Le site de Philip Weiss reste une des sources les plus riches quand on s'intéresse à l'actualité relative à la cause palestinienne. [vous pouvez aller directement à l'article qui se trouve à la fin de mon texte]
Il le prouve une nouvelle fois en révélant l'essentiel de la teneur d'une conférence qui s'est tenue à Jérusalem dans l'objectif de trouver les moyens d'une propagande efficace en faveur de l'entité sioniste et de contrer le mouvement BDS (boycott, désinvestissement, sanctions)
On sait que faute d'arguments légitimes, les partisans de l'entité sioniste en sont désormais le plus souvent réduits à faire pression sur les gouvernements étrangers pour qu'ils adoptent des dispositions qui rendent l'appel au boycott illégal. C'est déjà le cas en France avec la circulaire Alliot-Marie que Sainte Christiane Taubira s'est bien gardée d'abroger. Ailleurs, comme au Canada, c'est une motion motion votée au parlement tandis que le Royaume Uni se prépare à légiférer pour interdire le BDS…
Ce qui n'empêchera pas le mouvement de boycott de prendre de l'ampleur tout comme l'impopularité ou du moins le scepticisme à l'égard de l'entité sioniste.
Ainsi, les conférenciers sionistes ont pu avoir un état des lieux inquiétants sur la perception de l'entité sioniste par les étudiants juifs américains. Ces derniers non seulement ne sont pas une majorité à penser que l'entité sioniste veut la paix, mais ils sont à peine 38 % à considérer que nous parlons d'un Etat "civilisé".
Ce qui ne signifie bien sûr pas qu'ils renoncent nécessairement à soutenir l'entité sioniste mais qui donne à penser que ce soutien n'est pas un acquis intangible.
Et c'est là un gros problème pour le régime sioniste. En effet, cette entité coloniale s'est elle-même mise sous la coupe d'une métropole en obtenant la protection des Etats Unis. Au fil des ans, la colonie juive a su construire tout un dispositif de propagande, d'influence et de contrôle qui lui permet d'influer fortement sur la politique de la métropole, du moins quand cette politique est en rapport avec sa sécurité et sa prospérité.
Ce contrôle n'est pas absolu et il peut être mis en échec à force de patience et d'habileté, ce qu'ont su démontrer Barack Obama et John Kerry dans le dénouement de la crise avec l'Iran. Une démarche qui n'a été possible que parce que Barack Obama effectue son deuxième et dernier mandat présidentiel !
Un des instruments de ce contrôle est la communauté juive, ou plus exactement les organisations communautaires juives qu'elles agissent dans le domaine social, culturel, religieux ou politique. C'est par leur intermédiaire que l'actions sioniste peut se déployer verticalement, vers les couches dirigeantes (élus municipaux, gouverneurs d'Etats, sénateurs etc.) et horizontalement (vers les citoyens ordinaires).
L'animation et les relais de ces organisations, aussi bien verticalement qu'horizontalement, est le plus souvent assurée par des membres de l'élite, c'est-à-dire des gens qui occupent des postes à responsabilité dans les domaines de l'économie, de la culture, de l'information, de la religion etc. Ces gens ont généralement été formés à l'université [il n'existe pas de "grandes écoles" aux Etats Unis] où ils ont acquis non seulement des compétences et des connaissances mais aussi une vision de la vie et de la politique au sens large parfois sur la base d'engagements pour telle ou telle cause.
L'état moral de cette frange de la population étudiante donne donc une indication sur les orientations que pourrait prendre cette population une fois arrivée à l'âge de maturité et de la participation active à la vie publique locale, régionale ou nationale.
Et quand on s'intéresse à la population étudiante juive, cet état moral semble des plus préoccupants si on en croit un spécialiste des enquêtes d'opinion qui participait à la conférence de Jérusalem.
Le ministre Gilad Erdan [ministre de la sécurité publique, des affaires stratégiques et de l'information] a organisé une conférence secrète à Jérusalem, qui a réuni 150 partisans influents d'Israël.
Gilad Erdan et son complice Benjamin Netanyahou
Le spécialiste des sondages d'opinion Frank Luntz, marqué politiquement à droite, [qui avait auparavant affirmé que sionisme était devenu un gros mot pour les élites des Etats Unis] a présenté des statistiques :
_ La tentative du ministère du tourisme pour vendre Israël comme une destination sympa [filles et bikinis] a échoué.
– Les étudiants juifs américains ont une image de plus en plus négative d'Israël
- Ils ne sont que 42 % à croire qu'Israël veut la paix.
-Seulement 38 % d'entre eux pensent que 'Israël est civilisé et occidental”.
-31% seulement considèrent qu'Israël est une démocratie.
– Pas moins de 21 % d'entre eux pensent que les Etats Unis devraient prendre le parti des Palestiniens.
Le nouvel agenda, pas si nouveau que ça, proposé par Luntz et Cie : les partisans d'Israël doivent dire qu'ils sont pour le dialogue et un processus de paix qui passe par la diplomatie, et ils doivent accuser ceux qui soutiennent le BDS de faire obstacle au dialogue et de répandre la haine.
La commémoration de la mort d'innocents tués au nom d'une idéologie barbare devrait être pour tous une occasion non seulement de recueillement mais de rassemblement. Ce devrait par exemple être le cas avec la cérémonie qui s'est tenue le 21 septembre au cimetière israélite de La Mouche à Lyon en hommage,je cite l'article du Progrès reproduit un peu plus loin,, "aux martyrs de la Soha privés de sépulture."
Le problème est qu'il n'en fut rien puisque le rabbin Richard Wertenschlag, préposé à la cérémonie, n'a rien trouvé de mieux à faire qu'e d'évoquer le conflit qui oppose Palestiniens et sionistes dont il trouve injuste le traitement par les médias qui présentent selon lui les victimes comme des bourreaux.
Comme quoi, il y a bien une exploitation du souvenir des victimes de la seconde guerre au service d'une idéologie qui n'a rien à envier au nazisme et d'un Etat scélérat et criminel.
Une analyse intéressante sur les changements en train de s'opérer dans le traitement du conflit palestino-sioniste par les grands médias, notamment ce qu'on appelle « corporate media » aux Etats Unis,
L'auteur expose les procédés en usage dans la propagande sioniste avec l'inflexion qui leur a été donnée après l'opération Plomb Durci fin 2008 – début 2009.
L'auteur, Deepa Kumar, insiste sur deux points : le rôle d'Internet et des réseaux sociaux qui permettent non seulement de véhiculer très rapidement hors de Gaza des images tournées sur place par des habitants mais aussi de faire connaître des points de vue différents et enfin de mobiliser la sphère des pro-palestiniens sur Internet pour exercer des pressions sur certains médias.
L'autre point tient à la présence de journalistes étrangers à l'intérieur de la bande de Gaza. Comme l'explique, Deepa Kumar, confrontés à la réalité de ce que subissent les habitants de la bande de Gaza, s'ils « ont un coeur et un cerveau, ils [les journalistes] ne peuvent faire autrement que considérer la propagande sioniste pour ce qu'elle est », c'est-à-dire une contre-vérité.
Deepa Kumar est une universitaire spécialisée dans l'analyse des médias
Je conclurai comme l'auteur de l'article en disant que si les Palestiniens n'ont pas à leur disposition les think-tanks et les équipes rémunérées pour intervenir dans les forums de discussion et commenter les articles de presse, ils ont l'allié le plus précieux : la vérité.
Alors que le monde regarde horrifié le massacre des Palestiniens, la guerre de propagande d'Israël est contestée
par Deepa Kumar, Salon (USA) 23 juillet 2014 traduit de l'anglais par Djazaïri
La guerre de propagande d'Israël a franchi une nouvelle étape dans la bassesse. Alors que le monde essayait encore d'encaisser le choc du meurtre de masse à Shejaiya, Benjamin Netanyahou s'est montré devant les caméras de CNN pour affirmer que le Hamas se sert des « télégéniquement morts » pour promouvoir « sa cause. » Il a ajouté que pour le Hamas : « Plus il y a de morts, mieux c'est. » Même si Netanyahou avait suivi le script prévu par la propagande qui consiste d'abord à montrer de la sympathie et à exprimer des regrets, en réduisant les Palestiniens tués à des sessions photographiques, il a montré comment fonctionne son esprit.
Il existe un script standard pour la manière de parler des victimes palestiniennes. Après qu'Israël a tué quatre garçons sur une plage de Gaza le 16 juillet, la classe médiatique américaine s'est alignée sur le canevas de la communication israélienne : reconnaître la tragédie mais faire porter le chapeau au Hamas. C'est exactement ce qu'a fait Mark Regev, le porte parole israélien, quand il a été soumis à un feu roulant de questions par le journaliste présentateur John Snow sur Channel 4 News. (Angleterre). C'est également ainsi que le porte parole du Département d'Etat US Jen Psaki a répondu, utilisant le même argumentaire mot pour mot
Ce canevas, ce cadre argumentatif, a été développé en 2009 et est exposé dans le Global Language Dictionary de l'Israel Project. Ce manuel orwellien propose une méthode détaillée sur la manière de « communiquer efficacement pour soutenir Israël. »
Un de ses premiers commandements est que les propagandistes po-israéliens doivent montrer de l'empathie. Le manuel souligne qu'ils doivent « montrer de l'empathie pour les DEUX camps » (en majuscules dans le texte original) comme moyen de gagner en crédibilité et en confiance. Pour s'assurer que ce point sera bien compris, le manuel répète encore (en gras souligné cette fois) l'instruction «utilisez l'Empathie » - l'idée étant que l'empathie est un outil important à utiliser dans la guerre de propagande.
Quand des femmes et des enfants palestiniens innocents sont tués, la première réponse doit consister à faire preuve d'empathie ; la suivante est de reformuler lle problème en observant qu'on ne peut pas en faire reproche à Israël qui ne fait que se défendre et qui veut seulement la paix. Même quand pleuvent mort et destruction, le manuel est clair : « Rappelez à l'auditoire – encore et toujours – qu'Israël veut la paix. »
Elaboré après la guerre contre Gaza en 2008, à un moment où les Américains commençaient à montrer une plus grande sympathie pour les Palestiniens, ce manuel de propagande essaye de combler certaines des insuffisances [de la propagande, NdT] pendant l'opération Plomb Durci. Parmi les diverses améliorations qu'il propose, le manuel note qu'il est important de faire la distinction entre le peuple palestinien et le Hamas. Ayman Molhyeldin, un des rares journalistes internationaux à avoir couvert Plomb Durci, avait observé qu'Israël cherchait à « présenter tout le monde à Gaza comme des sympathisants du Hamas, des sympathisants terroristes » comme moyen de justifier les tirs meurtriers aveugles.
Le manuel de 2009 va au rebours de cette stratégie, en affirmant que bien que les Américains « saisissent » que le « Hamas est une organisation terroriste... s'ils ont l'impression que vous attaquez le peuple palestinien ;;; vous perdrez du soutien. » Le manuel souligne encore : « En ce moment même, beaucoup d'Américains ont de la sympathie pour le sort des Palestiniens et cette sympathie va se renforcer si vous ne parvenez pas à différencier le peuple de ses dirigeants. »
En d'autres termes, si on veut le recul de la sympathie pour le peuple palestinien, de nouveaux procédés sont nécessaires pour en compléter d'autres plus anciens.
La propagande israélienne a une longue histoire. En 1982, l'invasion du Liban avait suscité la condamnation internationale. En particulier, le massacre de Palestiniens dans les camps de réfugiés de Sabra et Chatila avaient nui à son image auprès de l'opinion publique. Israël avait alors crée un organisme de relations publiques dont la mission était d'entretenir une bonne image médiatique aux Etats Unis. Le projet de Hasbara propagande] comprenait la formation des diplomates et des attachés de presse israéliens à parler d'une manière qui garantisse une couverture médiatique favorable.
L'observatoire des médias, le Committee for Accuracy in Middle East Reporting in America (CAMERA), fut crré pour assurer une veille médiatique et répondre au traitement médiatique « injuste » d'Israël.
Mais le traitement médiatique d'Israël n'est pas simplement le produit de bons argumentaires, il est plutôt le résultat de la « relation spéciale » entre les Etats Unis et Israël et de leurs intérêtes mutuels au Moyen Orient. C'est out sauf une coïncidence si Psaki utilise les même langage que Mark Regev. ou si John Kerry fait écho à Netanyahou.
L'élite politique américaine, l'élite israélienne et les propriétaires des grands médias ont en commun un ensemble d'intérêts politiques et économiques qui garantit la domination de la propagande israélienne dans les médias établis. Si les journalistes et les médias s'écartent trop du script, diverses organisations pro-israéliennes comme CAMERA déclenchent un tir de barrage et mobilisent suffisamment de pression sur les rédactions et les journalistes pour qu'ils rentrent dans le rang.
Comme Glenn Greenwald l'a observé récemment, les personnalités et les cadres dirigeants des médias ont plus « peur » de traiter d'Israël que de n'importe quel autre sujet. Jon Stewart a dit la même chose sur un ton comique dans son sketch 'Nous devons parler d'Israël.'
Le résultat est qu'au final, le traitement par la presse du conflit israélo-palestinien suit un patron [pattern ou modèle] qui est schématisé par Sut Jhally, un universitaire spécialiste des médias, dans une vidéo éducative qu'il a produite intitulée Peace, Propaganda and the Promised Land, US Media and the israeli-Palestinian Conflict.
Fissures dans la machine de propagande
Mais quelque chose de nouveau s'est produit dans les médias établis, particulièrement depuis la tragédie du 16 juillet. Ayman Mohyeldin, qui travaille actuellement pour NBC [un grand network américain], a assisté et a rendu compte de l'assassinat de sang froig par Israël de 4 petits garçons palestiniens qui jouaient au football sur la plage. Le reportage de Mohyeldin était poignant mais avait néanmoins été diffusé par NBC.
Cependant, NBC avaut immédiatement rappelé Molhyedin, sans donner d'explication sur pourquoi son meilleur journaliste sur ce sujet (Mohyeldne avaiit déjà travaillé à Gaza, parle arabe et a une bonne connaissance de la situation politique au Moyen Orient) devait être retiré de la bande de Gaza.
C'est la procédure standard dans l'establishment médiatique. Mais ce qui s'est passé par la suite est tout sauf standard.
Suite à un article de Glenn Greenwald sur cette situation |le rappel du journaliste] dans Intercept, de nombreuses personnes, surtout à travers les réseaux sociaux, ont mis la pression sur NBC. A la différence des procédures habituelles où la pression vient seulement d'organisations pro-israéliennes bien dotées financièrement, cette fois ce sont des gens ordinaires ébranlés par le nombre de tués palestiniens qui ont organisé leur dissidence..
Le résultat a été que Mohyeldin a été rétabli à son poste. Il a tweeté : « Merci pour tout ce soutien. Je retourne à #Gaza pour rendre compte [de la situation]. Je suis fier de l'engagement constant de NBC pour couvrir le côté #palestinien de l'histoire. »
De la même manière, l'indignation suscité par Diane Sawyer d'ABC [autre grand network américain] qui avait présenté comme israéliennes des victimes affligées par le deuil et la souffrance alors qu'elles étaient palestiniennes, a eu pour résultat, chose rare, que ce grand média pro-israélien a présenté des excuses.
« La dynamique à l'oeuvre est la suivante : En premier lieu, des médias indépendants ont joué un rôle décisif en contrant la propagande israélienne et en proposant des versions alternatives [des événements]. En second lieu, les médias sociaux ont fourni un forum qui a permis de véhiculer le travail de journalistes indépendants ainsi que des témoignages de première main émanant de Palestiniens à Gaza. Troisièmement, dans ces espaces Israël est en train de perdre la bataille de la propagande malgré ses vastes ressources en spécialistes de la désinformation. Quatrièmement, des militants de terrain qui utilisent les réseaux sociaux ont été en mesure de faire exercer des pressions sur l'establishment médiatique. Cinquièmement, ce climat a mis les journalistes des grands médias présents sur le terrain à parler plus ouvertement des horreurs que subit Gaza.
Ainsi, Tyler Hicks, journaliste photo pour le New York Times, qui a aussi assisté à l'attaque israélienne sur la plage, a eu l'autorisation de publier un article dans le New York Times sur cette expérience. Qualifiant de mensonge les déclarations israéliennes selon lesquelles seul le Hamas est visé par les bombardements, il écrit : « Une petite cabane en métal dépourvue d'électricité et d'eau courante sur une jetée en bord de mer sous un soleil de plomb ne semble par le genre de le lieu fréquenté par des militants du Hamas, lles cibles expressément visées par l'armée israélienne. Des enfants, mesurant un peu plus d'un mètre, habillés en tenue d'été, fuyant une explosion, ne correspondent pas non plus à la description de combattants du Hamas. »
Présent sur la plage quand cette tragédie s'est produite, Hicks demande : « Si des enfants sont tués, qu'est-ce qui pourra me protéger, ou protéger n'importe qui d'autre ? »
Ben Wedemen, correspondant à l'étranger chevronné pour CNN, a pu découvrir par lui-même que rien ne peut protéger les journalistes. Il a été touché à la tête par une balle israélienne en caoutchouc. Après cet incident, il a fait un reportage en direct sur une famille de Gaza qui évacuait son quartier en prévision d'une attaque israélienne. Le cri d'horreur d'une fillette entendant une frappe de missile près de là où elle se trouvait a rempli les écrans des téléspectateurs de CNN.
C'est peut-être la première fois que les Américains sont informés de la souffrance du peuple palestinien par la presse de l'establishment ? Même si le cadre de référence qui consiste à « accuser les Hamas » domine la couverture de la situation par les médias dominants, l'humanité des Palestiniens fraie son chemin à travers les fissures d'une propagande pro-israélienne bien installée depuis de dizaines d'années.
Et comment pourrait-il en être autrement ? Quand l'expérience réelle des journalistes contredit le discours propagandiste, s'ils ont un coeutr et un cerveau, ils ne peuvent faire autrement que considérer la propagande sioniste pour ce qu'elle est. C'est sans doute pour ça qu'Israël avait tenu à l'écart les journalistes étrangers êndant l'opération Plomb Durci en 2008.
Une autre journaliste de CNN, Diana Magnay, qui entendait les applaudissements des Israéliens quand les Palestiniens étaient bombardés, a dit spontanément en direct - « c'est vraiment stupéfiant, macabre et vraiment quelque chose de vraiment horrible de voir ce spectacle des flammes dans le ciel. » Journaliste expérimentée, elle semble s'être auto-censurée et avoir substitué les mots « spectacle des flammes » à ceux qui traduisaient vraiment sa pensée sur les gens qui applaudissaient : « salauds », le mot qu'elle tweetera par la suite.
Magnay avait écrit : « Des Israéliens sur la colline qui surplombe Sderot applaudissent quand des bombes tombent sur Gaza ; ils menacent de « détruire notre voiture si je dis quelque chose de mal.' Salauds »
En dépit des fortes tentatives d'intimidation que subissent les journalistes, ici de faire sauter la voiture de Magnay si elle dit seulement un »mot de mal », ce genre de pressions semble de moins en moins efficace. Si Magnay a été éloignée de Gaza par CNN, des réseaux sociaux vigilants ont combiné leurs effets aux manifestations de masse dans le monde entier pour créer un climat dans lequel si les médias veulent garder leur crédibilité ils doivent au moins donner l'impression d'avoir une position équilibrée.
C'est l'ouverture que les militants en faveur des droits des Palestiniens doivent exploiter afin de recadrer le débat. S'ils manquent d'organisations de lobbying, d'observatoires de surveillance de la presse, de trolls rémunérés, de spécialistes de la désinformation et des vastes ressources financières dont dispose le camp israélien, ils ont une chose pour eux - la vérité.
Deepa Kumar is a professor of Media Studies at Rutgers University. She is on Twitter @ProfessorKumar. She is the author, most recently, of Islamophobia and the Politics of Empire. You can follow her work at Deepakumar.net.
Des menaces accueillies avec indifférence par la corporation journalistique française puisque l'information est peu reprise par la presse française. Personnellement je n'ai pu la trouver que sur le site de Zone Bourse :
Le bureau de presse du gouvernement israélien a averti samedi les journalistes étrangers qu'il n'était pas responsable de leur sécurité dans la bande de Gaza, où l'armée israélienne mène depuis jeudi soir une opération terrestre.
"Gaza et ses alentours sont un champ de bataille. Couvrir les hostilités expose les journalistes à un danger qui peut être mortel", précise le bureau de presse dans un communiqué.
"Israël n'est en aucun cas responsable des blessures ou des dégâts qui pourraient résulter de reportages sur le terrain."
Depuis le 8 juillet, les bombardements puis l'opération terrestre menée par Tsahal dans la bande de Gaza ont fait 336 morts côté palestinien, en majorité des civils. Les Israéliens ont eu cinq morts, trois militaires et deux civils. (Maayan Lubell, Guy Kerivel pour le service français)
Pour ce que j'en sais, Zone Bourse est, comme son nom le suggère, un site d'information spécialisé dans la finance et qui n'est pas rattaché à un groupe de presse.
Le petit article de Zone Bourse s'appuie sur une dépêche de Reuters, ce qui nous permet d'avoir un aperçu du fonctionnement de la désinformation en économie de marché.
La première option est de se taire, de ne pas relayer une information gênante. Ce qu'ont fait la majorité des organes de presse habituellement sourcilleux quant à liberté de travailler des journalistes (sauf dans le cas du conflit du Proche Orient où ils se plient en réalité sans broncher à la censure sioniste).
L'autre option consiste à édulcorer et à occulter ce qui gêne.
Et ça on le constate dès le titre de l'entrefilet de Zone Bourse :
« Israël appelle les journalistes étrangers à la prudence »
alors que le corps de l'article nous dit que cet appel à la « prudence » est en fait un avertissement donné aux journalistes par les autorités sionistes qui indiquent n'être pas responsables de leur sécurité dans la bande de Gaza. »
La notion d'avertissement est pourtant contenue dès le titre de la dépêche originale de Reuters :
"Israël n'est en aucun cas responsable des blessures ou des dégâts qui pourraient résulter de reportages sur le terrain." lit-on sur Zone Bourse comme sur la dépêche originale.
Ce qui en langage sioniste signifie que les journalistes sont des cibles comme les autres puisqu'ils se trouvent dans une zone où l'armée et la police sionistes ne peuvent pas imposer de censure et doivent s'en remettre à l'autocensure ou au parti pris pro Tel Aviv des journalistes ou de leurs rédactions.
Ce qui marche assez souvent mais peut être sujet à des ratés comme on a pu le voir avec l'assassinat de gamins sur une plage de Gazas sous les yeux de la presse internationale ou avec Diana Magnay, cette journaliste américaine choquée par le comportement des habitants de Sderot qui exultent en regardant les missiles de leur armée exploser sur Gaza (elle a été mutée en urgence à Moscou).
Ce n'est bien sûr pas cet argument que mobilise le service sioniste chargé du contrôle de la presse. En effet, si on se reporte à la dépêche de l'agence Reuters, les journalistes occidentaux sont en fait des cibles pour l'armée sioniste exactement pour la même raison que les civils palestiniens :
le « Hamas se sert des journalistes comme de boucliers humains ».
Les journalistes doivent donc prendre « toutes les précautions possibles. »
C'est exactement ce qui a été dit à ces femmes, ces enfants, ces civils dont les corps ont été déchiquetés ou écrasés par les bombes sionistes.
un gilet pare-balle ne sera d'aucune utilité à Ayman Molhyeldin contre un obus de 155 mm
Je vous traduis donc ce que signifie le mot « précaution » en novlangue sioniste : il signifie tout simplement que les journalistes doivent quitter la bande de Gaza sous peine de risquer des traumatismes pouvant aller jusqu'à une mort violente.
NB: Ayman Molhyeldin est un des journalistes qui avaient assisté au massacre des gosses palestiniens sur une plage de Gaza. Il a bien sûr rendu compte de ce drame, ce qui a valu à ce journaliste chevronné d'être rappelé par la chaîne NBC afin qu'il ne couvre plus les événements à Gaza. Une forte mobilisation du public, via les réseaux sociaux, a contraint NBC à revenir sur sa décision.
Ci-dessous l'intégralité de la dépêche Reuters en anglais
JERUSALEM (Reuters) - Israel's Government Press Office on Saturday warned foreign journalists it was not responsible for their safety in the Gaza Strip, where the Jewish state has launched an offensive against Palestinian militants.
Israel sent ground forces into Hamas-dominated Gaza on Thursday after heavy air and naval barrages failed to stop rocket fire from the Palestinian territory. Gaza officials said at least 335 Palestinians, many of them civilians, have been killed in the 12-day conflict.
"Gaza and its vicinity are a battleground. Covering the hostilities exposes journalists to life-threatening danger," an e-mailed Government Press Office (GPO) statement said.
"Israel is not in any way responsible for injury or damage that may occur as a result of field reporting."
The GPO, which accredits journalists based in Israel, many of whom also cover events in the Palestinian Territories, charged Islamist group Hamas was using journalists as human shields and advised reporters to take "every possible precaution."
The Israeli military said that since the July offensive began, it has struck over 2,300 sites in the densely populated enclave and that more than 1,663 rockets have been launched by Palestinian militants toward its territory.
Its land incursion into Gaza has so far failed to subdue Hamas and its allies, who fired more than 90 rockets into Israel on Saturday, the Israeli army said. Three Israeli soldiers and two civilians have been killed.
(Writing by Maayan Lubell; Editing by Sandra Maler)
Un espion Iranien détenteur d'un
passeport belge aurait été arrêté par les autorités sionistes. Si
l'arrestation est intervenue le 11 septembre, elle n'a été rendue
publique que dimanche dernier, de sorte à bien sûr précéder de peu le
passage de Benjamin Netanyahou à la tribune de l'ONU et sa rencontre subséquente avec le président des Etats Unis.
Histoire de mette la pression sur un chef de l'Etat américain qui a eu le front de passer un coup de téléphone à son homologue Iranien Hassan Roahani qui venait d'être la vedette de ce show politique qu'est l'Assemblée Générale des nations Unies.
On peut lire dans la presse belge les éléments fournis par les services secrets sionistes sur ce supposé espion qui s'intéressait particulièrement à l'ambassade des Etats Unis à Tel Aviv.
Faut
vraiment être belge (au sens de Coluche) pour faire le déplacement dans
l'entité sioniste pour fureter autour d'une ambassade américaine alors
qu'on est d'origine iranienne et qu'il existe des ambassades et
consulats des Etats Unis à peu près partout.
L'article du journal belge Le Soir comme celui du torchon sioniste Aliya Express
sont illustrés de la photo ci-dessous dans laquelle Alex Manes (Manes
est un nom assez typiquement juif) alias Ali Mansouri pose sous la
lumière du soleil de Palestine.
Alex Manes alias Ali Mansouri
Alex (Ali) avait alors l'air très confiant dans son short belge iranien. Au fait qui a pris la photo? Un complice ou simplement quelqu'un qui passait par là?
Pourtant
cette photo pose problème et la nature de ce problème n'a pas échappé
au blogueur Imgur qui publie un billet joliment intitulé:
Jésus en Judée!
En effet Imgur observe que si on en croit cette photo, il y a deux soleils dans le ciel de la Palestine occupée.
Regardez:
la direction de l'ombre des jambes du prétendu espion, face à lui, à
comparer avec la direction de l'ombre du poteau sur la gauche de
l'image.
Si vous ne voyez pas ce que je veux dire, Imgur guide notre regard:
Ombre N°1 (poteau) et ombre N°2 (jambes). Info dernière: la Palestine occupée à deux soleils dans son ciel
Un lecteur du blogueur américano-libanais As'ad AbuKhalil (Angry Arab) attire notre attention sur une image trafiquée par la chaîne télévisée saoudienne Al Arabiya.
En effet cette dernière a publié en arrière-plan de sa page "Syrie" une photo où on voit une jeune syrienne pointer un doigt peint aux couleurs du drapeau de la Syrie mandataire adopté par l'opposition au pouvoir en place.
La jeune fille porte un hidjab rose. La partie droite de l'écran est recouverte des couleurs de ce même drapeau avec la bande supérieure verte et une seule étoile visible (le drapeau de la Syrie mandataire en comporte trois) de couleur rouge alors que le drapeau en vigueur actuellement comporte deux étoiles de couleur verte.
Le correspondant d'Angry Arab s'est cependant souvenu avoir déjà vu le visage de cette jeune fille. C'était le 17 janvier 2012 et la photo illustrait un article de l'agence Reuters. La jeune fille présentait deux doigts peints aux couleurs du drapeau officiel de la Syrie (rouge blanc noir) devant son visage, avec deux étoiles, une par doigt,
La page d'Al Arabiya est datée du 17 septembre 2013 (décalage horaire oblige).
Voilà maintenant un moment que j’ai commencé à traduire le texte que je vous propose, mais mon ordinateur n’a pas arrêté de me faire des misères, s’arrêtant souvent de manière impromptue et refusant obstinément de rédémarrer.
J’espère ne pas trop m’avancer en écrivant que j’arrive finalement au bout de cet article qui reste néanmoins intéressant parce que c’est un des rares articles de la presse grand public américaine qui met sérieusement en question les rapports des services secrets occidentaux supposés justifier une agression contre la Syrie.
Ce n’est donc pas pour rien si Vladimir Poutine a traité John Kerry de menteur, un menteur étant une personne qui assène une contre vérité en toute connaissance de cause.
Quitte à proférer un mensonge en effet, autant en proférer un très gros.
Alors, convaincus les enfants?
La décision par la France d’une action militaire (illégale) est donc soumise non seulement au bon vouloir des autorités américaines, mais aussi aux pseudo preuves produites par l’appareil de propagande de Washington.
par Hannah Allam et Mark Seibel | McClatchy (USA) 3 septembre 2013 traduit de l’anglais par Djazaïri
Le dossier rendu public par l’administration Obama pour [justifier] une attaque contre la Syrie est truffé d’incohérences et repose principalement sur des preuves indirectes, ce qui nuit aux efforts de cette semaine pour rallier le soutien de l’opinion publique aux Etats Unis et à l’étranger pour une frappe contre le régime de Bachar al-Assad.
Le dossier exposé par le Secrétaire d’Etat John Kerry vendredi contenait des assertions qui ont été contestées par les Nations Unies, incohérent dans certains de ses aspects avec les rapports des services de renseignements français et britannique, ou n’ayant pas la transparence suffisante pour être pris pour argent comptant par les spécialistes de l’armement chimique.
Après les affirmations mensongères sur les armes [de destruction massive] qui avaient précédé l’invasion de l’Irak sous le commandement des Etats Unis, on attend des preuves extrêmement solides pour tout soutien à une intervention militaire. Et si peu contestent l’utilisation d’un agent chimique pendant l’attaque du 21 août dans la périphérie de Damas – et sans doute à une plus petite échelle auparavant –de nombreux secteurs de l’opinion demandent des preuves scientifiques et indépendantes avant de soutenir la version des Etats Unis selon laquelle le régime d’Assad a utilisé du gaz sarin dans une opération qui a tué 1429 personnes, dont plus de 400 enfants.
Quelques un des arguments des Etats Unis qui posent question:
L’administration Obama a rejeté la validité d’une équipe d’inspection de l’ONU en soutenant que ces enquêteurs étaient arrivés trop tard pour que leurs conclusions soient crédibles et qu’ils n’apporteraient aucune information dont les Etats Unis ne disposaient pas déjà.
Le porte parole de l’ONU Farhan Haq a rétorqué qu’il était «rare» qu’une telle enquête débute dans un laps de temps aussi court et il a affirmé que «ce genre de délai d’à peine quelques jours n’affecte pas la possibilité de collecter des échantillons exploitables» selon le site web de l’ONU. Par exemple, a ajouté Haq, le sarin peut être décelé dans des prélèvements biomédicaux plusieurs mois après son utilisation.
Les Etats Unis affirment que du sarin a été utilisé lors de l’attaque du 21 août, citant à l’appui des tests positifs sur le sang et les cheveux des premières personnes à porter secours – des échantillons «qui ont été fournis aux Etats Unis,» a déclaré Kerry dimanche à la télévision sans préciser les modalités de recueil des échantillons.
Les spécialistes dissent que les preuves se dégradent avec le temps, mais il est tout simplement faux de prétendre qu’une enquête conduite cinq jours après une attaque présumée serait sans valeur. Comme l’observait un article du New York Times, deux organisations de défense des droits de l’homme avaient dépêché une équipe de médecine légale dans le nord de l’Irak en 1992 et avaient trouvé des traces probantes de gaz sarin ainsi que de gaz moutarde – quatre ans après une attaque à l’arme chimique.
Les assertions américaines ont aussi été contestées dans une synthèse des services de renseignements que le gouvernement britannique a rendue publique la semaine dernière. «Il n’y a pas de délai connu au-delà duquel des échantillons environnementaux ou physiologiques seraient dégradés au point de ne plus être exploitables,» selon le rapport qui a été distribué au parlement avant le vote qui a refusé une participation de la Grande Bretagne à toute frappe [contre la Syrie].
Un autre point contesté est celui du bilan des victimes causes par les attaques présumés du 21 août. Ni les propos de Kerry, ni la version déclassifiée du rapport des services secrets sur lequel il s’appuie n’expliquent comment il est parvenu à un bilan de 1429 morts, dont 426 enfants. L’unique référence [pour ce bilan] était «une évaluation gouvernementale préliminaire.»
Anthony Cordesman, un ancien haut fonctionnaire de la défense qui collabore maintenant avec le Center for Strategic and International Studies de Washington, s’est intéressé à ces discordances dans un essai publié dimanche.
Il a critiqué Kerry pour s’être «fourvoyé en donnant le chiffre beaucoup trop précis» de 1429, et il a observé que ce chiffre ne correspondait pas avec l’estimation britannique de «au moins 350 tués» ou avec celles d’autres sources de l’opposition syrienne, plus exactement de l’Observatoire Syrien des Droits de l’Homme qui a confirmé 502 morts dont près d’une centaine d’enfants et des «dizaines» de combattants rebelles, et il [Cordesman] a exigé que Kerry divulgue les noms des victimes prises en compte dans le bilan établi par les USA.
“Le président Obama a alors été obliqé d’arrondir le nombre à ‘bien plus de 1 000 personnes’ – créant ainsi un nœud de contradictions sur les faits les plus basiques,» écrit Cordesman. Il ajoute que cette bévue n’était pas sans rappeler «les erreurs que les Etats Unis avaient commises en préparant le discours sur l’Irak du Secrétaire d’Etat ‘Colin° Powell à l’ONU en 2003.
Une version déclassifiée d’un rapport des services de renseignements français sur la Syrie qui a été rendu public lundi n’a pas vraiment clarifié les choses; la France a confirmé seulement 281 tués même si elle partage largement l’avis des Etats Unis sur l’utilisation d’armes chimiques par le régime pour l’attaque du 21 août.
Une autre assertion de l’administration américaine qui fait sourciller est celle selon laquelle les services de renseignements US ont «recueilli de nombreux renseignements humains, électroniques et spatiaux » qui montrent que le régime avait préparé son attaque trois jours à l’avance. Le rapport US affirme que des militaires gouvernementaux se trouvaient dans une zone connue pour servir à «mélanger des armes chimiques, dont le sarin» et que les forces du régime s’étaient préparées pour l’attaque du 21 août en mettant des masques à gaz.
Cette affirmation soulève deux questions: pourquoi les Etats Unis n’ont-ils pas prévenu les rebelles de l’attaque imminente et sauvé ainsi des centaines de vies? Et pourquoi l’administration [Obama] est-elle restée silencieuse sur cette activité suspecte quand au moins en une occasion précédente les officiels US avaient provoqué un remue ménage international après avoir observé des agissements semblables ?
Le 3 décembre 2012, après que des officiels américains eurent affirmé avoir décelé que la Syrie mélangeait des ingrédients pour des armes chimiques, le président Barack Obama avait à nouveau averti Assad que l’utilisation de telles armes serait l’inacceptable franchissement de la ligne rouge qu’il avait imposée l’été de cette année là. La secrétaire d’Etat de l’époque, Hillary Clinton avait renchéri, et l’ONU avait retiré de Syrie ses personnels non indispensables.
L’activité suspecte du mois dernier n’a cependant été évoquée publiquement qu’après l’attaque meurtrière. Et des personnalités de l’opposition affirment que les rebelles n’avaient pas été avertis à l’avance afin de pouvoir protéger les civils du secteur.
“Quand j’ai lu le memo de l’administration, c’était très convaincant, mais ils étaient au courant trois jour savant l’attaque et ils n’ont jamais prévenu personne dans le secteur,” déclare Radwan Ziadeh, un militant syrien d’opposition qui anime le Syrian Center for Political and Strategic Studies à Washington. «Tout le monde [à Washington] avait cette preuve mais ils n’ont rien fait ? »
Chez les spécialistes en armes chimiques et d’autres analystes qui ont étudié de près le champ de bataille syrien, la principale réserve quant aux affirmations des Etats Unis, tient au fait qu’ils ne comprennent pas la méthodologie derrière le recueil d’informations. Ils disent que les preuves présentées indiquent l’utilisation d’une substance chimique, mais ils considèrent que des questions demeurent sur la manière dont les renseignements ont été collectés, l’intégrité de la chaîne de transmission des échantillons ainsi que sur les laboratoires impliqués.
Eliot Higgins, un Britannique qui fait la chronique de la guerre civile en Syrie sur la blog Brown Moses, une ressource documentaire fréquemment citée sur les armes observées sur le champ de bataille syrien, a écrit lundi un poste où il énumère en détail les photographies et les vidéos qui semblent étayer la thèse des USA selon laquelle le régime d’Assad dispose de munitions qui peuvent servir de vecteurs pour des armes chimiques. Mais il n’est pas allé jusqu’à franchir le pas.
Sur le blog, Higgins demande: “Comment savons-nous que ce sont des armes chimiques? C’est ce que nous ne savons pas. Comme je l’ai dit tout le temps, ce sont des munitions qu’on a lié à de présumées attaques chimiques, pas des munitions chimiques utilisées dans des attaques chimiques. Il revient en définitive à l’ONU de confirmer l’utilisation d’armes chimiques.»
Les lacunes du dossier ont déjà permis à la Russie de rejeter les preuves américaines comme «non concluantes,» le ministre des affaires étrangères Serguei Lavrov déclarant dans un discours lundi qu’on avait montré à Moscou «quelques éléments mais qu’il n’y avait rien de concret, pas de coordonnées géographiques ou de détails.. et aucune preuve que les tests [en laboratoire] avaient été pratiqués pas des professionnels » selon l’agence officieuse de presse RT news.
“Quand nous demandons plus d’éclaircissements, nous recevons la réponse suivante: ‘vous savez que ce sont des informations classifies; alors nous ne pouvons pas vous les montrer,’” a déclaré Lavrov. « Il n’y a donc toujours pas de faits concrets.»
Les propos de Lavrov venaient rappeler que la Russie, un des derniers alliés d’Assad, était lin d’être suffisamment convaincue pour mettre un terme à ses blocages répétés des résolutions onusiennes contre le régime syrien.
Mais le scepticisme existe aussi chez des pays armes des Etats Unis, comme la Jordanie qui a refusé d’approuver une action [militaire] tant qu’elle n’aura pas étudié les conclusions des inspecteurs en armement chimique de l’ONU, et le Royaume Uni où le parlement a voté contre une intervention avant même la divulgation par les Etats Unis d’un rapport des services de renseignements qui contredisaient celui rendu public la veille par les autorités britanniques.
On ne sait pas trop quel a été le poids des preuves fournies dans la décision du parlement ; on est aussi très préoccupé [en Grande Bretagne] par toute éventuelle intervention conduite par les Etats Unis après l’expérience irakienne.
Les Etats Unis ont reçu un coup de pouce lundi donné par le chef de l’OTAN, Anders Fogh Rasmussen, qui a déclaré à une conférence de presse qu’il avait vu des « informations concrètes » qui l’ont convaincu de la responsabilité du régime d’Assad pour ce qui ressemble à une attaque chimique qui a tué des centaines de personnes en août.
Rasmussen a dit que si le monde ne réagissait pas, il enverrait un «signal dangereux aux dictateurs,» mais il a laissé aux Etats membres de l’OTAN le soin de décider de leurs propres réponses et il n’a pas plaidé pour une action autre que la protection de l’Etat membre qu’est la Turquie frontalière de la Syrie.
Les allies des Etats Unis dans le monde arabe et en Europe ont annoncé qu’ils préféraient repousser le moment d’une éventuelle frappe militaire après la publication de ses conclusions par l’équipe d’inspection de l’ONU. L’ONU a pour mandat de déterminer si des armes chimiques ont été utilisées, mais pas de désigner le coupable. Les officiels de l’ONU ont indiqué qu’ils essayaient d’accélérer l e travail de l’équipe d’inspection tout en assurant l’intégrité de la procédure.