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mercredi 23 mars 2016

Pour Pedro Santisteve, maire de Saragosse, les attentats de Bruxelles sont une conséquence de la violence exercée par l'Europe dans d'autres parties du monde

Bon, je voulais faire juste une petite intro et je me suis laissé aller...
Quand on évoque les terribles attentats qui ont frappé Bruxelles tout récemment, ou Paris en novembre 2015, l'émotion et la tristesse sont de rigueur et c'est bien normal. Cependant, s'agissant d'événements qui ne résultent pas de phénomènes naturels mais d'actions humaines concertées dont l'objectif n'est pas celui de la rapine, on serait en droit d'attendre des réponses politiques.
Vous me direz que les hommes politiques s'expriment à ce sujet. Et en effet, on peut même trouver que Manuel Valls s'exprime plutôt trop que pas assez. Et surtout qu'il, comme les autres dirigeants européens, propose uniquement des réponses sécuritaires, dont la nature n'a souvent qu'un lien distant avec la problématique soulevée par les attentats, et qui ne donnent en guise d'explication aux agissements des terroristes que leur détestation de l'Europe, de ses valeurs, de la démocratie etc.
S'il est évident que des mesures doivent être prises pour protéger la population (et il est douteux que celles proposées y suffisent), il importe quand même de cerner correctement les causes de la mobilisation terroriste.
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Parce que, si je suis la logique de Manuel Valls ou de François Hollande, il suffira de transformer la France et l'Europe en dictature pour enfin avoir la paix puisque les terroristes n'auront plus de raisons de détester les "valeurs" et la "démocratie" européennes.
Et c'est apparemment ce chemin qu'a choisi une clique néoconservatrice qui est représentée dans à peu près tous les gouvernements européens et qui est aux manettes en France.
C'est un peu ce que dit Pedro Santisteve, le maire de Saragosse qui considère que la violence terroriste est un retour de bâton de la violence qu'exercent les pays européens ailleurs dans le monde (on pense immédiatement à la Libye, à l'Irak et à l'Afghanistan) et que le rêve d'une Europe démocratique et ouverte à tous est en train de s'effondrer.
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Pedro Santisteve, maire de Saragosse

Et ce rêve ne s'effondre pas du fait de la menace terroriste parce qu'il faut être stupide pour supposer que des attentats, même aussi meurtriers que ceux qu'ont connu la Belgique, la France et, plus loin dans le temps, l'Espagne et le Royaume Uni représentent une menace sérieuse pour les Etats européens qui pourraient finir par sortir vaincus d'une épreuve de force qui les opposerait à quelques dizaines ou même centaines de repris de justice qui ne posaient pas vraiment problème quand ils étaient supposés participer à la mise au pas, voire à l'élimination physique, du président syrien Bachar al Assad.
Le maire de Saragosse tient des propos qu'aucun élu de ce statut ne pourrait tenir en France. Saragosse est en effet une grande ville et son maire n'est pas n'importe qui: avocat pénaliste réputé, professeur de droit, il est entré en politique avec le mouvement des Indignés et il s'inscrit dans un mouvement qui fédère plusieurs partis de gauche.

Le maire de Saragosse à propos des attentats :"La violence que nous avons contribué à semer revient chez nous"

Publico (Espagne) 23 mars 2016 traduit de l'espagnol par Djazaïri
Pedro Santisteve a exprimé sa "condamnation" et sa "répulsion" devant les attentats d'hier à Bruxelles et il plaide pour la construction d'une "Europe accueillante, qui défend le droit à la vie, l'inclusion de toutes les catégories de personnes, toutes les identités, croyances et convictions."
Madrid – Le maire de Saragosse, Pedro Santisteve (du parti Zaragoza en Comun) a exprimé aujourd'hui sa "condamnation" et sa "répulsion" devant les" attentats irrationnels et injustifiables" d'hier à Bruxelles et il a affirmé que "aujourd'hui, nous revient en quelque sorte cette violence que nous avons contribué à semer dans le monde."
Le maire a participé, avec le conseil municipal au complet et les employés de la mairie à un rassemblement pour observer une minute de silence après laquelle il a fait lecture intégrale d'une déclaration officielle de condamnation.
Le maire a condamné l'attentat et a affirmé que, à son avis, "L'Europe que nous voulions construire sur la base des valeurs et de la défense des droits humains est en ruines,"…"par suite des agressions que nous, pays occidentaux, avons fait subir à des pays tiers."
Et il a ajouté : "Maintenant, en quelque sorte, nous revient la violence que nous avons contribué à semer dans le monde."
Santisteve a estimé que "nous devons y réfléchir parce que nous ne voulons pas de cette Europe de la fuite en avant, mais une Europe accueillante, qui défend le droit à la vie, l'inclusion de toutes les catégories de personnes, toutes les identités, croyances et convictions."
"C'est là notre Europe pour laquelle nous allons continuer à lutter," a-t-il affirmé.

jeudi 10 mars 2016

Daesh, d'où vient l'argent?

La récente remise d’une décoration, la Légion d’Honneur, à Mohammed ben Nayef prince héritier et ministre de l’intérieur saoudien, par le président François Hollande a fait grincer quelques dents en dépit de la discrétion dont l’Elysée a entouré cette remise de médaille.
C’est que l’Arabie Saoudite n’a pas exactement le genre de régime qu’est supposé honorer un gouvernement socialiste et un président élu sur la base de valeurs de gauche.
Et il est vrai que l’Arabie Saoudite non seulement  ne ressemble ni de près ni de loin à ce qu’on appelle démocratie, mais c’est aussi un pays où la peine de mort est appliquée à grande échelle et pour des motifs qui peuvent laisser perplexes au terme de procédures qu’on a du mal à qualifier de justice.
Certains ont pointé le rôle de l’Arabie Saoudite, et d’autres monarchies de la région, dans la déstabilisation de la Syrie et, plus précisément, dans l’encouragement des factions dites djihadistes, c’est-à-dire d’organisations considérées de manière quasi unanime comme terroristes, qu’elles s’appellent al Qaïda (avec le Front al Nosra, sa branche syrienne) ou Etat Islamique en Irak et au Levant (ou Etat Islamique ou Daessh).
Ce dernier point est d’autant plus sensible que la guerre contre le terrorisme s’est longtemps résumée dans le discours à la guerre contre al Qaïda (concrètement ce sont l’Afghanistan et l’Irak qui ont été écrasés) avant que l’EIIL soit défini comme la menace N°1.
Or, il s’avère que les monarchies du Golfe, Arabie Saoudite en tête, ont financé et financent encore l’Etat Islamique.
Cette affirmation n’est pas une simple lubie de ma part. En effet, comme on peut le lire dans l’article que je vous propose, les autorités britanniques elles-mêmes admettent un tel financement, du moins dans les débuts de l’Etat Islamique. Cette restriction aux débuts de l’organisation terroriste n’est cependant pas acceptée par certains spécialistes  de la région qui soutiennent que cette aide financière continue et qu’on ne saurait expliquer autrement que le « califat » ne soit pas déjà en faillite.
Un élément qui donne du poids à leurs assertions est le refus du gouvernement britannique de coopérer pleinement au travail d’une commission d’enquête parlementaire qui cherche à faire la lumière sur cette question.

L’effondrement des revenus pétroliers signifie que l’Etat Islamique en Irak et au Levant (EIIL – Daesh) dépend de l’argent des pays du Golfe.

Les attaques de la coalition sur les installations pétrolières de l’EIIL ont sans doute réduit ses revenus de 40 %, mais les experts disent que la dépendance de l’EIIL à l’égard du pétrole a été surestimée.
Par Patrick Wintour, The Guardian (UK), 8 mars 2016 traduit de l’anglais par Djazaïri
L‘effondrement des revenus pétroliers de l’EIIL l’ont probablement rendu plus dépendant des dons alloués par les riche pays du Golfe et des profits tirés des marchés des changes étrangers, a-t-on pu entendre à la première commission d’enquête britannique sur les finances de l’organisation terroriste.
Les attaques de la coalition rassemblée par les Américains sur les installations et les convois pétroliers de l’EIIL auraient réduit ses revenus de plus d’un tiers dans un contexte où les fiances de l’organisations deviennent un des principaux fronts dans la bataille pour la vaincre en Irak et en Syrie.
Le gouvernement britannique est réticent à coopérer avec la commission d’enquête parlementaire qu’il n’a pas autorisée à auditionner un cadre supérieur du ministère de la défense qui joue un rôle capital dans la supervision des visant à saper les financements de l’EIIL.
Mais le ministre des affaires étrangères Tobias Ellwood a déclaré que des progrès avaient été accomplis même si la connaissance des finances opaques de l’organisation restait lacunaire et dépendante des découvertes des services de renseignements.
Il a assuré que les revenus pétroliers du régime [de l’EIIL] étaient en voie d’effondrement et il a même laissé entendre que le quartier général de l’organisation à Raqqa pourrait imploser si et quand l’armée irakienne aura repris Mossoul.
Mais des experts ont déclaré devant la commission que le gouvernement britannique surestimait sans doute énormément l’importance des revenus pétroliers et sous-estimait l’ampleur de la dépendance de l’EIIL à l’égard de donateurs étrangers des pays du Golfe ou sa manipulation du système bancaire irakien.
Luay al-Khatteeb de l’Iraq Energy Institute a soutenu que le coût de la conduite de la guerre pour l’EIIL devait être si élevé et ses revenus pétroliers si limités qu’il doit nécessairement avoir accès à des dons financiers massifs.
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Luay al-Khatteeb

En outré, il a été déclaré devant la commission qu’il était possible que l’EIIL gagne environ 25 millions de dollars par an au moyen d’opérations sur le marché des changes, un chiffre que conteste le ministère des affaires étrangères.
Le gouvernement britannique estime que 40 % des revenus de l’EIIL proviennent du pétrole 40 % de l’extorsion, des taxes et de l’économie monétaire locale, et les 20 % restants de sources comme la vente des antiquités et les dons. Il affirme que les revenus pétroliers ont maintenant diminué de 40 %, ce qui représente une baisse de 20 % du total des rentrées d’argent de l’EIIL.
Al Khatteeb a dit à la commission que les évaluations du gouvernement britannique surestiment probablement l’importance du pétrole. Il a laissé entendre que l’EIIL avait sans doute réussi à tirer de substantiels revenus du pétrole pendant à peine quelques mois en 2014 quand il produisait 70 000 barils par jour pour une valeur d’environ 500 millions de dollars sur une année.
Le chiffre actuel doit être plus proche des 200 millions de dollars du fait des attaques contre ses infrastructures pétrolières, de la baisse des prix du pétrole et de la faible qualité du brut syrien, ce qui signifie qu’il produit au mieux 20 000 ou 30 000 barils par jour cédés contre guère plus de dix dollars chacun.
“Cette histoire d’un califat finance par le pétrole suppose une production bien supérieure, de l’ordre de 40 000 barils par jour ou un prix beaucoup plus élevé du pétrole de l’EIIL, autour de 30 dollars le baril, » a déclaré al-Khatteeb à la commission. Il était même possible, a-t-il suggéré, que l’EIIL soit maintenant un importateur net de pétrole pour faire fonctionner les camions et les Humvees fournis par les Américains qu’il a pris à l’armée irakienne..
Les revenus de la fiscalité et de l’extorsion sur les deux millions de personnes sous son autorité, dont la plupart gagnent moins de 110 dollars par mois, rapporte peut-être le mêmemontant surtout si on prend en compte le coût entrainé par l’administration de son  territoire.
Al-Khatteeb a déclaré devant la commission: “Soit ces combattants sont contents d’accepter une diminution substantielle de leurs soldes du fait de la baisse des revenus de l’EIIL, ou une autre source de financement  non prise en compte permet de continuer à leur donner satisfaction.
“C’est une conclusion raisonnable compte tenu de la surestimation des revenus pétroliers de l’EIIL, d’une assiette fiscale faible et de plus en plus étroite ainsi que des faibles prix auxquels l’EIIL effectue ses ventes d’antiquités sur la marché noir.
 «Certains se demanderont peut-être jusque à quel niveau les Arabes du Golfe ont continué à financer le califat. Il est certain que l’EIIL a pu s’appuyer sur d’autres sources de revenus entre janvier 2015, moment où l’économie de Raqqa s’est effondrée et mi- janvier 2016 quand les forces de l’Etat Islamique ont été en capacité de lancer une nouvelle offensive d’envergure en Syrie. L’argent vient de quelque part. »
Le gouvernement britannique a en effet reconnu que des pays du Golfe ont finance l’EIIL à ses débuts, disant cependant être certain que de tels financements étatiques ont maintenant cessé. Mais Dan Chugg, un expert du ministère des affaires étrangères, a reconnu devant la commission parlementaire que cette assurance avait une valeur limitée.
Chugg a déclaré: « Avec certains de ces pays, il est difficile de savoir ce qui est financement gouvernemental et ce qui ne l’est pas quand vous avez affaire à des familles royales, des princes très riches et ce genre de choses. »
Une autre source possible de revenus pour l’EIIL vient de ses transactions sur les marché des changes à l’étranger où une partie du milliard de dollars saisi dans les coffres des banques irakiennes a été négociée pour le profit.
David Butter, un chercheur associé au thinktank Chatham House soutient que l’EIIL fait passer des fonds d’une frontière à l’autre et tire profit des fluctuations des taux de change et d’un réseau informel d’agents de change connu sous le nom de « hawala. »
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Margaret Thatcher sortant de Chatham House

Butter a déclaré devant la commission : « Les système de ventes aux enchères de devises étrangères par la banque centrale irakienne doit faire l’objet d’une enquête fouillée. »
Les membres de l’EIIL, a déclaré Butter, ont effectué des mouvements d’argent entre banques en Irak et en Jordanie pour exploiter les déséquilibres sur les marchés monétaires.
 «Alors quand le gouvernement irakien procède à ses adjudications régulière de devises étrangères, l’argent de l’EIIL est injecté dans ce système et il peut obtenir une marge sur les écarts entre les différents taux de change là-bas et ramener l’argent dans son territoire via les agents hawala, » a expliqué Butter. «C’est de cette manière que l’argent circule au Moyen Orient.»
Le ministère des affaires étrangères a soutenu que ces sources de profit étaient peu probables pour trois raisons. L’EIIL a perdu ses réserves de liquidités d’abord à Mossoul puis, depuis octobre, dans les bombardements de la coalition, dont ceux sur la banque centrale de cette ville, qui ont fait partir en fumée des centaines de millions de dollars. Des pressions sur la Banque Nationale Irakienne ont aussi débouché sur des règlements plus stricts et le licenciement d’agents qui agissaient peut-être pour le compte de l’EIIL dans les ventes aux enchères de devises.
L’espoir mis dans une faillite de l’EIIL est exagéré a-t-il été dit devant la commission d’enquête, mais une diminution de ses ressources peut signifier un changement avec le passage d’une armée permanente qui mène une guerre territoriale sur deux fronts à une structure plus lâche dans le style d’une franchise d’al Qaïda qui entreprend des attentats terroristes à Damas et à Bagdad.

mardi 16 février 2016

Intervention russe en Syrie: clarté et cohérence des buts et des moyens

On n'a guère l'habitude d'entendre ou de lire les diplomates russes s'exprimer sur la politique étrangère menée par leur pays. 
Ici, c'est l'ambassadeur de Russie en Grande Bretagne qui publie une tribune dans un tabloïd londonien à grand tirage. Et il le fait pour exposer la vision russe du conflit en Syrie ainsi que de son règlement.
Deux choses ressortent nettement de son propos. La première est que l'intervention de l'aviation militaire russe a été dictée par la perspective de voir la capitale syrienne tomber entre les mains de Daesh avec la bénédiction des puissances occidentales qui auraient "repeint en blanc" un Sunnistan qui correspond aux objectifs stratégiques des Etats Unis. La deuxième chose qui apparaît nettement, c'est que le gouvernement russe a une vision très précise des buts de son intervention et des moyens militaires mais aussi politiques de les atteindre. Et cette vision ne nie le rôle d'aucun acteur pour peu qu'il n'entre pas dans la liste des organisations terroristes, une liste à établir entre "partenaires" et dont certaines organisations pourraient sortir sous certaines conditions
La diplomatie russe nous offre en définitive un brillant contre exemple de celui donné par les actions brouillonnes, nocives, criminelles et contraires au droit international entreprises dès 2011 par les puissances occidentales et leurs alliés régionaux. Des actions qui n'ont fait qu'aggraver la situation tout en fermant méthodiquement toutes les issues vers une solution de la crise en Syrie.

Alexander Yakovenko: la Russie et les Etats Unis sont partenaires pour essayer de mettre fin à la guerre en Syrie

par Alexander Yakovenko, ambassadeur de Russie au Royaume Uni,
The Evening Standard (UK) 15 février 2016 traduit de l'anglais par Djazaïri
La récente réunion à Munich du Groupe de Soutien International à la Syrie (GSIS) qui cherche un règlement en Syrie - avec la présence de la Russie, des Etats Unis, de la Turquie, de l'Arabie Saoudite et de l'Iran - s'est conclue avec un plan pour essayer de trouver des moyens de mettre fin aux hostilités entre les organisations de l'opposition syrienne et le gouvernement, sans toutefois faire de compromis sur la lutte contre l'Etat Islamique (Daesh) et d'autres force extrémistes.
Cette réunion intervenait après les succès de la récente offensive de l'armée syrienne qui, selon les experts, a progressivement mis en route la dynamique qui lui permettra de mettre un terme à la guerre civile en Syrie.
Alexander Yakovenko lors de la présentation de ses lettres de créance à la reine Elizabeth II

Pour avoir une idée de l'immense défi qu'affronte la communauté internationale, on peut regarder comment la situation en Syrie a évolué ce quatre dernières années. Nous avons constaté un processus de radicalisation du côté de l'opposition. Beaucoup d'organisations syriennes se sont liées à des organisations terroristes étrangères qui étaient bien équipée et financées par divers acteurs régionaux qui, à leur tout, projetaient leurs propres agendas de politique intérieure sur le champ de bataille syrien.
La situation en était arrivé au point où les Américains avaient renoncé à trouver des gens en qui ils auraient pu faire confiance parmi les organisations rebelles qui combattent le gouvernement syrien. Il y a quelques mois, nos collègues britanniques nous avaient dit que la situation en Syrie était un foutoir complet. La situation était rendue encore plus compliquée par l'émergence de Daesh, un mélange explosif de fanatiques religieux et de lambeaux du régime baathiste, dont des anciens officiers de l'armée de Saddam Hussein.
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Dans le même temps, les Etats Unis constituaient leur coalition anti-Daesh forte de quelque 70 pays membres qui se lança dns des frappes aériennes inefficaces contre Daesh pendant plus d'un an avant que la Russie doive intervenir avec son aviation militaire à la demande du gouvernement syrien. L'été dernier, nos partenaires occidentaux nous avaient dit que'en Octobre Damas tomberait entre les mains de Daesh. Ce qu'ils avaient prévu de faire par la suite, nous l'ignorons. Ils auraient probablement fini par repeindre les extrémistes en blanc pour les accepter en tant qu'Etat sunnite à cheval sur la Syrie et l'Irak.
En ce circonstances l'intervention russe a changé la donne de manière décisive, permettant à l'opposition syrienne démocratique de se réapproprier la cause d'une Syrie démocratique qui avait été détournée par des organisations terroristes étrangères. C'est alors seulement que les principaux acteurs pouvaient se réunir dans le GSIS pour ue approche globale en vue de trouver une solution politique en Syrie et d'éradiquer Daesh. L'ampleur de cette double tâche n'a jamais été sous-estimée, compte tenu de la situation sur le terrain. C'est pourquoi le GSIS a accepté de faire l'inventaire des organisations d'opposition authentiques et de celles qui sont terroristes. C'est difficile à cause des ingérences régionales. Par exemple, les Kurdes syriens n'ont pas été invités aux discussions de Genève en raison de l'opposition de la Turquie.
Hélicoptère russe en couverture de soldats syriens
Cette démarche, impulsée par les Russes et les Américains pour séparer les modérés des organisations extrémistes est cruciale. Elle permettra à l'opposition modérée de rompre ses alliances avec les groupes terroristes de l'étranger. Elle permettrait aussi de soulager l'armée syrienne en tant que principale force à affronter Daesh sur le terrain. Dès lors, un front anti-terroriste commun pourrait se faire jour pendant qu'une solution politique à la crise syrienne se discute entre le régime et l'opposition à Genève. Pendant ce temps, l'armée de l'air russe et la coalition dirigée par les Etats Unis continueront leurs frappes aériennes contre Daesh.
Cette approche est la vraie chance de pouvoir résoudre le problème syrien. Ce n'est pas facile, mais si nous voulons mettre fin à cette guerre nous devons essayer.

samedi 5 décembre 2015

Syed Farook et Tashfeen Malik, le couple accusé du massacre de San Bernardino semble avoir été froidement exécuté

Vous avez entendu comme moi parler de la tuerie perpétrée le 2 décembre dernier à San Bernardino en Californie :
Mercredi, au moins 14 personnes ont été tuées en Californie, à San Bernardino, lorsqu'un couple de tireurs a ouvert le feu lors d'une fête professionnelle de fin d'année par des employés [d'un centre social qui dépend] du comté. Les deux assaillants étaient mariés, selon les premiers éléments de l'enquête qui tente d'expliquer pourquoi ils ont mené cette tuerie.
…..
une dispute aurait éclaté: un convive aurait quitté les lieux avant de revenir avec sa femme, vers 11h, en tenue paramilitaire, chacun lourdement armé d'un fusil d'assaut et d'une arme de poing, raconte le New York Times
J'ignore si on peut dire d'une personne équipée d'une arme de poing et d'un fusil d'assaut qu'elle est lourdement armée puisque ce sont là des armes légères en comparaison de ce qu'on appelle armes lourdes (bazookas, mitrailleuses lourdes etc.). Mais ne chipotons pas...
Le couple accusé d'être l'auteur du massacre est celui que formaient (ils ont été tués par la police) Syed Farook et Tashfeen Malik, mariés depuis assez peu de temps et parents d'une fillette de six mois.
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Syed Farook et Tashfeen Malik

La femme, Tashfeen Malik se serait radicalisée et aurait prêté allégeance à Daesh sur Facebook.
Non, non je rigole pas : sur Facebook, c'est ce que disent les journaux.
Quant au mari, il aurait été en contact avec des personnes liées à al Qaïda mais ces contacts remontaient à plusieurs années.
On aurait par ailleurs trouvé au domicile des suspects quantité de munitions et d'explosifs :
Douze engins explosifs artisanaux ont été retrouvés au domicile du couple, ainsi qu'environ 5 000 cartouches de fusil d'assaut. Trois autres engins explosifs artisanaux reliés entre eux et actionnables à distance ont aussi été retrouvés dans le bâtiment visé par les tueurs. Mais ces engins n'ont finalement pas explosé.
Des personnes de confession musulmane, une prestation d'allégeance à Daesh (sur Facebook d'accord mais on s'en contentera), des engins explosifs et un passage à l'acte d'une grande violence, nous avons là tous les ingrédients pour pouvoir qualifier le crime de terroriste.
D'autant que, peut-on lire dans la presse, Daesh a félicité les « soldats du Califat » pour leur prouesse.
Si vous doutez du sérieux de la presse, sachez quand même que Daesh n'a toutefois pas revendiqué explicitement l'attaque qu'il a simplement rapportée dans un de ses bulletins d'information radiophonique.
Apparemment les journalistes de «20 Minutes» écoutent une station de radio anglophone de Daesh. Ce que je m'abstiendrai de faire afin d'éviter la saisie de mon poste de radio et une assignation à résidence.
Nous sommes là devant un procédé qui cherche à donner de la crédibilité  une information manifestement fabriquée en la nuançant par une autre, réelle ou inventé peu importe.
Si on revient à la tuerie de San Bernardino proprement dite, on est obligé de prêter attention à trois faits importants qui amènent au minimum à s'interroger sur cette affaire voire à douter de l'implication du couple supposé terroriste.
Il y a d'abord que selon les premières informations la police recherchait trois hommes blancs en tenue militaire
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Un autre fait troublant est l'intrusion de nombreux journalistes au domicile des suspects. Ainsi, le domicile des auteurs présumés d'une tuerie éventuellement de nature terroristes aurait été laissé sans aucune surveillance policière, ce qui aurait permis à son propriétaire de briser les scellés et d'autoriser, moyennant une modeste rétribution la presse à mener sa propre perquisition au domicile de ses locataires.
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Des charognards (journalistes) fouillent la chambre du bébé de Tashfeen Malik et Syed Farook

Du jamais vu ! Et ce n'est pas seulement une question de respect des personnes (coupables ou non) mais aussi une question de respect du travail de la police et de la justice. En effet, si la police avait effectué une première perquisition, on la voit mal maintenant en effectuer une deuxième qui aurait une quelconque valeur en termes de procédure.
Il y a enfin les déclarations de Davis S. Chelsey l'avocat engagé par la famille des présumés tueurs. Ce dernier affirme que le couple n'avait absolument pas les compétences pour manipuler les armes (fusils d'assaut et bombes) voire même pas la capacité physique en ce qui concerne la femme.
Et surtout, il précise que le couple a été retrouvé mort dans son véhicule (un SUV), faces contre le plancher et mains menottées.

Une exécution donc.

mercredi 25 novembre 2015

The Sun, petites pépées et islamophobie

Le Sun est un journal anglais dont il n'existe pas d'équivalent en France. Ses titres racoleurs secondés utilement par la photo d'une femme aux formes et au sourire prometteurs sont au service d'un agenda politique néoconservateur qui est celui de son propriétaire, le magnat de la presse Rupert Murdoch.
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Rupert Murdoch et sa nouvelle compagne, Jerry hall (ex Mme Jagger)
Outre le Sun, le groupe News Corp de Rupert Murdoch est propriétaire du Times, le légendaire journal londonien, du New York Post, un tabloïd à grande diffusion, du Wall Street Journal, des chaînes de télévision et des studios de cinéma Fox etc.
Et ce n'est là qu'un modeste aperçu de cet empire qui s'étend sur tous les continents.
Le Guardian démonte ici les ressorts d'un titre racoleur du Sun destiné à induire le lecteur pressé en erreur et à exciter l'islamophobie.

Les affirmations du Sun sur la sympathie des Musulmans pour les djihadistes ont-elles un fondement ?

Un coup d’œil sur les données de l'enquête derrière le gros titre du tabloïd remet en question la façon dont le journal a interprété les chiffres
par Pamela Duncan, The Guardian (UK) 23 novembre 2015 traduit de l'anglais par Djazaïri
Le Sun a mis en une ce titre racoleur : « Un Musulman britannique sur cinq a de la sympathie pour les djihadistes, » mais cette affirmation est-elle fondée ?
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Un coup d’œil aux données qui sont derrière le gros titre de lundi remet en question la manière dont le journal a interprété les chiffres.
Le gros titre et l'article en pages intérieures sont basés sur une enquête téléphonique conduite par Sturvation la semaine dernière. On ne sait pas vraiment comment l'échantillon de Musulmans britanniques a été constitué par Sturvation ni s'il peut être considéré comme représentatif de l'ensemble de la communauté.
La question particulière qui est à l'origine du titre la une demandait aux répondants qu’ils étaient d'accord avec une liste de déclarations.
Seulement 5 % des répondants étaient d'accord avec la déclaration : « J'ai beaucoup de sympathie pour les jeunes Musulmans qui quittent le Royaume Uni pour rejoindre les combattants en Syrie. » 14,5 % des répondants ont dit avoir « une certaine sympathie » pour eux. Ces chiffres additionnés font un total de 19,5 % qui motivent la tournure de l'article du Sun.
Même en acceptant ces données telles quelles, elles occultent le fait que près de 71,5 % des sondés ont dit ne pas avoir de sympathie pour les jeunes Musulmans qui quittent le Royaume Uni pour rejoindre les combattants en Syrie.
La question posée par Sturvation ne mentionne aucunement les djihadistes, l’État Islamique (Daesh) et la raison pour laquelle les combattants vont en Syrie. En outre, la question ne précise pars qui sont les « combattants en Syrie » - des combattants de Daesh ou éventuellement ceux d'autres groupes rebelles.
Étant donné qu'on a eu des exemples d'individus partis en Syrie pour lutter contre Daesh (par exemple avec un reportage de Channel 4 qui suivait trois anciens soldats partis combattre les miliciens de Daesh en Syrie), il est concevable que certains des sondés aient pu avoir en tête ces exemples plutôt que les gens qui s'en vont pour soutenir Daesh.
Le second problème est que le terme « sympathie » prête le flanc à une mauvaise interprétation : tandis qu'une personne peut l'employer pour signifier qu'il est d'accord avec ceux qui partent se battre, une autre personne peut simplement vouloir dire qu'elle comprend à un niveau émotionnel qu'une personne puisse faire ce choix. On peut éprouver de la sympathie pour une prise de position sans pour autant la partager.
De fait, un sondage antérieur effectué par le même institut en mars pour Sky News avait montré que 4,3 % des non Musulmans exprimaient « beaucoup de sympathie pour les jeunes Musulmans qui quittent le Royaume Uni pour rejoindre les combattants en Syrie. » Dans le même temps, 9,4 % exprimaient une « certaine sympathie », ce qui suggère que les attitudes des Musulmans et des non musulmans ne sont pas différentes quand on leur pose ces questions.
D'autres détails sur le sondage mené par Survation peuvent être trouvés ici tandis que l'intégralité des chiffres peut être trouvée ici.

mercredi 18 novembre 2015

Pourquoi Ali ne peut pas stopper Daesh

Pourquoi les Musulmans britanniques ne peuvent pas arrêter Daesh en une explication toute simple sur Facebook

par Evan Bartlett, The Independent (UK) 17 novembre 2015 traduit de l'anglais par Djazaïri
On a remis la pression sur la communauté musulmane pour qu'elle fasse plus pour combattre l'organisation terroriste Daesh qui utilise une variante déformée de l'Islam pour justifier assassinats et barbarie.
Malgré que de nombreux Musulmans de base, des responsables communautaires et des imams ont à plusieurs reprises dénoncé Daesh et son idéologie, des personnes comme Nigel Farage et un journal comme le Sun – ces bastions de la raison – ont soutenu que les Musulmans britanniques devaient faire plus.
Mais c'est peut-être un jeune Musulman britannique sur Facebook qui le mieux expliqué pourquoi ce n'est pas vraiment facile de stopper une bande de fanatiques du Moyen orient depuis son domicile dans l'East Midlands ;
facebook
Traduction : Je ne comprends pas pourquoi les non Musulmans pensent que les Musulmans britanniques peuvent stopper Daesh, mon pote, je n'arrive même pas à avoir un message de réponse de la fille qui me plaît et tu t'attends à ce que je stoppe une organisation terroriste, pfff

dimanche 28 juin 2015

Godemichés et plugs anaux, on a trouvé le véritable drapeau de Daesh (Etat Islamique en Irak et au Levant)


Des lacunes dans le domaine de la culture générale peuvent donner lieu à des situations cocasses, telle celle qui a vu un bulletin d'informations de CNN, la fameuse chaîne américaine d'informations en continue, dont une journaliste qui couvrait la gay pride de Londres a cru voir flotter un drapeau de l'Etat Islamique en Irak et au Levant (EIIL ou Daesh) au beau milieu des bannières multicolores arborées habituellement dans ce genre de défilés.
Le drapeau, s'il avait bien l'aspect général de celui du mouvement terroriste, était simplement un trait d'humour puisque, ce que la journaliste a pris pour des inscriptions en langue arabe (ou des inscriptions voulant imiter l'écriture arabe) étaient en réalité des représentations d'objets ludiques qu'on appelle godemiché ou plug anal.


Vidéo : Dieu déteste les drapeaux ? CNN confond des godemichés avec le drapeau de Daesh à la gay pride]

Al Bawaba (Jordanie) 28 juin 2015 traduit de l'anglais par Djazaïri

Oups... La journaliste de CNN Lucy Pawle n'a pas su faire la différence entre un drapeau de Daesh et des sex toys quand elle a signalé en avoir aperçu un à la gay pride de Londres
Samedi, CNN a consacré toute une partie de son bulletin d'informations à la présence possible d'un drapeau de l'Etat Islamique à la gay pride de Londres.

« Dernière minute : un drapeau de l'EIIL aperçu dans une gay pride, » lisait-on sur le bandeau de bas d'écran de la chaîne d'informations télévisées tandis que des caméras cadraient et zoomaient à plusieurs reprises sur ce qui s'est avéré être un drapeau sur lequel étaient dessinées des représentations grossières de sex toys.

« Un drapeau de l'EIIl au milieu d'une marée de couleurs arc-en-ciel a été repéré par un membre de la rédaction de CNN en poste à l'international, » avait annoncé la présentatrice de CNN.

Le drapeau avait été apparemment repéré par la journaliste de la rédaction internationale de CNN Lucy Pawle qui était en direct par téléphone pour parler de sa découverte étonnante.

« Cet homme vêtu de noir et de blanc brandissait ce qui s'avérait une très mauvaise imitation, mais une tentative évidente d'imiter, le drapeau de l'EIIL, » expliquait Pawle. « Le drapeau noir et blanc avec les lettres caractéristiques.

Quoique Pawle semble s'être aperçu de l'inauthenticité du drapeau, elle n'a pas capté sa dimension humoristique et 'a même signalé aux policiers présents sur place.

« Si vous regardez attentivement le drapeau, on voit bien que ce n'est pas de l'arabe. En fait, çe pourrait bien être un charabia. »


L'erreur de CNN a vite fait le buzz, lui valant des moqueries de la part de toutes sortes de sites internet d'information. CNN a par la suite retiré la vidé de son site web. Mediaite a cependant posté le clip de cet incident pour la postérité.

mardi 7 avril 2015

Yasmina Haifi tient tête au lobby sioniste aux Pays Bas, et gagne.

Yasmina Haifi est une spécialiste de cybersécurité qui exerce aux Pays Bas pour le compte du ministère de la justice. Elle exerce toujours dans ce ministère même si elle a été relevée de ses fonctions dans la cellule antiterroriste qui en dépend.
Yasmina Haifi

Elle aurait pu être licenciée comme le souhaitait un certain nombre de politiques pour avoir écrit sur Twitter qu'elle considérait que l'Etat Islamique en Irak et au Levant (EIIL ou Daesh) faisait partie d'un plan sioniste pour nuire à l'Islam.
On dira que le raccourci est un peu rapide, mais dans le fond elle a raison notre informaticienne dont la mission antiterroriste lui a certainement permis de se faire son opinion.
Son employeur ministériel tout comme une commission des droits des fonctionnaires ont conclu qu'elle n'avait fait qu'exercer son droit à la liberté d'expression.
Elle a bien sûr été accusée d'antisémitisme et elle reconnaît elle-même ne pas avoir réalisé à quel pont la confusion était entretenue aux Pays Bas entre sionisme et judaïsme, elle qui précisément militait contre l'antisémitisme au sein du parti travailliste néerlandais dont elle était une adhérente.
Et dont elle a démissionné pour une raison non expliquée dans l'article.

Une spécialiste néerlandaise de cybersécurité qui avait déclaré que l'EIIL faisait partie d'un plan sioniste conserve son emploi

Jewish Telegraphic Agency 2 avril 2015 traduit de l'anglais par Djazaïri
(JTA) Un fonctionnaire néerlandaise qui affirmé que l'EIIL faisait "partie d'un plan [conçu] par les sionistes" peut garder son emploi, a décidé le ministre de la Justice du pays.
Le ministre Ard van der Steur a rendu sa décision publique mercredi dans une lettre adressée au Parlement à propos de la conduite de Yasmina Haifi, un ancien chef de projet au Centre national de cybersécurité du ministère.
Dans la lettre, van der Steur écrit que Haifi a reçu une notification "licenciement avec sursis" et sera transférée à un autre poste. Elle ne sera plus employée à l'unité néerlandaise de lutte contre le terrorisme auquel participe son ancien service fonctionne, mais elle travaillera ailleurs au sein du ministère.
Van der Steur a écrit la lettre pour répondre aux questions posées par des parlementaires de droite qui réclamaient des mesures contre Haifi.
En août, Haifi a été suspendue pour avoir écrit sur Twitter, "l'EIIL n'a rien à voir avec l'islam. Cela fait partie d'un plan par les sionistes qui cherchent délibérément à salir le nom de l'Islam." L'EIIL, ou Etat Islamique, est une organisation terroriste sunnite.
Haifi a nié être antisémite et a affirmé que son tweet visait Israël, pas les Juifs.
En Février, une commission présidée par Job Cohen, ancien maire d'Amsterdam et ancien leader du Parti travailliste néerlandais, conclu qu'il n'existait aucun motif valable pour licencier Haifi. Suite à la controverse, Haifi a quitté le Parti travailliste, où elle militait à titre bénévole.
La commission pour les droits des travailleurs de la fonction publique, présidée par Cohen, qui a des origines juives, avait recommandé une réprimande pour Haifi mais conclu qu'elle était protégée d'un licenciement par les lois relatives à la liberté d'expression.
Le vice-premier ministre Lodewijk Asscher a qualifié le tweet de Haifi "de forme classique d'antisémitisme."
Dans une lettre envoyée à des amis et à de la famille en Août, Haifi a nié être antisémite.
«J'ai toujours participé à des actions contre l'antisémitisme", écrit-elle. "Je ne m'étais pas rendue compte de la charge du mot sioniste / sionisme. Aux Pays-Bas (et dans le reste de l'Europe), il est équivalent de 'juif. " J'ai ciblé la politique d'expansion de l'État d'Israël et non le peuple juif ".

dimanche 22 février 2015

L'incursion de l'armée turque en Syrie, un témoignage des bonnes relations de la Turquie avec l'Etat Islamique (Daesh)

La presse se fait l'écho de la récente opération de l'armée turque pour évacuer des soldats qui se retrouvaient encerclés par l'Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL, Daesh) dans le mausolée où est inhumé un ancien chef militaire seldjoukide, grand-père du fondateur de la dynastie ottomane.
L'armé turque a démoli le mausolée après avoir retiré la dépouille de Süleyman Chah
L'armée turque a démoli le mausolée après avoir retiré la dépouille de Süleyman Chah
Ce qui est étonnant, et que la presse ne semble pas relever, c'est que les forces turques aient pu pénétrer en plein territoire contrôlé par l'EIIL sans rencontrer aucune opposition.
On dira que le déploiement de forces était plutôt dissuasif ; plus de 80 véhicules blindés en tout et près de 700 soldats.

Mais cette dissuasion était-elle vraiment destinée à calmer les ardeurs des miliciens de l'EIIL ?

Non, si on en croit Elijah Magnier, cité dans l'article ci-dessous par le blogueur Moon of Alabama, Pour Magnier, l'entrée de l'armée turque s'est faite avec le plein accord de l'EIIL qui a laissé libre passage, Le convoi turc est d'ailleurs passé par un poste frontière tenu par les miliciens de Daesh dont le drapeau flottait tout à fait « normalement ».
NB : Elijah Magnier est le correspondant de guerre du journal jordanien Al RAI.

Alors qui était visé par ce déploiement de force ?
La réponse se trouve dans la nature des équipements mis en œuvre par l'armée turque avec en particulier la mobilisation d'avions radars dont le rôle est de détecter la présence d'aéronefs hostiles et de guider les avions amis sur un théâtre de combat aérien.
La seule force hostile qui aurait pu déployer des aéronefs, avions ou hélicoptères, est bien entendu l'armée syrienne, pas Daesh.

Quel prix la Turquie a-t-elle dû payer pour libérer les otages de l'Etat Islamique au mausolée du Chah ?

Moon of Alabama 22 février 2015 traduit de l'anglais par Djazaïri

La nuit dernière, environ 700 soldats turcs lourdement armés ont pénétré en Syrie et ont évacué quelque 40 de leurs camarades. Ces derniers veillaient sur la tombe de Süleyman Chah, un chef militaire de l'émir seldjoukide du 12ème siècle.
Situation du mausolée de Süleyman Chah
Situation du mausolée de Süleyman Chah
L'emplacement de la tombe était considéré comme une enclave turque depuis un accord passé en 1921 avec l'administration coloniale française du Levant :
Pendant l'opération qui a été lancée dans la nuit du 21 février, des avions radars (AWACS), des hélicoptères militaires et des drones étaient mobilisés tandis que 39 tanks et 57 véhicules blindés traversaient la frontière avec des équipes de soutien des forces spéciales turques. Les vidéos en direct ainsi que d'autres informations obtenues sur place étaient traitées dans une salle d'opérations au siège de l'état-major.
Sans avoir à s'engager dans des combats, les troupes turques ont quitté la Syrie dans la matinée du 22 février après avoir fait exploser le mausolée pour éviter qu'il serve de base aux militants de l'EIIL.
Davutoğlu a annoncé dans une série de tweets le 22 février que le contenu du mausolée avait été « temporairement » emmené en Turquie et que l'armée turque « prenait le contrôle d'une zone dans la région d'Ashma en Syrie, en hissant nos couleurs, où Süleyman Chah sera transféré plus tard. »
Alors, la Turquie veut voler plus de territoire syrien près de sa frontière pour y déposer les restes du Chah. Pourquoi devrait-ce être considéré comme quelque chose de légal ?
Mais revenons aux raisons de l'évacuation. Les soldats chargés de la tombe, à seulement 40 kilomètres de la frontière turque, étaient encerclés par des combattants de l'Etat Islamique. En temps normal, la garde était relevée touts les trois ou quatre semaines, mais les soldats turcs qui viennent d'être évacués étaient sur place depuis 11 mois. Ils étaient en pratique des otages de l'Etat Islamique. Alors pourquoi l'Etat Islamique les a-t-il laissés partir ?

Il est très peu probable que l'opération turque n'ait pas été connue de l'Etat Islamique. La Turquie a mis en œuvre près de 100 véhicules blindés. Avec des combattants de l'Etat Islamique présents dans tout le sud de la Turquie, la concentration de cette force près de la frontière ne sera pas passée inaperçue. Deux jours auparavant, la Turquie avait informé de l'opération le YPG kurde qui combat l'Etat Islamique dans le secteur. Quand les troupes sont entrées en Syrie, elles ont été filmées passant près d'un grand drapeau de l'Etat Islamique au poste frontière.


L'Etat Islamique n'aime pas les tombeaux. Il a démoli des centaines de tombeaux historiques dans les zones qu'il contrôle en Syrie et en Irak. Il n'a pas touché à la tombe de Süleyman Chah mais a gardé les troupes qui la surveillaient sous son contrôle. L'Etat Islamique devait savoir que les Turcs venaient pour évacuer les soldats et la dépouille mais il n'a rien fait pour s'y opposer, Comment est-ce possible ?

Comme l'observe Elijah Magnier (correspondant de guerre d' Al Raï, journal jordanien)
Nous pouvons l'affirmer avec force : L'organisation « Etat Islamique » a autorisé une armée membre de l'OTAN à entrer dans son territoire et lui a donné libre passage.
En effet. Ce qui m'amène à cette question :
Qu'est-ce que la Turquie a donné à l'Etat Islamique pour obtenir la libération des otages du mausolée de Süleyman Chah sans avoir à livrer un seul combat ?
La Turquie a déjà un accord de libre échange et des facilités bilatérales pour les touristes [les touristes sont les "djihadistes" NdT]  avec l'Etat Islamique. Une entente a dû se faire sur quelque chose d'autre et de plus précieux pour l'Etat Islamique en échange du retour des otages. Qu'est-ce que c'est ?

Les Etats Unis veulent coopérer avec la Turquie pour entraîner des combattants syriens à affronter l'Etat Islamique. Il serait assez important d'avoir une réponse à la question précédente avant de continuer à explorer cette voie.