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samedi 5 mars 2016

Après s'être aliéné le lobby sioniste, Donald Trump se met à dos les néoconservateurs

Donald Trump est décidément un personnage inclassable à bien des égards, et il suscite légitimement  la crainte notamment chez les communautés minoritaires.
Mais d’un autre côté, ces minorités ont-elles vraiment mieux à espérer de Mme Hillary Clinton qui est la favorite dans la course à l’investiture présidentielle chez les Démocrates ?
En effet, dans cette organisation démocratique en trompe l’œil que sont les primaires du Parti Démocrate, les dés sont pipés et le candidat Bernie Sanders, dont la sincérité progressiste semble assez évidente, n’a aucune chance.
Donc côté républicain c’est Donald Trump qui tient la corde. Et ce dernier, outre sa xénophobie, affichée à défaut peut-être d’être  réelle, a un certain nombre de graves défauts.
Le premier est qu’il est riche et n’est donc pas à vendre et il l’a dit clairement devant les membres du lobby sioniste qui ont acheté à peu près tous les candidats, dont Mme Clinton qui leur appartient depuis quelques années maintenant, à la notable exception de M. Sanders dont les fonds de campagne viennent  de centaines de milliers de petites gens qui comptent sur lui pour que le pays change en leur faveur.
Le deuxième , qui n’est pas sans rapport avec le premier, est que Donald Trump a déclaré publiquement qu’il serait neutre dans le conflit qui oppose Palestiniens et sionistes. Un propos qui a déclenché l’alarme dans le lobby sioniste pour lequel les Etats Unis sont nécessairement les alliés de l’entité sioniste qui est en retour leur alliée privilégiée dans un lien « unbreakable » (qu’on ne peut briser) selon le mot employé par Barack Obama.
Le troisième défaut de Donald Trump vient tout juste de se révéler : Donald Trump souhaite sortir des logiques de confrontation avec les pays étrangers, notamment la Russie, pour aller vers des relations de coopération !
Tout ça fait un peu beaucoup pour un seul homme se mettre à dos le lobby sioniste et les néoconservateurs (deux secteurs d’influence qui se recouvrent très largement) avec leur doctrine de « full spectrum dominance » [suprématie totale], une doctrine qui a la totale adhésion des industriels de l’armement puisqu’elle justifie le maintien d’un potentiel miliaire très important  qui est une source de revenus pour eux.

Le cauchemar des néoconservateurs: Trump  veut “une bonne entente avec les pays étrangers”

Par Stuart Hooper, 21st Century Wire (USA) 4 mars 2016 traduit de l’anglais par Djazaïri
Serait-ce la vraie raison pour laquelle Trump est si méprisé par l’establishment  républicain?

Dans ce qu’on ne peut présenter que comme un cauchemar pour les néoconservateurs, le candidat en tête pour l’investiture républicaine à la présidentielle, Donald Trump a déclaré hier soir pendant un  débat sur Fox News qu’il veut établir des relations de coopération, et pas de de confrontation, avec les pays étrangers.
Trump a dit ce qui suit:
“Ne serait-ce pas vraiment une bonne chose si nous pouvions nous entendre avec la Russie, si nous pouvions  avoir de bonnes relations avec les pays étrangers."
La faction politique néoconservatrice qui a dominé le Parti Républicain dans l’histoire récente considère qu’il n’y a pas grand-chose à gagner avec une politique de coopération et elle préfère au contraire la confrontation et la domination ; comme elle l’a amplement démontré avec la guerre en irak en 2003.
La déclaration de Donald Trump selon laquelle il veut explicitement  ‘une entente  avec la Russie’ est  sans précédent et Mitt Romney, le candidat républicain à la présidentielle de 2012 avait affirmé que la Russsie était «sans l’ombre d’un doute notre ennemi géopolitique numéro un. »
Un monde avec un président américain qui souhaite ‘l’entente’ pourrait être bien différent du monde d’aujourd’hui. Pourtant comme nous le constatons avec la myriade d’attaques contre Trump, certaines élites politiques et intérêts du complexe militaro-industriel ne sont pas emballés par ce concept.
Bien sûr, nous devons garder à l’esprit que ce n’est que ça: un concept. Et aussi bon que soit ce concept, il se pourrait bien que Trump ne tienne pas cette promesse.
N’empêche, c’est  quand même un changement de ton très différent, un peu plu doux, par rapport à la rhétorique politique que nous avons l’habitude d’entendre.
Pensez-vous que Trump a la bonne orientation en matière de politique étrangère, et la mettra-t-il  en œuvre?

mercredi 17 février 2016

Syrie: Jeffrey Sachs balance tout (ou presque)

L'article que je vous propose est signé Jeffrey Sachs. Jeffrey Sachs n'est pas exactement n'importe qui: c'est un universitaire de renom qui dirige un institut à la Columbia University (New York) et est consultant auprès du Secrétaire Général des Nations Unies.

Eh bien dans cet article Jeffrey Sachs balance tout sur la Syrie. Dans le meilleur esprit complotiste, il pointe le rôle des services secrets américains dès le début de la crise en Syrie et il souligne l'obstination de la diplomatie américaine, de Hillary Clinton en particulier, à empêcher tout règlement politique qui ne passerait pas par le préalable d'une reddition du président Bachar al-Assad quitte à aggraver et à prolonger l'effusion de sang.

Jeffrey Sachs

Il est , je pense, une des premières signatures dans la presse grand public américaine à relever le rôle de l'entité sioniste dans la situation en Syrie et le partenariat entre cette même entité et deux puissances régionales qu'il qualifie de "sunnites", la Turquie et l'Arabie Saoudite.


par Jeffrey Sachs, The Huffington Post (USA) 14 février 2016 traduit de l'anglais par Djazaïri

Pendant le débat de Milwaukee [avec Bernie Sanders] , Hillary Clinton s'est flattée de son rôle dans une récente résolution du Conseil de Sécurité de l'ONU pour un cessez-le-feu en Syrie:
Mais je voudrais ajouter ceci. Vous le savez, le Conseil de Sécurité a finalement adopté une résolution. Au coeur de cette résolution se trouve un accord que j'avais négocié en juin 2012 à Genève qui prônait un cessez-le-feu et la marche vers une solution politique en essayant d'amener les parties prenantes en Syrie  à se parler.

C'est là le genre de déclarations compulsivement trompeuses qui rendent Clinton inapte à la fonction présidentielle. Le rôle de Mme Clinton en Syrie a été de contribuer à provoquer et à prolonger le bain de sang en Syrie, pas d'y mettre un terme.

En 2012, Mme Clinton était l'obstacle, pas la solution, à un cessez-e-feu qui était négocié par l'envoyé spécial de l'ONU Kofi Annan. C'est l'intransigeance des Etats Unis - l'intrnsigeance de Mme Clinton - qui avait abouti à l'échec des démarches pour la paix de M. Annan au printemps 2012, un fait bien connu des diplomates. En dépit de l'insinuation de Mme Clinton pendant le débat de Milwaukee, il n'y eut (évidemment) pas de cessez-le-feu en 2012, mais seulement une escalade dans le carnage. Mme Clinton porte une lourde responsabilité pour le carnage qui a causé la mort de 250 000 Syriens et en a déplacé plus de dix millions.

Comme tout observateur averti l'a bien compris, la guerre en Syrie n'avait pas tellement rapport avec Bachar al-Assad, ni même avec la Syrie. C'est surtout une guerre par procuration avec l'Iran.Et le bain de sang n'en est que plus tragique et malheureux pour cette raison.

L'Arabie Saoudite et la Turquie, les principales puissances sunnites au Moyen Orient perçoivent l'Iran, la grande puissance chiite, comme un concurrent en termes d'influence et de pouvoir dans la région. La droite israélienne voit l'Iran comme un ennemi implacable qui contrôle le Hezbollah, une organisation militante chiite qui opère au Liban, un Etat limitrophe d'Israël. C'est pourquoi la Turquie l' Arabie Saoudite et Israël ont tous  réclamé l'élimination de l'influende iranienne en Syrie.

Cette idée est d'une naïveté incroyable. L'Iran est présent en tant que puissance régionale depuis longtemps - en fait depuis près de 2700 ans. Et l'Islam chiite ne va pas disparaître comme par enchantement. Il n' y  a auun moyen, et aucune raison, de "vaincre" l'Iran. Lespuissances régionales doivent forger un équilibre géopolitique qui reconnaît les tôles mutuels et d'équiliration des pays arabes du Golfe d el'Iran et de la Turquie. Et la droite israélienne est naïve et profondment ignorante de l'histoire pour regarder l'Iran comme son ennemi implacable, particulièrement quand cette façon de voir erronée pousse Israël à se ranger du côté des djihadistes sunnites.

Pourtant Mme Clinton n'a pas suivi cette voie. Elle a au contraire rejoint l'Arabie Saoudite la Turquie et le droite israélienne pour essayer d'isoler et même de vaincre l'Iran. En 2010, elle avait encouragé des négociations secrètes entre Israël et la Syrie pour essayer de soustraire la Syrie à l'influence de l'Iran. Ces discussions avaient échoué. Alors la CIA et Mme Clinton avaient poussé avec succès en faveur d'un Plan B: renverser Assad. 

Quand les troubles du Printemps Arabe ont éclaté début 2011, la CIA et le font anti-iranien constitué par la Turquie, l'Arabie Saoudite et Israël y virent une opportunité pour renverser rapidement Assad et de s'assurer ainsi une victoire géopolitique. Mme Clinton se fit la principale promotrice de l'entreprise menée par la CIA pour un changemet de régime en Syrie.

Début 2011 la Turquie et l'Arabie Saoudite mirent à profit des protestations locales contre Assad pour essayer de fomenter les conditions de son éviction. Vers le printemps 2011, la CIA et les alliés des États Unis organisaient une insurrection armée contre le régime. Le 18 août 2011, le gouvernement des États Unis rendait publique sa position:"Assad doit partir."

Depuis, et jusqu'au récent et fragile accord de cessez-le-feu au Conseil de Sécurité de l'ONU, les États Unis ont refusé d'accepter tout cessez-le-feu tant qu'Assad n'était pas écarté du pouvoir. La politique américaine - sous Clinton et jusqu'à récemment - a été celle du changement de régime d'abord et du cessez-le-feu ensuite. Après tout, ce ne sont que des Syriens qui meurent. Les efforts de paix d'Annan avaient été sabotés par l'exigence inflexible des États Unis pour qu'un changement de régime contrôlé par les USA précède ou au moins accompagne un cessez-le-feu. Comme l'avait observé en août 202 la rédaction de The Nation [hebdomadaire progressiste américain]::

L'exigence par les États Unis d'un départ d'Assad et de l'imposition de sanctions avant même que débutent des négociations sérieuses, tout comme le refus d'inclure l'Iran dans le processus condamnaient la mission [d'Annan].

Clinton n'a pas été un acteur mineur dans la crise syrienne. Son représentant diplomatique à Benghazi, Chris Stevens, avait été assassiné alors qu'il s'occupait d'une opération de la CIA pour expédier des armes lourdes libyennes en Syrie. Clinton elle-même a été à la pointe de l'organisation des soi-disant "Amis de la Syrie" pour soutenir l'insurrection dirigée par la CIA.

La politique américaine a été un échec massif et terrible. Assad n'est pas parti, et il n'a pas été vaincu. la Russie est venue l'aider, l'Iran est venu l'aider. Les mercenaires envoyés pour le renverser étaient eux-mêmes des djihadistes extrémistes avec leurs propres agendas? Le chaos a ouvert la voie à l'Etat Islamique, bâti avec des officiers de l'armée irakienne mécontents (exclus de l'armée par les États Unis en 2003) des armes américaines et avec le soutien considérable de fonds saoudiens. Si la vérité devait être entièrement connue, les nombreux scandales associé rivaliseraient certainement avec le Watergate dans leurs ébranlement des fondations de la classe dirigeante des États Unis.

L'arrogance des États Unis dans cette approche semble ne connaître aucune limite. Le procédé du changement de régime fomenté par la CIA est si profondément inscrit comme un instrument "normal" de la politique étrangère américaine qu'elle est à peine remarquée par l'opinion publique ou les médias aux États Unis. Renverser le gouvernement d'un autre pays est contraire à la charte de l'ONU et au droit international. Mais a-t-on besoin de telles subtilités entre amis?

L'instrument [la déposition d'Assad] de la politique étrangère des États Unis n'a pas été seulement en violation flagrante du droit international mais a aussi été un échec massif et répété. Au lieu d'un coup d'état rapide et décisif pour résoudre un problème de politique étrangère, chaque changement de régime ourdi par la CIA a été, presque inévitablement, le prélude à un bain de sang. Comment pouvait-il en être autrement? Les autres sociétés n'aiment pas que leur pays soit manipulé par des opérations secrètes des États Unis.

Écarter un dirigeant, même quand l'opération est un "succès" ne résout aucun des problèmes géopolitiques sous-jacents, et encore moins les problèmes de nature écologique, sociale ou économique. Un coup d'état invite à la guerre civile, du genre de celles qui secouent aujourd'hui l'Afghanistan, l'Irak, la Libye et la Syrie. Il invite une réaction internationale hostile, comme celle de la Russie en appui à son allié syrien pour faire face aux opérations dirigées par la CIA. Nous en sommes au point où la somme des malheurs causés par es opérations secrètes de la CIA peut littéralement remplir des volumes. Sera-t-on dès lors surpris de voir Mme Clinton reconnaître en Henry Kissinger un mentor et un guide?

Et où en sont les médias de l'establishment  dans cette débâcle? Le New York Times a fini par parler d'une partie de cette histoire le mois dernier en présentant la connexion entre la CIA et l'Arabie Saoudite, dans laquelle l'argent saoudien sert à payer les opérations de la CIA afin de contourner le Congrès et le peuple américain. Après cette première publication, il n'y a pas eu de suite. Pourtant le financement saoudien d'opérations de la CIA est fondamentalement le même procédé que celui utilisé par Ronald Reagan et Peter North dans le scandale Iran-Contra des années 1980 (avec des ventes d'armes à l'Iran utilisées pour financer des opérations secrètes de la CIA en Amérique Centrale sans le consentement ou la supervision du peuple américain).

Mme Clinton elle-même n'a jamais montré la moindre réserve ou le moindre scrupule à mettre en oeuvre cet instrument de la politique étrangère américaine. A son actif en matière de soutien enthousiaste à des changements de régime sous l'impulsion des Etats Unis, on inclura (liste non exhaustive) le bombardement de Belgrade en 1999 l'invasion de l'Afghanistan en 2001 la guerre contre l'Irak en 2003, le coup de force au Honduras en 2009, l'assassinat du Libyen Mouammar Kadhafi en 2011 et l'insurrection contre Assad coordonnée par la CIA de 2011 à ce jour.

Libye octobre 2011 -Pour  une Hillary Clinton  radieuse, c'est comme si Mouammar Kadhafi était déjà mort

Il faut un grand leadership présidentiel pour résister aux malheureuses aventures de la CIA. Les présidents finissent par s'entendre avec les entreprises du secteur de la défense, les généraux et les cadres de la CIA. Ils se protègent ainsi des attaques venues de la droite extrémiste dure. Ils réussissent en exaltant la puissance militaire des États Unis, pas en la contenant. Beaucoup d'historiens pensent que JFK [John Fitzgerald Kennedy] a été assassiné suite à ses ouvertures de paix en direction de l'Union Soviétique des ouvertures qu'il avait faites contre les objections d'une opposition de droite tenante d'une ligne dure au sein de la CIA et d'autres secteurs de l'appareil d'état américain.

Hillary Clinton n'a jamais fait montre d'un iota de courage, ou même de compréhension , dans la confrontation avec la CIA. Elle a été un inlassable partisan de la CIA et  jubilait à montrer sa fermeté en soutenant chacune de ses opérations malavisées. Les échecs sont bien sûr constamment dissimulés à notre vue. Clinton est un danger pour la paix mondiale. Elle doit répondre de beaucoup de choses en ce qui concerne le désastre en Syrie.

Jeffrey Sachs est le Directeur de l'Earth Institute (Institut de la Terre) à la Columbia University

mardi 16 février 2016

Intervention russe en Syrie: clarté et cohérence des buts et des moyens

On n'a guère l'habitude d'entendre ou de lire les diplomates russes s'exprimer sur la politique étrangère menée par leur pays. 
Ici, c'est l'ambassadeur de Russie en Grande Bretagne qui publie une tribune dans un tabloïd londonien à grand tirage. Et il le fait pour exposer la vision russe du conflit en Syrie ainsi que de son règlement.
Deux choses ressortent nettement de son propos. La première est que l'intervention de l'aviation militaire russe a été dictée par la perspective de voir la capitale syrienne tomber entre les mains de Daesh avec la bénédiction des puissances occidentales qui auraient "repeint en blanc" un Sunnistan qui correspond aux objectifs stratégiques des Etats Unis. La deuxième chose qui apparaît nettement, c'est que le gouvernement russe a une vision très précise des buts de son intervention et des moyens militaires mais aussi politiques de les atteindre. Et cette vision ne nie le rôle d'aucun acteur pour peu qu'il n'entre pas dans la liste des organisations terroristes, une liste à établir entre "partenaires" et dont certaines organisations pourraient sortir sous certaines conditions
La diplomatie russe nous offre en définitive un brillant contre exemple de celui donné par les actions brouillonnes, nocives, criminelles et contraires au droit international entreprises dès 2011 par les puissances occidentales et leurs alliés régionaux. Des actions qui n'ont fait qu'aggraver la situation tout en fermant méthodiquement toutes les issues vers une solution de la crise en Syrie.

Alexander Yakovenko: la Russie et les Etats Unis sont partenaires pour essayer de mettre fin à la guerre en Syrie

par Alexander Yakovenko, ambassadeur de Russie au Royaume Uni,
The Evening Standard (UK) 15 février 2016 traduit de l'anglais par Djazaïri
La récente réunion à Munich du Groupe de Soutien International à la Syrie (GSIS) qui cherche un règlement en Syrie - avec la présence de la Russie, des Etats Unis, de la Turquie, de l'Arabie Saoudite et de l'Iran - s'est conclue avec un plan pour essayer de trouver des moyens de mettre fin aux hostilités entre les organisations de l'opposition syrienne et le gouvernement, sans toutefois faire de compromis sur la lutte contre l'Etat Islamique (Daesh) et d'autres force extrémistes.
Cette réunion intervenait après les succès de la récente offensive de l'armée syrienne qui, selon les experts, a progressivement mis en route la dynamique qui lui permettra de mettre un terme à la guerre civile en Syrie.
Alexander Yakovenko lors de la présentation de ses lettres de créance à la reine Elizabeth II

Pour avoir une idée de l'immense défi qu'affronte la communauté internationale, on peut regarder comment la situation en Syrie a évolué ce quatre dernières années. Nous avons constaté un processus de radicalisation du côté de l'opposition. Beaucoup d'organisations syriennes se sont liées à des organisations terroristes étrangères qui étaient bien équipée et financées par divers acteurs régionaux qui, à leur tout, projetaient leurs propres agendas de politique intérieure sur le champ de bataille syrien.
La situation en était arrivé au point où les Américains avaient renoncé à trouver des gens en qui ils auraient pu faire confiance parmi les organisations rebelles qui combattent le gouvernement syrien. Il y a quelques mois, nos collègues britanniques nous avaient dit que la situation en Syrie était un foutoir complet. La situation était rendue encore plus compliquée par l'émergence de Daesh, un mélange explosif de fanatiques religieux et de lambeaux du régime baathiste, dont des anciens officiers de l'armée de Saddam Hussein.
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Dans le même temps, les Etats Unis constituaient leur coalition anti-Daesh forte de quelque 70 pays membres qui se lança dns des frappes aériennes inefficaces contre Daesh pendant plus d'un an avant que la Russie doive intervenir avec son aviation militaire à la demande du gouvernement syrien. L'été dernier, nos partenaires occidentaux nous avaient dit que'en Octobre Damas tomberait entre les mains de Daesh. Ce qu'ils avaient prévu de faire par la suite, nous l'ignorons. Ils auraient probablement fini par repeindre les extrémistes en blanc pour les accepter en tant qu'Etat sunnite à cheval sur la Syrie et l'Irak.
En ce circonstances l'intervention russe a changé la donne de manière décisive, permettant à l'opposition syrienne démocratique de se réapproprier la cause d'une Syrie démocratique qui avait été détournée par des organisations terroristes étrangères. C'est alors seulement que les principaux acteurs pouvaient se réunir dans le GSIS pour ue approche globale en vue de trouver une solution politique en Syrie et d'éradiquer Daesh. L'ampleur de cette double tâche n'a jamais été sous-estimée, compte tenu de la situation sur le terrain. C'est pourquoi le GSIS a accepté de faire l'inventaire des organisations d'opposition authentiques et de celles qui sont terroristes. C'est difficile à cause des ingérences régionales. Par exemple, les Kurdes syriens n'ont pas été invités aux discussions de Genève en raison de l'opposition de la Turquie.
Hélicoptère russe en couverture de soldats syriens
Cette démarche, impulsée par les Russes et les Américains pour séparer les modérés des organisations extrémistes est cruciale. Elle permettra à l'opposition modérée de rompre ses alliances avec les groupes terroristes de l'étranger. Elle permettrait aussi de soulager l'armée syrienne en tant que principale force à affronter Daesh sur le terrain. Dès lors, un front anti-terroriste commun pourrait se faire jour pendant qu'une solution politique à la crise syrienne se discute entre le régime et l'opposition à Genève. Pendant ce temps, l'armée de l'air russe et la coalition dirigée par les Etats Unis continueront leurs frappes aériennes contre Daesh.
Cette approche est la vraie chance de pouvoir résoudre le problème syrien. Ce n'est pas facile, mais si nous voulons mettre fin à cette guerre nous devons essayer.

samedi 5 décembre 2015

Syed Farook et Tashfeen Malik, le couple accusé du massacre de San Bernardino semble avoir été froidement exécuté

Vous avez entendu comme moi parler de la tuerie perpétrée le 2 décembre dernier à San Bernardino en Californie :
Mercredi, au moins 14 personnes ont été tuées en Californie, à San Bernardino, lorsqu'un couple de tireurs a ouvert le feu lors d'une fête professionnelle de fin d'année par des employés [d'un centre social qui dépend] du comté. Les deux assaillants étaient mariés, selon les premiers éléments de l'enquête qui tente d'expliquer pourquoi ils ont mené cette tuerie.
…..
une dispute aurait éclaté: un convive aurait quitté les lieux avant de revenir avec sa femme, vers 11h, en tenue paramilitaire, chacun lourdement armé d'un fusil d'assaut et d'une arme de poing, raconte le New York Times
J'ignore si on peut dire d'une personne équipée d'une arme de poing et d'un fusil d'assaut qu'elle est lourdement armée puisque ce sont là des armes légères en comparaison de ce qu'on appelle armes lourdes (bazookas, mitrailleuses lourdes etc.). Mais ne chipotons pas...
Le couple accusé d'être l'auteur du massacre est celui que formaient (ils ont été tués par la police) Syed Farook et Tashfeen Malik, mariés depuis assez peu de temps et parents d'une fillette de six mois.
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Syed Farook et Tashfeen Malik

La femme, Tashfeen Malik se serait radicalisée et aurait prêté allégeance à Daesh sur Facebook.
Non, non je rigole pas : sur Facebook, c'est ce que disent les journaux.
Quant au mari, il aurait été en contact avec des personnes liées à al Qaïda mais ces contacts remontaient à plusieurs années.
On aurait par ailleurs trouvé au domicile des suspects quantité de munitions et d'explosifs :
Douze engins explosifs artisanaux ont été retrouvés au domicile du couple, ainsi qu'environ 5 000 cartouches de fusil d'assaut. Trois autres engins explosifs artisanaux reliés entre eux et actionnables à distance ont aussi été retrouvés dans le bâtiment visé par les tueurs. Mais ces engins n'ont finalement pas explosé.
Des personnes de confession musulmane, une prestation d'allégeance à Daesh (sur Facebook d'accord mais on s'en contentera), des engins explosifs et un passage à l'acte d'une grande violence, nous avons là tous les ingrédients pour pouvoir qualifier le crime de terroriste.
D'autant que, peut-on lire dans la presse, Daesh a félicité les « soldats du Califat » pour leur prouesse.
Si vous doutez du sérieux de la presse, sachez quand même que Daesh n'a toutefois pas revendiqué explicitement l'attaque qu'il a simplement rapportée dans un de ses bulletins d'information radiophonique.
Apparemment les journalistes de «20 Minutes» écoutent une station de radio anglophone de Daesh. Ce que je m'abstiendrai de faire afin d'éviter la saisie de mon poste de radio et une assignation à résidence.
Nous sommes là devant un procédé qui cherche à donner de la crédibilité  une information manifestement fabriquée en la nuançant par une autre, réelle ou inventé peu importe.
Si on revient à la tuerie de San Bernardino proprement dite, on est obligé de prêter attention à trois faits importants qui amènent au minimum à s'interroger sur cette affaire voire à douter de l'implication du couple supposé terroriste.
Il y a d'abord que selon les premières informations la police recherchait trois hommes blancs en tenue militaire
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Un autre fait troublant est l'intrusion de nombreux journalistes au domicile des suspects. Ainsi, le domicile des auteurs présumés d'une tuerie éventuellement de nature terroristes aurait été laissé sans aucune surveillance policière, ce qui aurait permis à son propriétaire de briser les scellés et d'autoriser, moyennant une modeste rétribution la presse à mener sa propre perquisition au domicile de ses locataires.
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Des charognards (journalistes) fouillent la chambre du bébé de Tashfeen Malik et Syed Farook

Du jamais vu ! Et ce n'est pas seulement une question de respect des personnes (coupables ou non) mais aussi une question de respect du travail de la police et de la justice. En effet, si la police avait effectué une première perquisition, on la voit mal maintenant en effectuer une deuxième qui aurait une quelconque valeur en termes de procédure.
Il y a enfin les déclarations de Davis S. Chelsey l'avocat engagé par la famille des présumés tueurs. Ce dernier affirme que le couple n'avait absolument pas les compétences pour manipuler les armes (fusils d'assaut et bombes) voire même pas la capacité physique en ce qui concerne la femme.
Et surtout, il précise que le couple a été retrouvé mort dans son véhicule (un SUV), faces contre le plancher et mains menottées.

Une exécution donc.

dimanche 8 novembre 2015

Le Chicago Outfit, la CIA et l'assassinat du président Kennedy

Je suppose que personne ne me contredira si j'affirme que l'assassinat du président américain John F. Kennedy était le résultat d'un complot.
Dallas le 22 novembre 1963, peu avant l'assassinat de John F. Kennedy
Dallas le 22 novembre 1963, juste avant l'assassinat de John F. Kennedy
Aujourd'hui encore, on considère que le chef de l'Etat américain est tombé victime d'un seul projectile tiré par une seule arme et que cette arme était entre les mains d'un certain Lee Harvey Oswald.
Cette version des faits n'a semble-t-il jamais été jugée vraiment satisfaisante, d'autant que le tueur présumé a lui-même été bien vite assassiné et n'a donc jamais pu s'expliquer devant un tribunal.
Je ne vais pas m'attarder sur les différents scénarios explicatifs qui ont été proposés depuis ce jour funeste car je serais alors rapidement obligé d'avouer mon ignorance presque complète à ce sujet.
Il n'empêche qu'un criminel qui doit bientôt sortir de prison pourrait nous amener à réexaminer le déroulement du crime et son mobile.
Ce criminel, qui répond au nom de James Files, s'est en effet confié longuement à Wim Dankbaar, un cinéaste hollandais, et ce qu'il lui a raconté semble crédible, aussi bien sous l'aspect matériel des événements que sous celui du mobile.
Il est intéressant de noter le passé militaire et la relation avec les services secrets de ce détenu, de même que le passé militaire de Lee Harvey Oswald qui avait fait partie du corps des US Marines. Si les liens du clan Kennedy avec la pègre sont bien connus, il faut quand même relever une particularité de la pègre de Chicago qu'on ne peut appeler simplement mafia parce que le banditisme organisé à l'époque dans cette ville n'est pas purement italien, ni dans sa base, ni dans son encadrement. Selon Wikipedia, si la direction suprême de l'Outfit,de Chicago, dont les chefs les plus connus sont Al Capone et Frank Nitti, restera toujours une affaire italienne, ils auront près d'eux des membres d'autres communautés dont des Juifs, très actifs dans le crime à l'époque.
L'assassinat de Lee Harvey Oswald par Jack Ruby (de son vrai nom Jacob Leon Rubenstein)
          L'assassinat de Lee Harvey Oswald par Jack Ruby (de son                       vrai nom Jacob Leon Rubenstein)

J'ai tiré sur JFK depuis la butte herbeuse : l'homme de main de la mafia prétend être la pièce manquante du dossier de l'assassinat

Un homme de main de la mafia qui prétend avoir tiré le projectile qui a tué le président US John F. Kennedy doit sortir de prison au printemps prochain après 36 années passées en détention.
Par James Murray, The Sunday Express (UK) 8 novembre 2015 traduit de l'anglais par Djazaïri
James Files, 72 ans, a été transféré d'une prison de haute sécurité vers une prison au régime moins strict en Illinois en prévision de sa libération.
Ses déclarations extraordinaires dans une interview filmée en prison font sensation sur Internet depuis leur mise en ligne par le réalisateur hollandais Wim Dankbaar.
Maintenant, la CIA et d'autres services de renseignements américains s'attendent à une nouvelle vague de théories conspirationnistes étant donné que Files s'identifie lui-même comme la pièce manquante dans le puzzle du complot contre Kennedy.
Point sujet à controverse, il dit qu'il y avait collusion entre la mafia et la CIA pour tuer Kennedy, alors âgé de 46 ans, une déclaration qui devrait l'amener à être convoqué pour témoigner sous serment à Washington.
Cet ancien combattant de la guerre du Vietnam avait appartenu à l'équipe de la CIA qui avait entraîné la milice qui avait effectué le débarquement raté de la Baie des Cochons à Cuba en 1961, dont une conséquence avait été de braquer beaucoup une bonne partie de la CIA contre le président Kennedy quant il avait appelé à l'arrêt immédiat de l'opération clandestine.
Après avoir été chassé de l'armée, Files rejoignit le Chicago Outfit (la pègre), devenant un des bras droits de Charles « Chuckie » Nicoletti, un tueur à gages homme de confiance du boss de la pègre Sam Giancana.
Files affirme aussi qu'il avait un officier traitant, aujourd'hui décédé, à la CIA.
Files, qui purge une peine de prison pour complicité dans un meurtre mafieux, explique que les gens de la CIA s'étaient sentis trahis au moment avec l'épisode de la Baie des Cochons et craignaient que Kennedy dissolve l'agence [la CIA] parce qu'elle était hors contrôle.
Ils ont fait appel au gangster pour exécuter l'assassinat à Dallas le 22 novembre 1963, il y aura 52 ans bientôt.
Files affirme que l'ex soldat des marines marginal Lee Harvey Oswald , 24 ans, faisait équipe avec lui à Dallas où ils s'entraînaient au tir ensemble et où ils avaient reconnu les positions au Dealey Plaza. Oswald travaillait dépôt des manuels scolaires du Texas.
Le matin de l'assassinat, Files dit qu'il a été rejoint par Nicoletti qui a s'est placé sur une position de tir avec un autre mafieux, Johnny Rosselli dans le bâtiment administratif de Dallas, près du dépôt de livres scolaires.
Files, tireur en soutien, dit qu'il avait pris position derrière une clôture au somment de la tristement célèbre butte herbeuse.
Le mercure dans la pointe de la balle meurtrière devait la faire exploser à l'impact.
Ses instructions étaient de viser Kennedy à la tête s'il n'avait pas été touché au moment où le cortège apparaissait dans son champ de vision.
Files a déclaré à Dankbaar : « J'ai fait feu une fois et une fois seulement. M. Nicoletti l'avait touché quand j'ai pressé à mon tour sur la détente. Je l'ai touché, faisant partir sa tête à la renverse. »
Les enquêtes officielles sur l'assassinat ont conclu qu'une seule balle avait été utilisée, tirée par Oswald depuis le dépôt de livres.
Oswald a nié être le meurtrier mais a été tué par le patron de boîte de nuit Jack Ruby avant de pouvoir passer en jugement.
L'auteur britannique Matthew Smith, un expert sur cet assassinat, déclare : « J'ai toujours pensé qu'il y avait deux tireurs sur la butte herbeuse. J'ai la certitude que la CIA était impliquée. »
Giancana a été tué par balle en 1975 peu avant de devoir témoigner sur la collusion entre la mafia et la CIA pour essayer d'assassiner le leader cubain Fidel Castro.
Il qualifiait la CIA et la Cosa Nostra de deux faces d'une même médaille.
S'exprimant depuis son domicilé près d'Amsterdam, M. Dankbaar déclare : « Je me suis entrretenu pendant des heures avec James Files.
« Je crois à son histoire. Il a donné un récit très détaillé de ce qui s'est passé et a nommé des gens de la CIA. »

mardi 3 novembre 2015

Quand Jeb Bush reprend le slogan d'un célèbre pédophile anglais

On le sait les Etats Unis vivent actuellement une intense campagne pour l'investiture pour la présidentielle, une campagne qui amène Démocrates et Républicains à se critiquer mutuellement dans une rivalité qui est cependant le plus souvent éclipsée par les rivalités internes aux deux camps.
Pour résumer ce qui se passe, on dira que le parti républicain semble avoir une pléthore de candidats tous aussi peu crédibles les uns que les autres, ce qui devrait normalement garantir l'élection du candidat, quel qu'il soit, qui sera présenté par les Démocrates.
Parmi les candidats du parti Républicain nous trouvons un certain Jeb Bush, qui n'est autre que le frère de George W. Bush qui était aux commandes des Etats Unis au moment des attentats du 11 septembre et qui entraîné les Etats Unis et d'autres pays dans une funeste guerre contre le terrorisme dont les pays du Moyen Orient ont été les principales victimes mais dont l'onde de choc atteint aujourd'hui le continent européen.
Jeb Bush n'est pas du tout le favori côté Républicain. Il n'a cependant pas renoncé à briguer l'investiture et il tente en ce moment de relancer sa campagne.
Et c'est dans ce but que son équipe a choisi un slogan supposé parler aux électeurs : « Jeb can Fix It » (Jeb peut arranger ça).
Le magazine francophone Slate nous explique que ce slogan suscite nombre de moqueries aux Etats Unis et qu'il a été largement détourné par les railleurs.
Pourtant Slate ce garde de dire en quoi ce slogan a une connotation extrêmement négative qui a pour origine le Royaume Uni.
Certes les Etats Unis ne sont pas le Royaume Uni mais on sait la porosité culturelle entre les deux pays et ce n'est pas pour rien que cette question est évoquée par le magazine américain Gawker.
En effet, le slogan de l'équipe Bush est très semblable à celui d'e Jimmy Savile,un célèbre animateur de télévision britannique qui, après sa mort, a été reconnu comme un redoutable prédateur sexuel qui visait tout particulièrement les enfants, notamment, comble de l'horreur, les enfants malades sur leur lit d'hôpital.
                                          Jimmy SAVILE
Savile jouissait d'une popularité inouïe en Grande Bretagne au point d'avoir été anobli par la Reine.
Sans être le moins du monde juif, il était pro-sioniste et très apprécié par la communauté juive de son pays et même dans l'entité sioniste. Ce qui lui a permis de sévir aux dépens d'enfants juifs malades accueillis dans des institutions dont certaines arboreront des plaques commémoratives en hommage à celui qu'on croyait être un honnête bienfaiteur.

Jeb Bush a emprunté son nouveau slogan au plus célèbre pédophile d'Angleterre

par Ashley Feinberg, Gawker (USA) 2 novembre 2015 traduit de l'anglais par Djazaïri
Pour la plupart des électeurs américains, (en particulier les plus jeunes), le nouveau slogan sonnera le plus souvent comme tout ce qu'il y a de banal , une vague référence à Bob le Bricoleur. Mais pour pas mal de gens même ayant une connaissance moyenne de la culture populaire britannique, les mots « Jeb peut arranger ça, » qui seront bientôt placardés sur tous les surfaces d'affichage que se campagne électorale moribonde pourra atteindre, leur rappelleront une seule chose : Jimmy Savile, un des pédophiles agresseurs d'enfants les plus prolifiques de l'histoire du divertissement.
Jeb Bush
                                                 Jeb BUSH
Pour les Yanks[ees] peu informés, Savile était un des animateurs les plus populaires et adulés de Grande Bretagne toute sa vie durant, présent dans toute une gamme d'activités, de la radio à la télévision aux activités de bienfaisance et tout ce qui va avec. Il fut même fait chevalier par la Reine en 1990. Mais après le décès de Savile en 2011, des allégations d'abus sexuels qui étaient restées longtemps sporadiques et étouffées ont commencé à éclater au grand jour, avec toujours plus de force.
En novembre 2012, on a appris que 450 victimes présumées s'étaient manifestées à peine dix semaines après le lancement des enquêtes de police sur la conduite de Savile. Selon un reportage de la BBC diffusé cette époque, 82 % des victimes étaient de sexe féminin et 80 % étaient « des enfants ou des personnes très jeunes ».
En 2014, un nouveau rapport du ministère de la santé révéla que Savile avait peut-être aussi agressé sexuellement des patients dans plus de 40 hôpitaux différents qu'il avait visités dans le cadre de son « action de bienfaisance. » Le Daily Mail écrivait qu'on « pensait que Savile avait abusé sexuellement de patients âgés d'à peine cinq ans à 75 ans. »
Et avant que tout cela soit mis en lumière, Savile animait une émission télévisée pour enfants très populaire appelée 'Jim va arranger ça.'
Le concept de l'émission était que des enfants écriraient à leur animateur adoré et secrètement prédateur sexuel Jimmy Savile et émettraient des vœux qu'il accomplirait. Les enfants reconnaissants recevraient alors des médailles frappées des mots « Jim a arrangé ça pour moi. »
Dans l'imaginaire populaire britannique, ce slogan est maintenant associé de manière indélébile à un infâme criminel pervers dont les actes scandaleux ont été couverts par des gens puissants pendant des dizaines d'années. Et il est maintenant aussi associé à Jeb Bush.
Pourquoi personne dans l'équipe de campagne encore bien étoffée de Jeb Bush n'a pensé que ce slogan était peut-être une mauvaise idée n'est pas clair. Nous nous sommes adressés à l'équipe de Jeb pour qu'elle s'exprime à ce sujet et nous compléterons nos informations quand ils nous auront répondu.
En attendant, nous avons demandé à quelques Britanniques ce qu'ils pensaient du nouveau slogan astucieux de Jeb.
Point de vue d'Ed Zitron, le grand spécialiste britannique des relations publiques :
En Angleterre [Jimmy Savile] a la même réputation qu'une effrayante tumeur cancéreuse qui a proliféré à partir d'une histoire de « prendre soin » et « d'aider les enfants » qui s'est ensuite transformée en révélations vraiment vraiment dégueulasses sur quelqu'un qui avait trouvé le moyen de se faufiler dans des hôpitaux. 
Ce n'est pas une bonne chose d'adopter ce slogan. C'est même une très mauvaise idée.
Point de vue de Margot Huysman de Metro.co.uk:
Oh... Oui, la phrase amènera immanquablement à faire le lien [avec Savile] dans ce pays. Je sais que l'Amérique ne regarde pas trop ce qui se passe assez loin de ses frontières mais... allez, Jeb§
Et point de vue l'écrivain britannique (et collaboratrice de Gawker) Libby Watson,
C'est vraiment du Jeb Bush parfait que de choisir quelque chose qui rappelle un horrible pédophile pour essayer de relancer sa campagne. Ce n'est pas franchement choquant, mais qu'on nous rappelle « Jim va arranger ça » en ce moment est tous ce qu'il y a de déplaisant.
Il est vraiment difficile de communiquer à quel point on peut être perturbé aujourd'hui par « Jim va arranger ça. » L'émission n'était pas de mon époque mais je la connaissais parce que c'était un important point de référence culturelle. Et elle a maintenant des connotations si horribles. Assez semblable à l'affaire Cosby [Bill Cosby du Cosby Show, NdT].
Si Jeb cherche des choses à arranger, il pourrait commencer par son slogan.

dimanche 25 octobre 2015

Des candidats à la présidentielle américaine dans un forum politique réuni en.. Palestine occupée

La prise de contrôle de l'appareil d'Etat des Etats Unis par les officines sionistes est peut-être appelée à franchir une nouvelle étape avec ce forum politique où les candidats à l'investiture pour la prochaine élection présidentielle aux Etats Unis sosnt appelés à venir répondre à des questions de politique et présenter leur vision de la politique étrangère qu'ils mèneraient s'ils arrivaient aux affaires.
La tenue de ce forum est d'autant plus préoccupante qu'elle se déroulera non pas sur le sol des Etats Unis, mais à Jérusalem en Palestine occupée.
Il est cependant probable que seuls des seconds couteaux iront sur place et en tout cas les candidats qui se revendiquent du christianisme puisque les télévisions évangélistes participent à la fois à l'organisation et à la médiatisation de l'événement. Reste à savoir si des candidats en vue participeront, soit en étant présent sur place soit par visioconférence.
Quoi qu'il en soit, le fait que quelqu'un ait pu concevoir et mettre en œuvre un tel forum devrait faire office de signal d'alarme pour tout citoyen américain quelque peu soucieux de l'indépendance de son pays.

Une première : un forum des candidats à la présidentielle des Etats Unis va se tenir à l'étranger à Jérusalem en Israël du 2 au 4 novembre 2015

par Natasha Srdoc, The Huffington Post (USA) 23 octobre 2015 traduit de l'anglais par Djazaïri
Les candidats à la présidentielle américaine ont été conviés à participer au premier forum des candidats à la présidence des Etats Unis jamais tenu à l'étranger, qui est centré sur les questions de politique étrangère et de défense. Depuis Jérusalem, Israël, chaque candidat à la présidentielle aura une opportunité de présenter leurs points de vue surla politique étrangère américaine, les relations israélo-américaines, les menaces qui planent sur les alliés des Etats Unis en Europe et en Asie, l'instabilité au Moyen Orient, le terrorisme et les solutions pour améliorer le bien-être économique et la sécurité des Américains aux Etats Unis et à l'étranger.
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Chaque candidat aura une heure de discussion engagée au forum, ce qui permettra au candidat d'être éloigné de moins de 48 heures de son parcours de campagne aus Etats Unis.
Chaque candidat interviendra seul au forum, pour présenter ses propres idées et solutions en réponse aux questions posées en commun par un panel non partisan. Cet événement stratégique sera retransmis depuis Jérusalem par des partenaires médias dont NRB TV Network ainsi que des groupes télévisuels internationaux et américains et des médias en ligne et i de la presse écrite.
Le Forum des Candidats à la Présidentielle US est co-animé par l'International Leaders Summit et National Religious Brodcasters, deux organismes dont le siège est aux Etats Unis.
« Au cours du 20ème siècle, le leadership stratégique de l'Amérique en matière de politique commerciale, de sécurité et de relations extérieures a affirmé notre civilisation communue basée sur la règle de droit – protégeant la vie, la liberté, et la propriété individuelle, » explique Joel Anand Samy, cofondateur et président de l'International Leaders Summit. « Au sommet des leaders à Jérusalem en présence des candidats à la présidentielle américaine, le prochain président des Etats Unis sera en mesure de répondre aux défis, aux menances et aux opportunités du 21ème siècle. »
« Le président doit être bien informé en matière de politique étrangère et de compréhension du Moyen Orient et savoir à quel point notre alliance stratégique avec Israël a un caractère impératif pour les Etats Unis, » déclare Jerry Johnson, président de National Religious Broadcasters. « C'est une formidable opportunité pour les candidats à la présidentielle de mettre en valeur leurs compétences dans le domaine de la politique étrangère. »