Affichage des articles dont le libellé est chiisme. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est chiisme. Afficher tous les articles

samedi 12 octobre 2013

Les racines du dénouement en vue de la crise en Syrie et la chasse au Netanyahou

J'étais parti pour faire une petite intro sur Yair lapid et Benjamin Netanyahou mais j'ai un peu dérivé... 

La crise syrienne a connu récemment un tournant décisif et ce tournant n'a pas été militaire mais politique,
On est en effet passé de l'exigence du départ du président Syrien Bachar al-Assad par les puissances occidentales (souvenons-nous de Laurent Roquet Fabius qui affirmait que le président syrien ne mériterait pas d'être sur la Terre) à celle de la destruction des armes chimiques dont dispose l'armée syrienne.

C'est ce qu'on appelle un changement de paradigme, changement concocté par les Etats Unis, la Russie et ,,, le gouvernement syrien, prenant au dépourvu la Turquie et une diplomatie française ridiculisée dans sa vaine posture belliciste.

Le camouflet à répétition n'a pourtant apparemment pas suffi à vacciner Paris contre l'emploi d'un langage musclé qui n'est plus vraiment dans ses moyens et de toute façon ne sert pas ses intérêts.

Ne vient-on pas en effet de lire que François Hollande a assuré Benjamin Netanyahou de «toute sa fermeté» à l'égard de l'Iran?

Parce que l'élection de Hassan Rohani à la présidence de la république islamique d'Iran est aussi un des éléments qui ont joué dans l'évolution du traitement du dossier syrien. Non pas que le nouveau chef de l'Etat ait pris des positions radicalement différentes de son prédécesseur, Mahmoud Ahmadinejad, du moins sur les dossiers syrien et nucléaire, mais son image de modéré bien mise en avant dans la presse occidentale (malgré de vaines tentatives sionistes de le diaboliser comme on l'a fait pour Mahmoud Ahmadinejad) a donné l'opportunité aux Etats Unis de changer de ton à l'égard de l'Iran.

Ahmadinejad et Rohani (faisant un salut nazi?)
 
La conséquence de ce changement de ton a été la rencontre entre les présidents Rohani et Hollande en marge de l'assemblée générale de l'ONU, et l'échange téléphonique entre Barack Obama et le président de la république islamique d'Iran. Il va sans dire que François Hollande avait été dûment autorisé par la maison Blanche à rencontrer son homologue iranien.

Ce rapprochement entre l'Iran et l'Occident a bien sûr pour conséquence que l'élimination du régime syrien n'a plus le caractère impérieux qu'elle avait il y a seulement quelques mois, d'autant qu'il apparaît clairement que la fraction de l'opposition polico-militaire tenue à bout de bras par Londres, paris et Washington ne représente pratiquement rien, ni sur le terrain militaire, ni sur le terrain politique.

Un troisième facteur qui a joué un rôle absolument décisif dans le changement de posture des Etats Unis est la déposition du président Mohamed Morsi par l'armée égyptienne, un coup d'état qui était motivé entre autres par le refus d'un engagement militaire de l'Egypte contre le régime syrien, même par volontaires interposés, et qui a pu s'appuyer sur l'hostilité de l'Arabie Saoudite à l'égard des Frères Musulmans.

Il faut bien se figurer en effet que, vu de Riyad, les Frères Musulmans que nous qualifierions de bourgeois conservateurs, sont perçus comme de dangereux révolutionnaires, une véritable menace pour la monarchie (l'épisode de la proclamation d'une république au Yémen par les Frères Musulmans avec à leur tête l'Algérien Fodil El Ouartilani n'a sans doute pas été oublié en Arabie).
Image
Fodil al Ouartilani
Si le paysage reste confus, avec des retournements qui semblent fourmiller de contradictions, il est peut-être possible de mieux saisir sa logique globale en prenant de la hauteur, c'est-à-dire en examinant la situation dans la région asiatique dans son ensemble.
On le sait, le centre de gravité de l'économie mondiale est en train de se déplacer vers l'Asie orientale (Corée, Chine, Thaïlande) quoique d'autres pôles de puissance semblent émerger ailleurs (Inde, Brésil par exemple) et tôt ou tard le politique suivra. Des tentatives d'organisation autonome de ces espaces ont vu le jour comme le BRICS (Brésil, Russie, Chine, Inde, Afrique du Sud) ou l'Organisation de Coopération de Shangaï.

Deux pays asiatiques retiendront notre attention ici: la Chine et l'Inde, Ces deux géants ont pour point commun d'avoir d'énormes besoins en énergie (pétrole, gaz) que la production nationale est absolument incapable de satisfaire, Ces deux pays se tournent donc vers des fournisseurs étrangers dont l'Iran fait partie. Mais ce rôle de fournisseur de l'Iran n'a en réalité pas vraiment de rôle dans les inflexions de la diplomatie des Etats Unis. Ce qui est important à cet égard, ce sont les réserves d'hydrocarbures présentes dans l'Asie Centrale ex soviétique et qui font l'objet de toutes les sollicitudes. Des réserves auxquelles la Chine peut accéder par voie terrestre moyennant des aménagements en infrastructures de transport qui existent déjà et d'autres qui sont en cours de réalisation ou à l'étude.

Pour l'Inde, les choses se présentent différemment puisque son accès terrestre à l'Asie Centrale est barré par le Pakistan, l'ennemi intime depuis la sécession de 1947.

L'accès de l'Inde à l'Asie Centrale passe donc par l'Iran où l'Inde investit 100 millions de dollars dans le port et la zone franche de Chabahar, des investissements qui complètent ceux effectués dans des infrastructures routières qui relient de grandes villes afghanes à l'Iran. De son côté,la Chine s'est ménagée une ouverture portuaire semblable au Pakistan qui lui offre une route sud-nord complémentaire à la route est-ouest.

Image
Nouvelles routes terrestres et maritimes en Asie
Et bien sûr, ces régions d'Asie, et peut-être l'Afghanistan une fois la paix revenue, seront des fournisseurs mais aussi des clients.
Cette partie du monde est donc à la veille d'un boom économique auquel l'Iran va participer ne serait-ce que par son positionnement géographique au débouché sud-ouest de ces régions.

Image
Transports de gaz et de pétrole en Asie centrale et au Moyen Orient
C'est là que se situent les enjeux majeurs pour le monde, pour l'Iran et par conséquent pour le Moyen Orient et non dans une prétendue lutte entre Islam chiite et sunnite,
L'affaire syrienne a été l'occasion pour les Etats Unis de jauger la volonté de la Russie et de la Chine quant au contrôle de l'accès aux ressources et aux marchés de l'Asie Centrale et du Moyen orient.
Et les Etats Unis ont semblé conclure que cette volonté était trop forte pour qu'ils puissent tenter quoi que ce soit de significatif sans en subir de conséquences, par exemple dans l'unique position clef qu'ils occupent encore, c'est-à-dire en Afghanistan.
Sous peine d'être à moyen terme exclus de la région, la solution qui s'est imposée à eux est celle d'un rapprochement avec l'Iran.
Ce rapprochement va sans doute prendre du temps, parce qu'on ne passe pas du jour au lendemain d'un langage belliqueux et menaçant à des relations amicales et surtout en raison de la présence de l'Etat prétendu juif qui torpille toute approche rationnelle de la part des Etats Unis dans la région.
L'analyse qui semble prévaloir à Washington est que c'est Benjamin Netanyahou qui représente un obstacle et la tête de ce dernier est en quelque sorte mise à prix par la maison Blanche qui aimerait avoir un interlocuteur plus sensible aux intérêts de l'allié américain.
Cet interlocuteur pourrait être Yaïr lapid, l'actuel ministre des finances du cabinet Netanyahou qui vient d'être reçu très chaleureusement par Joe Biden malgré le Shutdown.
Pourtant, comme l'explique l'article que je vous propose, si Yaïr lapid a une autre prestance que Benjamin Netanyahou, il est fondamentalement sur la même ligne aussi bien sur la question des négociations avec les Palestiniens que sur le dossier iranien.

par Philip Weiss, Modoweiss (USA) 11 octobre 2013 traduit de l'anglais par Djazaïri
Yaïr Lapid, le ministre des Finances d'Israël et étoile montante centriste, est reçu comme une star aux Etats Unis. Lapid s'est entretenu hier, en plein Shutdown, avec le vice-président, ils se sont apparemment bien entendus. Le vice président a tweeté la photo ci-dessus et publié une déclaration selon laquelle ils avaient une "conversation sur de nombreux sujets", notamment sur l'Iran et les négociations avec les Palestiniens. Ils avaient été rejoints par le secrétaire au Trésor Jack Lew et le coordonnateur pour le Moyen-Orient à la Maison Blanche, Phil Gordon.
Lapid était une vedette de la télévision, et ça se voit. Charlie Rose a passé beaucoup de temps avec Lapid mardi. D'abord sur le Charlie Rose Show. Puis au centre culturel 92d Street Y pour une co-présentation avec une organisation pro-israélienne, l'Israeli Policy Forum.
Image
Yaïr Lapid interrogé par Charlie Rose
A 92d Street Y, Rose a présenté Lapid comme étant «un des Juifs les plus célèbres du monde.» L'interview (vidéo ici) était dans l'ensemble gentille et Lapid a pu contrôler aisément la situation, comme si c'atait lui qui animait le talk show.
Il a plaisanté avec naturel l'accent sudiste de Rose et l'a rembarré quand il lui a demandé s'il aspirait à être premier ministre, et il a moqué le New York Times qui cite les gens hors contexte. Mais ses positions ne sont guère différentes de celles de Netanyahou, et on n'a pas à attendre longtemps avant que Lapid commence à parler de la Cité de David [Jérusalem].
C'est un tenant d'une ligne dure sur Jérusalem.
“Jérusalem ne sera jamais divisée. Jérusalem est la capitale d'Israël. Les pays ne renoncent pas à leurs capitales… mais oui, il y aura – certains territoires qui seront restitués…”
Rose: “Vous n'êtes pas en faveur de Jérusalem comme capital pour les Palestiniens et les Israéliens.”
“Vrai.”

Gaza ne fait pas partie de l'Etat palestinien tel qu'il peut l'imaginer.

Gaza est hors jeu. Il n'y pas de négociations avec le Hamas. Le Hamas est une... organisation terroriste qui devrait être traitée comme telle.

La vallée du Jourdain est également exclue des négociations. «Sécurité.»

Il est aussi partisan d'une ligne dure sur l'Iran.
“Le problème que nous avons avec l'Iran…c'est qu'ils construisent des armes nucléaires… et que les Iraniens financent le Hamas et le Hezbullah… Je pense que la ruse et la fraude ont toujours fait partie des instruments de la stratégie |de l'Iran].”
Lapid dit que l'Iran doit faure deux chose simples pour une levée des sanctions. Renoncer aux centrifugeuses, il y en a 18 000, et fermer son réacteur au plutonium.“parce que personne n'utilise des réacteurs au plutonium à des fins pacifiques.”

Ses attitudes par rapport à Israël sont très marquées par un chauvunisme ethnique. Son père avait échappé à l'holocauste à Budapest et il aime vivre dans un Etat juif.
“Ecoutez, je ne cherche pas un mariage heureux avec les Palestiniens. Je veux un divorce. L'idée de gouverner... environ 3 millions de Palestiniens est problématique pour l'identité juive d'Israël, et je veux vivre dans un Etat juif.…”

Quel est votre principal motif d'inquiétude pour l'avenir d'Israël? lui a demandé Rose? Une bonne partie de la réponse de Lapid est: les Arabes.
“Je dirais l'éducation…. Cette année, 49 % des élèves qui entrent à l'école élémentaire sont soit des ultra orthodoxes, soit des Arabes. Je ne veux pas dire que c'est une menace existentielle mais c'est un changement existentiel pour Israël. Et nous devons faire en sorte que tous participeront à la société israélienne.. Donc oui, je crains plusles menaces internes que les menaces externes.”

Et quand Lapid dit qu'il tend constamment la main aux autres partis, pour travailler avec eux, il parle d'autres partis juifs, du Likoud au Foyer Juif en passant par les travaillistes. Pourquoi Charlie Rose ne luii demande-t-il pas s'il parle avec les partis palestiniens, et s'il ne le fait pas, pourquoi? Ros accepte ainsi le même genre de discrimination que celui auquel il s'opposait en Caroline du Nord dans son enfance.

Lapid dit de l'extrémiste de droite Naftali Bennett que c'est un ami, et que le gouvernement de Netanyahou ne tombera pas avant l'expiration de son mandat. “Il y a une bonne énergie et la volonté de travailler ensemble.”

La première question qui vient de l'auditoire est, “Pourquoi ne pouvez-vous pas diviser la ville de Jérusalem?”
La réponse référait à la doctrine ethno-religieuse, et était un peu effrayante:
“[si nous] posons que tout relève du rationnel… alors– je serais sans doute mieux à vivre à New York . Vous savez, Israël a été créé au début pour être un havre de sécurité pour les Juifs du monde. Je ne pense pas que c'est un lieu sûr. J'entends par là que New York est un endroit plus sûr quand on est juif. Je vis en Israël parce que je veux vivre dans un pays qui n'est pas seulement un territoire, mais aussi une idée. Et Jérusalem est l'essence de cette idée. Certes, il y a... des raisons logiques pour dire OK, je renonce à Jérusalem Est, mais un pays ne peut pas survivre sans un ethos et l'ethos d'Israël est à Jérusalem Est. C'est la cité du roi David. C'est – vous savez quoi, notre droit au retour doit aussi être pris en compte – et nous sommes revenus à Jérusalem. J'aime Tel Aviv, la ville où je vis mais nous ne sommes pas rentrés après 2 000 ans pour Tel Aviv, nous sommes rentrés pour Jérusalem.

Applaudissements nourris du public à 29 dollars la place.

Lapid dit aussi croire en Dieu et lire «beaucoup» la Bible. Parce que la Bible est pleine de héros et que notre monde est celui des «anti-héros », Oui, et il préférerait vivre dans une idée, pas dans un pays. Il y a chez lui beaucoup plus de vernis que chez Netanyahou, mais l'ethos est le même.

samedi 24 novembre 2012

Les "démocrates" Syriens veulent étendre leur guerre au Liban


On peut trouver cette information sur le web:
Liban : cinq Syriens arrêtés avec des explosifs
L’Armée libanaise affirme aujourd’hui avoir arrêté cinq Syriens en possession de 450 grammes d’explosifs, d’un détonateur et de trois munitions pour mortier dans le marché de Nabatiyeh, au Liban-Sud. Selon des sources sécuritaires, les suspects comptaient utiliser les explosifs demain lors de la célébration de l’Achoura. Cet incident avive les craintes que le conflit syrien ne déborde au Liban voisin. (Source : AP)
Cet extrait d'une dépêche Associated Press datée du 24 novembre 2012 n'est publiée en français que par une seule source:  le Réseau de recherche sur les Opérations de Paix.

L'Achoura est, on le sait, une célébration musulmane  qui revêt une signification et une importance très particulières dans l'Islam chiite et on comprend bien que les explosifs et les obus de mortier n'étaient pas des pétards destinés à agrémenter la fête.

On trouve des informations plus détaillées en anglais . Dans la Gazette de Montréal, on peut ainsi lire que ces munitions étaient destinées à être utilisées contre une procession de commémoration de l'Achoura prévue ce dimanche.

Histoire d'attiser les ferments de la guerre civile au Liban, histoire d'affaiblir le Hezbollah qui est non seulement un allié du régime syrien mais aussi un ennemi déclaré de l'entité sioniste. L'idée est peut-être aussi de provoquer une intervention étrangère au Liban car, ainsi que nous le savons, ce pays a beaucoup d'amis, sauf quand il est menacé et attaqué par l'entité sioniste!

On peut d'ailleurs lire dans le même journal:
Les militaires [de l'armée libanaise] ont saisi 450 grammes d'explosifs, un détonateur et des munitions pour un mortier de 160 mm portant des inscriptions en hébreu
Le Daily Star de Beyrouth nous donne même les noms des Syriens arrêtés par l'armée libanaise:
Khodr Mohammad al-Fanoush, Sheikh Mohammad Saleh al-Fattah, Ahmad Mohammad al-Fanoush, Hussein Farhan al-Fattah and Wael Hussein al-Hasan,

mercredi 24 août 2011

L'Iran et le Liban reconnaissent l'autorité du Conseil National de Transition en Libye

Je l’ai observé à plusieurs reprises sur ce blog, le processus qui a conduit à l’agression de l’OTAN contre la Libye s’est fait sur la base d’une convergence d’intérêts non seulement entre  les démocraties libérales occidentales et les monarchies rétrogrades du Moyen Orient mais aussi des humanistes précités avec le régime iranien et le Hezbollah libanais !
Ces deux derniers étant pourtant l’incarnation du mal absolu pour ceux qui chérissent plus que tout l’entité sioniste.
Le gouvernement iranien vient d’ailleurs de féliciter les « rebelles » pour leur succès dans la lutte contre le colonel Mouammar Kadhafi.

Certes, l’Iran n’est pas dupe de ce qui vient de se passer en Libye et sait fort bien que ce sont les armées de l’OTAN qui ont en réalité obtenu le résultat. Mais les autorités de Téhéran prennent sans doute date pour l’avenir et tablent sur un probable fiasco de la gestion politique de la Libye après la fin des opérations militaires. A l’instar de ce qui s’est passé en Afghanistan et en Irak, deux pays où les Etats Unis s’appuient discrètement sur l’Iran pour limiter les dégâts alors même qu’ils n’ont de cesse de fustiger publiquement la république islamique.

L’Iran est, en tout cas si on le compare aux autres pays du Moyen orient et du Maghreb, un pays démocratique et un état de droit. Sur ce dernier point, elle peut sans doute en remontrer à la justice de ce pays qui vient de blanchir un violeur qui va maintenant se pavaner la tête haute, alors même que sa victime devra raser les murs.
Et l’Iran comme le Hezbollah n’éprouvaient aucune sympathie pour le régime de M. Kadhafi à qui ils reprochaient l’enlèvement (et peut-être le meurtre) d’une figure emblématique du chiisme libanais, l’imam Moussa Sadr. Ce dernier avait été rien moins que l’architecte de l’affirmation des Chiites au Liban, une frange de la population auparavant laissée pour compte. S’il n’a pas été le fondateur du Hezbollah, il en a été le précurseur très inspiré.

Ce fait n’a guère été médiatisé en Europe (et pour cause !) mais la justice libanaise avait émis à ce propos des mandats d’arrêt contre le colonel Kadhafi et d’autres dirigeants Libyens.
Aujourd’hui, les autorités libanaises attendent du Conseil National de Transition qu’elles soutiennent l'élucidation du mystère de la disparition de l’imam Moussa Sadr. Même le néofasciste des Forces Libanaises Samir Geagea appelle les dirigeants « rebelles » de Libye «à faire la lumière sur l’affaire Sadr.» Une rare convergence de vue entre des camps que tout oppose habituellement !

Et pour ceux qui se demandent, en quoi cela concerne l’Iran en dehors de l’appartenance au chiisme du Hezbollah, il suffit de savoir que tous ces dignitaires chiites, Iraniens, Irakiens, Libanais sont unis depuis très longtemps par des liens matrimoniaux et de parenté. Eh oui, dans la vie il ‘y a pas que la politique !

L’Orient le Jour (Liban) 23 août 2011

Le ministre de la Santé, Ali Hassan Khalil (Amal), a annoncé aujourd’hui la formation d’un comité présidé par un ministre, chargé de suivre la question de la disparition de l’Imam Moussa Sadr et de ses compagnons, a rapporté la chaîne de télévision OTV. Le comité devrait se rendre en Libye où il reconnaîtra officiellement le Conseil national de transition (CNT) libyen.
L’imam chiite avait disparu avec cheikh Mohammed Yacoub et le journaliste Abbas Badreddine en Libye dans des circonstances mystérieuses après avoir été invités à s’y rendre par Mouammar Kadhafi pendant la guerre civile libanaise. Les autorités libyennes ont toujours déclaré que les trois disparus avaient quitté la Libye pour se rendre en Italie, ce que Rome a démenti. En 2004, les passeports de l’imam Sadr et de M. Yacoub avaient été retrouvés dans un hôtel à Rome.
En août 2008, le Liban a émis des mandats d’arrêts contre Mouammar Kadhafi et d’autres personnalités libyennes, les accusant d’avoir kidnappé l’imam Sadr et ses compagnons.


dimanche 5 décembre 2010

La guerre sunnites- chiites n'aura pas lieu

Un bon article encore d'Antiwar cette fois sur le prétendu désir de guerre arabe contre l'Iran, d'après les fuites diplomatiques révélées par WikiLeaks. Si nous savons en effet depuis longtemps que les régimes arabes corrompus souhaitent intimement que les occidentaux et les sionistes agressent militairement l'Iran, tout un chacun sait que ce n'est pas ce que veulent les peuples arabes dans leur majorité. Parce que le chef d'Etat le plus populaire chez les Arabes en ce moment est sans doute Mahmoud Ahmadinejad (ou alors le premier ministre Turc Recep Tayyip Erdogan). Et que l'aura du Hezbollah, pourtant chiite, est à son summum dans tous les pays arabes dits sunnites.
 
par Arshin Adib-Moghaddam, Antiwar (USA) 30 novembre 2010 traduit de l'anglais par Djazaïri

Existe-t-il un axe chiite menaçant la stabilité de l'ouest de l'Asie et de l'Afrique du Nord? Existe-t-il une animosité arabo-perse ancrée dans l'histoire et sous-tendant les relations internationales dans la région? Est-elle multiséculaire et est-elle aujourd'hui perçue comme une lutte pour la suprématie régionale? Si on en croit les commentaires des médiats sur la dernière vague de documents publiés par WikiLeaks, alors tel est le cas. "Israël voit les informations de WikiLeaks sur l'Iran comme une aubaine pour sa propagande," lit-on sur un titre de Reuters. "Coupez la tête du serpent: comment les dirigeants Arabes exhortent les Etats Unis à attaquer l'Iran", affirme le Daily Mail. "Israël affirme que WikiLeaks montre la 'cohésion' sur l'Iran," proclame l'Agence France Presse (AFP). "Les Etats Arabes stigmatisent l'Iran," titre le Guardian. Un thème est commun à tous ces gros titres: il existe apparemment un consensus "arabe" ou "sunnite" en faveur d'une guerre contre l'Iran.
Il est très simple de démentir ce mythe selon lequel il existe une fracture chiites-sunnites ou une sorte d'éternel affrontement préparant à une future guerre avec l'Iran.
A priori, la Syrie "arabe sunnite" a des relations très cordiales avec l'Iran "perse et chiite.". De son côté, l'Iran "chiite et perse" est accusé de soutenir le Hamas "arabe et sunnite". Apparemment, le Hezbollah "arabe et chiite" est un fidèle allié de l'Iran non arabe mais chiite." La Turquie "sunnite" et non arabe est à la pointe des efforts pour une solution diplomatique au dossier nucléaire iranien. L'Egyptien Hosni Moubarak, un dirigeant laïque [secular] selon les normes en vigueur et à aucun titre "sunnite", accuse l'Iran de soutenir les "Frères Musulmans", une organisation créée plus de 70 ans avant la révolution de 1979 en Iran, par des nationalistes "arabes" et des islamistes "sunnites." Sayyid Qotb un des dirigeants des Frères musulmans et référence centrale pour de nombreux mouvements "islamistes" contemporains a été très lu par les Iraniens et ses livres ont été traduits par l'ayatollah Ali Khamenei, l'actuel chef suprême de l'entité à priori "chiite perse" d'Iran.

Le problème pour les Etats qui veulent la guerre avec l'Iran n'est pas un quelconque renouveau chiite, mais leur propre déficit de légitimité. Cette situation est aggravée par le fait que la popularité de Hassan Nasrallah surpasse celle des dirigeants actuels de la région, notamment de ceux qui sont perçus comme trop dépendants des Etats Unis ou trop asservis à Israël. Ce qui n'a rien à voir avec l'alliance de l'Iran avec le Hezbollah, bien entendu, ni avec la philosophie démocratique ou non de Nasrallah; mais avec le fait que Nasrallah est perçu comme quelqu'un qui tient tête à Israël. C'est la même raison qui sous tend la relative popularité des dirigeants Iraniens et du Hamas. Leurs politiques populistes entrent en résonance avec les aspirations de beaucoup de monde dans la région. Ceci est très bien rendu dans un livre récent d'Elaleh Rostami-Povey intitulé Iran's Influence (Zed, 2010). Le livre s'appuie sur une recherche de terrain approfondie et toute une série d'entretiens réalisés en Asie occidentale et en Afrique du Nord. Il montre clairement que la popularité des dirigeants politiques de la région est liée à leur opposition à la politique israélienne en Palestine et aux guerres conduites par les Etats Unis en Irak et en Afghanistan. En bref, tenir tête à la politique étrangère américaine et à Israël est la manière la plus sûre d'accéder à la popularité politique.
Un sondage effectué en juin 2010 par Zogby International et l'université du Maryland et couvrant l'Egypte, l'Arabie saoudite, la Jordanie, le Maroc, le Liban et les Emirats Arabes Unis conforte cette observation. Le sondage révèle un fort soutien au programme nucléaire iranien, chez les Egyptiens tout particulièrement, Il suggère aussi qu'Israël et les Etats Unis sont perçus par respectivement 88 % et 77 % des sondés comme les plus fortes menaces pour la sécurité de leurs pays. A l'inverse, seulement 10 % considèrent l'Iran comme une menace. Ce qui a beaucoup à voir avec la perception de l'Iran comme poursuivant une politique étrangère indépendante et s'en tenant à des principes sur la Palestine, et que plus généralement, ce pays tient tête à l'hégémonie israélienne.

L'analyse des politiques dans le monde ne doit pas commencer ou s'arrêter avec les proclamations des gouvernements, notamment parce que les "guerres" à grande échelle ne sont plus le monopole des Etats. Bien plus de personnes ont été tuées en Irak après la fin des combats importants entre armées nationales que pendant la guerre proprement dite. La plupart d'entre elles ont été tuées par des acteurs non étatiques, toute une série d'entreprises privées, d'affiliés à al Qaïda et de milices sectaires. Et plus de personnes ont péri le 11 septembre que dans l'attaque contre Pearl Harbour. En outre, les guerres actuellement en cours en Irak et en Afghanistan ont débordé de leur contexte régional, des bombes ont explosé dans des capitales ailleurs dans le monde. Les Etats ne peuvent plus contenir les guerres [sur le champ de bataille] et il y aura toujours un effet "boomerang." Cette nouvelle réalité de la politique internationale implique une nouvelle logique centrale: la prévention de toute nouvelle confrontation militaire doit devenir une question de principe, pas seulement de stratégie. Nous sommes entrés dans une ère nouvelle où les guerres entre deux pays engendrent facilement de multiples confrontations régionales ou même globales, avec des victimes un peu partout. De sorte qu'aujourd'hui "notre" sécurité est de plus en plus entremêlée à celle des Irakiens, des Afghans, des Palestiniens, des Israéliens, des Coréens et des Iraniens. Leur sort est devenu le nôtre t il est temps que cela se reflète dans la diplomatie internationale. C'est pourquoi il est inutile de déformer et de simplifier à l'excès la complexité des mondes "islamiques" dans des catégories comme chiites, sunnites, Perses ou Arabes. N'oublions pas que c'étaient Saddam Hussein et le Shah d'Iran qui croyaient aussi à une confrontation atavique entre "Arabes" et "Perses". L'idéologie officielle du premier reposait sur une haine viscérale de la menace "perse" contre le "monde arabe". D'un autre côté, le Shah d'Iran s'était auto-intronisé "Lumière des Aryens" et célébrait le patrimoine iranien non musulman (i.e. préislamique) de façon mégalomane. A coup sûr, leurs idéologies appartiennent à ce vieux "Moyen Orient" dont plus personne ne veut le retour parmi ceux qui s'intéressent à cette région.

dimanche 14 février 2010

Iran: où était l'opposition lors de la commémoration de l'anniversaire de la République Islamique?

Quand on en vient à l'Iran, nous avons le plus souvent droit à une approche simpliste de ce pays de 70 millions d'habitants: dictature, dictature intégriste, menace iranienne, nucléaire iranien.
S'agissant des deux derniers points, on ne peut s'empêcher de remarquer que la dernière fois que l'Iran a été à l'initiative d'un conflit armé remonte à bien loin. J'ai beau chercher dans mes souvenirs, je n'en trouve pas trace en dehors de l'intervention des forces impériales iraniennes au Dhofar (sultanat d'Oman) pour mater une rébellion communiste. Pour ne rien vous cacher, cette participation iranienne avait alors été vue d'un bon oeil par les puissances occidentales. On citera aussi la présence de Pasdarans au Liban pour épauler le Hezbollah naissant [dans leur suffisance, les Occidentaux ignorent d'ailleurs que les liens entre Chiites Libanais et Chiites Iraniens ne sont pas seulement idéologiques et religieux, mais laissons les dans leur ignorance]. En ce qui concerne le programme nucléaire, je dirai que la seule erreur de l'Iran a été de signer le Traité de Non Prolifération (TNP) nucléaire. L'Iran aurait dû faire comme l'entité sioniste, l'Inde ou le Pakistan, évitant ainsi d'avoir à se soumettre à des contrôles que les Etats Unis, la France ou le Royaume Uni ne trouveront jamais suffisants, sauf à placer l'Iran sous statut de protectorat.
Et la démocratie? Je ne sais pas si l'Iran est aussi démocratique que la France, mais il est clair qu'Ahmadinejad est tout sauf un dictateur. Et que le régime iranien est bien plus démocratique que n'importe lequel des régimes musulmans alliés des Etats Unis et de l'Occident en général: Maroc, Tunisie, Egypte, Arabie Séoudite, Oman. Ou encore que l'Algérie dont je ne sais si elle figure parmi les alliés des Etats Unis comme certains esprits naïfs à Alger aiment à se l'imaginer ou à se l'entendre dire. Sans oublier que, à côté de feu le régime du Shah, le régime iranien actuel fait figure de démocratie avancée, non seulement par les apparences qu'on associe à la démocratie (multipartisme, élections) mais aussi par la démocratisation de l'accès aux soins ou à l'éducation, notamment des filles qui sont maintenant majoritaires dans l'enseignement supérieur iranien.
Ce sont probablement ces caractéristiques qui sous tendent en partie des évolutions des demandes de la société civile qui se traduiront tôt ou tard par une évolution, tranquille ou brutale d'un régime. C'est la rançon normale des succès des gouvernements issus de la Révolution Islamique.
Jeudi dernier, c'était justement l'anniversaire de l'avènement de la République Islamique d'Iran, fêtée avec éclat dans la capitale. On s'(attendait à une présence vigoureuse de l'opposition, le fameux mouvement Vert qui a contesté (à tort comme on le sait) l'honnêteté du scrutin qui a abouti à la réélection de M. Mahmoud Ahmadinejad à la présidence. Or l'opposition a été quasiment absente. Si l'explication de cette absence réside en partie dans l'important dispositif de sécurité déployé dans la capitale iranienne, le magazine TIME nous apporte un autre élément d'explication: simplement que beaucoup des manifestants potentiels d'opposition ont mis à profit les cinq jours de congés liés à la commémoration pour... partir en vacances, qui à Dubaï, qui à Istamboul, qui dans les stations balnéaires de la Caspienne.
Notons qu'il s'agit d'une indication précieuse sur la nature de l'opposition à M. Ahmadinejad: des citadins aisés pour l'essentiel. Tandis que les partisans du président se trouveraient plus dans les couches populaires, paysannes et ouvrières notamment.
Eh oui, même en république islamique la situation politique a quelque chose à voir avec la lutte des classes...

Anniversaire de la révolution iranienne: Où était l'opposition?
par la rédaction de TIME (USA) 11 février 2010 traduit de l'anglais par Djazaïri


La circulation était incroyablement fluide dans le nord de Téhéran pour le 31ème anniversaire de la révolution islamique de ce pays. Un trajet qui dure normalement une heure et demie s'effectuait en trente minutes. C'est des quartiers de ce secteur que provenaient certains des manifestants anti-gouvernementaux les plus fervents après l'élection présidentielle contestée de juin. Mais apparemment, de nombreux habitants - qui font partie des couches sociales les plus aisées de la ville - ont profité du début de ces cinq jours de congés pour réserver des séjours vers des destinations touristiques comme Dubaï, Istamboul ou des cités iraniennes en bordure de la mer Caspienne, peut-être pour éviter la violence qui avait accompagné les fêtes religieuses de décembre. Un voyagiste indiquait que des vols pour Dubaï avaient été réservé des semaines à l'avance pour ces congés. Ce qui expliquerait en partie le silence relatif de l'opposition en ce jour que beaucoup s'attendaient à voir comme un jour d'affrontements bruyants, voire incendiaires, dans la capitale iranienne.

Le trafic se concentrait en centre ville. Des centaines de milliers d'Iraniens, près d'un million selon une estimation, se trouvaient autour de la place Azadi de Téhéran ce jeudi matin pour commémorer la révolution de 1979. En majorité, ceux qui participaient à la cérémonie pro-gouvernementale étaient des familles, dont des enfants et des personnes âgées. Certains avaient emprunté des autocars gratuits, mais beaucoup avaient pris le métro de Téhéran, gratuitement également. Dans les artères principales qui aboutissent à de vastes places publiques, des kiosques s'alignaient sur des kilomètres traduisant l'ambiance de carnaval qui caractérise habituellement les périodes de fêtes en Iran. Un stand présentait un clud de jeunes karatekas à l'entraînement sur des tapis de gymnastique, tandis qu'un autre accueillait une émission en direct de la radio publique iranienne. Dans chaque bloc d'immeubles, on trouvait un camion ou une tente avec des gens offrant gratuitement des juis de fruits ou des casse-croûtes que de nombreux marcheurs se bousculaient pour obtenir. Des pancartes étaient mises gratuitement à disposition, arborant des slogans de soutien aux positions du Guide Suprême, l'appel à l'unité et, bien sûr, le slogan "A bas l'Amérique".

L'opposition avait essayé d'organiser des manifestations pour l'anniversaire de la révolution, mais on ne voyait guère, si ce n'est aucune, trace de la présence du mouvement Vert autour de la place Azadi quand les cérémonies ont débuté vers 11h. Près de l'estrade où le président Ahmadinejad devait prendre la parole, l'espace était bouclé par une clôture. Néanmoins, tout le monde pouvait entrer dans cette zone à condition de se plier à un contrôle de sécurité. Lors d'un discours auquel a assisté TIME, il n'y a eu apparemment qu'un seul incident lié à la contestation - une grande pancarte montrant l'ayatollah Khomeini le visage barré d'un X rapidement confisquée par le service d'ordre.

Entre les chants révolutionnaires crachés par les hauts parleurs (installés jusqu'à plusieurs kilomètres de la place), des tonnes de confetti étaient répandus sur la place depuis la Tour Azadi tandis que des parachutistes en larguaient depuis le ciel. Certains des parachutes étaient attachés à de longs drapeaux iraniens qui ont flotté dans la foule quand les parachutistes se sont posés. Ahmadinejad est arrivé et a fait un discours de plus d'une heure où il a martelé les importants progrès de l'Iran, dont ses avancées dans le domaine nucléaire. Le président n'a pas évoqué le scrutin de juin 2009 qui est toujours contesté par l'opposition - l'orateur précédent l'avait déjà fait pour lui. Des sites web d'opposition ont signalé des slogans "Mort au dictateur" pendant le discours, mais Time n'a pas constaté de perturbation de ce genre.

Il était facile de voir comme toute tentative de perturbation aurait pu être enrayée. Sur la rue de la Révolution, qui s'étire vers l'est depuis la place Azadi, des dizaines de milliers de policiers ainsi de des Basiji (paramilitaires) montaient la garde. Dans une rue adjacente, se trouvait une rangée de 20 basiji regroupés près de leurs motocyclettes, en train de discuter et de rire - en contraste évident avec les manifestations précédentes au cours desquelles les basiji étaient constamment sur la brèche pour réagir aux manifestations d'opposition dans diverses places de la ville. En fait, le Mouvement Vert, et son organisation tant vantée de type viral, a sans doute été mis en échec par le régime cette fois ci. Mercredi soir encore, des manifestants potentiels se contactaient mutuellement pour essayer de deviner si les endroits où ils avaient prévu de se rassembler avaient été ciblés [par les autorités}.

L'opposition a-t-elle échoué à manifester sa présence? Le leader d'opposition mehdi Kharroubi avait annoncé sa présence sur la place Sadeghiyeh, au nord-ouest de la place Azadi; CNN.com a diffusé une vidéo en provenance d'un partisan de Kharroubi, montrant des images de ce qui semble être une manifestation avant qu'une paire de mains tente de recouvrir l'objectif de la caméra. Certains informations prétendent que les Basiji ont réprimé la manifestation de Kharroubi. D'autres manifestants avaient prévu de se rassembler place Haft-e-Tir, au nord-est de la place Azadi. Par ailleurs, des vidéos ont circulé sur des sites web d'opposition montrant des gens en train de déchirer des affiches gouvernementales et chantant des slogans dans le métro. La télévision publique a aussi mentionné de petites manifestations de quelques centaines de personnes en marge de la grande manifestation.

Cependant, si perturber ou éclipser le rassemblement pro gouvernemental était l'objectif principal, les sympathisants de l'opposition risquent d'être déçus. Tous les affrontements de rue qui ont eu lieu étaient des cas isolés et peu importants. La plupart des Iraniens n'en ont rien su.