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jeudi 4 décembre 2014

Etats Unis: racisme, sionisme et militarisation de la police

Les violences policières qui ont coûté la vie récemment à deux jeunes membre de la communauté noire des Etats Unis (dont un enfant de douze ans) ont été à l'origine de nombreuses manifestations de protestation aux Etats Unis, et même ailleurs, ainsi que de nombreux commentaires dans la presse.
L'affaire la plus significative reste pourtant celle de Ferguson, une petite ville du Missouri qui s'est retrouvée en état de siège avec l'intervention de la Garde Nationale, c'est-à-dire de l'armée.
Ces événements sont les plus médiatisés de toute une série de violences policières qui correspondent à de nouvelles formes d'action policière apparues depuis le 11 septembre 2001 et la militarisation croissante des forces police.
Les forces de police américaines tendent à acquérir de plus en plus d'équipements militaires comme ce véhicule blindé
Les forces de police américaines tendent à acquérir de plus en plus d'équipements militaires comme ce véhicule blindé
C'est que la lutte contre le terrorisme se fait aussi sur le front intérieur et entre naturellement en résonance avec les lignes de fracture propres aux Etats Unis, c'est-à-dire les questions de classe et celles de race, les deux étant évidemment liées.
Tous ces aspects du problème de l'action policière sont généralement bien notés par les observateurs, même s'ils manquent le plus souvent d'insister sur cette particularité de la guerre globale contre le terrorisme qu'est l'implication de l'existence d'un ennemi intérieur. Cet ennemi intérieur qui n'est pas clairement désigné est logiquement le Musulman, le problème étant cependant que le Musulman est bien souvent une abstraction aux Etats Unis. Ce qui n'est pas le cas des Afro-Américains autour desquels persistent les tensions que l'on sait.
L'Afro-Américain est donc un des visages de l'ennemi intérieur contre lequel les forces de police se sont préparées avec l'aide de spécialistes en la matière.
Des spécialistes qui ne sont autres que les services de sécurité, police et armée, de l'entité sioniste pour qui le Palestinien est l'ennemi sans droits et par définition hors-la-loi. Les pauvres et les Afro-Américains ont en quelque sorte vocation à être traités comme des Palestiniens, sinon on ne voit pas bien en quoi l'expérience de la police et de l'armée de l'entité sioniste pourrait être d'une quelconque utilité à un pays qui traite tous ses citoyens sur un pied d'égalité.
Il est somme toute logique que cette coopération policière à tonalité coloniale se fasse avec le parrainage actif de l'Anti-Defamation League, une importante association sioniste qui, comme son équivalent français (la LICRA) est supposée lutter contre l'intolérance et la xénophobie.
Il est par contre étonnant que des initiatives privées puissent être amenées à définit des contenus de formation des forces de l'ordre et, par contre coup, des aspects de la politique sécuritaire d'une nation.

L'Anti Defamation League crée une liste noire des organisations qui lient Ferguson à la Palestine

par Cecilie Surasky, MuzzleWatch (USA) 1er décembre 2014 traduit de l'anglais par Djazaïri
Wow. L'ADL considère la photo ci-dessous comme étant un message de haine
anti-israel-campus-gaza-ferguson-460
Abe Foxman, dont le salaire annuel de 688 000 dollars fait de lui le plus surpayé des lobbyistes pro-israéliens du pays, s'est récemment couvert de honte (une fois encore) en publiant un communiqué de presse pour faire la leçon à la vedette de la NFL (ligue de football américain) Reggie Bush sur son compte tweeter – Bush avait osé comparer Ferguson et Gaza.
Mais il y a pire.
L'Anti-Defamation League qui se sert de sa réputation dans la lutte contre l'intolérance pour faire taire ceux qui critiquent le gouvernement israélien en matière de droits de l'homme (perpétuant de la sorte l'intolérance et même pire), a publié une liste noire de facto des organisations qui ont osé lier Ferguson à la Palestine.
Je veux dire, qu'est-ce que la militarisation des forces de police américaines et les meurtres impunis de personnes de couleur non armées peuvent bien avoir à faire avec la Palestine ? Selon l'ADL, oser établir une relation est au mieux purement cynique, au pire une forme de haine [religieuse, raciale, NdT).
Mais voilà où l'ADL obtient la médaille de la chutzpah (culot en yiddish) : distingués pour être désignés particulièrement à l'opprobre sont ceux qui lient ce qui se passe à Ferguson avec l'entraînement de la police en Israël. L'ADLrappelle à l'ordre l'inimitable Trita Parsi, président du National Iranian American Council (NIAC), pour ce tweet :
« Vous demandez pourquoi la violence policière excessive ? Voilà une hypothèse : #le chef de la police de Ferguson a reçu un entraînement en Israël...#Gaza »
Capture d 'écran du 1er décembre 2014 à 19h30 Ils rappellent aussi quelqu'un à l'ordre pour avoir brandi dans une manifestation une pancarte qui dit « Google it!!! Israël entraîne la police de la ville de New York. »
NYPD
Alors qui selon vous est responsable pour tous ces entraînements gratuits de policiers en Israël ? L'ADL, ça va de soi. Ce qui explique selon moi pourquoi elle condamne pour opportunisme et bigoterie [étroitesse d'esprit, intolérance] ceux qui disent, eh bien, une évidence.
police ferguso
Policiers déployés à Ferguson
Comme l'écrivait Kristian Davis Bailey dans Ebony Magazine en août:
Le service de police du Comté de St Louis qui a tué Michael Brown et placé initialement Feguson en état de siège a été entraîné par l'armée israélienne. L'ancien chef de la police du Comté, Timothy Fitch, a été un des quinze officiers [de police] américains à participer à une semaine d'entraînement en Israël il y a trois ans.Le séminaire national sur le contre-terrorisme d'avril 2011 (National Counter-Terrorism Seminar NCTS) était sponsorisé par l'Anti-Defamation League (ADL). Il avait réuni les chefs des plus grands services de police américains, le FBI, la police de l'air et des frontières (Immigration and Customs Enforcement ICE) et des membres la police nationale et de l'armée israéliennes ainsi que d'autres services de renseignements.
Curieusement, l'ADL habituellement si prompte à produire des déclarations était trop occupée pour répondre aux demandes de commentaires de Bailey. Bailey poursuivait :
Plus de 9 000 agents américains se sont entraînés avec des unité de la police et de l'armée israéliennes à répondre au terrorisme et aux manifestations de civils. Ces sessions d'entraînement reflètent l'incapacité à distinguer entre le devoir apparent de la police qui consiste à protéger les civils et les réactions de l'armée en situation de guerre. Cette confusion a eu des conséquences en termes de vies humaines pour les Américains, tout particulièrement les Noirs, les Musulmans et les Arabes.
Sniper de la police fusil pointé vers des manifestants à Ferguson
Sniper de la police fusil pointé vers des manifestants à Ferguson
En temps normal, l'ADL se vante de cet entraînement de nombreux agents de police, qui comprend des voyages en Israël pour des agents de la police américaine qui vont s'entraîner aux techniques du contre-terrorisme (qui sont alors mises en œuvre contre des citoyens américains).
J'ai l'impression que sur ce point, ils ont conclu que la meilleure défense était une bonne attaque. Reggie Bush, qui tient le poste de running back, en sait probablement quelque chose.

samedi 4 juillet 2009

Après le CRS arabe de Coluche, le flic juif de Gotham


Comme chacun le sait, les agents de police sont des personnels assermentés et, faute de témoins en votre faveur, le moindre désaccord avec un agent sur une éventuelle infraction peut déboucher sur une inculpation pour outrage voire rébellion.
Un exemple du genre de situation (vécue) qui peut en arriver à ce genre de choses.
Il y a quelques années, je circulais en voiture dans le quartier de
Vaise à Lyon avant de prendre une voie en direction de Saint Cyr auMont d’Or dans la banlieue nord.
Après une centaine de mètres, mon véhicule est intercepté par une voiture de police dont sortent deux agents qui m’annoncent que j’ai commis pas moins de trois infractions : emprunté un couloir d’autobus, grillé un feu rouge et roulé sur une voie en sens interdit.
Devant la manifestation de mon incrédulité, un des agents m’adresse la question suivante : « Alors, vous nous traitez de menteurs ? »
Question piège s’il en est car, en répondant oui et sans prononcer moi-même le mot « menteurs,» j’étais bon pour une accusation d’outrage à agent.
Je ne suis heureusement pas tombé dans le panneau, à la différence d’autres automobilistes dans ce secteur car, on l’a su plus tard par la presse locale, ces policiers étaient coutumiers du fait.
C’est un peu une histoire de ce genre qui est arrivée à une certaine Chrissie Brodigan de Gotham, c’est-à-dire New York. Sauf que cette jeune femme est accusée d’une forme d’outrage particulièrement grave : avoir tenu des propos racistes (pardon, antisémites ce qui est pire) à l’encontre d’un policier juif hassidique. Sur la photo, on voit bien que l’agent est juif puisqu’il arbore une kippa et des mèches de cheveux en papillotes.
Les accusations d’antisémitisme ont été formulées dans le journal The New York Post, qu’on pourrait qualifier d’organe officieux du lobby sioniste dans cette ville. Ce qui est intéressant, c’est que ce journal a trouvé très rapidement un témoin à charge dans cette affaire. Alors qu’apparemment il était moins bien informé sur l’incident que le Gothamist, ce qui explique quelques propos acides sur le New York Post dans l’article que je vous livre dans une traduction en français.




Un témoin: la propriétaire du chien s’en est prise aux juifs pendant son arrestation dans le métro

Par John Del Signore, Gothamist (USA) 1er juillet 2009 traduit de l’anglais par Djazaïri

Un passant qui a assisté à l’arrestation lundi d’une femme qui transportait son carlin malade dans le métro affirme que la propriétaire de l’animal a proféré des remarques antisémites à l’encontre de l’agent qui procédait à l’interpellation et qui se trouve être le premier flic hassidique de la ville. Hier, la propriétaire du carlin, Chrissie Brodigan, nous a déclaré (ce que confirme un autre témoin) qu’alors qu’elle était toute retournée par l’incident, l’agent Joel Witriol lui a dit, "Si vous voulez vous comporter comme une femme, je vais vous traiter comme on traite une femme."

Elle indique que quand Witriol a procédé à son arrestation, "Il m’a pis un coup de poing dans le dos (où il y a des bleus), il m'a menottée et, dans l’empoignade a pris mes seins et les a pincés." Et Jason Wagner, un autre passant qui a pris des photos, nous a déclaré que Witriol a dit: "Vous voulez parler comme une femme? Vous voulez qu’on vous cogne dessus comme [on le fait sur] une femme?"
Mais un autre témoin, Viane Delgado, a indiqué au New York Post que Witriol a de manière « répétée » demandé à Brodigan de mettre le carlin « dans son sac. » (Brodigan explique qu’elle transportait son chien dans un sac mais qu’il avait vomi dedans et c’est pourquoi elle l’en avait sorti dans la station de métro). Delgado poursuit en mettant l’accent sur le fait qu’au cours de la dispute, Brodigan a dit au policier, «Enc.lé de juif, vous n’êtes même pas humain.» Et une source non identifiée a indiqué au New York Post que Brodigan s’était également exclamé «Les juifs pensent que tout leur appartient.»

Il est remarquable que le New York Post ait pu remonter si rapidement à un témoin et à une «source» alors qu’il nous avait envoyé un courriel à 17h10 pour nous demander des informations, vingt minutes après que nous ayons publié la nouvelle hier (peut-être ce journal a-t-il été lis en relation avec Delgado par le New York Police Department?). Pourtant, Melissa Randazzo, un témoin, nous dit, « Ca ne s’est pas du tout passé ainsi. Je n’ai entendu absolument aucun propos de ce genre.» Par courriel, nous avons demandé à Brodigan de confirmer ou démentir les allégations d’antisémitisme; l’intégralité de sa réponse est reproduite ci-dessous.



Je pense que cette affaire est prise en mains dans des lieux obscurs dont je ne suis pas familière. Je ne me rappelle pas avoir tenu les propos auxquels réfère le témoin. Je ne présentais certes pas non plus mon visage le plus avenant et je pleurais en implorant l’aide des témoins présents sur les lieux. Après avoir été malmenée et m’être entendue dire "Si vous voulez vous comporter comme une femme, je vais vous traiter comme on traite une femme." J’étais dans une totale confusion.


Je sais avoir proféré quelques insanités. Je sais aussi que j'implorais pour mon ticket, mon chien et qu’on me laisse rentrer chez moi. Des témoins ont demandé l’aide de la police parce que c’était une situation tellement dingue.
Hier, j’ai été contacté par près d’une dizaine de personnes sur Facebook qui se proposent de témoigner. Je ne sais pas trop ce que je vais faire maintenant. Ca fait beaucoup d’histoires pour un chien.
Je l’ai bien traité de trou du cul, mais j’étais impuissante dans cette situation. J’admets l’avoir traité de trou du cul, de mauvais flic, d’agent de la circulation et lui avoir dit que ce qu’il faisait était inhumain. Je ne pense pas que vous pouvez faire respecter la loi si vous ne pensez pas que les femmes ont les mêmes droits [que les hommes. Quand un agent qui représente la loi menace, frappe et opprime une femme sur la base qu’elle se comporte comme une femme – c’est là qu’est le problème. Proférer des grossièretés me semble normal – quand il ne reste plus à une personne que sa voix. J’implorais à l’aide et n’utilisais pas ce moment comme plateforme antisémite.


Qu'en pensez-vous, vous qui n'y étiez-pas?