Affichage des articles dont le libellé est Damas. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Damas. Afficher tous les articles

dimanche 23 novembre 2014

Le soutien des Etats Unis et du régime sioniste à al Qaïda en Syrie

Dans la guerre livrée au régime syrien, à l'Iran et au Hezbollah, les Occidentaux utilisent des stratégies complexes aux effets parfois imprévus, d'autant qu'elles ne font pas forcément toujours consensus en Occident même où leur mise en œuvre dépend des rapports de forces entre les gens, disons raisonnables, et les néoconservateurs.
Ces néoconservateurs, ainsi que l'expliquait Robert Parry, restent très présents dans l'appareil politico-militaire des Etats Unis et leur poids peut être très important dans un pays comme la France où ils se cachent aussi derrière de nobles idéaux humanitaires, alors que la seule chose qui leur importe est le sort du régime sioniste.
Dans ces pays occidentaux qui mènent une guerre non déclarée à la Syrie, on feint de s'étonner de la présence sur le terrain de combattants « djihadistes » dont les noms et prénoms évoquent parfois plus le camembert que le leben.
Le "djihadiste" français Abou Mariam exhibe la tête tranchée d'une résistante kurde
Le "djihadiste" français Abou Mariam exhibe la tête tranchée d'une résistante kurde
Mais qu'y a-t-il de surprenant à voir de jeunes Français répondre à l'appel au meurtre du chef de l'Etat syrien lancé par Laurent Fabius, l'actuel chef de la diplomatie française ?

De la même manière, on ne sera pas surpris de voir en Syrie les puissances occidentales soutenir des forces officiellement affiliées à al Qaïda même si les choses sont quelque peu obscurcies par les bombardements exécutés par les USA et leurs alliés arabes contre certaines forces djihadistes en Syrie.
Le blogueur Moon of Alabama nous aide à mieux comprendre ce qui se passe sur le terrain et dans les officines de Washington : une partie des forces djihadistes est entrée en conflit avec les intérêts de Washington en s'attaquant notamment au Kurdistan irakien où l'armée américaine entretient une base, Cette confrontation était à tel point inattendue que le gouvernement turc, allié de l'Etat Islamique en Irak et au Levant (EIIL ou Daesh) a eu du mal, et a toujours du mal, à modifier son positionnement stratégique à l'égard de cette puissante milice.
Ce qui est important dans l'article que je vous propose, c'est surtout ce fait que l'aviation américaine bombarde le Jabhat al-Nosra, une importante milice affiliée à al Qaïda, dans le nord syrien tandis qu'elle soutient la même milice au sud du pays dans la région proche du Golan occupé par l'entité sioniste et la frontière jordanienne. L'objectif des Etats Unis n'est donc pas de détruire cette milice mais d'en écarter les éléments rétifs à une alliance avec eux sur le terrain.
Et c'est sans doute le même objectif qui est poursuivi avec les frappes contre l'Etat Islamique en Irak et au Levant.

Comment les Etats Unis et Israël aident al Qaïda dans le sud de la Syrie

par Moon of Alabama (USA) 21 novembre 2014 traduit de l'anglais par Djazaïri
Quand l'administration Obama a déclaré avoir bombardé le « groupe Khorasan » dans le nord syrien, les spécialistes se sont demandés ce que cela voulait dire. Il n'existait et il n'existe aucune organisation de ce nom. Ce que l'administration Obama appelait groupe Khorasan était des dirigeants du Jabhat al-Nosra, la branche syrienne d'al Qaïda qui était active en Afghanistan et au Pakistan il y a quelques années avant de venir en Syrie. Alors pourquoi faire une distinction enre le Jabhat al-Nosra qui est actif dans toute la Syrie et un groupe dirigeant de la même organisation situé dans le nord de la Syrie ?
Mon sentiment est qu'il existe une coopération active entre le Jabhat al-Nosra et les Etats Unis, particulièrement dans le sud syrien, et que la distinction a été faite pour maintenir en place une forme quelconque d'alliance dans le sud. Les mercenaires de l'Armée Syrienne Libre dans le sud de la Syrie ont été entraînés et armés par la CIA en Jordanie et sont contrôlés depuis une salle d'opérations multinationale quelque part à Amman.
Dans le sud, le Jabhat al-Nosra combat activement aux côtés de l'Armée Syrienne Libre qui reçoit aussi un soutien d'Israël. Au cours de ces derniers mois l'ASL, avec les combattants d'al-Nosra comme troupes de choc, s'est emparée de portions importantes de territoire le long de la frontière de la Syrie avec la Jordanie et Israël. Leur but est, ainsi que nous l'avions signalé il y a deux mois, d'ouvrir un corridor vers Damas. Leurs avancées au détriment de l'armée syrienne dans la zone frontalière ont été réalisées avec l'appui des tirs de soutien de l'artillerie israélienne.
Reuters confirme aujourd'hui que Nosra, comme nous l'écrivions, est à la pointe des combats dans le sud :
Des combattants du Front al-Nosra affilié à al Qaïda et d'autres insurgés ont attaqué et fait uen brève incursion à Baath City dans le sud de la Syrie jeudi, le dernier bastion important de l'armée dans une province qui jouxte les hauteurs du Golan sous occupation israélienne.
…...
Des centaines de combattants d'al-Nosra qui ont fui la province orientale de Deir al-Zor après en avoir été chassés par l'Etat Islamique dans le courant de cette année se sont regroupés dans le sud de la Syrie où ils ont renforcé la présence rebelle dans ce secteur, selon es activistes.
« Il [ce renfort] a permis aux combattants de prendre le dessus dans cette zone, » déclare Abou Yahia al-Anari, un combattant d'Ahrar al-Sham.
...
Les gains des insurgés depuis le début de cette année ont principalement été obtenus par le Front al-Nosra en association avec d'autres rebelles et brigades islamistes qui combattent en alliance avec l'Armée Syrienne Libre soutenue par l'Occident. A la différence des rebelles qui combattent dans le nord, ils se sont bien coordonnés jusqu'à présent.
Au nord, le Jabhat al-Nosra combat des groupes de mercenaires soutenus par la Turquie et les Etats Unis. Au sud, il coopère par contre avec ce genre de groupes qui sont soutenus, équipés et entraînés par les Etats Unis à partir de la Jordanie et d'Israël. Al-Nosra au nord a été rebapptisé « groupe Khorasan » de sorte à ce qu'on puisse le bombarder sans mettre en danger l'alliance au sud entre l'Armée Syrienne Libre et le Jabhat al-Nosra.
Les combattants de Nosra dans le sud utilisent bien entendu des ermes et d'autres équipements que les unités de l'Armée Syrienne Libre reçoivent de la CIA et d'autres services secrets. Ces groupes combattent ensemble et partagent naturellement leurs ressources.
En octobre, un mois après que j'ai signalé les opérations dans le sud, le Washington Institute, une pièce du lobby sioniste aux Etats Unis, a reconnu ces plans et a exhorté à plus de soutien d'Israël et des Etats Unis sur le front sud. Il minimisait bien sûr sciemment la participation d'al-Nosra.
Une assistance coordonnée dans le sud de la part des Jordaniens, des Israéliens et des alliés pourrait permettre de renforcer les rebelles syriens modérés dans cette région, d'éviter une prise de contrôle par les extrémistes et faciliter la campagne en cours contre l'Etat Islamique en Irak et au Levant (EIIL).
Pour l'instant, l'essentiel du soutien israélien aux bataillons locaux modérés et non islamistes le long de la frontière s'est borné à une aide humanitaire, tels les soins apportés à 1 4000 Syriens malades et blessés dans des hôpitaux israéliens, la fourniture de médicaments, de nourriture et de moyens de chauffage à des villageois etc. Certains groupes rebelles sont en contact constant avec l'armée israélienne, avec par exemple de fréquentes réunions secrètes qui se tiendraient à Tibériade, mais seule une petite quantité d'armes leur a été fournie, essentiellement des lance-roquettes.
Les opérations dans le sud n'ont rien à voir avec l'EIIL qui reste peu présent dans le sud, mais sont exclusivement dirigées contre l'armée syrienne, le gouvernement syrien et la population de Damas. Les combats sont conduits, comme l'a reconnu Reuters aujourd'hui, par des miliciens du Jabhat al-Nosra et un soutien américain et israélien est apporté aux groupes locaux de l'Armée Syrienne Libre qui sont étroitement alignés avec al-Nosra.
Les Etats Unis et Israël sont certainement au courant ce ce que Reuters rapporte et que nous avions affirmé auparavant. Ils ont armé et continuent à armer des groupes qui coopèrent étroitement et partagent avec al Qaïda leurs ressources obtenues auprès d'Israël et des Etats Unis.

mardi 4 novembre 2014

Le pouvoir syrien repose sur une base majoritairement musulmane sunnite

Un article intéressant sur la situation en Syrie qui relève en passant ce fait important (et évident) que les Musulmans sunnites sont la principale assise du pouvoir de Bachar al-Assad.

La Syrie d'Assad, amputée, malmenée – mais intraitable.

Par Diaa Hadid, The Big Story (Associated Press) 2 novembre 2014 traduit de l'anglais par Djazaïri

Tartous, Syrie – Les hommes d'affaires syriens repartent de zéro après la destruction de leurs magasins et de leurs usines. Des familles qui ont perdu leurs maisons peinent à louer de nouveaux logements et à joindre les deux bouts. Le long des autoroutes qui s'étirent à travers les zones contrôlées par le gouvernement se trouvent les ruines de villes auparavant contrôlées par lé rébellion et aujourd'hui parsemées de points de contrôle.

La Syrie sous contrôle gouvernemental est tronquée dans ses dimensions, malmenée et appauvrie. Mais elle fait face, soulignant la manière dont le président syrien Bachar al-Assad s'est accroché au pouvoir malgré une rébellion armée qui essaye de le déboulonner depuis près de quatre ans.

Des visites la semaine dernière dans la capitale Damas et dans la région côtière de Tartous, un bastion du soutien au gouvernement, montrent à quel point les Syriens se sont adaptés à la vie dans ce pays tronqué. Les immeubles administratifs sont entourés d'épaisses barrières peintes en rouge, noir et blanc, les couleurs du drapeau syrien. Les portraits d'Assad sont partout :en soldat, en homme d'affaires et en père de famille.

Après des années de reculs et d'avancées, le régime gouverne Damas et une bande de territoire à l'ouest de la région de la côté méditerranéenne dans laquelle se trouvent les plus grandes villes de Syrie ainsi que certaines zones au sud de la Capitale. Les rebelles tiennent quelques banlieues dans la campagne qui entoure Damas et des parties du nord-ouest. L’État Islamique extrémiste a imposé son pouvoir sur un territoire qui recouvre un tiers de la Syrie et de l'Irak voisin.

La guerre est toujours présente. Le bruit persistant des bombardements dans les zones proches tenues par les rebelles est le fond sonore de Damas.

Les checkpoints sont omniprésents sur les routes, souvent des abris en béton ornés de posters d'Assad découpés en forme de cœur. Les soldats se reposent sur une literie usée.
« Auriez-vous une cigarette, monsieur ? » demande optimiste un soldat à un chauffeur.

Les milices locales pro-gouvernementales veillent aussi sur les villes et les quartiers, apportant leur aide à une armée d'Assad dont les forces sont tendues.

Des hommes moustachus armés de fusils d'assaut sautent dans des voitures à l'entrée qu quartier historique de Bab Touma à Damas. Ce quartier majoritairement chrétien est une des cibles favorites des tirs de mortiers en provenance du quartier voisin de Khobar tenu par les rebelles. Les militants anti-Assad accusent certaines milices pro-Assad d'être plus brutales que les soldats et affirment qu'ils exigent des pots de vin et qu'ils volent des voitures.

Quand on quitte Damas, le revêtement de l'autoroute est bon, comme cette partie de la route fraîchement goudronnée. Non loin, se trouvent les ruines de la ville de Nabak dont les habitants s'étaient révoltés contre Assad au début du soulèvement. Le jaune de la grande roue du parc de loisirs de Nabak est délavé.

On lit sur un graffiti non loin, « Assad pour l'éternité. » Un autre proclame : « Je t'aime Lulu ».
Carte politique de l'Irak et de la Syrie aujourd'hui (attention, de vastes zones désertiques sont attribuées à une des parties, ce qui n'a guère de sens)
Carte politique de l'Irak et de la Syrie aujourd'hui (attention, de vastes zones désertiques sont attribuées à une des parties, ce qui n'a guère de sens)
On ne sait pas avec précision combien de Syriens vivent dans les zones respectivement contrôlées par le gouvernement et par les rebelles, étant donné le bouleversement démographique dans un pays où près de la moitié de la population a fui son domicile. Des zones auparavant dominées par des minorités fidèles à Assad, comme la région littorale de Tartous, majoritairement alaouite, ont vu la typologie de leur population changer avec l'accueil de quelque 350 000 personnes déplacées, en majorité des Musulmans sunnites.
Cela aura en définitive un effet à long terme : il sera difficile au régime d'Assad de se tailler un bastion alaouite comme certains de ses détracteurs l'accusent de le faire – ce que les responsables du gouvernement contestent.

Cela met aussi en lumière le fait que les Sunnites, qui sont le groupe confessionnel majoritaire dans le pays, forment la principale assise du pouvoir d'Assad, alors même que la rébellion est dominée par des Sunnites. Les minorités, comme les Alaouites, les Chiites et les Chrétiens soutiennent généralement le gouvernement ou sont restées neutres.

Parmi les déplacés, se trouvent un prédicateur musulman, Mustafa Shihi et sa femme, Faten Shaar qui ont fuit vers une ville de la province de Tartous après que des rebelles ont incendié leur usine pharmaceutique. Sobhi explique que les rebelles de sa ville d'origine, Alep au nord du pays, l'ont puni parce que son fils Majed était dans l'armée. Majed a été tué en mars de l'année dernière.
L'autre fils de Sobhi vent maintenant des sandwiches devant une université locale. Les biens de cette famille de la classe moyenne-supérieurs ont été détruits dans la guerre, mais ils sont sains et saufs à Tartous, déclare Sobhi.
« Nous devons être comme une seule main, » dit-il assis à côté de son épouse sur un mince matelas posé sur le sol,l'unique mobilier de l'appartement. Un grand portrait de son fils tué en uniforme de l'armée et un autre faisant l'éloge d'Assad sont fixés au mur.

Parmi les déplacés, figurent des commerçants sunnites d'Alep, qui était le poumon économique du pays. Certains ont ré-ouvert leurs entreprises à Tartous mais à une échelle réduite.
Tartous: manifestation de soutien au président Assad (2011)
Tartous: manifestation de soutien au président Assad (2011)
Mohammed Jallad, un fabricant de fours, a fui quand les combats se sont intensifiés dans son quartier à Alep. Sa maison et son entreprise ont été détruites dans les bombardements.
Un prêt lui a permis de rouvrir une affaire à Tartous, partageant un espace d'activité industrielle avec quatre autres Alépins. Il dort dans un coin au dessus de ses fours pour économiser de l'argent.

Le prix de location de son local commercial a triplé en deux ans avec l'augmentation de la demande par des personnes déplacées. Alors qu'il faisait travailler 15 ouvriers à Alep, il n'en emploie plus que deux.
Jallad dit qu'il ne veut pas fuir à l'étranger, par crainte de subir le sort des quelque 3 millions de réfugiés syriens qui vivent en majorité dans des conditions misérables.
« Je voulais travailler, alors où aurais-je pu aller ? La situation à l'étranger est humiliante, » dit-il.

En luttant pour s'en sortir, les Syriens se sont adaptés à la réalité.

Taghrid, brodeuse à Damas, dit avoir envoyé son fils en âge d'être incorporé dans l'armée en Égypte pour éviter la conscription, ce que beaucoup de familles ont fait.

« Puisse Dieu le protéger, » dit-elle devant la grande mosquée des Omeyyades à Damas. Elle n'a donné que son prénom par crainte de mettre son fils en danger.

Les services de l’État existent toujours, quoique de manière décousue. Les travailleurs touchent leurs salaires même si la monnaie locale se déprécie. Il y a toujours de l'électricité même si les coupures de courant sont la routine. Les soins restent gratuits quoique les habitants disent que l'attente est longue car des médecins abandonnent leur poste.

« Le gouvernement syrien tient et se cramponne à l'unité et à l'intégrité territoriale de la Syrie. Et c'est pour nous une affaire sacrée, » affirme la conseillère d'Assad Bouthaina Shaaban.

La vie suit son cours pour les Syriens riches. Cafés et restaurants sont à moitié remplis, leurs propriétaires arguant du fait que la reprise des études par les jeunes a réduit leur affluence. Des hommes d'affaires ont ouvert un centre de loisirs et un centre commercial à Damas et un centre commercial sur sept étages à Tartous.

Au centre commercial Malki à Damas, une pancarte annonce une compétition de selfies. Dans le centre commercial presque vide de Tartous, l'investisseur Ali Naddeh fume une pipe à eau et dit que les boutiques vont bientôt ouvrir.

« C'est une époque d'opportunités, » dit-il.

jeudi 5 septembre 2013

La guerre contre la Syrie ou le mensonge comme vertu

Voilà maintenant un moment que j’ai commencé à traduire le texte que je vous propose, mais mon ordinateur n’a pas arrêté de me faire des misères, s’arrêtant souvent de manière impromptue et refusant obstinément de rédémarrer.
J’espère ne pas trop m’avancer en écrivant que j’arrive finalement au bout de cet article qui reste néanmoins intéressant parce que c’est un des rares articles de la presse grand public américaine qui met sérieusement en question les rapports des services secrets occidentaux supposés justifier une agression contre la Syrie.
Ce n’est donc pas pour rien si Vladimir Poutine a traité John Kerry de menteur, un menteur étant une personne qui assène une contre vérité en toute connaissance de cause.
Il aurait pu en dire autant du pitoyable Jean-Marc Ayrault qui cherche à embarquer la France dans une action criminelle et qui, dans ce but, se sert du chiffre proche de 1500 morts (1429) annoncé par le gouvernement des Etats Unis, mettant ainsi au placard les estimations de ses propres services.
Quitte à proférer un mensonge en effet, autant en proférer un très gros. 
Image
Alors, convaincus les enfants?
La décision par la France d’une action militaire (illégale) est donc soumise non seulement au bon vouloir des autorités américaines, mais aussi aux pseudo preuves produites par l’appareil de propagande de Washington. 

Aux yeux de certains, il y a trop de trous dans le dossier de l’attque à l’arme chimique en Syrie

par Hannah Allam et Mark Seibel | McClatchy (USA) 3 septembre 2013 traduit de l’anglais par Djazaïri
Le dossier rendu public par l’administration Obama pour [justifier] une attaque contre la Syrie est truffé d’incohérences et repose principalement sur des preuves indirectes, ce qui nuit aux efforts de cette semaine pour rallier le soutien de l’opinion publique aux Etats Unis et à l’étranger pour une frappe contre le régime de Bachar al-Assad.
Le dossier exposé par le Secrétaire d’Etat John Kerry vendredi contenait des assertions qui ont été contestées par les Nations Unies, incohérent dans certains de ses aspects avec les rapports des services de renseignements français et britannique, ou n’ayant pas la transparence suffisante pour être pris pour argent comptant par les spécialistes de l’armement chimique.
Après les affirmations mensongères sur les armes [de destruction massive] qui avaient précédé l’invasion de l’Irak sous le commandement des Etats Unis, on attend des preuves extrêmement solides pour tout soutien à une intervention militaire. Et si peu contestent l’utilisation d’un agent chimique pendant l’attaque du 21 août dans la périphérie de Damas – et sans doute à une plus petite échelle auparavant –de nombreux secteurs de l’opinion demandent des preuves scientifiques et indépendantes avant de soutenir la version des Etats Unis selon laquelle le régime d’Assad a utilisé du gaz sarin dans une opération qui a tué 1429 personnes, dont plus de 400 enfants.
Quelques un des arguments des Etats Unis qui posent question:
L’administration Obama a rejeté la validité d’une équipe d’inspection de l’ONU en soutenant que ces enquêteurs étaient arrivés trop tard pour que leurs conclusions soient crédibles et qu’ils n’apporteraient aucune information dont les Etats Unis ne disposaient pas déjà.
Le porte  parole de l’ONU Farhan Haq a rétorqué qu’il était  «rare» qu’une telle enquête débute dans un laps de temps aussi court et il a affirmé que «ce genre de  délai d’à peine quelques jours n’affecte pas la possibilité de collecter des échantillons exploitables» selon le site web de l’ONU. Par exemple, a ajouté Haq, le sarin peut être décelé dans des prélèvements biomédicaux plusieurs mois après son utilisation.
Les Etats Unis affirment que du sarin a été utilisé lors de l’attaque du 21 août, citant à l’appui des tests positifs sur le sang et les cheveux des premières personnes à porter secours – des échantillons «qui ont été fournis aux Etats Unis,» a déclaré Kerry dimanche à la télévision sans préciser les modalités de recueil des échantillons.
Les spécialistes dissent que les preuves se dégradent avec le temps, mais il est tout simplement faux de prétendre qu’une enquête conduite cinq jours après une attaque présumée serait sans valeur. Comme l’observait un article du New York Times, deux organisations de défense des droits de l’homme avaient dépêché une équipe de médecine légale dans le nord de l’Irak en 1992 et avaient trouvé des traces probantes de gaz sarin ainsi que de gaz moutarde – quatre ans après une attaque à l’arme chimique.
Les assertions américaines ont aussi été contestées dans une synthèse des services de renseignements que le gouvernement britannique a rendue publique la semaine dernière. «Il n’y a pas de délai connu au-delà duquel des échantillons environnementaux ou physiologiques seraient dégradés au point de ne plus être exploitables,» selon le rapport qui a été distribué au parlement avant le vote qui a refusé une participation de la Grande Bretagne à toute frappe [contre la Syrie].
Un autre point contesté est celui du bilan des victimes causes par les attaques présumés du 21 août. Ni les propos de Kerry, ni la version déclassifiée du rapport des services secrets sur lequel il s’appuie n’expliquent comment il est parvenu à un bilan de 1429 morts, dont 426 enfants. L’unique référence [pour ce bilan] était «une évaluation gouvernementale préliminaire.»
Anthony Cordesman, un ancien haut fonctionnaire de la défense qui collabore maintenant avec le Center for Strategic and International Studies de Washington, s’est intéressé à ces discordances dans un essai publié dimanche.
Il a critiqué Kerry pour s’être «fourvoyé en donnant le chiffre beaucoup trop précis» de 1429, et il a observé que ce chiffre ne correspondait pas avec l’estimation britannique de «au moins 350 tués» ou avec celles d’autres sources de l’opposition syrienne, plus exactement de l’Observatoire Syrien des Droits de l’Homme qui a confirmé 502 morts dont près d’une centaine d’enfants et des «dizaines» de combattants rebelles, et il [Cordesman] a exigé que Kerry divulgue les noms des victimes prises en compte dans le bilan établi par les USA.
“Le président Obama a alors été obliqé d’arrondir le nombre à ‘bien plus de 1 000 personnes’ – créant ainsi un nœud de contradictions sur les faits les plus basiques,» écrit Cordesman. Il ajoute que cette bévue n’était pas sans rappeler «les erreurs que les Etats Unis avaient commises en préparant le discours sur l’Irak  du Secrétaire d’Etat ‘Colin° Powell à l’ONU en 2003.
Une version déclassifiée d’un rapport des services de renseignements français sur la Syrie qui a été rendu public lundi n’a pas vraiment clarifié les choses; la France a confirmé seulement 281 tués même si elle partage largement l’avis des Etats Unis sur l’utilisation d’armes chimiques par le régime pour l’attaque du 21 août.
Une autre assertion de l’administration américaine qui fait sourciller est celle selon  laquelle les services de renseignements US ont «recueilli de nombreux renseignements humains, électroniques et spatiaux » qui montrent que le régime avait préparé son attaque trois jours à l’avance. Le rapport US affirme que des militaires gouvernementaux se trouvaient dans une zone connue pour servir à «mélanger des armes chimiques, dont le sarin» et que les forces du régime s’étaient préparées pour l’attaque du 21 août en mettant des masques à gaz.
Cette affirmation soulève deux questions: pourquoi les Etats Unis n’ont-ils pas prévenu les rebelles de l’attaque imminente et sauvé ainsi des centaines de vies? Et pourquoi l’administration [Obama] est-elle restée silencieuse sur cette activité suspecte quand au moins en une occasion précédente les officiels US avaient provoqué un remue ménage international après avoir observé des agissements semblables ?
Le 3 décembre 2012, après que des officiels américains eurent affirmé avoir décelé que la Syrie mélangeait des ingrédients pour des armes chimiques, le président Barack Obama avait à nouveau averti Assad que l’utilisation de telles armes serait l’inacceptable franchissement de la ligne rouge qu’il avait imposée l’été de cette année là. La secrétaire d’Etat de l’époque, Hillary Clinton avait renchéri, et l’ONU avait retiré de Syrie ses personnels non indispensables.
L’activité suspecte du mois dernier n’a cependant été évoquée publiquement qu’après l’attaque meurtrière. Et des personnalités de l’opposition affirment que les rebelles n’avaient pas été avertis à l’avance afin de pouvoir protéger les civils du secteur.
“Quand j’ai lu le memo de l’administration, c’était très convaincant, mais ils étaient au courant trois jour savant l’attaque et ils n’ont jamais prévenu personne dans le secteur,” déclare Radwan Ziadeh, un militant syrien d’opposition qui anime le Syrian Center for Political and Strategic Studies à Washington. «Tout le monde [à Washington] avait cette preuve mais ils n’ont rien fait ? »
Chez les spécialistes en armes chimiques et d’autres analystes qui ont étudié de près le champ de bataille syrien, la principale réserve quant aux affirmations des Etats Unis, tient au fait qu’ils ne comprennent pas la méthodologie derrière le recueil d’informations. Ils disent que les preuves présentées indiquent l’utilisation d’une substance chimique, mais ils considèrent que des questions demeurent sur la manière dont les renseignements ont été collectés, l’intégrité de la chaîne de transmission des échantillons ainsi que sur les laboratoires impliqués.
Eliot Higgins, un Britannique qui fait la chronique de la guerre civile en Syrie sur la blog Brown Moses, une ressource documentaire fréquemment citée sur les armes observées sur le champ de bataille syrien, a écrit lundi un poste où il énumère en détail les photographies et les vidéos qui semblent étayer la thèse des USA selon laquelle le régime d’Assad dispose de munitions qui peuvent servir de vecteurs pour des armes chimiques. Mais il n’est pas allé jusqu’à franchir le pas.
Sur le blog, Higgins demande: “Comment savons-nous que ce sont des armes chimiques? C’est ce que nous ne savons pas. Comme je l’ai dit tout le temps, ce sont des munitions qu’on a lié à de présumées attaques chimiques, pas des munitions chimiques utilisées dans des attaques chimiques. Il revient en définitive à l’ONU de confirmer l’utilisation d’armes chimiques.»
Les lacunes du dossier ont déjà permis à la Russie de rejeter les preuves américaines comme «non concluantes,» le ministre des affaires étrangères Serguei Lavrov déclarant dans un discours lundi qu’on avait montré à Moscou «quelques éléments mais qu’il n’y avait rien de concret, pas de coordonnées géographiques ou de détails.. et aucune preuve que les tests [en laboratoire] avaient été pratiqués pas des professionnels » selon l’agence officieuse de presse RT news.
“Quand nous demandons plus d’éclaircissements, nous recevons la réponse suivante: ‘vous savez que ce sont des informations classifies; alors nous ne pouvons pas vous les montrer,’” a déclaré Lavrov. « Il n’y a donc toujours pas de faits concrets.»
Les propos de Lavrov venaient rappeler que la Russie, un des derniers alliés d’Assad, était lin d’être suffisamment convaincue pour  mettre un terme à ses blocages répétés des résolutions onusiennes contre le régime syrien. 
Mais le scepticisme existe aussi chez des pays armes des Etats Unis, comme la Jordanie qui a refusé d’approuver une action [militaire] tant qu’elle n’aura pas étudié les conclusions des inspecteurs en armement chimique de l’ONU, et le Royaume Uni où le parlement a voté contre une intervention avant même la divulgation par les Etats Unis d’un rapport des services de renseignements qui contredisaient celui rendu public la veille par les autorités britanniques. 
On ne sait pas trop quel a été le poids des preuves fournies dans la décision du parlement ; on est aussi très préoccupé [en Grande Bretagne] par toute éventuelle intervention conduite par les Etats Unis après l’expérience irakienne. 
Les Etats Unis ont reçu un coup de pouce lundi donné par le chef de l’OTAN, Anders Fogh Rasmussen, qui a déclaré à une conférence de presse qu’il avait vu des « informations concrètes » qui l’ont convaincu de la responsabilité du régime d’Assad pour ce qui ressemble à une attaque chimique qui a tué des centaines de personnes en août.
Rasmussen a dit que si le monde ne réagissait pas, il enverrait un «signal dangereux aux dictateurs,» mais il a laissé aux Etats membres de l’OTAN le soin de décider de leurs propres réponses et il n’a pas plaidé pour une action autre que la protection de l’Etat membre qu’est la Turquie frontalière de la Syrie. 
Les allies des Etats Unis dans le monde arabe et en Europe ont annoncé qu’ils préféraient repousser le moment d’une éventuelle frappe militaire après la publication de ses conclusions par l’équipe d’inspection de l’ONU. L’ONU a pour mandat de déterminer si des armes chimiques ont été utilisées, mais pas de désigner le coupable. Les officiels de l’ONU ont indiqué qu’ils essayaient d’accélérer l e travail de l’équipe d’inspection tout en assurant l’intégrité de la procédure.

dimanche 1 septembre 2013

Syrie: seule l'opinion publique française peut empêcher la guerre

Après la décision inattendue de Barack Obama de demander au Congrès l'autorisation d'attaquer la Syrie, certains se sont pris à espérer que cette autorisation lui serait refusée comme elle l'a été à David Cameron par les députés britanniques.
Si le gouvernement syrien a salué une "reculade historique", on est bien conscient à Damas que l'hypothèse que l'autorisation d'attaquer la Syrie soit accordée par le Congrès des Etats Unis reste d'actualité.
L'idée qui prévaut est qu'en cas d'accord du Congrès, l'armée américaine procédera à des bombardements limités sur des cibles militaires sans toucher au coeur du régime syrien.
Vu qu'on sait à peu près comment les guerres commencent mais rarement comment elles évoluent et finissent, Je vais me hasarder à une autre hypothèse (farfelue je l'espère): si Barack Obama a décidé contre toute attente de se tourner vers le Congrès, c'est qu'il envisage une attaque d'ampleur qui visera à mettre à bas le régime et conduira nécessairement à occuper ou faire occuper militairement la Syrie.
A cela il y a plusieurs raisons. La première est que les sionistes fanatiques, Bernard-Botul-Henri Lévy en tête, ont décidé qu'il fallait mettre un terme au régime baathiste et l'ont clairement notifié au président des Etats Unis.
L'autre raison tient à la situation politico-militaire en Syrie même. Depuis quelques temps, l'armée gouvernementale prend le dessus partout où elle a décidé de passer à l'offensive, ainsi qu'on a pu le voir à Homs, à al Qussayr et dans la Ghouta. L'hypothèse d'un succès décisif et définitif de l'armée syrienne est un scénario inacceptable pour tous les prétendus "amis" de la Syrie comme Laurent Fabius, Barack Obama , Recep Tayyip Erdogan où les différents potentats du Golfe.
Laurent Fabius et Barack Obama ne souhaitent cependant pas une victoire des djihadistes ou takfiristes qu'ils ont pourtant encouragés à combattre le régime syrien. Or ces djihadistes, takfiristes et autres Frères Musulmans sont la véritable force militaire que le gouvernement syrien doit affronter, l'Armés Syrienne Libre ayant surtout une existence documentaire et de relations publiques.
Par ailleurs, l'opposition en cour dans les chancelleries occidentales, la fameuse Coalition au nom à rallonge,
"ne contrôle pas de manière significative les événements sur le terrain, il n'y a donc pas [d'opposition cohérente] pour empêcher [les organisations islamistes] d'occuper l'espace, et c'est ce qu'on observe constamment sur le terrain."
.............................................................................................................................................
"Si Assad tombe, on ne sait pas trop ce qui comblera le vide. Ce serait probablement un mélange d'un peu de tout [car] aucune organisation n'est assez forte. Les combats continueraient donc, avec le renforcement des extrémistes dans tous les camps."

Nous avons donc la situation paradoxale d'une coalition d'opposition qui est avant tout une réalité virtuelle qui existe surtout dans la communication et les réunions avec des dirigeants étrangers mais qui est pourtant reconnue et présentée comme le représentant authentique du peuple syrien. Un paradoxe qui avait un peu gêné  le ministre des affaires étrangères britanniques William Hague qui avait résolu le problème en qualifiant la coalition de "légitime mais pas populaire."
En cas de chute du régime, le scénario le plus probable est une Syrie scindée en fiefs (pas exclusivement selon des clivages confessionnels) qui passent leur temps à se combattre et poseraient un risque sécuritaire pour tous les Etats de la région.
Le seul moyen logique d'éviter un tel scénario est une occupation militaire
La dernière raison qui plaide pour l'hypothèse d'une intervention militaire décisive, c'est que les gouvernements français et américain sont allés beaucoup trop loin non seulement sur le plan du soutien politique et militaire aux forces d'opposition, mais aussi sur le plan rhétorique. Qu'on songe seulement à Lolo (Laurent Fabius) selon qui Assad ne mériterait pas d'être sur la Terre, à John Kerry, le Secrétaire d'Etat US qui parle du président syrien comme d'un voyou et d'un assassin.
Image
Pour M. et Mme Kerry, dîner avec un voyou avait été une expérience agréable
Las but not least, Harlem Désir se laisse aller à dénoncer l'esprit munichois de l'UMP.
Image
Nos trois physionomistes ont le coup d'oeil pour reconnaître les "munichois"
Et quand ces gens, qu'ils s'appellent Harlem Désir, Bernard Kouchner, Bernard-Botul-Henri Lévy parlent d'esprit munichois, c'est qu'ils sont prêts à tout et ne reculeront pas devant les crimes les plus abjects quitte à les affubler du doux nom de guerres humanitaires.
Seule l'opinion publique française peut aujourd'hui faire avorter les projets guerriers concoctés avec les néoconservateurs américains par les socialistes à la manière Guy Mollet. Si la France renonce à ses projets d'agression, on peut concevoir que l'es Etats Unis renoncent à agir dans un isolement quasi total.

PS: mon scénario est sans doute inepte (mais pas plus que les propos d'Harlem Désir après tout)

samedi 31 août 2013

Selon Youssef al Qaradawi, le Tomahawk sera l'instrument de la vengeance divine en Syrie

La dernière trouvaille de ce tocard de Youssef al Qaradawi : les armées occidentales qui interviendront en Syrie seront l’instrument de la vengeance divine.
Que n’appelle-t-il point à l’exercice de cette vengeance divine contre ceux qui occupent la Palestine ?
Ah oui, ce sont ces mêmes vengeurs du peuple syrien qui soutiennent financièrement, politiquement et militairement ceux qui oppriment le peuple palestinien. 
Franchement, je me demande si ce al Qaradawi n'est pas un adepte de Satan

Al Qaradawi soutient l'attaque de la Syrie par l'Occident dont il suggère qu'il est un "instrument de Dieu" pour la vengeance.

DOHA,  Reuters/Europa Press – 30 août 2013 traduit de l’espagnol par Djazaïri
Le célèbre dignitaire sunnite égyptien Youssef al Qaradawi, a apporté ce vendredi un soutien tacite à toute attaque par l'Occident contre la Syrie en réponse à l'agression à l’arme chimique qu’aurait perpétrée le président syrien Bachar al-Assad et il a suggéré que les puissances étrangères sont un instrument de la vengeance divine.
 «Nous voulons être en mesure de venger nos frères qui ont été assassinés par centaines"  a dit al Qaradawi a dit dans son sermon hebdomadaire à Doha, où il a souligné que «Dieu prépare ceux qui peuvent exercer sa vengeance." 
Image
Al Qaradawi est une référence pour Obama (et Sarkozy) en matière d'exégèse coranique
 "Nous demandons à Dieu de les punir pour ce qu'ils ont fait. Ils méritent ce qui est en train de se passer" a déclaré le religieux en référence aux forces fidèles à Assad dans un discours qui a été diffusé sur la télévision d'Etat du Qatar.
L'Arabie saoudite et le Qatar, qui soutiennent les rebelles syriens qui tentent de renverser Assad, ont préconisé une intervention militaire en Syrie, bien que plusieurs pays arabes s'opposent à cela.Le Royaume-Uni a annoncé qu'il ne participerait pas à une éventuelle attaque suite au refus du Parlement.
Les Etats Unis et la France envisagent de lancer une action militaire pour punir el président syrien pour la supposée attaque à l’arme chimique de la semaine dernière dans laquelle des centaines de personnes ont péri dans la périphérie de Damas. Mais le gouvernement syrien a nié avoir utilisé une telle arme.
Al Qaradawi, président de la Fédération internationale des savants musulmans, jouit d'une large audience dans le monde arabe et il a soutenu les soulèvements contre les autocrates arabes depuis 2011. En Juin, il a exhorté à la guerre contre les forces d'al-Assad, après que le Hezbollah, le parti chiite libanais a envoyé des combattants en  Syrie pour aider à combattre les rebelles.

lundi 26 août 2013

Syrie et armes chimiques: la force de destruction du mensonge

Jason Diltz d’Antiwar nous parle des armes chimiques en Syrie. Plus précisément, il fait le point sur la manipulation grotesque mise en place par les gouvernement occidentaux pour accuser les autorités syriennes d’avoir utilisé de telles armes contre la population civile.

A ceux qui veulent une preuve de l’étendue de la manipulation, celle-ci est apporté par Diltz qui signale que le gouvernement des Etats Unis a essayé d’obtenir du Secrétaire Général de l’ONU qu’il ordonne le retrait des inspecteurs spécialisés qui se trouvent en ce moment même en Syrie.

Apparemment, les régimes occidentaux seraient prêts à en découdre contre la Syrie et une attaque serait prévue dans les deux semaines à venir.

De fait, tout en stigmatisant une éventuelle agression occidentale contre la Syrie, la Russie a fait clairement savoir qu’elle ne s’opposerait pas militairement à une telle entreprise.

On comprend bien que la Russie n’en a ni les moyens et encore moins la volonté. Mais qu’elle a sans doute reçu des garanties que les bombardements auraient une portée somme toute limitée sur le plan politique, c’est-à-dire qu’ils ne viseraient pas à détruire la direction politique syrienne mais à l’affaiblir significativement et à entretenir ainsi le chaos dans le pays.

Fait nouveau, le régime sioniste a également fait savoir nettement qu’il encourageait une telle démarche agressive contre le pouvoir syrien.

Pour prendre la mesure de l’émotion suscitée en effet par l’usage (certain d’après François Hollande) supposé d’armes chimiques par l’armée syrienne, il suffit de constater l’état de confusion mentale d’un Laurent Fabius qui est allé confier son affliction à son ami Shimon Peres, un utilisateur pourtant avéré de l’arme chimique contre le peuple palestinien.
Image
Le Journal du Dimanche: "le président (sioniste) Shimon Peres, qui embrasse Laurent Fabius comme un membre de sa famille"
Ce qui déclenche ces poussées humanitaires (traduisez bellicistes) chez les dirigeants occidentaux, c’est tout simplement l’état de déconfiture politique et militaire de leurs protégés qui sont repoussés partout où l’armée gouvernementale a décidé de passer à l’offensive. Ce fut le cas à al Qussayr , aux alentours de Lattaquié et c’est maintenant le cas dans la périphérie de Damas. 

Les offensives de l’armée syrienne se soldent à chaque fois par de lourdes pertes chez l’adversaire qui les compense en faisant de plus en plus appel à des gamins qu’on endoctrine  contre le gré des familles ou avec l’accord de celles qui ont un besoin désespéré de moyens de subsistance et qui acceptent donc de recevoir une indemnisation [le salaire de l’enfant soldat) et peuvent même passer en tête de liste pour l’accès à l’aide alimentaire.  

On signale même une tendance nouvelle, l’arrivée de jeunes mineurs venus de Tunisie, d’Algérie et d’Europe pour combattre en Syrie. 

L’ONU rejette un appel des Etats Unis à retirer ses inspecteurs de Syrie tandis que la guerre menace

Les Etats Unis se préparent à attaquer, mais les inspecteurs contunuent ) enquêter sur les accusations
Par  Jason Ditz, Antiwar (USA) 26 août 2013 traduit de l’anglais par Djazaïri
Le Secrétaire Général de l’ONU Ban Ki-Moon a rejeté aujourd’hui les demandes américaines de retirer de Syrie les inspecteurs en armement chimique, les personnes informées de la teneur de la conversation affirmant qu’il est «resté ferme sur le principe.»
Les dirigeants des Etats Unis et d’autres pays occidentaux cherchent désespérément à préserver leur version sur l’usage d’armes chimiques par la Syrie et semblent craindre que cette dernière soit sérieusement mise à mal par l’enquête onusienne.
C’est pourquoi, après avoir d’abord exigé que les inspecteurs puissent se rendre sur site, les Etats Unis ont brusquement tourné  casaque quand la Syrie a accepté, insistant pour dire qu’il était «trop tard.» Depuis, les officiels [occidentaux] ont soutenu être déjà convaincus de la culpabilité [de l’armée] syrienne sur la base d’informations de presse et de déclarations des rebelles, et se préparent à lancer des attaques dans les quinze jours à venir.
Les dirigeants britanniques ont franchi un pas supplémentaire et ont essayé d’anticiper sur les conclusions de l’enquête en affirmant que les preuves ont probablement été détruites ou «trafiquées» et que ce que les enquêteurs diront au monde sur ce qui s’est passé à Jobar sera dépourvu de fiabilité. 
A l’instar de ce qui avait conduit à l’invasion de l’Irak, les dirigeants occidentaux ont déjà pris leur décision et sont maintenant en train de faire tout leur possible pour éviter la production de preuves qui ruineraient leur projet.

jeudi 25 juillet 2013

Syrie: au tour des rebelles de faire défection

Je vous propose en traduction intégrale un article dont des extraits sont déjà disponibles sur internet, chez Allain Jules par exemple.
Cet article expose une démarche importante du gouvernement syrien qui consiste à encourager les défections parmi les membres des groupes de combattants rebelles.
Grosso modo, c’est un dispositif qui ressemble à celui de la «concorde civile» qui a contribué à l’arrêt presque complet des hostilités en Algérie. Il rappelle aussi la « paix des braves» que le général de Gaulle avait proposée aux moudjahidine de l’Armée de Libération Nationale (ALN).
La «concorde civile » a fonctionné en Algérie, non sans grincement de dents, tandis que l’offre gaullienne n’avait rencontré pratiquement aucun écho.
C’est que la valeur de ce dispositif ne lui est pas entièrement intrinsèque mais dépend beaucoup de la situation militaire et politique sur le terrain.
La « paix des braves » avait trouvé en face d’elle un FLN et une ALN unis sur une ligne politique claire assise sur un large soutien populaire.
La « concorde civile » avait permis d’éponger des maquis disparates (dont certains étaient sans doute des contre maquis), sans objectif politique précis, si ce n’est réaliste dans le contexte plus général d’une population lasse des tueries et des destructions. Par ailleurs, sans être vraiment devenu démocratique, le système politique est resté ouvert au multipartisme, certains partis ayant même accepté de composer avec le pouvoir en place. A quoi il faut ajouter que la hausse des prix des hydrocarbures a permis de donner satisfaction à une partie de la base sociale de l’ex Front Islamique du Salut… Gare à une éventuelle future chute des prix des hydrocarbures, vu que le pays vit encore largement sur le mode rentier.
La situation syrienne est assez proche de celle de la guerre civile en Algérie, à la différence près que les forces rebelles ont adopté une stratégie de prise de contrôle des villes, et même des grandes villes là où l’opposition armée en Algérie était surtout active dans les campagnes.
C’est cette stratégie de contrôle des zones urbanisées qui a donné son caractère spectaculaire au conflit syrien avec ces images de villes en partie détruites.
Cette stratégie nous informe au demeurant sur la nature des principaux acteurs proprement syriens de l’opposition armée : tout simplement d’anciens militaires de carrière dont le projet s’inscrit certes en opposition avec le régime en place mais sur un principe qui n’est pas différent d’autres épisodes plus anciens de défections, parfois dans le cercle familial même de l’actuel chef de l’Etat.  Ce qui a changé, c’est le contexte régional qui leur a ouvert des perspectives inespérées (le fameux "printemps" arabe).
Ces gens là n’on bien sûr aucun projet démocratique.
Image
Ahmed Jarba, Le chef de la coalition syrienne qui vient d'être reçu à Paris et ce prince saoudien ont deux points communs: ils sont démocrates et polygames
Leurs fantassins sont par contre des citoyens Syriens, Les relations de ces derniers avec le commandement de l’Armée Syrienne Libre (ASL) restent cependant lâches et leurs motivations comme leurs affiliations peuvent varier, parfois en fonction de qui paye, soit que ces fantassins combattent pour l’argent, soit plus simplement qu’ils ont des familles à nourrir.
Ce sont ces combattants qui sont les plus susceptibles de céder à la tentation de l’offre d’amnistie gouvernementale. Parce que, si on en croit l’article, certains d’entre eux considèreraient non seulement que la bataille est perdue mais que le sens du combat actuel ne correspond pas du tout à ce qui les avait motivés au début.
En tout cas, c’est avec ce levier de l’amnistie que l’armée syrienne a pu obtenir la reddition d’une bonne partie des combattants assiégés dans al Qusayr. Et c’est aussi pour cette raison que la bataille d’al Qusayr n’a pas tourné à la boucherie que d’aucuns prédisaient.
La stratégie de «concorde»» rencontre cependant en Syrie des obstacles qui n’existaient pas dans la guerre civile en Algérie : la présence de nombreux combattants étrangers, dans l’encadrement notamment ainsi que l’afflux d’argent et d’armes venus aussi de l’étranger. Ce soutien matériel et le soutien politique de la part de puissances importantes, aussi bien dans le monde que dans la région entretiennent en effet l’espoir des dictateurs de substitution 
Ce qui semble à peu près clair, c’est que le rôle de l’ASL sur le terrain est maintenant assez réduit et que même son allégeance à la direction politique (la coalition au nom à rallonge) est pour le moins sujette à caution tandis que le noyau dur et efficace de la «rébellion» syrienne est constitué d’organisations «islamistes» où les combattants étrangers continuent d’affluer.  

Des rebelles syriens passent dans le camp du gouvernement

Par Ruth Sherlock, The Daily Telegraph (UK) 24 juillet 2013 traduit de l’anglais par Djazaïri
Beyrouth: Des centaines d'hommes qui avaient pris les armes contre le président Bachar al-Assad font de nouveau défection pour repasser du côté du gouvernement.
Déçus par la tournure islamiste prise par la «révolution» en Syrie, épuisés après plus de deux années de conflit et ayant le sentiment d’être en train de perdre, un nombre croissant de rebelles acceptent une amnistie négociée offerte par le régime d'Assad. 
Dans le même temps, les familles des combattants qui se retirent du combat ont entamé discrètement leur retour dans le territoire contrôlé par le gouvernement, considérée comme un endroit sûr pour vivre tandis que le régime continue une offensive militaire intense contre les zones tenues par les rebelles. 
Cette évolution est un signe d’une plus grande confiance en lui du régime, qui a mis en place ce qu’il appelle un «ministère de la réconciliation" avec pour tâche de donner la possibilité à d'anciens opposants de revenir du côté du gouvernement.
Ali Haider, le ministre chargé de ce dossier, a déclaré: «Notre message est:« Si vous voulez vraiment défendre le peuple syrien, déposez vos armes et venez défendre la Syrie dans le droit chemin, à travers le dialogue. " 
M. Haider, qui a une réputation de modéré au sein du régime, a mis en place un système dans lequel les combattants de l'opposition déposent leurs armes en échange d'un sauf conduit vers des zones tenues par le gouvernement.
Les combattants rebelles reconnaissent en privé être au courant de l'offre d'amnistie, et que certains hommes ont choisi de l'accepter, même si ils disent que les effectifs concernés ne représentent encore qu’une petite proportion de ceux qui luttent contre le gouvernement. 
 «Je me suis battu pour la révolution, mais maintenant je pense que nous avons perdu ce pour quoi nous nous battions",  déclare Mohammed, un rebelle musulman modéré de la ville septentrionale de Raqqa qui a refusé de donner son nom de famille. "Maintenant les extrémistes contrôlent ma ville. Ma famille a déménagé vers la zone gouvernementale, car notre ville est trop dangereuse. Assad est terrible, mais l'alternative est pire." 
La prévalence des groupes islamistes extrémistes dans les zones tenues par les rebelles, en particulier dans le nord, a amené certains combattants de l'opposition à «abandonner» leur cause. 
Ziad Abu Jabal est originaire de l'un des villages de la province de Homs dont les habitants ont récemment convenu de cesser de combattre le régime. «Quand nous avons rejoint les manifestations, nous voulions avoir plus de droits droits", dit-il.. "Après avoir vu la destruction et la puissance des djihadistes, nous sommes arrivés à un accord avec le gouvernement." 
M. Haider  dit avoir assisté à une cérémonie mardi après-midi au cours de laquelle 180 combattants de l'opposition ont rejoint les forces de police du gouvernement, d'où ils avaient fait auparavant défection. 
Bien qu'il n’ait pas été possible de vérifier cette affirmation, lorsque le Daily Telegraph de Londres avait  visité le siège du ministère de la réconciliation à Damas le bureau était bondé de membres de familles de rebelles qui combattent dans la banlieue de la ville qui affirmaient que leurs hommes voulaient rentrer. 
Un négociateur du ministère, qui n’a donné comme nom que  Ahmed, était en train d'organiser la défection d'un commandant rebelle et de 10 de ses hommes dans le secteur de la Ghouta.
«Il nous a fallu trois mois de négociations et ceci a valeur de test", a-t-il dit. "Si tout se passe bien, le commandant dit que 50 autres suivront." 
Il a décrit les mesures prises pour permettre le retour des combattants prêts à déposer les armes. Tout d'abord, dit-il, un négociateur doit traverser la ligne de front pour une réunion dans le territoire tenu par les rebelles. «Nous devons espérer que le commandant rebelle ordonne à ses tireurs embusqués de ne pas nous tirer dessus.» 
Les transfuges potentiels reçoivent des documents qui leur permettent de passer les contrôles de l’armée syrienne avant de rejoindre un lieu sûr en attendant que les officiels puissent faire retirer leurs noms des listes de personnes recherchées tenues par les administrations plus dures que sont le ministère de la défense et les services de renseignements. 
Les rebelles «ne s’étaient pas engagés pour appartenir aux organisations islamistes extrémistes qui ont maintenant gagné en influence,» dit-il. «Ils veulent maintenant retourner à une vue normale.» 
Dans les jours qui avaient précédé la prise de la ville de Qusayr le mois dernier, le Daily Telegraph avait vu des médiateurs à la frontière libanaise travailler avec l’armée syrienne pour obtenir une amnistie pour les combattants qui acceptaient de se rendre.
Le téléphone sonnait avec les appels désespérés des parents des rebelles. «Ces mères savent que c’est la dernière chance pour leurs fils. S’ils ne déposent pas les armes maintenant, ils mourront parce qu’ils sont en train de perdre la bataille,» affirme Ali Fayez Uwad, le médiateur.