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mercredi 7 janvier 2015

Le massacre perpétré au siège de Charlie Hebdo a-t-il un rapport avec la liberté d'expression?

Ce post est une synthèse de plusieurs messages ou commentaires que j'ai commencé à poster sur Facebook à partir du début d'après-midi.
Je viens d'entendre le discours de François Hollande à la radio. On doit reconnaître qu'il a fait un très beau discours, très digne et à la hauteur de la situation même s'il n'a pu éviter un passage hypocrite sur la politique étrangère de la France et fait ainsi le lien dans un sens bien précis avec la tuerie perpétrée aujourd'hui à Paris. 
On verra ce qu'il subsistera de cette dignité dans les jours, semaines et mois à venir.

Comme beaucoup, j'ai appris avec stupéfaction puis effarement l'agression extrêmement meutrière perpétrée contre les locaux du magazine Charlie Hebdo.
Non pas que j'apprécie la ligne éditoriale de cet hebdomadaire (que je m'abstiens de lire depuis maintenant de longues années), mais parce que je réprouve ces méthodes sauvages et l'effusion de sang.

Sans être absolument non violent, je considère que l'exercice de la violence doit être réservé à l'auto-défense en cas d'agresion physique, proportionnelle à l'agression et laisser la place à la justice dès lors qu'elle est en mesure de se substituer à l'autodéfense qui n'a lieu d'être qu'en cas d'urgence et d'absence d'autre recours. La violence physique, qui plus est meurtrière, est à condamner dans tous les autres cas, et bien évidemment dans le cas présent.

J'entends bien, et je comprends, que de nombreuses voix vont se lever (et se lèvent déjà) pour déplorer la perte de toutes ces vies humaines, que ce soit la mort des membres de l'équipe de l'hebdomadaire ou celle des agents de police, et pour déplorer l'atteinte physique faite à la liberté d'expression et de la presse.

Pourtant, si on ne peut que déplorer les pertes humaines, je considère que ce crime n'a rien à voir avec la liberté d'expression, ni même avec le champ médiatique. Après tout en ce moment, ce sont Michel Houellebecq et Eric Zemmour qui font l'actualité islamophobe, pas Charlie Hebdo. C'est pourtant l'hebdomadaire qui a été visé.

Ce drame s'inscrit en réalité dans la campagne de peur qui s'est mise en place depuis l'affaire Merah. Les trois premières affaires ou pseudo affaires (NantesJoué les Tours et Dijon) ont été un avant goût, des étapes utiles qui ont été exploitées pour renforcer les dispositifs sécuritaires dans un cadre clairement posé comme antiterroriste par le gouvernement alors que nous étions devant des incidents certes traumatisants dans lesquels des personnes ont pu trouver la mort mais qui relèvent du malheureux fait divers.

Nous sommes maintenant entrés dans le vif du sujet car ce sont des membres de l'élite intellectuelle et médiatique qui ont été visés, ce qui justifiera une très forte réponse des pouvoirs publics qui représentent d'une certaine manière ces élites. Nous allons bien sûr voir se mettre en place un ensemble de dispositions ainsi qu'une répression qui va toucher des gens et des milieux qui n'ont rien à voir avec les auteurs de ce crime.

De fait, avec le massacre perpétré au siège de Charlie Hebdo, un palier et un point de non retour ont été franchis comme on va bientôt s'en apercevoir.

Il fallait en effet une telle abjection pour balayer les réticences à sombrer dans la haine anti musulmans dont a su faire preuve le peuple français. Ici, c'est la classe médiatique, avec des personnalités qui étaient à la jonction des milieux journalistiques et artistiques, qui a été touchée en plein coeur avec des figures emblématiques du paysage culturel français, ainsi de la disparition par exemple de ce véritable monstre sacré qu'est Georges Wolinski, des symboles de l'impertinence qui ont accompagné plusieurs générations d'intellectuels et de membres de la classe moyenne cultivée (qu'on les apprécie ou pas, c'est autre chose).

Ici, il faut attirer l'attention sur le fait que depuis quelques années, le climat islamophobe est exacerbé par des membres de cette élite, que ce soit Eric Zemmour, Michel Houellebecq ou certaines des victimes du carnage qui vient d'être perpétré. C'est un climat en quelque sorte inspiré par le haut et non quelque chose qui vient des tréfonds de la société. Et il ne faut pas trop personnaliser la question parce que les personnes citées ont en réalité derrière elles tout un appareil politique et économique qui les porte à bout de bras.

Il faut donc s'attendre à une très forte réaction de ces élites qui sont des élites dominantes dans tous les sens du terme. Le crime qui vient d'être commis risque d'attirer de nouvelles couches de ces catégories sociales dans la dérive islamophobe.

La réaction des élites aura lieu aussi bien sur le plan intellectuel que sur le plan politique et sécuritaire avec un renforcement des mesures répressives. D'autant que la mise à mort de sang froid d'un agent de police à terre et sans défense aura bouleversé et choqué non seulement la population en général mais ses confrères dont j'ose à peine imaginer l'état d'esprit en ce moment.

Comme beaucoup d'autres personnes, je souhaite ardemment que les auteurs de la tuerie soient arrêtés par la police pour être traduits en justice et qu'on puisse savoir leurs mobiles exacts et qui les a inspirés/manipulés. Parce que nous sommes certainement ici devant une affaire du type Mohamed Merah ou Mehdi Nemmouche, avec des tueurs manipulés par un service. Si les auteurs sont eux-mêmes membres du service auquel je pense, ils ne seront certainement jamais pris, ni morts, ni vifs.

Personnellement, je ne veux pas manquer de respect aux victimes, que ce soit aux agents de police ou à Wolinski que j'ai toujours admiré, pas même à Charb qui a versé dans la provocation islamophobe.

Je me refuse par contre à associer ce crime à des Musulmans et encore moins à des Musulmans agissant en toute connaissance de cause.

Pour moi, ce n'est et ne peut être que le résultat d'agissements de personnes manipulées (du genre justement Mohamed Merah, Mehdi Nemmouche et d'autres) ou le résultat de l'intervention directe d'un service spécialisé.

Pour mieux me faire comprendre, je dirai que ces crétins/salopards peuvent être manipulés dans ce sens qui consiste à semer la mort et la désolation, ou dans un autre sens qui consiste à s'associer aux acteurs des campagnes islamophobes. Ce sont fondamentalement les mêmes personnes et la direction de leur dérive sera avant tout une question de goût (pour la bagarre par exemple), de rencontres, d'argent, de femmes,de shit, enfin tout ce qui peut motiver un homme.

A ceux qui demanderont pourquoi, je répondrai simplement qu'ils devraient s'intéresser à la politique de leur pays, sa politique économique, sociale et étrangère, Toutes les réponses sont là mais, comme disait Marx, la compréhension ne se dégage pas directement des faits bruts et concrets pris isolément mais au contraire de la mise en relation des faits, c'est-à-dire en allant de l'abstrait au concret et pas l'inverse.
Le député UDI Meyer Habib et Benjamin Netanyahou
Le député UDI Meyer Habib et Benjamin Netanyahou
Ce n'est pas pour rien si on nous a dit que la lutte contre l'antisémitisme était « une grande cause nationale », ce n'est pas pour rien que le député français Meyer Habib a dit qu'avec leur vote en faveur de la reconnaissance d'un Etat palestinien les députés importaient en France le conflit du Proche Orient (Meyer Habib vient d'enfoncer le clou dans la plaie pour ainsi dire), ce n'est pas pour rien que Benjamin Netanyahou a averti la France qu'elle est menacée par le terrorisme parce qu'elle est trop pro-arabe (ce qui n'empêche pas les médecins militaires de Netanyahou de soigner les blessés d'al Qaïda dans le Golan occupé),
Ce n'est pas pour rien mais parce que l'Agence Juive veut attirer en Palestine occupée quelque « 42 000 Juifs de France d'ici 2017 ». Comme les Juifs français se sentent plutôt bien dans leur pays, il est donc nécessaire de simuler la demande d'émigration fut-ce au prix d'une extrême tension et même de morts en France.

En effet, ces gens ne reculent devant rien et tout ce qui les intéresse, c'est le rapport coût-bénéfice.

Nous sommes aujourd'hui dans l'ultime étape de la création du climat propice à encourager le départ vers l'entité sioniste de citoyens qui appartiennent à la communauté juive la plus importante numérique d'Europe et dont les membres sont souvent détenteurs d'un niveau d'éducation et de qualification élevé. C'est donc une population très intéressante sous cet aspect et dont l'apport ne sera pas négligeable pour la grande bataille qui se joue en Palestine occupée : la bataille démographique, toujours décisive dans les situations coloniales.

mardi 3 juin 2014

Mohamed Merah, Mehdi Nemmouche, les loups solitaires du Procureur de la République

Mehdi Nemmouche a moins de succès médiatique que Mohamed Merah. Il faut dire qu'alors que Mohamed Merah avait été tué au terme d'une opération policière spectaculaire et retransmise en quasi direct, l'auteur présumé de la fusillade meurtrière du musée juif de Bruxelles a été interpellé en douceur au cours d'un contrôle de routine effectué par la police de l'air et des frontières au terminus de la ligne de bus Amsterdam - Bruxelles -Marseille.

Si Mohamed Merah avait eu le bon goût de se planquer dans son propre appartement (en effet quel meilleur refuge que son chez-soi quand on est activement recherché par la police?) Mehdi Nemmouche a eu de son côté la délicatesse de prendre une ligne de bus internationale au départ de la ville où il aurait commis son crime, non sans emporter avec lui les armes utilisées au musée juif: pistolet et fusil d'assaut de type Kalashnikov, mais aussi la casquette qui est probablement l'élément le plus distinctif sur les vidéos diffusées par la police belge ainsi qu'une espèce de drap frappé de l'emblème de l'Etat Islamique en Irak et au Levant, une des milices actives en Syrie et en Irak.

Malgré le manque relatif de succès médiatique de Mehdi Nemmouche, la presse et les autorités françaises, se sont empressées de faire le parallèle entre les itinéraires des deux personnages: deux jeunes d'origine maghrébine nés en France, un milieu familial désuni, un passé de petit délinquant et enfin l'embrigadement dans la mouvance terroriste dite islamiste ou djihadiste.

Dans les deux cas, nous dit-on, l'embrigadement a été l'aboutissement d'un processus d'auto-radicalisation de loups solitaires.

Pourtant, les loups solitaires semblaient connaître du monde et j'ai personnellement du mal à me figurer comment quelqu'un qui s'est auto-radicalisé peut finir par s'intégrer rapidement au sortir de sa détention dans une milice armée à des milliers de kilomètres de son dernier domicile connu.
Parce que c'est ainsi que ça s'est passé pour Mehdi Nemmouche qui aurait effectivement participé à la lutte armée  contre le gouvernement syrien.

Ce qui le différencie d'un Mohamed Merah qui, s'il s'est rendu en divers endroits comme l'Afghanistan ou Tel Aviv n'a jamais été signalé comme ayant pris part à des actions armées.

On peut nous prendre pour des sots, mais je ne vois pas comment un quidam auto-radicalisé et sans le sou peut se rendre en Syrie pour y rejoindre un groupe armé qui ne va pas vous incorporer dans ses rangs sans avoir une idée assez précise de qui vous êtes et de vos motivations.  Ce Mehdi Nemmouche, s'il a bien combattu en Syrie en tout cas, a nécessairement été pris en charge par une filière qui a au minimum des correspondants en France et l'a introduit auprès des cadres de l'Etat Islamique en Irak et au Levant (EIIL).

Les gens de l'EIIL sont peut-être des extrémistes mais ils sont organisés comme n'importe quel groupe combattant dans une zone de guerre difficile et complexe, avec ses luttes intestines et ses agents doubles. Et notez bien que la fiche "parcours" de M. Nemmouche publiée par France [dés)Info l'affilie au Jabhat al Nosra, une organisation aux relations pour le moins tendues avec l'EIIL.

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Alors qui a lancé cette thèse du loup solitaire et du jeune auto-radicalisé?

Dans l'affaire Mohamed Merah comme dans l'affaire Mehdi Nemmouche, le concept tire son origine de la même source, le Procureur de la République François Molins qui avait en charge le dossier Mohamed Merah.

Ce n'est certes pas un hasard si François Molins qui exerçait déjà à ce poste sous Nicolas Sarkozy y a été maintenu par l'équipe de François Hollande. Ce maintien est le signe de la continuité d'une politique judiciaire à l'égard des jeunes  Arabo-musulmans sur le plan intérieur et d'une politiqué étrangère à l'égard des peuples arabo-musulmans sur le plan extérieur.
François Molins désigne un loup solitaire Abdelhakim Dekhar
François Molins désigne le loup solitaire Abdelhakim Dekhar

François Molins, c'est l'instrument indispensable du gouvernement par la crédibilité associée à sa pseudo-expertise en matière judiciaire. Or, sa fonction est moins technique que politique, et c'est donc bien la politique du gouvernement qu'il met en oeuvre.

Cette thèse du loup solitaire, libre à chacun de la croire.

En tout cas, le Belge André Vandoren, patron de l'Organe de coordination pour l'analyse de la menace (OCAM) n'y croit pas.
André Vandoren
André Vandoren
M. Vandoren observe en effet:
"à mes yeux, il ne s'agissait pas de l'acte d'un loup solitaire: un terroriste qui aurait tout fait tout seul. Il a voyagé vers la Syrie et d'autres pays. L'enquête devra détailler tout son parcours. Comment a-t-il été formé? Comment a-t-il pu échapper à tout contrôle pendant plusieurs jours après l'attentat?"

C'est du simple bon sens. L'OCAM est un organisme interministériel chargé d'analyser la menace terroriste contre la Belgique en traitant des informations fournies par des services comme les douanes, la police fédérale, le service public fédéral mobilité et transport etc.




vendredi 3 janvier 2014

Diana Johnstone et Mohamed Merah sur un photomontage. Et alors?

Certains se sont étonnés de voir le portrait de Mohamed Merah sur la photo où apparaît principalement Diana Johnstone.
J'ai choisi cette photo découverte par hasard via Google parce que je trouvais que Mme Johnstone y était à son avantage et je ne l'ai pas examinée plus avant, confondant en fait le visage de Mohamed Merah avec celui de Barack Obama.
Image
                     Diana Johnstone
Certains ont essayé de se saisir de la présence de Merah sur la photo en omettant de pointer le fait que sont présents aussi les visages de Nicolas Sarkozy et de François Hollande!
Le photomontage provient du site Red Ice Radio, une web radio suédoise à la ligne éditoriale effectivement assez étrange (et pas du tout ma tasse de thé ceci dit en passant), mais Mme Johnstone n'appartient absolument pas à l'équipe de cette radio à laquelle elle a accordé un entretien [moyennant rétribution] comme elle let fait avec d'autres médias.
L'interview accordée à cette radio en mai 2012 portait sur la situation politique en France et sur le rôle qu'avait éventuellement joué la tuerie de Toulouse dans l'élection présidentielle, ce qui explique la présence de Mohamed Merah sur le montage.
Après avoir hésité à garder ou pas ce photomontage, j'ai décidé de le garder étant donné qu'il n'est en rien une forme d'apologie ou de commémoration du tueur de Toulouse (et de Montauban comme on l'oublie trop souvent).
Pour avoir une idée du pedigree de Mme Johnstone, voici un lien vers cette radio marginale qu'est France Culture.

lundi 3 juin 2013

Une méthode d'auto-radicalisation pour apprentis "djihadistes"

La méthode a en effet été  testée avec succès à Montauban, Toulouse, Boston et Londres.

Comme les assassinats de Toulouse et Montauban attribués à Mohamed Merah ou l’attentat de Boston attribué aux frères Tsarnaev, Tamerlan et Dzhokar, l’assassinat de Lee Rigby, un soldat Anglais, par Michael Adebolajo  et Michael Adobowale, deux présumés islamistes à Londres a suscité indignation et commentaires.

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Michael Adebolajo au tribunal: "Sur le Coran, je m'en bats les couilles que tu me demandes de me lever."
L’idée générale derrière les commentaires émanant des responsables politiques étant qu’il convient de renforcer la surveillance des individus  susceptibles de passer à l’action et de mieux contrôler internet parce que nous aurions affaire à des individus auto-radicalisés.

C’est dans la bouche du procureur François Molins que j’ai entendu parler pour la première fois de ce processus d’auto-radicalisation qui renvoie à l’image d’un individu isolé qui développe dans son coin une culture théologico-politique extrémiste et s’initie à des modes d’action comme la confection d’explosifs (la fameuse cocotte-minute des frères Tsarnaev par exemple).

Et cette auto-radicalisation serait particulièrement bien servie par des sites internet en tout genre comme celui dont le nom est souvent repris par vos journaux, un site qu’on nous présente comme saoudien mais rédigé en anglais pour que tout un chacun puisse profiter de la science du terrorisme dit islamique.

Libre à vous de croire à ces fables  parce que dans les trois affaires citées, non seulement les terroristes ou présumés tels n’ont jamais été isolés mais ils étaient tous connus des services de police ou de renseignements.

La presse anglaise revient sur cette relation des services secrets avec un des auteurs présumés de l’assassinat qui a coûté la vie au jeune soldat de Sa Majesté.

Ce dont rend compte la presse n’est qu’un aperçu d’une vérité que nous ne connaîtrons sans doute jamais sur l’état des relations entre des services de sécurité et de présumés «djihadistes,» Londres ayant une longue expérience dans ce domaine.

Meurtre de Woolwich, la connexion MI6: le plus jeune frère de Michael Adebolajo ‘était payé pour espionner au Moyen Orient’


Jérémiah Adebolajo, 26 ans est professeur d'anglais à l’université en Arabie Saoudite
Il aurait été approché par le MI6 qui avait fait pression sur lui pour qu’il devienne un espion
Il voyageait en classe affaires dans des hôtes cinq étoiles et touchait du cash.
Sa soeur, Blessing, dit qu’il avait ‘fermement’ rejeté des propositions pour travailler avec le MI6
On lui avait demandé de ‘retourner’ son frère Michael pour cause de liens avec des organisations terroristes

Par Robert Verkaik, Mail on Sunday (UK) 2 juin 2013 traduit de l'anglais par Djazaïri

Le plus jeune frère d’un des hommes accusés d’avoir assassiné le tambour Lee Rigby avait été payé des milliers de livres sterling par le MI6 dans le cadre d’opérations d’espionnage au Moyen Orient, a découvert le Mail on Sunday.

Jeremiah Adebolajo, qui se fait appeler Aboul Jalil avait aussi été sollicité pour aider à ‘retourner’ son frère Michael pour qu’il travaille avec le MI5 qui était déjà au courant des liens étroits de Michael avec des organisations extrémistes.

Ces affirmations sont le fait de la famille Adebolajo et d’une source bien placée qui a contacté le Mail on Sunday.

Jeremiah Adebolajo, 26 ans, qui exerce comme professeur d’anglais dans une université en Arabie Saoudite et est rentré en Grande Bretagne cette semaine, doit être interrogé aujourd’hui sur son frère par les policiers antiterroristes de Scotland Yard.

Des sources gouvernementales ont déjà confirmé que Michael Adebolajo était connu du MI5. La semaine dernière, il a été suggéré qu’il avait opposé une fin de non recevoir aux démarches des services de sécurité pour le recruter comme espion.

Michael, 28 ans, est sorti de l’hôpital vendredi et a été inculpé hier pour l’assasinat du tambour Rigby et pour tentative de meurtre de deux agents de police le 22 mai à Woolwich, Londres Sud.

On sait maintenant que l’agence soeur du MI5, le MI6, s’était intéressée à Jeremiah, un enseignant marié qui exerce à l’université de Ha’il (en Arabie).

Le MI5 et le MI6 coopèrent étroitement dans les opérations antiterroristes Le champ d’action principal du MI5 est la sécurité intérieure, tandis que le MI6 s’occupe des menaces venues de l’étranger.

Un document consulté par le Mail on Sunday détaille les inquiétudes de la famille de Jeremiah sur un présumé harcèlement par le MI 6 en avril 2012.
Dans ce document, la soeur de Jeremiah, Blessing Adebolajo, 32 ans, qui travaille comme assistante en ressources humaines à Londres, affirme que son frère avait été approché par le MI6 alors qu’il travaillait à l’université de Ha’il – une localité stratégique du Moyen Orient parce qu’elle n’est qu’à une heure d’avion de 11 capitales arabes.

Blessing Adebolajo

Un ami de Jeremiah a confirmé la déclaration de la soeur.

Cet ami déclare: ‘Ils l’ont questionné sur Michael et lui ont demandé de les aider à le « retourner» pour qu’il travaille avec le MI5.

‘Ils lui avaient aussi demandé d’aller dans certains hôtels, de commander une tasse de thé et d’attendre son contact.
‘En ces occasions, on lui donnait 300 £, et on lui payait l’avion en première classe et le séjour en hôtel cinq étoiles.’

Le document, préparé par des juristes de l’association humanitaire Cageprisoners, indique que Blessing avait contacté l’association humanitaire d’East London parce qu’elle s’inquiétait du harcèlement et de l’intimidation exercés sur ses deux frères par les services de sécurité et de renseignements.

Elle affirme que le MI6 a acheté un billet d’avion pour que Jeremiah puisse aller dans un hôtel intercontinental d’un autre pays du Moyen Orient (qui seraient les Emirats Arabes Unis) et qu’on lui avait donné en monnaie locale l’équivalent de 1 000 £.

Elle soutient également que Jeremiah lui a dit qu’on l’interrogeait sur des personnes bien précises et qu’on lui montrait des photos de lui-même avec les individus en question prises au Royaume Uni. Mais Blessing a dit à Cageprisoners que Jeremiah avait ‘fermement’ rejeté l’offre du MI6 pour qu’il travaille comme un de ses agents..
La conséquence de ce refus, affirme la soeur, est qu’on l’a ‘intimidé’ jusqu’à ce qu’on lui dise finalement qu’on l’empêcherait de quitter le Royaume Uni [pour rejoindre son poste, NdT].

Son ami dit qu’il y a deux ans, Jeremiah avait été approché par des agents des services de sécurité britanniques quand il avait été retenu à Heathrow alors qu’il rentrait d’Arabie Saoudite.

Pendant l'entretien, on l'avait averti de ce qui arrive aux Musulmans qui ne collaborent pas avec le gouvernement et on lui avait montré des documents qui confirmaient que des gens qu'il connaissait étaient détenus dans des prisons un peu partout dans le monde.
La police et les services de sécurité subissent de très fortes pressions pour expliquer ce qu’elles savent sur Adebolajo et son présumé complice Michael Adebowale. En dépit d’avertissements remontant jusqu’à une dizaine d’années, Michael Adebolajo avait été considéré par le MI5 comme présentant un ‘risque faible’. Il avait été photographie à des manifestations très remarquées – se tenant même debout à côté du prêcheur de haine Anjem Choudary.

Il avait été arête au Kenya en 2010 pour un présumé projet de se rendre en Somalie pour rejoindre l’organisation terroriste Al-Sahabab avant d’être renvoyé au Royaume Uni. Jeremiah a épousé Charlotte Patricia Taylor en 2008 au Sutton Register Office dans le Surrey.

Peu de temps après, le couple serait parti pour l’Arabie Saoudite où Jeremiah avait trouvé un emploi d’enseignant.  L’université de Ha’il est un des établissements d’enseignement les plus progressistes d’Arabie Saoudite et a été créé par décret royal en 2005. Elle comporte cinq facultés – Sciences, Médecine et Sciences médicales, Ingénierie, Informatique et un Community College (cycle court) – et accueille plus de 16 000 étudiants.

jeudi 23 mai 2013

Montauban, Toulouse, Boston, Reyhanli, Londres: terrorisme et affaires d'Etat


Je ne sais pas pourquoi, mais presque à chaque fois que des tueurs (ou présumés tels) commettent des crimes atroces, par exemple Mohamed Merah à Montauban et à Toulouse, les frères Tsarnaev à Boston, ou tout récemment Michael Adeboloja et un autre individu qui ont sauvagement assassiné (sans le décapiter cependant contrairement à ce qui avait été d’abord annoncé) un soldat à Londres, on constate qu’ils  avaient fait l’objet d’un suivi par les services de renseignements et la police.
Michael Adeboloja  et son complice étaient en effet connus du MI 5 (renseignements intérieurs britanniques) comme le signale la presse anglo-saxonne. Un des deux tueurs de Londres avait même appartenu à une organisation interdite, al-Muhajiroun.
Ce qui est curieux, c’est que pour l’instant, aucune campagne de presse n’a été lancée ni en France, ni aux Etats Unis, pays où dit-on la presse est libre, pour dénoncer ce qui s’apparente à des scandales d’Etat.
On verra si l’Angleterre fera exception. J’en doute.
En Turquie, on est un peu plus audacieux. En effet, quelques jours après le double attentat de Reyhanli, attribué par le gouvernement turc aux autorités syriennes , qui a tué plus de cinquante personnes, un groupe de hackers dans l’esprit de WikiLeaks a rendu publiques des communications internes de la gendarmerie qui tendent à plaider pour une responsabilité du Jabhat al-Nosra, une organisation qui est un des fers de lance de la lutte armée contre le régime de Damas…
Le journal tuc Hürriyet rapporte qu’un gendarme a été mis aux arrêts et accusé d’être à l’origine de la fuite qui ne serait pas due à un piratage informatique mais du fait d’un simple gendarme qui aurait photographié puis envoyé par mail certains documents à Redhack.
Ce que cette organisation réfute par un communiqué qui dit en substance :
“si ce gendarme est la personne qui nous a livré l’information, comment se fait-il que nous ayons su avant elles [les autorités] qu’une chasse aux sorcières avait été lancée dans l’armée et qu’on sacrifierait des fonctionnaires ‘innocents’ ? » a déclaré l’organisation via Twitter.
Redhack avait twitté plusieurs heures avant l’annonce [par le gouvernement] que les autorités allaient essayer de faire porter le chapeau à un «pauvre soldat. »

Redhack rend publics des câbles sur les explosions de Reyhanli

Redhack a rendu publics une série de communications internes aux services de sécurité qui révèlent les préparatifs du double attentat de Reyhanli  vus par des documents top secrets des services de renseignements de la gendarmerie.
İstanbul - BIA News (Turquie) 22 mai 2013 traduit de l'anglais par Djazaïri
 Redhack, un groupe de hackers Turcs, a publié une série de câbles qui révèlent ce qui était connu des préparatifs du double attentat de Reyhanlı d’après les fichiers top secrets des services de renseignements de la gendarmerie turque.
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Les fichiers top secrets rendus publics par le groupe sont dates du 20 mai – 9 jours après l’attentat meurtrier qui a tué 51 civils dans la ville méridionale de Reyhanli, province de Hatay.
Un câble donne des détails sur plusieurs véhicules charges de bombes et d’explosifs destines à être livrés à des organisations liées à al Qaïda en Syrie.
Les bombes et les explosifs doivent server à une attaque contre la Syrie, lit-on dans le câble.
Un autre câble rapportait que des militants du Jabhat al-Nosra avaient transféré les bombes et les explosifs dans trois autres véhicules devant être utilisés dans une attaque contre la Turquie – une information qui venait confirmer la première.
Un troisième câble affirmait que les responsables au quartier général de la police au Hatay avaient reçu un appel anonyme qui alertait sur l’attentat à venir et donnait des informations sur certaines des allégations parues dans les medias.
* Cliquez ici pour accéder aux câbles publiés par Redhack (en turc).

samedi 10 novembre 2012

Sortie du roman officiel de la vie de Mohamed Merah


Je vous recommande la lecture de l'entretien que M. Albert Chennouf vient d'accorder au magazine Le Point.
Albert Chennouf est le père d'Abel Chennouf, un des trois soldats dont l'assassinat est attribué à Mohamed Merah.

Si, comme certains commentateurs, on peut le chipoter sur le point de savoir si son fils et les deux autres soldats assassinés méritent la légion d'Honneur ou une autre décoration à titre posthume, on ne saurait par contre contester que la mort des trois militaires n'a subi ni le même traitement médiatique, ni le même traitement politique que celle des victimes juives de l'école privée toulousaine.

M. Chennouf porte non seulement le deuil de son fils, mais il est aussi en colère contre le gouvernement français et la classe politique qui refusent de donner suite à sa demande d'une commission parlementaire pour faire la lumière sur cette terrible affaire.
M. Chennouf considère que ce refus montre que, contrairement à ce que lui avait affirmé M. Manuel Valls, ministre de l'intérieur, l'affaire Merah met en cause la raison d'Etat et qu'une commission d'enquête sonnerait le glas de la DCRI (Direction Centrale du Renseignement Intérieur).
Parce que, selon M. Chennouf:
La France entière a compris que Mohamed Merah était un indic de la DCRI. Je l'affirme moi-même depuis le début. Comment entre-t-on d'Israël en venant de la Syrie avec un nom à consonance arabe ? Et vice-versa. Merah était protégé par la DCRI, qui comptait sur lui pour démanteler des réseaux islamistes. Bernard Squarcini, l'ancien patron de la DCRI, a voulu nous faire croire que c'était un loup solitaire. En fait, je le pense protégé par un parrain solidaire qui nous vend une fable de barbouze. Pour moi, Bernard Squarcini est l'assassin présumé de mon fils. J'affirme qu'il a menti au juge. Et lorsqu'on ment au juge, on ment au peuple. Je n'admets pas cela.
et un peu plus loin:
François Hollande est sur la même ligne que Nicolas Sarkozy, que Jean-Yves Le Drian, nouveau ministre de la Défense, que Gérard Longuet, Manuel Valls, ou encore Claude Guéant. Tous, ils ont peur de la vérité...
Oui, il y a consensus droite- gauche sur l'affaire Merah comme sur les suites législatives à lui donner avec un renforcement de l'arsenal anti-terroriste qui est coproduit en quelque sorte par le précédent gouvernement et celui qui lui a succédé.

Il n'y aura pas de commission d 'enquête sur les crimes imputés à Mohamed Merah.
Parce que, et j'ignore si c'est une coïncidence,  la sortie de "Mon frère, ce terroriste", sur l'itinéraire de Mohamed Merah vient d'être annoncée par toute  la presse et il est l'oeuvre d'Abdelghani Merah, le frère aîné du tueur présumé.
Selon lui, Mohamed aurait été endoctriné par un autre membre de la fratrie, Abdelkader, inculpé de complicité d'assassinat.
Mohamed Merah le djihadiste en tenue camouflée
Abdelghani n'est pas tendre non plus avec sa soeur Souad qu'il accuse
des mêmes dérives radicales. Un frère et une soeur, dit-il, qui se sont «rapprochés des salafistes toulousains». Il ajoute que sa soeur Souad lui a confié «plusieurs fois qu'elle était fière de Mohamed et des crimes qu'il avait commis. Qu'il avait eu le courage d'agir en moudjahidine, qu'il était dans la vérité. Qu'elle ne le pleurait pas avec tristesse, mais avec joie»
Au singulier, on agit en moudjahid, pas en moudjahidine, mais passons...

Il va de soi que Mohamed avait fait la fête le 11 septembre 2001!  (Mohamed Merah a eu 13 ans en octobre 2001)

En fait, Abdelghani Merah a
retracé l’itinéraire d’un adolescent perdu de la république. Djihadiste et tueur d’enfants
La formule creuse au sujet de "l'adolescent perdu de la république" n'est pas d'Abdelgahni Merah pais de Mohamed Sifaoui, le romancier spécialisé dans le djihad banlieusard.

En fait, c'est M. Sifaoui qui est le véritable auteur de Mon frère, ce terroriste.

Et c'est certainement un gage d'authenticité et de probité...

On ne s'étonnera pas si Abdelkader Merah nie avoir déclaré être fier des actes de son petit frère!

Le frère de Mohamed Merah annonce qu'il va quitter Toulouse et essayer de  "se remettre à vivre".
J'imagine que les recettes du bouquin devraient lui en donner les moyens..
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Bien sûr Mohamed Merah correspondait sans doute assez au portrait de quelqu'un qui veut en découdre pour une cause qu'il estime juste, et sans doute avait-il plus de traits communs avec certains délinquants  qu'avec un jeune ouvrier consciencieux et conscient.

Mais ça ne suffit pas pour faire de quelqu'un un tueur froid habile au maniement des armes et, surtout, qui dispose d'un véritable arsenal et voyage fort loin: Syrie, Pakistan et même entité sioniste. Et qui, selon Claude Guéant, alors ministre de l'intérieur, peut se permettre de quitter momentanément son appartement alors qu'il est assiégé par la crème des forces de police.
De qui vous moquez-vous M. Guéant?
De qui se moque-t-on?

Mais la grande question est: comment un gamin de pas même 24 ans a-t-il pu avoir les moyens d'acheter ces armes, de voyager de la sorte et, par dessus le marché, de payer le loyer et les charges d'un appartement. 

On n'a jamais entendu ni le ministre de l'intérieur, ni le procureur parler de ça.

Pourtant, l'argent, comme on le sait, est le nerf de la guerre.