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vendredi 21 octobre 2011

Une charte des révolutions arabes rédigée par le roi d'Arabie Saoudite et celui du Maroc?


Ce qui vient de se passer en Libye n’est bien entendu pas la victoire de la démocratie contre l’oppression dans un pays arabe. 

Et ce n’est surtout pas une victoire de « révolutionnaires » Libyens, car depuis quand a-t-on vu des révolutionnaires soutenus à la fois par les Etats Unis, un idéologue de gauche spécialiste des «grands cadavres à la renverse» (comme celui de Mouammar Kadhafi et de son fils Mouatassim), des monarchies féministes et un syndicat de travailleurs en kaki nommé OTAN ?


La Libye, c’est le pays des merveilles que nous offrent les idéalistes Nicolas Sarkozy et David Cameron.

En fait, les choses ne sont cependant pas si simples pour au moins quatre raisons.

La première est qu’il n’est pas certain que la population libyenne se satisfasse du pouvoir installé par les bombardements, les forces spéciales de l’OTAN et des révolutionnaires du Golfe arabo-persique.

La deuxième est que l’Afrique blessée plus que tout autre (compte tenu du niveau d’abaissement des Arabes) réagira probablement d’une manière ou d’une autre.

La troisième est que le problème posé par la Chine en cette région du monde n’est pas résolu et qu’il faut s’attendre à d’autres interventions militaires de plus ou moins grande intensité dans d’autres zones stratégiques du continent africain.

La quatrième est que ce qui vient de se passer en Libye n’est en rien un message prétendument univoque sur la force de la démocratie occidentale qui s’engouffrerait de manière irrésistible dans le monde arabe et musulman. Tout d’abord pour la raison précitée que de très grandes démocraties arabes comme celles du Qatar et de l’Arabie Saoudite ont joué un rôle décisif dans cette affaire.

Alors, la monarchie saoudienne en promotrice des révolutions et de la démocratie, je vous laisse y croire. Mais sans doute croyez-vous aussi aux contes de fées.

Et comme je le disais, ce qui vient de se passer en Libye est hautement équivoque, ce que ne semble pas percevoir une presse qui écrit à satiété que le sort de Mouammar Kadhafi devrait amener Bachar al-Assad à réfléchir

Le journal Le Monde a par exemple trouvé en Libye un opposant syrien qui
il supplie l’OTAN d’accorder aux Syriens l’aide apportée aux Libyens. "Contrairement à la propagande de Kadhafi, ses frappes étaient précises, sans dommages civils. Il faut faire de même en Syrie où le régime est encore fort, soutenu par l’Iran, le Hezbollah… On en est peut-être à 10 000 morts. C’est urgent !" Un jeune soldat rigole : "Si j’étais Bachar Al-Assad, je serais terrifié par la fin sanglante de Kadhafi et je dormirais mal cette nuit !"
Je ne sais pas si ce « cheikh » Tamer Trad est rémunéré par l’OTAN mais il mériterait bien une petite rétribution.

Dans le journal libanais L’orient le Jour, Amin Gemayel, un autre révolutionnaire arabe notoire comme les aime le Figaro, ce feuillet dédié aux luttes des opprimés, nous fait savoir que :
il revient à la Ligue arabe de jouer un rôle nouveau sur le plan de l’élaboration de la « charte » des révolutions.
« Il est vrai que chaque État arabe a sa spécificité, mais il est vrai aussi qu’il existe des principes généraux et des valeurs communes que toutes les révolutions devraient s’engager à respecter », a-t-il ajouté, citant la liberté, la démocratie, l’égalité, l’État civil et le pluralisme.
La Ligue Arabe dominée pas les monarchies du Golfe (que la monarchie marocaine a rejointes) devrait selon M. Gemayel élaborer une « charte » des révolutions.

Un conte de fées, vous disais-je.

Il y a pourtant autre chose d’équivoque dont on préfère éviter de parler et ce n’est pas pour rien que la presse ne répercute guère les prises de positions du Hezbollah tant au sujet de la situation politique en Libye que de la mort de Mouammar Kadhafi.

Or, le Hezbollah a pris fait et cause dès le début pour les prétendus «rebelles» et a salué la Libye après la mort de celui qui l’a dirigée pendant une quarantaine d’années.
Ce n'est en fait qu'un signe de plus que si le régime de la « grande Jamahiriya » a certainement péri avec son chef, rien n’est joué politiquement en Libye et que le « manège enchanté » lancé par l’OTAN n’a certainement pas fini d’emporter des vies.

Laissons la parole à Qassim Khudair, un avocat Irakien :
Malheureusement, les Arabes n'ont aucune idée à quelle point la fin sera désastreuse, ils n'apprennent jamais des expériences des autres. (...) Je dis au peuple libyen de ne pas se réjouir car c'est seulement le début de la fin". 
Je suis 100 % d’accord avec la première partie de son argument sur l'expérience, et j’ose simplement espérer que les choses n’en arriveront pas à cette fin dont il parle.

The Daily Star (Liban) 21 octobre 2011 traduit de l’anglais par Djazaïri
Beyrouth – Le Hezbollah a salué la révolution libyenne vendredi après la mort du leader déchu Mouammar Kadhafi et a déclaré que les Libyens doivent protéger leurs ressources de la rapacité des grandes puissances.
“Le Hezbollah salue la victoire de la révolution du peuple libyen. Le peuple est maintenant face à une opportunité une historique et à la grande responsabilité de reconstruire son pays, » a affirmé le service de presse du Hezbollah dans une déclaration.

“Il a aussi la responsabilité de protéger ses ressources avant qu’elles soient pillées par les grands pays cupides. »
Kadhafi a été tué jeudi après sa capture par les forces rebelles libyennes après des mois de combats sanglants entre forces qui lui restaient loyales et les nouvelles forces gouvernementales assistées par des frappes aériennes de l’OTAN.

“Le Hezbollah félicite le peuple libyen pour avoir tourné la page du régime du tyran qui  a imposé l’oppression et la tyrannie au pays et à sa population pendant plus de quatre décennies, » ajoute la déclaration.

Le Hezbollah a aussi déclaré que le parti attend avec impatience les efforts des nouveaux dirigeants Libyens pour retrouver l’imam Moussa Sadr et ses compagnons, le cheikh Mohammad Yaacoub et le journaliste Abbas Badreddine et pour les libérer.
Le parti a ajouté que l’ancien régime libyen avait enlevé ces trois personnes pour servir les intérêts du projet sioniste.
Sadr et ses deux compagnons Yaacoub et Badreddine avaient disparu le 31 août 1978 pendant une visite officielle en Libye à l’invitation de Kadhafi.

mercredi 24 août 2011

L'Iran et le Liban reconnaissent l'autorité du Conseil National de Transition en Libye

Je l’ai observé à plusieurs reprises sur ce blog, le processus qui a conduit à l’agression de l’OTAN contre la Libye s’est fait sur la base d’une convergence d’intérêts non seulement entre  les démocraties libérales occidentales et les monarchies rétrogrades du Moyen Orient mais aussi des humanistes précités avec le régime iranien et le Hezbollah libanais !
Ces deux derniers étant pourtant l’incarnation du mal absolu pour ceux qui chérissent plus que tout l’entité sioniste.
Le gouvernement iranien vient d’ailleurs de féliciter les « rebelles » pour leur succès dans la lutte contre le colonel Mouammar Kadhafi.

Certes, l’Iran n’est pas dupe de ce qui vient de se passer en Libye et sait fort bien que ce sont les armées de l’OTAN qui ont en réalité obtenu le résultat. Mais les autorités de Téhéran prennent sans doute date pour l’avenir et tablent sur un probable fiasco de la gestion politique de la Libye après la fin des opérations militaires. A l’instar de ce qui s’est passé en Afghanistan et en Irak, deux pays où les Etats Unis s’appuient discrètement sur l’Iran pour limiter les dégâts alors même qu’ils n’ont de cesse de fustiger publiquement la république islamique.

L’Iran est, en tout cas si on le compare aux autres pays du Moyen orient et du Maghreb, un pays démocratique et un état de droit. Sur ce dernier point, elle peut sans doute en remontrer à la justice de ce pays qui vient de blanchir un violeur qui va maintenant se pavaner la tête haute, alors même que sa victime devra raser les murs.
Et l’Iran comme le Hezbollah n’éprouvaient aucune sympathie pour le régime de M. Kadhafi à qui ils reprochaient l’enlèvement (et peut-être le meurtre) d’une figure emblématique du chiisme libanais, l’imam Moussa Sadr. Ce dernier avait été rien moins que l’architecte de l’affirmation des Chiites au Liban, une frange de la population auparavant laissée pour compte. S’il n’a pas été le fondateur du Hezbollah, il en a été le précurseur très inspiré.

Ce fait n’a guère été médiatisé en Europe (et pour cause !) mais la justice libanaise avait émis à ce propos des mandats d’arrêt contre le colonel Kadhafi et d’autres dirigeants Libyens.
Aujourd’hui, les autorités libanaises attendent du Conseil National de Transition qu’elles soutiennent l'élucidation du mystère de la disparition de l’imam Moussa Sadr. Même le néofasciste des Forces Libanaises Samir Geagea appelle les dirigeants « rebelles » de Libye «à faire la lumière sur l’affaire Sadr.» Une rare convergence de vue entre des camps que tout oppose habituellement !

Et pour ceux qui se demandent, en quoi cela concerne l’Iran en dehors de l’appartenance au chiisme du Hezbollah, il suffit de savoir que tous ces dignitaires chiites, Iraniens, Irakiens, Libanais sont unis depuis très longtemps par des liens matrimoniaux et de parenté. Eh oui, dans la vie il ‘y a pas que la politique !

L’Orient le Jour (Liban) 23 août 2011

Le ministre de la Santé, Ali Hassan Khalil (Amal), a annoncé aujourd’hui la formation d’un comité présidé par un ministre, chargé de suivre la question de la disparition de l’Imam Moussa Sadr et de ses compagnons, a rapporté la chaîne de télévision OTV. Le comité devrait se rendre en Libye où il reconnaîtra officiellement le Conseil national de transition (CNT) libyen.
L’imam chiite avait disparu avec cheikh Mohammed Yacoub et le journaliste Abbas Badreddine en Libye dans des circonstances mystérieuses après avoir été invités à s’y rendre par Mouammar Kadhafi pendant la guerre civile libanaise. Les autorités libyennes ont toujours déclaré que les trois disparus avaient quitté la Libye pour se rendre en Italie, ce que Rome a démenti. En 2004, les passeports de l’imam Sadr et de M. Yacoub avaient été retrouvés dans un hôtel à Rome.
En août 2008, le Liban a émis des mandats d’arrêts contre Mouammar Kadhafi et d’autres personnalités libyennes, les accusant d’avoir kidnappé l’imam Sadr et ses compagnons.


lundi 22 août 2011

La Libye bientôt sous occupation américaine?

A l’heure où j’écris ces lignes, la « rébellion » libyenne semble être en passe de l’emporter définitivement et d’éliminer le régime du colonel Kadhafi.
Qui regrettera ce personnage encore décrit comme fou hier sur BFM TV, à preuve son « exotique » garde rapprochée féminine. Seuls ceux qui ignorent l’histoire de ce morceau de terre africaine peuvent qualifier d’exotique ces femmes-soldats. Mais ce n’est pas la connaissance de l’histoire de l’Afrique ou des pays arabes qui étouffe en général les journalistes…

Pourtant, le problème du jour n’est pas la fin très probable du régime de M. Kadhafi. Ce qui est en réalité très important, c’est que nous venons de connaître, en ce début de 21ème siècle une expédition coloniale du genre de celles que le monde a connues au 19ème siècle jusqu’à la phase de décolonisation.
Car il est évident que jamais les « rebelles » Libyens n’auraient pu arriver à leurs fins sans la force militaire, aérienne, navale sans parler des troupes au sol bel et bien présentes, déployée par les puissances belliqueuses regroupées dans l’OTAN.

Cette aventure coloniale aura été permise par le colonel Kadhafi lui-même, prisonnier comme bien des autocrates, des illusions que confère un pouvoir absolu : popularité, inamovibilité, invincibilté. Elle aura été permise aussi par une alliance hétéroclite qui a vu se liguer aux côtés des nations occidentales pour l’adoption de la résolution 1973 (foulée aux pieds immédiatement par les pays de l’OTAN) les monarchies démocratiques du Moyen Orient (Qatar, Jordanie, Arabie Saoudite) d’une part et le Liban et l’Iran d’autre part. C’est que ces deux derniers pays n’ont jamais oublié, ni pardonné, l’enlèvement (et sans doute le meurtre) de Moussa Sadr, guide spirituel, imam, des chiites Libanais.
On ajoutera à ces éléments la naïveté des pays membres de l’Union Africaine, Afrique du Sud en tête. Il est vrai que cette dernière ne savait pas trop ce qu’elle avait à gagner ou à perdre dans l’affaire libyenne, alors que les Etats occidentaux savaient exactement le profit à tirer d’une victoire sur le gouvernement libyen.

Cette affaire, qui vient après celle de Côte d’Ivoire, devrait sonner comme un avertissement pour les Etats d’Afrique et peut-être d’ailleurs. Car les pays occidentaux, qui voient la Chine dominer inexorablement la sphère économique mondiale (on a vu récemment ce pays taper su les doigts de son principal débiteur, les Etats Unis, chose que personne n’aurait pu imaginer il y a seulement trois mois) vont sans doute se montrer de plus en plus agressifs afin de s’assurer le contrôle de zones vitales aujourd’hui, et surtout demain, pour le développement chinois. Ils ne peuvent le faire que grâce au dernier élément de supériorité qui leur reste, celui des armes.

Des armes qui, l’exemple libyen le montre une fois de plus, ne servent à rien aux mains de régimes arabes peu légitimes et le plus souvent impopulaires. Tant que les troupes de M. Kadhafi étaient opposées aux seuls rebelles, l’affaire était entendue. Mais face aux bateaux et à l’aviation de l’OTAN, le tigre s’avère comme souvent être de papier.
Le gouvernement algérien devrait y songer, lui qui tend depuis quelques années à multiplier les achats de ferraille inutile pour équiper ses divers corps d’armée. La seule défense qui vaille est en effet la défense populaire ainsi que le démontrent chaque jour les Talibans en Afghanistan ou comme l'a montré la résistance libanaise, qui ne comprenait pas que le Hezbollah comme on le dit trop souvent, en 2006.

L’Algérie sera sans doute, après les Libyens eux-mêmes, le grand perdant de cette affaire libyenne et le pire est désormais à craindre dans ce pays où des forces centrifuges ne demandent qu’à être mises en mouvement. Le gouvernement algérien ne l’a pas compris et/ou a renoncé au credo anti-impérialiste qui animait la lutte d’indépendance dirigée par le FLN. L’incurie de ce gouvernement dans la gestion de cette crise a en effet été complète. Il ne tardera sans doute pas à s’en mordre les doigts. Car l’affaire libyenne aura de lourdes conséquences, la première étant sans doute celle que suggère Richard Haass qui tient à ce que les Etats Unis tirent tout le profit stratégique d’une guerre qu’ils ont mené depuis des coulisses dont ils devraient sortir.


PS: le CNT de Benghazi vient d'adresser un nouveau message "amical" au gouvernement algérien

par Richard Haass, The Financial Times (UK) 22 août 2011 traduit de l’anglais par Djazaïri

Les évènements en Libye ont atteint le proverbial début de la fin mais, comme c’est souvent le cas, la vérité est qu’ils sont plus près de la fin du début. Ce n’est qu’une question de temps, de très peu de temps, avant que ne s’achève ce qui reste de l’ère du colonel Mouammar Kadhafi. Quatre décennies après son accession au pouvoir, quelques six mois après que la communauté mondiale ait décidé que Kadhafi devait partir, le régime s’effondre. Les défections se multiplient, son fils préféré est maintenant en état d’arrestation, et les rebelles sont aux portes de la capitale Tripoli.

Cette étape n’a pas été facile à atteindre, mais la partie vraiment difficile commence maintenant. C’est une chose de tuer le roi et d’éliminer l’ancien régime, c’est bien autre chose et bien plus diffcile de les remplacer par quelque chose de meilleur et de plus durable. Les rebelles – en fait un mélange disparate (le mot coalition renverrait à quelque chose de plus structuré que ce n’est le cas) d’individus et d’organisations, allant d’anciens fidèles du régime à des libéraux séculiers en passant par des islamistes – ont peu de choses en commun à part leur opposition à la perpétuation du règne de la première famille libyenne.  Maintenant que cet objectif est en passe de se réaliser, leurs désaccords pourraient bien occuper une place centrale.

Rien de tout cela n’est propre à la Libye; c’est une caractéristique des révolutions tout au long de l’histoire connue. Ce qui est aussi à peu près certain, c’est que les Libyens ne seront pas en mesure de gérer seuls la nouvelle situation qui va émerger. Le colonel Kadhafi avait fait de son mieux pour s’assurer qu’aucune institution nationale ne soit en position de défier son pouvoir ; malgré les efforts des opposants au régime pour forger un front commun, le résultat est qu’aucune institution nationale n’est prête et capable de prendre les choses en mains.
Tous ces éléments posent de sérieux défis au monde extérieur. Les avions de l’OTAN ont contribué à la victoire des rebelles. L’intervention « humanitaire » proposée pour sauver des vies qu’on pensait menacées était en fait une intervention politique mise en place pout provoquer un changement de régime.

L’OTAN doit maintenant gérer son propre succès. Une forme quelconque d’assistance international, et plus probablement une force internationale, sera sans doute nécessaire pour quelques temps afin de restaurer et de maintenir l’ordre. Les jusqueboutistes du régime devront être défaits. La guerre tribale doit être évitée. La justice, et non la vengeance, doit être à l’ordre du jour si la Libye ne doit pas en venir à ressembler à l’Irak en guerre civile de l’après Saddam, ou à sombrer dans le chaos comme la Somalie ou le Yémen qui est sur cette voie.
Il revient à l’OTAN, à l’Union Européenne et à l’ONU, en collaboration avec l’opposition libyenne, à l’Union Africaine et à la Ligue Arabe de construire ensemble une réponse à la nouvelle réalité libyenne – une réalité qui inclut 1 million de réfugiés, plusieurs centaines de milliers de civils déplacé, et un pays capable de produire quelques 2 millions de barils de pétrole par jour.

Surtout, le président US Barack Obama pourrait avoir à reconsidérer son affirmation qu’il n’y aurait pas de troupes américaines au sol; le leadership est difficile à affirmer sans participation. Mais quelle que soit la réaction internationale, sa rapidité est essentielle. La temporisation ne rendra pas les choix plus faciles ou plus agréables.

L’auteur est président du Council on Foreign Relations et auteur de War of Necessity, War of Choice: A Memoir of Two Iraq Wars’