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mercredi 17 juillet 2013

Des porcs dans un carré musulman: ce qu'un acte islamophobe en Australie nous dit sur l'islamophobie en Occident

L’islamophobie se manifeste par des paroles, des écrits ou des actes comme par exemple des profanations de lieux de culte ou de tombes.

Et c’est un phénomène qui touche toutes les sociétés occidentales, que ces dernières accueillent ou pas une communauté musulmane importante.

C’est par exemple le cas de l’Australie où le carré musulman d’un cimetière vient d’être profané. Or, en Australie, les Musulmans représenteraient un peu plus de 2 % de la population d’après Wikipedia

C’est que partout, l’islamophobie qui se manifeste actuellement a une cause commune qui a moins à voir avec les Musulmans eux-mêmes qu’avec les inflexions idéologiques initiées, encouragées et parfois portées directement par la frange extrême du lobby sioniste. Et comme on le sait, en matière de sionisme,  la frange extrême est  un euphémisme pour désigner le courant majoritaire, le sionisme étant par définition une doctrine extrémiste.

Ces inflexions ont d’abord été testées avec la droite extrême avant d’être diffusées plus largement pour se retrouver maintenant dans le fonds du discours commun.

Il est par exemple pour le moins piquant de constater que la toute récente interpellation de Kristian Vikernes, un extrémiste de droite Norvégien sur le sol français donne l’occasion à la presse de lancer une charge contre le Front National au motif que cet individu aurait fait l’éloge de la ligne politique de ce parti sur son blog, appelant même les Français à voter pour Marine Le Pen lors de la dernière élection présidentielle.
Ce monsieur est un émule d’Anders Behring Breivik, le terroriste auteur d’un attentat à Oslo et d’un massacre dans l’île d’Utoeya.

En admettant que ce sujet Norvégien représentait une véritable menace d’ampleur (ce qui ne semble pas évident) ,on doit quand même dire que si la presse voulait être un peu sérieuse, elle n’omettrait pas de rappeler que parmi les références intellectuelles du tueur d’Oslo et d’Utoeya se trouvait un philosophe Français ayant pignon sur rue, que les victimes d’Utoeya étaient de jeunes militants travaillistes qui se réunissaient entre autres pour manifester leur solidarité avec le peuple palestinien, que le tueur affichait ouvertement son aversion pour la religion musulmane et son adhésion à la cause sioniste, et que de nombreux sionistes lui ont exprimé ouvertement leur soutien.

Le seul point sur lequel le Front National reste encore en retrait par rapport au discours commun et autorisé, est précisément celui du soutien à l’idéologie sioniste. 

A la différence des autres forces de l’extrême droite européenne, le parti de  Mme Le Pen n’a pas encore pu ou su franchir complètement ce dernier pas.
L'extrême droite européenne a déjà fait son aggiornamento
L'extrême droite européenne a déjà fait son aggiornamento
Probablement parce que les racines du Front National sont à situer dans le pétainisme et non dans le nazisme.

Les idées défendues par le Front national sont assurément détestables, mais je ne vois personnellement pas pourquoi ce parti serait le seul à être stigmatisé dans les commentaires qui portent sur l’arrestation de ce présumé terroriste Norvégien qui n’est quand même pas le seul à avoir appelé à voter Le Pen (et encore moins à avoir voté pour elle).

Des restes de cochons morts jetés près de tombes musulmanes

Par Michael Hopkin, WA Today (Australie) 16 juillet 2013 traduit de l’anglais par Djazaïri

Les autorités enquêtent sur un incident dans lequel deux porcs morts ont été jetés dans le carré musulman d’un cimetière de Baldivis [un faubourg de Perth].
Deux têtes de cochons et un tas de viscères ont été laissés sous un panneau signalant le carré musulman du cimetière Rockingham Memorial Regional Park.
Le personnel du cimetière a découvert les carcasses lundi matin et a prévenu la police, la mairie de Rockingham et les responsables de la communauté musulmane.

Restes de porcs jetés dans le carré musulman
Restes de porcs jetés dans le carré musulman du cimetière de Rockingham
“C’est le premier incident de ce genre dans le cimetière et il est traité comme un évènement isolé,” a déclaré un porte parole du Metropolitan Cemeteries Board [autorité qui gère les cimetières].

Le site web de la station de radio 6PR a publié des images choquantes des restes des cochons qui ont été retirés par le personne «en procédure d’urgence absolue» a déclaré le porte parole.

Les membres d’une famille ont été affolés par la découverte des entrailles [de porcs] alors qu’ils rendaient visité à la tombe d’un proche qui avait été enterré dans le cimetière le mois dernier.
Mira, la nièce de l’homme [enterré] a déclaré à 6PR qu’elle et sa famille ont été choquées et abasourdie par la découverte.

«L’effort qu’ils ont dû faire pour amener ça, cette haine – ça défie l’entendement,» a-t-elle dit.
“Parce que mettre n’importe quel animal mort près de vos proches [décédés] est un acte offensant. »
Les adeptes de la religion musulmane considèrent le porc comme un animal impur.

Iqbal Samnakay, président le la Muslim Social and Sports Association, affirme que cet incident aurait été insultant pour n’importe qui, pas seulement pour les Musulmans.

“Tout le monde s’attend à ce que les cimetières soient respectés et non profanes,”  dit-il.
Il ajoute que cet incident était aussi irrespectueux à l’égard des animaux eux-mêmes.
“En tant que musulmans, nous ne devons pas manger de porc, mais cela ne veut pas dire que nous nedevrions pas les respecter pour ce qu’ils sont,” dit-il.

L’incident est survenu pendant le mois sacré de Ramadan, pendant lequel les Musulmans sont invites à prier et à jeûner. 

M. Samnakay dit aussi qu’il faut pardonner aux personnes, quelles qu’elles soient, qui ont laissé les  cochons dans le cimetière
“C’est le mois du pardon, alors nous leur pardonnerons,”dit-il.

vendredi 2 novembre 2012

La symbolique de Toulouse et sa signification politique


François Hollande a rendu publiquement hommage aux victimes de la tuerie de Toulouse, et c’est une démarche tout à fait légitime.

Le problème est qu’il l’a fait en compagnie de Benjamin Netanyahou, le premier ministre violent d’un Etat voyou qui séquestre et spolie le peuple palestinien.

S’il pensait que cet hommage avait une finalité pédagogique, on peut dire que c’est raté.

Si le but était par contre de flatter les instances supposées représenter la communauté juive en France et donner un coup de pouce électoral à Benjamin Netanyahou, on peut dire que c’est par contre réussi.
On retiendra l’image de François Hollande donnant l’accolade à Benjamin Netanyahou dans l’école toulousaine fréquentée par les victimes de Mohamed Merah.
Je suis satisfait de toi François.
N’imaginez pas que cette accolade est le fruit d’une montée d’émotion qui se serait emparée des deux dirigeants politiques, elle fait au contraire partie de détails qui ont été décidés par les responsable du protocole des deux pays parce que c’est un geste qui a du sens politique.
On retiendra que M. Hollande est allé très loin dans une proclamation de sympathie à l’égard d’un homme qui n’est rien d’autre qu’une version juive d’une extrême droite que les politiciens de gauche prétendent stigmatiser.
En tout cas cette camaraderie est en phase avec les évolutions que connaît, il suffit de penser à la rhétorique de Manuel Valls, et va connaître la gauche institutionnelle dans sa relation avec les populations issues de l’immigration musulmane. Elle est également cohérente avec les inflexions qu’a connues la politique étrangère de la France depuis sa réintégration dans l’OTAN et le bellicisme que nous avons pu constater avec les évènements liés au prétendu printemps arabe. Et on aurait donc eu tort  d'être surpris devant l'hommage  rendu récemment par le président Français au fasciste Yitzhak Shamir à l'annonce du décès de ce dernier.

Nous sommes entrés définitivement dans l’après deuxième guerre mondiale. Non pas que nous nous trouvions devant des idéologies et des phénomènes politiques nouveaux, mais que la parenthèse introduite par la guerre froide et le gaullisme en ce qui concerne la France s’est refermée et que nous nous retrouvons dans la situation idéologique voisine de celle de l’entre deux guerres mondiales. Avec des forces qui correspondent peu ou prou aux forces sur lesquelles s’appuyait le maréchal Pétain et d’autres qui correspondent à celles qui lui avaient accordé les pleins pouvoirs. De fait, on a beaucoup parlé de juifs de France ces jours ci, et guère de Juifs Français ou de Français Juifs.

Comme si aucune leçon n’avait été retenue des méfaits du fascisme et du nazisme. De fait, aucune leçon n’a été tirée de cette période sombre de l’histoire. Pour la bonne raison, entre autres, que la pédagogie et le discours  politique portant sur cette époque sont à la fois trop éloignés de la réalité de ce que fut cette époque et se sont détournés des enseignements universalistes qui auraient dû en être tirés.

Benjamin Netanyahou sait parfaitement reconnaître ses amis politiques et il en a reconnu un en François Hollande dont il s’est déclaré «très satisfait» exactement comme il a su reconnaître son ami politique aux Etats unis.

Par Sheera Frenkel, McClatchy Newspapers (USA) traduit de l’anglais par Djazaïri

Jérusalem : Le candidat républicain à la présidentielle Mitt Romney et le premier ministre Israélien Benjamin Netanyahou ont reconnu être amis depuis des dizaines d’années, mais les liens financiers qui les unissent sont devenus évidents quand le candidat républicain a révélé la liste de ceux qui contribuent financièrement à sa campagne.

Plus de la moitié de ceux qui ont donné de l’argent à Netanyahou pour sa campagne de réélection sont des Américains qui ont aussi contribué à la campagne de Romney ou au Parti Républicain aux Etats Unis.

La loi israélienne permet aux politiciens de faire campagne et de collecter de l’argent à l’étranger, quoique l’impact financier des campagnes électorales soit extrêmement différent ici puisque, comme le calendrier électoral se limitant habituellement à trois mois, les budgets de campagne sont maintenus au minimum et les politiciens recourent traditionnellement au financement public. Netanyahou est cependant allé chercher de l’argent à l’étranger même si la somme qu’il a réunie est minuscule comparativement aux standards américains : elle peut s’évaluer en dizaines de milliers de dollars.

Selon des documents publiés par le contrôleur des finances d’Israël, Netanyahou a reçu des dons financiers provenant de 47 personnes. Une seule d’entre elles est israélienne et 42 sont américaines En recoupant les registres officiels aux Etats Unis avec la liste de Netanyahou, McClatchy a constaté que 28 des Américains qui avaient donné de l’argent pour Netanyahou avaient aussi donné pour Romney, le Parti Républicain ou les deux. Deux seulement ont donné de l’argent au Parti Démocrate, dont l’un pour le président Obama.

A la question de savoir s’ils sont gênés de voir que plus de 90 % de l’argent de Netanyahou vient des Etats Unis, la plupart des Israéliens ont un haussement

 «Alors ils prennent de l’argent aux Etats Unis ? Pourquoi devrions-nous en être surpris ? C’est ce qu’il y a de moins surprenant à un moment où tous les autres politiciens israéliens vont en prison pour fraude et corruption,» affirme Shlomit Beniyahu, 48 ans, qui dit qu’elle votera pour Netanyahou aux prochaines élections. «C’est peut-être une bonne chose si Netanyahou obtient de l’argent auprès des mêmes personnes que Romney ; ça montre qu’il est assez malin pour connaître des riches qui ont de l’argent.»

Une famille qui semble avoir particulièrement mis la main à la poche pour Netanyahou et Romney est la famille Falic de Miami. Les Falics, qui possèdent la chaîne de boutiques hors taxes Duty Free Americas, ont fait leur fortune en tant qu’anciens propriétaires de la maison de haute couture Christian Lacroix. Par divers membres de la famille, les Falics ont apporté près de la moitié des contributions à la campagne de Netanyahou, soit environ 42 000 dollars.

Les registres officiels aux Etats Unis montrent que la famille Falic contribue financièrement de longue date en faveur du Parti Républicain, avec plus de 100 000 dollars pour les candidats républicains cette année, dont 20 000 dollars pour la campagne de Romney. La famille Falic a aussi donné de l’argent à des organisations pour la colonisation, dont certaines qui organisent pour les Américains des visites des colonies juives en Cisjordanie

Un membre de la famille Falic que nous avons pu joindre à Miami a refusé de s’exprimer, tout comme la campagne de Romney.

Un porte parole de Netanyahou a refusé de parler des sources de financement su premier ministre, mais un ancien collaborateur de Netanyahou, qui s’est exprimé pour McClatchy sous condition d’anonymat parce qu’il est toujours impliqué dans la vie politique, explique que le premier ministre considère que les Etats unis sont «un lieu naturel pour récolter des fonds.»

«Netanyahou a toujours été accueilli à bras ouvert aux Etats Unis. Les gens, les donateurs là bas ne pouvaient jamais lui donner assez,» explique cet ancien collaborateur.

Dans le cours de campagne présidentielle aux Etats Unis, Netanyahou a été critiqué pour avoir  semblé préférer Romney à Obama. Si les responsables de la campagne Romney ont dit clairement n’avoir pas cherché à obtenir le soutien du premier ministre, des organisations pro-israéliennes ont diffusé des spots dans des swing states comme la Floride pour affirmer que Romney à la Maison Blanche serait mieux pour l’Etat d’Israël.

 «C’est un message clair de notre part à nous ici en Israël que Romney est mieux pour l’Etat d’Israël et que sa relation avec Netanyahou serait certainement une amitié plus naturelle,» déclare Kory Bardash du groupe Israël des Républicains à l’Etranger

Dans des interviews, des représentants de Netanyahou ont relevé qu’il n’était pas intéressé à s’immiscer dans la politique partisane aux Etats Unis. Sa liste de donateurs ne comporte cependant que deux familles qui ont donné de l’argent à la fois au Parti Démocrate et à Netanyahou.

 «Il semble un peu étrange de voir que ses contributeurs soient surtout dans un camp,» observe Beniyahu qui a parlé à McClatchy pendant sa pause repas avec trois de ses collègues de travail à Tel Aviv.

 « J’imagine que ça montre quelque chose comme une préférence pour un parti sur un autre, » déclare Michael Cohen, un des collègues de Beniyahu. «Certaines personnes seront peut-être gênées parce que maintenant c’est comme s’il devait quelque chose aux Républicains… Mais la plupart des gens s’en fichent»

David Lightman a contribué à ce article depuis Washington.