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jeudi 25 février 2016

Au regard du droit, le régime sioniste est un régime d'apartheid et son boycott est légitime

J'ai eu vraiment plaisir à traduire cet article de Ben White, un militant pro-palestinien très connu en Grande Bretagne.
La traduction est perfectible, j'en suis bien conscient, mais je suis heureux de proposer ce texte à tous ceux qui s'intéressent à la cause palestinienne et à la question de la liberté des peuples en général.
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Ben White
Ben White a écrit ce texte dans un contexte marqué en Grande Bretagne comme en France mais aussi au Canada par une offensive de ceux qui sont opposés aux campagnes BDS, c'est-à-dire Boycott Désinvestissement et Sanctions à appliquer à l'entité sioniste.
Une offensive concertée et sans douté décidée à Tel Aviv avant d'être relayé jusque dans nos mairies.
Invitation à boycotter l'entreprise Total à l'époque du
 régime d'apartheid en Afrique du Sud

Qualifier d'apartheid l'occupation israélienne de la Palestine n'est ni de la simplification, ni de la provocation – c'est un constat de fait.

Non seulement ce constat a le soutien des Sud-Africains qui ont lutté contre l'apartheid mais la situation correspond à la définition [de l'apartheid] selon le droit international.
Par Ben White, The Independent (UK) 24 février 2016 traduit de l'anglais par Djazairi
Cette semaine, j'ai participé à des événements organisés dans le cadre de la Semaine de l'Apartheid Israélien qui chaque année "vise à éveiller les consciences sur le projet colonial israélien en cours et les politiques d'apartheid appliquées à la population palestinienne."
Aux yeux de certains, parler d'un "apartheid" israélien peut leur sembler être juste un autre effet de manche utilisé par des militants. D'autres considèrent cela comme inutile, simplificateur, provocateur ou même antisémite.
Mais que disons-nous vraiment quand nous parlons d'un apartheid israélien ?
Tout d'abord, et surtout, il ne s'agit pas d'une analogie trait pour trait avec ce qu'était le régime sud-africain. Même s'il est vrai que de fortes personnalités de l'époque de la lutte anti-apartheid ont invoqué la comparaison. En 2002, par exemple, Desmond Tutu avait dit qu'un séjour en Palestine lui avait rappelé "beaucoup de choses qui nous étaient arrivées, à nous population noire d'Afrique du Sud." Et en 2009, Tutu avait aussi approuvé un livre que j'avais écrit intitulé "Israeli Apartheid : A Beginner's Guide" (l'apartheid israélien, un guide pour les débutants).
Il y a énormément de choses à dire sur ce qui s'est passé en Afrique du Sud et ce qui se passe en Israël et en Palestine. Mais cette comparaison n'a pas de rapport avec la recherche de savoir si parler d'apartheid israélien est juste ou adapté.
La raison en est que l'apartheid est un crime en droit international, indépendamment de ce qu'a connu l'Afrique du Sud. Le protocole additionnel de 1977 aux Conventions de Genève de 1949, cite l'apartheid comme une "grave violation" qui n'a "aucune limitation géographique".
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Le boycott a été et reste un moyen de lutte légitime

L'apartheid est aussi qualifié de "crime contre l'humanité" dans le statut de Rome de la Cour Pénale Internationale adopté en 1998 – quatre ans après la fin officielle de l'apartheid en Afrique du Sud.
Le statut de Rome définit l'apartheid comme des actes inhumains "commis dans le cadre d'un régime institutionnalisé d'oppression systématique et de domination d'un groupe racial sur tout autre groupe racial ou tous autres groupes raciaux et dans l'intention de maintenir ce régime"
Les lois et les pratiques israéliennes répondent-elles à cette définition ? Selon les termes mêmes du Département d'Etat des Etats Unis, les Palestiniens font face à "une discrimination institutionnelle et sociétale." Elle touche des domaines comme l'immigration et la vie de famille, le logement et le foncier.
Il n'existe aucune garantie d'égalité, et les défenseurs des droits de l'homme ont identifié plus de cinquante lois discriminatoires.
En Cisjordanie, l'Etat juif a créé et établi un réseau de colonies illégales dont les habitants – des citoyens d'Israël – vivent parmi des Palestiniens qui sont soumis à la loi martiale. Pendant que les colonies s'étendent, les maisons palestiniennes sont démolies.
Récemment, selon les termes de l'ONG israélienne pour les droits de l'homme B'Tselem, les autorités israéliennes ont "accentué leurs efforts pour expulser des villages palestiniens de vastes zones de la Cisjordanie" – c'est du nettoyage ethnique.
Entre le 1er janvier et le 15 février de cette année, selon les chiffres des Nations Unies, les forces israéliennes ont détruit ou confisqué 283 maisons et autres structures palestiniennes, déplaçant 404 personnes.
Un haut fonctionnaire de l'ONU a expliqué que si la plupart de ces démolitions "ont été pratiquées sur la base de l'argument juridique spécieux que ces Palestiniens n'avaient pas de permis de construite," les chiffres israéliens eux-mêmes montrent que "seulement 1,5 % des demandes de permis déposées par des Palestiniens sont acceptées."
Amnesty International a décrit le "déni officiel de participation à la planification [d'occupation du sol] pour toute une population, couplé avec l'établissement d'un système parallèle de planification pour les colonies israéliennes qui est une discrimination explicite en faveur d'une autre population dont la fait même de vivre dans le territoire en question enfreint le droit international" comme " unique au monde".
Dans la bande de Gaza, les Palestiniens continuent à souffrir sous un blocus israélien qui constitue un châtiment collectif illégal. Quant d'Israël ne conduit pas ses horribles attaques à grande échelle sur ce territoire entièrement clôturé, il y a des attaques de routine contre des pêcheurs et des paysans palestiniens.
En fait, les Palestiniens de Gaza sont en majorité des réfugiés dont les terres se trouvent à seulement quelques kilomètres plus loin dans le territoire israélien d'avant 1967. Ce qui nous rappelle le fait que la "majorité juive" d'Israël a été obtenue au prix de l'expulsion des Palestiniens et n'est maintenue que la perpétuation de leur exclusion.
Ce n'est là qu'un échantillon – mais le point essentiel ici est que les crimes d'Israël ne sont pas des "aberrations". Ce ne sont pas les agissements de quelques généraux excités ou d'un gouvernement d'une droite particulièrement extrême. Nous parlons ici d'une législation qui fixe un cadre et de politiques poursuivies par l'Etat depuis des dizaines d'années.
Nous parlons donc, ainsi que le statut de Rome l'énonce, "d'actes inhumains…commis dans le cadre d'un régime institutionnalisé". C'est pourquoi le Comité des Nations Unies pour l'Elimination de la Discrimination Raciale a exhorté Israël à "éradiquer" toutes les pratiques qui enfreignent la prohibition de la "ségrégation raciale et de l'apartheid."
Rejeter tous ces éléments au motif qu'Israël "ce n'est pas la même chose que l'Afrique du Sud" revient à passer à côté du sujet, de la même manière que blanchir la discrimination systématique simplement parce qu'il y a un "Arabe" à la Cour Suprême israélienne (un seul sur 66 juges aujourd'hui comme hier) n'est que de la symbolique à bon marché.
Les faits sont clairs. C'est l'apartheid israélien qui devrait susciter l'indignation – pas les campagnes (ou les boycotts) en faveur des droits élémentaires des Palestiniens.

lundi 9 décembre 2013

Le socialisme français sous la lumière crue de l'apartheid et du sionisme

Les évolutions politiques en cours depuis la chute du mur de Berlin devraient nous inciter à réfléchir sur ce que nous appelons gauche, droite, fascisme, antifascisme, laïcité etc.
Parce qu’on tend à employer ces mots comme des totems, sans jamais s’interroger sur ce qu’ils recouvrent vraiment.
Certains événements particuliers sont pourtant des occasions de réflexion en ce qu’ils projettent une lumière crue sur une réalité habituellement voilée.
C’est le cas par exemple avec l’annonce du décès et des obsèques de Nelson Mandela, le grand leader Sud-Africain.
Au milieu du concert quasi universel de louanges on a en effet pu observer deux faits significatifs.
Le premier est que François Hollande a décidé d’inviter Nicolas Sarkozy à le rejoindre dans la délégation française qui assistera aux funérailles de Nelson Mandela en Afrique du Sud. Quand on se souvient de la teneur du discours de Nicolas Sarkozy sur l’homme Africain insuffisamment entré dans l’histoire, on peut se demander si cette invitation ne signale pas une affinité supplémentaire entre François Hollande et un Sarkozy avec la politique économique et étrangère duquel le gouvernement socialiste n’a pas vraiment rompu.
L’autre fait significatif est l’annulation du déplacement pour les mêmes funérailles de Benjamin Netanyahou et de Shimon Peres au motif du coût élevé du transport et du séjour ! (Ce qui revient en fait à insulter ouvertement le défunt).
Vous me direz que quand on aime on ne compte pas. Justement la presse ne se gêne pas pour rappeler que les dirigeants sionistes n’aimaient pas Mandela et que celui-ci le leur rendait bien en affichant son soutien à la cause palestinienne.
Maintenant, il faut juste se souvenir des dernières rencontres entre François Hollande et Benjamin Netanyahou et des déclarations d’amitié (presque d’amour) du président Français à l’égard du premier ministre sioniste, où des bisous entre Laurent Fabius et Shimon Peres pour comprendre le caractère incongru de la présence même de François Hollande aux obsèques de Nelson Mandela. Parce que le soutien à l’apartheid par l’entité sioniste n’était pas l’affaire de la droite ou de la gauche sioniste mais de tout le mouvement sioniste.
Laurent Fabius et Shimon Peres, plus qu'une amitié
Laurent Fabius et Shimon Peres, plus qu'une amitié
Shimon Peres, que les socialistes Français ont régulièrement côtoyé dans les rangs de l’Internationale Socialiste était ministre de la défense en 1974 et il fut un des principaux artisans du resserrement des relations avec l’Afrique du Sud ségrégationniste sur la base, selon ses propres termes, «de notre haine commune de l’injustice et de notre refus  de se soumettre à elle» et d’une «identité d’aspirations et d’intérêts».
Angry Arab reproduit une lettre adressée par Shimon Peres en 1974 à Eschel Rhoodie, alors  ministre de l’information Sud-Africain.
Lettre de Shimon Peres à Eschel Rhoodie
Lettre de Shimon Peres à Eschel Rhoodie
Cette lettre est mentionnée par The Guardian, journal selon lequel Eschel Rhoodie avait même rapporté de Tel Aviv, en bagage à main, ce qu’il présentait comme un détonateur pour bombe atomique, c’est-à-dire probablement une substance radioactive de nature à provoquer la réaction en chaîne, l’explosion de la matière fissile.
Ci-dessous la traduction de la lettre de l’ami de Laurent Fabius qui a évidemment une longue histoire de soutien à Nelson Mandela.

Ministère de la défense
Tel Aviv, le 22 novembre 1974
Top secret
Cher Dr Rhoodie,
Permettez moi de vous remercier très sincèrement pour les gros efforts que vous avez déployés pour assurer le succès des réunions qui se sont tenues à Pretoria les 13 et 14 de ce mois.
C’est en très grande partie grâce à votre perspicacité, votre clairvoyance et à votre imagination politique qu’une coopération d’une importance vitale entre nos deux pays a été initiée. Cette coopération est basée non seulement  sur des intérêts communs et sur la détermination à résister également à nos ennemis, mais aussi sur les fondations inébranlables de notre haine commune de l’injustice et de notre refus  de se soumettre à elle.
Tout comme je suis conscient du rôle personnel significatif que vous avez joué dès les étapes préliminaires de nos discussions, je suis aussi convaincu  que les nouveaux liens que vous avez contribué à forger entre nos deux pays vont se développer dans une proche identité d’aspirations et d’intérêts qui s’avèreront durablement bénéfiques pour nos deux pays.
Je me réjouis de vous rencontrer à nouveau lors de votre prochaine visite en Israël.
Avec mes chaleureuses et sincères salutations,
Shimon Peres, ministre de la défense

dimanche 25 novembre 2012

Le fondement de l'idéologie sioniste: colonialisme et racisme


Ce blog va être en repos pendant une durée indéterminée pour un ensemble de raisons personnelles et professionnelles. Je reprendrai les mises à jour dès que possible

Le site Lenin’s Tomb nous propose un petit aperçu de ce qu’est la situation idéologique en ce moment dans l’entité sioniste.

Cette situation est caractéristique des systèmes coloniaux avec une prégnance de la définition du conflit en termes ethniques et le caractère inopérant des approches en termes de classes sociales.

Ce n’est pas que l’approche en termes de classes sociales, marxiste autrement dit, ne soit pas pertinente pour l’analyse, mais que ce n’est pas en ces termes que les protagonistes comprennent la situation.

Pour ces derniers, les choses se résument fondamentalement à la dichotomie «nous/eux,» en gardant bien en tête que le « nous » sioniste englobe un ersatz de nation constitué essentiellement d’assassins, de voleurs et d’indus occupants. Ce qui explique le caractère sauvage de leur pensée et de leurs actions. 

par lenin, Lenin’s Tomb (USA) 19 novembre 2012 traduit de l’anglais par Djazaïri

Selon Emily Hauser du Daily Beast, ces étudiants Israéliens ont spontanément scandé «Mort aux Arabes » après avoir chanté l’hymne national [de l’entité sioniste]. Elle observe que ça se passe à l’université d’Haïfa qui accueille un nombre assez important d’étudiants Palestiniens. Oh, il faudra bien qu'ils fassent avec.


Cela se produit dans un pays où il est normal de parler de Gaza comme étant en cours de ‘reformatage’ (dont une des significations est l’effacement de contenu); où un journal d’audience nationale peut publier des propos de type nazi qui appellent à un bombardement du genre Hiroshima sur Gaza ; où des politiciens peuvent menacer Gaza d’un ‘holocauste’ où de la bombarder de sorte à la renvoyer à l’ère médiévale ; où la majorité des habitants est favorable à l’apartheid (quels que soient les euphémismes polis que choisit de lui donner Haaretz) voire pire ; où le gouvernement peut adopter un projet de loi exigeant des habitants non juifs qu’ils fassent serment d’allégeance à Israël en tant qu’Etat juif (ce qui veut dire que les Arabes Israéliens doivent renoncer à leur droit de s’opposer à la colonisation raciste). 

Les quelques gauchistes et pacifistes Israéliens qui essayent de résister à ce déluge sont courageux, mais on se demande quelles sont leurs chances. Même la promesse du mouvement Occupy [sur le modèle d’Occupy Wall Street] semble s’effacer devant l’extraordinaire recrudescence de barbarie hystérique  qui gagne les Israéliens chaque fois qu’ils goûtent au sang palestinien.

jeudi 22 novembre 2012

"Plomb durci" ou "Pilier de défense" contre Gaza: une stratégie sioniste vouée à l'échec


La campagne militaire sioniste contre Gaza vient de s’achever. Je ne vais pas vous parler des faux prétextes avancés par les terroristes sionistes pour justifier leur énième agression contre le peuple palestinien, mais plutôt des enseignements stratégiques qui peuvent être tirés en ce premier jour de cessez-le-feu.

Il faut d’abord constater que le régime sioniste qui voulait encore jouer à bon compte les gros bras en a été pour ses frais. Il a certes infligé, comme à son habitude, force pertes humaines et destructions aux habitants de la bande de Gaza, mais la riposte de la résistance palestinienne a été plus déterminée que jamais et, pour la première fois, des roquettes sont tombées dans la région de Tel Aviv.

Sans faire de dégâts certes, mais ce qui compte c’est la portée symbolique de ces roquettes et la peur et l’angoisse qui commencent à s’insinuer chez les colons sionistes.

Les autres enseignements sont que le régime sioniste et les Etats Unis ont été obligés de reconnaître la qualité d’interlocuteur du Hamas et que l'entité sioniste est en quelque sorte passée sous tutelle égyptienne puisque c’est le gouvernement égyptien qui a encadré des négociations dans lesquelles le Hamas n’a rien cédé.

Et le Hamas ne doit rien céder sur le fond car, comme l’écrit John Mearsheimer, les dirigeants sionistes n’ont nullement l’intention de reconnaître un jour l’existence d’un Etat palestinien s’étendant sur la bande de Gaza et la Cisjordanie.

Ce refus sioniste n’est un secret pour personne, ni pour Mahmoud Abbas, ni pour François Hollande.

Après « Plomb durci » et «Pilier de défense », on peut s’attendre à une nouvelle action militaire sioniste contre Gaza dont le moment dépendra d’échéances politiques internes et du contexte international.

Parce que la stratégie sioniste consiste à réaliser un Etat sur l’ensemble de la Palestine en y incluant des réserves indigènes ou Bantoustans qui seront sommés de se tenir tranquille sous peine de recevoir une raclée comme celle qu’était censée administrer l’opération «Pilier de défense.»

Comme l’explique Mearsheimer, cette stratégie et ses modalités inspirées de Zeev Jabotinsky et de son mur de fer (pensez aussi au nom du système sioniste antimissile baptisé 'dôme de fer') est vouée à l’échec parce que 1) le peuple palestinien ne renoncera jamais à ses droits nationaux et 2) parce que l’opinion publique internationale n’acceptera pas de soutenir un régime d’apartheid.
ici, c'est Le Parisien Libéré qui s'y colle pour distiller la propagande des terroristes sionistes
De fait, en dépit des tentatives des médias pour dissimuler la réalité et les responsabilités, les sionistes ne peuvent que constater l’indignation voire l’exaspération croissantes des opinions publiques devant leurs agissements et leurs exactions.

Par John Mearsheimer, London Review of Books 16 Novembre 2012 traduit de l'anglais par Djazaïri
En réaction à la recrudescence récente d’échanges de tirs entre Israël et les palestiniens de Gaza, Israël a décidé de jouer l’escalade de la violence en assassinant le chef militaire du Hamas, Ahmad Jabari. Le Hamas, qui n’avait joué qu’un rôle mineur dans ces échanges de tirs, et qui semblait même intéressé à travailler à un cessez-le-feu de longue durée, a réagi comme on pouvait s’y attendre en tirant des centaines de roquettes sur Israël, quelques unes tombant même près de Tel Aviv. Sans surprise, les israéliens ont menacé d’élargir le conflit et d’envahir éventuellement la bande de Gaza pour renverser le Hamas et éliminer la menace des roquettes.

Il existe une possibilité que l’opération “Pilier de defense”, ainsi que les israéliens désignent leur campagne actuelle, se transforme en conflit à grande échelle. Mais même dans ce cas, elle ne mettra pas un terme aux problèmes d’Israël avec Gaza. Après tout, Israël avait lancé une guerre dévastatrice contre le Hamas pendant l’hiver 2008-2009 (l’opération «Plomb durci») et le Hamas est toujours au pouvoir et continue à tirer des roquettes sur Israël. Pendant l’été 2006, Israël était parti en guerre contre le Hezbollah afin d’éliminer ses missiles et d’affaiblir sa situation politique au Liban. Cette offensive a échoué elle aussi : le Hezbollah a beaucoup plus de missiles aujourd’hui qu’il n’en avait en 2006 et son influence au Liban est probablement supérieure à ce qu’elle était en 2006. Pilier de défense aura sans doute le même résultat.

Israël peut recourir à la force contre le Hamas de trois manières différentes. Tout d'abord, il peut essayer de paralyser l'organisation en tuant ses dirigeants, comme il l'a fait quand il a assassiné Jabari il ya deux jours. La décapitation de l’organisation ne fonctionnera pas, cependant, car il ne manque pas de subalternes pour remplacer les chefs morts, et les nouveaux chefs sont parfois plus capables et plus dangereux que leurs prédécesseurs. Les Israéliens s’en sont aperçus au Liban en 1992, quand ils avaient assassiné chef du Hezbollah, Abbas Moussaoui, seulement pour découvrir que son successeur, Hassan Nasrallah, était un adversaire encore plus redoutable.

Deuxièmement, les Israéliens peuvent entrer dans Gaza et en prendre le contrôle. L'armée israélienne pourrait le faire assez facilement, renverser le Hamas et mettre fin aux tirs de roquettes à partir de Gaza. Mais elle devrait alors occuper Gaza pendant les années à venir, car s’ils repartaient, le Hamas reviendrait au pouvoir, les attaques à la roquette reprendraient, et Israël se retrouverait à la case départ.

Une occupation de Gaza rencontrerait une résistance farouche et sanglante, ainsi que les Israéliens ont pu l’apprendre dans le sud du Liban entre 1982 et 2000. Après 18 ans d'occupation, ils avaient reconnu leur défaite et retiré toutes leurs troupes. Cette expérience est la raison pour laquelle l'armée israélienne n'a pas essayé d'envahir et de conquérir le sud du Liban en 2006 et Gaza en 2008-9. Rien n'a changé depuis lors qui pourrait faire d’une invasion à grande échelle de Gaza aujourd'hui une alternative viable. Occuper la bande de Gaza reviendrait également à placer 1,5 millions de Palestiniens de plus sous contrôle officiel d’Israël, ce qui a aggraverait la fameuse «menace démographique». Ariel Sharon avait retiré les colons israéliens de la bande de Gaza en 2005 pour réduire le nombre de Palestiniens qui vivent sous drapeau israélien ; revenir en arrière maintenant serait un revirement stratégique énorme.

La dernière option, celle qui a été préférée, est le bombardement avec des avions, de l'artillerie, des missiles, des mortiers et des roquettes. Le problème, cependant, est que cette stratégie ne fonctionne pas comme annoncé. Israël l’a utilisée contre le Hezbollah et le Hamas en 2006 et en 2008-9, mais les deux organisations sont toujours bien présentes et armées jusqu'aux dents avec des roquettes et des missiles. Il est difficile de croire qu’un seul spécialiste de défense sérieux en Israël pense qu’une nouvelle campagne soutenue de bombardement contre Gaza permettra de renverser le Hamas et de mettre définitivement fin aux tirs de roquettes.

Alors de quoi s’agit-il? Au niveau le plus élémentaire, les actions d'Israël à Gaza sont inextricablement liées à ses efforts pour créer un Grand Israël qui s'étend du Jourdain à la mer Méditerranée. Malgré les palabres sans fin sur une solution à deux Etats, les Palestiniens n’obtiendront pas leur propre État, notamment parce que le gouvernement Netanyahou y est fermement opposé. Le premier ministre et ses alliés politiques sont foncièrement déterminés à transformer les territoires occupés en partie intégrante d'Israël. Pour y parvenir, les Palestiniens de la Cisjordanie et de Gaza seront forcés de vivre dans des enclaves pauvres similaires aux Bantoustans de l’Afrique du Sud gouvernée par les blancs. C’est quelque chose que les Juifs israéliens ont bien compris: une enquête récente a révélé que 58 pour cent d'entre eux pensent qu'Israël pratique déjà l'apartheid contre les Palestiniens.

La création d'un Grand Israël va cependant générer des problèmes encore plus importants. En plus de nuire énormément à l’image d'Israël dans le monde, la quête d’un Grand Israël ne brisera pas la volonté des Palestiniens. Ils demeurent farouchement opposés non seulement à l'occupation, mais aussi à l'idée de vivre dans un Etat d'apartheid. Ils continueront à résister aux efforts d'Israël pour leur refuser l'autodétermination. Ce qui se passe à Gaza est l'une des dimensions de cette résistance. Un autre est le projet de Mahmoud Abbas de demander à l'Assemblée générale des Nations Unies le 29 Novembre de reconnaître la Palestine en qualité d’Etat non membre. Une telle reconnaissance inquiète les dirigeants d'Israël, parce qu'elle pourrait éventuellement permettre aux Palestiniens de porter plainte contre Israël devant la Cour pénale internationale. Ainsi, le rêve d'un Grand Israël force Tel Aviv à trouver des façons de tenir les Palestiniens en respect.

Les dirigeants israéliens ont une stratégie en deux volets pour régler leur problème palestinien. Tout d'abord, ils comptent sur ​​les Etats-Unis pour fournir une couverture diplomatique, en particulier au sein des Nations Unies. La clé du maintien du soutien de Washington est le lobby pro-israélien qui fait pression sur les dirigeants américains pour qu’ils se rangent du côté israélien contre les Palestiniens et qu’ils en fassent le moins possible pour stopper la colonisation des territoires occupés.
Le deuxième volet est le concept du «mur de fer» de Zeev Jabotinsky :une approche qui dans son essence appelle à réduire les Palestiniens à se soumettre. Jabotinsky avait compris que les Palestiniens résisteraient aux efforts sionistes pour coloniser leurs terres et les soumettre dans le même temps. Il soutenait néanmoins que les sionistes, puis Israël, pourraient punir les Palestiniens si sévèrement que ces derniers reconnaîtraient que toute résistance serait vaine.
Benjamin Netanyahou est resté fidèle aux idées de Jabotinsky
Israël a recours à cette stratégie depuis sa fondation en 1948, et Plomb durci comme Pilier de défense sont des exemples de sa mise en pratique. En d'autres termes, l'objectif d'Israël dans les bombardements de Gaza n'est pas de renverser le Hamas ou d'éliminer ses roquettes, deux objectifs irréalisables. Les attaques en cours dans la bande de Gaza font en réalité partie d'une stratégie à long terme visant à contraindre les Palestiniens à renoncer à leur demande d'autodétermination et à se soumettre à la domination israélienne dans un Etat d'apartheid.

L'engagement d’Israël dans la stratégie du Mur de Fer se reflète dans le fait que ses dirigeants ont dit à maintes reprises depuis que Plomb Durci a pris fin en Janvier 2009 que l'armée israélienne aurait éventuellement à retourner à Gaza et à infliger une autre raclée aux Palestiniens. Les Israéliens ne vivaient pas dans l’illusion que le conflit de 2008-9 avait mis le Hamas hors de combat. La seule question pour eux était de savoir quand commencerait la prochaine expédition punitive.

Le moment choisi pour la présente opération est facile à expliquer. Pour commencer, le président Obama vient de remporter un second mandat malgré la tentative transparente de Netanyahu pour aider Mitt Romney à remporter les élections. L'erreur commise par le Premier ministre est susceptible d'avoir affecté ses relations personnelles avec le président Obama et pourrait même menacer la «relation spéciale» des Etats Unis avec Israël. Une guerre dans la bande de Gaza, cependant, est un bon antidote à ce problème, parce que Obama, qui va faire face à d'énormes défis économiques et politiques dans les mois à venir, n'a guère d’autre choix que de soutenir sans réserve Israël à la garde et à mettre les torts sur les Palestiniens.
Le premier ministre israélien a sa propre échéance électorale en janvier et, comme l’écrit Mitchell Plitnick, «Le gambit de Netanyahou consistant à nouer une alliance électorale avec le parti fasciste Yisrael Beiteinu est loin d’avoir donné les résultats espérés dans les sondages.’ Une guerre contre Gaza permet non seulement à Netanyahou de montrer sa fermeté quand il est question de la sécurité d’Israël, mais elle a probablement un effet de ‘ralliement autour du drapeau’ qui améliore ses chances de réélection.

Néanmoins, Pilier de défense n'atteindra pas son but ultime d'obtenir des Palestiniens qu’ils renoncent à leur quête d'autodétermination et qu’ils acceptent de vivre sous la botte des Israéliens. Ce n'est tout simplement pas réalisable, les Palestiniens ne vont jamais accepter d'être assignés à une poignée d'enclaves dans un Etat d'apartheid. Malheureusement, cela signifie que Pilier de défense ne sera probablement pas la dernière fois qu’Israël bombarde la bande de Gaza.

A longue échéance cependant, les campagnes de bombardements pourraient cesser, parce qu’il n’est pas certain qu’Israël réussira à subsister en tant qu’Etat d’apartheid. En même temps qu’à la résistance palestinienne, Israël est confronté au fait qu’il est peu probable que l’opinion internationale soutienne un Etat d’apartheid.

Ehud Olmert avait dit en novembre 2007, alors qu’il était premier ministre, que si ‘la solution à deux Etats échoue’, Israël se retrouvera devant une « lutte à la sud-africaine’, et dès que cela se produira, ce sera la fin de l’Etat d’Israël.’ On pourrait penser que les dirigeants israéliens comprennent dans quelle direction ils avancent et en viennent à permettre aux palestiniens d’avoir leur propre Etat. Mais il n’y aucun signe en ce sens ; au contraire Israël persiste stupidement à s’appuyer sur des opérations militaires comme Pilier de défense pour briser les Palestiniens.

mardi 1 novembre 2011

Pour John Dugard, le régime d'apartheid était plus honnête que l'occupation sioniste


John Dugard est un spécialiste de l’apartheid. Cet éminent juriste s’est longtemps servi des armes à sa disposition pour contester le régime d’apartheid dans son pays, l’Afrique du Sud et il a été un des rédacteurs de la charte des droits de l’Afrique du Sud nouvelle.
On ne s’étonnera donc pas découvrir, du moins pour certains comme moi, le parallèle qu’il fait entre le système d’apartheid et ce que les sionistes font subir aux palestiniens.
John Dugard trouve même que le système imposé par les sionistes est pire par certains aspect, plus hypocrite, car moins transparent, et moins «altruiste» que celui qui était en vigueur avec les Bantoustans en Afrique du Sud.
C’est peut-être là que Dugard pèche un peu mais après tout, il n’est ni économiste ni politique, c’est un juriste jusqu’au bout des ongles .La composante « altruiste » existait certes dans le système d’apartheid d’Afrique su Sud car le pouvoir en place avait accepté l’idée que les blancs ne seraient jamais majoritaires dans ce morceau d’Afrique et qu’i ; n’était pas possible, ne serait-ce que pour des raisons économiques, d’expulser tous les noirs. Essayer d’assurer un minimum de développement dans les bantoustans dans le cadre d’une politique de développement séparé était donc un impératif pour la survie du régime.
En Palestine occupée, il en va autrement car les sionistes font tout pour que les palestiniens s’en aillent où deviennent une minorité gérable dans un Etat juif qui aura annexé de facto puis de jure la Palestine.
Le sionisme peut donc parfaitement se dispenser de tout altruisme, même intéressé, et poursuivre ses efforts pour s’emparer de toute la Cisjordanie.
Ce n’est pas pour rien que les sionistes et le gouvernement US aux ordres des de fanatique partisans de l’Etat juif s’opposent fermement à toute reconnaissance internationale d’un Etat palestinien.
Les Etats Unis qui viennent de se ridiculiser à l’UNESCO en votant contre une admission de la Palestine dans cette organisation. Une admission qui obtenu l’assentiment de 107 nations malgré les pressions énormes exercées par le lobby sioniste et par les Etats Unis qui viennent d’ailleurs de suspendre leur contribution financière à cette institution.
Ce qui nous donne une idée de ce que les Etats Unis ont à faire du droit quand il ne les arrange pas.
John Dugard
Par John Dugard, badil.org (Palestine) octobre 2011 traduit de l’anglais par Djazaïri
J’ai passé l’essentiel de ma vie d’adulte en Afrique du Sud, à m’opposer à l’apartheid, en tant que avocat, professeur de droit et, de 1978 à 1990, directeur du Centre for Applied Legal Studies (un centre de recherche engagé pour la cause des droits de l’homme et l’action juridique). Dans mon travail, j’ai comparé et différencié l’apartheid par rapport aux normes internationales relatives aux droits de l’homme et plaidé pour une constitution avec une charte des droits dans une Afrique du Sud démocratique. Je n’ai jamais été emprisonné mais j’ai été poursuivi en justice, arrêté, et menacé par la police. Mon livre le plus important, Human Rights and the South African Legal Order (les droits de l’homme et l’ordre juridique de l’Afrique du Sud, 1978) est la présentation la plus complète de la législation et de la pratique de l’apartheid avait été initialement interdit.
J’ai une vaste expérience et connaissance des trois piliers de l’Etat d’apartheid – la discrimination raciale, la répression et la fragmentation territoriale. J’ai animé des campagnes d’avocats contre l’expulsion, en vertu du Group Areas Act, de noirs de quartiers situés à côté de secteurs exclusivement blancs et contre les fameuses « loi sur le passage » qui transformaient en infraction le fait pour des noirs de se trouver dans les soi-disant «quartiers blancs » sans avoir des papiers les y autorisant. Ces campagnes avaient pris la forme de l’assistance juridique pour tous ceux qui étaient arrêtés, ce qui avait rendu le système ingérable. A travers le Centre for Applied legal Studies, je m’étais lancé dans des recours juridiques contre l’application des lois sécuritaires et les lois d’urgence qui permettaient la détention sans jugement et l’assignation à domicile – et, dans la pratique – la torture. J’avais aussi contesté en justice la création des Bantoustans.
Quand l’Afrique du Sud est devenue démocratique, j’ai été nommé dans une petite commission d’experts chargés de rédiger un projet de charte des droits pour la constitution sud-africaine de 1996.
J’ai visité Israël et les territoires palestiniens occupés en 1982, 1984, 1988 et 1998 pour participer à des conférences sur des problèmes affectant la région. En 2001, j’ai été nommé président de la commission d’enquête institué par la Commission des Droits de l’Homme pour s’informer sur les violations des droits de l’homme pendant la deuxième intifada. J’ai été nommé en 2001 rapporteur spécial de la Commission des Droits de l’Homme (par la suite Conseil des Droits de l’Homme) sur la situation des droits de l’homme dans les territoires palestiniens occupés. A ce titre, je me suis rendu deux fois par an dans les territoires occupés et ai rendu compte à la Commission et au troisième comité de l’Assemblée Générale de l’ONU. Mon mandat a expiré en 2008. En février 2009, j’ai conduit une mission instituée par la Ligue Arabe pour enquêter et faire un rapport sur  les violations des droits de l’homme et du droit humanitaire pendant l’opération «plomb durci.»
Dès ma première visite dans les territoires palestiniens occupés/Israêl, j’ai été frappé par les similitudes entre l’apartheid d’Afrique du Sud et les politiques et les pratiques d’Israël dans les territoires occupés. Ces similitudes sont devenues plus évidentes quand j’ai été mieux informé de la situation. En tant que rapporteur spécial, je m’étais délibérément abstenu de faire de telles comparaisons qui auraient empêché de nombreux gouvernements occidentaux de prendre mes rapports au sérieux. Après 2005 cependant, j’ai décidé que je ne pouvais en toute conscience m’abstenir de faire ces comparaisons.
Les deux régimes sont évidemment très différents. L’Afrique du Sud de l’apartheid était un Etat qui pratiquait la discrimination et la répression contre son propre peuple. Israël est une puissance occupante qui contrôle un territoire étranger et sa population dans un cadre reconnu par le droit international humanitaire. Mai en pratique, il n’y a guère de différence. Les deux systèmes sont caractérisés par la discrimination, la répression et la fragmentation territoriale. La principale différence est que le système d’apartheid était plus honnête. La législation d’apartheid était ouvertement discutée et adoptée au parlement et elle était clairement visible par tous, tandis que les règles qui régissent les Palestiniens des territoires occupés se trouvent largement dans d’obscurs décrets militaires et de règlementations d’urgence accumulées qui sont pratiquement inaccessibles.
Dans le cadre de mon travail en tant que commissaire et rapporteur spécial, j’ai vu tous les aspects de l’occupation des territoires palestiniens. J’ai vu le fonctionnement humiliant des checkpoints, qui me rappelaient l’application des lois sud-africaines sur le passage (en pire), des routes séparées (inconnues dans l’Afrique du Sud de l’apartheid) et la démolition de maisons sur décision administrative, ce qui me rappelait la destruction de maisons dans les «zones noires» situées à proximité des secteurs réservés aux blancs. J’ai visité Jenine en 2003, peu de temps après sa dévastation par l’armée israélienne. J’ai parlé avec des familles dont les maisons avaient été investies et saccagées par l’armée israélienne, j’ai parlé avec des jeunes et des vieux qui avaient été torturés par l’armée israélienne et j’ai visité des hôpitaux pour rencontrer ceux qui avaient été blessés par l’armée israélienne. J’ai vu, et parfois visité, des implantations coloniales ; j’ai vu une bonne partie du mur [de séparation] et, en me déplaçant dans la vallée du Jourdain, j’ai vu des campements de bédouins détruits et des checkpoints ms en place dans l’intérêt des colons.
Un dernier mot basé sur mon expérience personnelle. Il y avait une composante altruiste dans le système d’apartheid, quoique motivée par l’idéologie du développement séparé, qui voulait faire des bantoustans des Etats viables. La loi ne l’y obligeait pas, mais il a construit des écoles, des hôpitaux et des routes pour les noirs d’Afrique du Sud. Il avait créé des industries dans les bantoustans pour donner du travail aux noirs. Israël n’est même pas capable de faire ça pour les Palestiniens. Alors que le droit international l’oblige à subvenir aux besoins matériels des populations sous occupation, Tout repose sur des organismes internationaux et des donateurs étrangers. Israël pratique la pire forme de colonialisme dans les territoires palestiniens occupés. L’eau et la terre sont exploités par des colons agressifs qui n’ont aucun intérêt au bien-être de la population palestinienne – et ont la bénédiction de l’Etat d’Israël.

John Dugard siège au Tribunal Russell pour la Palestine qui compte  aussi parmi ses membres des personnalités comme Me Gisèle Halimi, Cynthia McKinney ou Mairead Corrigan Maguire

mercredi 2 février 2011

Les sionistes ne veulent pas de cacahouètes...

 ... mais du pognon comme d'habitude. parce que les cacahouètes, c'est peanuts comme on dit en français.

C'est en effet plus de cinq millions de dollars de dommages et intérêts qu'une bande de délinquants sionistes vient de réclamer par une "class-action" en justice contre l'ancien président US Jimmy Carter sur le modèle de ces malades qui ont attaqué l'industrie du tabac.
Ces sionistes, spécialistes du mensonge à tous les niveaux et de l'extorsion de fonds, reprochent à Jimmy Carter d'avoir travesti la réalité de la situation en Palestine occupée et d'avoir mis en vente un ouvrage de fiction présenté comme un document.
Jimmy Carter n'a pas daigné répondre à ces misérables sionistes qui ne représentent rien d'autre qu'une officine qui prend ses ordres à Tel Aviv. Sa maison d'adition, Simon & Schuster a par contre réagi vivement et à mon avis ces sionistes en seront pour leurs frais au sens propre comme figuré du terme.

New York - 5 millions de dollars de dommages et intérêts demandés à Jimmy Carter pour son livre 'Palestine'
par Bruce Golding, New York Post (USA) 1er février 2011 traduit de l'anglais par Djazaïri

New York - Ils veulent plus que seulement des cacahouètes..

Jimmy Carter dans l'exploitation familiale d'arachides
Un groupe de lecteurs mécontents réclame aujourd'hui plus de 5 millions de dollars par voie de justice au président Jimmy Carter pour son livre "Palestine - la paix, pas l'apartheid."

La requête déposée à la cour fédérale de Manhattan affirme que ce best-seller paru en 2006 "est truffé d'erreurs démontrables, d'omissions et de déformations intentionnelles de la réalité dans le but de promouvoir la propagande de carter contre Israël."
Cette action en justice collective accuse le lauréat du prix Nobel ainsi que son éditeur Simon & Schuster de rupture de contrat, d'enrichissement injuste et de tromperie pour avoir fait la promotion de ce livre à 27 dollars en tant qu'oeuvre non fictionnelle.

"La requête en justice met en cause les actions des accusés visant à capitaliser sur le statut de Carter en tant qu'ancien président des Etats Unis pour induire en erreur des lecteurs naïfs qui ont pensé pouvoir faire confiance à leur ancien président pour dire la vérité," lit-on sur les documents remis au tribunal.

L'attaché de presse de Carter n'a pas répondu à notre demande de commentaires, mais Simon & Schuster a qualifié les poursuites de "frivoles" et "sans fondement."
"C'est une attaque ignoble contre la liberté d'expression et nous avons l'intention de nous défendre avec vigueur," a déclaré son porte parole Adam Rothberg.

mercredi 12 mai 2010

Le dernier truc de la hasbara contre le juge Richard Goldstone

La hasbara sioniste n'est pas encore disposée à lâcher les baskets à Richard Goldstone, ce magistrat Sud Africain qui a donné son nom au rapport onusien sur les crimes de guerre commis pendant la dernière grande agression contre Gaza fin 2008, début 2009.
Le dernier truc de la hasbara consiste à tenter de discréditer Richard Goldstone en rappelant son passé de juge au service du régime d'apartheid, notamment les condamnations à la peine capitale qu'il a prononcées à l'époque contre 28 Sud Africains noirs.
Sasha Polakow-Suransky de Foreign Policy revient sur cet argument de la hasbara (pédagogie sioniste du mensonge) pour rappeler l'importance des relations entretenues par l'entité sioniste avec le régime de Pretoria, notamment dans le domaine militaire. Son article complète donc utilement celui que je vous avais proposé il y a quelque temps, publié par le journal El pais.
M. Polakow-Suransky, s'il relève effectivement la tâche que constitue les condamnations à mort prononcées par Richard Goldstone, note aussi le rôle crucial qui fut le sien dans la délicate transition qui marqua la fin du régime d'apartheid. Rôle dont Nelson Mandela lui sera d'ailleurs fort gré.
Il importe cependant d'apporter ici une précision: l'auteur indique en effet que M. Netanyahou aurait eu raison d'affirmer que le pétrole iranien et arabe arrivait en Afrique du Sud, par des intermédiaires observe-t-il. Le pétrole iranien arrivait certes en Afrique du Sud mais il faut rappeler que ce ne fut le cas qu'avant la destitution su Shah, ce dernier étant à la fois un allié des Etats Unis et un ami de l'entité sioniste. Quant au pétrole "arabe", il était simplement revendu par des compagnies comme Shell, BP ou Amoco. Des détails ici et .

Pierres d'or, maisons de verre (Gold stones, glass houses)
par Sasha Polakow-Suransky 10 mai 2010, Foreign Policy (USA) traduit de l'anglais par Djazaïri

Le gouvernement israélien en a après Richard Goldstone. Depuis que Goldstone, un juge Juif Sud Africain, a publié un rapport en septembre qui accuse Israël (et le Hamas) d'avoir commis des crimes de guerre pendant l'invasion de Gaza en 2009, le premier ministre Benjamin Netanyahou s'en est pris à lui - et à son rapport - en tant que grave menace pour la légitimité d'Israël.

Ce mardi, de hauts responsables du gouvernement israélien ont accentué leur campagne contre Goldstone, l'accusant d'avoir envoyé 28 Sudafricains noirs à la mort lorsqu'il servait comme juge à l'époque de l'apartheid.

"Le juge qui a condamné à mort des noirs... est un homme de deux poids deux mesures," a proclamé Reuven Rivlin, porte parole de la Knesset. "Une telle personne ne devrait pas être autorisée à faire la leçon à un Etat démocratique qui se défend contre des terroristes." Le vice ministre des affaires étrangères Danny Ayalon a insisté, "Ce soit disant juge respecté se sert de ce rapport afin d'expier ses propres péchés," comparant la déclaration de Goldstone selon laquelle il avait été forcé d'appliquer les lois d'un régime injuste aux "explications que nous aavons entendues en Allemagne nazie après la seconde guerre mondiale."

Et le journal Yediot Aharonoth d'enchaîner - avec des hochements de tête approbateurs de Jeffrey Goldberg et Jonathan Chait - que "l'homme qui est l'auteur du rapport Goldstone qui critique les actions de l'armée israélienne durant l'opération Plomb Durci a pris une part active dans les politiques racistes d'un des régimes les plus cruels du 20ème siècle."

Ce qu'a fait aussi le gouvernement israélien

Les verdicts rendus par le juge Goldstone au temps de l'apartheid sont indubitablement une tache dans son dossier, mais ceux qui le critiquent ne mentionnent jamais le rôle essentiel qu'il a joué dans l'accompagnement de l'Afrique du Sud dans sa transition démocratique, la conjuration des menaces de violences et la passation pacifique du pouvoir - un rôle qui lui a valu l'amitié de Nelson Mandela qui le nommera à la plus haute cour de justice du pays.

Plus important, le moralisme d'Ayalon et de Rivlin ignorent commodément l'histoire de l'armement par Israël du régime d'apartheid du milieu des années 1970 au début des années 1990. En servant de premier et plus sûr fournisseur d'armes pendant une période de violente répression à l'intérieur et d'agression à l'extérieur, le gouvernement israélien a fait beaucoup plus pour aider le régime d'apartheid que ne l'a jamais fait Goldstone.

L'alliance israélo-sud africaine a commencé pour de bon en avril 1975 quand Shimon Peres, ministre de la défense à l'époque, avait signé un pacte de sécurité secret avec son homologue Sud Africain, P.W. Botha. En quelques mois, le commerce entre les deux pays devint actif avec la conclusion de contrats d'armement de près de 200 millions de dollars. Peres avait même proposé de vendre à Pretoria des missiles Jericho capables d'emporter des charges atomiques. En 1979, l'Afrique du Sud était devenu le plus gros client de l'industrie de défense israélienne, représentant 25 % des exportations militaires et éclipsant d'autres clients tels l'Argentine, le Chili, Singapour et le Zaïre.

Des échanges de personnel militaires de haut niveau suivirent bientôt. Des Sudafricains se joignirent en mars 1979 au chef d'état major Israélien pour des essais top secret d'un nouveau système de missiles. Pendant l'invasion du Liban par Israël en 1982, l'armée israélienne avait conduit Constand Viljoen, le chef de la South African defense Force, et ses collègues sur les lignes de front; et Viljoen emmenait fréquemment les attachés d'ambassade et les conseillers militaires Israéliens sur le champ de bataille en Angola où ses troupes affrontaient les forces angolaises et cubaines.

Il y avait aussi une coopération nucléaire: l'Afrique du Sud fournissait à Israël du concentré d'uranium tandis que des dizaines d'Israéliens vinrent en Afrique du Sud en 1984 sous de fausses identités et des prétextes factices, pour travailler sur le programme de missiles nucléaires de Pretoria sur le pas de tir de la base secrète d'Overberg en Afrique du Sud. A ce moment là, les sources alternatives d'approvisionnement en armes de l'Afrique du Sud s'étaient largement taries parce que les Etats Unis et les pays européens avaient commencé à se conformer à l'embargo de l'ONU sur les armes; Israël continua à l'enfreindre sans vergogne.

La flagrante hypocrisie de la dernière attaque contre Goldstone n'a rien d'une nouveauté. En novembre 1986, Benjamin Netanyahou, alors ambassadeur d'Israël à l'ONU, avait prononcé un discours vibrant devant l'Assemblée Générale pour dénoncer l'apartheid tout en insistant sur le fait que "les pays arabes pétroliers forment le cordon ombilical qui nourrit le régime d'apartheid." (peu importe si Israël, par déférence envers ses amis de Pretoria, n'avait pas participé au vote de 1980 à l'ONU pour imposer un embargo pétrolier à l'Afrique du Sud)

Netanyahou avait raison de dire que le pétrole iranien et arabe allait, via des intermédiaires, au régime d'apartheid, mais il avait nié catégoriquement l'importante coopération militaire et les échanges commerciaux avec l'Afrique du Sud, qualifiant les accusations de lucratives ventes d'armes de "tout simplement absurdes" et avait accusé ses détracteurs d'essayer de "diffamer Israël."

En réalité, Israël a largement profité de ses ventes d'armes à Pretoria à l'époque. Ecrivant dans le New York Times, Thomas Friedman estimait que les deux pays avaient réalisé entre 400 et 800 millions de dollars de transactions dans le secteur de l'armement en 1986. Selon des documents sud africains rendus publics, les chiffres étaient probablement encore plus élevés. A lui seul, un contrat de modernisation des avions de combat sud africains au milieu des années 1980 s'élevait à "approximativement deux milliards de dollars," et les ventes d'armement en 1988 - un an après l'imposition par Israël de sanctions au régime d'apartheid - dépassaient 1,5 milliard de dollars. Comme me l'avait dit sans ambages Jan van Loggenberg, l'ancien commandant en chef de l'armée de l'air d'Afrique du Sud: "Israël était probablement notre seule possibilité dans les années 1980."

Des chiffres déclassifiés sur l'approvisionnement en armes de l'Afrique du Sud (qui excluent des sociétés mixtes lucratives et des arrangements financiers conjoints) révèlent dans toute sa dimension l'ampleur du mensonge de Netanyahou. Les "chiffres indépendants du FMI" qu'il avait cité (qui excluaient diamants et armes) suggéraient que les échanges s'élevaient au montant ridicule de 100 millions de dollars annuels. Ils s'élevaient en réalité à cinq ou dix fois ce montant - en fonction des années - faisant du régime d'apartheid le deuxième ou troisième partenaire commercial d'Israël après les Etats Unis. Toutes les armes vendues par Israël n'ont pas servi dans des guerres à l'étranger, et il est incontestable que des armes israéliennes ont contribué à prolonger la domination d'un régime immoral et raciste.

Avant de jeter des pierres depuis leur maison de verre, Ayalon, Rivlin et les journalistes Israéliens feraient bien d'examiner - et d'admettre - l'histoire honteuse de la collaboration de leur propre gouvernement avec le régime d'apartheid.

Sasha Polakow-Suransky est chef de rédaction à Foreign Affairs et l'auteur de The Unspoken Alliance: Israel's Secret Relationship with Apartheid South Africa.