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dimanche 6 juillet 2014

La preuve par 300 prépuces: le sionisme est extrémiste par essence

Certains imaginent qu'il existe un sionisme modéré (j'ai moi-même dû employer cet oxymore) mais c'est en réalité une illusion qui est en train de se dissiper sous nos yeux.
On constate par exemple que ceux que d'aucuns considéraient comme des sionistes modérés, les travaillistes, sont aujourd'hui à la marge de l'échiquier politique sioniste.

De toute façon, si les travaillistes ont certainement longtemps été modérés avec les travailleurs juifs ashkénazes, ils ne se sont guère distingués de leurs concurrents de droite en matière de bellicisme et de colonisation. Shimon Peres, le résidu travailliste qui préside l'entité sioniste pour quelques jours encore, incarne parfaitement ce propos.
Le sionisme, c'est comme le nazisme, il n'en existe pas de version modérée sauf dans la tête de quelques esprits qui ont des problèmes avec la logique. Et la logique du sionisme est implacable qui affleure avant de submerger les naïfs de tous bords par son déchaînement de violence verbale et meurtrière.

L'affaire des trois jeunes auto-stoppeurs sionistes assassinés en Cisjordanie donne l'opportunité au sionisme de se monter sous son jour le plus cru, le même que celui qui l'a amené à expulser des centaines de milliers de Palestiniens de leur patrie, à se doter de l'arme atomique, à agresser à plusieurs reprises des nations arabes, à assassiner des Palestiniens, leaders politiques, militants armés et surtout simples civils, à se murer lui-même dans un ghetto etc.

Pourtant on ne sait pas qui a tué les trois auto-stoppeurs juifs. Ils ont en effet été pris en stop dans un secteur de Cisjordanie contrôlé par l'armée sioniste ; les autorités sionistes ont ensuite tour à tour accusé de ce kidnapping l'Etat Islamique en Irak et au Levant (EIIL), le Hamas et l'Autorité Palestinienne .

Le Hamas a démenti avoir enlevé les jeunes auto-stoppeurs, un démenti d'autant plus crédible que 1) le Hamas n'a aucune marge de manœuvre en Cisjordanie où il est traqué aussi bien par l'armée sioniste que par la police de Mahmoud Abbas et 2) que si le Hamas avait capturé ces jeunes gens, il l'aurait fait savoir pour obtenir un échange de prisonniers.
Par ailleurs, on peut se demander s'il est judicieux de faire de l'auto-stop dans une zone où on est établi en qualité de colon, c'est-à-dire en tant que participant à un crime de guerre.
Je disais donc qu'il n'y a pas de sionisme modéré et c'est ce que viennent de découvrir avec stupeur d'anciens membres d'un mouvement de jeunesse sioniste religieux réputé modéré.

Le chef de World Bnei Akiva appelle à faire payer le prix du 'sang pour [le meurtre] des adolescents israéliens'

Le rabbin Noam Perel, secrétaire général du mouvement mondial de jeunesse depuis 2012 exhorte le gouvernement à faire de l'armée isrélienne une armée de vengeurs 'qui ne s'arrêteront pas à 300 prépuces de Philistins
par Or Kashti, Haaretz (Sionistan)l. 2 juillet 2014 traduit de l'anglais par Djazaïri

Le secrétaire général de World Bnei Akiva, le rabbin Noam Perel, a appelé à venger 'enlèvement et l'assassinat de trois adolescents israéliens dont les cadavres ont été retrouvés lundi.

« Toute une nation et des siècles d'histoire exigent la vengeance, » a écrit Perel sur sa page Facebook après la découverte des corps.

« Le gouvernement israélien se rassemble pour une réunion de vengeance qui n'est pas une réunion de deuil. Le maître est devenu fou en voyant les corps de ses fils. Un gouvernement qui transforme une armée de chercheurs en armée de vengeurs, une armée qui ne s'arrêtera pas à 300 prépuces de Philistins, » a écrit Perel dans une allusion au récit biblique de David qui tua 200 Philistins et donna leurs prépuces au roi Saül pour prix des épousailles avec sa fille.
«Le prix de la honte sera payé avec le sang de l'ennemi, pas avec nos larmes, » conclut Perel.
Perel a posté le même message sur la page du groupe Facebook des émissaires de World Bnei Akiva.
A force de sucer des kikis, Noam Perel est devenu un spécialiste du prépuce
A force de sucer des kikis, Noam Perel est devenu un spécialiste du prépuce
Les réactions au post de Perel sur son profil Facebook ont été généralement négatives, beaucoup d'intervenants faisaint part de leur déception de voir le leader d'un mouvement de jeunesse auquel ils avaient appartenu adopter de telles opinions.

« J'ai honte du mouvement au sein duquel j'ai grandi. Je souffre que vous m'ayez fait avoir honte du judaïsme, parce que vous parlez en son nom, » lit-on dans un commentaire.

D'autres qualifient Perel de « fou » et de « judéo-nazi », un commentateur comparant le rabbin à Adolf Eichmann. Certains commentaires ridiculisent l'appel implicite de Perel à circoncire en masse les Palestiniens, l'un d'entre eux alertant le rabbin sur le fait que la plupart des Palestiniens sont musulmans et sont déjà circoncis.
Philistin offrant son prépuce à l'envahisseur
Philistin offrant son prépuce à l'envahisseur
Perel a depuis retiré le post et a expliqué dans un nouveau post qu'il avait été mal compris.
Perel, 44 ans, est secrétaire général de World Bnei Akiva depuis 2012. Mouvement de jeunes sioniste-religieux, World Bnei Akiva a plus de 150 représentations dans des dizaines de pays du monde entier. Selon le site web du mouvement, Bnei Akiva se consacre à la lutte contre « le mariage mixte et l'assimilation sociale » en encourageant l'immigration en Israël, en «approfondissant l'identité juive » et en « renforçant et en connectant la nation juive à l'étranger aux valeurs du sionisme religieux et à l'Etat d'Israël. »

Le rabbin Perel est aussi le fondateur de la yeshiva [école religieuse] de la colonie de Susiya près d'Hébron dont il a assuré la direction pendant de nombreuses années.

Mardi soir, après les funérailles des trois adolescents, Perel a écrit : « Nous sommes rentrés des funérailles des nôtres qui ont été assassinés avec des idées nouvelles et claires. Nous ne nous contenterons plus de montagnes de discours... »

Le leader de l'opposition et président du parti travailliste Isaac Herzog a appelé le ministre Bennett à condamner les propos de Perel. « C'est une grave incitation [au meurtre] qu'un membre important de Habayit Hayehudi [le Foyer Juif, parti ultra-nationaliste présidé par Naftali Bennett qui est aussi ministre dans le gouvernement Netanyahou] ne doit absolument pas faire dans l'Etat d'Israël, » a déclaré Herzog qui a ajouté que si Bennett ne dénonçait pas officiellement [les propos de Perel], il exhortera le premier ministre à le limoger.

Des diaines de groupes sur les médias sociaux ont été lncés ces deux derniers jours pour appler à venger les assassinats des adolescents après la découverte des corps. L'un d'entre eux, un groupe Facebook nommé « Le peuple d'Israël exige la vengeance » a déjà obtenu 35 000 « j'aime ».

samedi 7 juin 2014

De quoi la "mère de toutes les batailles" va-t-elle accoucher?

Israël pivote vers la Chine et l'Inde en réaction à l'affaiblissement de l'influence américaine

par Shinya Oshino, Nikkei Asian Review (Japon) 10 mai 2014 traduit de l'anglais par Djazaïri
Le Caire – Israël s'efforce de tisser des liens économiques et sécuritaires plus étroits avec l'Inde et la Chine, dans le but d'élargir sa marge de manœuvre comme les Etats Unis, son allié le plus proche, commencent à jouer un rôle plus réduit sur la scène mondiale.
Israël attend beaucoup de la Chine pour traiter la question du programme iranien de développement d'armes nucléaires. « La Chine a un rôle central dans les efforts pour empêcher l'Iran d'acquérir une bombe nucléaire, » a dit le président israélien Shimon Peres à son homologie chinois Xi Jinping au cours d'un voyage en Chine au début du mois dernier.
Le premier ministre israélien Benjamin Netanyahou s'est rendu en Chine en mai dernier, et de hauts responsables militaires des deux pays ont approfondi leurs relations. Ces visites de haut niveau traduisent la volonté d'Israël d'améliorer sa position diplomatique à l'ONU en se rapprochant toujours plus de la Chine, un membre permanent du Conseil de Sécurité de l'ONU.
L'Inde a accepté en février de travailler avec Israël à l'élaboration de mesures antiterroristes et au développement de systèmes de missiles de défense. Ils envisagent aussi la mise en place d'un fonds pour soutenir les partenariats entre les entreprises technologiques des deux pays.
Dans le même temps, un paysage politique mondial de plus en plus complexe a créé diverses sources de friction entre Washington et son allié au Moyen Orient.
Le 27 mars, l'Assemblée Générale de l'ONU a adopté une résolution rejetant l'annexion de la Crimée par la Russie. Mais Israël s'est abstenu, choisissant de maintenir ses relations avec Moscou qui a une influence significative sur le cours de la guerre en Syrie et sur la situation iranienne, les deux affectant directement la sécurité nationale d'Israël.
L'attitude israélienne [par rapport à la Russie] a provoqué la colère des Etats Unis. Mais « nos intérêts en matière de sécurité ne devraient pas être définis comme identiques à ceux de n'importe qui d'autre, pas même les Etats Unis » a déclaré un haut responsable militaire israélien à un média local.

Le commerce d'Israël avec Pékin est aussi devenu une pomme de discorde. Les exportations israéliennes de produits de haute technologie vers la Chine ont bondi de 170 % en cinq ans pour atteindre 1,58 milliard de dollars en 2013. On a rapporté à la fin de l'année dernière que de la technologie avancée dans le domaine des missiles est parvenue en Chine via des entreprises israéliennes.
Dans les années 1990, un projet israélien de vente à la Chine d'un avion de surveillance avait été mis en échec par des pressions américaines. Si Israël continue de se rapprocher de pays comme la Chine et la Russie, il pourrait s'attirer à nouveau une ingérence de Washington.

Commentaire:

Saddam Hussein, le défunt président irakien, avait parlé de « mère de toutes les batailles » pour désigner la confrontation de son pays avec la coalition réunie par Washington en 1991.
Saddam Hussein ne croyait pas si bien dire puisque la guerre contre l'Irak marquait la prise en main pour longtemps de la politique étrangère des Etats Unis par une clique néoconservatrice imprégnéee d'un sionisme radical et qui avait commencé à s'épanouir pendant les années Reagan,

On connaît la suite avec l'invasion de l'Afghanistan, la deuxième guerre du Golfe et le démantèlement du régime baathiste conclu par l'exécution de Saddam Hussein, et plus récemment la destruction du régime libyen et l'assassinat de Mouammar Kadhafi.

A ces aventures militaires d'importance, il faut ajouter des interventions plus mineures, comme les bombardements réguliers ou intermittents au Yémen et en Somalie, la déstabilisation du Soudan qui a abouti à la partition de ce pays, le soutien politique et militaire à l'opposition armée au gouvernement syrien.

Il est frappant de constater qu'aucune de ces interventions n'a résulté en un gain net pour les Etats Unis, ni au plan politique, ni au plan économique.

Au contraire, les Etats Unis sortent de toutes ces batailles épuisés financièrement et moralement au moment où d'autres puissances émergent (ou réémergent), notamment la Russie et surtout la Chine, ce qui motive la stratégie de rééquilibrage vers l'Asie du déploiement politique et militaire des Etats Unis.

C'est cet accès de faiblesse des Etats Unis qui explique leur gestion en retrait [stay behind] de la crise libyenne, leur incapacité à passer par dessus l'obstacle russo-chinois pour obtenir l'éviction du Syrien Bachar al-Assad.

Ce qui ne les empêche pas d'essayer de poursuivre l'encerclement de la Russie en organisant un coup de force en Ukraine. L'effet immédiat de l'ingérence américaine aux frontières de la Russie aura cependant été de précipiter la signature d'importants accords économiques entre Moscou et Pékin qui scellent ainsi une alliance eurasiatique qui ne fait finalement qu'aggraver le problème stratégique à résoudre par les Etats Unis.
Ces évolutions des rapports de force à l'échelle mondiale n'ont pas échappé non plus à l'entité sioniste dont la survie dépend du soutien d'un parrain étranger qui fut tour à tour [voire simultanément] la Grande Bretagne, l'URSS, la France puis les Etats Unis d'Amérique.

1955: réception symbolique d'un avion de combat Ouragan par Moshe Dayan et Shimon Peres en présence de Pierre Gilbert, ambassadeur de France à Tel Aviv
1955: réception symbolique d'un avion de combat Ouragan par Moshe Dayan et Shimon Peres  (lunettes noires)en présence de Pierre Gilbert, ambassadeur de France à Tel Aviv
L'analyse politique qui prévaut aujourd'hui est que Washington va tendre à se désintéresser de la situation au Moyen Orient où un règlement définitif est vivement souhaité, Il ne s'agit pour l'instant que de vélléités de la part de Washington où les néoconservateurs ultrasionistes représentés par Hillary Clinton et John McCain restent influents ; mais la tendance est là et elle veut, entre autres, que pour contrer la Chine, les Etats Unis ont besoin de se rapprocher de l'Iran.

Les sionistes de leur côté ne restent pas les bras croisés et ils agissent fidèlement à une version de l'histoire juive qui consiste à se mettre dans l'ombre du puissant du moment. C'est par exemple ce qui s'était passé au moment de la conquête de l'Espagne par les Arabes et que bien des portes de cités avaient été ouvertes par les Juifs présents sur place. Et comme on l'a vu et comme on le sait, c'est une caractéristique de l'histoire du mouvement puis de l'Etat sioniste.

Les priorités actuelles de l'entité sioniste sont la Chine et l'Inde. Ces deux pays n'ont pas grand chose à voir avec l'histoire de la persécution des Juifs par le nazisme. Les autorités sionistes essayent bien de les sensibiliser à la souffrance juive, mais c'est tout sauf évident d'autant qu'en dépit d'une présence juive anecdotique en Inde comme en Chine, ce dernier pays connaît des bouffées d'antisémitisme.

Non, les leviers principaux du régime sioniste résident dans les technologies militaires qu'il peut fournir à l'Inde et à la Chine, des technologies bien souvent américaines. Ce genre de commerce est déjà florissant avec les deux pays non sans provoquer le mécontentement de Washington en ce qui concerne les ventes à la Chine. On notera quand même l'atout que représente pour Tel Aviv la toute récente arrivée au pouvoir à New Delhi de Narendra Modi, chef des nationalistes hindous qui se sentent depuis longtemps des afffinités avec le sionisme.
Février 2013: encore premier ministre du Gujerat, Narendra Modi recevait Alon Ushpitz, ambassadeur sioniste et Orana Sagiv, consul de l'entité sioniste à Mumbai
Février 2013: encore premier ministre du Gujerat, Narendra Modi recevait Alon Ushpitz, ambassadeur sioniste et Orana Sagiv, consul de l'entité sioniste à Mumbai
Mais l'exécutif américain est dans une telle position de faiblesse face au lobby sioniste qu'il a bien du mal à se faire respecter sur la question des transferts de technologie militaire. On a vu un processus voisin, sur la plan politique cette fois, quand le régime sioniste a refusé d'aligner son vote à l'ONU sur celui des Etats Unis sur la question de Crimée.


Pensez bien que les Etats Unis n'ont pas hésité à s'humilier à plusieurs reprises pour faire barrage à des résolutions onusiennes favorables à la cause palestinienne ! Ils commencent à savoir ce qu'est l'amour vache des sionistes pour leurs alliés une fois le citron pressé.

lundi 26 août 2013

Syrie et armes chimiques: la force de destruction du mensonge

Jason Diltz d’Antiwar nous parle des armes chimiques en Syrie. Plus précisément, il fait le point sur la manipulation grotesque mise en place par les gouvernement occidentaux pour accuser les autorités syriennes d’avoir utilisé de telles armes contre la population civile.

A ceux qui veulent une preuve de l’étendue de la manipulation, celle-ci est apporté par Diltz qui signale que le gouvernement des Etats Unis a essayé d’obtenir du Secrétaire Général de l’ONU qu’il ordonne le retrait des inspecteurs spécialisés qui se trouvent en ce moment même en Syrie.

Apparemment, les régimes occidentaux seraient prêts à en découdre contre la Syrie et une attaque serait prévue dans les deux semaines à venir.

De fait, tout en stigmatisant une éventuelle agression occidentale contre la Syrie, la Russie a fait clairement savoir qu’elle ne s’opposerait pas militairement à une telle entreprise.

On comprend bien que la Russie n’en a ni les moyens et encore moins la volonté. Mais qu’elle a sans doute reçu des garanties que les bombardements auraient une portée somme toute limitée sur le plan politique, c’est-à-dire qu’ils ne viseraient pas à détruire la direction politique syrienne mais à l’affaiblir significativement et à entretenir ainsi le chaos dans le pays.

Fait nouveau, le régime sioniste a également fait savoir nettement qu’il encourageait une telle démarche agressive contre le pouvoir syrien.

Pour prendre la mesure de l’émotion suscitée en effet par l’usage (certain d’après François Hollande) supposé d’armes chimiques par l’armée syrienne, il suffit de constater l’état de confusion mentale d’un Laurent Fabius qui est allé confier son affliction à son ami Shimon Peres, un utilisateur pourtant avéré de l’arme chimique contre le peuple palestinien.
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Le Journal du Dimanche: "le président (sioniste) Shimon Peres, qui embrasse Laurent Fabius comme un membre de sa famille"
Ce qui déclenche ces poussées humanitaires (traduisez bellicistes) chez les dirigeants occidentaux, c’est tout simplement l’état de déconfiture politique et militaire de leurs protégés qui sont repoussés partout où l’armée gouvernementale a décidé de passer à l’offensive. Ce fut le cas à al Qussayr , aux alentours de Lattaquié et c’est maintenant le cas dans la périphérie de Damas. 

Les offensives de l’armée syrienne se soldent à chaque fois par de lourdes pertes chez l’adversaire qui les compense en faisant de plus en plus appel à des gamins qu’on endoctrine  contre le gré des familles ou avec l’accord de celles qui ont un besoin désespéré de moyens de subsistance et qui acceptent donc de recevoir une indemnisation [le salaire de l’enfant soldat) et peuvent même passer en tête de liste pour l’accès à l’aide alimentaire.  

On signale même une tendance nouvelle, l’arrivée de jeunes mineurs venus de Tunisie, d’Algérie et d’Europe pour combattre en Syrie. 

L’ONU rejette un appel des Etats Unis à retirer ses inspecteurs de Syrie tandis que la guerre menace

Les Etats Unis se préparent à attaquer, mais les inspecteurs contunuent ) enquêter sur les accusations
Par  Jason Ditz, Antiwar (USA) 26 août 2013 traduit de l’anglais par Djazaïri
Le Secrétaire Général de l’ONU Ban Ki-Moon a rejeté aujourd’hui les demandes américaines de retirer de Syrie les inspecteurs en armement chimique, les personnes informées de la teneur de la conversation affirmant qu’il est «resté ferme sur le principe.»
Les dirigeants des Etats Unis et d’autres pays occidentaux cherchent désespérément à préserver leur version sur l’usage d’armes chimiques par la Syrie et semblent craindre que cette dernière soit sérieusement mise à mal par l’enquête onusienne.
C’est pourquoi, après avoir d’abord exigé que les inspecteurs puissent se rendre sur site, les Etats Unis ont brusquement tourné  casaque quand la Syrie a accepté, insistant pour dire qu’il était «trop tard.» Depuis, les officiels [occidentaux] ont soutenu être déjà convaincus de la culpabilité [de l’armée] syrienne sur la base d’informations de presse et de déclarations des rebelles, et se préparent à lancer des attaques dans les quinze jours à venir.
Les dirigeants britanniques ont franchi un pas supplémentaire et ont essayé d’anticiper sur les conclusions de l’enquête en affirmant que les preuves ont probablement été détruites ou «trafiquées» et que ce que les enquêteurs diront au monde sur ce qui s’est passé à Jobar sera dépourvu de fiabilité. 
A l’instar de ce qui avait conduit à l’invasion de l’Irak, les dirigeants occidentaux ont déjà pris leur décision et sont maintenant en train de faire tout leur possible pour éviter la production de preuves qui ruineraient leur projet.

mercredi 24 juillet 2013

Comment le sionisme pousse à la discrimination aux Etats Unis et ailleurs

Voici un article qui porte sur une affaire apparemment banale : la suppression de l’obligation de visa entre les Etats Unis et un autre pays.
J’écris apparemment banale parce que l’autre pays concerné n’est autre que l’entité sioniste, ce qui veut dire que les règles habituelles d’échanges d’Etat à Etat s’en retrouvent chamboulées dans un sens auquel cette entité nous a habitués depuis longtemps.
C’est-à-dire que l’entité sioniste, celle qui se présente volontiers comme un petit Etat constamment menacé par les barbares, entend dicter aux Etats Unis une condition particulière qui consisterait à s’octroyer le droit de refuser l’entrée dans son [prétendu] territoire aux ressortissants Arabo-Américains, d'origine palestinienne tout particulièrement.
Ce qui est en fait demandé aux autorités des Etats Unis, c’est ni plus ni moins que de contribuer officiellement à des pratiques discriminatoires contre leurs propres concitoyens !
Là où le juriste ou le constitutionnaliste peut voir sans effort une condition interdisant tout accord sur la suppression réciproque de visa, les parlementaires des Etats Unis semblent voir des préoccupations légitimes qu’ils sont disposés à entériner dans des projets de lois légalisant une pratique discriminatoire au détriment de leurs concitoyens.
Ce n’est d’ailleurs pas le seul principe sur lequel ces parlementaires sont prêts à s’asseoir pour satisfaire aux desiderata du lobby sioniste. ..
Le gouvernement des Etats Unis en est même réduit à travailler avec les autorités sionistes pour déterminer les voies et moyens d’améliorer les contrôles des voyageurs vers l’entité sioniste avant leur départ !
Ce qui signifie en langage clair : présence d’agents de l’entité sioniste dans les principaux aéroports des Etats Unis, contrats avec des sociétés de sécurité liées à l’entité ou aux intérêts sionistes.
Bref, ce qu’il faut pour faire correctement le contrôle au faciès et éviter de le demander aux compagnies aériennes comme Air France qui s’était tristement illustrée lors de l’action « Bienvenue en Palestine.» Air France a été condamnée pour discrimination raciale, mais c'est une décision de justice dont vos journaux n'ont semble-t-il gardé nulle trace.
Eh oui, car ce que l’entité sioniste est capable de faire avec ce mastodonte que sont les Etats Unis, comprenez bien qu’elle est capable de le faire aussi avec les anciennes grandes puissances impériales que sont la France ou le Royaume Uni.
Pour ceux qui auraient encore des doutes, rappelez-vous, c’était il n’y a pas longtemps, ces employés interdits de manipuler les bagages du terroriste Shimon Peres lors de son arrivée en Gare du Nord à Paris le 8 mars 2013. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si cette information révélée par le syndicat de cheminots Sud-Rail a d’abord été relayée non par la presse française mais par un journal anglais, le Daily Mail comme le signale France 24.
Ce n’est pas un hasard non plus si nous retrouvons le lobby sioniste très actif dans les campagnes pour fabriquer et exciter l’islamophobie en France comme en Europe, aux Etats Unis et même aux antipodes.   

Le Congrès et l’administration s’affrontent sur les visas israéliens

Par Bradley Clapper et Matthew Lee,  Huffington Post (USA) 15 juillet 2013 traduit de l’anglais par Djazaïri 
Une législation qui permettrait aux Israéliens d’entrer aux Etats Unis sans visa mais n’exigerait pas une réciprocité intégrale de traitement pour tous les Américains qui souhaitent se rendre dans l’Etat juif pourrait amener le Congrès et l’administration Obama à entrer en collision dans les prochaines semaines.
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Visa d'entrée aux Etats Unis
L’entrée d’Israël dans le cadre du programme d’exemption de visa qui concerne 37 pays est l’élément le plus controversé de deux projets de loi touchant à de multiples aspects des relations israélo-américaines, allant de l’amélioration de la cybersécurité au renforcement de la coopération économique. La députée à la Chambre des Représentants, Ileana Ros-Lehtinen [cette parlementaire pense que le régime sioniste a un droit de veto sur certaines décisions du gouvernement US] espère  obtenir l’approbation de la Commission des Affaires Etrangères de la Chambre avant la suspension de ses travaux en août. Une version [de cette législation] par Barbara Boxer est en train d’obtenir le soutien du Sénat
Ces deux lois créeraient une nouvelle catégorie  d’allié des Etats Unis – “le partenaire stratégique majeur”-  dans laquelle Israël serait le seul pays à figurer. Et ces lois appelleraient à l’inscription d’Israël sur une liste de pays dont les ressortissants peuvent séjourner aux Etats Unis jusqu’à 90 jours sans visa, à condition qu’ils s’enregistrent électroniquement avant d’embarquer dans un avion. 
L’administration et certains parlementaires sont préoccupés par le fait que ces lois ne vont pas assez loin pour éliminer la discrimination israélienne contre les Américains d’origine arabe et palestinienne qui veulent entrer sur leur territoire.
Ils dissent aussi qu’Israël ne satisfait pas encore à d’autres exigences légales du programme.
Par exemple, la proposition déposée au Sénat  exigerait seulement du gouvernement israélien qu’il fasse «tous les efforts raisonnables, sans mettre en péril la sécurité de l’Etat d’Israël, pour garantir l’extension à tous les citoyens des Etats Unis des privilèges réciproques.» Et elle accorderait à Israël l‘exemption d’une disposition du programme de suppression de l’obligation du visa qui exige que le taux de satisfaction des demandes de visas pour entrer aux Etats Unis atteigne 97 %.
La proposition de loi de la Chambre des Représentants a un clair soutien bipartisan avec 300 parrainages. Le projet du Sénat a maintenant 45 parrains, ce qui est proche d’une majorité. Il devrait être examiné par la Commission des Affaires Etrangères du Sénat en septembre.
Certains détracteurs de ces projets hésitent à exprimer publiquement leurs réserves, cherchant ainsi à éviter une dispute publique avec un allié proche, que ce soient les promoteurs des projets ou le puissant lobby AIPAC [lobby sioniste] qui pousse en faveur de l’adoption des législations.
Boxer a déclaré à l’Associated Press que la loi serait dans l’intérêt des citoyens des Etats Unis en exigeant tout particulièrement que les secrétaires d’Etat et à la sécurité intérieure certifient qu’Israël fait tout son possible pour faciliter l’entrée des Américains [dans l’entité sioniste] avant son admission au programme d’exemption de visa. 
Mais ceux qui critiquent ces projets de loi voient une faille problématique.
Le mois dernier, 15 membres Démocrates et un membre Républicain du Congrès ont écrit une lettre à l’ambassadeur d’Israël à Washington, exprimant leur inquiétude par rapport au fait que la police de l’air et des frontières israélienne »distinguait de manière disproportionnée, arrêtait et refusait l’entrée des Américains musulmans et d’origine arabe. » Ils exigent l’égalité de traitement, selon la lettre obtenue par Associated Press.
Ils exposent dans leur lettre le cas de Nour Joudah, enseignante dans une école subventionnée par les Etats Unis en Cisjordanie qui s’est vue refuser à deux reprises l’entrée en Israël alors qu’elle était en possession d’un visa valables pour des entrées multiples Ils se plaignent aussi du fait qu’Israël accorde à certains Américains des visas restreints qui ne leur permettent d’entrer que dans les territoires sous contrôle palestinien mais pas en Israël, ce qui les oblige à voyager par la route depuis la Jordanie au lieu d’arriver à l’aéroport international de Tel Aviv. 
Parmi d’autres problèmes évoqués [dans la lettre], sont cités des exemples de douaniers Israéliens qui  bloquent des Américains à la frontière en raison de leurs opinions politiques et des cas de ressortissants US obligés de donner à la police un accès à leurs comptes personnels de courrier électronique sous peine d’expulsion.
«Nous avons de fortes réserves quant à cette proposition de loi. Elle autorise la discrimination de citoyens des Etats Unis par un autre pays, » déclare Abed Ayoub, directeur juridique de l’ American Arab Anti-Discrimination Committee. «Le fait que des élus au Congrès des Etats Unis puissent permettre ce genre d’action est répréhensible.»
Le Département d’Etat et celui de la sécurité intérieure ont exprimé des points de vue voisins, quoique plus étroits, dans des réunions à huis clos avec des parlementaires, selon des officiels US qui sont au courant des discussions. Ces officiels se sont exprimés sous couvert d’anonymat parce qu’ils n’avaient pas l’autorisation de parler publiquement de ce dossier. Ils ont dit que l’administration travaillait avec Israël pour améliorer ses méthodes de contrôle des passagers avant le départ et avec le Congrès sur la formulation de toute loi à venir. Le Département d’Etat a refusé de s’exprimer.
Dans une réponse aux parlementaires en date du 12 juin, l’ambassadeur israélien sortant a declare que les Américains se voyaient accordés tous les droits “auxquels ils sont éligibles” à leur arrive en Israël.
“Compte tenu des problèmes de sécurité auxquels nous sommes confrontés, tous les efforts nécessaires sont faits à cet égard,” a écrit Michael Oren [l’ambassadeur sioniste] aux députés Républicains Keith Ellison et  Andre Carson, les deux élus Musulmans au Congrès, et aux autres cosignataires de la lettre originale.
Sur le cas particulier de Joudah, Oren a dit que l’action [le refus d’entrée sur le territoire] était basé sur une recommandation des services de sécurité israéliens et que toutes les possibilités de recours juridiques lui étaient ouvertes. Mais il a qualifié ces exemples de rares. Oren affirme que 142 Américains en tout se sont vus refuser l’entrée en Israël l’an dernier, tandis qu’environ 620 000 ont été autorisés à entrer. Ce qui revient à un taux de refus de 0.023 %, soit 1 personne sur 4 000. Le taux de refus par les Américains pour ceux qui veulent un visa pour les USA était de 5,4 %, a-t-il observé.
L’ambassadeur a aussi défendu le traitement différentiel effectué par les autorités israéliennes pour les Américains qui sont sur un registre de population palestinienne. Ces personnes ont la permission d’entrer et de résider dans le territoire palestinien, a-t-il dit, mais ils ne sont pas nécessairement autorisés à entrer en Israël en raison de règlements sécuritaires vieux de plusieurs dizaines d’années datant du pic de la violence israélo-palestinienne.

vendredi 15 mars 2013

Syrie: la France pousse à la prolongation et à l'aggravation du conflit


On connaît le journaliste turc Semih Idiz sur ce blog puisque j’ai déjà eu le plaisir de vous présenter deux articles dont il est l’auteur.
L’article que je vous propose aujourd’hui témoigne d’une connaissance approfondie de la région et d’une réflexion pénétrante.
Voyez-vous, ce texte daté du 12 mars observait que l’option de l’escalade militaire en Syrie, par l’armement massif des prétendus révolutionnaires, qui recherchent en fait l’involution de la Syrie, était non seulement dangereuse mais en perte de vitesse dans ce qu’il appelle lui aussi la communauté internationale.
Et précisément, Semih Idiz reprochait à son gouvernement de ramer à contre-courant en s’entêtant à prôner l’armement des rebelles, une démarche qui ne peut qu’aggraver les choses en Syrie voire dans la région et prolonger souffrances et destructions.
Quelques jours seulement avant que Semih Idiz rédige son article, William Hague, le chef de la diplomatie britannique résistait encore aux demandes pressantes d’Ahmet Davutoğlu , le ministre turc des affaires étrangères, pour que l’Union Européenne (UE) et la Grande Bretagne livrent des armes aux involutionnaires syriens.
Entretemps, William Hague semble s’être ravisé puisque, avec le molletiste Laurent Fabius, il a insisté pour que l’UE accepte de lever l’embargo sur la fourniture d’armes «létales» (c’est-à-dire qui tuent par opposition à celles qui soignent) à l’opposition. Parmi ces armes, devraient figurer notamment des systèmes anti-aériens et des missiles antichars.
L’évolution de la position publique de la Grande Bretagne sur cette question ne tient pas du tout au charisme et à la capacité de persuasion d’un Ahmet Davutoğlu que la France et l’UE n’ont eu de cesse de ridiculiser notamment sur le dossier arménien.
Ce qui est à la racine de l’évolution spectaculaire de gouvernements, le gouvernement français tous particulièrement, qui se disent aujourd’hui prêts à armer les involutionnaires non seulement en contravention avec le droit international mais aussi en contravention avec la position adoptée par l’UE, n’est pas autre chose que la récente visite à Paris et à Bruxelles de Shimon Peres, le chef du gang sioniste et membre de l’Internationale Socialiste comme les compères Laurent Fabius et François Hollande.
Or Shimon Peres a clairement ordonné à ses clients en Europe d’agir fermement sur le dossier syrien. Certes, à Bruxelles, il a exhorté les pays arabes à passer à l’action et évoqué le risque d’une intervention occidentale. Mais il faut être naïf pour croire que c’est depuis la tribune de l’UE que l’on harangue les Etats arabes, surtout quand on est un chef de bande sioniste.
A la tribune de l’UE, c’est aux membres de l’UE qu’on s’adresse, d’autant qu’il y a longtemps qu’un scénario d’intervention occidentale directe en Syrie est écarté.
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Pigé Laurent?
William Hague et Laurent Fabius ont reçu les ordres 5 sur 5 et ont décidé de les exécuter au plus vite, quitte à risquer de se fâcher avec d’autres partenaires européens puisque MM. Fabius et Hollande ont dit que, levée ou pas de l’embargo européen sur les armes, la France n’en ferait finalement qu’à sa tête.
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Parce que quand des dirigeants comme M. Fabius ou M. Hollande deviennent obsédés par l’idée de faire plaisir à l’entité sioniste, rien ne peut les arrêter, pas même le risque de mécontenter d’autres membres de l’UE.
Certes, la Syrie ne sera pas le prétexte d’une crise majeure de l’UE, mais elle ne sera qu’une manifestation de plus du détricotage progressif de cette union par des pays qui ressassent encore leurs chimères impérialistes.

 Davutoğlu devrait renoncer à la ‘solution militaire’ en Syrie

par Semih Idiz, Al-Monitor Turkey Pulse 12 mars 2013
Le ministre turc des affaires étrangères Ahmet Davutoğlu persiste à cravacher un cheval mort. Ayant échoué à convaincre Washington lors de la récente visite de John Kerry en Turquie de fournir des armes à l’opposition syrienne, il essaye maintenant d’amener l’Union Européenne (UE) à lever son embargo sur les armes en Syrie.
En séjour à Londres la semaine dernière pour une réunion internationale sur la Yémen, Davutoğlu a eu des discussions avec son homologue britannique, William Hague, pour essayer de le convaincre que l’opposition syrienne est sérieusement désavantagée parce que les armes nécessaires lui font défaut. Il n’avait pas ouvertement appelé l’UE à lever son embargo sur les armes mais c’est bien là qu’il voulait en venir.
Interrogé par des journalistes pour savoir s’il voulait une levée de l’embargo, Davutoğlu avait dit de manière révélatrice : «Si un seul camp a les armes, à la fin, c’est le camp qui a les armes qui aura toutes les possibilités de tuer l’autre camp. »
Davutoğlu avait ajouté qu’il avait aussi soulevé récemment cette question avec le ministre allemand des affaires étrangères Guido Westerwelle. Londres et Berlin avaient cependant indiqué être en faveur du maintien de l’embargo de l’UE. Hague en particulier est préoccupé par les combattants islamistes en Syrie.
Des sources de l’UE à Ankara indiquent que pas moins de 500 membres du Jabhat al-Nosra, l’organisation combattante la plus efficace dans la lutte contre le régime Assad et dont l’objectif déclaré est d’instaurer une république islamique en Syrie, viennent d’Europe.
Le souci ne tient pas seulement à la victoire éventuelle en Syrie de cette organisation – qui est soutenue politiquement et en armement par Ankara. Les officiels de l’UE s’inquiètent aussi de ce que feront les membres Européens de cette organisation quand ils rentreront dans les pays d’où ils viennent. Davutoğlu et d’autres dirigeants Turcs maintiennent cependant que ces craintes européennes sont non seulement exagérées mais qu’elles jouent en faveur du président Assad. Questionné à ce sujet à Londres, Davutoğlu a répondu que ni la Libye, ni l’Egypte n’avaient adopté l’Islam radical en dépit des craintes relatives à une telle éventualité.
“Ils sont en guerre,” a-t-il dit des combattants de l’opposition syrienne. «Ils vont mourir. Il y toujours des slogans religieux dans la guerre.»
Il est cependant manifeste qu’il n’a pas vraiment réussi à convaincre ses partenaires européens de modifier leur position vis-à-vis d’organisations comme le Jabhat al-Nosra qui a déjà été classé comme organisation terroriste par les Etats Unis et qui, si on en juge par les informations, pourrait être bientôt classé dans la même catégorie par l’UE.
Compte tenu de l’échec de la Turquie sur cette question de l’armement, tout ce que Davutoğlu peut faire, c’est de se plaindre sur des bases de hautes valeurs morales que «La population souffre sur le terrain et la Turquie paye la facture. » mais la position d’Ankara soulève un certain nombre de questions essentielles.
Par exemple, il est vrai que «la Turquie paye la facture» pour les réfugiés Syriens de plus en plus nombreux qui arrivent à sa porte. Les responsables gouvernementaux donnent le chiffre de 600 millions de dollars pour l’instant et se plaignent de ne pas recevoir assez de soutien international sur ce problème.Quand les officiels turcs expriment ce genre de plainte, ils visent généralement les pays occidentaux. Fait étrange, on les entend rarement se plaindre d’un manque de soutien de la part des Etats pétroliers du Golfe, particulièrement le Qatar et l’Arabie Saoudite pour qui l’éviction d’Assad est aussi devenue un objectif stratégique.
Dans le même temps, Ankara continue à se monter tiède devant l’idée d’un règlement politique du conflit syrien dans l’hypothèse où Assad serait d’une manière ou d’une autre présent à la table de négociations, alors même qu’il n’est pas assis à cette table. C’est aussi ce que montre le lobbying exercé par Davutoğlu pour armer l’opposition.
Il ne semble cependant pas trop inquiet de risquer d’attiser ce qui est déjà une guerre par procuration dans la région en livrant à l’opposition des armes lourdes pour combattre le régime.
Comme par hasard, Davutoğlu met de côté le fait que si l’opposition était armée comme il le souhaite, la Russie et l’Iran qui continuent à soutenir le régime Assad pour des visées stratégiques, comme le font également des organisations chiites comme le Hezbollah libanais, feront tout leur possible pour riposter en renforçant leur soutien militaire au régime.
Comme le premier ministre Recep Tayyip Erdogan, Davutoğlu se réfère constamment au sort des Syriens qui souffrent sous Assad. Il semble ne pas comprendre que livrer des armes à l’opposition à ce stade est la formule la plus sûre pour prolonger le conflit et accroître les souffrances des civils.
Beaucoup en Turquie et dans la région diront aujourd’hui qu’il sait en réalité tout ça, mais une victoire de l’opposition sunnite en Syrie est devenue un objectif stratégique si important pour le gouvernement Erdogan qu’Ankara est même prêt à envisager une guerre par procuration, avec plus de souffrances si c’est ce qu’il faut pour l’atteindre.
Quoi qu'il en soit, ce qui est certain à ce stade, c’est que la politique sunnite d’Ankara a eu pour résultat l’émergence d’un axe chiite qui ne regarde plus d’un œil favorable la politique de la Turquie dans la région. La Turquie a en fait augmenté le nombre de ses ennemis et détracteurs au Moyen Orient depuis le commencement du printemps Arabe, ce qui contredit la vision de Davutoğlu d’une Turquie contribuant à la paix et à la stabilité dans la région.
Le problème pour Davutoğlu est que sa représentation intellectuelle du monde – il est après tout professeur de relations internationales – est imprégnée d’une grande vision et de grandes perspectives pour la Turquie qui se sont avérées non seulement trop ambitieuses, mais aussi simplistes eu égard aux situations réelles qui ont émergé sur le terrain.
Il semble par exemple ne pas comprendre, ou ne pas vouloir comprendre, qu’il n’y a pas d’autre choix à ce stade que d’aller vers un règlement politique en Syrie si ce qui est recherché est de mettre un terme au plus vite à l’effusion de sang et d’éviter que la crise alimente les divisions sectaires qui tendent à se creuser dans la région.
Kadri Gursel a aussi montré dans des articles perspicaces pour Al Monitor que la Turquie n’est pas à l’abri non plus des retombées négatives des divisions sectaires qui ont résulté de la crise syrienne, possédant elle-même ses propres lignes de faille sectaires.
En attendant la Turquie a annoncé cette semaine qu'elle avait appréhendé les auteurs de l'attentat à la voiture piégée le mois dernier au point de passage frontalier avec la Syrie de Cilvegozu, qui  avait tué au moins 14 personnes, et blessé de nombreuses autres. Bulent Arinc, porte-parole du gouvernement, a déclaré mardi à la presse que les forces de sécurité turques avaient "effectué une opération digne du cinéma" pour arrêter quatre Syriens et un turcs soupçonnés d’avoir organisé cet attentat.
Les officiels turcs dissent que les auteurs – qui ont été appréhendés au cours d’une opération transfrontalière sur le sol syrien – étaient liés à des agents des services de renseignements syriens. Vrai ou faux, il reste à voir su Ankara se servira de cet incident contre le régime Assad dans une tentative aussi d’influencer la communauté internationale pour qu’elle arme l’opposition.
Le fait demeure cependant que les arguments de la Turquie sur la Syrie trouve peu d’écho à ce stade. Dans sa dernière analyse hebdomadaire intitulée «Les lignes de faille irakiennes et turques,» Al Monitor al’a bien résumé dans son propos de conclusion : «Les signes d’une tendance en faveur d’une solution politique méritent l’attention et la priorité, car la poursuite d’une solution militaire signifie seulement plus de tragédies et de destructions pour la Syrie et la région.»
Le plus tôt Erdogan et Davutoğlu admettront ce fait évident et cesseront de ramer à contre-courant, le mieux ce sera pour la Turquie, pour le peuple syrien et pour la région dans son ensemble. 
Semih Idiz est un collaborateur d’Al-Monitor’s Turkey Pulse. Il couvre en tant que journaliste depuis 30 ans les affaires diplomatiques et de politique étrangère pour les grands journaux turcs. Ses articles d’opinion peuvent être lus dans la version en langue anglaise de Hurriyet Daily News. On peut aussi le lire dans Taraf. Ses articles ont été publiés dans le Financial Times, le Times, Mediterranean Quarterly et Foreign Policy magazine et il intervient souvent sur BBC World, VOA, NPR, Deutche Welle, divers médias israéliens el Al Jazeera.


jeudi 14 mars 2013

Des armes pour la guerre civile en Syrie... et au Liban?


 L’armée syrienne a dû évacuer le Liban il y a quelques années, cédant à la pression des mêmes que ceux qui se présentent aujourd’hui comme des «amis» de la Syrie.

J’ignore si cette pression était résistible, mais elle n’a finalement été qu’une étape dans la tentative de réduire à merci ce pays.
Il reste que les destins du Liban et de la Syrie sont inextricablement liés d’autant que ces deux nations n’en forment en réalité qu’une.

Je vous avais proposé il y a quelques jours un article sur la montée des tensions au Liban avec la volonté des partisans de l’ex premier ministre Saad Hariri de tenter l’épreuve de force avec le Hezbollah. Ces gens là pensent en effet que la situation qui prévaut en Syrie a modifié de telle sorte le rapport des forces en présence que l’heur de la revanche pourrait bien être sur le point de sonner.

D’autant que la crise en Syrie a ramené au Liban des forces syriennes armées. Sauf que  cette fois-ci, ce n’est pas l’armée régulière syrienne mais la fameuse Armée Syrienne Libre qui tend à se renforcer dans certaines portions du territoire libanais au point de commencer à constituer un Etat dans l’Etat qui ne va peut-être pas tarder à se lancer dans une action militaire d’ampleur au Liban en collusion avec le clan Hariri.

Il faut bien garder en mémoire que ces miliciens, s’ils sont pour l’instant quelques centaines présents sur le sol libanais pourraient rapidement voir leurs effectifs gonfler en puisant dans la population réfugiée et profiter des armes fournies par les pétromonarchies sans parler de celles que le molletiste Laurent Fabius s’impatiente de livrer aux prétendus révolutionnaires syriens.

Il est vrai que Shimon Peres vient d'en donner l'ordre en plaidant devant le parlement européen pour une intervention arabe en Syrie. Il va sans dire que son propos s'adressait en réalité à ses auditeurs immédiats, les pays représentés dans cette assemblée.
On constatera que Laurent Fabius en bon roquet qu'il est (dixit Jacques Chirac) s'est empressé de lever la patte et de faire le beau.


Dessiner une nouvelle carte du Nord Liban, combattants Syriens inclus

par Radwan Mortada, Al-Akhbar (Liban) 13 mars 2013 traduit de l’anglais par Djazaïri

Des réseaux de combattants Syriens au Nord Liban redessinent la physionomie du territoire. Depuis les cellules logistiques syriennes aux routes clandestines pour les armes, de nouvelles réalités politiques changent la manière dont les Libanais circulent dans leur pays.

Au Liban, dire que vous êtes stoppé par un Palestinien armé signifierait que vous êtes entré dans un camp de réfugiés contrôlé par une faction palestinienne. Mais dire que vous avez été stoppé par un combattant Syrien armé – ce mois-ci à Tripoli, plusieurs années après le retrait de l’armée syrienne – est tout à fait autre chose.

C’est même encore plus problématique quand ce combattant armé vous demande de changer votre destination, qui se trouve en plein Liban, après avoir remarqué votre appareil photo.

Ces nouveaux arrangements suggèrent que la région se dirige vers une nouvelle phase que les officiels des services de sécurité tendent à comparer avec l’époque où les opérations de la résistance palestinienne au Liban avaient valu au pays le sobriquet de Fatah Land.

Un haut responsable des services de sécurité base son évaluation sur le simple fait que le Nord Liban accueille environ 100 000 réfugiés Syriens dont il affirme qu’un tiers est prêt à prendre les armes. Il n’y a pas que ça, le même responsable indique que les informations recueillies par les forces de sécurité confirment la présence de centaines  de combattants Syriens qui se déplacent librement à l’intérieur du territoire libanais.

En parallèle, ces informations indiquent que le frère d’un député influent du district d’Akkar (près de la frontière avec la Syrie) continue à organiser des cellules syriennes. Elles sont réparties selon un plan conçu par des officiers de l’armée à la retraite qui soutiennent l’opposition syrienne.

Les informations des services de sécurité révèlent que l’officier Syrien dissident Annad A. est arrivé à Halba (chef lieu du district d’Akkar) en compagnie d’un militant d’Akkar après avoir fui  la Syrie pour une zone du Liban favorable au député Walid Joumblatt où il a reçu protection.
Ces informations dissent aussi qu’il a tenu une réunion au domicile de Mahmoud Z. Ils ont discuté de la livraison d’armes et de fournitures à distribuer sur la place [publique] d’Halba.

Halba (sous le chiffre 9 sur la carte) est proche à la fois de la frontière syrienne et de la mer Méditerranée
Halba (sous le chiffre 9 sur la carte) est proche à la fois de la frontière syrienne et de la mer Méditerranée
Il y a aussi des rumeurs sur un genre de conseil militaire syrien dans le Nord, avec différentes activités conduits par les militants, dont la collecte de fonds, la coordination et l’approvisionnement en armes. Ils constituent ce qui s’apparente à un gouvernement militaire fantôme. Il existe aussi des indications crédibles sur leur relation avec des personnalités libanaises des milieux politiques et sécuritaires

En plus de financements étrangers, le ressortissant Syrien Anwar S. B., alias Abu-Hassan al-Souri, s’occupe des fournitures et de l’armement en coordination avec des militaires en retraite et un parlementaire du Mouvement du Futur [le parti de Hariri] originaire du Nord Liban. Il convient d’observer que Souri avait été blessé dans l’explosion du dépôt d’armes d’Abi Samra à Tripoli.

En outre, le nom de Mohamed A., alias Abou Afif est cité. Sa mission est de fournir les salaires mensuels qui doivent être transportés à al Qusayr via Arsal (où deux soldats Libanais avaient été tués dans des affrontements avec le Jabhat al-Nosra). L’argent vient de donations effectuées en Europe et dans les pays arabes du Golfe et est déposé au domicile du député susmentionné.
Arsal fait face à la ville syrienne d'al Qusayr et est donc très proche d'Homs
Arsal fait face à la ville syrienne d'al Qusayr 

En matière d’achat d’armement, le rôle le plus important revient à Ismail R. C’est un homme riche présenté par les membres de l’opposition syrienne comme étant en charge de la fourniture d’armes achetées à des officiers pro régime de l’armée syrienne. Il est aussi chargé de recevoir les soldats blessés de l’Armée Syrienne Libre et de les répartir dans les hôpitaux libanais.

Tous coordonnent leur action avec le siège local de l’opposition syrienne établi dans la rue de l’Ordre des médecins à Tripoli, devant le réservoir central, derrière la maison du général Ashraf Rifi, directeur des Forces de Sécurité Intérieure du Liban.

Les informations indiquent que des réunions nocturnes se tiennent régulièrement entre des officiers Syriens dissidents, des personnalités religieuses et d ‘autres personnes. Récemment, la zone résidentielle d’Abrar a été le lieu d’une fusillade en raison des désaccords entre un des blessés et ses médecins.

Des réfugiés se font passer pour des civils en journée, puis font leur devoir “djihadiste” à la faveur de la nuit. A Akkar, il y a certains endroits de la frontière qu’il est impossible d’approcher ou de franchir sans être stoppé par des hommes armés, dont des Syriens, qui vous demandent ce que vous faites, d’où vous venez et ce que vous voulez.