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mercredi 25 novembre 2015

The Sun, petites pépées et islamophobie

Le Sun est un journal anglais dont il n'existe pas d'équivalent en France. Ses titres racoleurs secondés utilement par la photo d'une femme aux formes et au sourire prometteurs sont au service d'un agenda politique néoconservateur qui est celui de son propriétaire, le magnat de la presse Rupert Murdoch.
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Rupert Murdoch et sa nouvelle compagne, Jerry hall (ex Mme Jagger)
Outre le Sun, le groupe News Corp de Rupert Murdoch est propriétaire du Times, le légendaire journal londonien, du New York Post, un tabloïd à grande diffusion, du Wall Street Journal, des chaînes de télévision et des studios de cinéma Fox etc.
Et ce n'est là qu'un modeste aperçu de cet empire qui s'étend sur tous les continents.
Le Guardian démonte ici les ressorts d'un titre racoleur du Sun destiné à induire le lecteur pressé en erreur et à exciter l'islamophobie.

Les affirmations du Sun sur la sympathie des Musulmans pour les djihadistes ont-elles un fondement ?

Un coup d’œil sur les données de l'enquête derrière le gros titre du tabloïd remet en question la façon dont le journal a interprété les chiffres
par Pamela Duncan, The Guardian (UK) 23 novembre 2015 traduit de l'anglais par Djazaïri
Le Sun a mis en une ce titre racoleur : « Un Musulman britannique sur cinq a de la sympathie pour les djihadistes, » mais cette affirmation est-elle fondée ?
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Un coup d’œil aux données qui sont derrière le gros titre de lundi remet en question la manière dont le journal a interprété les chiffres.
Le gros titre et l'article en pages intérieures sont basés sur une enquête téléphonique conduite par Sturvation la semaine dernière. On ne sait pas vraiment comment l'échantillon de Musulmans britanniques a été constitué par Sturvation ni s'il peut être considéré comme représentatif de l'ensemble de la communauté.
La question particulière qui est à l'origine du titre la une demandait aux répondants qu’ils étaient d'accord avec une liste de déclarations.
Seulement 5 % des répondants étaient d'accord avec la déclaration : « J'ai beaucoup de sympathie pour les jeunes Musulmans qui quittent le Royaume Uni pour rejoindre les combattants en Syrie. » 14,5 % des répondants ont dit avoir « une certaine sympathie » pour eux. Ces chiffres additionnés font un total de 19,5 % qui motivent la tournure de l'article du Sun.
Même en acceptant ces données telles quelles, elles occultent le fait que près de 71,5 % des sondés ont dit ne pas avoir de sympathie pour les jeunes Musulmans qui quittent le Royaume Uni pour rejoindre les combattants en Syrie.
La question posée par Sturvation ne mentionne aucunement les djihadistes, l’État Islamique (Daesh) et la raison pour laquelle les combattants vont en Syrie. En outre, la question ne précise pars qui sont les « combattants en Syrie » - des combattants de Daesh ou éventuellement ceux d'autres groupes rebelles.
Étant donné qu'on a eu des exemples d'individus partis en Syrie pour lutter contre Daesh (par exemple avec un reportage de Channel 4 qui suivait trois anciens soldats partis combattre les miliciens de Daesh en Syrie), il est concevable que certains des sondés aient pu avoir en tête ces exemples plutôt que les gens qui s'en vont pour soutenir Daesh.
Le second problème est que le terme « sympathie » prête le flanc à une mauvaise interprétation : tandis qu'une personne peut l'employer pour signifier qu'il est d'accord avec ceux qui partent se battre, une autre personne peut simplement vouloir dire qu'elle comprend à un niveau émotionnel qu'une personne puisse faire ce choix. On peut éprouver de la sympathie pour une prise de position sans pour autant la partager.
De fait, un sondage antérieur effectué par le même institut en mars pour Sky News avait montré que 4,3 % des non Musulmans exprimaient « beaucoup de sympathie pour les jeunes Musulmans qui quittent le Royaume Uni pour rejoindre les combattants en Syrie. » Dans le même temps, 9,4 % exprimaient une « certaine sympathie », ce qui suggère que les attitudes des Musulmans et des non musulmans ne sont pas différentes quand on leur pose ces questions.
D'autres détails sur le sondage mené par Survation peuvent être trouvés ici tandis que l'intégralité des chiffres peut être trouvée ici.

dimanche 22 février 2015

L'incursion de l'armée turque en Syrie, un témoignage des bonnes relations de la Turquie avec l'Etat Islamique (Daesh)

La presse se fait l'écho de la récente opération de l'armée turque pour évacuer des soldats qui se retrouvaient encerclés par l'Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL, Daesh) dans le mausolée où est inhumé un ancien chef militaire seldjoukide, grand-père du fondateur de la dynastie ottomane.
L'armé turque a démoli le mausolée après avoir retiré la dépouille de Süleyman Chah
L'armée turque a démoli le mausolée après avoir retiré la dépouille de Süleyman Chah
Ce qui est étonnant, et que la presse ne semble pas relever, c'est que les forces turques aient pu pénétrer en plein territoire contrôlé par l'EIIL sans rencontrer aucune opposition.
On dira que le déploiement de forces était plutôt dissuasif ; plus de 80 véhicules blindés en tout et près de 700 soldats.

Mais cette dissuasion était-elle vraiment destinée à calmer les ardeurs des miliciens de l'EIIL ?

Non, si on en croit Elijah Magnier, cité dans l'article ci-dessous par le blogueur Moon of Alabama, Pour Magnier, l'entrée de l'armée turque s'est faite avec le plein accord de l'EIIL qui a laissé libre passage, Le convoi turc est d'ailleurs passé par un poste frontière tenu par les miliciens de Daesh dont le drapeau flottait tout à fait « normalement ».
NB : Elijah Magnier est le correspondant de guerre du journal jordanien Al RAI.

Alors qui était visé par ce déploiement de force ?
La réponse se trouve dans la nature des équipements mis en œuvre par l'armée turque avec en particulier la mobilisation d'avions radars dont le rôle est de détecter la présence d'aéronefs hostiles et de guider les avions amis sur un théâtre de combat aérien.
La seule force hostile qui aurait pu déployer des aéronefs, avions ou hélicoptères, est bien entendu l'armée syrienne, pas Daesh.

Quel prix la Turquie a-t-elle dû payer pour libérer les otages de l'Etat Islamique au mausolée du Chah ?

Moon of Alabama 22 février 2015 traduit de l'anglais par Djazaïri

La nuit dernière, environ 700 soldats turcs lourdement armés ont pénétré en Syrie et ont évacué quelque 40 de leurs camarades. Ces derniers veillaient sur la tombe de Süleyman Chah, un chef militaire de l'émir seldjoukide du 12ème siècle.
Situation du mausolée de Süleyman Chah
Situation du mausolée de Süleyman Chah
L'emplacement de la tombe était considéré comme une enclave turque depuis un accord passé en 1921 avec l'administration coloniale française du Levant :
Pendant l'opération qui a été lancée dans la nuit du 21 février, des avions radars (AWACS), des hélicoptères militaires et des drones étaient mobilisés tandis que 39 tanks et 57 véhicules blindés traversaient la frontière avec des équipes de soutien des forces spéciales turques. Les vidéos en direct ainsi que d'autres informations obtenues sur place étaient traitées dans une salle d'opérations au siège de l'état-major.
Sans avoir à s'engager dans des combats, les troupes turques ont quitté la Syrie dans la matinée du 22 février après avoir fait exploser le mausolée pour éviter qu'il serve de base aux militants de l'EIIL.
Davutoğlu a annoncé dans une série de tweets le 22 février que le contenu du mausolée avait été « temporairement » emmené en Turquie et que l'armée turque « prenait le contrôle d'une zone dans la région d'Ashma en Syrie, en hissant nos couleurs, où Süleyman Chah sera transféré plus tard. »
Alors, la Turquie veut voler plus de territoire syrien près de sa frontière pour y déposer les restes du Chah. Pourquoi devrait-ce être considéré comme quelque chose de légal ?
Mais revenons aux raisons de l'évacuation. Les soldats chargés de la tombe, à seulement 40 kilomètres de la frontière turque, étaient encerclés par des combattants de l'Etat Islamique. En temps normal, la garde était relevée touts les trois ou quatre semaines, mais les soldats turcs qui viennent d'être évacués étaient sur place depuis 11 mois. Ils étaient en pratique des otages de l'Etat Islamique. Alors pourquoi l'Etat Islamique les a-t-il laissés partir ?

Il est très peu probable que l'opération turque n'ait pas été connue de l'Etat Islamique. La Turquie a mis en œuvre près de 100 véhicules blindés. Avec des combattants de l'Etat Islamique présents dans tout le sud de la Turquie, la concentration de cette force près de la frontière ne sera pas passée inaperçue. Deux jours auparavant, la Turquie avait informé de l'opération le YPG kurde qui combat l'Etat Islamique dans le secteur. Quand les troupes sont entrées en Syrie, elles ont été filmées passant près d'un grand drapeau de l'Etat Islamique au poste frontière.


L'Etat Islamique n'aime pas les tombeaux. Il a démoli des centaines de tombeaux historiques dans les zones qu'il contrôle en Syrie et en Irak. Il n'a pas touché à la tombe de Süleyman Chah mais a gardé les troupes qui la surveillaient sous son contrôle. L'Etat Islamique devait savoir que les Turcs venaient pour évacuer les soldats et la dépouille mais il n'a rien fait pour s'y opposer, Comment est-ce possible ?

Comme l'observe Elijah Magnier (correspondant de guerre d' Al Raï, journal jordanien)
Nous pouvons l'affirmer avec force : L'organisation « Etat Islamique » a autorisé une armée membre de l'OTAN à entrer dans son territoire et lui a donné libre passage.
En effet. Ce qui m'amène à cette question :
Qu'est-ce que la Turquie a donné à l'Etat Islamique pour obtenir la libération des otages du mausolée de Süleyman Chah sans avoir à livrer un seul combat ?
La Turquie a déjà un accord de libre échange et des facilités bilatérales pour les touristes [les touristes sont les "djihadistes" NdT]  avec l'Etat Islamique. Une entente a dû se faire sur quelque chose d'autre et de plus précieux pour l'Etat Islamique en échange du retour des otages. Qu'est-ce que c'est ?

Les Etats Unis veulent coopérer avec la Turquie pour entraîner des combattants syriens à affronter l'Etat Islamique. Il serait assez important d'avoir une réponse à la question précédente avant de continuer à explorer cette voie.

mardi 17 février 2015

Islamo-fascisme et responsabilités de l'Islam de France: aux sources de la "pensée" de Manuel Valls

Les attentats de Paris, la marche « républicaine » du 11 janvier, les tout récents attentats de Copenhague et enfin la profanation d'un cimetière juif en Alsace mettent au centre du débat politique français les questions de l'Islam et de l'antisémitisme.

Peu importe si la profanation du cimetière juif est probablement plus le fait d'adolescents désoeuvrés qui s'approprient ainsi un territoire sinon ignoré d'eux et des camarades du même âge, et surtout si ces sales gosses ne sont pas musulmans.
Le président Hollande qui s'est déplacé pour faire part de son indignation devant cette profanation n'a curieusement pas insisté sur la nécessité de renforcer l'éducation à la laïcité. Il est vrai qu'un tel propos aurait été plutôt mal venu dans un département où le régime de la laïcité ne s'applique pas sauf pour la religion musulmane!

De toute façon, cet incident effectivement déplorable  sera exploité jusqu'à la corde et finira par abonder le discours sur les Musulmans et le nouvel antisémitisme, une thématique en quelque sorte théorisée par le premier ministre Manuel Valls sous l'appellation d'islamo-fascisme.

On voit bien l'intérêt de cette notion d'islamo-fascisme qui renvoie à une menace de nature non seulement sécuritaire mais politique pour la démocratie française et même européenne et justifie un rassemblement de tous ceux qui veulent protéger les libertés publiques. Un autre avantage de cette notion est qu'elle fait le lien avec ceux qui, en terre d'Islam, l'utilisent pour populariser et faire comprendre en Occident leur combat contre les mouvements politiques islamistes.

Ces confusions sont dangereuses parce qu'elles ne font finalement que convoquer à chaque fois l'imaginaire politique occidental et interdisent l'analyse concrète des réalités politiques des pays concernés.

Je fais partie des gens qui estiment qu'on ne doit pas dire n'importe quoi au prétexte que tel ou tel argument sert la cause à laquelle on adhère. C'est ce qu'on appelle de la propagande et je la laisse à ceux qui ont un avantage à en tirer. Je considère notamment qu'on n'a pas besoin de qualifier de manière erronée l'Etat Islamique en Irak et au Levant (EIIL – Daesh) ou al Qaïda de mouvements fascistes (islamo-fascistes) pour rejeter leurs thèses et leurs procédés.

Si on en revient à ce terme d'islamo-fascisme, il faut bien garder en mémoire son origine dans les milieux néo-conservateurs américains et sa reprise par leurs homologues européens tels Bernard-Botul-Henri Lévy, Caroline Fourest ou Geert Wilders.
La nouveauté, c'est que le terme est aujourd'hui repris par le premier ministre d'un gouvernement français réputé de gauche, ce qui est un signe à la fois d'un grave déficit de culture historique et politique chez Manuel Valls et de l'adhésion de ce dernier à la vision néo-conservatrice de l'Islam et des Musulmans.
Mme Valls n'a probablement aucune influence sur son choix de costumes et de cravates
Mme Valls n'a probablement aucune influence sur son choix de costumes et de cravates. malheureusement.
Le premier ministre ne s'est par ailleurs pas borné à appeler à la lutte « dans l'unité » contre l'islamo-fascisme puisque dans cette unité, il met cependant à part les Musulmans : «
Il faut une rupture. Il faut que l'islam de France assume, prenne totalement ses responsabilités», a réclamé le premier ministre. «C'est ce que demande d'ailleurs l'immense majorité de nos compatriotes musulmans qui n'en peuvent plus d'être confondus avec cette terreur», a-t-il conclu.
Les choses sont dites : dans la France qui ne connaît pas de communauté, les Musulmans doivent prendre leurs responsabilités en tant que tels (il est en outre question d'un Islam "de France" ).

Nous avons là aussi un mécanisme de pensée, en contradiction avec la laïcité, élaboré par les néo conservateurs qui semblent décidément plus inspirer Manuel Valls que Louis Blanc ou Jean Jaurès,

La doctrine d'action qu'on devine chez Manuel Valls est clairement exposée par David P. Goldman, un spécialiste de la finance (et de musicologie) mais aussi essayiste néo-conservateur influent aux Etats Unis. Comme tous les néo conservateurs, croyants ou non, David P. Goldman inscrit sa réflexion dans une perspective « judéo-chrétienne », juive en réalité mais l'oxymore du judéo-christianisme est un passe-partout idéologique efficace. Comme un certain nombre d'intellectuels néo-conservateurs, David P. Goldman a fait un passage par l'extrême gauche avant de s'orienter vers l'extrême droite.
David P. Goldman: virer Obama améliorera l'économie
David P. Goldman: virer Obama améliorera l'économie
Je doute que Manuel Valls adhère à la radicalité de ce qui est proposé mais il est clair qu'il en assume l'esprit.
Il est par contre certain que le chef du gouvernement « socialiste » s'en inspire consciemment.

Beaucoup trop « d'hommes les plus recherchés »

par David P. GoldmanPJ Media (USA)15 février 2015 traduit de l'anglais par Djazaïri

Les autorités danoises affirment avoir arrêté l'auteur des coups de feu à la synagogue de Copenhague ; son nom n'a pas encore été divulgué [c'est fait depuis], mais c'était une personne « connue des services de sécurité, » rapporte Der Spiegel ce matin. Les Danois ont refusé de donner plus d'informations. Nous avons probablement une répétition du modèle parisien : des terroristes que les services de sécurité surveillaient et qu'ils utilisaient peut-être comme informateurs sont soudain passés à l'action et ont commis des atrocités.

Il semble que les méthodes employée par les services de sécurité européens pour contrôler les djihadistes soient tombées en panne. Quelque 8 000 ressortissants français combattent pour l'Etat Islamique en Irak et au levant (EIILDaesh) ou dans d'autres organisations djihadistes, selon une estimation du gouvernement français. Après quelques centaines de milliers de morts en Syrie et en Irak et la désintégration de la Libye et du Yémen, un très grand nombre de jeunes Musulmans sont prêts à sacrifier leurs vies.

Les services de sécurité contrôlent les terroristes potentiels en exerçant un chantage sur de petits délinquants qui évoluent à la frange des organisations djihadistes pour en faire des informateurs. Comme il y a un large chevauchement entre le milieu criminel musulman et les organisations terroristes, cette stratégie a été efficace ces quinze dernières années. Le roman de John Le Carré et le film de Philip Seymour Hoffman qui en a été tiré « Un homme très recherché » décrit assez bien cette approche.

Peu de jeunes Musulmans plongent directement dans la violence : ils rejoignent des bandes, ils fréquentent des mosquées radicales, ils fréquentent des salons de discussion (chat roomsdjihadistes sur internet, se signalant ainsi aux autorités.

Les services de sécurité les menacent de la prison, d'expulser des membres de leurs familles et ainsi de suite pour les contraindre à coopérer. Cette approche marche jusqu'à un certain point, c'est-à-dire quand le sujet sous surveillance cesse de tenir compte des conséquences [de ses actions]. Comme John Schindler l'avait observé dans le blog XX Committee, il n'y a pas eu un « échec du renseignement » à Paris : le problème était que les services de sécurité étaient débordés. Un officiel d'un service de sécurité européen qui s'exprime sous un pseudonyme a fait la même observation récemment sur Asia Times Online.

La leçon de Copenhague est la même que celle de Paris : la fragile paix civile que les gouvernements européens ont maintenue avec leurs communautés immigrées musulmanes nécessite une révision fondamentale. Par le passé, les services de sécurité européens ont laissé les djihadistes monter en pression tout en éliminant discrètement les tueurs potentiels. Cette approche a échoué. L'alternative consiste à serrer la vis aux communautés musulmanes. J'ai ainsi soutenu le mois dernier sur Asia Times :
Les moyens par lesquels la France, ou n'importe quelle autre nation, pourrait défaire les terroristes sont évidents : contraindre la majorité des Musulmans français à se tourner contre les terroristes, les autorités françaises devant les amener à craindre l'Etat français plus qu'ils ne craignent les terroristes.C'est un sale boulot qui  nécessite de nombreuses expulsions, de retraits de la nationalité française et d'autres menaces qui toucheront inévitablement beaucoup d'individus qui n'ont aucun lien direct avec le terrorisme. A court terme, ça pourrait conduire à plus de radicalisation. Tout le projet de l'intégration comme antidote à l'extrémisme tomberait à l'eau. Ce serait une fort coûteux mais, au bout du compte, il réussirait : la plupart des Musulmans français veulent simplement rester en France et gagner leur vie.
Il ne suffit plus de patrouiller au bord du marécage et de tuer les moustiques avec un chasse-mouches. Il n'y a pas d'autre alternative que l'assèchement du marécage.

dimanche 23 novembre 2014

Le soutien des Etats Unis et du régime sioniste à al Qaïda en Syrie

Dans la guerre livrée au régime syrien, à l'Iran et au Hezbollah, les Occidentaux utilisent des stratégies complexes aux effets parfois imprévus, d'autant qu'elles ne font pas forcément toujours consensus en Occident même où leur mise en œuvre dépend des rapports de forces entre les gens, disons raisonnables, et les néoconservateurs.
Ces néoconservateurs, ainsi que l'expliquait Robert Parry, restent très présents dans l'appareil politico-militaire des Etats Unis et leur poids peut être très important dans un pays comme la France où ils se cachent aussi derrière de nobles idéaux humanitaires, alors que la seule chose qui leur importe est le sort du régime sioniste.
Dans ces pays occidentaux qui mènent une guerre non déclarée à la Syrie, on feint de s'étonner de la présence sur le terrain de combattants « djihadistes » dont les noms et prénoms évoquent parfois plus le camembert que le leben.
Le "djihadiste" français Abou Mariam exhibe la tête tranchée d'une résistante kurde
Le "djihadiste" français Abou Mariam exhibe la tête tranchée d'une résistante kurde
Mais qu'y a-t-il de surprenant à voir de jeunes Français répondre à l'appel au meurtre du chef de l'Etat syrien lancé par Laurent Fabius, l'actuel chef de la diplomatie française ?

De la même manière, on ne sera pas surpris de voir en Syrie les puissances occidentales soutenir des forces officiellement affiliées à al Qaïda même si les choses sont quelque peu obscurcies par les bombardements exécutés par les USA et leurs alliés arabes contre certaines forces djihadistes en Syrie.
Le blogueur Moon of Alabama nous aide à mieux comprendre ce qui se passe sur le terrain et dans les officines de Washington : une partie des forces djihadistes est entrée en conflit avec les intérêts de Washington en s'attaquant notamment au Kurdistan irakien où l'armée américaine entretient une base, Cette confrontation était à tel point inattendue que le gouvernement turc, allié de l'Etat Islamique en Irak et au Levant (EIIL ou Daesh) a eu du mal, et a toujours du mal, à modifier son positionnement stratégique à l'égard de cette puissante milice.
Ce qui est important dans l'article que je vous propose, c'est surtout ce fait que l'aviation américaine bombarde le Jabhat al-Nosra, une importante milice affiliée à al Qaïda, dans le nord syrien tandis qu'elle soutient la même milice au sud du pays dans la région proche du Golan occupé par l'entité sioniste et la frontière jordanienne. L'objectif des Etats Unis n'est donc pas de détruire cette milice mais d'en écarter les éléments rétifs à une alliance avec eux sur le terrain.
Et c'est sans doute le même objectif qui est poursuivi avec les frappes contre l'Etat Islamique en Irak et au Levant.

Comment les Etats Unis et Israël aident al Qaïda dans le sud de la Syrie

par Moon of Alabama (USA) 21 novembre 2014 traduit de l'anglais par Djazaïri
Quand l'administration Obama a déclaré avoir bombardé le « groupe Khorasan » dans le nord syrien, les spécialistes se sont demandés ce que cela voulait dire. Il n'existait et il n'existe aucune organisation de ce nom. Ce que l'administration Obama appelait groupe Khorasan était des dirigeants du Jabhat al-Nosra, la branche syrienne d'al Qaïda qui était active en Afghanistan et au Pakistan il y a quelques années avant de venir en Syrie. Alors pourquoi faire une distinction enre le Jabhat al-Nosra qui est actif dans toute la Syrie et un groupe dirigeant de la même organisation situé dans le nord de la Syrie ?
Mon sentiment est qu'il existe une coopération active entre le Jabhat al-Nosra et les Etats Unis, particulièrement dans le sud syrien, et que la distinction a été faite pour maintenir en place une forme quelconque d'alliance dans le sud. Les mercenaires de l'Armée Syrienne Libre dans le sud de la Syrie ont été entraînés et armés par la CIA en Jordanie et sont contrôlés depuis une salle d'opérations multinationale quelque part à Amman.
Dans le sud, le Jabhat al-Nosra combat activement aux côtés de l'Armée Syrienne Libre qui reçoit aussi un soutien d'Israël. Au cours de ces derniers mois l'ASL, avec les combattants d'al-Nosra comme troupes de choc, s'est emparée de portions importantes de territoire le long de la frontière de la Syrie avec la Jordanie et Israël. Leur but est, ainsi que nous l'avions signalé il y a deux mois, d'ouvrir un corridor vers Damas. Leurs avancées au détriment de l'armée syrienne dans la zone frontalière ont été réalisées avec l'appui des tirs de soutien de l'artillerie israélienne.
Reuters confirme aujourd'hui que Nosra, comme nous l'écrivions, est à la pointe des combats dans le sud :
Des combattants du Front al-Nosra affilié à al Qaïda et d'autres insurgés ont attaqué et fait uen brève incursion à Baath City dans le sud de la Syrie jeudi, le dernier bastion important de l'armée dans une province qui jouxte les hauteurs du Golan sous occupation israélienne.
…...
Des centaines de combattants d'al-Nosra qui ont fui la province orientale de Deir al-Zor après en avoir été chassés par l'Etat Islamique dans le courant de cette année se sont regroupés dans le sud de la Syrie où ils ont renforcé la présence rebelle dans ce secteur, selon es activistes.
« Il [ce renfort] a permis aux combattants de prendre le dessus dans cette zone, » déclare Abou Yahia al-Anari, un combattant d'Ahrar al-Sham.
...
Les gains des insurgés depuis le début de cette année ont principalement été obtenus par le Front al-Nosra en association avec d'autres rebelles et brigades islamistes qui combattent en alliance avec l'Armée Syrienne Libre soutenue par l'Occident. A la différence des rebelles qui combattent dans le nord, ils se sont bien coordonnés jusqu'à présent.
Au nord, le Jabhat al-Nosra combat des groupes de mercenaires soutenus par la Turquie et les Etats Unis. Au sud, il coopère par contre avec ce genre de groupes qui sont soutenus, équipés et entraînés par les Etats Unis à partir de la Jordanie et d'Israël. Al-Nosra au nord a été rebapptisé « groupe Khorasan » de sorte à ce qu'on puisse le bombarder sans mettre en danger l'alliance au sud entre l'Armée Syrienne Libre et le Jabhat al-Nosra.
Les combattants de Nosra dans le sud utilisent bien entendu des ermes et d'autres équipements que les unités de l'Armée Syrienne Libre reçoivent de la CIA et d'autres services secrets. Ces groupes combattent ensemble et partagent naturellement leurs ressources.
En octobre, un mois après que j'ai signalé les opérations dans le sud, le Washington Institute, une pièce du lobby sioniste aux Etats Unis, a reconnu ces plans et a exhorté à plus de soutien d'Israël et des Etats Unis sur le front sud. Il minimisait bien sûr sciemment la participation d'al-Nosra.
Une assistance coordonnée dans le sud de la part des Jordaniens, des Israéliens et des alliés pourrait permettre de renforcer les rebelles syriens modérés dans cette région, d'éviter une prise de contrôle par les extrémistes et faciliter la campagne en cours contre l'Etat Islamique en Irak et au Levant (EIIL).
Pour l'instant, l'essentiel du soutien israélien aux bataillons locaux modérés et non islamistes le long de la frontière s'est borné à une aide humanitaire, tels les soins apportés à 1 4000 Syriens malades et blessés dans des hôpitaux israéliens, la fourniture de médicaments, de nourriture et de moyens de chauffage à des villageois etc. Certains groupes rebelles sont en contact constant avec l'armée israélienne, avec par exemple de fréquentes réunions secrètes qui se tiendraient à Tibériade, mais seule une petite quantité d'armes leur a été fournie, essentiellement des lance-roquettes.
Les opérations dans le sud n'ont rien à voir avec l'EIIL qui reste peu présent dans le sud, mais sont exclusivement dirigées contre l'armée syrienne, le gouvernement syrien et la population de Damas. Les combats sont conduits, comme l'a reconnu Reuters aujourd'hui, par des miliciens du Jabhat al-Nosra et un soutien américain et israélien est apporté aux groupes locaux de l'Armée Syrienne Libre qui sont étroitement alignés avec al-Nosra.
Les Etats Unis et Israël sont certainement au courant ce ce que Reuters rapporte et que nous avions affirmé auparavant. Ils ont armé et continuent à armer des groupes qui coopèrent étroitement et partagent avec al Qaïda leurs ressources obtenues auprès d'Israël et des Etats Unis.

vendredi 1 novembre 2013

L'opposition syrienne achète son lait en Libye et ses armes en.... où ça au fait?

On savait que de prétendus «djihadistes» sont venus de divers pays d'Europe pour faire le coup de feu en Syrie et participer ainsi à la tentative de renverser le pouvoir de Bachar al-Assad.

On n'avait par contre pour l'instant eu aucune information sur l'organisation non étatique en Europe d'un trafic d'armes à destination de ceux qui combattent l'armée gouvernementale.

Eh bien c'est chose faite et ce n'est personne d'autre qu'un imam dont le rôle a été mis en évidence.
Cet imam est un Suédois d'origine syrienne et n'est nullement un marginal mais quelqu'un qui a pignon sur rue dans son pays d'adoption.
Et l'organisation qui a servi de paravent à ses opérations d'achat et de transfert d'armes est une association à but humanitaire, la Commission pour la Protection des Civils.

Le plus beau est que ces opérations de type militaire conduites à partir du sol d'un pays européen, membre de l'UE, n'avaient pas de caractère vraiment secret, ainsi que l'observe un spécialiste de ces questions.

On notera la défense plutôt molle de l'actuel président de cette association qui prétend que son organisation n'a pas acheté d'armes en Libye mais du... lait.

C'est normal, la production de lait en Libye s'élevait à 224 000 tonnes en 2009 (dont près de 30 % de lait de brebis) contre 2 974 000 tonnes pour la Suède (100 % lait de vache).  


http://chartsbin.com/view/1492
Production mondiale de lait

On note une fois de plus le sens logique remarquable qui caractérise les prétendus rebelles en Syrie. 
 

Un imam Suédois achemine clandestinement des armes en Syrie

The Local (Suède) 31 octobre 2013 traduit de l'anglais par Djazaïri

Un imam Suédois a acheminé clandestinement de grandes quantités d'armes destinées aux rebelles en Syrie, un délit passible quatre ans de prison.
Des sources ont déclaré à Sveriges Radio (SR) que l'homme d'origine syrienne était l'un des principaux fournisseurs d'armes ses rebelles et qu'il livrait des armes depuis 18 mois dans ce pays déchiré par la guerre civile.
Selon SR, le fournisseur d'armes présumé qui se nomme Haytham Rahmeh aurait acheté des armes principalement en Libye, mais aurait aussi fait des achats en Bosnie-Herzégovine. Les armes ont ensuite été transportés à travers la Turquie puis livrées aux rebelles en Syrie. 

Haytham Rahmeh est membre du Conseil National Syrien
 
Raphaël Lefèvre, un chercheur de l'Université de Cambridge qui a interviewé Rahmeh, a déclaré sur SR que Rahmeh a été souvent vu auprès de l'opposition syrienne et ne s'est pas caché d'envoyer des armes aux rebelles via une organisation appelée Commission pour la Protection des Civils.
"L'envoi d'armes en Syrie par cette organisation n'est pas un secret", a dit Lefèvre sur SR. 

Rahmeh a officié pendant plusieurs années en tant qu'imam à la mosquée de Stockholm qui se trouve près de Medborgarplatsen, en centre ville. Il a aussi été président le l'organisation européenne des imams avant de tourner son attention vers l'assistance aux rebelles Syriens. 

Thomas Tjäder, un expert en matière de sécurité à l'Agence Suédoise pour la Non Prolifération et le Contrôle des Exportations (Inspektionen för strategiska produkter – ISP) a expliqué que la contrebande d'armes en Syrie était une infraction à la réglementation suédoise sur le contrôle des armes et était passible d'une peine pouvant aller jusqu'à quatre ans de prison.

La loi s'applique à tous les citoyens Suédois ainsi qu'aux étrangers en séjour régulier, que les armes aient transité par la Suède ou pas, a déclaré Tjäder sur SR. L'embargo de l'Union Européenne sur les armes pour la Syrie implique de veiller à son application au niveau des Etats, a-t-il expliqué, voulant dire ainsi que c'était à la Suède d'enquêter sur d'éventuelles infractions.

Nazir Hakim, président de la Commission pour la Protection des Civils a confirmé que Rahmeh avait collecté des fonds pour l'organisation et qu'une partie de l'argent avait servi à acheter des armes. Il a cependant affirmé que les armes avaient été achetées en Syrie et non importées de Libye.

«Nous avons acheté deux cargaisons de lait en Libye» a-t-il dit sur SR.

SR a cependant cité plusieurs sources qui affirment que l'organisation a importé des armes de Libye.

jeudi 31 octobre 2013

La route de la Turquie reste ouverte pour ceux qui veulent combattre en Syrie

L'article que je vous propose évoque le transit par la Turquie de combattants qu'on qualifie de «djihadistes» et qui veulent rejoindre les milices qui combattent le régime syrien.

Ce que montre l'article, c'est que ce transit est organisé avec des hommes qui assurent l'acheminement et le contrôle des futures recrues, pour détecter la présence d'espions éventuels, s'appuyant pour cela sur tout un réseau de planques en Turquie, notamment le long de la frontière syro-turque.

L'article n'affirme pas que le gouvernement turc participe à cet acheminement de combattants étrangers, mais suggère qu'il ferme au minimum les yeux.

On retiendra les pauvres arguments de la police turque pour justifier son incapacité à endiguer l'entrée en Syrie de voyageurs à qui on ne peut rien reprocher du fait que leurs papiers sont en règle!
Ce qui est certain par contre, c'est que les autorités turques ont perdu le contrôle d'un phénomène qu'elles ont tout fait au départ pour encourager.

Et que certaines agglomérations du sud-est du pays sont désormais sous le contrôles des milices djihadistes de l'Etat Islamique en Irak et au Levant (EIIL).

Comme je l'écrivais tantôt, des lendemains douloureux attendent le gouvernement turc quand la crise syrienne sera terminée (et peut-être même avant) et ce, quelle que soit l'issue de cette crise, que Bachar al-Assad reste en place ou pas.

Les recrues d'al Qaïda pénètrent en Syrie à partir de leurs planques en Turquie

Des djihadistes étrangers – dont des Britanniques – affluent en Syrie pour rejoindre al Qaïda à partir de planques en Turquie
par Ruth Sherlock, The Daily Telegraph (UK) 31 octobre 2013 

Des centaines de recrues d'Al-Qaïda sont accueillies dans des centres d'hébergement dans le sud de la Turquie, avant d'être transférées clandestinement vers la frontière pour mener le "djihad" en Syrie, a appris le Daily Telegraph.


Le réseau de planques permet à un flux régulier de combattants étrangers – dont des britanniques et des Australiens – de participer à la guerre civile en Syrie, selon plusieurs personnes impliquées dans le dispositif.
Ces djihadistes étrangers ont largement éclipsé l'aile «modérée» des rebelles de l'Armée Syrienne Libre (ASL) qui a le soutien de l'Occident. La capacité d'al Qaïda à utiliser le territoire turc va soulever des interrogations sur le rôle que joue ce pays membre de l'OTAN dans la guerre civile en Syrie.

La Turquie soutient les rebelles depuis le début – et on supposait que son gouvernement partageait les préoccupations occidentales au sujet d'al Qaïda. Mais des spécialistes disent qu'on craint de plus en plus le risque que la Turquie puisse avoir perdu le contrôle des mouvements des nouvelles recrues d'al Qaïda – voire même qu'elle ferme les yeux.

«Chaque jour arrivent des moudjahidine de toutes nationalités,» déclare Abu Abdulrahman, un bénévole Jordanien qui supervise le flux de combattants étrangers. Il gère un réseau de centres d'accueil dans le sud de la Turquie pour les volontaires qui souhaitent rejoindre la branche d'al Qaïda en Syrie, connue sous l'appellation d'Etat Islamique en Irak et au Levant (EIIL).

Il s'exprimait depuis une planque d'al Qaïda, au moyen du compte Skype d'un intermédiaire tout en étant écouté par des volontaires de plusieurs pays, dont la Grande Bretagne.

Une fois que le volontaire est arrivé en Turquie, il y a des «procédures» avant qu'il puisse rejoindre al Qaïda, explique Abu Abdulrahman: «Si vous voulez entrer [dans al Qaïda], vous devez être un bon musulman. Nous devons enquêter pour être sûrs que vous n'êtes pas un espion. Si vous êtes étranger, quelqu'un de notre réseau doit vous recommander,» dit-il.

Ces planques sont en général des appartements loués sous de faux noms dans des villages proches de la frontière turque avec la Syrie. Les recrues doivent parfois attendre des semaines avant d'être autorisées à franchir la frontière. Les logements sont aussi utilisés comme lieux de repos pour les combattants d'al Qaïda qui reviennent du front syrien.

Il y peut-être 10 000 combattants étrangers en ce moment en Syrie, selon des experts. Certains sont des vétérans endurcis par la guerre en Irak, d'autres sont des jeunes «des bleus du djihad» et une part significative d'entre eux vient de pays occidentaux. 

Abu Abdullah, un volontaire Australien, dit être parti pour aller combattre en Syrie parce qu'un «mode de vie occidental est contre l'Islam», Il a aussi été révulsé par les atrocités commises par le régime du président Bachar al-Assad.
"Quand vous voyez des femmes et des enfants – n'importe quel être humain - être abattus ou violés ou tués devant leurs pères et leurs familles, tout simplement parce qu'ils prient Dieu [Allah], vous devez être ému par leur humanité. Le prophète Muhammad a dit que si une partie du corps est blessée, alors le reste du le corps ne peut connaître le repos. Si une seule personne est blessée et si quelque chose va contre l'Islam, nous avons le devoir de réagir.»
Mais Abu Abdullah hésite quand il essaye de se rappeler un passage du Coran [justifiant ses dires, NdT]: «Je suis désolé, je ne suis pas le plus compétent des musulmans. Dieu, pardonne-moi pour cela ", dit-il.

Charles Lister, d'IHS Jane's, un consultant défense, déclare: «Il existe de fortes présomptions sur le fait que le nombre de djihadistes en Syrie est en augmentation. Si on examine par exemple la nature de la présence de l'EIIL, l'aire géographique de présence des étrangers est en expansion. Ce qui a probablement un rapport avec la facilité avec laquelle les recrues peuvent traverser la frontière.»


Un autre analyste dit que la Turquie «ferme les yeux» devant le nombre de combattants étrangers qui entrent en Syrie via son territoire, y compris en passant par Antakya, la capitale de la province limitrophe de Hatay. Le résultat, ajoute-t-il, est que les djihadistes sont devenus une épine dans le pied de la Turquie, ayant pris de facto le contrôle de villes et de villages proches de la frontière.

Les officiels Turcs contestent ces affirmations avec véhémence et mettent l'influx de combattants à l'échec de la communauté internationale à mettre fin à la guerre en Syrie. «Nous n'avons jamais été laxistes sur ce problème. Nous ne tolérons pas la présence d'extrémistes et d'éléments terroristes sur notre sol,» déclare un officiel Turc. «Si des djihadistes sont passés [par notre territoire], c'est à notre insu et hors de notre contrôle. La présence d'extrémistes en Syrie est un motif de préoccupation pour la Turquie et d'autres pays – et la raison pour laquelle le nombre de djihadistes en Syrie continue de croître en Syrie tient à l'échec de la communauté internationale à résoudre la crise actuelle.»

Cet officiel appelle les pays étrangers à ne pas «pointer seulement la responsabilité» de la Turquie et à oeuvrer à renforcer la surveillance de leurs citoyens qui pourraient vouloir aller en Syrie: «Sauf si on nous donne des informations sur l'appartenance de ces gens à al Qaïda, à une organisation terroriste, sur quelle base juridique pouvons nous les stopper s'ils voyagent avec un passeport valide?»

La police turque essaye de fermer les planques d'al Qaïda en faisant des descentes dans les appartements où des renseignements ont signalé une présence d'al Qaïda. Et les autorités turques ont commencé à améliorer la qualité des contrôles à la frontière. Mais avec plus de 800 kilomètres de frontières communes entre la Turquie et la Syrie, et avec le grand nombre de djihadistes étrangers qui arrivent dans le pays, les autorités ont été pour l'instant incapables de couper le robinet. Si la police arrête quelqu'un, elle ne peut pas l'incarcérer ni le renvoyer dans son pays d'origine parce qu'il est difficile de prouver qu'il est membre de l'EIIL, jubile un djihadiste.

Dans la ville frontalière de Kilis, à trois heures de route d'Antakya, les djihadistes se sentent suffisamment à l'aise pour siroter le café dans les halls d'hôtels en discutant tranquillement avec leurs collègues. Cette semaine, le Telegraph a discuté avec un membre de l'EIIL dans uns de ces hôtels, Que la Turquie le veuille ou pas, «elle a été très bonne avec nous,» dit en clignant de l'oeil le djihadiste qui souhaite rester anonyme.