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lundi 1 juillet 2013

Relance de l'enquête sur l'attentat contre l'Association Mutuelle Israélite Argentine en 1994: un ancien ministre (juif nous dit la presse sioniste) impliqué

L’affaire de l’attentat meurtrier  contre l’Association Mutuelle Israélite Argentine perpétré en 1994 a récemment refait surface en France suite à l’élection présidentielle iranienne.
En effet, Hassan Rohani, le successeur de Mahmoud Ahmadinejad à la tête de l’Iran a beau avoir une réputation de modéré en comparaison de son impétueux prédécesseur, il n’en reste pas moins accusé par les organisations juives et sionistes d’être un des instigateurs de cet attentat.
Des accusations à ce propos ont en effet surgi sous forme d’un dossier dans une feuille de chou néoconservatrice américaine avant d’être reprises comme il se doit par le reste des médias sionistes, dans l’entité sioniste par le Yediot Aharonot ou en France par le site du Conseil Représentatif des Institutions Juives de France (CRIF).
Ce blog a consacré quelques articles au sujet de l’attentat contre l’AMIA, un crime que le gouvernement iranien n’avait aucun intérêt à commettre ou à ourdir puisque une de ses conséquences fut un coup d’arrêt à des relations diplomatiques et commerciales en plein développement.
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Les locaux de l'AMIA après l'attentat de 1994
Après des années d’enquêtes bâclées et orientées qui ont servi de base à des poursuites judiciaires contre de hauts responsables iraniens, comme le ministre de la défense Ahmad Vahidi ou l’ancien président Hachemi Rafsanjani, le gouvernement de Mme Kirchner semble décidé à remettre l’enquête sur de bons rails et s’est assuré de la coopération de la république islamique d’Iran.
Cette réorientation de l’approche de l’affaire avait donné lieu à des propos acerbes tenus par Hector Timerman, le chef de la diplomatie argentine et par la présidente à l’égard de certains dirigeants de la communauté juive argentine.
Après les paroles, c’est maintenant le temps des actes puisque la justice argentine vient de décider le lancement d’une enquête sur les agissements du ministre de l’intérieur de l'époque, un Juif nous dit le Jerusalem Post, qui aurait soudoyé un témoin capital.
Cette information n’est pas reprise par la grande presse occidentale, pas plus aux Etats Unis qu’en France.
Or l’attentat contre l’AMIA est un des crimes brandis pour démontrer que l’Iran est un Etat terroriste qu’il faut étrangler économiquement avant de l’attaquer militairement pour satisfaire les exigences de la clique de cinglés qui gouverne à Tel Aviv.
Notez que le titre du Jerusalem Post parle d'un "officiel" et pas d'un ministre et d'un attentat sans préciser qu'il s'agit de celui contre l'AMIA!

Un ex officiel juif du gouvernement argentin va faire l’objet d’une enquête concernant un attentat

par JTA, Jerusalem Post (entité sioniste) 1er juillet 2013 traduit de l’anglais par Djazaïri
BUENOS AIRES, Argentine  - L’ex ministre de l’intérieur juif de l’Argentine va faire l’o’bjet dd’une enquête pour ses liens avec l’attentat contre l’Association Mutuelle Israélite (AMIA)
La cour d’appel fédérale de Buenos Aires a ordonné la semaine dernière une enquête sur Carlos Vladimir Corach en relation avec le versement illégal de 400 000 dollars à Carlos Telleldin, un mécanicien auto qui figurait parmi les accusés pour l’attentat de 1994 qui avait fait 85 morts et des centaines de blessés.
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Carlos Vladimir Corach
Telleldin, qui aurait été le fournisseur du véhicule piégé qui avait fait sauter le centre communautaire juif n’a pas été inculpé.
Les trois juges de la cour d’appel ont appelé le juge fédéral Ariel Lijo à enquêter sur «l’existence d’allégations concrètes impliquant Carlos Vladimir Corach qui n’ont pas fait l’objet d’investigations jusqu’à présent » au sujet de payements illégaux à Telleldin.
Corach était ministre de l’intérieur du gouvernement de Carlos Menem dans les années 1990. Il a été le responsable de l’acquisition du bâtiment dédié au musée de l’holocauste à Buenos Aires et avait été le principal orateur lors de son inauguration.

samedi 9 mars 2013

Argentine: le chef de la diplomatie Hector Timerman dit ses quatre vérités à l'entité sioniste


La presse argentine se fait assez largement l’écho d’un épisode diplomatique pour le moins tendu entre le ministère des affaires étrangères argentin et son équivalent de l’entité sioniste.
Cet épisode est initialement relaté par le journal sioniste Haaretz dans un article dont je vous livre la traduction intégrale. L’incident en question concerne l’accord conclu par l’Argentine avec l’Iran pour relancer les relations bilatérales en levant, sans les annuler, l’obstacle que représentent les poursuites judiciaires engagées par la justice argentine contre plusieurs hauts responsables Iraniens, dont l’actuel ministre de la défense Ahmad Vahidi.
J’ignore pourquoi Haaretz a publié cet article, mais on remarquera que le chef de la diplomatie argentine, Hector Timerman, tient un langage qu’on aurait peine à imaginer dans la bouche d’un François Hollande qui, après avoir reçu Benjamin Netanyahou, vient de recevoir en grande pompe Shimon Peres, un autre criminel sioniste.
François Hollande a même saisi l’occasion pour se fendre d’une nouvelle déclaration sur la Syrie en présence du chef du gang sioniste..
Si des masques n'étaient pas encore tombés, c’est maintenant chose faite.  

Le ministre argentin des affaires étrangères accuse Israël de donner «des munitions aux antisémites,» rapportent des sources

Les propos d’Hector Timerman ont été tenus dans le cadre de critique acerbes contre l’ambassadrice d’Israël après qu’Israël ait essayé d’obtenir des explications sur l’accord irano-argentin pour créer une ‘commission de la vérité’ pour enquêter sur l’attentat à l’explosif contre des locaux associatifs juifs à Buenos Aires en 1994.
Par Barak Ravid, Haaretz (Sionistan) 6 février 2013 traduit de l'anglais par Djazaïri

Le ministre des affaires étrangères argentin Hector Timerman a accusé Israël de donner «des munitions aux antisémites qui accusent les Juifs de double loyauté» dans le cadre d'une critique d’une dureté exceptionnelle contre Shavit  Dorit ambassadrice d'Israël, selon certaines sources.
L'incident a été provoqué par les démarches d'Israël pour obtenir des explications sur un accord signé entre l’Argentine et l'Iran l ya deux semaines environ.
L'accord crée une «commission de la vérité» pour enquêter sur l'attentat de 1994 contre l'AMIA, le centre communautaire juif de Buenos Aires. 
Quand Israël a eu connaissance de l'accord, son ministère des Affaires étrangères a convoqué l'ambassadeur argentin pour lui manifester sa désapprobation dans un entretien au cours duquel le directeur général adjoint du ministère pour l'Amérique latine, Itzhak Shoham, a fait part de son opposition à l'accord et a exigé des explications. 
Ce qui a provoqué la fureur des Argentins et, en réaction, Timerman a convoqué Shavit le 31 janvier pour lui exprimer son mécontentement. 
Selon des sources au ministère des étrangères qui ont pu voir le compte tendu de la rencontre rédigé par Shavit, Timerman était “contrarié et vraiment en colère» du fait qu’Israël ait exigé que l’ambassadeur d’Argentine donne des explications. Il s’est apparemment lancé dans un long monologue dans lequel il a pourfendu Israël pour s’être ingéré dans les affaires internes de l’Argentine et il a même accusé ce genre de comportement d’encourager l’antisémitisme. Shavit avait à peine pu placer un mot pour répondre, vu qu’il l’interrompait constamment, selon nos sources. 
«Israël n’a aucun droit à exiger des explications: nous sommes un Etat souverain,” lui aurait dit Timerman. Israël ne parle pas au nom du peuple juif et ne le représente pas. Les Juifs qui ont voulu ou veulent vivre en Israël sont partis là-bas, et ils en sont les citoyens ; ceux qui vivent en Argentine sont des citoyens argentins. L’attentat visait l’Argentine, et le désir d’Israël de s’impliquer dans cette affaire ne fait que donner des munitions aux antisémites qui accusent les Juifs de double loyauté.» 
Convoquer l’ambassadeur d’Argentine puis faire fuiter cet évènement dans la presse était une conduite inacceptable, avait-il apparemment poursuivi. «L’Argentine ne convoque  pas l’ambassadeur israélien pour des explications. Si nous voulions, nous pourrions vous convoquer ici deux fois par mois pour exiger des explications sur une opération militaire à Gaza ou sur la construction dans les colonies. Mais nous ne le faisons pas, parce que nous ne voulons pas intervenir dans vos décisions souveraines.» 
Shavit a répondu avec colère, selon nos sources. «En tant qu’Etat juif, Israël se considère dans une certaine mesure comme responsable du bien-être de [tous les] Juifs et traque l’antisémitisme partout dans le monde,» aurait-elle dit à Timerman. «Israël a par conséquent aidé les Juifs à quitter l’Union Soviétique, a fait venir les Juifs d’Ethiopie et, à certains moments, a aussi aidé les Juifs en Argentine. Vous savez sûrement de quoi je parle,» a-t-elle apparemment ajouté, en référence à la propre histoire familiale de Timerman.
Dans les années 1980, le père de Timerman, lui-même Juif, avait été arrêté par la junte militaire de droite qui dirigeait alors le pays parce qu’il était un journaliste qui soutenait la gauche. Il avait été détenu en prison en confinement solitaire mais avait été finalement relâché suite à l’intervention de l’ambassadeur d’Israël en Argentine et de son équipe – dont certains membres sont aujourd’hui de hauts fonctionnaires au ministère des affaires étrangères. Ils avaient abouti à un accord secret avec la junte aux termes duquel le père de Timerman serait autorisé à quitter le pays. Il était parti en Israël pendant quelques années mais était rentré en Argentine après la chute de la dictature.
 Shavit aurait souligné qu’Israël n’essayait pas d’interférer dans les décisions de l’Argentine, mais voulait des explications compte tenu des similitudes entre l’attentat contre l’AMIA et celui qui avait visé l’ambassade israélienne à Buenos Aires deux ans auparavant. La police et les services dé sécurité argentins pensent que l’Iran et le Hezbollah étaient derrière les deux attentats. Timerman a décidé de faire celui qui ne comprenait pas, selon nos sources. 
“Je ne sais pas s’il y a un lien quelconque entre les deux attentats,” a-t-il dit apparemment. «Si Israël a une quelconque information à ce sujet, je vous demande de nous la donner le plus vite possible.» 
Mais malgré le ton acrimonieux de cette rencontre, les officiels du ministère des affaires étrangères disent qu’elle s’est terminée par un accord pour que les deux parties essayent de calmer le jeu et de poursuivre la discussion sereinement par la voie diplomatique.
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Dorit Shavit: nous avons le même drapeau!  
Hector Timerman: sur notre drapeau brille un soleil radieux alors que sur le vôtre luit une étoile morte.
Comme je l’ai dit, les informations publiées par Haaretz ont eu un fort écho dans la presse argentine. Le ministre Argentin a d’ailleurs essuyé la critique des cercles sionistes et des milieux politiques traditionnellement très favorables à l’entité sioniste.
Interviewé par une station radio de son pays au sujet de ce désaccord avec le régime sioniste, Hector Timerman ne mâche pas ses mots et n’hésite pas à renvoyer à certaine vérités 
Le ministre des affaires étrangères Hector Timerman se demande s’il doit  «s’aplatir (j’ai ainsi traduit le mot ‘cagar’ qui a une connotation très vulgaire) parce que je suis supposé avoir une dette envers Israël,» faisant référence aux démarches de ce pays qui a secouru son père, le journaliste Jacobo Timerman, qui avait été mis en prison par le régime militaire.
C’est en ces termes que Timerman s’est exprimé quant il a été interrogé sur Radio Continental au sujet de l’opposition d’Israël à l’accord signé avec le régime de Mahmoud Ahmadinejad pour juger les Iraniens mis en cause dans l’attentat contre l’association mutuelle israélite perpétré à Buenos Aires en 1994. 
 «Mon père était prisonnier, disparu, et il faut que j’aille leur témoigner de ma gratitude. Ou alors,je dois modifier la politique extérieur de l’Argentine et me mettre à plat ventre devant ceux de l’AMIA parce que je suis supposé avoir une dette envers Israël ? Je n’ai aucune dette. Quand on sauve une personne qui est persécutée, il n’y a pas de dette,» a affirmé le ministre.
Timerman a également demandé à son interlocuteur à la radio ; «Qu’est-ce qu’elle veut [l’ambassadrice sioniste], que je fasse un chèque à Israël pour ce qu’il a fait ?» Loin de clore la polémique, le chef de la diplomatie a insisté : «Pourquoi ne demande-t-elle pas à Marcos Weinstein (président de l’Association des Familles de Disparus Juifs en Argentine) ce qu’il pense du rôle d’Israël avec la dictature ?»
 «Je ne me sens en dette à vis-à-vis de personne, ni de rien et vis-à-vis de tous en même temps. Beaucoup de gens ont aidé mon père, comme il y a eu beaucoup de gens que mon père a aidés,» a conclu Timerman.

Un incident diplomatique qui a permis à ce diplomate de relever deux traits importants de l’histoire du sionisme : son empressement à attiser l’antisémitisme et son soutien à la dictature argentine, un soutien qui s’était exprimé localement par l’intermédiaire de la DAIA, équivalent du CRIF en Argentine.
 Je ne sais pas vous, mais moi j’échangerais bien Hector Timerman contre Laurent Fabius (on me souffle que Cristina Fernandez de Kirchner n’est pas du tout d’accord).

jeudi 28 février 2013

Le parlement argentin dit oui à la réconciliation avec l'Iran


Ne comptez pas trop sur la presse française pour vous parler de la ratification par le parlement argentin d’un accord conclu entre l’Argentine et l’Iran pour traiter un dossier judiciaire qui empoisonne les relations entre les deux pays depuis 1994.

La version officielle étant en France que l’Iran est un pays isolé sur la scène internationale même si on a vu récemment Mahmoud Ahmadinejad en visite en Egypte, une première depuis la chute du régime impérial, et si tout le monde avait répondu présent pour la conférence des pays Non Alignés convoquée à Téhéran en août 2012. Dans les deux cas, ces succès de la diplomatie iranienne ont fait enrager nos propagandistes bellicistes qui craignent de se voir privés d’une occasion d’en découdre avec la république islamique.

La ratification de l’accord par le parlement argentin ouvre la voie à une normalisation complète des relations avec l’Iran et donc à leur développement, chose qui sera profitable aux deux pays mais qui est peut-être surtout dans l’intérêt d’une Argentine dont la volonté d’échapper aux griffes de la finance internationale ne fait pas que des heureux.

L’accord prévoit aussi d’examiner la procédure judiciaire conduite par les magistrats et la police argentines depuis 1994. Un examen qui ne débouchera pas sur de grandes révélations pour la simple raison que ceux qui ont les clefs de l’énigme de l’attentat contre l’AMIA sont ceux-là mêmes qui se trouvent derrière la fausse piste iranienne.

L’Argentine approuve un accord avec l'Iran sur l'attentat contre l'AMIA

Le Parlement autorise une commission de juristes à examiner la procédure judiciaire qui accuse Téhéran de l’attentat
EFE , El Pais (Espagne) 28 février 2013 traduit de l’espagnol par Djazaïri

Après plus de treize heures de débat, le parlement argentin a ratifié l'accord avec l'Iran pour enquêter sur l'attentat contre l'AMIA, l’association israélite, qui avait été perpétré en 1994 à Buenos Aires.

Le projet du gouvernement de Cristina Fernandez a été approuvé par 131 voix pour et 113 contre, dans une journée tendue marquée par la mobilisation des familles des victimes de l'attentat contre l'AMIA

Des centaines de personnes ont défilé avec les organisations politiques et associatives devant le parlement argentin en rejet de l'accord avec l'Iran au cours d'une manifestation organisée par l'Association pour l’élucidation du massacre impuni de l’AMIA, avec parmi elles des proches des 85 personnes tuées dans l'attentat, avec la participation de la Délégation des Associations Israélites d’Argentine (DAIA, équivalent de la LICRA), le bras politique de la communauté juive locale
Manifestants de la communauté juive qui disent non au traité et non à la vérité sur l'attentat contre l'AMIA
Buenos Aires: manifestation d'organisations juives qui disent non à l'accord et non à la vérité sur l'attentat contre l'AMIA
Lors d'une cérémonie devant l’entrée du parlement, les organisateurs ont lu un document pour exiger que soit mis «un terme à l'impunité dans le cas AMIA" et pour rejeter l'accord avec l'Iran, qu’ils ont stigmatisé en tant que «nouvel acte de dissimulation et d'impunité"» dont l’objectif est de fermer définitivement ce dossier."

L'accord conclu en janvier dernier avec l'Iran, et ratifié par le Sénat, prévoit la création d'une commission de juristes pour examiner la procédure judicaire sur l’attentat et interroger à Téhéran ceux qui sont accusés d’avoir fait exploser le siège de l’AMIA à Buenos Aires, Argentine.

Selon le ministre argentin des Affaires étrangères Hector Timerman, l'accord permettra aux Iraniens d'interroger uniquement nécessaire pour la Justice pesant sur les mandats d'arrêt en Argentine avec «alerte rouge» par Interpol permettra d’interroger uniquement les Iraniens recherchés par la justice argentine et sur lesquels pèsent des mandats d’arrêt internationaux avec ‘alerte rouge’ à Interpol.

Ces personnes recherchées sont le ministre Iranien de la défense, Ahmad Vahidi ; l’ex ministre de l’information Ali Fallahijan ; l’ex conseiller du gouvernement Mohsen Rezai, l’ex attaché de l’ambassade iranienne à Buenos Aires, Ahmad Reza Ashgari

Mais l’accord exclut d’interroger l’ancien vice ministre des affaires étrangères pour l’Afrique, Hadi Soleimanpour ; l’ancien chef de l’Etat iranien, Ali Akbar Rafsanjani et l’ancien ministre des affaires étrangères Ali Akbar Velayati, recherchés par la justice argentine depuis 2006, mais sans ‘alerte rouge’ à Interpol.

L'attentat contre l'AMIA fut la deuxième attaque terroriste contre les intérêts juifs en Argentine, après l'explosion d'une bombe devant l'ambassade d'Israël à Buenos Aires qui avait tué 29 personnes en 1992.

samedi 29 septembre 2012

Retrouvailles entre l'Iran et l'Argentine


Voilà une information typique de ce que la presse française tend à escamoter ou à aborder superficiellement alors qu’elle touche à quelque chose de très important.
Ce quelque chose n’est rien moins que le rapprochement en cours entre l’Argentine et l’Iran en dépit d’un contentieux très lourd puisque neuf Iraniens, dont un ministre en exercice et un ancien président de la république, sont sous le coup d’un mandat d’arrêt international émis par la justice argentine.
Ces mandats d’arrêt concernent un attentat qui avait visé le siège d’une importante association juive à Buenos Aires et dont l’Iran avait été accusé conjointement avec le Hezbollah.
Le dossier contre l’Iran est vide mais il s’agit d’une affaire dont les contours judiciaires avaient été tracés immédiatement par l’entité sioniste et le gouvernement des Etats Unis dans le sens de la désignation du gouvernement iranien et de l’organisation libanaise comme respectivement commanditaire et auteur du crime.
Vous trouverez sur ce blog des informations sur cette affaire qui était venue nuire à des relations irano-argentines qui étaient sur le point de connaître un développement remarquable.
Les deux gouvernements veulent aujourd’hui s’entendre sur une démarche permettant de faire la lumière sur l’attentat, ce qui indispose grandement le régime sioniste pour qui la vérité est celle qu’il a dictée dès le début et qu’il a imposée en utilisant ses relais habituels (je crois qu’on appelle ça des sayanim).

L’Argentine d’aujourd’hui n’est plus celle d’hier et elle affirme son indépendance vis-à-vis de la tutelle du FMI et donc des Etats Unis. Il en découle une indépendance sur un autre plan qui est celui de la diplomatie qui rejoint ainsi celle d’autres pays comme Cuba ou le Nicaragua.

Et j’imagine que l’Argentine a un intérêt bien concret à vouloir retisser des liens avec la république islamique.

On voit une fois de plus que, contrairement à ce que nous racontent nos journaux, l’Iran n’est pas du tout un pays isolé sur la scène internationale.

Les relations s’étaient dégradées après l’émission par l’Argentine d’un mandat d’arrêt contre des terroristes iraniens
Par Alejandro Rebossio, El Pais (Espagne) 29 septembre 2012 traduit de l’espagnol par Djazaïri

L’Argentine et l’Iran ont renoué le dialogue politique ce jeudi. Les deux pays mettent ainsi fin à six années de tension liées au mandat d’arrêt international émis par la justice de Buenos Aires contre 9 iraniens qui ont occupé de hautes fonctions dans le gouvernement de leur pays et qui sont accusés d’avoir perpétré l’attentat contre le siège de l’Association Mutuelle Israélite Argentine (AMIA) dans la capitale sud américaine en 1994, un attentat qui avait coûté la vie à 85 personnes.

Le gouvernement de Mahmoud Ahmadinejad avait proposé cette semaine un dialogue pour « parvenir à la vérité » sur l’attentat terroriste contre l’AMIA, et la présidente argentine, Cristina Fernández de Kirchner a accepté mardi la proposition lors de son discours devant l’Assemblée Générale de l’ONU à New York. La présidente a précisé que tout accord conclu avec l’Iran sera soumis à l’approbation du parlement argentin. Dans son allocution jeudi à l’ONU, Ahmadinejad a souhaité la fin des «malentendus» avec l’Argentine, dont il impute la responsabilité à des tierces parties, et il a suggéré la mise en place d’une commission pour identifier les auteurs de l’attentat. L’Iran réfute toute participation à l’attentat dont on suppose qu’il a aussi impliqué le Hezbollah, le mouvement libanais de guérilla pro iranien. L’actuel ministre iranien de la défense, Ahmad Vahidi, est une des neuf personnes recherchées par la justice argentine, tout comme l’ancien président Ali Rafsanjani.

Finalement, les ministres des affaires étrangères des deux pays, l’iranien Ali Akbar Salehi et l’argentin  Héctor Timerman, qui appartient en outre à l’importante communauté juive de son pays (250 000 personnes). En effet, une organisation judéo-argentine a rejeté la reprise du dialogue avec l’Iran au motif que la proposition du gouvernement iranien était une «blague». Les ministres se sont engagés à organiser le mois prochain à Genève une rencontre entre des représentants de leurs institutions judiciaires pour explorer la création d’un mécanisme juridique pour établir la vérité sur l’AMIA «qui ne soit pas en contradiction » avec les systèmes judiciaires de l’un et de l’autre pays, ainsi que l’a expliqué le gouvernement argentin. De plus, les deux gouvernements ont proposé de maintenir les discussions jusqu’à l’aboutissement à une solution «mutuellement satisfaisante» sur «toutes les questions liées à l’attentat.»
Hector Timerman et Ali Akbar Salehi
La reprise du dialogue entre l’Argentine et l’Iran a provoqué un malaise en Israël et aux Etats Unis, deux pays qui cherchent à isoler Téhéran à cause de son développement présumé de l’arme nucléaire. Le gouvernement de Benjamin Netanyahou a fait savoir qu’il était «très déçu» par la rencontre entre les ministres de l’Argentine et de l’Iran. «L’expérience nous enseigne que l’Iran n’arrive pas les mains propres dans le dialogue sur sa responsabilité dans les actes terroristes dans le monde, comme celui de l’AMIA, pas plus qu’il ne l’est par rapport à son programme nucléaire,» a déclaré le gouvernement israélien dans un communiqué émis par son ambassade à Buenos Aires.

Malgré la déception de Tel Aviv, les ministres des affaires étrangères d’Argentine et d’Israël, Timerman et Avigdor Lieberman se sont rencontrés vendredi à Tel Aviv. Timerman a fait part de sa «surprise» devant les déclarations du gouvernement de Netanyahou et il a affirmé que «le ministre  Liberman et les membres de sa délégation avaient indiqué ne pas être au courant» du communiqué dont a eu connaissance Buenos Aires. Il a également souligné que «la résolution pacifique des conflits correspond à la volonté du peuple argentin.»

Les Etats Unis ont eux aussi fait connaître leur position sur la décision de l’Argentine, dont les relations avec l’Iran contrastent avec les liens étroits que ce pays asiatique entretient avec Cuba, le Venezuela, l’Equateur et le Nicaragua dans le cadre de sa stratégie pour élargir son influence en Amérique latine. La Secrétaire d’Etat adjointe des Etats Unis pour les affaires de l’hémisphère occidental, Roberta Jacobson, a déclaré vendredi que « ce n’est pas le moment pour un rapprochement avec l’Iran, mais au contraire de rester fermement unis derrière les résolutions de l’ONU.» [la plupart des sanctions infligées à l'Iran sont unilatérales et hors cadre onusien, NdT]  Le président des Etats Unis, Barack Obama, a affirmé mardi à l’ONU qu’il ferait « ce qu’il devait faire» pour éviter que l’Iran obtienne son arme nucléaire.

mardi 26 avril 2011

"Où enterrer son enfant mort-né" ou "Plus jamais ça! qu'y disaient"


Pagina 12 est un quotidien argentin réputé de gauche. Compte tenu de la composition de sa rédaction, sans être un organe communautariste tant s’en faut, il s’intéresse beaucoup à la vie de la communauté juive en Argentine, que ce soit dans des aspects qui intéressent à priori l’ensemble des Argentins (par exemple les incidents antisémites) ou dans des aspects plus internes à la dite communauté.

C’est le cas avec cet article qui porte sur le refus par la principale association israélite de Buenos Aires (l’AMIA) d’autoriser l’inhumation d’un enfant mort-né dans un cimetière juif parce que la grand-mère maternelle de cet enfant n’était pas juive de naissance mais par conversion.
Peu importe si la mère et le père de cet enfant mort-né sont eux des juifs pratiquants et même impliqués dans la vie communautaire et religieuse juive en Argentine.

Des faits qui entrent en résonance  non seulement avec d’autres faits similaires ou d’une nature voisine constatés sous d’autres cieux, mais aussi avec des temps et une idéologie qu’on croyait révolus au nom du « plus jamais ça ! ».
Or, les idées de sang impur et d’utérus ou de ventre non juif (en fait d’ovule) qui apparaissent dans cet article nous informent tout simplement que le « plus jamais ça ! » est vide de sens, sauf à préciser que le « ça » ne concerne qu’une forme de racisme et pas les autres.
Ce qui est parfaitement étonnant, faut-il dire, c'est que ces thèses puissent s'étaler ouvertement sans qu'elles soient largement dénoncées et leurs tenants stigmatisés..

Je me suis personnellement amusé de la naïveté de l’auteur de l’article qui semble penser que l’évocation de l’incident du bébé va avoir une influence quelconque sur la façon dont va être dirigée l’AMIA et en particulier sur l’éventualité que les juifs orthodoxes  soient évincés de la direction. Il en est même réduit à fonder quelque espoir sur le rabbin Bergman !
L’ambassade sioniste et les organisations sionistes en Argentine ne permettront pas, c’est évident, une prise de contrôle de l’AMIA par des éléments qui pourraient à terme s’avérer être des sionistes trop tièdes. Le judaïsme orthodoxe avec sa doctrine de l’élection et ce qui en découle ainsi qu’on peut le lire dans cet article, est en effet le terreau idéologique le plus favorable au sionisme.

En pleines négociations pour définir qui dirigera l’AMIA (association mutuelle israélite argentine), ses responsables actuels ont empêché l’enterrement d’un bébé dans les cimetières de la communauté parce que sa grand-mère maternelle n’est pas juive de naissance
par Raúl Kollmann, Pagina 12 (Argentine) 26 avril 2011 traduit de l’espagnol par Djazaïri

Les responsables de l’AMIA, qui sont alignées sur la ligne orthodoxe de la communauté juive, n’ont pas permis l’enterrement  dans un cimetière juif qu’un bébé décédé avant la naissance, au huitième mois de gestation, fils de la chanteuse liturgique de la synagogue de Lamroth Hakol et de son mari. La raison invoquée est que la grand-mère maternelle était une convertie au judaïsme, ou qu’il n’était pas issu d’un utérus juif. 

Cette affaire a suscité l’indignation des parents de l’enfant, Yanina et Pablo, qui ont dû se rabattre sur un enterrement dans un cimetière privé. Une forte controverse agite depuis la communauté juive parce qu’on en revient à discriminer entre ce qu’un jour l’actuel président de l’AMIA, Guillermo Borger, avait appelé les « vrais juifs et les autres. » En outre, ce débat intervient dans les semaines qui précèdent l’élection du nouveau chef de l’AMIA, par des commissions dans lesquelles le Bloc Uni Religieux (BUR) forme la minorité la plus importante, mais ou deux listes dont la vision est plus ouverte pourraient, en cas d’alliance dans l’assemblée des représentants, imposer une ligne de conduite différente de la ligne orthodoxe actuelle.

L'actuel dirigeant de l'AMIA avait déjà fait la distinction entre les "vrais juifs" et les autres

Le drame du bébé qui n’a pu être enterré dans un cimetière juif s’est produit il y a deux semaines. Pagina 12 a vérifié cette histoire auprès de personnes proches du couple qui nous ont relaté des détails ahurissants. Yanina travaille depuis huit ans à Lamroth, elle enseigne la Torah et chante pendant les cérémonies religieuses. Elle a été dans une école maternelle juive dès l’âge de deux ans, elle a suivi l’enseignement primaire à l’école Ramat Shalom et l’enseignement secondaire à Amos, où on travaille en hébreu. A l’adolescence, elle a consacré sa vie sociale au Maccabi et elle s’est mariée avec Pablo au temple de Lamroth Hakol. Son mari travaille depuis 20 ans dans des institutions juives.

Quand le couple est passé par cette épreuve douloureuse qu’est la perte d’un bébé sur le point de naître, il a décidé de l’enterrer dans un cimetière de la communauté. Mais les autorités de l’AMIA les en ont empêché parce que la mère de Yanina n’était pas née juive, mais avait été convertie au judaïsme par le séminaire rabbinique latino-américain, qui avait été fondé par Mar-shall Meyer. La ligne orthodoxe n’accepte pas les conversions réalisées par cette institution et, à la vérité, n’accepte aucune conversion effectuée en Argentine. C’est-à-dire que la raison pour laquelle on n’a pas autorisé l’enterrement du bébé est qu’on a découvert ce qu’ils [les orthodoxes] considèrent comme un « sang impur » chez la grand-mère maternelle de l’enfant. Dans un courriel poignant, le couple affirme qu’ils ont été traités comme des « juifs de deuxième catégorie. »

Les autorités de l’AMIA n’autorisent pas l’enterrement de personnes converties dans les cimetières qu’ils administrent. De plus, comme notre journal l’avait signalé à l’époque, elles avaient décidé de la construction d’une zone séparée à La Tablada [cimetière israélite à Buenos Aires], ce que n’avaient pas accepté des tendances plus progressistes qui considéraient qu’il s’agissait d’une discrimination, parce que les familles ont le droit d’être enterrées dans le même cimetière. Ce qui est ahurissant, c’est que cette situation n’existe qu’à Buenos Aires. A Santa Fe, par exemple, il n’existe aucun obstacle à l’enterrement d’une personne convertie au judaïsme dans le cimetière de la communauté. On observe la même chose dans les autres régions de l’intérieur du pays.

Le courant orthodoxe n’accepte pas non plus que des femmes exercent des fonctions sacerdotales ; ce qui a conduit à des moments de forte tension  lors de la célébration du nouvel an juif à laquelle ils étaient invités par la présidente [Mme Kirschner]. Comme dans la délégation de trouvait aussi la femme rabbin de la communauté Bet El, les dirigeants de l’AMIA avaient levé les bras au ciel et s’étaient décommandés. Dans la même veine, le rabbin orthodoxe Samuel Levin avait soutenu que le rabbin progressiste Daniel Goldman devait être condamné à une peine de prison pour avoir appuyé la loi pour l’égalité dans le mariage.

Dans ce contexte tendu et avec l’affaire du bébé de Yanina et Pablo en arrière-plan, c’est à partir de demain que commencent les négociations en vue de l’assemblée de l’AMIA qui se tiendra le 12 mai. Il y aura 90 représentants, il faudra au moins 46 voix pour élire le président. Le Bloc Uni Religieux a obtenu 37 représentants, Accion Plural (l’aile la plus progressiste et libérale en matière religieuse), 32, Frente Comunitario, 18 et la liste Iajas, 3. Les deux dernières organisations sont supposées ne pas adhérer non plus à l’orthodoxie, ce qui pourrait théoriquement permettre d’imposer un président non orthodoxe.  Toutefois, l’AMIA Pour Tous, qui intègre le Frente Comunitario, sous la houlette du rabbin Bergman, a voté avec les orthodoxes ces trois dernières années. Cela a été considéré comme une sorte de trahison et on estime que Bergman – un proche de PRO [j'ai cherché, mais pas trouvé la signification de ce PRO, NdT] – possède la clef pour au moins cinq votes décisifs.

mercredi 20 avril 2011

La guerre des Malouines et l'amour vache des sionistes pour l'Angleterre

L’Argentine est un pays qui compte en Amérique latine. En effet ce pays dispose d’un énorme potentiel agricole et d'un niveau de maîtrise élevé dans certaines technologies comme la filière nucléaire qu’il a développée de manière autonome.
C’est aussi un pays qui comporte une importante communauté juive et qui fut même, un temps, envisagé comme destination de prédilection pour l’émigration juive et la constitution de facto d’une sorte de foyer national juif non étatique qui se retrouvera en concurrence avec le projet sioniste (un peu comme d’autres émigrations vers les USA ou le Canada)
Il va donc de soi que l’Argentine a une grande importance pour l’entité sioniste, d’autant que ce pays comporte aussi une importante population d’origine arabe, essentiellement syrienne et libanaise. Cette communauté joua en son temps un rôle très important dans la popularisation de la cause algérienne en Amérique latine. Elle peut, demain, jouer à nouveau un rôle important en faveur de la cause palestinienne.
L’asionisme d’une bonne partie de la communauté juive argentine appartient maintenant en grande partie au passé car le régime sioniste et les organisations qui gravitent autour de lui ont su s’implanter dans cette communauté comme ils l’ont  fait avec d’autres.
Cette prise en mains a d’abord démarré par celle des dirigeants institutionnels de la communauté sur la base de l’alliance de classe, pour parler en termes marxistes, que ces derniers avaient conclue avec la junte qui dirigea le pays d’une poigne de fer entre 1976 et 1983.
Au plan des relations internationales, cette alliance se traduisit par un renforcement des liens entre le régime de Tel Aviv et la dictature de Buenos Aires avec, comme dans le cas de l’Afrique du Sud des échanges dans le domaine militaire.
C’est ainsi que lors de la guerre dite des Malouines ente l’Argentine et la Grande Bretagne, les forces armées de ce dernier pays durent affronter des avions de type Dagger, un genre de Mirage III reconditionné par les techniciens de Tel Aviv. 

Mirage III/Nesher/Dagger de l'armée de l'air argentine

Il faut savoir que les Etats Unis, métropole coloniale de l’entité sioniste, appliquaient un embargo sur ce type de marchandises à destination du gouvernement argentin.
Survint donc la guerre des Malouines entre la Grande Bretagne et l’Argentine placée sous embargo non seulement des Etats Unis mais des alliés du Royaume Uni, notamment l’Union Européenne.
Malgré cet embargo et bien que la guerre implique une Grande Bretagne qui depuis « l’indépendance » de l’entité sioniste s’est toujours montrée une alliée fidèle de Sion (rappelez-vous, Suez 1956), le régime sioniste a fait pourtant tout son possible pour approvisionner en équipements militaires les forces armées de la dictature qui combattaient la Royal Navy et la Royal Air Force britanniques.
Le régime sioniste s’est au passage gavé d’argent, demandant aux militaires Argentins de payer d’avance des avions (de fabrication française) pas forcément aptes au combat. Une roublardise qu’un antisémite aurait un peu trop vite fait d’attribuer à certaines qualités « naturelles ». Ce que n’ont pourtant pas fait les officiers Argentins, plutôt enclins à l’antisémitisme par ailleurs.
Bon, l’Argentine est désormais une démocratie et l’alliance entre Tel Aviv et la dictature a quand même été effacée. Certes au prix d’un attentat fort opportun contre les locaux d’une association communautaire israélite, l’AMIA, qui a ainsi vite fait d’être prise sous la tutelle de l’ambassade sioniste à Tel Aviv.
C’est cette forme d’amour vache que les sionistes ont toujours su témoigner à l’égard de leurs coreligionnaires pas assez sionistes à leur goût.
Le même amour qu’ils témoignent également à l’Angleterre qui semble pourtant en redemander.

Soumise à un embargo et ayant besoin d’armes en plein conflit des Malouines, l’Argentine trouva dans l’Etat juif l’allié idéal qui lui vendit des armes, depuis les réservoirs supplémentaires de carburant  et les avions jusqu’aux blousons en duvet. L’auteur nous présente ici des révélations choquantes extraites de son livre «Opération Israël» où il raconte la trame secrète de ces négociations.
Hernán Dobry, La Nacion (Argentine) 17 avril 2011 traduit de l’espagnol par Djazaîri

L’embargo international subi par l’Argentine pendant la guerre des Malouines amena le pays à chercher tout type d’allié qui lui permettrait d’obtenir de l’armement, comme la Libye, le Pérou, le Venezuela et l’Equateur. Mais celui qui contribua le plus à la fourniture d’équipements militaires s’avéra être celui auquel on s’attendait le moins : Israël.

L’Etat juif n’était pas seulement prêt à approvisionner le gouvernement de Leopoldo Fortunato Galtieri avec tout ce dont il avait besoin, mais s’était montré également tout à fait disposé à prodiguer ses conseils et transmettre son expérience du combat. Tout cela a été mis en lumière pour la première fois dans le livre Operación Israel: El rearme argentino durante la dictadura (1976-1983), que nous vous présentons en exclusivité en avant-première.

Les problèmes s’aggravaient pour l’Argentine à mesure que les Anglais augmentaient leur pression non seulement par les blocus, mais avec l’avance de leurs troupes vers le sud. Ainsi, les bombardements sur les îles rendaient la situation à chaque fois plus difficile pour le pays qui manquait déjà de possibilités pour remplacer les équipements perdus sur le front.
Ce qui amena les militaires à se mettre en quête de pays et de trafiquants qui pourraient leur vendre des armes à n’importe quel prix. Peu répondirent. Un d’entre eux fut Israël qui était déjà devenu un fournisseur du pays en 1978, en plein conflit pour Beagle avec le Chili.
Ensuite, l’armée de l’air [fuerza Aérea] (qui avait des relations poussées avec Jérusalem) contacta Isrex Argentina, représentant à Buenos Aires des usines d’armement de l’Etat juif, pour leur demander ce dont elle avait besoin. Son directeur, Abraham Perelman, se montra disposé à l’aider, sous réserve de l’autorisation de la maison mère de la compagnie à Tel Aviv.

Le problème était d’une telle ampleur que Gad Hitron, président d’Isrex en Israël, et sionchef, Aaron Dovrat, à la tête du groupe Clal (tous deux Argentins) durent solliciter une entrevue avec le premier ministre Israélien Menahem Begin pour prendre une décision. Sa réponse les surprit.
“Ils commencèrent à expliquer que les Malouines étaient argentines et que les Anglais etc. Begin les interrompit et dit : ‘’Vous venez de me dire du mal des Anglais. Est-ce que ces armes vont servir à tuer des Anglais ? Kadima (en avant).Dov sera très content de la décision que j’ai prise. Je suppose que vous ferez bien les choses,» raconte Israel Loterszlain, commercial chez Isrex Argentina.
L’Angleterre avait administré la région de Palestine après la première guerre mondiale jusqu’à la partition du territoire effectuée par l’ONU qui permit la création d’Israël en 1948. A l’époque, différents groupes armés Juifs cherchaient à affaiblir le pouvoir de Londres au moyen d’attentats visant à obtenir la satisfaction de la promesse de fondation d’un Etat hébreu dans la région. Menahem Begin était le chef de l’Irgoun, un de ces groupes dont faisait aussi partie son ami Dov Gruner, qui fut capturé par les Britanniques alors qu’il préparait un attentat et fut pendu le 16 avril 1947. Il considérait par conséquent qu’il soldait les comptes. « Il détestait les Anglais plus que tout. Ils avaient tous oublié, mais pas lui, » poursuit Lotersztain.
Son collègue de travail, Jaime Weinstein, opine et ajoute que « Begin éprouvait une haine et un ressentiment profonds contre les Anglais depuis l’époque de l’indépendance d’Israël. Il a alors fait tout son possible pour aider l’Argentine, en lui vendant des armes pendant la guerre des Malouines. »

La réunion à peine terminée, Hitron communiqua la décision à ses employés à Buenos Aires qui se rendirent à l’immeuble Condor pour transmettre la nouvelle. Il ne restait plus qu’à trouver un pays pour tenir le rôle de l’acheteur. Israël devait vendre les armes en passant par un pays tiers du fait de ses relations étroites avec l’Angleterre (commerciales et via sa communauté juive, une des plus importantes du monde) et ne voulait pas apparaître comme appuyant ouvertement l’Argentine contre Londres. 

La route de Callao

Le Pérou était prêt à coopérer à tout ce qui était nécessaire aux militaires pour qu’ils obtiennent des armes. Ce fut l’ordre que donna son président Fernando Belaunde Therry et qu’appliqua son premier ministre Manuel Ulloa.
L’aide fut si importante qu’à un moment donné, la Force Aérienne du Pérou (FAP) signa des ordres d’achat en blanc ainsi que des certificats de destination finale qui furent à l’Argentine afin que la triangulation puisse se concrétiser. « La consigne était de les appuyer autant que possible, et il n’y avait aucun problème à signer un ordre d’acquisition, » affirme un officiel qui a occupé de très hautes responsabilités dans l’aéronautique péruvienne.
Les négociations furent conduites par l’attaché militaire à Lima, le commodore Andrés Dubos et le général de brigade Basilio Lami Dozo, commandant de l’armée de l’air argentine. Une fois que tout a été convenu, Luis Guterson d’Isrex Argentine s’est rendu au Pérou pour récupérer les documents et commencer l’opération.

Ce qui permit à l’Argentine d’acheter ce dont elle avait besoin par le truchement de son allié, la marchandise transitant par l’aéroport péruvien de Callao avant d’être transportée à Buenos Aires sur les avions d’Aerolineas Argentinas.

La seule chose que l'Argentine n'obtint pas, c'est l'ouverture d'une ligne de crédit par une banque péruvienne pour effectuer les paiements, et c'est pour cette raison qu'Israël finira par financer la majorité des achats qui seront payés à la fin de la guerre.
Il fallait aussi des avions pour aller à Tel Aviv pour chercher les cargaisons et les transporter à Lima. Les deux premiers vols se firent avec un DC8 de l'armée de l'air péruvienne mais il a fallu ensuite en louer d'autres capables de transporter des charges plus importantes. Dans ce but, ce sont les services d'une société privée belge battant pavillon luxembourgeois qui fut utilisée, en accord avec le Mossad, les services secrets israéliens.
Cependant, malgré les précautions prises, les services secrets britanniques savaient quand les chargements débarquaient au Pérou et ils les photographiaient pendant le transfert du matériel d'un avion à un autre, mettant ainsi en évidence la triangulation. Une fois, une photo est sortie dans un journal, prise pendant le transfert d’un avion à d’autres d’Aerolineas Argentinas.  L’ambassadeur britannique en Israël la montra à Begin et ce fut la brouille. Parfois, quand nous discutions de savoir si certaines pièces détachées étaient arrivées, nous disions « Nous devrions demander aux Anglais, » se souvient Loterszlain.
Les cinq vols qui firent la route Tel Aviv – Lima – Buenos Aires arrivèrent chargés de tous types d’équipements, comme des masques à gaz, des systèmes radar pour éviter les tirs de missiles ennemis, des blousons en duvet, des pièces de rechange et des missiles air-air Shafrir, entre autres.

Mais parmi les équipements les plus importants, se trouvaient les réservoirs supplémentaires de carburant qui étaient nécessaires aux chasseurs bombardiers pour attaquer la flotte anglaise. Sans eux, il leur était impossible de parvenir jusqu’aux îles Malouines et de  revenir sur le continent. La surprise intervint quand Israël offrit non seulement de leur en expédier mais, en plus, de leur fournir des réservoirs d’une capacité de 1500 litres alors que les Argentins disposaient de ceux de 1300 litres, gagnant ainsi une importante autonomie de vol.
Ce qui obligea les Anglais à éloigner leur flotte afin d’éviter les bombardements. « Ils tardèrent beaucoup à autoriser l’opération. Le prix des cargaisons et des réservoirs n’avait aucune importance à côté du coût politique qu’Israël était prêt à payer pour les vendre. C’était une décision politique et je crois que c’est bien leur style parce qu’elle [Israël] est restée un pays de confiance, » souligne Lotersztain.
L’Argentina acheta 40 réservoirs qui arrivèrent à Puerto San Julian, à Santa Cruz dans deux Boeing 707 d’Aerolineas Argentinas en provenance de Lima. Le premier arriva très tôt dans la matinée du 23 mai 1982, le deuxième quelques jours après, alors que les combats tiraient à leur fin.

L’opération cachée

L’acquisition la plus audacieuse effectuée en Israël pendant la guerre des Malouines fut celle des Mirage IIIC, quelques jours avant la reddition de l’Argentine, pas seulement du fait de son ampleur que parce que la plupart de ces aéronefs étaient anciens et en mauvais état. A tel point que leur arrivée suscita de la résistance de la part des officiers que les considéraient comme inutilisables (de fait, ils avaient déjà été refusés en 1980 en raison de leur  état).
Mais la perte de 35 avions au combat conduisit Lami Dozo à ordonner leur achat parce que le régime argentin craignait que le Chili mette à profit cette situation de faiblesse pour essayer de garder les îles du canal de Beagle, une fois terminé le conflit des Malouines. « Quand nous avons commencé à subir des pertes, nous avons commencé à chercher pour voir où nous pourrions obtenir du matériel de remplacement, » affirme l’ex ministre de la junte.
Dans ce but, ils avaient reçu à l’époque trente propositions de nombreux trafiquants d’armes de par le monde, car il s’agissait d’une opportunité unique  que personne ne voulait manquer.  Après avoir étudié les alternatives, les membres de la junte conclurent que le seul fournisseur possible était Jérusalem, et ils consultèrent donc les membres de la commission  qui leur avaient présenté un bilan deux ans auparavant.

Le problème était la manière de justifier l’achat en pleine guerre. La solution fut la triangulation via le Pérou. « Je complétais un ordre d’achat qu’ils nous avaient donnés, avec des certificats de destination finale, tous signés en blanc, sur lequel je disais qu’ils achetaient 23 avions, » affirme Lotersztain.
Il ne restait plus qu’à arranger les modalités de paiement. Il suffisait de virer d’abord une avance à Isrex et à obtenir une lettre de crédit dans une banque pour le reste afin qu’Israël puisse les livrer. Ce ne pouvait être le fait d’une entité argentine dans officiellement les avions étaient pour les forces armées du Pérou. Il a donc fallu chercher une institution financière de ce pays ou, à défaut, de Panama, prête à offrir ce service. Toutes refusèrent.
Pour résoudre ce problème, Isrex recourut à un compte chez Crédit Suisse et à une société écran que possédait IAI (Israel Aeronautical Industries) en Suisse, et proposa à l’armée de l’air argentine de virer tout l’argent là bas par anticipation. Si les militaires n’étaient pas très satisfaits de l’idée, ils n’avaient plus guère d’alternatives. Ils acceptèrent donc la proposition et envoyèrent l’argent.

Entre tous ces allers retours, les nouveaux avions furent prêts à partir pour Buenos Aires vers la fin de 1982, alors que la guerre était déjà finie. Ils reçurent cependant des matricules péruviens et furent repeints aux couleurs de ce pays et repeints aux couleurs péruviennes afin d’éviter tout problème avec les Anglais.

Ainsi, la boucle fut complètement bouclée : ils avaient été acquis avec des ordres d’achat péruviens et des certificats de destination finale à Lima et ils avaient, à ce moment, toutes les caractéristiques des avions en service au Pérou, même s’ils auraient dû être utilisés par l’Argentine.