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jeudi 6 mars 2014

Qui contrôle Hollywood?

Cet article de Joel Stein n'a jamais été intégralement traduit en langue française, et on comprend pourquoi quand on le lit.
Avant de collaborer avec le Los Angeles Times, Joel Stein était une des plumes de Time Magazine.
Joel Stein a été invité à renouer avec ses racines juives
Joel Stein a été invité à renouer avec ses racines juives
Questionné en novembre 2008 par le Jewish Journal sur ce qu'il y a de juif en lui, Joel Stein répondait :
JS: Mon nom, mon visage... Je suis devenu beaucoup plus juif depuis que je suis installé à Los Angeles. C'est la ville la plus juive comparée à New York.
JJ: Allez-vous parfois à la synagogue?
JS : Non, je ne vais jamais à la synagogue. Ma vie est courte. Je ne veux pas perdre mon temps à me casser la tête à me sentir être quelqu'un de meilleur pour une chose à laquelle je ne crois pas. Je suis complètement athée. Je ne vais pas à la synagogue parce qu'on y parle de la Bible et je ne veux rien entendre de ce qu'il y a dedans.
JJ: Alors vous n'êtes pas fan de la Bible ?
JS: Je pense tout simplement qu'elle est du genre violent, égoïste et tribal.

Qui contrôle Hollywood? Allons, dites-le.

Par Joel Stein, Los Angeles Times (USA) 19 décembre 2008 traduit de l'anglais par Djazaïri
Je n'avais jamais été aussi bouleversé par un sondage dans ma vie . Seulement 22 % des Américains pensent que « les indstries du cinémé et de la télévision sont largement contrôlées par les Juifs, » contre près de 50 % en 1964. L'Anti Defamation League [ADL, équivalent américain de la LICRA], qui a publié les réssultats du sondage le mois dernier voit dans ces chiffres une victoire contre les stéréotypes. En fait, le sondage montre seulement à quel point l'Amérique est devenue stupide. Les Juifs contrôlent complètement Hollywood.
A quel point Hollywood est-il juif ? Quand les dirigeants des studios ont acheté une pleine page du Los Angeles Times il y a quelques semaines pour appeler la Screen Actors Guild [SAG, syndicat des acteurs] pour qu'elle signe la convention collective, la lettre ouverte était signée par le président de News Corp, Peter Chernin (juif), le PDG de Paramount Pictures, Brad Grey (juif), le directeur exécutif de Walt Disney, Robert Iger (juif), le PDG de Sony Pictures (surprise, juif hollandais), le PDG de Warner Bros, Barry Meyer (juif) et le directeur exécutif de NBC Universal, Jeff Zucker (méga-juif). Si l'un ou l'autre des frères Weinstein avait signé, ce groupe aurait eu non seulement le pouvoir d'arrêter toute production de films mais aussi de former un minyan [groupe de prière constitué d'au moins dix hommes] acec suffisamment d'eau FIJI dans les mains pour remplir un mikvé [bain rituel juif].
La personne qu'ils pourfendaient dans cette page était le président de la SAG, Alan Rosenberg (faisons une devinette). La réplique cinglante à la page achetée par les studios a été écrite par le super-agent des professions du divertissement, Ari Emanuel (Juif avec des parents israéliens) et publiée dans le Huffington Post qui est la propriété d'Arianna Huffington (qui n'est pas juive et n'a jamais travaillé à Hollywood).
Les Juifs sont si dominants que j'ai dû éplucher les annuaires professionnels pour dénicher six Gentils ayant des postes importants dans des entreprises du divertissement ? Quand je les ai contactés pour qu'ils parlent de de leur incroyable promotion, cinq d'entre eux ont refusé de parler avec moi, de peur apparemment d'insulter les Juifs. Le sixième, Charlie Collier, président d'AMC, s'est avéré être juif.
En tant que Juif et fier de l'être, je veux que l'Amérique connaisse nos réalisations. Oui, nous contrôlons Hollywood. Sans nous, vous seriez en train de zapper à longueur de temps à la télévision entre « The 700 Club » [une émission du Christian Broadcasting Network, un vecteur du sionisme chrétien] et « Davey and Goliath » [série animée pour enfants de la télévision luthérienne].
Alors j'ai pris sur mo de re-convaincre l'Amérique que les Juifs contrôlent Hollywood en lançant une campagne de relations publiques, parce que c'est ce que nous faisons le mieux. Je réflachis à plusieurs slogans dont : « Hollywood plus juif que jamais ! » ; « Hollywood par le peuple qui vous a apporté la Bible » ; et « Hollywood : si vous aimez la télévision et le cinéma, alors vous aimer probablement les Juifs après tout ».
J'ai appelé Abe Foxman, le président de l'ADL, qui se trouvait à Santiago du Chili où, m'a-t-il dit à ma grande consternation qu'il n'était pas en train de pourchasser des Nazis. Il rejeté l'ensemble de ma proposition en expliquant que le nomre de personnes qui pensent que les Juifs contrôlent Hollywood reste trop élevé. L'enquête de l'ADL, a-t-il relevé, montre que 59 % des Américains pensent que ceux qui dirigent Hollywood « ne partagent pas les vonvictions religieuses et les valeurs morales de la plupart des Américains », et 43 % pensent que l'industrie du divertissement mène une campagne organisée pour « affaiblir l'influence des valeurs religieuses dans ce pays. »
C'est un bobard sinistre, affirme Foxman. « Il signifie qu'ils [les Amméricains] pensent que les Juifs se réunissent au Canter's Deli le vendredi matin pour décider ce qui est le mieux pour les Juifs . » L'argument de Foxman m'y a fait repenser : je devrais aller plus souvent manger au Canter's Deli.
« C'est une phrase très dangereuse, 'les Juifs contrôlent Hollywood'. Ce qui est vrai, c'est qu'il y a beaucoup de Juifs à Hollywood, » dit-il. Foxman préfèrerait que les gens disent que beaucoup de cadres dirigeants dans l'industrie [du divertissement] « se trouvent être juifs, » vu que «la totalité des huit grands studios sont dirigés par des hommes qui se trouvent être juifs. »
Mais Foxman dit être fier des réalisations des Juifs américains. « Je pense que les Juifs sont représentés de manière disproportionnée dans l'industrie de la création. Ils le sont aussi dans les professions d'avocats et sans doute médicales aussi, » dit-il. Il soutient que cela ne veut pas dire que les Juifs font des films pro-juifs pas plus qu'ils ne fnt de la chirurgie pro-juive. Quoique d'autre pays, ai-je observé, n'en font pas tant sur la circoncision.
Je comprends la préoccupation de Foxman. Et peut-être que la vie que j'ai passée dans le cocon philosémite du New Jersey, de New York et de la baie de Los Angeles a fait de moi un naïf. Mais je me fiche de savoir qi les Américainspensent que nous contrôlont la presse, Hollywood, Wall Street ou le gouvernement. Ce qui m'intéresse, c'est que nous continuions à les contrôler.


dimanche 9 juin 2013

Samantha Power, pouvoir et abaissement aux Etats Unis

Ce n'est qu'un exemple parmi bien d'autres.

Samantha Power n’est pas seulement une jolie femme, c’est aussi une universitaire qui s’est lancée dans l’action politique dans son pays, les Etats Unis.
Samantha Power
Samantha Power
Elle fait partie de l’équipe des fidèles de Barack Obama qui vient de la désigner pour succéder à Susan Rice comme ambassadrice des USA auprès de l’ONU, un poste pour lequel le choix présidentiel doit recevoir l’aval du Sénat.

Pour arriver à ce que beaucoup considéreraient comme le point culminant d’une carrière, où à tout le moins une étape décisive, Samantha Power a dû cependant compter sur d’autres atouts que ses compétences et la confiance de l’exécutif.

En effet, nous apprend le New York Times, la confirmation par le Sénat de Mlle Power n’a été garantie que tout récemment grâce à l’approbation explicite et publique de se nomination par Michael B. Oren, ambassadeur de l’entité sioniste à Washington.

Une telle démarche de la part d’un diplomate étranger est non seulement incongrue mais tout simplement contraire aux usages diplomatiques et donnerait lieu à une manifestation de mécontentement dans tout Etat qui se respecte, c’est-à-dire dans tout pays qui n’est pas une république bananière.

 L’approbation formulée par M. Oren intervient après une période pendant laquelle Mlle Power a été mise à l’épreuve et a dû renier en pleurnichant ,au sens propre du terme, devant le gratin du lobby sioniste certaines prises de position qu’Abraham Foxman  H. Foxman, le patron de l’Anti Defamation league [ADL, équivalent de la LICRA aux Etats Unis] qualifie en quelque sorte d’erreurs de jeunesse.

Le choix pour le poste à l’ONU reçoit le vote de confiance d’Israël

Par Mark Landler, The New York Times (USA) 7 juin 2013 traduit de l’anglais par Djazaïri

WASHINGTON — Samantha Power, choisie par le président Obama pour être la prochaine ambassadrice aux Nations Unies, se heurte à la résistance de groupes pro-israéliens pour des propos qu’elle avait tenus à une époque sur Israël et les Palestiniens. Mais vendredi, elle a obtenu un vote de confiance inattendu de la part du représentant de l’Etat d'Israël aux Etats-Unis. 

Michael B. Oren , l'ambassadeur d'Israël à Washington, a déclaré dans une interview que Mme Power, journaliste et universitaire qui a beaucoup écrit et traité des violations des droits de l'homme, avait une profonde compréhension des questions de sécurité d’Israël et de la sympathie pour ses préoccupations. 

Normalement, a expliqué  M. Oren, un officiel du gouvernement israélien ne devrait pas faire de commentaires sur une nomination présidentielle qui requiert une confirmation du Sénat. Il a indiqué qu'il avait décidé de faire une exception dans son cas pour dissiper l'impression que le gouvernement israélien avait des réserves par rapport à elle. 

Mercredi, M. Oren a posté des messages sur Twitter pour saluer  la nomination de Susan E. Rice comme conseillère à la sécurité nationale - une fonction qui ne nécessite pas de confirmation du Sénat - et pour louer son prédécesseur, Tom Donilon. Il avait gardé le silence sur  Mme Power

Vendredi, M. Oren a déclaré qu'Israël "fera bon accueil à quiconque sera désigné par le président et confirmé par le Sénat comme ambassadeur auprès des Nations Unies." Mais il ajoutait: "Samantha Power et moi avons travaillé en étroite collaboration au cours des quatre dernières années sur des questions vitales pour la sécurité d’Israël. Elle connaît à fond ces questions et leur porte un intérêt extrême ". 

Les commentaires de M. Oren pourraient apaiser les effets persistants de propos que Mme Power avait tenus avant d'entrer au gouvernement au sujet de la politique américaine envers Israël. Entre autres choses, elle avait déclaré que les Etats-Unis auraient besoin de prendre un engagement "mammouth" pour obtenir [la création d’]un Etat palestinien - une démarche qui pouvait  signifier s'aliéner les juifs américains, un groupe qu'elle présentait comme ayant un «poids politique et financier énorme.» 

La Republican Jewish Coalition et la Zionist Organization of America avaient exprimé leur opposition à Mlle Power. Dans un communiqué, Morton A. Klein, the président au niveau national de la Zionist Organization [of America], avait dit, «Le bilan de Mlle Power montre avec clarté qu’elle est viscéralement hostile à Israël.»

Chuck Hagel, choisi par M. Obama pour le poste de Secrétaire à la Défense, avait également été accusé d'être anti-Israël. Il avait défendu son bilan et avait été confirmé par le Sénat avec une majorité relativement serrée.

Les officiels de la Maison Blanche disent ne pas avoir d’inquiétudes sur les perspectives [de confirmation au Sénat] de Mme Power, observant qu’elle n’a pas été mêlée à la dispute sur l’attaque contre la mission diplomatique américaine à Benghazi en Libye et que son plaidoyer pour une intervention militaire en Libye lui vaudrait les faveurs des faucons comme le sénateur de l’Arizona, John McCain. 

De fait, M. McCain a déclaré dans un communiqué publié mercredi, "je crois qu'elle est bien qualifiée pour ce poste important." Et le vendredi, un autre faucon républicain, le sénateur Lindsay Graham de Caroline du Sud, a déclaré que  Mme Power était un «choix solide » [sic] pour représenter les Etats-Unis dans" une institution de plus en plus hostile."

Mlle Power bénéficie de plusieurs soutiens juifs de premier plan, dont Alan Dershowitz, le professeur à la faculté de droit d’Harvard, et Joseph I. Lieberman, l’ancien sénateur du Connecticut. 

Certains leaders pro-israéliens dissent comprendre les propos de Mlle Power comme des indiscrétions d’une jeune femme dans un milieu universitaire. Ils disent que son travail dans l’administration Obama, où elle était dans l’équipe de direction du national Security Council, a été marqué par un soutien constant à Israël et à l’alliance israélo-américaine.
Mlle Power a aussi cultivé les relations avec les organisations juives américaines, et a rencontré en 2011 40 dirigeants de ces organisations devant lesquels elle a exprimé ses regrets pour certains de ses [anciens] propos et s’est défendue avec des mots chargés d’émotion contre les accusations de parti pris anti-Israël.

«Ses opinions découlaient de l’environnement politique et culturel dans lequel elle se trouvait à l’époque,” explique Abraham H. Foxman, le directeur national de l’ Anti-Defamation League . Elle a mûri et a évolué, et j’ai hâte de travailler avec elle aux Nations Unies.»

dimanche 8 avril 2012

Décès de Gil Noble, porte-voix de l'autre Amérique


Je vous propose une notice nécrologique parue dans le New York Times qui parle de quelqu’un que je ne connaissais pas et que vous ne connaissiez sans doute pas non plus.
Gil Noble qui vient de mourir à 80 ans des suites d’un accident vasculaire cérébral était une figure de la télévision newyorkaise et une référence pour la communauté noire de la Big Apple.
Si nous ne le connaissions pas, les démêlés avec le lobby sioniste que lui et un de ses amis ont vécus sont pourtant familiers à ceux qui s’intéressent à l’actualité médiatique française.
En effet, comme Dieudonné en France, Gil Noble s’est trouvé confronté aux pressions du lobby sioniste et, comme Dieudonné, il n’a pas cédé grâce à son courage personnel mais aussi au soutien de son public.
Mais n’oublions pas que si certains réussissent à tenir tête au lobby sioniste (à quel prix !), d’autres voient par contre leurs carrières brisées et ce sont les plus nombreux.
On appréciera le sens de la répartie de Gil Noble qui expliquait, face à ceux qui lui reprochaient de ne pas présenter l’autre version de l’histoire, que son émission était précisément cette autre version de l’histoire qui, en dehors d’émissions comme la sienne, ne pouvait se faire entendre.


par PAUL VITELLO, The New York Times (USA) le 5 avril 2012 traduit de l’anglais par Djazaïri

Gil Noble, un journaliste de télévision qui présentait “Like it is”, un programme d’actualités sociales et politiques diffusé le dimanche matin à New York, une émission primée parmi les plus anciennes du pays à s’intéresser au leadership noir et au vécu afro-américain, s’est éteint jeudi dans un hôpital de Wayne dans le Nex Jersey.
Il est décédé des complications d’une attaque cérébrale qu’il avait subie l’été dernier, a déclaré Dave Davis, PDG de WABC-TV qui diffusait « Like it is » depuis 1968.

Gil Noble
Quoique retransmise seulement dans l’agglomération newyorkaise, “Like it is” attirait des invités de stature nationale et internationale. Certains étaient controversés. Ses interviews de personnalités comme Louis Farrakhan de la Nation of Islam avaient attiré des protestations pour partialité. Mais c’était précisément ce que voulait M. Noble.

“Ma réponse à ceux qui se plaignaient que je n’expose pas l’autre version de l’histoire était que cette émission était précisément l’autre version de l’histoire,” avait-il dit en 1982.

Ses interviews constituent une veritable archive de l’histoire des noirs aux Etats Unis : des centaines d’heures de conversation avec des personnalités politiques et culturelles comme Lena Home, Fannie Lou Hamer, Bill Cosby, Sammy Davis Jr, Mohamed Ali, Andrew Young, Dizzy Gillespie et Stokely Carmichael.

M. Noble voyait “Like it is” comme une plateforme pour des idées et des perspectives – notamment celles des noirs – qui étaient absentes des organes d’information grand public. Il avait une fois appelé son émission «l’antidote aux informations de 6h et 11h »

Ses échanges en tête-à-tête avec des chefs d’Etats africains et caribéens, dont Kenneth Kaunda, de Zambie, Michael Manley de la Jamaïque et Robert Mugabe du Zimbabwé s’inscrivaient dans une autre mission consistant à informer sur des événements touchant des populations d’origine africaine à travers le monde.

On apprenait beaucoup en regardant l’émission de Gil,” a déclaré l’ancien maire de New York David N. Dinkins dans un éloge funèbre. «On n’avait pas à être d’accord avec tout ce qu’il disait, mais pour nombre d’entre nous, il fallait regarder son émission.»

Le soutien profondément ancré dont jouissait M. Noble auprès de son public, l’avait aidé à survivre à deux controverses qui avaient résulté d’interviews avec des personnalités considérées comme antisémites, ayant un parti pris contre Israël ou les deux. En 1982, l’ Anti-Defamation League [ADL] avait accusé M. Noble de montrer un parti pris contre Israël quand il avait programmé un panel de discussion sur l’invasion du Liban par Israël sans présenter le point de vue israélien.

La simple rumeur de sanctions disciplinaires avait suscité des manifestations devant le siège de WABC, avec à leur tête le révérend Calvin O. Butts, pasteur de l’ Abyssinian Baptist Church à Harlem et le révérend Al Sharpton Aucune mesure disciplinaire ne fut prise, mais on demanda à M. Noble de présenter une émission avec des invités pro-Israël.

Des tensions du même genre étaient apparues à l’été 1991, quand M. Noble avait préparé la diffusion d’un discours dans lequel  on dit que son ami, Leonard Jeffries, un professeur de « black studies » au City College, aurait tenu des propos intolérants. Des articles de presse à ce sujet avait conduit à la révocation de Jeffries du poste de chef du département d’études noires (black studies).

M. Noble avait soutenu que seule l’écoute du discours dans son intégralité aurait pu amener les responsables de la faculté (ou n’importe qui d’autre) à décider si les propos pouvaient motiver une mesure disciplinaire ou avaient été sortis de leur contexte (dans une partie des on exposé, M. Jeffries affirmait que les films hollywoodiens où les noirs étaient avilis étaient faits par des « gens qui s’appelaient Greenberg, Weisberg et Trigliani.” Dans une autre, il disait que « Chacun sait que de riches Juifs finançaient le commerce des esclaves »).

Les responsables de WABC-TV avaient retiré cette partie dont ils disaient qu’elle pouvait aggraver les tensions raciales dans la ville. Il se trouva que ces tensions longtemps latentes entre noirs et juifs dans le secteur Crown Heights de Brooklyn explosèrent violemment la semaine suivante.

Une fois encore, des manifestants se présentèrent devant les locaux de la chaîne de télévision. Cette fois, se trouvait parmi eux un sénateur de l’Etat, qui sra plus tard gouverneur de New York, David A. Paterson.

 «Je me souviens que c’était une manifestation spontanée,»  a déclaré M. Paterson dans une interview. « Les gens sont venus tout simplement. Parce que «Like it is» était quelque chose de vraiment spécial et à protéger pour la communauté afro-américaine.» Une séquence sur l’affaire Jeffries sera finalement montrée par la suite.

«Certains Américains blancs sont rebutés par ‘Like it is’, mais c’est la nature de ce programme».avait expliqué M. Noble à The Village Voice à la fin de cette année là. «Nous assistons à une querelle entre les races en Amérique et certaines opinions dans la communauté noire doivent être entendues même si ce sont des voix de révolte.»

Après l’attaque cérébrale de M. Noble, WABC-TV a lancé l’émission «Here and Now», une émission sur les questions politiques et sociales qu’elle présente comme «poursuivant la voie tracée par Gil Noble.»

Gilbert Edward Noble est né à Harlem le 22 février 1932. Il est le fils de Rachel Noble, enseignante, et de Gilbert R. Noble, propriétaire d’un garage automobile. Ses deux parents étaient nés en Jamaïque. Il a fréquenté le City College et a fait son service militaire pendant la guerre de Corée.
M. Noble a été embauché comme journaliste pour la station de radio WLIB en 1962. En 1967, après des émeutes raciales d’ampleur nationale qui avaient incité les chaînes de télévision dans tout le pays à recruter certains de leurs premiers journalistes noirs, il a été embauché par WABC. Il a travaillé comme reporter, présentateur du weekend et parfois comme correspondant pour «’Like it is, » une émission qui a commencé en 1962 et dont il est devenu le responsable et présentateur en 1975. Il a reçu sept Emmy Awards.

M. Noble laisse derrière lui une épouse, Norma jean, avec leurs quatre filles Lynn, Lisa, Leslie et Jennifer; un fils, Chris; and huit petits enfants.

Milton Allimadi, rédacteur en chef du journal Black Star News d’ Harlem et invité occasionnel de l’émission de M. Noble, a expliqué la considération particulière dont faisait l’objet M. Noble dans la communauté qu’il servait.

Dans un éloge publié en ligne en août dernier, M. llimadi écrit qu’après avoir été invité dans l’émission, des inconnus l’avaient arrêté dans la rue pour lui serrer la main. « Quand je monte dans un bus M.T.            A., les chauffeurs refusent que je paye mon ticket, » écrit-il, « disant qu’ils sont heureux de transporter quelqu’un qui est pasé dans ‘Like it is.’»

lundi 12 décembre 2011

Comment le lobby sioniste tient la Turquie


Dans les paramètres qui dictent la conduite de la diplomatie turque, il en est un et non des moindres que j’ai omis, c’est la question du génocide arménien.
J’en avais déjà parlé pourtant sur ce blog.

Sans prendre position sur l’adéquation du terme génocide pour qualifier ce qu’ont subi les Arméniens au début du siècle dernier, il faut cependant se rappeler que la Turquie craint énormément l’adoption par les Etats Unis d’une législation qui la sommerait de reconnaître avoir perpétré un tel génocide.
Une telle législation n’aurait bien entendu pas pour but de mettre un point final à un livre d’histoire mais signerait plutôt le début de gros ennuis pour la Turquie qui se verrait obligée d’abord de réécrire justement ses manuels d’histoire.
Mais ce n’est bien sûr pas la conséquence la plus importante d’une législation américaine sur le génocide arménien. Une autre conséquence serait en effet que le gouvernement turc se trouverait tôt ou tard mis en demeure d’indemniser les familles des victimes arméniennes et, pourquoi pas, devoir à terme faire face à des revendications territoriales  sur la partie de l’Anatolie autrefois peuplée d’Arméniens.

De bien sombres perspectives que la Turquie a toujours pu s’épargner autant grâce à son rôle éminent dans l’OTAN que par le précieux soutien du lobby sioniste.
Les sionistes ont en effet toujours marchandé ainsi leurs relations avec la Turquie : maintien d’une politique conforme aux intérêts de l’entité sioniste de la part d’Ankara en échange du blocage des efforts arméniens pour obtenir que les députés US adoptent une législation contraignante sur le génocide arménien.

Il y a bien eu un moment de flottement qui a vu le lobby sioniste faire mine de pencher en faveur d’une telle législation, mais tout est finalement rentré dans l’ordre et c’est bien le signe qu’en dépit de ses gesticulations, le gouvernement turc ne fera rien de sérieux contre l’entité sioniste alors qu’il fait feu de tout bois contre les autorités syriennes.

David Boyadjian nous en dit plus sur les déboires des Américains d’origine arménienne face aux organisations sionistes.

Par David Boyajian,HETQ (USA-Arménie) 6 décembre 2011 traduit de l'anglais par Djazaïri

L’hostilité de l’Anti-Defamation League à l’égard des Arméno-Américains n’est pas un secret. L’ADL et son directeur national, Abraham Foxman, ont collaboré avec la Turquie pour nier le génocide arménien et faire échec à la résolution du Congrès sur le génocide arménien. Ce fut donc un choc d’apprendre que Facing History and Ourselves (FHAO), une organisation nationale d’éducation à l’holocauste et aux droits de l’homme dont le curriculum comprend le génocide arménien, allait être « partenaire » de Foxman pour le groupe de discussion sur « le nouvel Antisémitisme » organisé par l’ADL le 7 novembre 2011 à Boston. 
  
Alertés par une lettre ouverte à FHAO écrite par un Arménien, de nombreux Arméniens ont exhorté cette organisation à annuler son partenariat avec Foxman. J’ai interpellé moi-même à FHAO, sans succès.

La lettre type de FHAO

FHAO a au contraire répondu aux Arméno-Américains par une lettre type qui soutenait hypocritement que Foxman avait reconnu le génocide arménien. FHAO ne s’était même pas fatigué à répondre sur l’opposition hypocrite de l’ADL à la résolution sur le génocide arménien, que Foxman continue à qualifier de «diversion contreproductive.»

Même si la fameuse déclaration du 21 août 2007 de Foxman mentionnait le « mot en G » [génocide], elle impliquait aussi que les morts arméniens de 1915 étaient une « conséquence » de la situation de guerre plutôt qu’intentionnelles. Le critère «d’intentionnalité» est justement ce que le droit américain exige pour considérer un acte comme relevant du génocide. Foxman le savait quant il a fait sa déclaration.

A l’instigation de militants des droits de l’homme de d’Arméno-Américains, une dizaine de villes du Massachussetts et la Massachusetts Municipal Association avaient condamné les tours de passe-passe rhétoriques de Foxman et, en 2007 et 2008 – après la déclaration de Foxman – avaient cessé toute relation avec le programme de l’AFL «No Place for Hate» (pas de place pour la haine).

Lettre ouverte au Genocide Education Project

Une deuxième lettre ouverte (31 octobre 2011) a appelé l’organisation arménienne de San Francisco, le Genocide Education Project (GEP), dont la mission principale est d’éduquer au génocide arménien, à demander à FHAO de renoncer au co-parrainage de l’événement organisé par Foxman.

Pourquoi GEP? Parce que son conseil consultatif et celui de FHAO se chevauchent : les professeurs Peter Balakian et Richard Hovannisian sont dans les deux instances. Et les dirigeants de FHAO, Adman Strom, fils du fondateur de l’organisation, et Jack Weinstein figurent dans le conseil consultatif de GEP.

J’ai contacté GEP qui a répondu qu’elle déciderait de la marche à suivre et me recontacterait. Elle ne l’a jamais fait. D’autres Arméniens ont aussi exhorté GEP à demander à FHAO de ne pas coopérer avec Foxman.  J’ai fait par la suite une autre tentative pour contacter GEP, sans succès. Finalement, GEP a gardé le silence. GEP devait des réponses au public concerné. Le silence appelle la spéculation. GEP craignait-elle de perdre ses bonnes relations avec FHAO ? Si oui, une organisation arméno-américaine devrait-elle collaborer avec ce genre d’organisations si ça l’empêche de s’exprimer ?

Heureusement, la Coalition to Recognize the Armenian Genocide, composée de Juifs et d’Arméniens, a saisi l’occasion. Pendant la manifestation organisée par l’ADL, elle a distribué des tracts invitant « toutes les organisations et tous les officiels à se détourner de l’ADL jusqu’à ce quelle reconnaisse sans équivoque le génocide arménien » et qu’elle « cesse de faire pression contre » la résolution sur le génocide arménien.

Des questions et des problèmes intéressants sont soulevés par ce triste spectacle du partenariat FHAO-ADL et du silence de GEP.

Les droits de l’homme comme paravent

Si une organisation reconnait, et même informe sur le génocide arménien, cette reconnaissance repose-t-elle sur des principes et est-elle consistante ? Où est-elle surtout un moyen pour cette organisation de faire avancer ses propres objectifs ?

Nous savons après tout, que des organisations se servent des droits de l’homme ou de l’éducation sur le génocide pour masque leur propre agenda. L’ADL en est un exemple.

L’ADL a de nombreux programmes aux noms “politiquement corrects”  et qui sonnent bien : «Pas de Place pour la Haine», «Lutter contre les brimades,» «Faire valoir la Diversité», « Les Différences sur le Lieu de Travail, » «récits de l'histoire des gays, lesbiennes, bisexuels et transsexuels» et autres. Ces programmes, avec leurs importants financements et le prestige qu’on leur attribue, ont permis à l’ADL d’entrer dans des centaines d’écoles élémentaires, lycées et facultés publics, d’entreprises et administrations publiques (FHAO a, incidemment, plusieurs programmes semblables à ceux de l’ADL). Eduquer aux droits de l’homme n’est cependant pas le véritable but de l’ADL. Les programmes de l’ADL sont juste un moyen détourné pour instiller de la familiarité avec elle-même, les préoccupations du peuple juif, l’holocauste et Israël.

Comment pouvons-nous le savoir? Parce qu’aucune véritable organisation des droits de l’homme ne pourrait jamais collaborer aussi étroitement – comme l’ADL l’a fait – avec un gouvernement turc qui viole les droits de l’homme et nie le génocide arménien pour mettre en échec une résolution du Congrès sur le génocide arménien, alors même que cette organisation plaide au Congrès pour la reconnaissance de l’holocauste [juif] et pour des indemnisations.
Et devons-nous respecter le “tabou” qui interdit de critique des organisations juives comme l’ADL, même quand elles sont nos adversaires déclarés ?

Ce tabou pourrait expliquer la réticence, il y a trois ou quatre ans, de beaucoup de dirigeants et d’organisations politiques et d’universitaires arméno-américains, particulièrement sur la côte ouest à imiter la très réussie et internationalement reconnue campagne du Massachussetts (www.NoPlaceForDenial.com) contre le biais anti-arménien de l’ADL.

Quand les leaders Arméno-Américains s’abstiennent de critiquer d’influents adversaires, défendent-ils les intérêts de la communauté ou les leurs ?
Une autre question. Quand un individu reconnaît le génocide arménien, cette reconnaissance est-elle basée sur des principes et est-elle consistante ? Où n’est-elle qu’un moyen pour faire avancer ses propres intérêts ? Les responsables politiques en sont les exemples les plus évidents.

Le leurre du génocide

Le candidat à la présidentielle Barack obama reconnaissait le génocide arménien et promettait de le reconnaître une fois élu. En conséquence, il avait obtenu le soutien d’Arméno-Américains. Une fois à la maison Blanche, il a vite oublié sa promesse. Et voyez Jane Harman qui, en tant que parlementaire avait soutenu la résolution sur le génocide avant de malhonnêtement la vider de son sens. Et puis il y a Richard Gephardt, qui avait été à un moment chef de la majorité à la chambre des représentants. Il avait même pris la parole lors d’une commémoration du génocide arménien à Capitol Hill. N’empêche, après avoir quitté le Congrès en 2005, Gephardt est devenu un consultant rémunéré pour la Turquie et a fait pression contre la résolution sur le génocide arménien qu’il soutenait auparavant. Et souvenez-vous de Samantha Power, la prétendue spécialiste du génocide et «amie» des Arméno-Américains.

Résistance à la critique

Il y a trois ans, Samantha Power avait toit à fait publiquement exhorté les Arméno-Américains à voter pour Barack Obama parce qu’il reconnaîtrait notre génocide. Elle est actuellement à la Maison Blanche où elle dirige l’“Office of Multilateral Affairs and Human Rights” (son mari, Cass Sunstein, qui est un vieil ami d’Obama, est le « patron de la règlementation » auprès du président). Nous n’avons plus de nouvelles de notre «amie» Samantha depuis quelques années. A l’heure qu’il est, les organisations arméno-américaines auraient dû adresser quelques critiques la protectrice des droits de l’homme en Amérique. Mais non, elles sont aussi discrètes qu’elle. Cela doit servir de leçon au sujet de Power ou les motifs derrière la rhétorique et les promesses que n’importe qui d’autre fait aux Arméniens.

Et des intérêts particuliers, et non les intérêts supérieurs du peuple arménien, pourraient-ils expliquer pourquoi les « leaders » et organisations de la diaspora arménienne n’ont pas été plus nombreux à critiquer la corruption des membres du gouvernement et les oligarques Arméniens ?

Les Arméno-Américains attendent de leurs organisations et de leurs dirigeants politiques qu’ils se fassent entendre avec force quant nos intérêts sont en cause. La crainte de déplaire à ceux qui nous blessent est une pauvre excuse.

mardi 22 novembre 2011

Publicité antisémite ou oecuménisme alcoolisé?

En préambule, tout ça n’a rien à voir avec Charlie Hebdo dont pour l’heure on ignore qui a incendié les locaux même si ce sont généralement des Musulmans qui en sont accusés.

Il y a un petit moment que je ne vous ai pas proposé de leçon de judéo-christianisme. Dans sa version le plus banale, le judéo-christianisme veut que la religion chrétienne soit fille de la religion juive et même que Jésus Christ était juif.

Gare cependant à ceux qui prendraient trop au sérieux ces affirmations, au point de célébrer avec humour cette réconciliation qui consiste à gommer tout ce qui dans le christianisme traduit une distance voire un rejet vis-à-vis du judaïsme (on parle ici de la doctrine et non de ses adeptes).

Par exemple cette publicité pour une boisson alcoolisée qui s’est donnée à voir sur des affiches à New York.
On y voit en effet deux chiens dont l’un arbore un bonnet de Père Noël et l’autre une kippa, avec en lettres capitales une affirmation selon laquelle cette boisson a la qualité des alcools consommés à Noël mais est vendue à un tarif pour Hanoucah.
Une belle façon d’associer dans le culte du Veau d’Or deux religions et de concrétiser encore un peu plus le judéo-christianisme.

Ce n’est pas ainsi que le comprend pourtant une organisation antiraciste (juive) qui dénonce le caractère antisémite de cette publicité qui renforce en particulier les stéréotypes sur les Juifs et l’argent
Des images toutes faites, nous dit l’ADL, qui ont « une longe histoire ». L’ADL ne va pas jusqu’à dater cette longue histoire mais peut-être cette organisation pense-t-elle à l’époque où un certain prophète pourfendait les marchands du temple ?

La société de marketing a beau eu faire un plaidoyer magnifique d’œcuménisme judéo-chrétien alcoolisé, les affiches ont été retirées.

CBS (USA) 22 novembre 2011 traduit de l’anglais par Djazaïri


NEW YORK (CBSNewYork)- Une réclame pour une marque de vodka agite les esprits à Manahattan. La vodka Wodka est vantée sur un grand panneau d’affichage qui surplombe West Side Highway avec le slogan « Qualité de Noël, Prix d’Hannoucah.»
L’Anti Defamation league (ADL, équivalent de la LICRA aux Etats Unis) a qualifié cette réclame de grossière et insultante, » et a déclaré dans un communiqué de presse qu’elle «renforce les stéréotypes antisémites.»
“Avec en particulier la longue histoire des stéréotypes sur les Juifs et l’argent, avec la vieille idée selon laquelle les Juifs sont pingres, se servir d’une fête juive pour traiter de questions d’argent est un manque évident de tact et de délicatesse, » a affirmé le directeur de l’ADL pour New York, Ron Meier.
L’ADL a appelé l’entreprise a retirer les affiches.
Parmi les autres affiches qui figurent dans cette campagne publicitaire, certaines donnent à lire: “Qualité de vedette de cinéma, Prix de vedette de la vie réelle, » « Qualité pour escort girl, prix pour tapineuse » et « Qualité pour Hampton, prix pour Newark. »
La vodka Wodka est produite par Panache Beverages dont le siège se trouve à Flatiron District.
Miami BG, la société de marketing à l’origine des affiches a d’abord émis un communiqué défendant la publicité.
“L’idée d’inclure Hannoucah est tout sauf antisémite – en fait nous comparons notre propre fête à la fête juive, »  explique Brian Gordon de Mimai MG dans une déclaration. « Pour le dire en deux mots, Hannoucah est plus avantageuse parce que vous avez huit nuits pour le prix d’une – plus ou moins comme la vodka Wodka. »
“Avec un peu de chance, cette réaction vous aidera à recentrer votre attention sur des domaines plus sérieux où l’antisémitisme existe – il est toutefois absolument inexistant dans notre marketing.» a expliqué Gordon.
Un peu plus tard cependant, Miami MG a annoncé qu’en raison de  très nombreux appels et de l’indignation qu’elle a suscitée, l’affiche serait retirée.

mardi 8 mars 2011

Les citoyens d'une ville des Etats Unis refusent que leurs policiers aillent suivre un stage à Tel Aviv

Il y a dans le monde deux villes connues qui portent le nom de Cambridge. L'une se trouve en Angleterre et l'autre aux Etats Unis. Outre leur nom, ces villes ont en commun d'abriter de prestigieux établissements universitaires.
C'est la Cambridge des Etats Unis qui m'intéressera ici. Non, pas pour son université car je ne crois pas reprendre des études avant longtemps, mais pour son conseil municipal qui a vu défiler un certain nombre de citoyens venus protester contre la participation de membres des forces de sécurité de la ville à des voyages de formation dans l'entité sioniste.
Ces voyages sont organisés par l'Anti Defamation League dont la vocation initiale est la lutte contre l'antisémitisme (et parfois le racisme tout court) mais qui semble aussi s'intéresser au champ de l'anti terrorisme et de la formation des policiers dans ce domaine.
Curieux, non?
Ce sont 34 citoyens en tout qui se sont présentés à la séance du conseil municipal, un chiffre modeste mais que le journal dont est tiré l'article semble trouver considérable. A aucun moment il n'est fait mention du rôle d'une quelconque association antisioniste, pro boycott ou autre dans la mobilisation de ces habitants dont certains connaissent manifestement de très près l'entité sioniste. Quoi qu'il en soit, il n'y a aucun doute que ces citoyens venus protester sont des plaideurs remarquables et nous démontrent que oui, il existe une Amérique juste et solidaire, que oui, des Américains parviennent à échapper aux entreprises de décervelage du lobby sioniste et des mass media. Et que peut-être cette Amérique peut grandir et apporter au monde autre chose que le "choc et l'effroi" ou la spéculation.

Notons quand même qu'aux Etats Unis, cette information n'est pas allée plus loin que la presse locale (imaginez si ça avait été un défilé pour protester contre un stage, je sais pas moi, en Egypte? au Yémen? à Bahrein? en Arabie Saoudite?)
 
Un séjour en Israël se transforme en problème posé en conseil municipal

par Brian P. Nanos, Wicked Local Cambridge (USA) 3 mars 2011 traduit de l'anglais par Djazaïri

Ce lundi, de nombreux habitants de Cambridge ont critiqué le voyage de l'an dernier en Israël sponsorisé par l'Anti Defamation League pour que des agents des forces de l'ordre étudient des stratégies contre le terrorisme.

A la fin de l'an dernier, une délégation de 16 cadres des services de sécurité de villes du nord est des Etats Unis - dont le chef de la caserne des pompiers de Cambridge, Gerard E. Mahoney, et le le surintendant adjoint de la police de Cambridge, Paul Ales - s'étaient rendus en Israël pour observer les stratégies et tactiques de ce pays en matière de lutte anti terroriste.

Sur les 34 citoyens qui sont venus s'exprimer à la réunion du conseil municipal de Cambridge, 25 ont fait part de leur désapprobation de la participation à ce voyage d'agents des forces de sécurité.

A l'ordre du jour de la réunion du conseil municipal ce lundi, la conseillère Marjorie Decker avait joint une instruction observant que le commissaire de police Robert Haas avait décrit un voyage semblable en 2009 comme "pas particulièrement utile." L'instruction demandait à Bob Healy, directeur de l'administration de la ville, d'enquêter sur raison d'être et sur le contenu des deux voyages.

Decker a critiqué Healy pour ne pas avoir parlé du voyage aux élus de la ville.

"Le fait est que nous avions eu une audience à ce sujet il y a deux ans," déclare Decker. "Le directeur sait parfaitement que c'était un important motif de préoccupation pour certains d'entre nous au conseil."

Le conseiller Tim Tooney at utilisé son droit statutaire pour différer une décision sur la motion. Selon un argumentaire détaillé distribué par un prote parole de l'Anti Defamation League, cette organisation a demandé à ses partisans d'appeler les conseillers municipaux pour demander un report du vote.

Avant la motion, néanmoins, des habitants de Cambridge - dont beaucoup ont gardé le souvenir de leurs propres voyages en Israël - ont attendu leur tout pour faire part de leur désapprobation des pratiques policières israélienne et de l'étude de ces pratiques par la police de Cambrifge.

Alan Meyers, un habitant de Cambridge, dit avoir été "profondément perturbé" par ce voyage.

"Ce que par euphémisme Israël appelle de l'antiterrorisme consiste pour l'essentiel à agresser une population civile désarmée et sans défense," dit-il. "C'est une mécanique d'oppression qui convient dans un Etat policier, ce que notre ville n'est pas, selon moi. Du moins pas encore."

Kathy Roberts a qualifié le voyage de "problématique". Gerald Bergman a demandé aux conseillers de "sortir de leur torpeur et de mettre un terme à ce voyage." Martin Felderman a affirmé que ce voyage donne une légitimité à des "pratiques auxquelles les citoyens de Cambridge se sont toujours opposés."

Et David Stanley avait sa propre théorie sur la raison du voyage: "Tout ce que j'ai pu trouver c'est: est-il vrai que Cambridge envisage d'envahir et d'occuper, d'annexer et de vendre des parties de Somerville - peut-être le secteur entre Union Square et Davis Square?" a-t-il demandé au conseil municipal. "Parce que si nous devions faire ça, alors il serait parfaitement logique d'apprendre comment fonctionne la police israélienne. Si nous devions faire ça, nous devrions exproprier des gens, expulser des gens, nous devrions démolir leurs maisons."

Sean martin, le porte parole de l'ADL, a fourni au Cambridge Chronicle une réponse écrite et  argumentée point par point à ces allégations. Le texte observe que le conseil municipal n'a pas contacté l'ADL pour obtenir des informations et qualifie l'organisation "d'une des plus grandes des organisations de notre nation dans la lutte contre la haine, pour la promotion de l'inclusion et le maintien de la sécurité dans nos villes".
"Comme ses homologues Américains, la police israélienne doit tenir un juste milieu entre la prévention du terrorisme et du crime et le respect des droits et des valeurs d'une nation démocratique," déclare l'ADL.

mercredi 29 septembre 2010

L'imagerie antisémite de Roger Waters (ex Pink Floyd)

Roger Waters (ex Pink Floyd) effectue actuellement une tournée de spectacles intitulée "The Wall Live".

Au cours de ses concerts, Waters propose aux spectateurs la projection d'une animation dans laquelle on voit un avion larguer des bombes qui ont une forme très particulière, celles de symboles religieux, politiques  ou de signes renvoyant à la civilisation matérielle.
Cette animation a eu le don d'irriter l'Anti Defamation League (équivalent de la LICRA en Amérique du Nord) qui reproche au musicien de  
Or, comme le fait remarquer The Gothamist (USA):

Voici une liste des symboles qu'on peut voir largués comme des bombes par un avion dans une projection vidéo au cours du concert The Wall de Roger Waters: des croix, des croissants, des logos Shell [la société pétrolière, NdT], des symboles du dollar |$], des faucilles et des marteaux, des logos Mecedes benz et l'étoile de David. Et voici le nombre de communiqués de presse publiés en protestation contre cette imagerie: Un. Vous voulez savoir qui est scandalisé?

La réponse est dans le titre de l'article, c'est l'Anti Defamation League bien entendu.



Pour aller au fond des choses, The Gothamist a interrogé son rabbin maison, un certain Ben Yakas:
"L'ordre dans lequel il met toutes ces choses est malheureux, mais je ne pense pas que c'était forcément quelque chose d'antisémite visant directement les "Juifs et leur argent". C'est trop vague pour ça. Il y a des croix et des croissants et des logos de compagnie pétrolière qui tombent tous en même temps. C'est juste une mauvaise juxtaposition. Ce qui est plus choquant est la chanson; c'est presque un plagiat  du refrain de Ruby Tuesday !"[morceau des Rolling Stones, NdT].
Avant de finir sur une pointe d'humour, The Gothamist demande quand même si tout ça est plus choquant que la politique sioniste de construction de nouvelles colonies dans les territoires palestiniens occupés.


Sur ce sujet, on lira également avec intérêt les réflexions de Gilad Atzmon.

mercredi 30 septembre 2009

Benito Cabo, ou la réponse du journal El Pais aux pressions sionistes

Eugenio Suarez, chroniqueur littéraire du journal espagnol El Pais a choisi tout récemment d’offrir au lectorat une nouvelle revue « critique » d’un roman de l’écrivain Benito Cabo paru voici deux ans.
Il explique qu’il le signale à nouveau parce que c’est selon lui un livre intéressant qui, toujours selon lui, n’a malheureusement pas rencontré le succès qu’il méritait.




On peut légitimement s’étonner d’une sollicitude assez inhabituelle chez les journalistes et donc hésiter à se contenter de cette explication.
Si la qualité du livre ne semble pas douteuse, il faut situer le regain d’intérêt d’El Pais à son égard à la lumière des accusations d’antisémitisme qui ont été proférées à l’encontre de ce journal par l’entité sioniste et la fameuse Anti Defamation League (ADL), accusations fondées sur la façon dont ce quotidien, mais aussi El Mundo un autre titre espagnol important,  a rendu compte de l’agression sioniste contre Gaza. Les sionistes mettent notamment en cause la caricature que vous trouverez par ce lien. La traduction (correcte) de la légende, je la laisse aux bons soins de nos amis de Sion.
Et il va aussi de soi que l’ADL a constaté une sensible poussée d’antisémitisme en Espagne (comme d’ailleurs en Norvège, en Suède et en vérité un peu partout).


Cet article est donc en réalité une réponse assez élégante aux accusations formulées par l’entité sioniste et ses suppôts.
On aimerait d’ailleurs que ce roman rencontre un vif succès et qu’il soit traduit en français, d’autant qu’il est absolument fidèle à la réalité historique.

Une précision toutefois : Ion Victor Antonescu, le chef de l’Etat roumain de l’époque, s’il a pactisé avec Hitler, si son armée a procédé au massacre de Juifs et livré des Juifs réclamés par le régime nazi, semble avoir protégé ses concitoyens de confession israélite dans une démarche qui le rapproche de Philippe Pétain. L’opération d’évacuation décrite dans le livre n’avait d’ailleurs été rendue possible que par la vieille amitié d’Antonescu avec le président des communautés juives de Roumanie.




Nazis et Juifs bras dessus bras dessous
Par Eugenio SUÁREZ, El Pais (Esp) le 21/09/2009 traduit de l’espagnol par Djazaïri


Il y a 70 ans débutait la guerre mondiale et un de ses chapitres collatéraux les plus terrifiants fut l’extermination des Juifs. Penser au mot nazi évoque immédiatement son contraire : Juif. Pour sa rareté – du moins pour moi – je crois intéressant de rendre compte d’un livre curieux qui n’ayant pas rencontré d’écho médiatique à ce jour, n’a été tiré qu’en un nombre restreint d’exemplaires. Comme il en faut pour tous les goûts ["hay gente pa tó"], je me permets de le signaler à nouveau au nom de la curiosité qu’il peut susciter.

Il traite de circonstances qui sont restées secrètes ou connues de très peu de gens, de pactes, d’accords et de communauté d’intérêts entre Hitler et les Juifs sionistes. Le livre, sous forme romancée, comporte des documents en annexe avec de solides références sur les faits présentés. Son titre : El expediente Sión [Le dossier Sion], publié par les éditions Depha en 2007. Son auteur : Benito Cabo, un Asturien d’Avilés, licencié en droit de la Complutense [université de Madrid], qui réside et travaille à Madrid. Voilà pour les références.


Le récit commence avec l’affrètement d’un vieux bateau nommé Sparta, qui quitta en 1941 le port roumain de Constantza avec à bord 769 Juifs Roumains qui aspiraient – moyennant un prix très élevé – à se rendre au port de Haïfa en Palestine. Deux années s’étaient donc écoulé depuis l’éclatement du conflit et la signature du pacte germano-soviétique suivis par le déclenchement des hostilités entre l’Allemagne et l’URSS. Connaissant l’antisémitisme nazi que j’ai vécu à la fin de cette guerre en qualité de correspondant de presse à Budapest, j’avais vu, soit dit en passant, des choses de manière très directe lorsque j’avais hébergé certains de ces êtres sans défense avec une étoile jaune cousue sur leurs vêtements.
Le navire se nommait en réalité Struma comme le confirme la documentation, il battait pavillon panaméen ; et l’odyssée de sa cargaison humaine en Méditerranée pendant 74 jours, est relatée avec minutie dans le livre. Comment est-il possible que près d’un millier de Juifs aient tenté l’aventure d’atteindre la terre promise d’Israël en cette période et dans de telles conditions ?
Lorsque, après un voyage difficile, ils furent en vue de la terre de Palestine, les autorités britanniques – haïes par les Arabes et par les Juifs – qui exerçaient un dur protectorat (je suis allé là bas) soupçonnant la manœuvre, refusèrent la permission d’accoster et le bateau renta alors de rallier Istanbul. Là bas, les Turcs, cédant à une exigence anglaise, le refoulèrent implacablement. Et, terme d’un périple difficile de plus de deux mois, à dix milles d’Istanbul, un sous marin russe tira une torpille qui coula le navire. Une seule personne en réchappa, dont le nom apparait dans le livre et qui vit maintenant aux Etats Unis.


LA grille d’’interprétation proposée par le récit est incroyable et en même temps vraisemblable. Les Juifs sionistes entrent en contact avec les autorités allemandes via l’ambassadeur d’Allemagne à Ankara, Franz Von Papen, ex-chancelier de la république de Weimar et allié fidèle d’Hitler.
La proposition était simple : l’Allemagne soutient l’installation des Juifs en Palestine, où un commando spécial attaquera la cité portuaire d’Haïfa ; les Juifs de toute l’Europe afflueraient en Israël pour fonder un Etat autonome et une base allemande qui couperait l’alimentation en pétrole arabe, neutraliserait le canal de Suez et les forces britanniques se retrouveraient enfermées dans un piège mortel. De son côté, Rommel empêcherait la retraite des troupes britanniques, le tout réalisé avant l’intervention des Etats Unis sur le continent européen. Le Royaume Uni se verrait obligé de demander ou d’accepter la paix et l’armée allemande aurait les mains libres pour affronter le véritable ennemi : la Russie soviétique. Le Führer avait approuvé le projet, faisant la distinction entre sionistes et Juifs en général, voués à l’extermination selon son idéologie politique.


Je ne veux pas gâcher l’intérêt du récit, vraiment passionnant, à pat le phénomène contagieux qui n’a pas épargné l’auteur et qui consiste à employer des mots vulgaires pour décrire des situations érotiques non nécessaires et qui affaiblissent une partie de la narration.
Intéressante sans doute, par son caractère véridique, la surprenante alliance d’une partie du peuple juif avec ses bourreaux
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