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jeudi 25 février 2016

Au regard du droit, le régime sioniste est un régime d'apartheid et son boycott est légitime

J'ai eu vraiment plaisir à traduire cet article de Ben White, un militant pro-palestinien très connu en Grande Bretagne.
La traduction est perfectible, j'en suis bien conscient, mais je suis heureux de proposer ce texte à tous ceux qui s'intéressent à la cause palestinienne et à la question de la liberté des peuples en général.
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Ben White
Ben White a écrit ce texte dans un contexte marqué en Grande Bretagne comme en France mais aussi au Canada par une offensive de ceux qui sont opposés aux campagnes BDS, c'est-à-dire Boycott Désinvestissement et Sanctions à appliquer à l'entité sioniste.
Une offensive concertée et sans douté décidée à Tel Aviv avant d'être relayé jusque dans nos mairies.
Invitation à boycotter l'entreprise Total à l'époque du
 régime d'apartheid en Afrique du Sud

Qualifier d'apartheid l'occupation israélienne de la Palestine n'est ni de la simplification, ni de la provocation – c'est un constat de fait.

Non seulement ce constat a le soutien des Sud-Africains qui ont lutté contre l'apartheid mais la situation correspond à la définition [de l'apartheid] selon le droit international.
Par Ben White, The Independent (UK) 24 février 2016 traduit de l'anglais par Djazairi
Cette semaine, j'ai participé à des événements organisés dans le cadre de la Semaine de l'Apartheid Israélien qui chaque année "vise à éveiller les consciences sur le projet colonial israélien en cours et les politiques d'apartheid appliquées à la population palestinienne."
Aux yeux de certains, parler d'un "apartheid" israélien peut leur sembler être juste un autre effet de manche utilisé par des militants. D'autres considèrent cela comme inutile, simplificateur, provocateur ou même antisémite.
Mais que disons-nous vraiment quand nous parlons d'un apartheid israélien ?
Tout d'abord, et surtout, il ne s'agit pas d'une analogie trait pour trait avec ce qu'était le régime sud-africain. Même s'il est vrai que de fortes personnalités de l'époque de la lutte anti-apartheid ont invoqué la comparaison. En 2002, par exemple, Desmond Tutu avait dit qu'un séjour en Palestine lui avait rappelé "beaucoup de choses qui nous étaient arrivées, à nous population noire d'Afrique du Sud." Et en 2009, Tutu avait aussi approuvé un livre que j'avais écrit intitulé "Israeli Apartheid : A Beginner's Guide" (l'apartheid israélien, un guide pour les débutants).
Il y a énormément de choses à dire sur ce qui s'est passé en Afrique du Sud et ce qui se passe en Israël et en Palestine. Mais cette comparaison n'a pas de rapport avec la recherche de savoir si parler d'apartheid israélien est juste ou adapté.
La raison en est que l'apartheid est un crime en droit international, indépendamment de ce qu'a connu l'Afrique du Sud. Le protocole additionnel de 1977 aux Conventions de Genève de 1949, cite l'apartheid comme une "grave violation" qui n'a "aucune limitation géographique".
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Le boycott a été et reste un moyen de lutte légitime

L'apartheid est aussi qualifié de "crime contre l'humanité" dans le statut de Rome de la Cour Pénale Internationale adopté en 1998 – quatre ans après la fin officielle de l'apartheid en Afrique du Sud.
Le statut de Rome définit l'apartheid comme des actes inhumains "commis dans le cadre d'un régime institutionnalisé d'oppression systématique et de domination d'un groupe racial sur tout autre groupe racial ou tous autres groupes raciaux et dans l'intention de maintenir ce régime"
Les lois et les pratiques israéliennes répondent-elles à cette définition ? Selon les termes mêmes du Département d'Etat des Etats Unis, les Palestiniens font face à "une discrimination institutionnelle et sociétale." Elle touche des domaines comme l'immigration et la vie de famille, le logement et le foncier.
Il n'existe aucune garantie d'égalité, et les défenseurs des droits de l'homme ont identifié plus de cinquante lois discriminatoires.
En Cisjordanie, l'Etat juif a créé et établi un réseau de colonies illégales dont les habitants – des citoyens d'Israël – vivent parmi des Palestiniens qui sont soumis à la loi martiale. Pendant que les colonies s'étendent, les maisons palestiniennes sont démolies.
Récemment, selon les termes de l'ONG israélienne pour les droits de l'homme B'Tselem, les autorités israéliennes ont "accentué leurs efforts pour expulser des villages palestiniens de vastes zones de la Cisjordanie" – c'est du nettoyage ethnique.
Entre le 1er janvier et le 15 février de cette année, selon les chiffres des Nations Unies, les forces israéliennes ont détruit ou confisqué 283 maisons et autres structures palestiniennes, déplaçant 404 personnes.
Un haut fonctionnaire de l'ONU a expliqué que si la plupart de ces démolitions "ont été pratiquées sur la base de l'argument juridique spécieux que ces Palestiniens n'avaient pas de permis de construite," les chiffres israéliens eux-mêmes montrent que "seulement 1,5 % des demandes de permis déposées par des Palestiniens sont acceptées."
Amnesty International a décrit le "déni officiel de participation à la planification [d'occupation du sol] pour toute une population, couplé avec l'établissement d'un système parallèle de planification pour les colonies israéliennes qui est une discrimination explicite en faveur d'une autre population dont la fait même de vivre dans le territoire en question enfreint le droit international" comme " unique au monde".
Dans la bande de Gaza, les Palestiniens continuent à souffrir sous un blocus israélien qui constitue un châtiment collectif illégal. Quant d'Israël ne conduit pas ses horribles attaques à grande échelle sur ce territoire entièrement clôturé, il y a des attaques de routine contre des pêcheurs et des paysans palestiniens.
En fait, les Palestiniens de Gaza sont en majorité des réfugiés dont les terres se trouvent à seulement quelques kilomètres plus loin dans le territoire israélien d'avant 1967. Ce qui nous rappelle le fait que la "majorité juive" d'Israël a été obtenue au prix de l'expulsion des Palestiniens et n'est maintenue que la perpétuation de leur exclusion.
Ce n'est là qu'un échantillon – mais le point essentiel ici est que les crimes d'Israël ne sont pas des "aberrations". Ce ne sont pas les agissements de quelques généraux excités ou d'un gouvernement d'une droite particulièrement extrême. Nous parlons ici d'une législation qui fixe un cadre et de politiques poursuivies par l'Etat depuis des dizaines d'années.
Nous parlons donc, ainsi que le statut de Rome l'énonce, "d'actes inhumains…commis dans le cadre d'un régime institutionnalisé". C'est pourquoi le Comité des Nations Unies pour l'Elimination de la Discrimination Raciale a exhorté Israël à "éradiquer" toutes les pratiques qui enfreignent la prohibition de la "ségrégation raciale et de l'apartheid."
Rejeter tous ces éléments au motif qu'Israël "ce n'est pas la même chose que l'Afrique du Sud" revient à passer à côté du sujet, de la même manière que blanchir la discrimination systématique simplement parce qu'il y a un "Arabe" à la Cour Suprême israélienne (un seul sur 66 juges aujourd'hui comme hier) n'est que de la symbolique à bon marché.
Les faits sont clairs. C'est l'apartheid israélien qui devrait susciter l'indignation – pas les campagnes (ou les boycotts) en faveur des droits élémentaires des Palestiniens.

mercredi 24 février 2016

Pour la majorité des étudiants juifs américains, l'Etat "juif" n'est pas civilisé.

Le site de Philip Weiss reste une des sources les plus riches quand on s'intéresse à l'actualité relative à la cause palestinienne. [vous pouvez aller directement à l'article qui se trouve à la fin de mon texte]
Il le prouve une nouvelle fois en révélant l'essentiel de la teneur d'une conférence qui s'est tenue à Jérusalem dans l'objectif de trouver les moyens d'une propagande efficace en faveur de l'entité sioniste et de contrer le mouvement BDS (boycott, désinvestissement, sanctions)
On sait que faute d'arguments légitimes, les partisans de l'entité sioniste en sont désormais le plus souvent réduits à faire pression sur les gouvernements étrangers pour qu'ils adoptent des dispositions qui rendent l'appel au boycott illégal. C'est déjà le cas en France avec la circulaire Alliot-Marie que Sainte Christiane Taubira s'est bien gardée d'abroger. Ailleurs, comme au Canada, c'est une motion motion votée au parlement tandis que le Royaume Uni se prépare à légiférer pour interdire le BDS…
Ce qui n'empêchera pas le mouvement de boycott de prendre de l'ampleur tout comme l'impopularité ou du moins le scepticisme à l'égard de l'entité sioniste.
Ainsi, les conférenciers sionistes ont pu avoir un état des lieux inquiétants sur la perception de l'entité sioniste par les étudiants juifs américains. Ces derniers non seulement ne sont pas une majorité à penser que l'entité sioniste veut la paix, mais ils sont à peine 38 % à considérer que nous parlons d'un Etat "civilisé".
Ce qui ne signifie bien sûr pas qu'ils renoncent nécessairement à soutenir l'entité sioniste mais qui donne à penser que ce soutien n'est pas un acquis intangible.
Et c'est là un gros problème pour le régime sioniste. En effet, cette entité coloniale s'est elle-même mise sous la coupe d'une métropole en obtenant la protection des Etats Unis. Au fil des ans, la colonie juive a su construire tout un dispositif de propagande, d'influence et de contrôle qui lui permet d'influer fortement sur la politique de la métropole, du moins quand cette politique est en rapport avec sa sécurité et sa prospérité.
Ce contrôle n'est pas absolu et il peut être mis en échec à force de patience et d'habileté, ce qu'ont su démontrer Barack Obama et John Kerry dans le dénouement de la crise avec l'Iran. Une démarche qui n'a été possible que parce que Barack Obama effectue son deuxième et dernier mandat présidentiel !
Un des instruments de ce contrôle est la communauté juive, ou plus exactement les organisations communautaires juives qu'elles agissent dans le domaine social, culturel, religieux ou politique. C'est par leur intermédiaire que l'actions sioniste peut se déployer verticalement, vers les couches dirigeantes (élus municipaux, gouverneurs d'Etats, sénateurs etc.) et horizontalement (vers les citoyens ordinaires).
L'animation et les relais de ces organisations, aussi bien verticalement qu'horizontalement, est le plus souvent assurée par des membres de l'élite, c'est-à-dire des gens qui occupent des postes à responsabilité dans les domaines de l'économie, de la culture, de l'information, de la religion etc. Ces gens ont généralement été formés à l'université [il n'existe pas de "grandes écoles" aux Etats Unis] où ils ont acquis non seulement des compétences et des connaissances mais aussi une vision de la vie et de la politique au sens large parfois sur la base d'engagements pour telle ou telle cause.
L'état moral de cette frange de la population étudiante donne donc une indication sur les orientations que pourrait prendre cette population une fois arrivée à l'âge de maturité et de la participation active à la vie publique locale, régionale ou nationale.
Et quand on s'intéresse à la population étudiante juive, cet état moral semble des plus préoccupants si on en croit un spécialiste des enquêtes d'opinion qui participait à la conférence de Jérusalem.

 La majorité des étudiants juifs américains ne voit pas Israël comme un pays "civilisé" ou une "démocratie" affirme Luntz lors d'une conférence secrète anti-BDS

par Ofer Neiman, Mondoweiss (USA) 2 février 2016 traduit de l'anglais par Djazaïri
Le lien vers l'information en hébreu. En résumé :
Le ministre Gilad Erdan [ministre de la sécurité publique, des affaires stratégiques et de l'information] a organisé une conférence secrète à Jérusalem, qui a réuni 150 partisans influents d'Israël.
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Gilad Erdan et son complice Benjamin Netanyahou

Le spécialiste des sondages d'opinion Frank Luntz, marqué politiquement à droite, [qui avait auparavant affirmé que sionisme était devenu un gros mot pour les élites des Etats Unis] a présenté des statistiques :
_ La tentative du ministère du tourisme pour vendre Israël comme une destination sympa [filles et bikinis] a échoué.
– Les étudiants juifs américains ont une image de plus en plus négative d'Israël
- Ils ne sont que 42 % à croire qu'Israël veut la paix.
-Seulement 38 % d'entre eux pensent que 'Israël est civilisé et occidental”.
-31% seulement considèrent qu'Israël est une démocratie.
– Pas moins de 21 % d'entre eux pensent que les Etats Unis devraient prendre le parti des Palestiniens.
Le nouvel agenda, pas si nouveau que ça, proposé par Luntz et Cie : les partisans d'Israël doivent dire qu'ils sont pour le dialogue et un processus de paix qui passe par la diplomatie, et ils doivent accuser ceux qui soutiennent le BDS de faire obstacle au dialogue et de répandre la haine.

vendredi 18 décembre 2015

Une candidate aux élections sénatoriales en Espagne bloquée pendant quatre mois dans la bande de Gaza

Izquierda Unida (IU, Gauche Unie) est à peu près l'équivalent espagnol du Front de Gauche français qui est cependant de constitution plus récente. Formation politique à géométrie variable, IU est structurée essentiellement autour du Parti Communiste Espagnol (PCE) qui y joue un rôle prédominant.
Aux dernières élections générales tenues en 211 , IU avait rassemblé 6,9 ¨des voix et 11 députés. Aux élections européennes de 2014 , IU a obtenu 9,9 % des voix. C'est donc une force politique non négligeable même si elle ne peut prétendre jouer les premiers rôles.
Il se trouve que Jaldia Abubakra, une membre d'IU, candidate qui plus est aux prochaines élections sénatoriales en Espagne, a été retenue contre son gré quatre mois dans la bande de Gaza, Cette militante d'origine palestinienne vient tout juste d'être autorisée par les terroristes sionistes à quitter ce territoire palestinien sous blocus et elle a pu regagner Madrid aujourd'hui.
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Jaldia Abubakra

On notera que le gouvernement égyptien, pourtant sollicité par l'Espagne, n'a pas daigné ouvrir sa frontière pour laisser sortir la militante hispano-palestinienne.
On notera aussi le silence de la classe politique européenne sur cette situation qui aurait provoqué l'indignation générale si elle avait été le fait de n'importe quel autre pays.

La candidate de Izquierda Unida (IU, Gauche Unie) peut sortir de Gaza où elle était bloquée depuis août

Jaldia Abubakra, retenue à Gaza par les autorités israéliennes arrive vendredi en Espagne
Agences Madrid, El Pais (Espagne) 17 décembre 2015 traduit de l'espagnol par Djzaïri
La candidate de IU à l'élection sénatoriale Jaldia Abubakra, retenue à Gaza par les autorités israélienne, est en chemin pour Jérusalem, et elle prévoit d'arriver en Espagne vendredi, a annoncé l'agence Efe. Après quatre mois passés dans la bande de Gaza, Abubakra en est sortie jeudi accompagnée d'agents de la Guardia Civil. L'ambassade d'Espagne en Israël lui cherche un avion pour qu'elle puisse arriver vendredi à Madrid.
La candidate était entrée le 18 août dernier dans le territoire palestinien pour rendre visite à sa sœur qui venait de perdre son mari et, depuis lors, elle essayait de quitter la bande de Gaza. Abubakra est née à Gaza mais vit en Espagne depuis trente ans et travaille à la mairie de Madrid où ses collègues de travail lui ont obtenu une exemption d'obligation de présence en raison des circonstances particulières.
Le 11 décembre dernier, les eurodéputés de IU, Marina Albiol y Javier Couso, ont demandé à la chef de la diplomatie européenne Federica Mogherini ainsi qu'au Service Européen d'Action Extérieure (SEAE) de faire pression sur Israël pour qu'il laisse sortir de Gaza la candidate qui vient en seconde position sur la liste de IU – Unidad Popular por Madrid pour l'élection sénatoriale.
En troisième position sur la liste d'IU pour l'élection au Congrès, Enrique Santiago avait de son côté transmis au ministère des affaires étrangères à Madrid une autre lettre signée également par Albiol et Couso dans laquelle ils exigeaient du ministre José Manuel Garcia – Margallo qu'il intervienne auprès des autorités israéliennes et égyptiennes pour débloquer la situation.

lundi 30 novembre 2015

A Gaza, danser c'est aussi résister

Comme dans le ballet, cet article intéressant ne nous épargne pas quelques figures imposées, comme celle qui nous ferait presque croire que ce que vit la bande de Gaza, blocus et bombardements, est la faute du Hamas dont l'arrivée au pouvoir aurait en quelque sorte mis fin à une situation... Au fait quelle situation ?
Au milieu du chaos et de la destruction qui a ravagé la bande de Gaza si souvent, avec des guerres répétées entre Israël et le Hamas, l'école est un havre de calme et d'ordre.
par Nidal al-Mughrabi, Reuters Christian Science Monitor (USA) 30 novembre 2015 traduit de l'anglais par Djazaïri
Gaza ville – Le groupe de fillettes aux cheveux nattés et vêtues de rose étiraient leurs bras sur les côtés et pivotaient sur la pointe des pieds, essayant désespérément de tenir l'équilibre. L'oeil perçant de leur professeur surveillait la dernière cuvée d'aspirantes ballerines de Gaza.
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Quinze filles âgées de cinq à huit ans sont actuellement inscrites à l'école de ballet du Al-Qattan Center for Children de Gaza, ce qui en fait un des cours les plus populaires parmi ceux que propose le centre, sous le regard attentif d'une enseignante ukrainienne.
Au milieu du chaos et de la destruction qui a ravagé la bande de Gaza si souvent au cours des cinq dernières années, avec des guerres répétées entre Israël et le Hamas, l'école est un havre de calme et d'ordre, un lieu dont bon nombre de parents sont impatients que leurs enfants puissent profiter.
« Le projet de ballet était un rêve pour beaucoup de familles, » explique Heyam Al-Hayek, le directeur des activités culturelles au centre Qattan. « Ils demandaient des cours de ballet mais nous ne trouvions pas de formateurs. C'était difficile de faire venir un instructeur de l'étranger. »
Le rêve a commencé à prendre forme quand ils ont rencontré Tamara, une Ukrainienne mariée à un Palestinien et qui réside à Gaza, qui avait étudié la danse et avait la qualification pour l'enseigner. Elle a demandé à ce pas donner son nom de famille.
Un programme pilote a commencé pendant l'été dans l'attente de savoir combien de parents adhéreraient au projet étant donné que Gaza est une société conservatrice où le ballet n'est pas une passe-temps commun. En moins de temps qu'il ne faut pour le dire, 50 enfants, uniquement des filles, étaient inscrites. Il y a maintenant une liste d'attente qui va dans les centaines.
Dans le hall carrelé, 14 élèves étaient alignées à l'unisson le long du mur, une main serrant une longue barre métallique. Quand Tamara leur montrait les pas, elles l'imitaient avec précision, faisant angle avec leurs pieds et fléchissant leurs genoux, un bras en extension, mentons relevés.
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Certains de ces enfants ont connu quatre guerres dans leurs courtes vies, avec la bande de Gaza sous tension depuis que l'organisation islamiste Hamas a pris le plein contrôle de l'enclave en 2007. Depuis lors, l'Egypte et Israël ont maintenu un blocus sur le territoire, contrôlant de près les entrées et sorties de biens et de personnes.
Pour les parents, la chance pour un enfant de participer à quelque chose de si éloigné de la vie quotidienne à Gaza est une richesse à la fois éducative et psychologique. La mère de Maria, six ans, dit que le ballet a aidé sa fille à surmonter des années de traumatisme.
« Elle souffrait depuis la guerre de 2012, et son était avait empiré avec la guerre de l'an dernier, » explique Manal Abu Muamar en décrivant les cauchemars de Maria et sa peur au moment d'aller dormir.
« Après le premier cours de baller, elle était rentrée à la maison gaie comme un pinson. Elle avait fait les mouvements qu'elle avait appris, et elle tournait dans la maison comme un papillon. »
Près de la moitié du 1,8 million d'habitants de gaza a moins de 18 ans, et l'UNICEF, estime que 400 000 d'entre eux ont besoin d'une forme de soutien psychologique.
Mais outre l'aspect loisir pour s'évader et désir d'essayer ce qu'elles ont peut être vu seulement à la télévision, certaines élèves sont décrites par leur professeur comme des «filles costauds» et« excellentes » qui ont la volonté d'aller plus loin dans la danse.
« J'imitais les danses de ballet que je voyais à la télévision ou sur YouTube, » dit Bana Zuarub, huit ans.
« Maintenant j'apprends pour de bon, et j'adore ça. »

dimanche 15 novembre 2015

Les attentats de Paris sont une juste rétribution pour l'holocauste selon ce rabbin

Dov Lior n'est certainement pas un rabbin marginal, au contraire.

Le rabbin d'extrême droite des colonies : les attentats de Paris sont une rétribution pour l'holocauste

The Jerusalem Post (Sionistan) 15 novembre 2015 traduit de l'anglais par Djazaïri
Le propos de Dov Lior, Grand Rabbin de la colonie israélienne de Kiryat Arba a été initialement rapportée par l'agence de presse Walla ! [agence sioniste, NdT]
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Le rabbin Dov Lior porté en triomphe par ses ouailles
Samedi, pendant les funérailles d'un père et de son fils abattus par des terroristes palestiniens, le dignitaire religieux sioniste d'une colonie juive en Cisjordanie a dit à l'assistance que les attentats de Paris étaient mérités en raison de ce que les Européens « ont fait à notre peuple il y a 70 ans. »
« Les méchants dans cette Europe gorgée de sang le méritent pour ce qu'ils ont fait à notre peuple il y a 80 ans, » a déclaré Lior.
Le rabbin controversé avait précédemment approuvé par écrit un livre intitulé «La Torah du Roi3 qui avait été co-écrit en 2009 par le Rabbin Yitzhak Shapira, une personnalité extrémiste des colonies, qui autorisait à tuer les civils non juifs en temps de guerre.
Il avait été convoqué par la police pour être interrogé au motif d'incitation à la violence mais il avait refusé de se présenter, affirmant que la Torah n'était pas ouverte aux enquêtes policières. Il avait donc subséquemment été arrêté pour être interrogé mais aucune charge n'avait été retenue contre lui.
L'an dernier, Lior a publié une lettre expliquant que la loi juive permet de détruite toute la Bande de Gaza pour apporter la paix au sud du pays.
Lior indiquait avoir reçu des questions pour savoir si la loi juive permet de porter atteinte à une population civile non directement impliquée avec les combattants.
Il avait d'abord cité l'opinion du Maharal de Prague, un rabbin renommé du 18ème siècle, qui avait écrit qu'une nation agressée peur mener une guerre sans merci à la nation qui l'attaque, et qu'elle n'est pas obligée de se préoccuper de la sécurité des gens qui sont personnellement impliqués dans les hostilités.
« En temps de guerre, une nation attaquée a le droit de punir la population ennemie avec les mesures qui lui semblent convenir, comme le blocus sur les fournitures en électricité, ainsi que le bombardement de l'ensemble de la zone selon ce qu'estime nécessaire le ministre de la défense, et d'éviter de mettre en danger inutilement les soldats mais au contraire de prendre les mesures dissuasives et d'exterminer l'ennemi, » écrivait Lior.
S'exprimant sur les hostilités avec le Hamas, le rabbin poursuivait en affirmant que « dans le cas de Gaza, il serait même permis au ministre de la défense d'ordonner la destruction de tout Gaza de sorte à ce que le sud [de l'entité sioniste] ne souffre plus et pour prévenir des atteintes contre notre peuple qui souffre depuis si longtemps à cause des ennemis qui nous entourent. »
« Le langage et les considérations humanitaires ne sont rien quand on les met en balance avec la préservation des vies de nos frères dans le sud et dans tout le pays ainsi que la restauration de la tranquillité sur notre territoire, » avait-il dit.

mercredi 4 novembre 2015

Eprouver de l'empathie pour les bourreaux? Oui, s'ils sont sionistes!

On le sait, la presse occidentale, singulièrement française, tend à s'attarder beaucoup plus sur les victimes juives du conflit en Palestine occupée que sur les victimes palestiniennes. Peu importe si ces victimes sont en grande majorité des civils dont des femmes et des enfants.
S'il n'y avait que ça!
Il y a aussi le fait que souvent on nous invite à connaître les états d'âme des soldats du régime sioniste, manière comme une autre d'essayer d'amenée l'auditeur, le téléspectateur ou le lecteur à ressentir de l'empathie pour les assassins.

priez pour eux

jeudi 9 avril 2015

Publié en 1968, un livre indispensable de Pierre Démeron sur les liens entre sionisme et élites françaises

Ce livre de Pierre Démeron, publié en 1968, est indispensable pour ceux qui veulent comprendre l'enracinement du soutien à l'entité sioniste dans une bonne partie des élites de l'après-guerre et formées durant la guerre d'Algérie. Parmi ces élites, des personnes aussi diverses que Juliette Gréco ou Valéry Giscard d'Estaing.
Pierre Démeron n'était nullement un marginal, critique littéraire pour un magazine féminin, il participait à des émissions littéraires à la radio et a rencontré les grandes personnalités du monde de la culture.

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Clic pour télécharger le livre en pdf



mercredi 25 mars 2015

La Charte nationale palestinienne (dite charte de l'OLP), un texte qui reste d'actualité

En effet, le texte n'est pas caduc.


Charte nationale.

1. La Palestine est la patrie du peuple arabe palestinien ; elle constitue une partie inséparable de la patrie arabe et le peuple palestinien fait partie intégrante de la nation arabe.
2. La Palestine, dans les frontières du mandat britannique, constitue une unité territoriale indivisible.
3. Le peuple arabe palestinien détient le droit légal sur sa patrie et déterminera son destin après avoir réussi à libérer son pays en accord avec ses voeux, de son propre gré et selon sa seule volonté.
4. L'identité palestinienne constitue une caractéristique authentique, essentielle et intrinsèque ; elle est transmise des parents aux enfants. L'occupation sioniste et la dispersion du peuple arabe palestinien, à la suite des malheurs qui l'ont frappé, ne lui font pas perdre son identité palestinienne, ni son appartenance à la communauté palestinienne, ni ne peuvent les effacer.
5. Les Palestiniens sont les citoyens arabes qui résidaient habituellement en Palestine jusqu'en 1947, qu'ils en aient été expulsés par la suite ou qu'ils y soient restés. Quiconque est né de père palestinien après cette date, en Palestine ou hors de Palestine, est également palestinien.
6. Les juifs qui résidaient habituellement en Palestine jusqu'au début de l'invasion sioniste seront considérés comme palestiniens.
7. L'existence d'une communauté palestinienne, qui a des liens d'ordre matériel, spirituel et historique avec la Palestine, constitue une donnée indiscutable. Tous les moyens d'information et d'éducation doivent être employés pour faire connaître à chaque Palestinien son pays de la manière la plus approfondie, tant matériellement que spirituellement. Il doit être préparé à la lutte armée et au sacrifice de ses biens et de sa vie afin de recouvrer sa patrie et d'oeuvrer à sa libération.
8. La phase historique que traverse actuellement le peuple palestinien est caractérisée par la lutte nationale pour la libération de la Palestine. De ce fait, les dissensions entre les forces nationales palestiniennes sont d'une importance secondaire et doivent être résolues eu égard à la contradiction fondamentale qui existe entre les forces du sionisme et de l'impérialisme, d'un côté, et le peuple palestinien arabe, de l'autre. Sur cette base, les masses palestiniennes, qu'elles résident dans la patrie ou en exil, constituent — tant leurs organisations que les individus — un front national oeuvrant pour la restauration de la Palestine et sa libération au moyen de la lutte armée.
9. La lutte armée est la seule voie menant à la libération de la Palestine. Il s'agit donc d'une stratégie d'ensemble et non d'une simple phase tactique. Le peuple arabe palestinien affirme sa détermination absolue et sa ferme résolution de poursuivre la lutte armée et de préparer une révolution populaire armée afin de libérer son pays et d'y revenir. Il affirme également son droit à avoir une vie normale en Palestine, ainsi que son droit à l'autodétermination et à la souveraineté sur ce pays.
10. L'action des commandos constitue le centre de la guerre de libération populaire palestinienne, ce qui exige d'en élever le degré, d'en élargir l'action et de mobiliser tout le potentiel palestinien en hommes et en connaissances, en l'organisant et en l'entraînant dans la révolution palestinienne armée. Cela suppose aussi la réalisation de l'unité en vue de la lutte nationale parmi les divers groupements du peuple palestinien, ainsi qu'entre le peuple palestinien et les masses arabes afin d'assurer la continuation de la révolution, son progrès et sa victoire.
11. Les Palestiniens auront trois mots d'ordre : l'unité nationale, la mobilisation nationale et la libération.
12. Le peuple palestinien croit à l'unité arabe. Afin de contribuer pour sa part à la réalisation de cet objectif, il doit cependant, au stade actuel de la lutte, sauvegarder son identité palestinienne et renforcer la conscience qu'il a de cette identité, en s'opposant à tout plan qui risquerait de la diminuer ou de l'affaiblir.
13. L'unité arabe et la libération de la Palestine sont deux objectifs complémentaires, la réalisation de l'un facilite celle de l'autre. Ainsi, l'unité arabe mène-t-elle à la libération de la Palestine, et la libération de la Palestine à l'unité arabe. Les actions visant à la réalisation de chacun de ces deux objectifs vont de pair.
14. Le destin de la nation arabe et, à vrai dire, l'existence arabe elle-même dépendent du destin de la cause palestinienne. De cette interdépendance découlent les efforts de la nation arabe tendant à la libération de la Palestine. Le peuple palestinien tient un rôle d'avant-garde dans la réalisation de ce but national sacré.
15. La libération de la Palestine est, du point de vue arabe, un devoir national ayant pour objet de repousser l'agression sioniste et impérialiste contre la patrie arabe et visant à éliminer le sionisme de la Palestine. La responsabilité entière incombe à cet égard à la nation arabe — peuples et gouvernements — avec à l'avant-garde le peuple arabe de Palestine. Il s'ensuit que la nation arabe doit mobiliser tout son potentiel militaire, humain, moral et spirituel afin de participer activement avec le peuple palestinien à la libération de la Palestine. Elle doit, notamment dans la phase de la révolution armée palestinienne, offrir et fournir au peuple palestinien toute l'aide et tout le soutien matériel et humain possible et mettre à sa disposition les moyens et les facilités qui lui permettront de continuer à tenir son rôle de premier plan dans la révolution armée, jusqu'à la libération de la patrie.
16. La libération de la Palestine, d'un point de vue spirituel, fera bénéficier la Terre sainte d'une atmosphère de sécurité et de quiétude, ce qui assurera la sauvegarde des lieux saints et garantira la liberté du culte en permettant à chacun de s'y rendre, sans distinction de race, de couleur, de langue ou de religion. C'est pourquoi les Palestiniens souhaitent l'aide de toutes les forces spirituelles du monde.
17. La libération de la Palestine, d'un point de vue humain, rendra à l'homme palestinien son honneur, sa dignité et sa liberté. C'est pourquoi le peuple arabe palestinien compte sur l'appui de tous ceux qui, dans le monde, croient en l'honneur de l'homme et en sa liberté.
18. La libération de la Palestine, d'un point de vue international, est une action défensive rendue nécessaire par les besoins de l'autodéfense. C'est pourquoi le peuple palestinien, naturellement ouvert à l'amitié de tous les peuples, compte sur l'appui de tous les États épris de liberté, de justice et de paix afin que ses droits légitimes soient restaurés en Palestine, que la paix et la sécurité y soient rétablies et qu'il puisse exercer sa souveraineté nationale et sa liberté.
19. Le partage de la Palestine en 1947 et l'établissement de l'État d'Israël sont entièrement illégaux, quel que soit le temps écoulé depuis lors, parce qu'ils sont contraires à la volonté du peuple palestinien et à son droit naturel sur sa patrie, et en contradiction avec les principes contenus dans la Charte des Nations Unies, particulièrement en ce qui concerne le droit à l'autodétermination.
20. La Déclaration Balfour, le mandat sur la Palestine et tout ce qui en découle sont nuls et non avenus. Les prétentions fondées sur les liens historiques et religieux des juifs avec la Palestine sont incompatibles avec
les faits historiques et avec une juste conception des éléments constitutifs d'un État. Le judaïsme, étant une religion, ne saurait constituer une nationalité indépendante. De même, les juifs ne forment pas une nation unique dotée d'une identité propre, mais ils sont citoyens des États auxquels ils appartiennent.
21. S'exprimant par la révolution armée palestinienne, le peuple arabe palestinien rejette toute solution de remplacement à la libération intégrale de la Palestine et toute proposition visant à la liquidation du problème palestinien ou à son internationalisation.
22. Le sionisme est un mouvement politique organiquement lié à l'impérialisme international et opposé à toute action de libération et à tout mouvement progressiste dans le monde. Il est raciste et fanatique par nature, agressif, expansionniste et colonial dans ses buts, et fasciste par ses méthodes. Israël est l'instrument du mouvement sioniste et la base géographique de l'impérialisme mondial, stratégiquement placé au coeur même de la patrie arabe afin de combattre les espoirs de la nation arabe pour sa libération, son union et son progrès. Israël est une source constante de menaces vis-à-vis de la paix au Proche-Orient et dans le monde entier. Etant donné que la libération de la Palestine éliminera la présence sioniste et impérialiste et contribuera à l'instauration de la paix au Proche-Orient, le peuple palestinien compte sur l'appui de toutes les forces progressistes et pacifiques du monde et les invite toutes instamment, quelles que soient leurs affiliations et leurs croyances, à offrir aide et appui au peuple palestinien dans sa juste lutte pour la libération de sa patrie.
23. Les exigences de la sécurité et de la paix, autant que celles du droit et de la justice, requièrent, de tous les États soucieux de maintenir des relations amicales entre les peuples et de veiller à la loyauté de leur citoyen vis-à-vis de leur État respectif, de considérer le sionisme comme un mouvement illégal, d'en interdire l'existence et d'en proscrire les activités.
24. Le peuple arabe palestinien a foi dans les principes de justice, de liberté, de souveraineté, d'autodétermination et de dignité humaine et dans le droit des peuples à les mettre en oeuvre.
25. Afin de réaliser les buts de cette charte et ses principes, l'organisation de libération de la Palestine remplira son rôle dans la libération de la Palestine, conformément à ses statuts.
26. L'Organisation de libération de la Palestine, qui représente les forces révolutionnaires palestiniennes, est responsable du mouvement du peuple arabe palestinien dans sa lutte en vue de recouvrer sa patrie, de la libérer et d'y revenir afin d'y exercer son droit à l'autodétermination. Cette responsabilité s'étend à tous les domaines d'ordre militaire, politique et financier, ainsi qu'à tout ce que pourrait exiger la solution du problème palestinien sur le plan interarabe et international.
27. L'Organisation de libération de la Palestine coopérera avec tous les États arabes, selon les possibilités de chacun. Elle adoptera une politique de neutralité, compte tenu des besoins de la guerre de libération ; sur la base de ce principe, elle n'interviendra dans les affaires intérieures d'aucun État arabe.
28. Le peuple arabe palestinien revendique l'authenticité et proclame l'indépendance de sa révolution nationale ; il repousse toute forme d'intervention, de mise en tutelle et de satellisation.
29. Le peuple palestinien détient le droit fondamental et authentique de libérer et de recouvrer sa patrie. Le peuple palestinien détermine sa position envers tous les États et toutes les forces en présence sur la base de leur attitude à l'égard du problème palestinien et à raison du soutien qu'ils accordent à la révolution palestinienne afin de réaliser les objectifs du peuple palestinien.
30. Les combattants et tous ceux qui portent les armes dans la guerre de libération forment le noyau de l'armée populaire qui constituera la force de protection garantissant le succès du peuple arabe palestinien.
31. L'Organisation de libération de la Palestine aura un drapeau, un serment d'allégeance et un hymne, qui feront l'objet de décisions rendues par voie de règlement spécial.
32. Les statuts de l'Organisation de libération de la Palestine seront annexés à la présente charte. Ils établissent la composition de l'organisation, le mode d'établissement de ses organes et de ses commissions, ainsi que leurs compétences respectives et les obligations qui en découlent en vertu de cette charte.
33. La présente charte ne peut être amendée que par une majorité des deux tiers de tous les membres du Conseil national de l'Organisation de libération de la Palestine réunis en session extraordinaire convoquée à cet effet.

mardi 24 mars 2015

Les sionistes,inventeurs et héritiers des méthodes du terrorisme moderne

A l'occasion de la parution d'un livre qui fait ouvertement l'apologie du terrorisme juif dans les années 1940, le magazine britannique The Economist nous montre que les élites occidentales, et singulièrement britanniques, sont bien au fait des méthodes qui ont permis d'aboutir à la création de l’état prétendu juif sur le dos des indigènes de Palestine.
Ces méthodes ne sont rien d'autres qu'un terrorisme brutal et impitoyable dans lequel se sont illustrés des personnages qui occuperont de très hautes responsabilités gouvernementales après la création de l’état, tels Menahem Begin et Yitzhak Shamir.
Et en matière de terrorisme, les sionistes ont en effet été des pionniers inaugurant des méthodes comme celle de la lettre piégée ou des attentats à la bombe contre des cafés, des méthodes qui seront imitées ailleurs et même par les Palestiniens voire al Qaïda où on ne négligeait pas la lecture de « La Révolte » de Menahem Begin.
L'auteur de l'article, non signé comme c'est l'habitude dans ce magazine économique britannique, fait deux observations importantes. La première porte sur l'héritage terroriste de l’État sioniste et met en particulier en parallèle l'assassinat d'un policier anglais dans les années 1940 et l'assassinat à Dubaï de Mahmoud al-Mabhouh, un cadre du Hamas, La deuxième porte, avec une pointe de regret semble-t-il, le fait que si les autorités mandataires britanniques avaient adopté une législation aussi dure que celle appliquée par le régime sioniste, l’État prétendu juif n'aurait sans doute pas vu le jour.
Enfin, l'article observe que la Haganah, l'armée juive, était la force militaire la plus importante du Proche orient après l'armée britannique. Et en effet, au plus fort des combats de la guerre de 1948, les Arabes coalisés furent incapables de mobiliser des effectifs en ordre de combat suffisants

Une longue, longue route

What successive generations learned about terrorism in the Middle East
Ce que des générations successives ont appris sur le terrorisme au Moyen Orient
The Economist (UK) 21 mars 2015 | traduit de l'anglais par Djazaïri
Anonymous Soldiers: The Struggle for Israel, 1917-1947. By Bruce Hoffman. Knopf; 618 pages (Soldats anonymes : la lutte pour Israël, 1917 - 1947)
La création d'Israël a de nombreuses causes, mais parmi les plus puissantes d'entre elles, soutient Bruce Hoffman se trouve le terrorisme. Pendant une dizaine d'années, les soldats anonymes de l'armée clandestine juive ont mené une campagne terroriste pour établir un État., s'attaquant d'abord aux Arabes, puis aux forces britanniques, puis encore aux Arabes.
M. Hoffman a travaillé avec la CIA et les forces américaines à Bagdad, et il a créé le Handa Centre for the Study of Terrorism and Political Violence à la St Andrews University. Bien qu'il renvoie certains militants à l'ère des maraudeurs ataviques cherchant à « tuer autant de Juifs que possible, » il garde une admiration à peine voilée pour les irréguliers juifs dont il qualifie le projet de mettre fin aux 25 années de mandat britannique en Palestine et qu'il décrit comme « triomphe non équivoque » et de « brillant dans sa simplicité ». « Le terrorisme, » écrit M. Hoffman, « peut, dans les circonstances adéquates et avec les tactiques et la stratégie appropriées, réussir à atteindre au moins certains des objectifs fondamentaux de ceux qui le pratiquent. »
A ses débuts, le Yishouv juif, ou colonie juive, saluait la Grande Bretagne et ses bonnes dispositions à accomplir la promesse de Lord Balfour de créer un foyer national juif en Palestine. Avec la montée en puissance du Yishouv, cependant, la présence britannique devint plus un obstacle qu'une aide dans cette aspiration à un État.
Vers 1945, sa principale branche armée, la Haganah (ou 'défense') était forte de 40 000 membres – la force la plus puissante au Moyen Orient après l'armée britannique. La Haganah était contre le recours à la force pour mettre fin à la présence britannique, mais deux de ses émanations, l'Irgoun et le Lehi (ou Groupe Stern) ne s'embarrassaient pas de tels scrupules.
Avraham Stern, fondateur du Lehi a le statut de héros dans l'entité sioniste
Une partie des 3 500 hommes de l'Irgoun avaient une expérience de la guerre, ayant combattu aux côtés de l'armée britannique pendant la seconde guerre mondiale. D'autres, comme son leader Menahem Begin, avaient été officiers dans les rangs de l'armée polonaise en exil. En 1944, ils avaient résolu de combattre l'occupation britannique de la Palestine à la manière dont ils l'avaient fait avec l'occupation de l'Europe par les Nazis.
En 1947, ils avaient tué près de 300 personnes, dont de nombreux civils, avaient inventé la lettre piégée et utilise des bidons à lait pour faire exploser le siège du gouvernement britannique en Palestine, l'hôtel King David. Plus de 90 personnes, en majorité des civils, avaient péri dans l'attaque qui est restée l'atrocité terroriste la plus meurtrière au monde pendant une quarantaine d'années. L'Irgoun avait visé des symboles du prestige britannique, tandis que le Lehi, plus petit, ciblait le personnel britannique.

Avraham Stern, fondateur du Lehi a le statut
de héros dans l'entité sioniste
Le gouvernement britannique qui venait tout juste de délivrer les Juifs des camps de la mort nazis fut stupéfait de voir tant d'entre eux se retourner contre lui, dans une volonté de hâter l'effondrement de la domination britannique au Moyen Orient. Sur la base de documents déclassifiés, M. Hoffman explique comment la fore d'élite de la Haganah, le Palmach, a financé l'Irgoun en plaçant 460 hommes dans ses rangs. Un temps donné, leurs forces seront formellement associées sur un front plus large, avec les sabotages de voies ferrées et l'approbation de l'attentat contre l'hôtel King David. Pendant que Chaim Weizmann, le président de l'Organisation Sioniste Mondiale, recevait les hauts commissaires britanniques pour le thé, son neveu et futur ministre de la défense, Ezer Weizmann, ourdissait un attentat à l'explosif contre Evelyn Barker, le commandant des forces britanniques en Palestine.
Epuisée par la guerre mondiale, la Grande Bretagne n'avait ni l'envie, ni l'argent et la volonté de combattre. Ses 100 000 soldats en Palestine avaient transformé le centre de Jérusalem en camp fortifié avec des barbelés, imposé le couvre-feu, le contrôle des documents de circulation et un antisémitisme vulgaire. Mais ils étaient paralysés par le soutien américain au sionisme. L'épouse du président Roosevelt, Eleanor, participait à la collecte de fonds pour l'Irgoun en parrainant des représentations théâtrales à Broadway à son profit. Dans cette pièce, Marlon Brando vantait le « nouveau langage juif » fait de balles et non de prières.
Tournée en ridicule par le Congrès des Etats Unis, la Grande Bretagne renonça aux méthodes qu'elle avait employée contre une révolte arabe antérieure. La Royal Air Force avait bombardé les Arabes, pas les Juifs, et l'armée britannique avait entrepris d'essayer de démolir une bonne partie de la vieille ville arabe de Jaffa avec de la gélignite mais avait épargné les maisons juives, quelques mois seulement avant de renoncer au mandat britannique. (Selon M. Hoffman, les Britanniques n'avaient pas frappé assez durement les Arabes et avaient été trop durs avec les Juifs).
Assez curieusement, M. Hoffman interrompt son récit en août 1947, peu de temps avant que les militants commandés par Menahem Begin recommencent leurs attentats à la bombe dans les cinémas et les cafés arabes, et que le Lehi tue le Comte Folke Bernadotte, un diplomate suédois qui avait sauvé des Juifs des camps de la mort et qui était, à ce moment là, le représentant de l'ONU en Palestine.
Le Comte Folke Bernadotte
Le Comte Folke Bernadotte
De manière également décevante, le livre n'a pas de chapitre de conclusion pour analyser le legs des terroristes. M. Hoffman note que Begin et le leader du Lehi, Yitzhak Yezernitzky (plus tard Shamir) sont devenus premiers ministres d'Israël. Et il fait référence en passant au chef des opérations de l'Irgoun, dont la fille Tzipi Livni, est devenue ministre des affaires étrangères. Mais il est circonspect sur les pratiques et les personnels qui ont survécu au passage à l'institution étatique. (En 1946, des assassins du Lehi s'étaient habillés en joueurs de tennis pour tuer un inspecteur britannique, Thomas Martin, un déguisement adopté plus tard pour tuer un agent du Hamas à Dubaï).
Sur l'influence de la Haganah plus largement, M. Hoffman observe que la bibliothèque d'al Qaïda en Afghanistan possédait un exemplaire de « La Révolte » de Menahem Begin, mais ne se demande pas pourquoi tant de prisonniers palestiniens suivent des cours de l'université israélienne sur la manière dont les Juifs ont constitué leur État. Une bonne partie de ce qu'ils font, comme construire des tunnels pour les terroristes, poser des bombes dans des gares routières, tirer des obus de mortier sur des quartiers résidentiels et dissimuler des dépôts d'armes dans des lieux de culte a des antécédents chez les militants juifs. Israël connaît les méthodes des Palestiniens et dispose d'un arsenal législatif anti-terroriste qui, si la Grande Bretagne avait réagi de la même manière, aurait empêché la naissance du futur État. [juif].