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samedi 5 mars 2016

La laïcité dans l'armée française vue par un journal américain

La laïcité est un des aboutissements possibles du processus de sécularisation. Un aboutissement et pas l’aboutissement puisque bien des sociétés sécularisées en Europe par exemple ne sont pas laïques, ce qui n’empêche pas que la liberté d’expression et la liberté de culte soient comparables à ce qu’on observe en France.
Depuis quelques années, la laïcité à la française a été dévoyée au point de réprimer le port de tenues vestimentaires considérées comme des signes religieux dans l’espace public, dont la rue.
L’armée fait cependant exception dans ce paysage étrange qu’est devenue la laïcité qui est normalement la séparation du religieux, au sens d’institutions religieuses, et de l’Etat.
L’armée française recrute en effet des aumôniers, c’est-à-dire des personnels religieux, pour faciliter l’exercice de divers cultes : les cultes chrétiens, le culte israélite et depuis quelques années le culte musulman. Ces aumôniers trouvent leur place dans l’organigramme de l’armée tandis que des lieux de culte existent dans les lieux où les militaires sont stationnés.

Pourquoi l’armée française est peut-être plus tolérante avec les Musulmans que la société française

De sévères restrictions sur la place de la religion dans la sphère publique ont aiguisé les tensions avec la population musulmane. Mais les forces armées font les choses un peu différemment.
par Colette Davidson, The Christian Science Monitor (USA) 1er mars 2016 traduit de l'anglais par Djazaïri
Paris – Le bureau d’Abdelkader Arbi est assez typique pour un employé de l’armée française, spacieux, avec un drapeau français dans un coin qui monte à hauteur de plafond , et un portrait du Président François Hollande fixé au mur.
Mais de temps en temps, il a une fonction peu orthodoxe pour un local qui se trouve dans un édifice d’un service de l’Etat : quand la salle de prière de l’armée n’est pas disponible, son bureau devient une mosquée de fortune pour des soldats qui n’ont pas d’endroit où prier.
« Il est clair que les soldats doivent apprendre à vivre ensemble, mais il n’est parfois ni commode ni pratique pour eux de prier » explique M. Arbi, le premier aumônier musulman de l’histoire de l’armée française qui fête sa 11ème année à ce poste. Les soldats sont parfois jusqu’à six à vivre dans un dortoir ou à travailler en plein air pendant la journée, ce qui poser un problème à des Musulmans pratiquants qui essayent d’observer les cinq  prières quotidiennes requises. « Ils viennent prier ici afin de ne gêner personne. »
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Abdelkader Arbi

Dans un pays aux prises avec la peur de la radicalisation et le sentiment que sa définition du sécularisme (la laïcité NdT) est synonyme d’islamophobie, l’armée propose un modèle de prise en compte de la liberté religieuse qui n’exclut pas complètement le religieux de la sphère publique.
S’il est en théorie illégal pour un aumônier d’exercer son office dans une école ou un bâtiment publics l’église et l’Etat sont encore entremêlés dans l’armée. Et ces dernières années, le gouvernement a œuvré pour faire en sorte que les libertés religieuses soient élargies au nombre de plus en plus grand de Musulmans qui rejoignent l’armée.
« Ces soldats veulent simplement faire leur boulot tout en respectant pleinement leur religion, » explique Arbi. « Ils ont au final le sentiment d’être traités à égalité. Après tout, tout le monde ici combat pour la même cause – la France. »
Sécularisme strict
Permettre à des soldats de prier pour des raisons militaires ne devrait pas nécessairement être choquant, sauf que c’est en France – un pays qui se targue d’un sécularisme strict, ou laïcité, (en français dans le texte) dans ses lois
La France a combattu âprement pour garantir la laïcité, y compris par les interdictions de ports de signes religieux ostentatoires à l’école depuis 2004 et de la burka dans les lieux publics depuis 2010.
Mais une clause de la loi de 1905 qui porte séparation de l’église et de l’Etat concerne des dispositions particulières pour les personnes détenues dans les prisons, pour les hôpitaux et les internats scolaires publics – tous lles lieux où un individu ne peut accéder librement aux lieux de culte traditionnels. Dans ces cas l’Etat doit donner un accès à un aumônier  désigné par ses soins.
La loi de 1905 fait pendant à une loi semblable de 1880 qui donne ces mêmes droits aux membres de l’armée française. Il y a actuellement 38 aumôniers musulmans dans l’armée aux côtés des plus de 200 aumôniers des religions catholique protestante et juive [israélite, NdT].
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Insigne de l'aumônerie militaire chrétienne (catholique ou protestante)

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Insigne de l'aumônerie militaire israélite

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Insigne de l'aumônerie militaire musulmane

“La religion ne peut pas être pratiquée en nombre d’endroits en France, mais pour ceux qui n’ont pas tous leurs droits, la religion est ne manière de leur rendre cette liberté, » explique Valentine Zuber, professeur d’études religieuses à l’Ecole pratique des Hautes Etudes (EPHE – Paris).
Mais cela ne s’est pas toujours appliqué à tout le monde. Alors que les soldats chrétiens et juifs pouvaient fréquenter des salles de prière et des aumôniers présents sur site, les soldats musulmans étaient largement exclus de la vie religieuse, encore cent ans après que les dispositions sur la liberté religieuse eurent autorisé des aumôniers militaires.
Les Musulmans pratiquants se sentaient obliges de cacher leurs prières quotidiennes avant l’arrivée de Arbi en 2005 au fort militaire de Vincennes dans la banlieue de Paris, et ils n’avaient guère de recours quand ils étaient confrontés à des plaisanteries et des insultes racistes ou à un sentiment d’exclusion.
Un contingent musulman de plus en plus nombreux.
Mais ce genre d’attitudes est intenable aujourd’hui du fait de l’importance croissante dans l’armée du contingent musulman qui représente entre 10 et 20 % des effectifs militaires de la France.
L’évolution vers un recours à des aumôniers musulmans est finalement intervenue en 2004, quand une étude qui s’intéressait à la deuxième génération d’immigrés dans l’armée avait montré l’existence d’une discrimination très répandue  et avant tout religieuse. 
Samir, soldat dans le sud de la France et Marocain de la seconde génération (des détails sur son identité ont été changes pour protéger son anonymat), était un Musulmans pratiquant quand il est entré dans l’armée en 2005. Si sa pratique religieuse se limite aujourd’hui à s’abstenir de consommer du porc, Samir dit qu’il a vu la différence entre la vie avec et sans libertés religieuses.
“Il y a dix ans, les Musulmans ne pratiquaient tout simplement pas leur religion sur la base, » déclare Samir. « Les officiers ne voulaient pas la voir. »
Et quoique le racisme et la discrimination religieuses subsistent dans les rangs – Samir dit avoir récemment entendu parler d’un jeune officier qui a réprimandé un soldat musulman pour avoir prié dans sa chambrée – les attitudes à l’égard des Nord-Africains et des soldats noirs s’améliorent. « Cette nouvelle génération de soldats et très diverse et les choses changent pour le mieux, même si cette évolution se déroule très lentement. »
Depuis que des aumôniers musulmans sont arrives sur la base, les soldats ont l’autorisation de prier dans leurs chambrées, de consulter l’aumônier en cas de besoin, et de choisir  des rations halal pendant les missions à l’étranger. Certains aumôniers participent chaque année  à l’organisation de voyages pour le pèlerinage à La Mecque. Pour le reste, les lois du pays relatives à la laïcité sont appliquées de la même manière que celles qui concernent l’espace public – aucun symbole religieux visible n’est autorisé.
ration sans porc
“Nous ne pouvons pas exprimer quoi que ce soit de visible concernant notre religion” explique Samir. « Pas de médaillon, pas de barbe – nous devons rester neutres. Le seul endroit où nous pouvons prier est la chapelle militaire ou notre chambre.
Une approche équilibrée
Maintenir un équilibre entre la pratique religieuse ouverte et privée  et une approche modérée en termes de soutien [spirituel] – les aumôniers n’ont pas le droit de faire du prosélytisme – est peut-être ce qui permet à la version du sécularisme dans l’armée de continuer à fonctionner. A la différence des locaux des administrations publiques ou des écoles, où les débats sur la laïcité ont créé des tensions profondes, la pratique religieuse dans l’armée est généralement épargnée par le soupçon et le scandale.
Oscillant entre sphère publique et sphère privée, l’armée permet aux indivdus de pratiquer leur religion dès lors qu’elle ne trouble pas l’ordre public – ce qui est a définition originelle de la laïcité.
L’armée semble être le lieu où la neutralité et la liberté sont les plus respectées en France” déclare Zuber..
Et parce que l’Etat rémunère les aumôniers militaires, dans un pays où l’Etat n’a pas le droit de subventionner des institutions ou des personnels religieux, la religion elle-même se voit accorder une certaine présence et crédibilité, ajoute-t-elle.
“Notre système de laïcité actuellement en vigueur ne nous permet pas d’appliquer des règles semblables partout ailleurs, » observe Zuber, « mais peut-être que si le rôle des aumôniers était mieux compris, cela changerait les mentalités chez les gens. Pour l’instant, il n’y a pas de volonté politique en ce sens. »
Tenir à distance toute forme de radicalisation?
Cette approche modérée pourrait aussi être vue comme une tentative pour tenir à distance la radicalisation. Alors que la France a eu des problèmes avec la radicalisation dans ses prisons, de tels exemples dans l’armée restent rares. Pourtant Arbi dit que même s’il a rarement pu observer un soldat montrer des signes de radicalisation de ses idées, son rôle est de rester vigilant particulièrement sepuis que des attaques terroristes ont traumatisé la France en janvier et novembre de l’année dernière.
“N’importe qui peut dérailler, mais ce n’est pas un problème musulman » affirme Arbi. Quand Mohamed Merah s’est lancé dans sa folie meurtrière à Toulouse en 2012, deux des tois soldats tués étaient musulmans. « Ce sont des soldats français et même sion peut avoir du malà s’en rappeler, l’Islam n’est pas une religion ‘étrangère’. La relation entre l’Islam et la France a une histoire longue. »
Alors que la France continue à débattre de l’équilibre entre la promotion du sécularisme et le découragement de l’islamophobie, Arbi considère que la possibilité pour les Musulmans de pratiquer librement dans l’armée est une assurance contre une dérive radicale d’un ressentiment musulman. La meilleure façon d’envisager les choses, dit-il, c’est comme dans la parentalité – traiter chaque personne de manière égalitaire est fondamental.
“Notre boulot consiste à faire la guerre,” explique Arbi. « Mais si les soldats ne ressentent pas une égalité entre eux, cette guerre peut devenir intestine. »

mardi 17 février 2015

Islamo-fascisme et responsabilités de l'Islam de France: aux sources de la "pensée" de Manuel Valls

Les attentats de Paris, la marche « républicaine » du 11 janvier, les tout récents attentats de Copenhague et enfin la profanation d'un cimetière juif en Alsace mettent au centre du débat politique français les questions de l'Islam et de l'antisémitisme.

Peu importe si la profanation du cimetière juif est probablement plus le fait d'adolescents désoeuvrés qui s'approprient ainsi un territoire sinon ignoré d'eux et des camarades du même âge, et surtout si ces sales gosses ne sont pas musulmans.
Le président Hollande qui s'est déplacé pour faire part de son indignation devant cette profanation n'a curieusement pas insisté sur la nécessité de renforcer l'éducation à la laïcité. Il est vrai qu'un tel propos aurait été plutôt mal venu dans un département où le régime de la laïcité ne s'applique pas sauf pour la religion musulmane!

De toute façon, cet incident effectivement déplorable  sera exploité jusqu'à la corde et finira par abonder le discours sur les Musulmans et le nouvel antisémitisme, une thématique en quelque sorte théorisée par le premier ministre Manuel Valls sous l'appellation d'islamo-fascisme.

On voit bien l'intérêt de cette notion d'islamo-fascisme qui renvoie à une menace de nature non seulement sécuritaire mais politique pour la démocratie française et même européenne et justifie un rassemblement de tous ceux qui veulent protéger les libertés publiques. Un autre avantage de cette notion est qu'elle fait le lien avec ceux qui, en terre d'Islam, l'utilisent pour populariser et faire comprendre en Occident leur combat contre les mouvements politiques islamistes.

Ces confusions sont dangereuses parce qu'elles ne font finalement que convoquer à chaque fois l'imaginaire politique occidental et interdisent l'analyse concrète des réalités politiques des pays concernés.

Je fais partie des gens qui estiment qu'on ne doit pas dire n'importe quoi au prétexte que tel ou tel argument sert la cause à laquelle on adhère. C'est ce qu'on appelle de la propagande et je la laisse à ceux qui ont un avantage à en tirer. Je considère notamment qu'on n'a pas besoin de qualifier de manière erronée l'Etat Islamique en Irak et au Levant (EIIL – Daesh) ou al Qaïda de mouvements fascistes (islamo-fascistes) pour rejeter leurs thèses et leurs procédés.

Si on en revient à ce terme d'islamo-fascisme, il faut bien garder en mémoire son origine dans les milieux néo-conservateurs américains et sa reprise par leurs homologues européens tels Bernard-Botul-Henri Lévy, Caroline Fourest ou Geert Wilders.
La nouveauté, c'est que le terme est aujourd'hui repris par le premier ministre d'un gouvernement français réputé de gauche, ce qui est un signe à la fois d'un grave déficit de culture historique et politique chez Manuel Valls et de l'adhésion de ce dernier à la vision néo-conservatrice de l'Islam et des Musulmans.
Mme Valls n'a probablement aucune influence sur son choix de costumes et de cravates
Mme Valls n'a probablement aucune influence sur son choix de costumes et de cravates. malheureusement.
Le premier ministre ne s'est par ailleurs pas borné à appeler à la lutte « dans l'unité » contre l'islamo-fascisme puisque dans cette unité, il met cependant à part les Musulmans : «
Il faut une rupture. Il faut que l'islam de France assume, prenne totalement ses responsabilités», a réclamé le premier ministre. «C'est ce que demande d'ailleurs l'immense majorité de nos compatriotes musulmans qui n'en peuvent plus d'être confondus avec cette terreur», a-t-il conclu.
Les choses sont dites : dans la France qui ne connaît pas de communauté, les Musulmans doivent prendre leurs responsabilités en tant que tels (il est en outre question d'un Islam "de France" ).

Nous avons là aussi un mécanisme de pensée, en contradiction avec la laïcité, élaboré par les néo conservateurs qui semblent décidément plus inspirer Manuel Valls que Louis Blanc ou Jean Jaurès,

La doctrine d'action qu'on devine chez Manuel Valls est clairement exposée par David P. Goldman, un spécialiste de la finance (et de musicologie) mais aussi essayiste néo-conservateur influent aux Etats Unis. Comme tous les néo conservateurs, croyants ou non, David P. Goldman inscrit sa réflexion dans une perspective « judéo-chrétienne », juive en réalité mais l'oxymore du judéo-christianisme est un passe-partout idéologique efficace. Comme un certain nombre d'intellectuels néo-conservateurs, David P. Goldman a fait un passage par l'extrême gauche avant de s'orienter vers l'extrême droite.
David P. Goldman: virer Obama améliorera l'économie
David P. Goldman: virer Obama améliorera l'économie
Je doute que Manuel Valls adhère à la radicalité de ce qui est proposé mais il est clair qu'il en assume l'esprit.
Il est par contre certain que le chef du gouvernement « socialiste » s'en inspire consciemment.

Beaucoup trop « d'hommes les plus recherchés »

par David P. Goldman, PJ Media (USA)15 février 2015 traduit de l'anglais par Djazaïri

Les autorités danoises affirment avoir arrêté l'auteur des coups de feu à la synagogue de Copenhague ; son nom n'a pas encore été divulgué [c'est fait depuis], mais c'était une personne « connue des services de sécurité, » rapporte Der Spiegel ce matin. Les Danois ont refusé de donner plus d'informations. Nous avons probablement une répétition du modèle parisien : des terroristes que les services de sécurité surveillaient et qu'ils utilisaient peut-être comme informateurs sont soudain passés à l'action et ont commis des atrocités.

Il semble que les méthodes employée par les services de sécurité européens pour contrôler les djihadistes soient tombées en panne. Quelque 8 000 ressortissants français combattent pour l'Etat Islamique en Irak et au levant (EIIL, Daesh) ou dans d'autres organisations djihadistes, selon une estimation du gouvernement français. Après quelques centaines de milliers de morts en Syrie et en Irak et la désintégration de la Libye et du Yémen, un très grand nombre de jeunes Musulmans sont prêts à sacrifier leurs vies.

Les services de sécurité contrôlent les terroristes potentiels en exerçant un chantage sur de petits délinquants qui évoluent à la frange des organisations djihadistes pour en faire des informateurs. Comme il y a un large chevauchement entre le milieu criminel musulman et les organisations terroristes, cette stratégie a été efficace ces quinze dernières années. Le roman de John Le Carré et le film de Philip Seymour Hoffman qui en a été tiré « Un homme très recherché » décrit assez bien cette approche.

Peu de jeunes Musulmans plongent directement dans la violence : ils rejoignent des bandes, ils fréquentent des mosquées radicales, ils fréquentent des salons de discussion (chat rooms) djihadistes sur internet, se signalant ainsi aux autorités.

Les services de sécurité les menacent de la prison, d'expulser des membres de leurs familles et ainsi de suite pour les contraindre à coopérer. Cette approche marche jusqu'à un certain point, c'est-à-dire quand le sujet sous surveillance cesse de tenir compte des conséquences [de ses actions]. Comme John Schindler l'avait observé dans le blog XX Committee, il n'y a pas eu un « échec du renseignement » à Paris : le problème était que les services de sécurité étaient débordés. Un officiel d'un service de sécurité européen qui s'exprime sous un pseudonyme a fait la même observation récemment sur Asia Times Online.

La leçon de Copenhague est la même que celle de Paris : la fragile paix civile que les gouvernements européens ont maintenue avec leurs communautés immigrées musulmanes nécessite une révision fondamentale. Par le passé, les services de sécurité européens ont laissé les djihadistes monter en pression tout en éliminant discrètement les tueurs potentiels. Cette approche a échoué. L'alternative consiste à serrer la vis aux communautés musulmanes. J'ai ainsi soutenu le mois dernier sur Asia Times :
Les moyens par lesquels la France, ou n'importe quelle autre nation, pourrait défaire les terroristes sont évidents : contraindre la majorité des Musulmans français à se tourner contre les terroristes, les autorités françaises devant les amener à craindre l'Etat français plus qu'ils ne craignent les terroristes.C'est un sale boulot qui  nécessite de nombreuses expulsions, de retraits de la nationalité française et d'autres menaces qui toucheront inévitablement beaucoup d'individus qui n'ont aucun lien direct avec le terrorisme. A court terme, ça pourrait conduire à plus de radicalisation. Tout le projet de l'intégration comme antidote à l'extrémisme tomberait à l'eau. Ce serait une fort coûteux mais, au bout du compte, il réussirait : la plupart des Musulmans français veulent simplement rester en France et gagner leur vie.
Il ne suffit plus de patrouiller au bord du marécage et de tuer les moustiques avec un chasse-mouches. Il n'y a pas d'autre alternative que l'assèchement du marécage.

dimanche 26 janvier 2014

Diana Johnstone revient sur la campagne contre Dieudonné pour le magazine américain Counter Punch

Après son premier article très remarqué sur la campagne contre Dieudonné, Diana Johnstone récidive en complétant l'analyse du contexte idéologique et religieux dans lequel a pris place cette campagne.
Elle attire particulièrement notre attention sur le caractère quasi-religieux attribué à ce qu'on appelle la shoah ou l'holocauste. Je dirai simplement que cette religion n'est pas la nouvelle religion juive comme le pense Yeshayahu Leibowitz, mais la nouvelle religion pour les non Juifs avec le « peuple juif » comme divinité et une hiérarchie cléricale et doctrinaire dominée par des Juifs.
De fait, il n'y a pas eu de shoah ou d'holocauste. Ces deux termes n'ont pas été introduits par des historiens qui auraient jugé utile de qualifier ainsi les persécutions subies par les Juifs sous le nazisme, mais correspondent à des titres de productions "artistiques", à savoir le "documentaire" de Claude Lanzmann pour le mot "shoah" et un feuilleton télévisé américain pour le mot "holocauste".
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Quand on parle d'enseigner la mémoire de l'holocauste ou de la shoah, on parle donc en réalité d'autre chose que d'histoire.
Je ne commenterai pas plus avant ce texte de Diana Johnstone, sauf pour dire qu'il invite à réfléchir sur la place du religieux dans la société. Le religieux correspond en effet à un besoin, non seulement des individus et des divers groupes qui constituent la société, mais c'est aussi un besoin de l'Etat lui-même.
Chassé par la porte, il revient par la fenêtre sous des formes parfois surprenantes à première vue mais qui correspondent toujours en réalité aux structures connues du fait religieux.
 Blasphème dans la France laïque
par DIANA JOHNSTONE, Counter Punch (USA) 24 janvier 2014 traduit de l'anglais par Djazaïri
Paris - La campagne menée par le gouvernement français, les médias et des organisations influentes pour faire taire l'humoriste franco-camerounais Dieudonné M'Bala M'Bala continue à mettre en lumière une coupure radicale dans l'opinion publique française. La «mobilisation» officielle contre l'artiste comique, appelée d'abord par le ministre de l'Intérieur Manuel Valls lors d'un rassemblement du parti socialiste au pouvoir l'été dernier, dépeint l'artiste dépeint comme un dangereux agitateur antisémite, dont le geste de la "quenelle" * est interprété comme un " salut nazi inversé ".
Pour ses fans et ses supporteurs, ces accusations sont fausses et absurdes.
 Le résultat le plus significatif du tapage autour der Dieudonné est sans doute pour l'instant le début d'une prise de conscience chez de plus en plus de gens, que la «Shoah», ou l'Holocauste, fonctionne comme la religion d'État semi-officielle de la France.
Sur RTL télévision le 10 janvier dernier, le commentateur non conformiste bien connu Eric Zemmour (qui se trouve être juif) observait qu'il était « ridicule et grotesque » d'associer Dieudonné au IIIème Reich. Zemmour décrivait Dieudonné comme un produit du multiculturalisme français de gauche. « C'est la gauche qui nous a appris depuis mai 68 qu'il est interdit d'interdire, c'est la gauche artistique qui nous a enseigné qu'il fallait choquer le bourgeois. C'est la gauche anti-raciste qui a fait de la Shoah la religion suprême de la République... »
Zemmour suggérait que Dieudonné provoquait « la bourgeoisie bien pensante de gauche » et qu'il « reproche aux Juifs de vouloir conserver le monopole de la souffrance et de voler aux descendants d'esclaves la primauté du malheur. »
L'enjeu est plus large. Les rappels de la Shoah servent indirectement à justifier une politique étrangère de la France au Moyen Orient de plus en plus pro-israélienne. Dieudonné était opposé à la guerre contre la Libye, au point de se rendre sur place pour montrer sa solidarité avec ce pays qui était bombardé par l'OTAN.
Dieudonné a commencé sa carrière comme militant antiraciste. Au lieu de s'excuser pour son sketch de 2003 où il moquait un « colon sioniste extrémiste », Dieudonné a répliqué en étendant le domaine de son humour pour inclure la Shoah. La campagne conte lui peut être vue comme une volonté de rétablir le caractère sacré de la Shoah par une action de répression d'une forme contemporaine de blasphème.
Confirmant cette impression, une convention « historique » a été conclue le 9 janvier entre le Parquet de Paris et le Mémorial de la Shoah pour permettre à tout adolescent reconnu coupable d'antisémitisme d'être condamné à suivre un cours de « sensibilisation à l'histoire de l'extermination des Juifs. » L'étude du génocide est supposée leur apprendre les « valeurs républicaines de tolérance et de respect d'autrui. »
C'est peut-être précisément ce dont ils n'ont pas besoin. Le Parquet n'a peut-être pas conscience de tous ces jeunes gens qui disent qu'ils ont reçu plutôt trop que pas assez d'éducation à la Shoah.
Un article atypique dans Le Monde du 8 janvier citait des opinions qu'on peut facilement entendre auprès de la jeunesse française mais qui sont habituellement ignorées. Après avoir interviewé des spectateurs de la classe moyenne et ayant des sympathies de gauche et qui réfutent out antisémitisme, Soren Seelow citait Nico, un étudiant en droit à la Sorbonne qui vote à gauche et adoré Dieudonné parce qu'il « libère le rire dans ce qu'il considère comme étant une société conformiste, compassée et « bien-pensante.» Quant à la Shoah, Nico se plaint que « On nous en parle depuis la primaire, soupire Nico. A 12 ans, j’ai vu un film où des tractopelles poussaient des cadavres dans des fosses. Nous subissons une morale culpabilisatrice dès le plus jeune âge. ». »
En plus des cours d'histoire, les enseignants organisent des commémorations de la Shoah et des voyages à Auschwitz. Les rappels de la Shoah dans les médias sont presque quotidiens. Cas unique dans l »histoire de France, la loi dite Gayssot dispose que toute déclaration niant ou minimisant la Shoah est passible de poursuites voire de prison.
Les nombreux messages que j'ai reçus de la part de citoyens français en réaction à mon précédent article (Counter Punch, 1er janvier 2014) ainsi que des conversations privées ont rendu clair pour moi que les rappels à la Shoah sont très souvent vécus par des personnes nées des dizaines d'années après la défaite du nazisme comme des invitations à ressentir de la culpabilité ou au moins mal à l'aise pour des crimes qu'ils n'ont pas commis. Comme beaucoup d'événements qui exigent de la solennité, la Shoah peur être ressentie comme un sujet qui impose un silence gêné. Le rire est alors vécu comme une libération.
 Mais pour d'autres, ce genre de rire ne peut être qu'abomination.
Dieudonné a été condamné à 8 000 euros d'amende pour sa chanson « Shoananas » et d'autres condamnations semblables pointent à l'horizon. Ces poursuites devant les tribunaux, à l'instigation surtout de la LICRA (Ligue Internationale Contre le Racisme et l'Antisémitisme) ont aussi pour but de le ruiner financièrement.
 “Haine”
Un des refrains du choeur anti-Dieudonné affirme qu'il « n'est plus un comédien » mais a transformé ses spectacles en « réunions politiques antisémites » qui répandent la « haine ». Même le lointain magazine New Yorker a accusé l'humoriste de faire carrière en propageant la « haine ». Ce qui évoque des images de choses terribles qui sont très éloignées de ce qu'est un spectacle de Dieudonné ou de ses conséquences.
Il n'y avait pas d'atmosphère de haine chez les milliers de fans qui n'avaient pas pu assister le 9 janvier au spectacle de Dieudonné à Nantes, interdit à la dernière minute par le Conseil d'Etat, la plus haute juridiction administrative. Personne ne se plaignait d'avoir été privé d'un « rassemblement nazi ». Personne ne songeait à faire du mal à qui que ce soit. Tous disaient être venus pour profiter du spectacle. Ils représentaient un échantillon normal de jeunes Français de la classe moyenne avec souvent un bon niveau d'éducation. Le spectacle avait été interdit sur la base « de trouble public éventuel ». La foule déçue s'est dispersée pacifiquement. Les spectacles de Dieudonné n'ont jamais donné lieu à un quelconque trouble à l'ordre public.
Mais on ne se trompera pas en parlant d'une haine virulente contre Dieudonné
 Philippe Tesson, un commentateur écouté, a annoncé lors d'une récente interview radio, qu'il se « réjouirait profondément » de voir Dieudonné exécuté par un peloton d'exécution. «C'est, pour moi, une bête immonde. Donc qu'on le supprime ! » s'était-il exclamé.
Rav Haim Dynovisz, le rabbin qui professe sur internet, a admis dans un de ses cours de théologie que la théorie darwinienne de l'évolution qu'il rejette avait été prouvée par Dieudonné comme vérifiée pour « certaines » personnes qui doivent descendre du gorille.
Deux adolescents âgés de 17 ans ont été renvoyés définitivement de leur lycée pour avoir fait le geste de le quenelle considérée comme [apologie de] « crimes contre l'humanité ». Le webzine franco-israélien JSSNews a activement enquêté sur les identités des personnes qui ont fait le geste de la quenelle pour qu'elles soient licenciées de leurs emplois, se vantant qu'il allait « faire monter le chômage en France. »
Les propriétaires du petit théâtre parisien de « La main d'Or », loué par Dieudonné avec un bail qui expire en 2019 ; sont récemment rentrés précipitamment d'Israël en exprimant leur intention de trouver un point de droit permettant de rompre le bail et de lui faire quitter les lieux.
Pour ce que j'en sais, la pire chose jamais dite par Dieudonné pendant ses spectacles était une insulte personnelle contre le présentateur radio Patrick Cohen. Cohen avait plaidé avec insistance pour que des personnes qu'il qualifie de « cerveaux malades » comme Dieudonné ou Tariq Ramadan soient exclus des studios de télévision. En décembre dernier, la télévision française (qui le reste du temps tient Dieudonné à l'écart de ses émissions) avait filmé Dieudonné disant « quand j'entends parler Patrick Cohen, je me dis, vous savez, les chambres à gaz... Dommage... »
Avec l'offensive anti-Dieudonné déjà en bonne voie, on s'était emparé de ces propos insultants comme s'ils étaient caractéristiques des spectacles de Dieudonné. C'était une réaction excessivement brutale de Dieudonné face à des attaques très virulentes contre sa personne.
Que ça plaise ou pas, l'irrévérence est un ingrédient du comique. Et les références de Dieudonné à l'Holocauste ou à la Shoah sont toutes à ranger dans la catégorie de l'irrévérence.
Sur des sujets autres que la Shoah, ce n'est pas l'irrévérence qui manque en France.
Les religions traditionnelles, ainsi que des personnalités importantes, sont régulièrement caricaturées d'une manière caricaturale que la quenelle apparaît prude. En octobre 2011 , la police parisienne était intervenue contre des Catholiques traditionalistes qui essayaient d'interrompre une pièce de théâtre dans laquelle on mettait (apparemment) des excréments sur le visage de Jésus. La classe politico-médiatique avait défendu avec vigueur la pièce, sans se préoccuper du fait que certaines personnes la percevaient comme « insultante ».
La France a récemment fait très bon accueil à une organisation ukrainienne qui se fait appeler « Femen », des jeunes femmes qui semblent avoir étudié les doctrines de provocation de Gene Sharp et se servent de leurs poitrines dénudées en guise d'affirmations (ambiguës). Ces femmes ont obtenu rapidement des titres de séjour(si difficiles à obtenir pour nombre de travailleurs immigrés) et ont eu la permission de s'installer au cœur du principal quartier musulman de Paris où elles ont immédiatement essayé (sans succès) de provoquer les habitants incrédules. La leader blonde des Femen a même été choisie pour incarner le symbole de la république, Marianne, sur les timbres poste français alors qu'elle ne parle pas français.
Le 20 décembre dernier, ces « nouvelles féministes » ont pénétré dans l'église de la Madeleine près du palais de l'Elysée à Paris, mimé « l'avortement de Jésus » avant d'uriner devant l'autel. Il n'y a eu aucune expression d'indignation de la part du gouvernement français. L'Eglise Catholique a protesté, mais ce genre de protestations n'a qu'un faible écho aujourd'hui en France.
 Pourquoi la Shoah doit être sacrée
Quand Dieudonné chante la Shoah avec légèreté, il est considéré par certains comme quelqu'un qui nie l'Holocauste et appelle à sa répétition (une proposition contradictoire si on y réfléchit). Le caractère sacré de la Shoah est défendu avec l'argument selon lequel maintenir vivant le souvenir de l'Holocauste est essentiel pour empêcher qu'il « se produise une nouvelle fois. » En évoquant la possibilité d'une répétition, on entretient la peur.
Cette thèse est le plus souvent acceptée comme une loi de la nature. Nous devons continuer à commémorer le génocide pour empêcher qu'il se reproduise. Mais existe-t-il quelque preuve pour étayer cette thèse ?
.Rien ne prouve que des rappels répétés d'un événement historique très important qui s'est produit dans le passé puissent l'empêcher de survenir à nouveau. Ce n'est pas ainsi que marche l'histoire. Dans le cas de la Shoah, des chambres à gaz et tout le reste, il est assez absurde d'imaginer que cela puisse se reproduire si on considère tous les facteurs qui ont permis que ça se produise une première fois. Hitler avait le projet d'asseoir le rôle des Allemands en tant que race « aryenne » dominante en Europe et il haïssait les Juifs en tant que dangereuse élite rivale. Qui aujourd'hui entretient un tel projet ? Certainement pas un humoriste franco-africain ! Hitler n'est pas de retour, pas plus que Napoléon Bonaparte ou le Hun Attila.
Le rappel constant de la Shoah dans des articles, des films, l'actualité ainsi qu'à l'école, loin de prévenir quoi que ce soit, peut créer une fascination morbide pour les « identités ». Il induit la « concurrence victimaire. » Cette fascination peut amener à des résultats inattendus. Quelques 300 écoles parisiennes arborent des plaques en mémoire d'enfants juifs déportés dans les camps de concentration nazis. Comment les enfants juifs réagissent-ils à ça aujourd'hui ? Trouvent-ils que c'est rassurant ?
C'est peut-être utile à l'Etat d'Israël qui a lancé un programme triennal pour encourager plus de Juifs parmi les 600 000 que compte la France à quitter ce pays pour aller en Israël. En 2013, le nombre d'aliyah [prétendu retour à Sion] a augmenté pour atteindre plus de 3 000, une tendance attribuée par l'European Jewish Press « à une mentalité sioniste de plus en plus présente dans la communauté juive française, particulièrement chez les jeunes et aux actions de l'Agence Juive, du gouvernement israélien et d'autres organisations non gouvernementales pour cultiver l'identité juive en France. »
« Si nous avons vu cette année l'aliyah en provenance de France passer de moins de 2 000 à plus de 3 000, je vois ce chiffre passer dans un proche avenir à 6 000 et plus parce que nous connectons toujours plus de jeunes gens à la vie juive et à Israël, » déclarait Nathan Sharansky, président de l'Agence Juive pour Israël. Il est vrai qu'une des manières d'encourager l'aliyah est d'effrayer les Juifs avec la menace de l'antisémitisme, et prétendre que des nombreux fans de Dieudonné sont des nazis déguisés est une bonne manière d'y parvenir.
Mais pour les Juifs qui veulent rester vivre en France, est-il vraiment sain de continuer à rappeler aux enfants juifs que, s'ils ne se tiennent pas sur leurs gardes, leurs compatriotes pourraient un jour vouloir les entasser dans des wagons de marchandises et les expédier à Auschwitz ? J'ai entendu des gens dire en privé que ce rappel permanent s'apparentait à de la maltraitance d'enfants.
Une personne qui voit les choses ainsi est Jonathan Moadab, un journaliste indépendant àgé de 25 ans qui a été interviewé par Soren Seelow. Moadab est à la fois juif pratiquant et antisioniste. Enfant, on l'a emmené visiter Auschwitz . Il a expliqué à Seelow que vivre avec dette « endoctrination victimaire » a engendré une sorte de « syndrome de stress pré-traumatique. »
 « Les plaisanteries de Dieudonné sue la Shoah, comme sa chanson Shoananans, ne visent pas la Shoah en tant que telle, » dit-il, « mais l'exploitation de l'Holocauste décrite par le sociologue américain Norman Finkelstein »
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Le 22 janvier, Jonathan Moadab a appelé ouvertement sur son site web Agence Info Libre à « séparer l'Etat de la religion de l'Holocauste ». Moadab cite le professeur Yeshayahu Leibowitz comme étant le premier à relever les nombreux aspects par lesquels l'Holocauste est devenue la nouvelle religion juive. Si tel est le cas, tout le monde a le droit de pratiquer la religion de la Shoah. Mais doit-elle être la religion officielle de la France ? 
Les politiciens français ne cessent de vanter la “laïcité”, la sécularité, de la république française. Le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, qui proclame sa dévotion personnelle pour Israël a récemment qualifié la Shoah de « sanctuaire qu'on ne peut pas profaner ». Moadab conclut que si la Shoah est un sanctuaire, alors l'Holocauste est une religion et la République n'est pas laïque.
Des changements se font dans l'attitude des jeunes gens en France. Ce changement n'est pas dû à Dieudonné. Il est dû au temps qui passe. L'Holocauste est devenu la religion de l'Occident à une époque où la génération de l'après seconde guerre mondiale était encline à blâmer ses parents. Aujourd'hui, ce sont les petits enfants ou arrières petits enfants de ceux qui ont traversé cette période et ils veulent regarder devant eux. Aucune loi ne peut l'empêcher.
« Comme je l'ai dit dans mon article précédent, la « quenelle » est un geste vulgaire signifiant à peu près « dans ton c.., » avec une main placée en haut de l'autre bras en extension vers le bas pour préciser sa longueur. Reprenant le nom d'un mets français, Dieudonné avait commencé à utiliser ce geste dans un contexte complètement différent il y a des années de ça, pour exprimer la méfiance, le scepticisme ou l'indifférence.

mardi 2 juillet 2013

L'islamophobie, bien commun de la "république" (sur la levée de l'immunité parlementaire de Marine Le Pen)

Dans une vie politique française qui est marquée par une relative indifférenciation des idées chez les partis "institutionnels" de droite comme de gauche, il semble impossible d'engager un véritable débat.
Là où on aurait pu imaginer qu'un débat devait avoir lieu comme dans le projet de loi sur le mariage des homosexuels, cela a été impossible puisque ceux qui étaient opposés à ce mariage ont été ravalés au rang d'obscurantistes.
Pour satisfaire aux aspirations d'une coterie ultra minoritaire mais présente aux bons niveaux dans la société et dans l'appareil d'Etat.
De fait, il n'y a pas grand chose à débattre en dehors de la meilleure manière de casser du sucre sur les musulmans.
Parce que ce qu'on appelle islamophobie fait maintenant partie du bien commun de la société française. Et si le Front national est très en verve en matière de discours islamophobe, l'UMP lui dispute quand même le maillot jaune sur ce point tandis que les socialistes font appel à leur vieux fonds anti-islam.
Plus modérés apparemment dans leur propos, ils n'ont cependant jamais renâclé quand il s'agissait de "casser du fell"en Algérie, de l'Egyptien comme en 1956 et ils se sont inscrits dans le droit fil des positions de l'UMP sur la Libye et la Syrie.
En matière de politique intérieure française, la une des journaux en ce moment porte sur la levée de l'immunité de Marine Le Pen par le parlement européen pour ses propos sur les prières de rue qu'elle avait comparées à une "occupation."
Cette levée a été votée à la demande du parquet de Lyon qui
"veut l'entendre dans le cadre d'une enquête pour incitation à la haine raciale".
La présidente du Front national, députée européenne, est visée par une plainte du Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples (MRAP) relative à ses propos du 10 décembre 2010 établissant un parallèle entre les prières des musulmans dans la rue en France et l'Occupation.
Ce jour-là, Marine Le Pen avait évoqué en ces termes certaines prières musulmanes en public :
"Je suis désolée, mais pour ceux qui aiment beaucoup parler de la seconde guerre mondiale, s'il s'agit de parler d'occupation, on pourrait en parler pour le coup. C'est une occupation de pans de territoire. Certes, il n'y a pas de blindés, il n'y a pas de soldats, mais elle pèse sur les habitants."
Mme Le Pen est donc visée par une plainte du Mouvement contre le Racisme et pour l'Amitié entre les Peuples (MRAP).
Mme Le Pen comprend cette procédure comme une tentative de l'abattre à tout prix.
Je ne suis pas loin de souscrire à ce point de vue pour la simple raison que ses prises de position n'ont en rien été en décalage de ce qu'on a pu observer au moment des faits et depuis lors dans le comportement d'éminents cadres politiques au pouvoir ou dans l'opposition.
On se rappellera par exemple que Hervé Hamon, à l'époque porte-parole du Parti Socialiste avait de son côté appelé à "libérer" l'espace public.
Hervé Hamon n'a fait l'objet d'aucune plainte, pas plus que M jean-François Copé avec sa scabreuse histoire de pains au chocolat confisqués aux petits Goyim par leurs camarades musulmans en période de jeûne de Ramadan.
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Et que dire de la LICRA qui dans sa déclaration de condamnation (!) des propos de Mme Le Pen constatait que
il est vrai que certains de nos concitoyens musulmans annexent la voie publique

Bien sûr il y a le contexte de ce segment de phrase, (comme dans les propos initiaux de Marine Le Pen) mais le verbe annexer est bel et bien employé.
Les musulmans annexent la voie publique comme l'entité sioniste annexe le plateau du Golan ou Jérusalem?
Quoi qu'il en soit, Mme Le Pen se voit donner une occasion en or de passer pour l'irréductible gauloise confrontée aux assauts d'une classe politique qui n'a rien d'autre à proposer qu'une adaptation du double carcan confectionné à Bruxelles et à Washington. 
Pour finir, on rappellera que l'église catholique organise de nombreuses processions sur la voie publique un peu partout à l'occasion de diverses fêtes religieuses.
Une des processions les plus imposantes est celle de la fête dite des Lumières le 8 décembre à Lyon qui mobilise des dizaines voire des centaines de milliers de marcheurs  [de toutes confessions même si les chrétiens sont bien entendu l'immense majorité] pour une montée aux flambeaux vers la basilique de Fourvière.
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Lyon, le 8 décembre 2011: une des cinq processions était celle des intégristes de la fraternité Saint Pie X
On m'objectera que cette fête n'a plus de caractère religieux.
Je répondrai: posez la question au Diocèse de Lyon et aux nombreux chrétiens pratiquants de la capitale des Gaules.
On m'objectera aussi que la France est un pays de tradition catholique.
Je répondrai: certes, mais la république est laïque et c'est paraît-il au nom de cette laïcité que Jean-François Copé défend les pains au chocolat contre l'islamisation rampante et que Marine Le Pen prétend libérer les rues de Paris.