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mercredi 23 mars 2016

Pour Pedro Santisteve, maire de Saragosse, les attentats de Bruxelles sont une conséquence de la violence exercée par l'Europe dans d'autres parties du monde

Bon, je voulais faire juste une petite intro et je me suis laissé aller...
Quand on évoque les terribles attentats qui ont frappé Bruxelles tout récemment, ou Paris en novembre 2015, l'émotion et la tristesse sont de rigueur et c'est bien normal. Cependant, s'agissant d'événements qui ne résultent pas de phénomènes naturels mais d'actions humaines concertées dont l'objectif n'est pas celui de la rapine, on serait en droit d'attendre des réponses politiques.
Vous me direz que les hommes politiques s'expriment à ce sujet. Et en effet, on peut même trouver que Manuel Valls s'exprime plutôt trop que pas assez. Et surtout qu'il, comme les autres dirigeants européens, propose uniquement des réponses sécuritaires, dont la nature n'a souvent qu'un lien distant avec la problématique soulevée par les attentats, et qui ne donnent en guise d'explication aux agissements des terroristes que leur détestation de l'Europe, de ses valeurs, de la démocratie etc.
S'il est évident que des mesures doivent être prises pour protéger la population (et il est douteux que celles proposées y suffisent), il importe quand même de cerner correctement les causes de la mobilisation terroriste.
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Parce que, si je suis la logique de Manuel Valls ou de François Hollande, il suffira de transformer la France et l'Europe en dictature pour enfin avoir la paix puisque les terroristes n'auront plus de raisons de détester les "valeurs" et la "démocratie" européennes.
Et c'est apparemment ce chemin qu'a choisi une clique néoconservatrice qui est représentée dans à peu près tous les gouvernements européens et qui est aux manettes en France.
C'est un peu ce que dit Pedro Santisteve, le maire de Saragosse qui considère que la violence terroriste est un retour de bâton de la violence qu'exercent les pays européens ailleurs dans le monde (on pense immédiatement à la Libye, à l'Irak et à l'Afghanistan) et que le rêve d'une Europe démocratique et ouverte à tous est en train de s'effondrer.
Pedro Santisteve
Pedro Santisteve, maire de Saragosse

Et ce rêve ne s'effondre pas du fait de la menace terroriste parce qu'il faut être stupide pour supposer que des attentats, même aussi meurtriers que ceux qu'ont connu la Belgique, la France et, plus loin dans le temps, l'Espagne et le Royaume Uni représentent une menace sérieuse pour les Etats européens qui pourraient finir par sortir vaincus d'une épreuve de force qui les opposerait à quelques dizaines ou même centaines de repris de justice qui ne posaient pas vraiment problème quand ils étaient supposés participer à la mise au pas, voire à l'élimination physique, du président syrien Bachar al Assad.
Le maire de Saragosse tient des propos qu'aucun élu de ce statut ne pourrait tenir en France. Saragosse est en effet une grande ville et son maire n'est pas n'importe qui: avocat pénaliste réputé, professeur de droit, il est entré en politique avec le mouvement des Indignés et il s'inscrit dans un mouvement qui fédère plusieurs partis de gauche.

Le maire de Saragosse à propos des attentats :"La violence que nous avons contribué à semer revient chez nous"

Publico (Espagne) 23 mars 2016 traduit de l'espagnol par Djazaïri
Pedro Santisteve a exprimé sa "condamnation" et sa "répulsion" devant les attentats d'hier à Bruxelles et il plaide pour la construction d'une "Europe accueillante, qui défend le droit à la vie, l'inclusion de toutes les catégories de personnes, toutes les identités, croyances et convictions."
Madrid – Le maire de Saragosse, Pedro Santisteve (du parti Zaragoza en Comun) a exprimé aujourd'hui sa "condamnation" et sa "répulsion" devant les" attentats irrationnels et injustifiables" d'hier à Bruxelles et il a affirmé que "aujourd'hui, nous revient en quelque sorte cette violence que nous avons contribué à semer dans le monde."
Le maire a participé, avec le conseil municipal au complet et les employés de la mairie à un rassemblement pour observer une minute de silence après laquelle il a fait lecture intégrale d'une déclaration officielle de condamnation.
Le maire a condamné l'attentat et a affirmé que, à son avis, "L'Europe que nous voulions construire sur la base des valeurs et de la défense des droits humains est en ruines,"…"par suite des agressions que nous, pays occidentaux, avons fait subir à des pays tiers."
Et il a ajouté : "Maintenant, en quelque sorte, nous revient la violence que nous avons contribué à semer dans le monde."
Santisteve a estimé que "nous devons y réfléchir parce que nous ne voulons pas de cette Europe de la fuite en avant, mais une Europe accueillante, qui défend le droit à la vie, l'inclusion de toutes les catégories de personnes, toutes les identités, croyances et convictions."
"C'est là notre Europe pour laquelle nous allons continuer à lutter," a-t-il affirmé.

mardi 17 février 2015

Islamo-fascisme et responsabilités de l'Islam de France: aux sources de la "pensée" de Manuel Valls

Les attentats de Paris, la marche « républicaine » du 11 janvier, les tout récents attentats de Copenhague et enfin la profanation d'un cimetière juif en Alsace mettent au centre du débat politique français les questions de l'Islam et de l'antisémitisme.

Peu importe si la profanation du cimetière juif est probablement plus le fait d'adolescents désoeuvrés qui s'approprient ainsi un territoire sinon ignoré d'eux et des camarades du même âge, et surtout si ces sales gosses ne sont pas musulmans.
Le président Hollande qui s'est déplacé pour faire part de son indignation devant cette profanation n'a curieusement pas insisté sur la nécessité de renforcer l'éducation à la laïcité. Il est vrai qu'un tel propos aurait été plutôt mal venu dans un département où le régime de la laïcité ne s'applique pas sauf pour la religion musulmane!

De toute façon, cet incident effectivement déplorable  sera exploité jusqu'à la corde et finira par abonder le discours sur les Musulmans et le nouvel antisémitisme, une thématique en quelque sorte théorisée par le premier ministre Manuel Valls sous l'appellation d'islamo-fascisme.

On voit bien l'intérêt de cette notion d'islamo-fascisme qui renvoie à une menace de nature non seulement sécuritaire mais politique pour la démocratie française et même européenne et justifie un rassemblement de tous ceux qui veulent protéger les libertés publiques. Un autre avantage de cette notion est qu'elle fait le lien avec ceux qui, en terre d'Islam, l'utilisent pour populariser et faire comprendre en Occident leur combat contre les mouvements politiques islamistes.

Ces confusions sont dangereuses parce qu'elles ne font finalement que convoquer à chaque fois l'imaginaire politique occidental et interdisent l'analyse concrète des réalités politiques des pays concernés.

Je fais partie des gens qui estiment qu'on ne doit pas dire n'importe quoi au prétexte que tel ou tel argument sert la cause à laquelle on adhère. C'est ce qu'on appelle de la propagande et je la laisse à ceux qui ont un avantage à en tirer. Je considère notamment qu'on n'a pas besoin de qualifier de manière erronée l'Etat Islamique en Irak et au Levant (EIIL – Daesh) ou al Qaïda de mouvements fascistes (islamo-fascistes) pour rejeter leurs thèses et leurs procédés.

Si on en revient à ce terme d'islamo-fascisme, il faut bien garder en mémoire son origine dans les milieux néo-conservateurs américains et sa reprise par leurs homologues européens tels Bernard-Botul-Henri Lévy, Caroline Fourest ou Geert Wilders.
La nouveauté, c'est que le terme est aujourd'hui repris par le premier ministre d'un gouvernement français réputé de gauche, ce qui est un signe à la fois d'un grave déficit de culture historique et politique chez Manuel Valls et de l'adhésion de ce dernier à la vision néo-conservatrice de l'Islam et des Musulmans.
Mme Valls n'a probablement aucune influence sur son choix de costumes et de cravates
Mme Valls n'a probablement aucune influence sur son choix de costumes et de cravates. malheureusement.
Le premier ministre ne s'est par ailleurs pas borné à appeler à la lutte « dans l'unité » contre l'islamo-fascisme puisque dans cette unité, il met cependant à part les Musulmans : «
Il faut une rupture. Il faut que l'islam de France assume, prenne totalement ses responsabilités», a réclamé le premier ministre. «C'est ce que demande d'ailleurs l'immense majorité de nos compatriotes musulmans qui n'en peuvent plus d'être confondus avec cette terreur», a-t-il conclu.
Les choses sont dites : dans la France qui ne connaît pas de communauté, les Musulmans doivent prendre leurs responsabilités en tant que tels (il est en outre question d'un Islam "de France" ).

Nous avons là aussi un mécanisme de pensée, en contradiction avec la laïcité, élaboré par les néo conservateurs qui semblent décidément plus inspirer Manuel Valls que Louis Blanc ou Jean Jaurès,

La doctrine d'action qu'on devine chez Manuel Valls est clairement exposée par David P. Goldman, un spécialiste de la finance (et de musicologie) mais aussi essayiste néo-conservateur influent aux Etats Unis. Comme tous les néo conservateurs, croyants ou non, David P. Goldman inscrit sa réflexion dans une perspective « judéo-chrétienne », juive en réalité mais l'oxymore du judéo-christianisme est un passe-partout idéologique efficace. Comme un certain nombre d'intellectuels néo-conservateurs, David P. Goldman a fait un passage par l'extrême gauche avant de s'orienter vers l'extrême droite.
David P. Goldman: virer Obama améliorera l'économie
David P. Goldman: virer Obama améliorera l'économie
Je doute que Manuel Valls adhère à la radicalité de ce qui est proposé mais il est clair qu'il en assume l'esprit.
Il est par contre certain que le chef du gouvernement « socialiste » s'en inspire consciemment.

Beaucoup trop « d'hommes les plus recherchés »

par David P. Goldman, PJ Media (USA)15 février 2015 traduit de l'anglais par Djazaïri

Les autorités danoises affirment avoir arrêté l'auteur des coups de feu à la synagogue de Copenhague ; son nom n'a pas encore été divulgué [c'est fait depuis], mais c'était une personne « connue des services de sécurité, » rapporte Der Spiegel ce matin. Les Danois ont refusé de donner plus d'informations. Nous avons probablement une répétition du modèle parisien : des terroristes que les services de sécurité surveillaient et qu'ils utilisaient peut-être comme informateurs sont soudain passés à l'action et ont commis des atrocités.

Il semble que les méthodes employée par les services de sécurité européens pour contrôler les djihadistes soient tombées en panne. Quelque 8 000 ressortissants français combattent pour l'Etat Islamique en Irak et au levant (EIIL, Daesh) ou dans d'autres organisations djihadistes, selon une estimation du gouvernement français. Après quelques centaines de milliers de morts en Syrie et en Irak et la désintégration de la Libye et du Yémen, un très grand nombre de jeunes Musulmans sont prêts à sacrifier leurs vies.

Les services de sécurité contrôlent les terroristes potentiels en exerçant un chantage sur de petits délinquants qui évoluent à la frange des organisations djihadistes pour en faire des informateurs. Comme il y a un large chevauchement entre le milieu criminel musulman et les organisations terroristes, cette stratégie a été efficace ces quinze dernières années. Le roman de John Le Carré et le film de Philip Seymour Hoffman qui en a été tiré « Un homme très recherché » décrit assez bien cette approche.

Peu de jeunes Musulmans plongent directement dans la violence : ils rejoignent des bandes, ils fréquentent des mosquées radicales, ils fréquentent des salons de discussion (chat rooms) djihadistes sur internet, se signalant ainsi aux autorités.

Les services de sécurité les menacent de la prison, d'expulser des membres de leurs familles et ainsi de suite pour les contraindre à coopérer. Cette approche marche jusqu'à un certain point, c'est-à-dire quand le sujet sous surveillance cesse de tenir compte des conséquences [de ses actions]. Comme John Schindler l'avait observé dans le blog XX Committee, il n'y a pas eu un « échec du renseignement » à Paris : le problème était que les services de sécurité étaient débordés. Un officiel d'un service de sécurité européen qui s'exprime sous un pseudonyme a fait la même observation récemment sur Asia Times Online.

La leçon de Copenhague est la même que celle de Paris : la fragile paix civile que les gouvernements européens ont maintenue avec leurs communautés immigrées musulmanes nécessite une révision fondamentale. Par le passé, les services de sécurité européens ont laissé les djihadistes monter en pression tout en éliminant discrètement les tueurs potentiels. Cette approche a échoué. L'alternative consiste à serrer la vis aux communautés musulmanes. J'ai ainsi soutenu le mois dernier sur Asia Times :
Les moyens par lesquels la France, ou n'importe quelle autre nation, pourrait défaire les terroristes sont évidents : contraindre la majorité des Musulmans français à se tourner contre les terroristes, les autorités françaises devant les amener à craindre l'Etat français plus qu'ils ne craignent les terroristes.C'est un sale boulot qui  nécessite de nombreuses expulsions, de retraits de la nationalité française et d'autres menaces qui toucheront inévitablement beaucoup d'individus qui n'ont aucun lien direct avec le terrorisme. A court terme, ça pourrait conduire à plus de radicalisation. Tout le projet de l'intégration comme antidote à l'extrémisme tomberait à l'eau. Ce serait une fort coûteux mais, au bout du compte, il réussirait : la plupart des Musulmans français veulent simplement rester en France et gagner leur vie.
Il ne suffit plus de patrouiller au bord du marécage et de tuer les moustiques avec un chasse-mouches. Il n'y a pas d'autre alternative que l'assèchement du marécage.

mardi 25 février 2014

Pour en finir avec l'antisémitisme, quand même!

Oui, pour en finir avec toutes les sottises sur l'antisémitisme que peuvent raconter des ignorants comme Manuel Valls ou François Hollande, disons tout net avec Avigdor Lieberman que l'antisémitisme est le meilleur allié du sionisme.
En effet, comment les sionistes pourraient-ils espérer attirer en Palestine occupée 3,5 millions de Juifs en dix ans ?
Réfléchissons. Lieberman peut pas être d'extrême droite, il est juif. Quand même!
Réfléchissons. Lieberman peut pas être d'extrême droite, il est juif. Quand même!
D'autant que, comme le dit si bien l'extrémiste de droite M. Lieberman, qui est (quand même) ministre des affaires étrangères de l'entité sioniste, reçu récemment par Manuel Valls (parce que les affaires étrangères juives sont les affaires intérieures de pays comme la France et vice versa), le plus grand danger pour le peuple juif est celui de l'assimilation.
Et que ce danger est plus pressant que celui posé par les Palestiniens ou même le prétendu programme nucléaire militaire iranien.
Pour Lieberman, les affaires intérieures de la France relèvent de ses compétences de ministre des affaires étrangères
Pour Avigdor Lieberman, les affaires intérieures de la France relèvent de ses compétences de ministre des affaires étrangères

Cet article a été publié par l'European Jewish Press mais uniquement dans sa version anglaise. On ne le trouvera pas en effet dans la version en langue française de cet organe de presse communautariste juif.

par Maud Swinnen, European Jewish Press 19 février 2014 traduit de l'anglais par Djazaïri
JERUSALEM (EJP)--- Le ministre israélien des affaires étrangères Avigdor Lieberman considère que l'éducation dans la diaspora est « le dossier le plus urgent de l'agenda juif mondial, plus urgent que n'importe quel autre problème, y compris celui des négociations avec les Palestiniens ou la menace nucléaire iranienne.
Il a aussi déclaré que l'assimilation des Juifs américains est la plus grande menace pour la communauté juive mondiale et il a appelé le gouvernement israélien à mobiliser 365 millions de dollars par an pour des programmes d'éducation juive destinés à la diaspora et à renforcer la connexion juive à Israël.
Dans un discours devant la Conference of Presidents of Major American Jewish Organizations, Lieberman a demandé aux dirigeants [communautaires] de participer à l'effort financier du gouvernement israélien pour de nouveaux programmes en faveur de la diaspora qui se concentreraient sur le maintien de la continuité juive.
« Je pense que le gouvernement israélien devrait contribuer à hauteur de 1 million de dollars par jour de l'année, soit 365 millions de dollars au total, somme dont j'espère que vous, dans la communauté juive de la diaspora, apporterez l'équivalent pour ce projet éducatif. Ce ne doit pas être un petit projet de plus mais l'axe central du partenariat entre nous, » a-t-il dit.
 Il a aussi appelé à la création d'un réseau d'écoles internationales juives de haut niveau et à l'émigration de 3,5 millions de Juifs en Israël dans la prochaine décennie.
Lieberman a cité une étude américaine qui montre la baisse de l'identification en tant que Juif, affirmant que « ces statistiques démontrent que les Juifs d'Amérique risquent pas moins qu'une catastrophe démographique. » L'importante enquête publiée par le Pew Research Center porte sur l'assimilation et les mariages inter communautaires chez les membres de la communauté juive américaine.
Parmi ses conclusions, elle observe qu'un Juif sur cinq se considère comme sans religion et que, « parmi les Juifs interrogés qui se sont mariés avant 2000, près de six sur dix ont un conjoint non juif. »
« Depuis de nombreuses années, les responsables israéliens ont fait appel à nos frères et sœurs de la diaspora, comme tous ceux d'entre vous qui sont réunis ce soir, pour consacrer votre temps, votre énergie et vos financements à Israël, » a-t-il dit.
« Je me tourne néanmoins vers vous aujourd'hui pour vous dire que, tout en étant énormément et pour toujours reconnaissants pour votre aide, nous avons la conviction qu'il est temps maintenant de nous concentrer sur les défis qu'affrontent vos propres communautés, particulièrement ceux qui émanent de tendances dangereuses dans la communauté juive démontrées par la récente enquête. »
Il a ajouté : « J'ai la plus grande conviction que l'antidote à cette montée de l'assimilation, du mariage inter communautaire et du désengagement est l'éducation. »
Angela Merkel - Adolf Hitler, méthodes différentes, même combat pour éliminer le "peuple juif"
Angela Merkel - Adolf Hitler, méthodes différentes, même combat pour éliminer le "peuple juif"
« Pour prévenir cette tragédie, tous les enfants juifs devraient avoir la possibilité de fréquenter une école où ils recevront une éducation qui les instruira sur l'histoire, les valeurs et les traditions juives, à chérir leur identité juive et à éprouver un fort attachement à Israël et au sionisme. Nous devons faire en sorte que les écoles juives soient parmi les meilleures du monde.
« Nous devons créer un réseau mondial d'écoles juives d'une qualité supérieure à celle des réseaux d'écoles américaines et internationales. C'est seulement par un tel effort que nous garantirons notre longévité en tant que peuple, » a-t-il dit.  

dimanche 26 janvier 2014

Diana Johnstone revient sur la campagne contre Dieudonné pour le magazine américain Counter Punch

Après son premier article très remarqué sur la campagne contre Dieudonné, Diana Johnstone récidive en complétant l'analyse du contexte idéologique et religieux dans lequel a pris place cette campagne.
Elle attire particulièrement notre attention sur le caractère quasi-religieux attribué à ce qu'on appelle la shoah ou l'holocauste. Je dirai simplement que cette religion n'est pas la nouvelle religion juive comme le pense Yeshayahu Leibowitz, mais la nouvelle religion pour les non Juifs avec le « peuple juif » comme divinité et une hiérarchie cléricale et doctrinaire dominée par des Juifs.
De fait, il n'y a pas eu de shoah ou d'holocauste. Ces deux termes n'ont pas été introduits par des historiens qui auraient jugé utile de qualifier ainsi les persécutions subies par les Juifs sous le nazisme, mais correspondent à des titres de productions "artistiques", à savoir le "documentaire" de Claude Lanzmann pour le mot "shoah" et un feuilleton télévisé américain pour le mot "holocauste".
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Quand on parle d'enseigner la mémoire de l'holocauste ou de la shoah, on parle donc en réalité d'autre chose que d'histoire.
Je ne commenterai pas plus avant ce texte de Diana Johnstone, sauf pour dire qu'il invite à réfléchir sur la place du religieux dans la société. Le religieux correspond en effet à un besoin, non seulement des individus et des divers groupes qui constituent la société, mais c'est aussi un besoin de l'Etat lui-même.
Chassé par la porte, il revient par la fenêtre sous des formes parfois surprenantes à première vue mais qui correspondent toujours en réalité aux structures connues du fait religieux.
 Blasphème dans la France laïque
par DIANA JOHNSTONE, Counter Punch (USA) 24 janvier 2014 traduit de l'anglais par Djazaïri
Paris - La campagne menée par le gouvernement français, les médias et des organisations influentes pour faire taire l'humoriste franco-camerounais Dieudonné M'Bala M'Bala continue à mettre en lumière une coupure radicale dans l'opinion publique française. La «mobilisation» officielle contre l'artiste comique, appelée d'abord par le ministre de l'Intérieur Manuel Valls lors d'un rassemblement du parti socialiste au pouvoir l'été dernier, dépeint l'artiste dépeint comme un dangereux agitateur antisémite, dont le geste de la "quenelle" * est interprété comme un " salut nazi inversé ".
Pour ses fans et ses supporteurs, ces accusations sont fausses et absurdes.
 Le résultat le plus significatif du tapage autour der Dieudonné est sans doute pour l'instant le début d'une prise de conscience chez de plus en plus de gens, que la «Shoah», ou l'Holocauste, fonctionne comme la religion d'État semi-officielle de la France.
Sur RTL télévision le 10 janvier dernier, le commentateur non conformiste bien connu Eric Zemmour (qui se trouve être juif) observait qu'il était « ridicule et grotesque » d'associer Dieudonné au IIIème Reich. Zemmour décrivait Dieudonné comme un produit du multiculturalisme français de gauche. « C'est la gauche qui nous a appris depuis mai 68 qu'il est interdit d'interdire, c'est la gauche artistique qui nous a enseigné qu'il fallait choquer le bourgeois. C'est la gauche anti-raciste qui a fait de la Shoah la religion suprême de la République... »
Zemmour suggérait que Dieudonné provoquait « la bourgeoisie bien pensante de gauche » et qu'il « reproche aux Juifs de vouloir conserver le monopole de la souffrance et de voler aux descendants d'esclaves la primauté du malheur. »
L'enjeu est plus large. Les rappels de la Shoah servent indirectement à justifier une politique étrangère de la France au Moyen Orient de plus en plus pro-israélienne. Dieudonné était opposé à la guerre contre la Libye, au point de se rendre sur place pour montrer sa solidarité avec ce pays qui était bombardé par l'OTAN.
Dieudonné a commencé sa carrière comme militant antiraciste. Au lieu de s'excuser pour son sketch de 2003 où il moquait un « colon sioniste extrémiste », Dieudonné a répliqué en étendant le domaine de son humour pour inclure la Shoah. La campagne conte lui peut être vue comme une volonté de rétablir le caractère sacré de la Shoah par une action de répression d'une forme contemporaine de blasphème.
Confirmant cette impression, une convention « historique » a été conclue le 9 janvier entre le Parquet de Paris et le Mémorial de la Shoah pour permettre à tout adolescent reconnu coupable d'antisémitisme d'être condamné à suivre un cours de « sensibilisation à l'histoire de l'extermination des Juifs. » L'étude du génocide est supposée leur apprendre les « valeurs républicaines de tolérance et de respect d'autrui. »
C'est peut-être précisément ce dont ils n'ont pas besoin. Le Parquet n'a peut-être pas conscience de tous ces jeunes gens qui disent qu'ils ont reçu plutôt trop que pas assez d'éducation à la Shoah.
Un article atypique dans Le Monde du 8 janvier citait des opinions qu'on peut facilement entendre auprès de la jeunesse française mais qui sont habituellement ignorées. Après avoir interviewé des spectateurs de la classe moyenne et ayant des sympathies de gauche et qui réfutent out antisémitisme, Soren Seelow citait Nico, un étudiant en droit à la Sorbonne qui vote à gauche et adoré Dieudonné parce qu'il « libère le rire dans ce qu'il considère comme étant une société conformiste, compassée et « bien-pensante.» Quant à la Shoah, Nico se plaint que « On nous en parle depuis la primaire, soupire Nico. A 12 ans, j’ai vu un film où des tractopelles poussaient des cadavres dans des fosses. Nous subissons une morale culpabilisatrice dès le plus jeune âge. ». »
En plus des cours d'histoire, les enseignants organisent des commémorations de la Shoah et des voyages à Auschwitz. Les rappels de la Shoah dans les médias sont presque quotidiens. Cas unique dans l »histoire de France, la loi dite Gayssot dispose que toute déclaration niant ou minimisant la Shoah est passible de poursuites voire de prison.
Les nombreux messages que j'ai reçus de la part de citoyens français en réaction à mon précédent article (Counter Punch, 1er janvier 2014) ainsi que des conversations privées ont rendu clair pour moi que les rappels à la Shoah sont très souvent vécus par des personnes nées des dizaines d'années après la défaite du nazisme comme des invitations à ressentir de la culpabilité ou au moins mal à l'aise pour des crimes qu'ils n'ont pas commis. Comme beaucoup d'événements qui exigent de la solennité, la Shoah peur être ressentie comme un sujet qui impose un silence gêné. Le rire est alors vécu comme une libération.
 Mais pour d'autres, ce genre de rire ne peut être qu'abomination.
Dieudonné a été condamné à 8 000 euros d'amende pour sa chanson « Shoananas » et d'autres condamnations semblables pointent à l'horizon. Ces poursuites devant les tribunaux, à l'instigation surtout de la LICRA (Ligue Internationale Contre le Racisme et l'Antisémitisme) ont aussi pour but de le ruiner financièrement.
 “Haine”
Un des refrains du choeur anti-Dieudonné affirme qu'il « n'est plus un comédien » mais a transformé ses spectacles en « réunions politiques antisémites » qui répandent la « haine ». Même le lointain magazine New Yorker a accusé l'humoriste de faire carrière en propageant la « haine ». Ce qui évoque des images de choses terribles qui sont très éloignées de ce qu'est un spectacle de Dieudonné ou de ses conséquences.
Il n'y avait pas d'atmosphère de haine chez les milliers de fans qui n'avaient pas pu assister le 9 janvier au spectacle de Dieudonné à Nantes, interdit à la dernière minute par le Conseil d'Etat, la plus haute juridiction administrative. Personne ne se plaignait d'avoir été privé d'un « rassemblement nazi ». Personne ne songeait à faire du mal à qui que ce soit. Tous disaient être venus pour profiter du spectacle. Ils représentaient un échantillon normal de jeunes Français de la classe moyenne avec souvent un bon niveau d'éducation. Le spectacle avait été interdit sur la base « de trouble public éventuel ». La foule déçue s'est dispersée pacifiquement. Les spectacles de Dieudonné n'ont jamais donné lieu à un quelconque trouble à l'ordre public.
Mais on ne se trompera pas en parlant d'une haine virulente contre Dieudonné
 Philippe Tesson, un commentateur écouté, a annoncé lors d'une récente interview radio, qu'il se « réjouirait profondément » de voir Dieudonné exécuté par un peloton d'exécution. «C'est, pour moi, une bête immonde. Donc qu'on le supprime ! » s'était-il exclamé.
Rav Haim Dynovisz, le rabbin qui professe sur internet, a admis dans un de ses cours de théologie que la théorie darwinienne de l'évolution qu'il rejette avait été prouvée par Dieudonné comme vérifiée pour « certaines » personnes qui doivent descendre du gorille.
Deux adolescents âgés de 17 ans ont été renvoyés définitivement de leur lycée pour avoir fait le geste de le quenelle considérée comme [apologie de] « crimes contre l'humanité ». Le webzine franco-israélien JSSNews a activement enquêté sur les identités des personnes qui ont fait le geste de la quenelle pour qu'elles soient licenciées de leurs emplois, se vantant qu'il allait « faire monter le chômage en France. »
Les propriétaires du petit théâtre parisien de « La main d'Or », loué par Dieudonné avec un bail qui expire en 2019 ; sont récemment rentrés précipitamment d'Israël en exprimant leur intention de trouver un point de droit permettant de rompre le bail et de lui faire quitter les lieux.
Pour ce que j'en sais, la pire chose jamais dite par Dieudonné pendant ses spectacles était une insulte personnelle contre le présentateur radio Patrick Cohen. Cohen avait plaidé avec insistance pour que des personnes qu'il qualifie de « cerveaux malades » comme Dieudonné ou Tariq Ramadan soient exclus des studios de télévision. En décembre dernier, la télévision française (qui le reste du temps tient Dieudonné à l'écart de ses émissions) avait filmé Dieudonné disant « quand j'entends parler Patrick Cohen, je me dis, vous savez, les chambres à gaz... Dommage... »
Avec l'offensive anti-Dieudonné déjà en bonne voie, on s'était emparé de ces propos insultants comme s'ils étaient caractéristiques des spectacles de Dieudonné. C'était une réaction excessivement brutale de Dieudonné face à des attaques très virulentes contre sa personne.
Que ça plaise ou pas, l'irrévérence est un ingrédient du comique. Et les références de Dieudonné à l'Holocauste ou à la Shoah sont toutes à ranger dans la catégorie de l'irrévérence.
Sur des sujets autres que la Shoah, ce n'est pas l'irrévérence qui manque en France.
Les religions traditionnelles, ainsi que des personnalités importantes, sont régulièrement caricaturées d'une manière caricaturale que la quenelle apparaît prude. En octobre 2011 , la police parisienne était intervenue contre des Catholiques traditionalistes qui essayaient d'interrompre une pièce de théâtre dans laquelle on mettait (apparemment) des excréments sur le visage de Jésus. La classe politico-médiatique avait défendu avec vigueur la pièce, sans se préoccuper du fait que certaines personnes la percevaient comme « insultante ».
La France a récemment fait très bon accueil à une organisation ukrainienne qui se fait appeler « Femen », des jeunes femmes qui semblent avoir étudié les doctrines de provocation de Gene Sharp et se servent de leurs poitrines dénudées en guise d'affirmations (ambiguës). Ces femmes ont obtenu rapidement des titres de séjour(si difficiles à obtenir pour nombre de travailleurs immigrés) et ont eu la permission de s'installer au cœur du principal quartier musulman de Paris où elles ont immédiatement essayé (sans succès) de provoquer les habitants incrédules. La leader blonde des Femen a même été choisie pour incarner le symbole de la république, Marianne, sur les timbres poste français alors qu'elle ne parle pas français.
Le 20 décembre dernier, ces « nouvelles féministes » ont pénétré dans l'église de la Madeleine près du palais de l'Elysée à Paris, mimé « l'avortement de Jésus » avant d'uriner devant l'autel. Il n'y a eu aucune expression d'indignation de la part du gouvernement français. L'Eglise Catholique a protesté, mais ce genre de protestations n'a qu'un faible écho aujourd'hui en France.
 Pourquoi la Shoah doit être sacrée
Quand Dieudonné chante la Shoah avec légèreté, il est considéré par certains comme quelqu'un qui nie l'Holocauste et appelle à sa répétition (une proposition contradictoire si on y réfléchit). Le caractère sacré de la Shoah est défendu avec l'argument selon lequel maintenir vivant le souvenir de l'Holocauste est essentiel pour empêcher qu'il « se produise une nouvelle fois. » En évoquant la possibilité d'une répétition, on entretient la peur.
Cette thèse est le plus souvent acceptée comme une loi de la nature. Nous devons continuer à commémorer le génocide pour empêcher qu'il se reproduise. Mais existe-t-il quelque preuve pour étayer cette thèse ?
.Rien ne prouve que des rappels répétés d'un événement historique très important qui s'est produit dans le passé puissent l'empêcher de survenir à nouveau. Ce n'est pas ainsi que marche l'histoire. Dans le cas de la Shoah, des chambres à gaz et tout le reste, il est assez absurde d'imaginer que cela puisse se reproduire si on considère tous les facteurs qui ont permis que ça se produise une première fois. Hitler avait le projet d'asseoir le rôle des Allemands en tant que race « aryenne » dominante en Europe et il haïssait les Juifs en tant que dangereuse élite rivale. Qui aujourd'hui entretient un tel projet ? Certainement pas un humoriste franco-africain ! Hitler n'est pas de retour, pas plus que Napoléon Bonaparte ou le Hun Attila.
Le rappel constant de la Shoah dans des articles, des films, l'actualité ainsi qu'à l'école, loin de prévenir quoi que ce soit, peut créer une fascination morbide pour les « identités ». Il induit la « concurrence victimaire. » Cette fascination peut amener à des résultats inattendus. Quelques 300 écoles parisiennes arborent des plaques en mémoire d'enfants juifs déportés dans les camps de concentration nazis. Comment les enfants juifs réagissent-ils à ça aujourd'hui ? Trouvent-ils que c'est rassurant ?
C'est peut-être utile à l'Etat d'Israël qui a lancé un programme triennal pour encourager plus de Juifs parmi les 600 000 que compte la France à quitter ce pays pour aller en Israël. En 2013, le nombre d'aliyah [prétendu retour à Sion] a augmenté pour atteindre plus de 3 000, une tendance attribuée par l'European Jewish Press « à une mentalité sioniste de plus en plus présente dans la communauté juive française, particulièrement chez les jeunes et aux actions de l'Agence Juive, du gouvernement israélien et d'autres organisations non gouvernementales pour cultiver l'identité juive en France. »
« Si nous avons vu cette année l'aliyah en provenance de France passer de moins de 2 000 à plus de 3 000, je vois ce chiffre passer dans un proche avenir à 6 000 et plus parce que nous connectons toujours plus de jeunes gens à la vie juive et à Israël, » déclarait Nathan Sharansky, président de l'Agence Juive pour Israël. Il est vrai qu'une des manières d'encourager l'aliyah est d'effrayer les Juifs avec la menace de l'antisémitisme, et prétendre que des nombreux fans de Dieudonné sont des nazis déguisés est une bonne manière d'y parvenir.
Mais pour les Juifs qui veulent rester vivre en France, est-il vraiment sain de continuer à rappeler aux enfants juifs que, s'ils ne se tiennent pas sur leurs gardes, leurs compatriotes pourraient un jour vouloir les entasser dans des wagons de marchandises et les expédier à Auschwitz ? J'ai entendu des gens dire en privé que ce rappel permanent s'apparentait à de la maltraitance d'enfants.
Une personne qui voit les choses ainsi est Jonathan Moadab, un journaliste indépendant àgé de 25 ans qui a été interviewé par Soren Seelow. Moadab est à la fois juif pratiquant et antisioniste. Enfant, on l'a emmené visiter Auschwitz . Il a expliqué à Seelow que vivre avec dette « endoctrination victimaire » a engendré une sorte de « syndrome de stress pré-traumatique. »
 « Les plaisanteries de Dieudonné sue la Shoah, comme sa chanson Shoananans, ne visent pas la Shoah en tant que telle, » dit-il, « mais l'exploitation de l'Holocauste décrite par le sociologue américain Norman Finkelstein »
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Le 22 janvier, Jonathan Moadab a appelé ouvertement sur son site web Agence Info Libre à « séparer l'Etat de la religion de l'Holocauste ». Moadab cite le professeur Yeshayahu Leibowitz comme étant le premier à relever les nombreux aspects par lesquels l'Holocauste est devenue la nouvelle religion juive. Si tel est le cas, tout le monde a le droit de pratiquer la religion de la Shoah. Mais doit-elle être la religion officielle de la France ? 
Les politiciens français ne cessent de vanter la “laïcité”, la sécularité, de la république française. Le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, qui proclame sa dévotion personnelle pour Israël a récemment qualifié la Shoah de « sanctuaire qu'on ne peut pas profaner ». Moadab conclut que si la Shoah est un sanctuaire, alors l'Holocauste est une religion et la République n'est pas laïque.
Des changements se font dans l'attitude des jeunes gens en France. Ce changement n'est pas dû à Dieudonné. Il est dû au temps qui passe. L'Holocauste est devenu la religion de l'Occident à une époque où la génération de l'après seconde guerre mondiale était encline à blâmer ses parents. Aujourd'hui, ce sont les petits enfants ou arrières petits enfants de ceux qui ont traversé cette période et ils veulent regarder devant eux. Aucune loi ne peut l'empêcher.
« Comme je l'ai dit dans mon article précédent, la « quenelle » est un geste vulgaire signifiant à peu près « dans ton c.., » avec une main placée en haut de l'autre bras en extension vers le bas pour préciser sa longueur. Reprenant le nom d'un mets français, Dieudonné avait commencé à utiliser ce geste dans un contexte complètement différent il y a des années de ça, pour exprimer la méfiance, le scepticisme ou l'indifférence.

vendredi 10 janvier 2014

Robert Faurisson a-t-il raison (bis)?

Franchement je n'en sais rien, mais réfléchissons ensemble.
Les récents événements avec la circulaire Valls et les arrêts du Conseil d'Etat qui ont interdit des représentations du dernier spectacle de l'humoriste Dieudonné nous invitent à revisiter l'histoire et à l'écrire vraiment plutôt que de visiter et revisiter jusqu'à la nausée une prétendue mémoire façonnée au forceps..
« Le coup d’Œil sur l’Histoire, le recul vers une période passée ou, comme aurait dit Racine, vers un pays éloigné, vous donne des perspectives sur votre époque et vous permet d’y penser davantage, d’y voir davantage les problèmes qui sont les mêmes ou les problèmes qui diffèrent ou les solutions à y apporter ». (Marguerite Yourcenar).
 Il y a maintenant quelques années qu'on sait à peu près la vérité sur le massacre de Katyn, des milliers d'officiers de l'armée polonaise sommairement exécuté en 1940 dans une forêt près de Smolensk en Russie, Dès la fin des années 1950, l'opinion commune des historiens était que ces militaires avaient été tués par les Soviétiques, ce que ces derniers ont toujours contesté, persistant à attribuer le crime à l'Allemagne nazie.
La vérité a été officiellement reconnue par les autorités russes en 1990 et en principe tous les documents russes officiels sur cet événement sont désormais accessibles aux chercheurs.
Charnier à Katyn
Charnier à Katyn
Ce qui s'est passé à Katyn ainsi que le travestissement de la vérité par les Soviétiques et leurs alliés d e l'époque, Royaume Uni et Etats Unis, est tout à fait emblématique des problèmes qui entourent l'hisoriographie de cette époque et de la guerre de 1939 -1945. Il y a là de qui méditer sur la vulgate que les politiques comme la presse et l'industrie du spectacle nous présentent comme l'Histoire, Je persiste à croire, malgré la légende et surtout malgré Hollywood et Errol Flynn, que si Robin des Bois a existé, il n'avait pas grand chose à voir le héros d'une toute récente comédie musicle actuellement en tournée en France.
 Si la vérité sur Katyn a assez rapidement filtré dans les pays occidentaux, c'était pour la simple raison que l'URSS était passée du statut d'alliée dans la lutte contre l'Allemagne et le Japon à celui d'ennemi idéologique et d'ennemi tout court à l'échelle planétaire.
Pourtant les Britanniques comme les Américains disposaient de témoignages dignes de foi sur la tuerie de Katyn, témoignages soigneusement occultés parce qu'en contradiction avec le message selon lequel le Reich était le mal absolu.
Ce dont les Allemands étaient conscients si on en croit l'article que je vous propose.

Un témoignage confirme que les alliés avaient caché la vérité sur Katyn, affirme un ministre

The News (Pologne) 9 janvier 2014 traduit de l'anglais par Djazaïri
Le ministre de la Culture Bogdan Zdrojewski affirme qu'un témoignage inédit sur le crime de Katyn commis pendant la Seconde Guerre mondiale confirme que les alliés occidentaux de Staline avaient aidé à dissimuler la vérité sur le massacre.
«Pour nous, l'aspect le plus douloureux est que de 1944 à 1952, la dissimulation de la vérité sur Katyn était une décision politique – elle n'était pas fortuite,» a déclaré Zdrojewski tout en dévoilant le document lors d'une conférence de presse mercredi.
«A cette époque, cette affaire avait été prise en main avec tant de détermination – avec entre autres des menaces contre certaines personnes – que la vérité sur Katyn n'avait pas pu éclater au grand jour.»
En avril 1943, l'Allemagne nazie avait publié des informations sur sa découverte des corps de près de 4 000 officiers de l'armée polonaise dans un charnier dans la forêt de Katyn (près de la ville russe de Smolensk).
Plus de 20 000 officiers et membres de l'élite polonaise avaient été portés disparus en 1940, alors qu'ils étaient apparemment détenus par les Soviétiques.
Le document récemment découvert est un témoignage fait le 10 mai 1945 par le lieutenant John H. Van Vliet, un Américain qui se trouvait parmi les quelques prisonniers de guerre alliés que les Allemands avaient emmenés à Katyn en 1943.
 Les Allemands espéraient que les prisonniers alliés confirmeraient que les Soviétiques avaient commis le crime.
John Van Vliet et le fac simile de son témoignage
John H. Van Vliet et le fac simile de son témoignage
Cependant, pendant plusieurs années, Londres et Washington firent en sorte d'éliminer les informations qui allaient dans le sens de la culpabilité des Soviétiques afin de ne pas nuire à l'alliance avec Moscou. 
Moscou avait rompu les relations avec le gouvernement polonais en exil à Londres après que ce dernier avait appelé à une enquête de la Croix Rouge, et Staline assurait que le crime était l'oeuvre de l'Allemagne.
Après la guerre, Van Vliet avait lui-même reçu des autorités américaines l'ordre de garder le silence pendant plusieurs années. Le témoignage qu'il avait fait sous serment en 1945 était inconnu des historiens jusqu'à aujourd'hui. (un autre témoignage recueilli le même mois fut classifié par les Etats Unis et disparut par la suite).
Son témoignage révèle des détails sur des prisonniers de guerre britanniques qui avaient été emmenés pour témoigner des exhumations à Katyn et dont les noms ont apparemment été dissimulés par les alliés.
Van Vliet précise que certains des cadavres de Katyn avaient été découverts avec des mémentos ou des documents qui indiquent qu'ils avaient été tués en février, mars et avril 1940, c'est-à-dire avant l'occupation de la région de Smolensk par les Allemands.
Il affirme que les restes avaient l'air de se trouver là depuis trois ou quatre ans.
L'historienne Krystyna Piorkowska a découvert le document en novembre 2013 dans les archives US à Washington.
«Pendant un moment, j'ai pensé que c'était un mirage, que j'avais une hallucination,» dit-elle en parlant de sa découverte.
«J'avais un peu peur que personne ne puisse croire qu'une telle chose existe.»
 Moscou a finalement reconnu sa culpabilité pour le crime de Katyn en 1990. Les exécutions de masse et les enterrements avaient eu lieu en divers endroits de l'Union Soviétique.
Même si les alliés, particulièrement entre 1943 et 1952, avaient occulté les preuves que les Soviétiques avaient perpétré le crime, Churchill montrait plus de franchise en privé.
L'ambassadeur de Pologne en Grande Bretagne, le Comte Edward Raczynski avait noté dans on journal à la date du15 avril 1943 – juste après l'annonce par les Allemands de la découverte des corps – que le premier ministre britannique lui avait dit que la culpabilité des Soviétiques était probable.
«Hélas, les révélations des Allemands sont probablement vraies,» avait dit Churchill.
«Les Bolchéviques peuvent être très cruels»

Source: PAP