médical avancé de cette zone de combat et mis fin à sa vie. «Nous avons perdu quinze bénévoles depuis le début de la crise. Dans les zones où il y a des combats, nous avons réussi à faire entrer des convois ces dernières semaines, mais autour de Damas, l’accès est impossible en ce moment" regrette Erksoussi qui, tout en repassant mentalement la carte syrien, réfléchit à voix haute et en dit qu'ils devront évacuer certains avant-postes si la situation ne s'améliore pas, "Avant, les combats duraient trois jours, contre des mois maintenant." Le Croissant-Rouge dispose de plus de 80 délégations à travers le pays, et il a des informations de première main sur la situation dans les zones contrôlées ou non par le régime et ses employés sur ​​le terrain sont très respectés quand ils distribuent de l'aide et donnent des soins aux victimes.
Mais la politique s’immisce aussi dans l’aide humanitaire en Syrie. Erksoussi dénonce le fait que les pays du Golfe, qui sont les principaux alliés de l’opposition, boycottent le transfert de fonds dans le pays et il rappelle, comme l’a souligné l’ONU, qu’à peine 13 % des sommes promises à la Conférence de Koweït ont été reçues. Ce qui fait qu’on peut aider seulement 1,5 millions de personnes par mois alors que la situation actuelle exigerait de pouvoir couvrir les besoins d’au moins quatre millions de citoyens. 
Chaos 
Le responsable de la sécurité de l'organisation a conduit la plupart des convois qui sont allés dans le nord. "De la frontière turque à Hama la coordination ne se fait plus avec  le gouvernement parce que le gouvernement n'existe pas ; dans ces zones, nous traitons avec les chefs de l'Armée Syrienne Libre (ASL) qui nous donnent une protection. Mais le chaos est général et il y a des secteurs pour le contrôle desquels l’ASL se bat contre le Front [Jabhat] Nosra  (proche d’al-Qaïda) " dit-il. 
Le vide de pouvoir a ouvert la porte à des bandes de délinquants et de criminels, des criminels sans motivation politique qui menacent l'arrivée des secours. Mais l’autre gros problème que dénonce le Croissant Rouge syrien est la présence officieuse de membres du Croissant-Rouge du Qatar qui sont en train d’essayer de monopoliser l'aide et d’écarter l'organisation nationale [le Croissant Rouge syrien] de cette tâche. «Ils nous accusent d'être pro-régime et hier, ils ont arrêté quatre bénévoles dans le nord d'Alep et ils les ont presque tués" déplore Erksoussi. «Ils veulent monopoliser l'aide, que ce soit eux qui assurent les livraisons. Mais ce que je ne comprends pas c'est pourquoi, alors qu’ils ont toute la frontière avec la Turquie grande ouverte, ils préfèrent qu’arrivent par là des djihadistes et des armes au lieu d'aide humanitaire dans les zones sous leur contrôle où elle est bien sûr est très nécessaire.» 
Des fins politiques 
Les convois qui vont dans le nord se concentrent particulièrement sur ​​les camps de déplacés créés à Azzaz (un camp de 16.000 personnes) et à Atmeh , où il y en a trois pour un total de quelque 50.000 déplacés. «Il ya aussi des besoins à Deraa et à Deir Ezzor , mais on ne nous écoute pas. A l'ONU on semblent aussi avoir un ordre du jour clair et elle démontre une fois de plus que c’est une organisation politique et non humanitaire. Elle n’aide que le nord et l’est et les choses ressemblent de plus en plus à ce qui s'est passé au Kosovo où elle a aidé surtout ​​un camp. Ici, ce sont tous les Syriens qui ont besoin d'aide », rappelle Erksoussi. 
Après près de deux années, le régime commence à donner des autorisations à des ONG, mais avec parcimonie. Le blocus initial est levé très lentement et c’est pourquoi le Croissant-Rouge est l’acteur le plus présent dans l'aide humanitaire, en particulier dans la phase de distribution.

mercredi 7 mars 2012

Pourquoi il n'y a pas eu de désastre humanitaire à Homs

Pour la simple raison que la plupart des civils avaient fort heureusement pu fuir le quartier de Baba Amr qui a été le principal théâtres des affrontements entre l'armée syrienne et l'opposition armée.
C'est ce qu'ont pu constater des membres du Croissant Rouge syrienne qui ont pu entrer dans ce quartier en compagnie de Mme Valerie Amos, envoyée humanitaire de l'Organisation des nations Unies.

20 minutes est pour le moment un des rares media français à nous donner ces informations qui proviennent d'une agence de presse. (Reuters)
Il n'y a par contre apparemment personne pour relever que Damas a accueilli favorablement la déclaration en six points de la Chine destinée à résoudre politiquement la crise syrienne.
Une démarche que les occidentaux rejetteront probablement, exactement comme ils avaient torpillé touts les tentatives de résolution politique de la crise en Libye.


SYRIE - Le quartier, visé pendant plus d'un mois par d'intenses bombardements, a été repris par les forces loyales à Bachar al-Assad.
20 minutes (France) 7 mars 2012
 
Des délégués du Croissant-Rouge arabe syrien (Cras) et l'envoyée humanitaire des Nations unies Valerie Amos sont entrés mercredi dans Baba Amro, quartier de Homs bombardé par les forces gouvernementales pendant près d'un mois et pratiquement vidé de ses habitants.
 
«Le Cras est resté dans Baba Amro pendant environ 45 minutes. Ils ont découvert que la plupart des habitants avaient quitté Baba Amro pour des secteurs déjà visités par le CICR et le Cras la semaine dernière», a déclaré à Genève le porte-parole du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), Hicham Hassan.
 
Trois jours en Syrie
 
Arrivée mercredi à Damas, Valerie Amos, responsable des opérations humanitaires des Nations unies, s'était entretenue avec le ministre syrien des Affaires étrangères, Walid al Moualem, avant de gagner la route de Homs. Celui-ci lui a assuré que les autorités tentaient de faire parvenir des vivres et des médicaments à la population civile malgré le poids des «injustes sanctions» internationales qui frappent la Syrie, rapporte l'agence de presse officielle syrienne Sana.
 
Valerie Amos, qui s'était vu refuser l'entrée en Syrie la semaine dernière, devrait rester trois jours dans le pays pour tenter de convaincre le régime de Bachar al-Assad de permettre aux travailleurs humanitaires d'avoir accès aux populations civiles.
 
De nouveaux bombardements ont eu lieu dans la nuit de mardi à mercredi à Homs, à 150 km au nord de la capitale syrienne. D'après des groupes d'opposants, les quartiers de Karm al Zeitoun, Djoub al Djandali et Deir Balba ont été la cible du pilonnage de l'armée régulière. Des attaques de militaires ont été signalées dans les villes de Kara et de Yabroud, au nord de Damas, et à Alep, deuxième ville du pays.

samedi 25 février 2012

Pourquoi la journaliste Edith Bouvier n'a-t-elle pas été évacuée de Homs?


La journaliste Française Edith Bouvier se trouve en ce moment dans le quartier de Baba Amr à  Homs en Syrie. Sérieusement blessée à la jambe, elle attend d’être évacuée pour pouvoir être soignée.
Une mission du Comité International de la Croix Rouge (CICR) a pu pénétrer hier dans ce quartier d’Homs et procéder à l’évacuation d’un petit nombre de personnes, 27 en tout, des femmes et des enfants.

«malgré l'arrivée de nos ambulances et de nos efforts (...) auprès des groupes armés à Baba Amr, ceux-ci ont refusé de livrer la blessée [Edith Bouvier] et les deux corps [des journalistes], mettant en danger la vie de la Française et entravant le rapatriement des corps»,
Cette déclaration est répercutée par l’agence de presse officielle SANA. Il convient cependant de noter qu’elle n’a ni été démentie, ni rectifiée par le CICR.

En réalité, si la journaliste Française n’a pu être évacuée, c’est à la fois du fait des forces d’opposition et de la diplomatie française. Cet extrait d’une dépêche Associated Press reproduite par le journal américain Saint-Louis Today nous apporte tous les éléments pour comprendre ce qui s’est réellement passé et la mauvaise foi des opposants au régime syrien et d’Alain Juppé, le ministre Français des affaires étrangères : 
Un militant local, Abou Mohammed Ibrahim, joint par Skype, a affirmé que les journalistes avaient refusé de partir parce que le CICR n’est pas entré [dans Baba Amr], mais seulement le Croissant Rouge Syrien qui, selon lui, est plein de « collaborateurs du régime.»
« Les journalistes ont aussi refusé de livrer les corps [de Marie Colvin et Rémi Ochlik], » a-t-il dit. « Ils ne savent pas ce que le gouvernement va faire d’eux [des corps]. »
Il a déclaré que les quatre journalistes se trouvaient en ville, chacun se trouvant dans un appartement différent et que les deux cadavres étaient conservés dans un aure appartement où ils ont commencé à se décomposer.
Hassa, le porte parole du CICR basé à Genève, a déclaré que « en ce qui concerne la réputation du Croissant Rouge, c’est un organisme indépendant dont les bénévoles risquent leurs vies au quotidien. » Il a expliqué que le CICR avait souvent accompagné les volontaires du Croissant Rouge sur le terrain.
S’exprimant à la conférence de Tunis, le ministre Français des Affaires étrangères Alain Juppé a déclaré que les autorités syriennes avaient rejeté une requête pour permettre à l’ambassadeur de France en Syrie d’aller à Homs pour arranger l’évacuation.
« J’en appelle personnellement aus aux autorités syriennes pour que Mme Bouvier et les autres reçoivent les soins médicaux dont ils ont urgemment besoin, » a-t-il dit.

Voilà qui est assez clair : non seulement Mme Bouvier et les autres journalistes refusent d’être évacués par le Croissant Rouge, mais ils refusent également que les corps de leurs collègues Marie Colvin et Rémi Ochlik sortent de la ville. Ils préfèrent que leurs cadavres se décomposent tranquillement à l’abri des manipulations du gouvernement syrien.

Et puis de toute façon, la condition première à une évacuation d’Edith Bouvier soit la présence de l’ambassadeur de France, la France pourrait ainsi signer son premier coup politique à l’intérieur même du territoire syrien.


dimanche 27 novembre 2011

La Syrie et les corridors de la propagande


En France, nous avons une presse indépendante des partis politiques, des groupes de pression, des grandes entreprises. C’est tout simplement merveilleux.

Cette presse, vous ne la prendrez jamais en défaut, par exemple à participer à une campagne belliciste contre la Libye hier ou la Syrie aujourd’hui.
Bien sûr que non : les faits, rien que les faits et des commentaires étayés par des faits.

Pare exemple, cette presse nous a parlé en long et en large de la proposition française, par la voix d’Alain Juppé, de créer des corridors humanitaires en Syrie.
Vos journaux se gardent bien sûr de traduire et de vous dire que ces corridors seraient en fait des axes de circulation privilégiés pour toutes les forces hostiles au régime de Damas qui s’y trouveraient sous protection de l’OTAN et des lumineuses démocraties du Golfe.

Ces corridors humanitaires ont donc fait les titres de bien des journaux.

Ce qui n’est pas le cas de l’information suivante selon laquelle, pour l’ONU

l'idée de corridors humanitaires avancée par la France n'est pas justifiée à ce stade.
Cette information ne fait pas de titre de la presse française mais apparait par exemple subrepticement dans un article intitulé :
1,5 million de Syriens ont faim
Un article qui nous apprend par ailleurs que le Croissant Rouge Syrien et d’autres organisations de ce pays font ce qu’elles peuvent pour subvenir aux besoins alimentaires de ces personnes

C’est dire que les autorités syriennes n’ont aucune volonté de réduire à la famine telle ou telle partie de la population.

On peut lire incidemment, toujours dans le même article :
Des milliers de personnes ont fui vers des camps de réfugiés au Liban et en Turquie, d'autres ont quitté les villes où se déroulent les manifestations pour trouver refuge chez des amis ou de la famille ailleurs dans le pays.
Si je comprends bien, des milliers de personnes sont parties au Liban et en Turquie tandis que d’autres personnes, sans doute plus nombreuses (à vérifier) se sont réfugiées dans d’autres endroits de cette même Syrie toujours sous contrôle du régime baathiste.
Ce n’est donc pas le régime que ces gens fuient. N’est-ce pas ce que nous dit cet article du Figaro ?

En passant la presse hispanophone n’hésite pas à titrer sur le refus onusien d’ouverture de corridors humanitaires jugés non nécessaires, au moins à ce stade.