vendredi 10 janvier 2014

Robert Faurisson a-t-il raison (bis)?

Franchement je n'en sais rien, mais réfléchissons ensemble.
Les récents événements avec la circulaire Valls et les arrêts du Conseil d'Etat qui ont interdit des représentations du dernier spectacle de l'humoriste Dieudonné nous invitent à revisiter l'histoire et à l'écrire vraiment plutôt que de visiter et revisiter jusqu'à la nausée une prétendue mémoire façonnée au forceps..
« Le coup d’Œil sur l’Histoire, le recul vers une période passée ou, comme aurait dit Racine, vers un pays éloigné, vous donne des perspectives sur votre époque et vous permet d’y penser davantage, d’y voir davantage les problèmes qui sont les mêmes ou les problèmes qui diffèrent ou les solutions à y apporter ». (Marguerite Yourcenar).
 Il y a maintenant quelques années qu'on sait à peu près la vérité sur le massacre de Katyn, des milliers d'officiers de l'armée polonaise sommairement exécuté en 1940 dans une forêt près de Smolensk en Russie, Dès la fin des années 1950, l'opinion commune des historiens était que ces militaires avaient été tués par les Soviétiques, ce que ces derniers ont toujours contesté, persistant à attribuer le crime à l'Allemagne nazie.
La vérité a été officiellement reconnue par les autorités russes en 1990 et en principe tous les documents russes officiels sur cet événement sont désormais accessibles aux chercheurs.
Charnier à Katyn
Charnier à Katyn
Ce qui s'est passé à Katyn ainsi que le travestissement de la vérité par les Soviétiques et leurs alliés d e l'époque, Royaume Uni et Etats Unis, est tout à fait emblématique des problèmes qui entourent l'hisoriographie de cette époque et de la guerre de 1939 -1945. Il y a là de qui méditer sur la vulgate que les politiques comme la presse et l'industrie du spectacle nous présentent comme l'Histoire, Je persiste à croire, malgré la légende et surtout malgré Hollywood et Errol Flynn, que si Robin des Bois a existé, il n'avait pas grand chose à voir le héros d'une toute récente comédie musicle actuellement en tournée en France.
 Si la vérité sur Katyn a assez rapidement filtré dans les pays occidentaux, c'était pour la simple raison que l'URSS était passée du statut d'alliée dans la lutte contre l'Allemagne et le Japon à celui d'ennemi idéologique et d'ennemi tout court à l'échelle planétaire.
Pourtant les Britanniques comme les Américains disposaient de témoignages dignes de foi sur la tuerie de Katyn, témoignages soigneusement occultés parce qu'en contradiction avec le message selon lequel le Reich était le mal absolu.
Ce dont les Allemands étaient conscients si on en croit l'article que je vous propose.

Un témoignage confirme que les alliés avaient caché la vérité sur Katyn, affirme un ministre

The News (Pologne) 9 janvier 2014 traduit de l'anglais par Djazaïri
Le ministre de la Culture Bogdan Zdrojewski affirme qu'un témoignage inédit sur le crime de Katyn commis pendant la Seconde Guerre mondiale confirme que les alliés occidentaux de Staline avaient aidé à dissimuler la vérité sur le massacre.
«Pour nous, l'aspect le plus douloureux est que de 1944 à 1952, la dissimulation de la vérité sur Katyn était une décision politique – elle n'était pas fortuite,» a déclaré Zdrojewski tout en dévoilant le document lors d'une conférence de presse mercredi.
«A cette époque, cette affaire avait été prise en main avec tant de détermination – avec entre autres des menaces contre certaines personnes – que la vérité sur Katyn n'avait pas pu éclater au grand jour.»
En avril 1943, l'Allemagne nazie avait publié des informations sur sa découverte des corps de près de 4 000 officiers de l'armée polonaise dans un charnier dans la forêt de Katyn (près de la ville russe de Smolensk).
Plus de 20 000 officiers et membres de l'élite polonaise avaient été portés disparus en 1940, alors qu'ils étaient apparemment détenus par les Soviétiques.
Le document récemment découvert est un témoignage fait le 10 mai 1945 par le lieutenant John H. Van Vliet, un Américain qui se trouvait parmi les quelques prisonniers de guerre alliés que les Allemands avaient emmenés à Katyn en 1943.
 Les Allemands espéraient que les prisonniers alliés confirmeraient que les Soviétiques avaient commis le crime.
John Van Vliet et le fac simile de son témoignage
John H. Van Vliet et le fac simile de son témoignage
Cependant, pendant plusieurs années, Londres et Washington firent en sorte d'éliminer les informations qui allaient dans le sens de la culpabilité des Soviétiques afin de ne pas nuire à l'alliance avec Moscou. 
Moscou avait rompu les relations avec le gouvernement polonais en exil à Londres après que ce dernier avait appelé à une enquête de la Croix Rouge, et Staline assurait que le crime était l'oeuvre de l'Allemagne.
Après la guerre, Van Vliet avait lui-même reçu des autorités américaines l'ordre de garder le silence pendant plusieurs années. Le témoignage qu'il avait fait sous serment en 1945 était inconnu des historiens jusqu'à aujourd'hui. (un autre témoignage recueilli le même mois fut classifié par les Etats Unis et disparut par la suite).
Son témoignage révèle des détails sur des prisonniers de guerre britanniques qui avaient été emmenés pour témoigner des exhumations à Katyn et dont les noms ont apparemment été dissimulés par les alliés.
Van Vliet précise que certains des cadavres de Katyn avaient été découverts avec des mémentos ou des documents qui indiquent qu'ils avaient été tués en février, mars et avril 1940, c'est-à-dire avant l'occupation de la région de Smolensk par les Allemands.
Il affirme que les restes avaient l'air de se trouver là depuis trois ou quatre ans.
L'historienne Krystyna Piorkowska a découvert le document en novembre 2013 dans les archives US à Washington.
«Pendant un moment, j'ai pensé que c'était un mirage, que j'avais une hallucination,» dit-elle en parlant de sa découverte.
«J'avais un peu peur que personne ne puisse croire qu'une telle chose existe.»
 Moscou a finalement reconnu sa culpabilité pour le crime de Katyn en 1990. Les exécutions de masse et les enterrements avaient eu lieu en divers endroits de l'Union Soviétique.
Même si les alliés, particulièrement entre 1943 et 1952, avaient occulté les preuves que les Soviétiques avaient perpétré le crime, Churchill montrait plus de franchise en privé.
L'ambassadeur de Pologne en Grande Bretagne, le Comte Edward Raczynski avait noté dans on journal à la date du15 avril 1943 – juste après l'annonce par les Allemands de la découverte des corps – que le premier ministre britannique lui avait dit que la culpabilité des Soviétiques était probable.
«Hélas, les révélations des Allemands sont probablement vraies,» avait dit Churchill.
«Les Bolchéviques peuvent être très cruels»

Source: PAP


mardi 7 janvier 2014

Robert Faurisson a-t-il raison?

A vrai dire je n'en sais rien . Et puis la loi dite Gayssot a des arguments persuasifs dont ne dispose pas Robert Faurisson.
Faurisson-1989_b
Complément d'information pour Robert Faurisson
Je vous invite cependant à cette lecture qu'on peut qualifier de révisionniste dont les deux derniers paragraphes valent leur pesant de cacahuètes. 

Le mythe du ghetto de Varsovie

Les combattants du ghetto ont peut-être été courageux, mais ils ne se sont pas battus aussi longtemps qu'on l'a affirmé. Et quel droit avaient—ils de décider du sort de 50 000 autres personnes?
par Eli Gat, Haaretz (Sionistan) 23 décembre 2013 traduit de l'anglais par Djazaïri
 Comme beaucoup de survivants de l'Holocauste, je me suis toujours senti mal à l'aise devant la manière dont la mémoire de l'Holocauste a été façonnée. Le mythe du soulèvement du ghetto de Varsovie en est un excellent exemple.
Soulèvement du ghetto de Varsovie - le nom même est trompeur. Les Juifs du ghetto de Varsovie ne se sont pas révoltés. À l'été de 1942, quelque 300.000 Juifs du ghetto furent envoyés à Treblinka et assassinés. Environ 50 000 personnes étaient restées dans le ghetto, elles avaient été épargnés à l'époque parce que c' étaient des professionnels qualifiés qui travaillaient dans les usines allemandes à l'intérieur et à l'extérieur du ghetto. Ces gens n'avaient jamais songé à une révolte, ils pensaient à leur survie.
La révolte concerna seulement un petit groupe de jeunes gens, dont la taille et les actions ont été gonflées dans des proportions mythiques en Israël après la création de l'Etat en 1948. Plus important encore, l'insurrection, qui avait commencé le 19 Avril 1943, était en contradiction avec la stratégie de survie des masses de Juifs qui sont restés dans le ghetto.
L'idée de la révolte et de la lutte armée était cohérente avec l'esprit de la communauté juive dans la jeune nation et la Palestine pré-étatique. Elle a été exagérée par l'aile militante du mouvement travailliste - le parti Ahdut Ha'avoda et le mouvement des kibboutz qui lui était affilié - qui a revendiqué haut et fort l'insurrection tout en réprimant le souvenir de la participation d'autres mouvements, comme les bundistes [membres du Bund, un parti juif de gauche, NdT], les communistes et la droite révisionniste.
Du fait des pressions exercées par cette composante du mouvement travailliste, la journée dédiée à la mémoire de la destruction de la communauté juive européenne a été appelée Journée du Souvenir de l'Holocauste et de l'Héroïsme, comme s'il y avait une quelconque commune mesure entre les deux membres de l'expression. Ahdut Ha'avoda avait attaqué David Ben Gourion et le Mapai – un autre précurseur du parti travailliste – et avait brandi la bannière de l'activisme militaire – le Palmach en Israël et les combattants du ghetto pendant l'holocauste.
Le soulèvement a aussi été monté en épingle par le flou sur les chiffres : le chiffre des pertes allemandes, le nombre de combattants du ghetto et la durée du soulèvement. Dans les premiers travaux traitant de l'holocauste, les auteurs parlaient de plusieurs centaines d'Allemands tués. Mais on a eu par la suite connaissance des rapports dressés quotidiennement par l'officier en charge de la destruction du ghetto. Selon ces rapports rédigés par le général SS Jurgen Stroop, rapports que personne ne remet en question, 15 Allemands furent tués au combat. Après la communication de ces rapports, les premiers écrits sur le soulèvement furent mis au placard pour ne plus être cités.
 Un second chiffre flou est celui du nombre de personnes qui prirent part au soulèvement qui était coordonné par deux organisations Une d'entre elles était l'Organisation Juive de Combat (Zydowska Organizacja Bojowa, ou Zydowska Organizacja Bojowa) de gauche, qui réunissait des mouvements de tendance communiste et socialiste, sionistes et non sionistes. L'autre comprenait des militants de droite, du Betar, qui activaient dans l'Union Militaire Juive (Zydowski Zwiazek Wojskowy, ou ZWW).
Yitzhak (Antek) Zuckerman (Icchak Cukierman) était un dirigeant du Zydowska Organizacja Bojowa et il joua un rôle essentiel dans la construction de l'image du soulèvement en Israël après la guerre. Il affirmait qu'environ 500 combattants avaient pris part à la révolte ; Un autre participant à la révolte, Stefan Grayek, avait porté le chiffre à 700.
Du côté des historiens, le professeur Yehuda Bauer de l'université hébraïque de Jérusalem affirme (sans donner de détails) qu'il y avait entre 750 et 1 000 combattants, tandis que le professeur Israel Gutman, qui avait participé au soulèvement et avait écrit un livre après avoir fait des recherches de son côté, situait ce chiffre à 350. Aucune de ces estimations – sauf semble-t-il celle de Bauer – n'inclut les combattants des organisations de droite dont aucun membre n'a survécu pour témoigner et dont le rôle a fait l'objet d'un silence assourdissant pendant de nombreuses années.
 Le témoignage le plus fiable sous différents aspects concernant le soulèvement, y compris sur la question du nombre de combattants, a été donné par un de ses chefs, Marek Edelman. Edelman, qui était bundiste, était resté en Pologne après la guerre et devint donc un intouchable du point de vue des institutions mémorielles israéliennes.
Edelman situait le nombre des combattants du Zydowska Organizacja Bojowa à environ 220. Quand on lui demanda sur quoi il basait ce chiffre, il répondit : «J'étais sur place et je connaissais tout le monde. Ce n'est pas difficile de connaître 220 personnes.» Sur l'écart entre ses chiffres et ceux de Zuckerman, Edelman dit : «Antek avait des motivations politiques et moi pas.» 
En admettant que le nombre de combattants de l'organisation de droite – pour laquelle on n'a pas vraiment de chiffres – était inférieur, il est raisonnable de supposer que le nombre total de participants à la révolte était inférieur à 400, pour une population de 50 000 âmes dans le ghetto.
 Seulement deux jours de combats acharnés
Les données sur la durée des véritables combats a aussi été gonflée. Gutman fait durer le soulèvement un mois. Mais les rapports de Stroop [l'officier allemand] ainsi que les témoignages des chefs du soulèvement montre que la véritable bataille n'a duré que deux jours. Parce que les plans de bataille de la Zydowska Organizacja Bojowa n'ont jamais été exécutés complètement. Le plan prévoyait de prendre position aux fenêtres, de tirer et de lancer des grenades avant de faire mouvement vers de nouvelles positions.
Au début de la révolte, le 19 avril, les Allemands avaient été surpris par la résistance armée et s'étaient retirés du ghetto. Mais après s'être réorganisés, ils n'ont pas fait le choix de pourchasser les Juifs maison par maison et de subir ainsi des pertes. Ils firent au contraire le choix de détruire le ghetto et de l'incendier.
 Les membres de la Zydowska Organizacja Bojowa qui considéraient que le sort des Juifs du ghetto était joué de toute façon – voués à la mort – avaient prévu de combattre et de mourir les armes à la main. Mais ils se sont finalement retrouvés à se cacher et à chercher à fuir la destruction et les flammes. A la fin, ils furent forcés à fuir et à brûler avec les habitants du ghetto, contrairement à leurs plans de départ.
Zivia Lubetkin, un des chefs de la révolte, en a parlé ainsi : «Nous étions tous impuissants et bouleversés de honte. Tous nos plans étaient en ruines. Nous avions rêvé d'une dernière bataille dont nous savions que nous allions la perdre face à l'ennemi, mais après lui avoir fait payer très cher sa victoire. Tous nos plans étaient en ruines et, faute d'autre possibilité, nous primes une décision : Nous allions décrocher. Il n'était pas possible de combattre plus longtemps.»
Zuckerman a écrit : «Nous connaissions très bien toutes les voies de sortie, tous les passages par les toits. Si l'assaut avait été donné... sans lance flammes, des centaines de soldats auraient dû être jetés dans la bataille pour nous vaincre.» 
Le premier groupe de combattants du ZZF quitta le ghetto le 20 avril , au deuxième jour de la révolte, par des tunnels préparés à l'avance. Un deuxième groupe partit le 22 avril et un dernier groupe le 26 avril. La plupart d'entre eux, tous peut-être, furent tués quand on les découvrit côté polonais. 
Les combattants de la Zydowska Organizacja Bojowa, qui n'avaient pas envisagé de quitter le ghetto, n'avaient pas préparé de routes pour s'enfuir. C'est seulement grâce aux tunnels des égouts et à l'aide fournie du côté polonais qu'ils purent quitter le ghetto. Le 28 avril, un premier groupe sortit. Le 8 mai, Mordechai Anielewicz, le commandant de la Zydowska Organizacja Bojowa, se suicida après que l'emplacement de la cache de son groupe dans un sous-sol fut révélé. Le 9 mai, ce qui restait de la Zydowska Organizacja Bojowa quitta le ghetto. En tout, 100 combattants de la Zydowska Organizacja Bojowa avaient pu fuir. 
En l'espace de quelques jours, les deux organisations militaires avaient quitté (ou fui) le ghetto bombardé et incendié avec ses 50 000 habitants laissés à la terrible vengeance des Allemands. On évalue à 10 000 le nombre d'habitants du ghetto tués par les Allemands ; le reste fut envoyé dans des camps près de Lublin.
 Une stratégie de survie réduite à néant
Le soulèvement avait donc interféré avec la stratégie de survie de la masse des Juifs du ghetto. Pour le comprendre, il faut prendre la mesure du changement de situation entre 1942 et ses transports de masse, quand la grande majorité des Juifs de Pologne furent exterminés en une courte période de temps, et la situation en 1943.
Dans cet intervalle de temps avait eu lieu le tournant de la seconde guerre mondiale. En novembre 1942, les Russes avaient percé le front du côté de Stalingrad et début février 1943, toute la Sixième Armée allemande s'était rendue. Au même moment les Allemands connaissaient la défaite à El Alamein dans le désert égyptien, et les alliés débarquaient en Afrique du Nord française.
 Ces revers avaient insufflé en Europe occupée l'espoir d'une rapide défaite de l'Allemagne. Même les Juifs s'étaient remis à espérer. S'ils pouvaient tenir ne serait-ce qu'un jour de plus, alors peut-être pourraient-ils être sauvés.
 Il y avait même eu une inflexion dans la politique allemande à l'égard des Juifs. La destruction des Juifs jusqu'au dernier restait peut-être la première priorité, mais l'urgence s'était quelque peu atténuée après l'atteinte de l'essentiel de l'objectif et à la lumière des besoins de l'économie. Les Allemands avaient besoin de travailleurs pour leurs usines après l'enrôlement dans l'armée de l'ensemble de la main d'oeuvre allemande apte au combat. Le travail forcé s'étendait à toute l'Europe.
Les 50 000 Juifs environ qui étaient restés dans le ghetto de Varsovie après les transports [sic, l'auteur n'emploie pas le mot déportation, NdT] de 1942 avaient survécu comme dans d'autres ghettos de la Pologne sous occupation parce qu'ils travaillaient pour l'Allemagne dans des usines. Beaucoup de ces usines avaient des propriétaires et des gérants allemands qui avaient négocié avec les autorités allemandes et la SS pour pouvoir conserver leurs travailleurs.
ghetto
Après la chute du ghetto en mai 1943
 A la lumière de tous ces éléments, les Juifs en étaient venus à croire qu'ils avaient une chance de survie. Deux mauvais choix s'offraient à eux : fuir le ghetto pour rejoindre la partie polonaise de la ville qui leur était hostile ou continuer à travailler dans les usines allemandes. Ces deux options signifiaient vivre au jour le jour dans l'espoir que la guerre se termine rapidement.
A la fin de la guerre, des centaines de milliers de Juifs avaient survécu en Pologne et en Allemagne. Rien qu'à Varsovie, le nombre de survivants est estimé à environ 25 000. La bataille jusqu'à la mort, ainsi que l'avaient prévu les combattants du ghetto, n'était pas dans les intentions de la grande majorité des Juifs restés dans le ghetto.
Beaucoup d'historiens de l'holocauste et du soulèvement venaient d'un camp politique qui avait des objectifs politiques. Ils avaient beaucoup d'influence sur le musée de l'holocauste de Yad Vashem, Ils écrivirent nos livres d'histoire et modelèrent notre souvenir de l'holocauste.
Leur influence sur leurs élèves et leurs disciples se sent encore fortement aujourd'hui. C'est pourquoi la question n'a jamais été soulevée : Quel droit avait un petit groupe de jeunes gens de décider du sort des 50 000 Juifs du ghetto de Varsovie.

Eli Gat est un survivant de l'holocauste et l'auteur de « Pas seulement un livre de plus sur l'holocauste »

dimanche 5 janvier 2014

Un des meilleurs articles sur la campagne contre l'humoriste Dieudonné

Selon moi, un des meilleurs articles avec celui de Diana Johnstone, sur un registre il est vrai différent, sur la campagne politique et communautariste lancée contre l'humoriste Dieudonné. Pour aller sur l'article original de Moez Lahmédi, clic sur l'hyperlien qui est inséré dans le titre .

L'humour incolore (à propos de la quenelle de Dieudo)

L’humour incolore
 "Fais dodo, Colas mon p'tit frère,
Maman est en haut,
coupée en morceaux
 Papa est en bas,
il lui manque un bras.
Fais dodo,
car les autres sont morts... !"
         L’affaire de la quenelle de Dieudonné qui a suscité l’indignation de la classe politique en France, Manuel Valls entre autres, a ressuscité l’ancien débat sur les limites et les lignes rouges à respecter dans l’humour. On se souvient de la vague de contestation qui avait ravagé le monde musulman suite à la publication des caricatures satiriques de Mahomet dans Charlie Hebdo. En Europe comme aux Etats-Unis, c’est la liberté d’expression elle-même qui constitue la ligne rouge à ne pas enfreindre : dura lex, sed lex !
       La maxime faussement attribuée à Voltaire : " Je ne suis pas d'accord avec ce que vous dites, mais je me battrai jusqu'au bout pour que vous puissiez le dire" est d'ailleurs maintes fois invoquée dans les débats médiatiques pour illustrer la sacralité de ce droit qui relève des libertés fondamentales intouchables.  
      Tout est donc permis ! Rire de tout et avec tout le monde ! Jouer aussi avec le feu, et même en cas d'incendie et d'embrasement des esprits et des relations inter-humaines et internationales, on peut rire de cet incident et des dommages collatéraux qu'il a engendrés. On peut parfois éviter le désastre tragi-comique en fermant par exemple certaines ambassades à l’étranger et en avertissant les expatriés de prendre les mesures nécessaires en prévision de possibles attaques vindicatives ; leur liberté sera menacée et  restreinte mais ça reste un prix anodin devant celui de la liberté d’expression). (http://www.bladi.net/charlie-hebdo-france-ambassade.html) 
           Et la quenelle alors !? - Non ! - Ce n’est pas de l’humour ça ! C’est de l’antisémitisme ! - Pourquoi ? - C’est le salut nazi à l'envers ! - Qui vous a dit ça !? - C’est clair ! On ne peut pas l’interpréter autrement ! – Et comment interprétez-vous donc la caricature montrant Mahomet avec un corps de chien ou coiffé d'un turban en forme de bombe avec une mèche allumée ou encore comme un pervers obsédé (dans l’une des caricatures de Charlie Hebdo, il est couché sur le ventre,  s’écriant au cinéaste venu le filmer : "Et mes fesses ? Tu les aimes, mes fesses ?". Sur un autre dessin, il est accroupi et montre son derrière affublé d'une étoile avec cette légende : "Mahomet : une étoile est née".) ????? – C’est la vérité, la religion prônée par cet homme est fondée sur la débauche et le terrorisme ! d’ailleurs vous avez oublié de mentionner la caricature le représentant comme un pédophile impénitent ! Pour les juifs, c’est pas pareil ! On ne plaisante pas avec l’Holocauste !
    En fait, mon interlocuteur virtuel avait raison ! Pas de plaisanteries au sujet de l’Holocauste ! ça devient un crime contre l’humanité ! Un crime contre Arte ! N'oubliez jamais ! comme dit Joe Cocker dans sa célèbre chanson ! C'est le génocide le plus atroce de l'histoire humaine ! Un génocide inhumain perpétré dans des chambres à gaz ! Mais attention ! tant que ce n'est pas dans une chambre à gaz, ce n'est point un génocide ! Les massacres barbares de Dir Yassine (1948), de Sabra et Chatila (1982), de Jénine (2002) et les tueries injustifiées lors de la première (1987-1993) et de la seconde Intifada (2000-2003) n'étaient pas des génocides mais ... des tests d'insecticides. Après de longues années d'essai, il s'est avéré que l'anti-cafards le plus réussi était le phosphore blanc (c'est pas un gaz) ! Ces recherches en matière d'écosphère et de protection de la couche d'ozone ont valu à Péres de recevoir le Prix Nobel de la Paix en 1994. Ariel Sharon, lui, s'est contenté du titre de "L'homme de paix" (2006).
Je le répète donc : pas de plaisanteries au sujet de l'Holocauste ! Aborder un tel sujet c'est comme toucher les quelques cheveux résistants sur la tête d'un chauve ! (de là vient l'expression "chauvinisme"). En fait, même chauve, la tête d'un juif demeure intouchable (il porte toujours une kippa) ! Tous les Français savent cette vérité et exercent sur eux-mêmes une sorte d’autocensure ! Il y a d’ailleurs islamisme mais pas de « juivisme » ! On appelle le musulman intégriste un « islamiste » mais le juif intégriste qui tue les enfants palestiniens : « un sioniste » ! un "hébreu" ! un "colon" ! un "fou" (comme Baruch Goldstein qui a tué 29 Palestiniens dont 7 enfants, tous en train de prier à Al aqsa!), un Israélien. Mais jamais un "juif" ! Si c’est le kamikaze palestinien qui attaque cette fois-ci, les victimes (re)deviennent comme par enchantement des juifs ! des familles juives ! la communauté juive ! Et l’agresseur :  un islamiste terroriste !
Dans le journal Tv de France 2 ou de TF 1, on emploie l’expression « les colons juifs » mais c’est pour parler des extraterrestres qui ont fui l’Holocauste martien et qui cherchent à s’installer sur la Terre de leurs aïeux, la Terre sur laquelle ces derniers ont attéri il y a des années-lumière.   
Sionistes donc s’il vous plaît ! Et ne parlez jamais de l’Holocauste ! Humour interdit sur ce point ! sinon vous tombez dans l’antisémitisme ! le négationnisme ! le révisionnisme ! le nazisme ! Et tous les crimismes. Demandez maintenant à tous les pro-israéliens si Isra-Hell a commis un seul crime ou un seul génocide  ! eux, ils sont les enfoiristes !
Oui je sais ce que vous allez dire ! les Arabes sont sémites aussi ! mais l’antisémitisme c’est uniquement pour les juifs ! droits d’auteur Messieurs ! 
Oui Oui ! je sais aussi ce que vous allez dire à propos de la deuxième guerre mondiale ! L’Union soviétique a perdu 21 millions d’individus, la Chine 20 millions et l’Allemagne 9 millions ! Et on n’en parle pas comme on parle des victimes juives ! combien d’ailleurs ! - On dit que c'est à peu près le même nombre des réfugiés palestiniens aujourd'hui ! 
Mais revenons à nos moutons et à l’humour vert (permis) et l’humour rouge (interdit) ! Il est indéniable que la liberté d’expression est sacrée mais a-t-on le droit, au nom de cette liberté, de représenter un africain noir comme un singe et dire que c’est de l’humour (noir, blanc, jaune ou tout ce qu’on veut !) Ou crier comme un singe pour démoraliser un joueur noir et dire que c’était pour plaisanter et que c’était un geste humoristique !
En outre, peut-on saluer un travail humoristique (provocateur) dont l’objectif est d’ancrer dans les esprits certains stéréotypes dévalorisants sur les Arabes et les Musulmans (des terroristes, des ignares, des obsédés sexuels, des voleurs !!!) ??? Au cours de la seconde guerre mondiale, Les médias dans les Etats Unis, l’Union soviétique et l’Allemagne ont malignement exploité toutes les stratégies humoristiques pour animaliser et diaboliser l’ennemi (bien évidemment pour le rapetisser aux yeux de l’opinion publique et justifier son anéantissement), mais aujourd’hui, pourquoi les Arabes et les Musulmans sont désignés à travers certains supports médiatiques comme l’Ennemi mondial n°1 ! Les tenants de la théorie du choc des civilisations connaissent bien la réponse.
Dans des centaines de films américains des années 60 et 70, l’Arabe ou le Musulman n’apparaît souvent pour ne pas dire toujours que comme un pervers idiot à la mentalité préhistorique, riche mais plus sale et plus bête que son chameau (un barbare quoi). Au cours des années 80 et 90, il a évolué un tout petit peu : il a manié  les armes et il est devenu un terroriste professionnel qui menace la civilisation occidentale. Dans le documentaire canadien "zone doc : Hollywood et les arabes", Jack Shaheen a judicieusement montré comment Hollywood  a réussi à « avilir un peuple » ! (en revanche, combien de films dévalorisants sur les juifs trouve-t-on dans les archives cinématographiques mondiales!) Et il faut préciser : Hollywood avilit un peuple au nom de la liberté d’expression ! Et dans un style humoristique authentique ! (www.youtube.com/watch?v=TJ7nwbbIpkc)
C’est ce que continuent à faire aujourd’hui certains médias européens sous couvert de cette prétendue liberté illimitée ! Ils continuent d’une façon trop bête et trop primaire à animaliser et déshumaniser toute une communauté en prétendant tourner en dérision certains faits ou certaines vérités. Je dis trop bête et trop primaire parce que l’humour (le vrai) sollicite avant tout l’intelligence et non le regard ! C’est en effet l’idée ou le message implicite que recèle l’image ou le discours humoristique (et qui exige une certaine compétence interprétative, ce que les uns appellent tout bonnement l’intelligence) qui importe le plus. C’est en ce sens qu’il est considéré par les uns comme le signe de supériorité intellectuelle ou de génie. On est impressionné par ces humoristes qui manient les mots comme des magiciens et qui parviennent à nous faire rire et réfléchir en même temps. L’humour est un don ! Point à la ligne !
Dessiner un prophète avec une bombe sur la tête ne fera pas rire même la vache qui rit. Ai-je besoin même d’une seule cellule grise pour comprendre le message transmis ? Et où réside la part d’inventivité dans ces bêtises ! (La quenelle de Dieudo est mille fois plus subtile et intelligente ! Pour Valls, c’est un salut nazi ! Pour moi, c’est un geste de résistance, « un bras d’honneur » (double) adressé au système et aux politicards de son acabit !)
Désormais, si vous faites la moindre allusion négative aux juifs, vous êtes taxé immédiatement d’antisémitisme ! Rappelons à ce propos que de tous les stéréotypes attribués aux juifs et qui remontent en réalité au Moyen âge, deux seulement sont tolérés aujourd’hui : le gros nez  et l’amour de l’argent. Les autres ont été légués aux arabes et aux musulmans ! (www.youtube.com/watch?v=k9czNkb9J2I) Et quand vous parlez aujourd’hui de justice à géométrie variable ou de la logique des deux poids deux mesures, on vous accuse immédiatement d’être raciste et antisémite ! Mais qui a commencé à jeter les pierres sur le toit d’autrui !?? Les alternatives sont claires : ou bien vous acceptez et vous respectez les règles du jeu que vous avez vous-mêmes inventées et imposées aux autres (Patere legem quam ipse fecistiou) ou bien vous les modifiez et vous précisez les lignes rouges infranchissables ou  vous arrêtez carrément le jeu ! 
Je n’ai jamais été un fan de Dieudo, mais c’est la réaction inattendue et même choquante de Valls qui m’a inspiré cette réflexion !
Pour conclure, je dirai en pastichant Pierre Desproges qu’on peut rire de tout et avec tout le monde à condition de ne pas tomber dans l’infra-humain !

  Moez Lahmédi 

vendredi 3 janvier 2014

La mort prochaine d'Ariel Sharon, un non événement

L'ancien premier ministre de l'entité sioniste Ariel Sharon se trouve actuellement dans un état critique. 
En soi, ce n'est pas une information importante: ce criminel non repenti était de toute façon hors d'état de nuire depuis le début de son état comateux il y a un peu plus de huit ans.
Image
Ariel Sharon mourra sans avoir été jugé ni s'être repenti
L'information vraiment intéressante au moment de l'annonce de son décès sera la liste des chefs d'Etat e de gouvernement qui se fendront d'un message de condoléances ou d'hommage à l'intention de la famille de cet assassin et des autorités sionistes.
Il faudra regarder aussi attentivement la teneur de ces messages, en particulier de celui qu'adressera éventuellement François Hollande ou un de ses ministres.
On n'oubliera pas en effet l'hommage rendu par M. Hollande à l'occasion du décès de cet autre criminel non repenti qu'était Yitzhak Shamir, un terroriste à l'idéologie très proche de celles incarnées par les régimes fascistes en Italie et en Allemagne jusqu'en 1945.
Le boulot de (re)dorage de blason a commencé et c'est un ancien du Betar qui s'y colle. 

Diana Johnstone et Mohamed Merah sur un photomontage. Et alors?

Certains se sont étonnés de voir le portrait de Mohamed Merah sur la photo où apparaît principalement Diana Johnstone.
J'ai choisi cette photo découverte par hasard via Google parce que je trouvais que Mme Johnstone y était à son avantage et je ne l'ai pas examinée plus avant, confondant en fait le visage de Mohamed Merah avec celui de Barack Obama.
Image
                     Diana Johnstone
Certains ont essayé de se saisir de la présence de Merah sur la photo en omettant de pointer le fait que sont présents aussi les visages de Nicolas Sarkozy et de François Hollande!
Le photomontage provient du site Red Ice Radio, une web radio suédoise à la ligne éditoriale effectivement assez étrange (et pas du tout ma tasse de thé ceci dit en passant), mais Mme Johnstone n'appartient absolument pas à l'équipe de cette radio à laquelle elle a accordé un entretien [moyennant rétribution] comme elle let fait avec d'autres médias.
L'interview accordée à cette radio en mai 2012 portait sur la situation politique en France et sur le rôle qu'avait éventuellement joué la tuerie de Toulouse dans l'élection présidentielle, ce qui explique la présence de Mohamed Merah sur le montage.
Après avoir hésité à garder ou pas ce photomontage, j'ai décidé de le garder étant donné qu'il n'est en rien une forme d'apologie ou de commémoration du tueur de Toulouse (et de Montauban comme on l'oublie trop souvent).
Pour avoir une idée du pedigree de Mme Johnstone, voici un lien vers cette radio marginale qu'est France Culture.

jeudi 2 janvier 2014

La campagne contre Dieudonné vue par Diana Johnstone pour le magazine américain Counter Punch

Un bon article très remarqué de Diana Johnstone sur les développements autour du geste de la quenelle popularisé par l'humoriste Dieudonné.

Diana Johnstone
L'article est publié par Counter Punch, un magazine américain de gauche, c'est-à-dire extrémiste dans la terminologie politique en vigueur aux Etats Unis, pays où dominent traditionnellement un centre gauche et un centre droit.
Je en ferai pas de commentaires même si ce n'est pas l'envie de le faire qui manque.

La tentative de museler Dieudonné M’Bala M’Bala

la Bête Noire [en français dans le texte, NdT] de l'establishment français
par DIANA JOHNSTONE à Paris, Counter Punch (USA) 1er janvier 2014 traduit de l'anglais par Djazaïri
Les médias traditionnels et les politiques commencent la nouvelle année avec une résolution partagée pour 2014 : museler définitivement un comédien franco-africain qui devient trop populaire auprès des jeunes gens. 
Entre Noël et la Saint-Sylvestre, ce n'est personne d'autre que le Président de la République, François Hollande qui, lors d'une visite en Arabie Saoudite pour de (très grosses) affaires commerciales, a déclaré que son gouvernement devait trouver un moyen d'interdire des spectacles de l'humoriste Dieudonné M'Bala M ' Bala, ainsi qu'a appelé à le faire le ministre français de l'Intérieur, Manuel Valls. 
Le leader du parti conservateur d'opposition, l'UMP Jean-François Copé, a fait immédiatement chorus en apportant un «soutien total» à la réduction au silence de l'incontrôlable comédien. 
Au milieu de ce choeur médiatique unanime, l'hebdomadaire Le Nouvel Observateur a écrit en éditorial que Dieudonné est «déjà mort,» lessivé, fini. La rédaction débattait ouvertement de la meilleure tactique entre essayer de le faire emprisonner pour «incitation à la haine raciale», l'annulation de ses spectacles sur la base de potentielles «menaces de trouble à l'ordre public,» ou l'exercice de pressions en menaçant les communes de diminuer le montant des subventions pour la culture si elles l'autorisent à se produire.
 L'objectif de Manuel Valls, le patron de la police nationale, est clair, mais le pouvoir tâtonne quant à la méthode.
La quenelle a un effet dévastateur sur Manuel Valls
Le cliché méprisant qui est constamment répété est que «Dieudonné ne fait plus rire personne.»
En réalité, c'est le contraire qui est vrai. Et c'est là le problème. Dans sa récente tournée dans les villes françaises, des vidéos montrent de grandes salles archi combles pliées de rire devant leur humoriste préféré. Il a popularisé un geste simple qu'il appelle la «quenelle.» Ce geste est imité par des jeunes gens dans toute la France. Elle veut dire tout simplement et à l'évidence : on en a marre.
 Pour inventer un prétexte pour détruire Dieudonné, la principale organisation juive, le CRIF (Conseil Représentatif des Institutions Juives de France, équivalent français de l'AIPAC) et la LICRA (Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme), qui jouit de privilèges particuliers dans le droit français (la journaliste parle du droit de se porter partie civile, NdT) ont sorti une histoire extravagante pour qualifier Dieudonné et ceux qui le suivent de «nazis.» La quenelle n'est selon toute évidence qu'un geste grossier signifiant à peu près «dans ton cul» avec une main placée en haut de l'autre bras pointé vers le bas pour préciser la longueur de la quenelle. 
Mais pour le CRIF et la LICRA, la quenelle est «un salut nazi à l'envers». (On n'est jamais assez «vigilant» quand on cherche un Hitler caché) 
Comme quelqu'un l'a remarqué, un «salut nazi à l'envers» peut tout aussi bien être considéré anti-nazi. Si encore le geste a quelque chose à voir avec Heil Hitler. Ce qui n'est manifestement pas le cas.
 Mais le monde des médias reprend cette affirmation, en signalant tout du moins que «certains considèrent la quenelle comme un salut nazi à l'envers. » Peu importe si ceux qui pratiquent ce geste n'ont aucun doute sur ce qu'il veut dire : N...e le système !
 Mais jusqu'à quel point le CRIF et la LICRA sont-ils «le système» ? 
La France a un grand besoin de rire 
L'industrie française est en train de disparaître, avec des usines qui ferment les une s après les autres. L'imposition des citoyens à faibles revenus est à la hausse, pour sauver les banques et l'euro. La désillusion vis-à-vis de l'Union européenne est de plus en plus forte. Les règles de l'UE empêchent toute action sérieuse pour améliorer l'état de l'économie française. Pendant ce temps, les politiciens de gauche et de droite continuent leurs discours creux, émaillés de clichés sur les «droits de l'homme» - en grande partie comme prétexte pour aller à la guerre au Moyen-Orient ou pour des diatribes contre la Chine et la Russie. Le pourcentage d'opinions positives sur le président Hollande a dégringolé à 15%. Pourtant les gens votent, avec pour résultat les mêmes politiques, décidées par l'UE.
Pourquoi alors la classe dirigeante concentre-t-elle sa vindicte sur «l'humoriste le plus talentueux de sa génération" (ainsi que le reconnaissent ses confrères, même quand ils le dénoncent)? 
La réponse en bref est probablement que la popularité montante de Dieudonné auprès de la jeunesse illustre un accroissement de l'écart entre générations. Dieudonné fait rire aux dépends de l'ensemble de l'establishment politique. Ce qui a eu pour conséquences un torrent d'injures et de démarches pour interdire ses spectacles, le ruiner financièrement et même le faire aller en prison. Les attaques verbales fournissent le contexte propice à des agressions physiques contre lui. Il y a quelques jours, son assistant Jacky Sigaux a été agressé physiquement en pleine journée par plusieurs hommes masqués devant la mairie du 19ème arrondissement – juste en face du parc des Buttes Chaumont. Il a déposé plainte. 
Mais quelle protection peut-on espérer de la part d'un gouvernement dont le ministre de l'intérieur, Manuel Valls – en charge de la police – a promis de trouver les moyens de faire taire Dieudonné ? 
Cette affaire est importante mais il est pratiquement certain qu'elle ne sera pas traitée correctement dans les médias hors de France – exactement comme elle n'est pas traitée correctement dans la presse française qui est la source de presque tout ce qui est rapporté à l'étranger. Les problèmes liés à la traduction, une part de malentendus et de contrevérités ajoutent à la confusion.
 Pourquoi le haïssent-ils ?
Dieudonné M’Bala M’Bala est né dans la banlieue parisienne il y a 48 ans Sa mère était une blanche originaire de Bretagne, son père était un Africain originaire du Cameroun. Ce qui devrait faire de lui l'enfant-modèle du «multiculturalisme» que l'idéologie dominante de la gauche affirme promouvoir. Et durant la première partie de sa carrière, en duo avec son ami juif Elie Semoun, il était exactement ça : il faisait campagne contre le racisme, concentrant ses attaques sur le Front National allant même jusqu'à se présenter aux élections municipales contre une candidate du Front National à Dreux, une cité dortoir à environ 90 kilomètres à l'ouest de Paris où il réside. Comme les meilleurs humoristes, Dieudonné a toujours ciblé les événements de l'actualité, avec un engagement et une dignité peu courants dans la profession. Sa carrière était florissante, il jouait dans des films, était invité à la télévision et travaillait désormais en solo. Très bon observateur, il excelle dans des imitations assez subtiles de divers types de personnalités et groupes ethniques, des Africains aux Chinois.
Il y a dix ans, le 1er décembre 2003, en tant qu'invité dans une émission de télévision traitant d'actualité intitulée «On ne peut pas plaire à tout le monde,» un nom tout à fait approprié, Dieudonné était arrivé sur le plateau sommairement déguisé en «converti au sionisme extrémiste», suggérant aux autres de «rejoindre l'axe du bien israélo-américain. ». Cette mise en cause relativement modérée de « l'axe du mal » de George W. Bush semblait complètement dans l'air du temps. Ce sketch se terminait par un bref salut «Isra-heil». On était loin du Dieudonné des débuts mais l'humoriste populaire avait été néanmoins salué avec enthousiasme par les autres comédiens tandis que le public présent sur le plateau lui avait fait une standing ovation.
C'était dans la première année de l'attaque américaine contre l'Irak à laquelle la France avait refusé de s'associer, ce qui avait amené Washington à rebaptiser ce qu'on appelle là-bas « french fries » (belges en réalité) en «freedom fries» .
Puis les protestations ont commencé à arriver, concernant particulièrement le geste final vu comme posant une équivalence entre Israël et l'Allemagne nazie.
« Antisémitisme ! » criait-on même si la cible du sketch était Israël (et les Etats Unis et leurs alliés au Moyen Orient). Les appels se multipliaient pour interdire ses spectacles, le poursuivre en justice, détruire sa carrière. Dieudonné a essayé d'expliquer que son sketch ne visait pas les Juifs en tant que tels mais, à la différence d'autres avant lui, il n'a pas présenté d'excuses pour une offense qu'il considère ne pas avoir commise.Pourquoi n'y-a-t-il pas eu de protestations de la part des Africains dont il s'est moqué ? Ou des Musulmans, Ou des Chinois ? Pourquoi une seule communauté a-t-elle réagi avec autant de rage ?
A commencé alors une décennie d'escalade. La LICRA entama une longue série d'actions en justice contre lui (« incitation à la haine raciale »), les perdant au début mais ne relâchant pas la pression. Au lieu de céder, après chaque attaque Dieudonné a poussé plus avant sa critique du « sionisme », Dans le même temps, Dieudonné était graduellement exclu des studios de télévision et traité comme un paria par les médias grand public. C'est seulement la profusion récente sur internet d'images montrant de jeunes gens en train de faire le geste de la quenelle qui a poussé l'establishment à conclure qu'une attaque frontale serait plus efficace que d'essayer de l'ignorer.
L'arrière-plan idéologique
 Pour essayer de comprendre la signification de l'affaire Dieudonné, il est nécessaire d'appréhender le contexte idéologique. Pour des raisons trop complexes pour qu'on les présente ici, la gauche française – la gauche dont la préoccupation principale était autrefois le bien-être des travailleurs, l'égalité sociale, l'opposition aux guerres d'agression, la liberté d'expression – n'existe pratiquement plus. La droite a gagné la bataille décisive de l'économie avec le triomphe de politiques qui favorisent la stabilité monétaire et les intérêts du capital dfinancier international (le « néolibéralisme »). Comme prix de consolation, la gauche jouit d'une certaine prééminence idéologique basée sur l'anti-racisme, l'anti-nationalisme et l'engagement en faveur de l'Union Européenne – et même de l'hypothétique « Europe sociale » qui s'éloigne à grands pas pour rejoindre le cimetière des rêves disparus. En fait, cette idéologie coïncide parfaitement avec une mondialisation fondée sur les exigences du capitalisme financier international.
En l'absence de toute véritable gauche sociale et économique, la France a sombré dans une sorte de «politique de l'identité » qui fait à la fois l'éloge du multiculturalisme et réagit avec véhémence contre le «communautarisme », c'est-à-dire l'affirmation de n'importe quel particularisme jugé indésirable. Mais certains particularismes ethniques sont encore moins les bienvenus que d'autres. Le voile islamique a été d'abord interdit dans les écoles, et les demandes pour le faire interdire dans l'espace public se font de plus en plus pressantes. Le niqab et la burqa, quoique rares, ont été interdits par une loi. Des controverses éclatent sur la nourriture halal dans les cantines, les prières sur la voie publique, tandis que des caricatures raillent régulièrement l'Islam. Quoi qu'on puisse penser de tout ça, la lutte contre le communautarisme peut être vue par certains comme dirigée contre une communauté en particulier. Dans le même temps, les dirigeants politiques français ont pris la tête de ceux qui appellent à la guerre dans des pays musulmans comme la Libye et la Syrie tout en affichant leur dévotion pour Israël. 
En même temps, une autre communauté fait l'objet d'une sollicitude de tous les instants. Ces vingt dernières années, alors que la pratique religieuse et l'engagement politique ont considérablement décliné, l'holocauste, appelé Shoah en France, est devenu progressivement une sorte de religion d'Etat. Les écoles commémorent la Shoah chaque année, elle domine de plus en plus dans une conscience historique en recul sous les autres aspects tout comme nombre d'approches en sciences humaines. En particulier, de tous les événements de la longue histoire de France, le seul protégé par une loi est la Shoah.. La loi dite Gayssot prohibe tout questionnement sur l'histoire de la Shoah, une interférence absolument sans précédent avec la liberté d'expression. En outre, certaines associations comme la LICRA, se sont vues accorder le privilège de pouvoir poursuivre des individus en justice sur la base de « l'incitation à la haine raciale » (interprétée de manière très large et inégale) avec la possibilité d'encaisser des dommages et intérêts au nom de la « communauté insultée ». En pratique, ces lois servent surtout à poursuivre «l'antisémitisme» présumé et le «révisionnisme» par rapport à la Shoah. Même si elles sont souvent rejetées par les tribunaux, de telles actions en justice participent du harcèlement et de l'intimidation. La France est un des rares pays où le mouvement BDS (Boycott, Désinvestissement, Sanctions) contre la colonisation israélienne peut aussi être attaqué devant les tribunaux pour «incitation à la haine raciale.»
Organisation violente, la Ligue de Défense Juive (LDJ), illégale aux Etats Unis et même en Israël, est connue pour avoir saccagé des librairies ou frappé des individus isolés, parfois âgés. Quand les agresseurs sont identifiés, la fuite en Israël est une bonne porte de sortie. Les victimes de la LDJ n'inspirent jamais dans l'opinion publique quoi que ce soit de comparable à l'indignation publique massive quand un citoyen juif est victime d'une agression gratuite. Par ailleurs, les politiciens se rendent au dîner annuel du CRIF avec le même zèle que ceux des Etats Unis pour aller au dîner de l'AIPAC -pas pour financer leurs campagnes électorales mais pour prouver la bienveillance de leurs sentiments. 
La France possède la plus importante communauté juive d'Europe occidentale, une population qui a en grande majorité échappé à la déportation pendant l'occupation allemande au cours de laquelle les immigrés juifs avaient été expulsés vers les camps de concentration. En plus d'une communauté juive établie depuis très longtemps, il y a beaucoup de nouveaux venus originaires d'Afrique du Nord. Tout cela contribue à une population aux succès très dynamiques, très présente dans les professions les plus visibles et les plus populaires (le journalisme, le show business ainsi que la science et la médecine entre autres) 
De tous les partis politiques français, le Parti Socialiste (en particulier via le Parti Travailliste de Shimon Peres qui est membre de l'Internationale Socialiste) est celui qui a les liens historiques les plus étroits avec Israël. Dans les années 1950, quand la France combattait le mouvement de libération nationale algérien, le gouvernement français (via Peres) avait contribué au projet israélien de production d'armes atomiques. Aujourd'hui, ce n'est pas le Parti Travailliste qui gouverne Israël mais l'extrême droite. La récente visite amicale faite par Hollande à Benjamin Netanyahou a montré que la dérive droitière de la vie politique en Israël n'a absolument pas tendu les relations – qui semblent plus étroites que jamais. 
Il n'empêche que la communauté juive est très petite en comparaison du grand nombre d'immigrés arabes venus d'Afrique du Nord ou des immigrés noirs originaires des anciennes colonies françaises en Afrique. Il y a quelques années, Pascal Boniface, un intellectuel de renom membre du PS, avait prudemment averti les dirigeants du parti que leur biais en faveur de la communauté juive pourrait finir par causer des problèmes électoraux. Cet avertissement qui figurait dans un document d'analyse politique avait provoqué un tollé qui lui avait presque coûté sa carrière. 
Mais le fait demeure : il n'est guère difficile pour les français d'origine arabe ou africaine d'avoir le sentiment que le «communautarisme » qui a vraiment de l'influence est le communautarisme juif. 
Les usages politiques de l'holocauste 
Norman Finkelstein a montré il y a quelques temps que l'holocauste peut être exploité à des fins pour le moins dénuées de noblesse : comme extorquer des fonds à des banques suisses. La situation en France est cependant très différente. Il ne fait guère de doute que les rappels constants de la Shoah fonctionnent comme une sorte de protection pour Israël contre l'hostilité que génère le traitement infligé aux palestiniens. Mais la religion de l'holocauste a un autre impact politique plus profond qui n'a pas de relation directe avec le destin des Juifs. 
Plus que toute autre chose, Auschwitz a été interprété en tant que symbole de ce à quoi mène le nationalisme. La référence à Auschwitz a servi à donner mauvaise conscience à l'Europe, et notamment aux Français si on tient compte du fait que leur rôle relativement marginal dans cette affaire [Auschwitz] avait été une conséquence de la défaite militaire et de l'occupation du pays par l'Allemagne nazie. Bernard-Henri Lévy, l'écrivain dont l'influence s'est accrue dans des proportions grotesques ces dernières années (il a poussé la président Sarkozy à la guerre contre la Libye), avait commencé sa carrière en soutenant que le «fascisme» est l'authentique «idéologie française». Culpabilité, culpabilité, culpabilité. En faisant d'Auschwitz l'événement le plus significatif de l'histoire contemporaine, un certain nombre d'écrivains et de personnages publics justifient par défaut le pouvoir croissant de l'Union Européenne en tant que remplacement indispensable des nations européennes intrinsèquement «mauvaises.» Plus jamais Auschwitz ! Dissoudre les Etats nations dans une bureaucratie technocratique libérée de l'influence émotionnelle de citoyens qui pourraient ne pas voter correctement. Vous vous sentez français ? Ou allemand ? Vous devirez en éprouver de la culpabilité – à cause d'Auschwitz.
Les Européens sont de moins en moins enthousiastes devant l'UE car elle ruine leurs économies et leur retire tout contrôle démocratique sur elles. Ils peuvent voter pour le mariage gay, mais pas pour la moindre mesure keynésienne et encore moins socialiste. La culpabilité pour le passé est néanmoins supposée maintenir leur fidélité à l'égard du rêve européen.
Les fans de Dieudonné, si on en juge par les photos, semblent être en majorité des hommes jeunes, âgés entre 20 et 30 ans. Ils sont nés deux bonnes générations après la seconde guerre mondiale. Ils ont passé leurs vies à entendre parler de la Shoah. Plus de 300 écoles parisiennes arborent une plaque commémorant le sort funeste d'enfants juifs déportés dans les camps de concentration nazis. Quel peut bien être l'effet de tout ça ? Pour beaucoup de ceux qui sont nés longtemps après ces terribles événements, il semble que tout le monde est supposé se sentir coupable – si ce n'est pas pour ce qu'ils n'ont pas fait, alors c'est pour ce qu'ils auraient été supposés avoir fait s'ils en avaient eu la possibilité [s'ils avaient vécu à l'époque, NdT]. 
Quand Dieudonné a transformé Chaud Cacao, une vielle chanson «tropicale» un peu raciste, en Shoah Ananas, le refrain a été repris en masse par les fans de Dieudonné. J'ose croire qu'ils ne se moquent pas de la véritable Shoah mais plutôt de ceux qui leur rappellent tout le temps des événements qui sont supposés les faire se sentir coupables, insignifiants et impuissants. Une bonne partie de cette génération en a assez d'entendre parler de la période 1939 – 1945 alors que son propre avenir est sombre.
 Personne ne sait quand s'arrêter 
Dimanche dernier, Nicolas Anelka, un footballeur très connu d'origine afro-belge [la famille d'Anelka est en fait originaire des Antilles, NdT] qui évolue en Angleterre a fait une quenelle après avoir marqué un but – en signe de solidarité avec son ami Dieudonné M’Bala M’Bala. Suite à ce geste simple et à la base insignifiant, le tumulte a atteint de nouveaux sommets. 
A l'Assemblée Nationale française, Meyer Habib représente les «Français de l'étranger» - dont 4 000 Israéliens d'origine française [plus de 78 000 inscrits sur les registres électoraux en réalité, NdT]. Lundi dernier, il a twitté «La quenelle d'Anelka est intolérable ! Je vais déposer une proposition de loi pour punir ce nouveau salut nazi pratiqué par les antisémites.»
Meyer Habib
Meyer Habib
La France a adopté des lois pour « punir l'antisémitisme » [aucune de ces lois ne concerne exclusivement l'antisémitisme, NdT]. Le résultat est à l'opposé. De telles dispositions tendent simplement à confirmer la vieille idée selon laquelle «les juifs dirigent le pays» et participent à la montée de l'antisémitisme. Quand de jeunes français voient un Franco-israélien essayer de transformer en délit un simple geste, quand la communauté juive se mobilise pour interdire leur humoriste préféré, cela ne peut que faire monter l'antisémitisme et même encore plus rapidement.
Il reste que dans cette escalade le rapport de forces est très inégal. Un humoriste n'a pour armes que des mots et des fans qui pourraient bien se disperser quand la situation va se corser. De l'autre côté se trouvent l'idéologie dominante et le pouvoir de l'Etat.
Dans ce genre de conflit, la paix civile dépend de la sagesse et de la capacité de ceux qui ont le plus de pouvoir à faire montre de retenue. S'ils n'agissent pas en ce sens, alors cela pourrait être un jeu sans vainqueurs.