samedi 23 janvier 2010

C'est le retour de "Titide" que craignent les Etats Unis et la France

A côté de la tragédie qui a résulté du séisme qui a frappé Haïti, il faut reconnaître que cette catastrophe naturelle (dans son origine, non dans ses effets) nous donne aussi à voir ce qu'on appelait communément il y a quelques années, l'impérialisme en action.
Cet impérialisme, c'est celui des Etats Unis. Président Obama ou pas, c'est tout un rapport au monde qui s'exprime dans la façon dont les Etats Unis ont pris en main les événements dans cet Etat de la Caraïbe.
D'aucuns se sont félicités de cette prise en main par Washington. Après tout, l'administration haïtienne s'est trouvée complètement désorganisée par les conséquences du séisme et il fallait quelqu'un pour gérer les opérations de secours.
Sauf que le secours aux populations n'a pas du tout été la priorité du gouvernement des Etats Unis qui s'est concentré sur la sécurité. A juste titre dira-t-on car les catastrophes de ce genre donnent souvent lieu à des manifestations de pillage, de violence qui trouvent d'autant plus à s'exprimer que la police est absente du terrain.
Le problème est que le Haïti d'après séisme n'a pas connu d'explosion de violence ou d'émeutes. Au contraire même. Comme le fait remarquer Mark Weisbrot; la violence risquerait par contre de se déchaîner si l'aide alimentaire et en eau, retardée précisément par le déploiement US, se fait trop attendre. La violence consistera alors en une lutte pour l'eau et pour la nourriture.
Si la violence n'est pas le motif réel de ce qu'il faut bien appeler une occupation militaire, quel en est donc le motif véritable?
Mark Weisbrot ne se cache pas derrière son petit doigt. Même si son souci est avant tout de donner de la voix pour une accélération de la livraison d'aide aux populations, cil considère que ce que craint par dessus tout Washington est un retour de Jean-Bertrand Aristide en Haïti avec, à la clef, un éventuel retour au pouvoir de ce dernier que les Etats Unis, avec la France et le Canada, avaient conspiré à faire renverser par un coup d'état.
Etats Unis, France, canada, les trois Etats les plus présents dans la crise que vit présentement Haïti.

Haïti a besoin d'eau potable, pas d'une occupation
Les Etats Unis n'ont jamais voulu d'une Haïti indépendante, et leur focalisation sur les 'problèmes de sécurité' a entravé l'arrivée de l'aide suite au séisme.
par Mark Weisbrot, The Guardian (UK) 20 janvier 2010 traduit de l'anglais par Djazaïri
   
Lundi, six jours après le tremblement de terre en Haïti, l'US Southern Command  a finalement commencé à larguer des bouteilles d'eau et de la nourriture depuis un avion militaire C-17. Le secrétaire à la défense Robert Gates avait d'abord écarté une telle méthode en raison de "problèmes de sécurité."
Si les gens n'ont pas d'eau potable, des épidémies de maladies hydriques peuvent se produire qui pourraient faire augmenter le nombre de morts. Mais les Etats Unis envoient en ce moment 10 000 soldats et semblent accorder la priorité à la "sécurité" par rapport à des besoins bien plus urgents qui sont une affaire ce vie ou de mort. Ces troupes s'ajoutent aux 3500 casques bleus supplémentaires qui doivent arriver.

Dimanche matin, l'organisation humanitaire mondialement connue Médecins Sans Frontières s'est plainte qu'un avion transportant un hôpital mobile ait été dérouté par l'armée US vers la République Dominicaine. Ce qui pourrait coûter 48 heures cruciales et un nombre indéterminé de vies.

Dimanche, Jarry Emmanuel, responsable de logistique aérienne pour le Programme Alimentaire Mondial de l'ONU, a déclaré: "200 vols partent ou arrivent chaque jour, c'est un nombre incroyable pour un pays comme Haïti... Mais la plupart des vols sont pour l'armée US."

Pourtant, le Lieutenant Général PK Keen, sous commandant de l'US Southern Command, rapporte que la violence est moindre en Haïti actuellement qu'elle ne l'était avant le tremblement de terre. Le Dr Evan Lyon, de Partners in Health, une organisation d'aide médicale connue pour ses efforts héroïques en Haîti, parle de "désinformation et de rumeurs... et de racisme" s'agissant des questions de sécurité.
Nous avons circulé à travers la ville jusqu'à 2h ou 3h du matin chaque nuit, pour évacuer des patients, transporter du matériel. Il n'y a pas de soldats de l'ONU. Il n'y a pas de présence militaire US. Il n'y a pas de présence policière haïtienne. Et il n'y a pas non plus de violence. Il n'y a pas d'insécurité.

Pour comprendre l'obsession du gouvernement des Etats Unis avec les "problèmes de sécurité", il faut s'intéresser à l'histoire récente de l'implication de Washington dans ce pays.

Bien avant le séisme, le sort d'Haïti était comparable à celui de bien des sans abris dans les rues des Etats Unis; trop pauvres et trop noirs pour avoir les mêmes droits légaux et constitutionnels que les autres citoyens. En 2002, quand un coup d'état militaire soutenu par les Etats Unis avait renversé temporairement le gouvernement élu du Vénézuela, la plupart des gouvernements de l'hémisphère sud avaient réagi promptement et avaient participé à focer le rétablissement du pouvoir démocratique. Mais deux ans plus tard, quand jean-Bertrand Aristide, le président démocratiquement élu d'Haïti fut kidnappé par les Etats Unis et expédié en exil en Afrique, la réaction fut muselée.

A la différence des deux siècles de pillage d'Haïti depuis sa fondation par une révolte d'esclaves en 1804, la brutale occupation par les marines USA de 1915 à 1934, les innombrables atrocités commises sous des dictatures appuyées et encouragées par Washington et le coup d'état de 2004 ne peuvent pas être rejetés comme étant de "l'histoire ancienne." C'était il y a six ans seulement, et est en rapport direct avec ce qui se passe en ce moment.
Les USA, avec la France et le Canada ont conspiré ouvertement pendant quatre ans pour renverser le gouvernement haïtien élu, coupant presque toutes les aides internationales afin de détruire l'économie et de rendre le pays ingouvernable. Ils ont réussi. A ceux qui se demandent pourquoi il n'y a aucune institution gouvernementale haïtienne pour s'occuper des secours aux sinistrés, voilà une bonne explication. Ou pourquoi trois millions de personnes étaient entassées dans la zone où le séisme a frappé. Des années de politique US ont aussi participé à la destruction de l'agriculture haïtienne en forçant, par exemple, à l'importation de riz US subventionné et en éliminant des milliers de riziculteurs Haïtiens.

Aristide, le premier président démocratiquement élu du pays, fut renversé après seulement sept mois de pouvoir en 1991 par des officiers de l'armée et des escadrons de la mort dont on découvrira plus tard qu'ils émargeaient à la CIA. Maintenant, Aristide veut rentrer dans son pays, ce que la majorité des Haïtiens exige depuis sa déposition. Mais les Etats Unis ne veulent pas de lui. Le gouvernement de René Préval, qui est complètement sous la coupe de Washington, a décidé que le parti d'Aristide - le plus important d'Haïti - ne sera pas autorisé à participer aux prochaines élections (initialement prévues le mois prochain).

La crainte du retour de la démocratie en haïti pourrait bien expliquer pourquoi les Etats Unis envoient aujourd'hui 10 000 hommes et donnent la priorité à la "sécurité" par rapport à d'autres besoins.

Cette occupation militaire par des troupes US soulèvera d'autres problèmes dans l'hémisphère sud, en fonction de la durée de leur présence - exactement comme le récent renforcement de la présence militaire US en Colombie a été accueillie avec beaucoup de mécontentement et de méfiance dans la région. Et les organisations non gouvernementales ont soulevé d'autres questions sur la reconstruction proposée: de façon compréhensible, elles veulent que la dette d'Haïti soit annulée, et des dons plutôt que des prêts (le FMI a proposé un prêt de 100 millios de dollars).
Les besoins pour la reconstruction se chiffreront en milliards de dollars: Washington encouragera-t-elle l'installation d'un gouvernement qui fonctionne? Ou l'empêchera-t-elle, en faisant transiter l'aide par des ONG et en assumant directement elle-même diverses fonctions en raison de sa vieille opposition à un gouvernement indépendant en Haïti?

Mais le plus urgent est la fourniture rapide d'eau potable. L'US Air force a la capacité de fournir suffisamment d'eau pour tous ceux qui en ont besoin en Haïti en attendant qu'une logistique terrestre se mette en place. Plus l'eau sera disponible, et moins probables seront les affrontements ou les émeutes pour cette ressource rare. La nourriture et les médicaments pourraient aussi être livrés par des largages aériens. Ces opérations devraient être lancées immédiatement. Il n'y a pas de temps à perdre.

La hasbara et la catastrophe en Haïti

La hasbara sioniste est persévérante. Ainsi, il est impossible d'ignorer les prouesses de l'équipe médicale envoyée en Haïti par l'armée sioniste. Aux fins de sauver des vies, c'est la moindre des choses, mais surtout de soigner l'image de marque fort mal en point du régime sioniste et, il n'y a pas de petits profits, peaufiner l'entraînement des services de santé militaire.
A côté, le fait que le premier hôpital de campagne déployé sur place l'ait été par Cuba relève purement et simplement de l'anecdote. Sans intérêt. D'autant que l'hôpital cubain continuera à fonctionner après le départ de l'hôpital militaire sioniste prévu pour les tout prochains jours comme l'avait prévu le Dr Yoel Donchin.
Le pendant de ces louanges au rôle des sauveteurs sionistes, ce sont les accusations de non assistance à Haïti adressées aux pays arabo-musulmans. La hasbara sioniste répercute les mêmes accusations sur des quantités de sites web en français, en anglais... Partout la même chanson, preuve d'une action concertée et réfléchie avec toujours le même argumentaire et bien entendu le contre exemple de la générosité sioniste.
Peu importe si l'entité n'a pas mis un centime en dehors de son hôpital militaire
Ces accusations sont sans fondement. Je l'avais déjà signalé dans ce post.  Libanews faisait le point sur les premières aides dépêchées par des Etats arabes. La Syrie a elle aussi répondu présente avec trente tonnes d'aide en nourriture, vêtements et médicaments.  L'Algérie était intervenue immédiatement, dans la discrétion comme à l'accoutumée avec un don d'une valeur d'un million de dollars.
Il s'agit là des aides directes car il faut compter aussi avec les aides qui transitent par les institutions onusiennes. Ainsi un commentateur sur un blog du LA Times écrit-il:

comme indiqué sur le lien que j'ai posté plus tôt, l'Arabie Séoudite est le plus gros donateur en termes de % du PNB de Humanitarian Appeal, qui est une organisation chapeautée par l'ONU. Donc l'ONU veillera à l'utilisation de cet argent. Et donc, une bonne partie de l'aide envoyée à Haïti la semaine dernière par Humanitarian Appeal avait été  à l'origine donnée par l'Arabie Séoudite.
 Nous parlons ici des aides d'urgence. Nous verrons bientôt qui donnera réellement pour les sinistrés d'Haïti. Si je pense que les Etats arabes peuvent mieux faire, à mon avis, ce sont d'abord les Etats qui ont ruiné ce pays de la Caraïbe qui doivent mettre le plus la main au portefeuille avant d'en retirer leurs sales pattes.

Hedy Epstein, ou le casse tête de l'holocauste

Hedy Epstein n'est pas franchement sioniste. A cause de l'antisionisme de ses parents qu'elle n'a pas revus depuis que, à l'âge de 14 ans, elle a pu fuir l'Allemagne nazie dans une opération d'évacuation d'enfants Juifs, le kindertransport.
Elle est si peu sioniste qu'elle a beaucoup fait parler d'elle ces derniers temps par sa présence à la marche pour Gaza. Cette dame âgée aujourd'hui de 85 ans a pris cependant conscience assez tardivement de ce qui se jouait entre Palestiniens et sionistes. Sa détermination n'en est que plus forte, ce qui lui vaut pas mal d'inimitiés parmi ses coreligionnaires qui adhèrent au sionisme. Ainsi, en juin 2009 avait-elle été victime d'une agression physique près de son domicile par une petite frappe mandatée par les sionistes.


Hedy Epstein au Caire en décembre 2009

Aujourd'hui, Hedy Epstein est devenue définitivement insupportable pour les sionistes qui contestent sa qualité de survivante de l'holocauste.
D'où cet article assez savoureux sur la définition de ce qu'est un survivant de l'holocauste. Une tâche ardue car la notion d'holocauste [à la différence de la notion de génocide par exemple] n'est en rien une notion historique ou produite par les historiens ou même des juristes, c'est plutôt la pièce du credo d'une religion dans laquelle ne peuvent s'exprimer que ceux qui ont été dûment ordonnés. Le plus étonnant est que même les responsable du culte ont quelque mal à s'y retrouver, tel un certain professeur David Cesarini, historien spécialiste de l'holocauste qui conclut pour s'éviter une migraine que "Les deux termes, 'holocauste' et 'survivant' sont devenus cruellement imprécis."
Notez bien que c'est lui qui le dit.



Querelle sur la définition de survivant de l'holocauste
par Leon Symons, Jewish Chronicle (UK)14 janvier 2010 traduit de l'anglais par Djazaïri

Une querelle a éclaté sur le signification de l'expressio survivant de l'holocauste depuis qu'une grand-mère âgée de 85 ans s'est présentée ainsi tout en critiquant les actions israéliennes contre les Palestiniens.
Née en Allemagne, Hedy Epstein a été attaquée par un haut responsable de la Fédération Sioniste qui ne lui reconnait que la qualité de réfugiée "brandie comme un trophée" pour participer à la calomnie contre Israël.

La querelle a éclaté pendant des échanges tendus dans un débat sur internet sur l'existence d'une définition exacte de ce terme par les historiens.
Jonathan Hoffman, vice président de la Fédération Sioniste, écrit dans son blog sur le site de la Jewish Chronicle: "Hedy Epstein est une réfigiée.' Elle n'est pas une survivante.' L'appeler survivante est une insulté pour les authentiques survivants et leurs familles. Hedy Epstein ne s'est jamais trouvée dans un camp, dans un ghetto ou dans une allée de la mort."

Il reconnait que Mme Epstein est venue d'Allemagne en Angleterre avec le kindertransport le 18 mai 1939 et poursuit ainsi: "La définition d'un 'survivant' par Yad Vashem est une personne qui s'est troubée dans un camp, ou en Allemagne ou dans un pays occupé après le déclenchement de la guerre. Epstein ne répond pas à cette définition.

"Si elle - et les gens qui se servent d'elle - sont disposés à la qualiifier de 'survivante' pour donner du poids à leur mensonges sur Israël, il est alors parfaitement logique de relever qu'elle n'est pas une 'survivante' mais une 'réfugiée.' En utilisant son statut pour comme moyen pour calomnier Israël, elle - et ceux qui se servent d'elle - ont fait de son statut une question qui intéresse l'opinion publique."

Cet article a attiré plus de 40 commentaires qui vont de ceux qui qualifient M. Hoffman de "révisionniste de l'holocauste" à ceux qui disent que la seule r aison pour attirer l'attention sur elle était le fait qu'elle prenait parti pour les Palestiniens et que tout ça "c'était de la politique."

S"exprimant depuis son domicile dans le Missouri, Mme Epstein a déclaré n'avoir adopté ce terme qu'après avoir été présentée comme une survivante par un musée dédié à l'holocauste. L'United States Holocaust Museum de Washington lui avait aussi appliqué ce terme. "Pour commencer, ce n'est pas un terme par lequel je me présentais. Il est parfois gênant parce qu'il m'appose une étiquette et que je suis beaucoup d'autres choses," dit-elle.

Elle a grandi dans le village de Kippenheim où on l'appelait "sale juive" et où on l'a renvoyée de l'école après l'accession au pouvoir de Hitler en 1933, alors qu'elle avait huit ans.

"Mon père avait été envoyé à Dachau avant qu'on m'envoie en Angleterre, j'avais quatorze ans. C'est la dernière fois que j'ai vu mes parents et eux ainsi que la plupart de mes proches ont été tués dans des camps en France et à Auschwitz." Après l'Angleterre, elle est allée chez un oncle et une tante en Amérique.
Elle dit que sa position sur Israël s'enracinait dans l'antisionisme de ses parents. Mais elle y prêta peu d'attention jusqu'aux massacres de réfugiés Palestiniens par des miliciens Chrétiens Libanais dans les camps de Sabra et Chatila en 1982.

Elle s'est rendue cinq fois en Cisjordanie et se trouvait en Egypte la semaine dernière pour la marche pour la liberté de Gaza. Elle est allée en Israël pour visiter le Mémorial de l'Holocauste où le nom de ses parents est inscrit.

Elle reconnaît: "Mes opinions ont été influencées par ce que j'ai vu et vécu. J'ai su depuis ma tendre enfance à quoi ressemblaient la persécution et l'oppression. Certains survivants de l'holocauste sont en désaccord avec mes opinions, d'autres pas."

Et elle souligne un autre paragraphe de défintion de Yad Vashem qui indique: "On peut aussi définir les survivants de la shoah comme des Juifs qui ont vécu n'importe quel laps de temps sous la domination nazie, directe ou indirecte, et y ont survécu... ainsi que des Juifs qui ont quitté l'Allemagne par la contrainte dans les années 1930, après l'accession au pouvoir des Nazis. Aucune définition historique n'est complètement saticfaisante."

CE QUE DISENT LES SPECIALISTES

Les spécialistes ne sont d'accord que sur une chose: il n'ya pas de définition unique de qui est un survivant de l'holocauste.
Tout le monde s'accorde que cette c atégorie comprend ceux qui étaient dans des camps et ont été arrêtés dans l'Europe occupée par les Nazis entre 1933 et 1945. Mais certains adoptent une définition plus large.

La Claims Conference de New York par exemple, cite diverses classifications par le gouvernement allemand concernant ceux qui peuvent faire une réclamation dans le cadre de différents programmes et sont donc des survivants.
La position de Lord Janner, président de l'Holocaust Educational Trust, est sans équivoque: "Si Hedy Epstein était dans le kindertransport, elle est une survivante de l'holocauste. Ce qu'elle fait est peut-être répugnant et triste mais les enfants du kindertransport sont des survivants."

Historien et spécialiste de l'holocauste, le professeur David Cesarini déclare: "Il n'y a pas une définition unique du survivant de l'holocauste. Il est techniquement plus correct de décrire ceux qui sont venus en Grande Bretagne en 1938-39 comme d'anciens réfugiés de la persécution nazie. Mais s'ils se perçoivent comme des survivants, je ne vois pas pourquoi ils ne devraient pas avoir le droit de se penser et de parler d'eux-mêmes en tant que tels. Les deux termes, 'holocauste' et 'survivant' sont devenus cruellement imprécis."

Denis McShane, député et président de la commission d'enquête parlementaire sur l'antisémitisme, déclare: "Mon interprétation serait quelqu'un qui a été dans les camps de la mort ou les camps de prisonniers."

La baronne Deech déclare: "Ma réponse première serait quelqu'un qui se trouvait dans les camps ou en Europe. Mais cette femme n'aurait jamais été dans le kindertransport et n'aurait pas eu à fuir si ce n'est à cause des Nazis, alors je dirais qu'elle est fondée à se présenter comme une survivante."

Deborah Lipstadt, qui avait gagné un procès en diffamation intenté par le négateur de l'holocauste David Irving il y a dix ans, est d'accord: "C'est quelqu'un dont la vie a été gravement perturbée par l'holocauste ou qui a dû quitter l'Allemagne précipitamment. Dans son cas, cependant, ce statut a été pressé comme un citron."

La passion d'Angela Merkel pour le sionisme

Un article intéressant sur l'ambigüité de la position de l'Allemagne vis-à-vis du conflit du Proche Orient qui montre que nous avons d'une part la position officielle de l'Etat allemand de soutien à un processus de paix avec arrête de la colonisation juive en Cisjordanie, et solution à deux Etats. Et d'autre part la position de Mme Angela Merkel, la chancelière, qui s'est fixée comme but de renforcer toujours plus les relations entre l'Allemagne et l'entité sioniste, quelle que soit l'évolution sur le terrain et l'état d'avancement ou de blocage des discussions de paix.
Concrètement, cela signifie que l'Allemagne dirigée par Mme Merkel adopte une ligne de soutien inconditionnel avec le régime de Tel Aviv, ce qui signe en réalité une alliance politico-militaire contre les Palestiniens.
Il est clair, comme le conclut l'article que la posture adoptée ainsi par l'Allemagne revient à neutraliser toute réelle possibilité pour l'Europe d'influer sur les négociations de paix et rendent vaines les prises de position officielles de l'Union Européenne. Cette alliance germano-sioniste explique aussi pourquoi, en dépit des critiques formulées officiellement par l'Union Européenne, tous les dossiers déposés par l'entité sioniste à Bruxelles avancent tranquillement.
L'article rappelle que la position officielle des autorités allemandes à l'égard de l'entité sioniste découle d'une responsabilité particulière qui tient à l'holocauste. Ce qui nous signale à nouveau l'importance de cette notion dans tout ce qui touche au sionisme d'après guerre. Il ne s'agit pas pour les antisionistes de nier qu'un génocide ait eu effectivement lieu, mais il importe de questionner les appellations contrôlées "holocauste" et "shoah" qui renvoient à une lecture singulière de la seconde guerre mondiale et de ses horreurs.
Le prosionisme exacerbé de Mme Merkel serait lui, lié au fait qu'elle est née et a grandi dans la partie communiste de l'Allemagne qui, non seulement ne reconnaissait pas l'entité sioniste mais refusait d'assumer une quelconque responsabilité pour les agissements du nazisme. Il convient de rappeler que ce refus n'était pas une négation des horreurs commises par le troisième Reich, mais une objection à les voir attribuer à l'ensemble du peuple allemand et notamment à sa classe ouvrière.
Ce rejet du marxisme appliqué à la sauce allemande serait le ressort fondamental explicatif de la passion merkélienne pour Tel Aviv. C'est tout à fait possible. Cependant tout cela me parait insuffisant car Mme Merkel n'est pas au pouvoir que pour faire passer ses lubies, mais aussi pour représenter une ou des catégories sociales de l'Allemagne et leurs intérêts. Quelles sont ces catégories et quels sont leurs intérêts? En quoi ces derniers coïncident-ils avec ceux de l'entité sioniste? Ces questions ne sont pas abordées par l'article qui n'y répond donc pas.
Tout au plus peut-on comprendre que dans un contexte d'intérêts souvent divergents avec les Etats Unis, le soutien indéfectible à Tel Aviv est un des moyens qui permet à Berlin de resserrer les liens avec Washington, partenaire vital pour un pays qui pense avoir besoin de la foce militaire et politique des Etats Unis pour faire pièce au rival stratégique qu'est la Russie. Une partie de l'explication se trouverait donc outre Atlantique auprès du lobby sioniste qui hante les couloirs de la Maison Blanche et du Congrès. Lobby sur lequel je reviendrai tantôt. Je n'ai d'ailleurs pas pu m'empêcher de penser que cet article pouvait aussi se lire comme une critique détournée de la politique des Etats Unis au Proche Orient


 La proximité de Merkel avec Israël lui coûte son influence
par JUDY DEMPSEY, New York Times, 21 janvier 2010 traduit de l'anglais par Djazaïri

Berlin - Il exeste certaines questions politiques dont Angela Merkel n'aime pas parler. L'une est l'Afghanistan. L'autre est le conflit israélo-palestinien. Alors quand elle a été interrogée sur la politique israélienne de colonisation et sur le blocus de Gaza pendant une conférence de presse commune avec Benjamin Netanyahou, le premier ministre israélien ce lundi, elle a minimisé le problème. Il est temps de relancer le processus de paix, a-t-elle dit, passant rapidement à un autre sujet.

Les dirigeants Allemands ont beaucoup de mal à critiquer Israël à cause de la responsabilité que l'Allemagne porte pour l'holocauste et son engagement en faveur de l'existence d'Israël. C'est particulièrement vrai de Mme Merkel qui veut forger une relation plus étroite avec Israël. La position de la Chancelière a rendu encore plus difficile à l'Union Européenne de parler d'une seule voix au Moyen Orient.

Mais la politique de Mme Merkel est incohérente. Elue pour la première fois chancelière fin 2005, elle avait beaucoup insisté sur les droits de l'homme et la liberté. Elle avait critiqué la politique chinoise en matière de droits de l'homme et avait pris en 2007 la décision très controversée de rencontrer à la chancellerie le Dalaï Lama, le chef spirituel Tibétain en exil. La Chine avait menacé de conséquences sévères, telles que la rupture de contrats lucratifs. Hormis l'annulation de quelques rencontres de haut niveau, peu de choses s'étaient passées.

Quand Mme Merkel avait rencontré des organisations non gouvernementales que Vladimir Poutine avait essayé d'interdire, les relations entre Berlin et Moscou s'étaient refroidies. Rien de plus.

Mais en ce qui concerne le Moyen Orient, Mme Merkel n'a guère accordé d'attention aux misérables conditions de vie des Palestiniens à Gaza non plus qu'aux colonies israéliennes ou aux politiques d'arrestation. Les parlementaires Allemands et les politologues disent que de tous les chanceliers d'après-guerre, Mme Merkel est considérée comme la plus pro-israélienne. "La chancelière est particulièrement proche d'Israël," déclare un parlementaire conservateur, Ruprecht Polenz, qui préside la commission des affaires étrangères du parlement allemand.

Si proche que Mme Merkel n'a pas émis une critique des bombardements israéliens contre la bande de Gaza qui ont tué de nombreux civils fin 2008. Par contre, quand les autorités iraniennes ont recouru à la force l'an dernier contre l'opposition qui affirmait que les élections présidentielles avaient été truquées, Mme Merkel a pris une position admirable, devenant un des rares dirigeants à critquer publiquement le régime, appelant même à de nouvelles élections.

M. Polenz pense que tout chancelier Allemand a, à juste titre, la responsabilité de défendre Israël à cause de l'holocauste. Quand il s'agit des relations de Berlin avec le Moyen Orient, "nous ne sommes pas neutres," dit-il. "Mais ça ne veut pas dire que nous ne pouvons pas donner notre point de vue à nos amis Israéliens."

Il en va autrement avec Mme Merkel. En tant que chancelière, elle a fixé trois objectifs à sa politique étrangère: de meilleures relations avec les Etats Unis, une relation plus étroite avec Israël et l'intégration de l'Union Européenne. Ces sujets, explique Gerd Langguth, professeur de science politique à l'université de Bonn et biographe de Mme Merkel, "sont ceux auxquels croit profondément Mme Merkel."

Depuis le crise financière mondiale, les relations entre la chancellerie et le président Barack Obama se sont tendues, notamment parce que les Etats Unis ont ouvertement critiqué l'Allemagne de ne pas en faire assez pour endiguer la crise. De la même manière, l'intégration européenne qui dépend de la coopération franco-allemande, est en panne. Mme Merkel et le président Français Nicolas Sarkozy n'ont pas proposé d'initiatives nouvelles pour rendre l'Europe plus cohérente et crédible en tant qu'acteur sur la scène internationale. Mme Merkel a également souvent placé les intérêts de l'Allemagne avant ceux de l'Europe.
Son seul succès est Israël. "Mme Merkel a un rapport émotionnel avec Israël et le peuple juif," explique M. Langguth.
Mme Merkel s'est embarquée dans sa propre politique personnelle envers Israël, maintenant une relation étroite même après les bombardements sur Gaza. Contre l'avis des diplomates Allemands, Mme Merkel, qui est aussi à la tête du parti conservateur Chrétien-Démocrate, un fidèle partisan d'Israël, a évoqué Israël en tant que "Etat juif" dans l'accord de coalition gouvernementale conclu avec le parti Libéral-Démocrate en octobre dernier. Les Israéliens étaient ravis. "Que d'autres Etats reconnaissent Israël en tant que "Etat juif" fait partie de nos objectifs politiques", explique le professeur Efraim Inbar, directeur du Centre d'Etudes Stratégiques Begin-Sadate de l'université de Bar-Ilan près de Tel Aviv.

Il n'est donc pas étonnant que la réunion de lundi à Berlin ait été chargée de sens. C'était la première fois que des cabinets ministériels israélien et allemand se sont réunis ensemble en Allemagne. Mme Merkel a été à l'initiative de ces consultations spéciales, réservées à seulement quelques pays dont la Russie, la Pologne et la France, après sa visite de 2008 en Israël où elle avait eu le rare privilège de prendre la parole à la Knesset, le parlement israélien.

Muriel Asseburg, une spécialiste du Moyen Orient à l'nstitut Allemand pour les affaires Internationales et de Sécurité à Berlin, affirma que la politique de Mme merkel envers Israël est liée au fait qu'elle a vécu dans l'Allemagne de l'Est communiste.
"Ca a beaucoup à voir avec l'ex Allemagne de l'Est qui ne reconnaissait pas Israël et n'assumait pas la responsabilité pour le troisième Reich, le seconde guerre mondiale et l'holocauste. Merkel a essayé de prendre ses distances avec cette position et de compenser ce passé est-allemand," affirme Mme Asseburg.

Alors si Mme Merkel dit, comme elle l'a fait mardi, qu'il est temps pour Israël et les Palestiniens de s'impliquer à nouveau dans le processus de paix, Mme Asseburg pense que Mme Merkel "ne prendrait pas publiquement une position critique sur la politique israélienne et l'occupation." Son but n'est pas d'accorder une priorité au procesus de paix dans les relations entre Israël et l'Allemagne. Son but est de renforcer toujours plus les relations avec Israël, indépendamment du conflit.

Ce qui va à rebours de la position officielle de l'Allemagne de soutien sans équivoque au procesus de paix et de la solution à deux Etats afin de garantir la sécurité d'Israël et de réaliser les aspitrations palestiniennes. Mais les politologues considèrent que cette politique n'est pas mise en application. "Une posture critique à l'égard de l'occupation et de la politique de colonisation devrait en pratique découler de la responsabilité historique de l'Allemagne et non tomber sous le tabou de l'holocauste," affirme Mme Asseburg.

Cela n'arrivera pas sous Mme Merkel. Ce qui veut dire qu'Israël, très critiquée par d'autres pays européens, aura toujours un allié spécial en Europe et que l'Europe, dans un avenir prévisible, restera incapable d'exercer une influence dans la résolution du conflit israélo-palestinien.

mercredi 20 janvier 2010

Qui oserait racketter un mort?

On le sait, le"miracle" de l'entité sioniste repose avant tout sur le racket des contribuables des Etats Unis et d'Allemagne, mais aussi sur celui des Juifs de par le monde. Ces derniers, de gré ou de force, se voient enjoindre de verser leur obole à l'entité sioniste. Ces versements transitent généralement par des associations caritatives comme celle pour le "bien-être" du soldat sioniste.
Les sommes peuvent être relativement modiques ou s'avérer importantes quand le donateur est une personne aisée telle un dirigeant d'entreprise. Cette année, les fripons innovent car non contents de racketter les vivants, voilà qu'ils s'acharnent sur les morts, où plus exactement sur leur succession dont ils espèrent retirer un butin sur la foi de promesses faites de son vivant par le défunt.
Ils n'ont pas honte du tout. Il est vrai qu'ils ne demandent qu'une petite part d'un magot bien alléchant et que les temps sont durs, la faute à Bernard Madoff.


Des organisations juives en justice pour la succession de Bill Davidson, au moment où son épouse vend l'équipe des Detroit Pistons
par Jonathan Oosting | MLive.com (USA) 20 janvier 2010 traduit de l'anglais par Djazaïri

Au moment où sa veuve envisage de liquider quelques uns de ses avoirs les plus importants, feu Bill Davidson va faire face à une bataille juridique sur deux fronts.
Dans deux actions en justice distinctes, la succession Davidson est accusée de refuser de payer des millions de dollars à des causes juives et israéliennes comme Davidson l'avait promis avant sa mort.

Le Detroit Free Press rapporte qu'Areivim, une organisation caritative juive sise à New York que Davidson avait contribué à fonder en 2006, poursuit la succession pour une somme de plus de 4,8 millions de dollars que Davidson avait promis à l'oeuvre caritative.
De même, Detroit News rapporte que la société d'investissements israélienne Milstones Upgrading & Industries.Co a intenté une action en justice en décembre au motif que la succession Davidson n'a pas donné suite au versement de 13,5 millions de dollars auquel Davidson se serait engagé via sa compagnie d'investissements Big Ben.
Les informations sur les actions en justice tombent la semaine même où Karen Davidson cherche à vendre la franchise NBA (ligue de basket) que son mari avait achetée en 1974.

Bill Shea du journal Crain's Detroit a discuté avec l'ancien actionnaire minoritaire Oscar Feldman qui a confirmé que Mme Davidson envisage de vendre les Detroit Pistons, comme elle l'a fait avec l'équipe des Detroit Shock en octobre.
"Karen étudie la vente de l'équipe, et ses proches partenaires sont partie prenante dans la décision," a déclaré Feldman.

En décembre, Forbes.com a évalué l'équipe à 479 millions de dollars, ce qui fait apparaître les actions en justice comme des clopinettes en comparaison.

Une lumière parmi les Nations luit sur Haïti... ou, de la sionisation de l'aide humanitaire

J'écrivais précédemment que l'aide apportée aux sinistrés Haïtiens par l'entité sioniste ne saurait démentir l'adage sioniste qui veut que charité bien ordonnée commence par soi-même. C'était un peu plus qu'une intuition, compte tenu des propos auto-satisfaits de Benjamin Netanyahou, c'est maintenant une certitude comme en témoignent les larges extraits de la tribune libre signée par un certain Dr Yoel Donchin qui apparemment sait de quoi il parle. On comprend notamment que l'assistance médicale sioniste en zones de catastrophe a en tre autres motifs l'entraînement à l'intervention médicale en situation de guerre. Merci à Tikun Olam d'avoir rendu accessible ce texte qui a été publié en hébreu.


La sionisation des secours aux sinistrés
Tikun Olam (USA)
Je parie que vous ignoriez qu'il y avait quelque chose de particulièrement sioniste dans l'apport d'aide aux sinistrés. On en apprend tous les jours.

Sol Salbe a traduit un article révélateur du Yediot rédigé par un médecin Israélien qui a fait partie jusqu'à une date récente de toutes les équipes israéliennes d'intervention en situation de catastrophe à l'étranger. Puis il a commis l'erreur d'écrire un texte modérément critique des efforts israéliens dans l'aide aux sinistrés. En conséquence, il a été relevé de son obligation de servir dans l'armée et de continuer à participer au programme de secours. La lettre ouverte est si révélatrice (et pas encore disponible en anglais) que je vais en citer de longs passages. Une petite explication d'abord - à l'hôpital de campagne israélien, on a pratiqué l'accouchement de ce que les éuipes de relations publiques d'Israël ont appelé "le premier bébé né après le tremblement de terre." L'équipe médicale a exhorté la mère à nommer son bébé "Israël", ce qu'elle n'a pu que s'empresser de faire en tant qu'obligée. Un autre coup de pub israélien!  

De la relation publique au lieu de sauver des vies

 Envoyer des toilettes mobiles en Haïti aurait été une meilleure option, mais ça ne donne guère d'occasions pour de bonnes photos. Les missions de secours israéliennes dans les zones sinistrées par le passé ont montré que ce genre d'activité était vain.
    Yoel Donchin

J'ai reçu mon congé définitif de l'armée après avoir publié un article qui disait que l'Etat d'Israël agissait comme le proverbial Boy Scout, qui insiste pour faire une BA quotidienne et pou aider une vieille dame à traverser la chaussée même contre son gré. Quelle ingratitude de ma part de publier un tel article alors que j'ai participé à presque toutes les opérations de secours dans les zones de catastrophe à l'étranger! Soudain, je ne suis plus apte à prendre part à ces efforts héroïques. Mais à la lumière de l'expérience que j'ai acquise au cours de ces missions... nos efforts ont été vains.

 En général, nous commençons nos préparatifs pour ce genre de missions dans les heures qui suivent l'annonce d'une catastrophe naturelle. Le plus souvent, l'équipe de secours israélienne est la première à atterrir dans la zone concernée. Comme ceux qui escaladent l'Everest, elle plante son drapeau sur le plus haut sommet disponible, annonçant à tout un chacun que le site a été conquis. Et pour s'assurer que l'opinion publique est au courant de cette réussite sportive, la mission est accompagnée de représentants de la presse, de photographes, d'une équipe du porte parole de l'armée israélienne et autres.
   
J'ai parfaitement compris l'objectif quand le responsable d'une délégation dans une zone de catastrophe avait demandé si les bouteilles à oxygène et certains médecins pouvaient être retirés pour faire de la place aux représentants d'une nouvelle chaîne de télévision et à leur matériel (avec un courage inhabituel, la délégation avait refusé!).

La leçon que j'ai tiré de ces activités dans ces missions est que quand se produit une catastrophe naturelle, ou quand des milliers de personnes sont expulsées par la force de chez elles, comme au Kosovo, les survivants peuvent profiter de l'assistance internationale seulement si elle correspond aux besoins spécifiques de la région. L'assistance doit aussi être coordonnée entre les diverses organisations de secours.

La concurrence dans la course aux zones de catastrophe met une pression énorme sur les autorités locales et les administrations sanitaires. Les aéroports sont saturés par des avions qui déchargent des quantités d'équipements inutiles mais encombrants. Les médecins et les organisations d'aide cherchent des manières d'utiliser un itinéraire unique de transport et sont en fait un fardeau. La bonne manière d'aider est d'envoyer une petite équipe en éclaireur pour évaluer les dimensions du désastre...

    Appelleraient-ils cet enfant Israël?

 Trois composantes sont essentielles: abri, eau et nourriture - ces éléments sont primordiaux si on veut sauver le plus de personnes possible. Des équipements de purification de l'eau, des tentes, des rations alimentaires de base sont nécessaires. Mais ils n'ont pas l'effet spectaculaire recherché. Si nous procédions ainsi, nous manquerions le spectacle de cet enfant qui est né avec l'aide de nos médecins. Plus certainement encore, la mère dans son excitation n'aurait pas donné à son enfant (qui sait s'il vivra jusqu'à un âge avancé?) le nom Israël ou celui de l'obstétricien ou de l'infirmière (Pourrait-il bénéficier de la citoyenneté parce qu'il est né en terrtoire israélien? Il y aurait du monde pour s'y opposer). Le spectacle est vraiment classe, mais on peut douter de sa nécessité.

Un bébé baptisé israël ...qui, s'il atteint l'âge adulte, ne sera jamais le bienvenu en Israël
S'agissant d'Israël, notre mission humanitaire actuelle comprend un contrôleur de la cacherout, du personnel de sécurité etc.

Pour la présente catastrophe, dont l'ampleur est sans commune mesure avec ce que nous avons connu jusqu'à ce jour, le besoin ne consiste pas tant en hôpitaux de campagne qu'en toilettes mobiles. On a plus besoin de matériel d'excavation pour creuser des tombes et de canalisations d'évacuation des eaux usées.

Un pays qui veut apporter de l'aide humanitaire sans se préoccuper de son image médiatique devrait envoyer tout ce dont les victimes ont besoin, et pas ce qu'il veut fournir. Mais le bulletin d'informations du soir montrerait-il le chef de la mission israélienne dans sa base avec 500 cabinets de toilette chimiques? C'est improbable. Il est beaucoup plus médiatique de montrer un hôpital israélien plein d'étoiles de David et, bien entendu, des médecins et des infirmières dévoués, vêtus d'uniformes tape à l'oeil avec un drapeau israélien à la boutonnière.

... Il est plus probable qu'une aide financière en rapport avec les ressources d'Israël aurait été préférable aux énormes dépenses et à la logistique compliquée liées à l'entretien d'une unité médicale sur le terrain...

Mais apparemment, une minute de passage à la télévision est beaucoup plus importante... et en fait, Israël se sert des catastrophes comme terrain [militaire] d'entraînement pour les secours et les soins médicaux. Au bout d'une quinzaine de jours, la mission devrait rentrer en israël. Pour être vraiment efficace, un hôpital de campagne doit fonctionner pendant deux ou trois mois, mais c'est une condition qu'Israël ne peut remplir.

... c'est seulement dans l'enceinte de l'équipe d'assistance israélienne en haîti qu'on peut voir de grands panneaux indiquant le nom du pays donateur placés bien en vue.

    Le Prof. Yoel Donchin est le directeur de la Patient Safety Unit au Hadassah Medical Centre de Jerusalem.

lundi 18 janvier 2010

Haïti: indifférence arabe et générosité sioniste (selon des sources bien informées)

La propagande sioniste s'est saisie de la tragédie qui vient de s'abattre sur Haïti, et met en avant l'action des secouristes venus de l'entité sioniste qui est bien mise en valeur.
Il s'agit de bien montrer, comme le dit Benjamin Netanyahou, que l'entité sioniste est "un petit pays avec un grand coeur." (sûrement issu d'un trafic d'organes).
Peut-être, mais avant tout un pays qui considère que charité bien ordonnée commence par soi même et qui entend bien tirer un profit des cadavres et des blessés de cet Etat de la Caraïbe.
La hasbara s'est empressée d'insister sur l'indifférence arabe face à cet altruisme sioniste.
Comme le remarquent des forumistes sur bladi.net, l'aide arabe est rarement médiatisée et il est également rare que les pays arabes cherchent à la médiatiser. Question d'éthique pensent les forumistes.
Peut-être. Il reste que les pays arabes ne sont pas restés indifférents et font leur devoir pour venir en aide aux victimes du tremblement de terre.
Le site Libanews recense ainsi les dispositions prises par un certain nombre de pays du Proche Orient, et il ne s'agit pas de mesures symboliques. A titre d'exemple, dès le 15 janvier uné équipe médicale jordanienne a été dépêchée sur place... Le Maroc n'a pas non plus été en reste ainsi qu'on l'apprend ici. Même les palestiniens de la bande de Gaza ont fait un geste peut-on lire sur Euronews.

Reste l'Algérie dont TSA note l'étrange silence du gouvernement. Espérons que ce silence n'est pas synonyme d'inaction.