Affichage des articles dont le libellé est Fatah. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Fatah. Afficher tous les articles

vendredi 18 juillet 2014

Pourquoi le Hamas tire-t-il ces roquettes?

Par sadomasochisme doit-on comprendre à l'écoute de la majorité des commentateurs qu'on entend à la télévision ou à la radio. Sinon comment expliquer le fait de s'exposer ainsi au déchaînement de la violence sioniste ? Les Palestiniens sont méchants, peut-être même antisémites, mais aiment aussi souffrir et voir leurs enfants mourir sous leurs yeux.
A moins de l'expliquer par le contexte politique et économique dans lequel se trouve la Palestine en général et la bande de Gaza tout particulièrement.
The Economist expose ce qu'il considère, à juste raison me semble-t-il, être la logique qui sous-tend l'action du Hamas.
Et on comprend bien, à la lecture de cet article, que ce sont les Palestiniens qui se défendent contre les agressions sionistes, et certainement pas le contraire.
Et que la démarche du Hamas est purement politique, avec des objectifs conformes au droit et cherchant à impliquer les instances de l'ONU.
A comparer avec celle des terroristes sionistes.

NB : les articles de The Economist ne sont en général pas signés

Pourquoi le Hamas tire ces roquettes

Le Hamas veut deux consessions importantes qu'il risque ne pas obtenir
The Economist (UK) 19 juillet 2014 traduit de l'anglais par Djazaïri

Beaucoup d'habitants de Gaza, pas seulement leurs dirigeants du Hamas, pensent qu'ils n'ont pas grand chose à perdre à poursuivre le combat. Pour une bonne raison, l'attention s'est à nouveau portée sur eux depuis le début de la campagne militaire israélienne ce mois-ci. Aux yeux des gens de Gaza, le Hamas profite de la violence parce que le monde extérieur peut, conséquence le sinistre publicité qui résulte de l'effusion de sang, se sentir obligé de reprendre en considération ses revendications. Cette semaine, le Hamas a publié un plan en dix points. Un cessez-le-feu, suggérait ce plan, devrait être suivi d'une trêve de dix ans. Parmi ses exigences essentielles, figurent la levée du siège de Gaza et la libération des prisonniers. Le port maritime et l'aéroport seraient rouverts sous supervision de l'ONU.
Inauguré en 1998, l'aéroport de Gaza a été en grande partie rasé puis bombardé par les sionistes
Inauguré en 1998, l'aéroport de Gaza a été en grande partie rasé avant d'être bombardé par les sionistes en 2001
Après le derniers gros effort israélien pour arrêter les tirs de roquettes en novembre 2012, il y avait eu accord pour que, à côté du cessez-le-feu, le blocus de Gaza soit levé progressivement  et que les points de passage vers l'Egypte et Israël seraient rouverts. Le cessez-le-feu avait tenu dans l'ensemble mais le siège s'est poursuivi. De leur point de vue, les habitants de Gaza sont restés enfermés de manière cruelle dans une prison à ciel ouvert. Les tirs de roquettes, font valoir nombre d'entre eux, sont la seule manière à leur disposition pour protester alors même qu'ils savent que les Israéliens se feront un devoir de les punir de temps en temps.
Plus récemment, disent les Gazaouis, les Israéliens sous la direction de Benjamin Netanyahou ont montré leur détermination à détruire le gouvernement palestinien d'unité nationale formé dans un esprit de paix approuvé par le Hamas et le Fatah, le parti plus modéré dirigé par Mahmoud Abbas, après l'échec des discussions entre M. Abbas et M. Netanyahou sous l'égide des Etats Unis. Le gouvernement israélien avait fait clairement savoir qu'il ne discuterait jamais avec un gouvernement soutenu par le Hamas, même si l'Amérique l'avait prudemment salué. Il a alors tout fait, disent les Palestiniens, pour le faire capoter [le gouvernement d'union].
Entre autres choses, le gouvernement de M. Netanyahou a empêché M. Abbas de réaffirmer son autorité sur Gaza dans le cadre de l'accord d'union – et de payer les salaires des fonctionnaires du Hamas là-bas.
En fait, M. Abbas est apparu encore plus faible que d'habitude pendant l'opération Bordure de Protection : il ne pouvait pas, en tant que leader engagé en faveur de la paix, applaudir aux roquettes du Hamas. Pourtant, ses appels à la retenue des deux côtés n'ont eu pour l'instant que peu d'effet.
Les griefs du Hamas au sujet des prisonniers ont un impact émotionnel très fort chez les Palestiniens où qu'ils se trouvent. Après l'enlèvement le 12 juin en Cisjordanie de trois étudiants israéliens retrouvés ensuite assassinés, les forces de sécurité israéliennes ont raflé plus de 500 membres du Hamas, en dépit du fait que ce mouvement n'avait pas revendiqué le crime. L'augmentation du nombre de tirs de roquettes avait en partie pour but de protester contre la rafle de prisonniers. Tout cessez-le-feu, dit le Hamas, doit inclure la libération au moins de ceux qui ont été arrêtés le mois dernier.

jeudi 17 juillet 2014

Quelques notes et photos sur le rassemblement pour Gaza qui s'est tenu le 16 juillet à Lyon

Hier a eu lieu à Lyon un deuxième rassemblement de solidarité avec Gaza assiégée et bombardée par les terroristes sionistes.  Ce rassemblement qui a commencé à 18h se tenait place des Terreaux au pied de l'Hôtel de Ville.

Plusieurs centaines de personnes étaient présentes, on était loin des milliers du rassemblement précédent. On peut imputer ce relativement faible effectif à l'heure tardive et à la chaleur pesante de nature à dissuader une partie des jeûneurs en ce mois de Ramadan.

Ou encore aux images de la manifestation parisienne où on a pu voir des casseurs sionistes agresser des manifestants pro-palestiniens sous les yeux et semble-t-il avec l'aval de la police. De fait, aucun de ces casseurs miliciens affiliés à la Ligue de Défense Juive n'a été interpellé. C'est au contraire dans les rangs des agressés que la police a procédé à des arrestations, une des personnes arrêtées ayant même été condamnée à quatre mois de prison ferme.



Il y avait sans doute autre chose qui a à voir avec des divergences entre les organisations qui forment l'ossature du Collectif 69 et une partie des sympathisants de la cause palestinienne qui récusent le terme de guerre pour décrire l'agression contre une population dépourvue d'armée et de refuge où fuir  perpétrée par un régime sioniste, doté d'une armée moderne dont la puissance de feu dans le domaine aérien et terrestre se compare à celle de pays comme le Royaume Uni ou la France.

Il y a aussi cette irritation devant le fait que le droit des Palestiniens à se défendre n'est pas clairement affirmé par des associations membres d'un Collectif, sauf tout le respect que je leur dois, mais dont les difficultés de positionnement renvoient à la division des Palestiniens, avec en gros le Hamas d'une part et le Fatah d'autre part.

Dans cette affaire, il vaudrait sans doute mieux s'en tenir aux principes, qui sont ceux de l'autodétermination et du droit des peuples à disposer d'eux-mêmes. Un droit auquel malheureusement l'OLP a largement renoncé le jour où feu Yasser Arafat a déclaré que la Charte de l'OLP était caduque.



Il faut pourtant relire cette charte  pour s'apercevoir qu'elle reste d'actualité et que si par malheur elle devenait vraiment caduque (ou si elle était abrogée, ce qui n'est pas le cas), les Juifs ou prétendus tels n'auraient strictement aucun avenir au Proche Orient.

Revenons à la manifestation elle-même. Le journal Le Progrès a couvert cet événement et en rend compte dans l'article reproduit ci-dessous:
Le Progrès - 17 juillet 2014
Le Progrès - 17 juillet 2014
La coupure que j'évoquais entre les différentes catégories de sympathisants de la cause palestinienne est bien apparue hier. On l'a constatée par exemple au moment de la prise de parole de l'avocat lyonnais Gilles Devers qui a eu bien du mal à réajuster son propos devant des auditeurs qui attendent une prise de parole non seulement sur le registre juridique et humanitaire mais surtout sur le registre politique.

On l'a constaté aussi avec ce qui est relaté dans l'article de presse avec le départ d'une partie de l'assemblée qui a improvisé un défilé vers la place Bellecour puis la place Gabriel Péri (place du Pont) sur la rive gauche du Rhône (la place des Terreaux est rive droite). Pour ceux qui ne connaissent pas Lyon, la place du Pont, c'est un peu l'équivalent de Barbès à Paris.

J'étais avec un de mes frères et ni lui, ni moi ne nous étions aperçus de la formation de cette manifestation spontanée. C'est sur le chemin du retour, à hauteur de la rue de la Barre, qu'une jeune femme nous a interrogés sur la manifestation place Bellecour. Comme nous écarquillions les yeux, elle nous a dit que les manifestants avaient des emblèmes comme celui qu'arborait mon frère. Nous avons alors décidé d'aller voir et c'est là que nous avons croisé des jeunes gens qui se dirigeaient vers le pont de la Guillotière. Des policiers à pied, en deux roues et en voiture les suivaient de près.

Nous les avons donc suivis mais il faut dire qu'ils allaient très vite et comme nous avions fait la connaissance d'un monsieur bien dans la cinquantaine, nous avons traîné un peu et nous les avons perdus de vue alors qu'ils s'étaient engagés dans la rue Paul Bert.

En revenant vers le Cours Gambetta et la place Gabriel Péri, nous avons pu voir pas mal de véhicules de police ainsi que des policiers à moto positionnés sur l'important carrefour formé par le Cours Gambetta,la rue Paul Bert, la rue de Marseille et la Grande rue de la Guillotière.
Les policiers étaient interpellés par des jeunes, debout ou assis à une terrasse de café (mais sans café cause jeûne du mois de Ramadan) qui leur lançaient des cris d'animaux, genre cris de volaille quoique je n'ai pas pu vraiment distinguer précisément compte tenu du bruit ambiant dans ce secteur où la circulation est importante et où une masse humaine est engagée dans une foule de conversations.

Ces jeunes signifiaient simplement aux policiers que ce qui s'était passé à Paris avec la passivité/complicité des forces de l'ordre devant les casseurs de la Ligue de Défense Juive ne leur avait pas échappé.

De fait, on peut se dire que si Manuel Valls, Bernard Cazeneuve et Christiane Taubira avaient eu l'intention de discréditer pèle-mêle l'Etat français, la police et la justice françaises, ils ne s'y seraient pas pris autrement que ce qu'ils ont donné à voir dimanche dernier.
Allez, quelques photos d'hier (malheureusement j'an ai raté beaucoup, ça m'apprendra à changer d'appareil au dernier moment).
J'arrivé à 17 h 40, en retard à cause d'un ralentissement dû à un accident sur l'autoroute
J'arrive par la rue Joseph Serlin à 17 h 40, en retard à cause d'un ralentissement dû à un accident sur l'autoroute
Le rassemblement se tenais devant l'Hôtel de Ville deLyon
Le rassemblement se tenait devant l'Hôtel de Ville deLyon


L'ambiance est pacifique mais l'indignation et la colères sont très présentes
L'ambiance est pacifique mais l'indignation et la colères sont palpables
Que faisaient-ils là?
Que faisaient-ils là?
Sur ce cliché, on voit au premier plan une personne enveloppée dans le drapeau du Conseil National Syrien, qui prétend encore représenter une alternative à Bachar al-Assad . Au fond, face au portail de la mairie, on voit flotter l'emblème de l'Etat islamique en Irak et au Levant. Le porteur de ce drapeau était seul, je ne suis pas parvenu à décider si c'était un Maghrébin ou un autre type d'arabe  ou encore un Européen. Ce qui est sûr, c'est qu'il a bien arboré son drapeau pour que tout un chacun puisse le voir, puis il est parti discrètement, seul.
Prise de parle de Me Gilles Devers
Prise de parole de Me Gilles Devers
Un autre plan sur Me Gilles Devers
Un autre plan sur Me Gilles Devers
Le Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA) était présent
Le Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA) était présent
Cette militante a un rôle très important depuis quelques années mais je ne sais toujours pas qui c'est!
Cette militante  qui prend la parolea un rôle très important depuis quelques années mais je ne sais toujours pas qui c'est! Son discours fait mouche!
Elle est floue mais je l'aime bien quand même
Elle est floue mais je l'aime bien quand même
Une inscription qui traduit bien les sentiments de beaucoup
Une inscription qui traduit bien les sentiments de beaucoup
pont_guillotière[1]
18h40, ça bouchonne rue de la Barre et Pont de la Guillotière à cause du déploiement policier
Les jeunes de la manifestation improvisée place Bellecour se dirigent vers le Pont de la Guillotière
Les jeunes de la manifestation improvisée place Bellecour se dirigent vers le Pont de la Guillotière

Le gros de la troupe arrive
Le gros de la troupe arrive
Même les traînardes ont finalement été plus rapides que nous
Même les traînardes ont finalement été plus rapides que nous
La police escorte les manifestants
La police escorte les manifestants
Le gros des forces de police  positionnées en arrière de la manifestation
Le gros des forces de police positionnées en arrière de la manifestation
Cours Gambette direction Place Dupont
Cours Gambetta direction Place  du Pont
Entrée de la rue Paul Bert. La plupart des gens sont des chalands, la rue Paul Bert est extrêmement fréquentée pendant Ramadan
Entrée de la rue Paul Bert. La plupart des gens sont des chalands, la rue Paul Bert est extrêmement fréquentée pendant Ramadan

Motards de la police à l'entrée de la rue Paul Bert
Motards de la police à l'entrée de la rue Paul Bert
Motards de la police au carrefour rue de Marseille - Cours Gambetta
Motards de la police au carrefour rue de Marseille - Cours Gambetta
De nombreux véhicules de police arrivent dans le secteur de la place Gabriel Péri On voit que deux d'entre eux étaient déjà stationnés sur l'es voies en sens inverse du Cours Gambetta. Un de ces véhicules est stationné à contresens.
De nombreux véhicules de police arrivent dans le secteur de la place Gabriel Péri On voit que deux d'entre eux étaient déjà stationnés sur l'es voies en sens inverse du Cours Gambetta. Un de ces véhicules est stationné à contresens.

jeudi 10 juillet 2014

Gaza, la violence et le mensonge signent l'échec stratégique du régime sioniste

Les tueurs sionistes de déchaînent en ce moment contre la bande de Gaza assiégée. A côté des morts et des destructions causés par l'aviation et les soldats sionistes, l'opinion publique a droit aux mensonges habituels servis par une presse qui redouble d'ingéniosité pour garder un vernis de pseudo- neutralité, si ce n'est d'objectivité.
Les politiques se comportent d'une façon guère plus digne ainsi qu'on a pu le constater à la lecture du communiqué de l'Elysée qui donne la position officielle de François Hollande sur les événements en cours en Palestine occupée :
Le Président de la République a eu ce soir un entretien téléphonique avec le Premier ministre israélien, Benyamin NETANYAHOU. Il lui a exprimé la solidarité de la France face aux tirs de roquettes en provenance de Gaza. Il lui a rappelé que la France condamne fermement ces agressions. Il appartient au gouvernement israélien de prendre toutes les mesures pour protéger sa population face aux menaces.
Le Président de la République (anciennement française, note de Djazaïri) rappelle la nécessité de prévenir l’escalade des violences.
Après ses indécentes déclarations d'amour au régime sioniste et aux ordures qui la gouvernent, on ne saurait être surpris.
François Hollande chante son amour pour Sion
François Hollande chante son amour pour Sion
Pourtant, l'agression décidée par le régime sioniste contre Gaza repose sur un mensonge [comme l'Etat prétendu juif lui-même, soit dit en passant]. C'est ce qu'explique fort bien à mon sens Daoud Kuttab dans les colonnes du Jordan Times. Kuttab met en effet en relation l'accès de violence du régime sioniste avec des développements politiques significatifs dans la région : l'accord de réconciliation entre le Hamas et le Fatah d'une part, et la crise au niveau de la coalition qui gouverne à Tel Aviv avec la surenchère belliciste d'Avigdor Lieberman et ses menaces de rompre son alliance avec le Likoud, menace qu'il vient effectivement de mettre à exécution.
Daoud Kuttab
Daoud Kuttab
Un autre aspect plus lié à l'escalade militaire qu'au déclenchement des opérations elles-mêmes tient au fait que l'Egypte n'est plus disposée à assurer l'intermédiation entre le Hams et le gang sioniste du fait, selon Kuttab, que les autorités sionistes ont failli à leur engagement de ne pas recapturer des Palestiniens qui avaient été libérés dans le cadre de l'échange avec Gilad Shalit, une des ondiitions pour lesquelles l'Egypte avait apporté sa garantie.
Sans doute, mais il n'est pas sûr non plus que le régime militaire égyptien ait vraiment envie de venir en aide à un parti, le Hamas, qui fait partie de la mouvance des Frères Musulmans et qui était très proche de Mohamed Morsi, le président égyptien membre de la confrérie et qui a été renversé par le maréchal Abdel Fattah al-Sissi, l'actuel raïs égyptien.
In fine, Daoud Kuttab nous dit que le régime sioniste se retrouve dans une impasse stratégique que ses accès violents ne sauraient dissimuler aux observateurs avertis.  Sur ce sujet, on lira ou relira utilement cet article de 2012 signé John Mearsheimer sur l'échec stratégique des autorités sionistes.
En voyant ce genre de carte (parue dans un média de San Diego aux USA, on a l'impression que les Palestiniens ont une puissance de feu supérieure à celle des sionistes
Sur ce genre de carte,(parue dans un média de San Diego aux USA,  on a presque l'impression à première vue  que les Palestiniens ont une puissance de feu supérieure à celle des sionistes

par Daoud Kuttab, Jordan Times (Jordanie) 09 juillet 2014 traduit de l'anglais par Djazaïri
Lorsque trois Israéliens ont disparu il y a trois semaines, et avant l'ombre d'une preuve, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou a décidé de son propre chef d'en imputer la responsabilité au mouvement islamiste Hamas. Lui et ses acolytes politiques et militaires ont persévéré dans cette fabrication en arrêtant des centaines de militants du Hamas et des parlementaires élus pro-Hamas et en bombardant les bureaux du Hamas à Gaza. Des Palestiniens libérés dans l'échange de prisonniers avec Gilad Shalit, qui était garanti par les Egyptiens, ont également été raflés dans le but de faire pression sur le Hamas.
Priés de présenter des preuves, les Israéliens ont donné les noms de deux militants du Hamas pour le simple fait qu'ils n'étaient pas chez eux quand des soldats israéliens sont venus pour les arrêter. La théorie voulait alors que la disparition de Marwan Qawasmeh et Amer Abu Aisha n'était rien d'autre qu'une preuve flagrante que ces militants du Hamas étaient certainement les auteurs de l'enlèvement des Israéliens. Sans s'embarrasser d'autres pruves, Israël a démoli les maisons des deux Palestiniens disparus. En outre, les services d'action psychologique israéliens ont lancé une campagne médiatique (en se servant de journalistes amis) pour diffamer le clan Qawamesh fort de 10 000 membres, fabriquant toute une histoire sur une « famille hors-la-loi. »
L'accusation contre le Hamas avait à l'évidence de'autres motifs qu'Israël n'a pas tardé à faire connaître. Le but de l'accusation et de l'arrestation des deux membres du Hamas était rien moins que de faire pression sur le président palestinien Mahmoud Abbas pour qu'il abroge l'accord de réconciliation avec la direction du Hamas basée à Gaza.
Le problème avec les mensonges et les fabrications est que la vérité vient parfois interférer. Israël lui-même a depuis annoncé l'arrestation de Palestiniens de Hébron qu'il accuse d'être derrière l'enlèvement des trois Israéliens et ce ne sont pas les deux noms du Hamas exhibés aux médias comme étant derrière cet acte pour lequel leurs maisons ont été détruites. Par ailleurs, Israël a concédé que si certains éléments locaux du Hamas à Hébron pourraient se révéler être derrière les enlèvements, il n'y a aucune preuve de l'implication de la direction du Hamas à Gaza ou hors de Gazza. Le refus de Khaled Mishaal, le chef du Hamas, de condamner le triple enlèvement était une raison suffisante, du point de vue israélien, pour maintenir la pression sur le mouvement islamiste.
La guerre est souvent créée à la fois dans l'espace public et à huis clos. Ayant créé une énorme campagne d'opinion contre le Hamas, quoique sur la base de fausses accusations, le débat sur la guerre a ensuite été transféré au conseil de guerre. La discussion dans le cabinet israélien restreint qui décide sur les grandes questions de sécurité est vite devenue politicienne. La guerre des mots entre Netanyahou et son ministre des affaires étrangères Avigdor Lieberman se révèle être un cas typique de surenchère. Lieberman, dont la parti Yisrael Beiteinu forme une coalition avec le Likoud cherchait apparemment une bonne raison d'abandonner ce partenariat. Accusant le premier ministre israélien d'être trop mou avec le Hamas à Gaza, Lieberman a mis fin à la coalition Likoud – Beiteinu tout en continuant à critiquer publiquement Netanyahou pour son refus de prendre une position forte sur le Hamas et pour ne pas avoir stoppé les tirs de projectiles depuis Gaza sur le sud d'Israël.
Le problème avec la guerre en cours contre Gaza, c'est que les Israéliens ont perdu leurs canaux de communication avec les dirigeants du Hamas. Récemment encore, Israël n'avait as été mécontent de voir les Egyptiens intercéder et si nécessaire garantir tout accord de cessez-le-feu. C'était pendant la présidence de Mohamed Morsi et ce cessez-le-feu avait dans l'ensemble tenu jusque récemment. Mais les Egyptiens ne sont plus en mesure d'apporter une aide parce que les Israéliens ont trahi leur engagement de pas ré-arrêter des Palestiniens qui avaient été libérés dans l'échange contre Shalit. Les Israéliens ne peuvent pas non plus recourir aux bons offices d'Abbas, étant deonné qu'ils ne veulent pas qu'il renforce son accord le Hamas mais qu'il l'abroge. Toute intercession réusssie par Ramallah pour stopper la guerre contre Gaza viendra rétablir le capital politique d'Abbas et cimenter la'accord de réconciliation [entre le Hamas et le Fatah, NdT]. Il est évident que le gouvernement israélien ne veut ni de l'un, ni de l'autre. Il veut un Abbas faible et la dissolution de l'accord entre le Fatah et le Hamas.
Cette guerre est basée sur un mensonge et l'opinion publique le saura certainement tôt ou tard. De la même manière qu'Israël a été confondu pour son mensonge du fait qu'il savait dès le premier jour que les autostoppeurs israéliens avaient été tués. Le mensonge au sujet du Hamas sera révélé tôt ou tard. La seule question est combien de Palestiniens et d'Israéliens devront souffrir pendant tous le temps où ce mensonge sera considéré comme une vérité.

samedi 31 janvier 2009

La collaboration du Fatah à l'agression sioniste

A Gaza, des ONG dénoncent la répression du Hamas, nous apprend le journal Le Monde daté du 30 janvier. Et il semble bien que le Hamas ait fait preuve d’une brutalité extrême à l’encontre de membres du Fatah, principale composante de l’Autorité Palestinienne dirigée (?) par Abou Mazen.
C’est de cela que rend compte l’article du Monde qui cite des témoignages et des déclarations d’organisations palestiniennes pour les droits de l’Homme.
Si ces condamnations sont nécessaires, il importe de situer l’action des militants du Hamas dans le contexte de l’agression sioniste avec ses bombardements quasi incessants d’artillerie, terrestre ou de marine, ses raids aériens et l’action de ses unités d’infanterie.
Ce sont ces éléments de contexte qui manquent dans l’article du Monde. Et justement, un article du journal espagnol El pais nous fournit ces éléments de contexte. S’il stigmatise en termes moraux le comportement des membres du Hamas à l’encontre des partisans du Fatah, il nous donne un singulier aperçu des agissements d’au moins une partie d’entre eux, agissements qu’on ne peut appeler autrement que collaboration active avec l’ennemi en temps de guerre.
D’où parfois une « justice » expéditive mais aussi des militants du Fatah tués après avoir ouvert le feu sur des membres du Hamas. De ce point de vue, la façon de faire des militants du Hamas n’est en rien une
nouveauté parmi les mouvements de résistance confrontés à un ennemi impitoyable.
C’est tout ceci qu’évoque d’une manière assez détaillée l’article ci-dessous qui montre à quel point le Fatah est désormais discrédité et fait plus partie du problème que de la solution pour la Palestine, même si des militants du Fatah ont effectivement pris les armes pour lutter contre l'agression sioniste.

L’autre sale guerre de Gaza
Le Hamas a tué une centaine de présumés collaborateurs du Fatah
Par Juan Miguel MUÑOZ - Gaza – El Pais (Espagne) le 23/01/2009 traduit de l’espagnol par Djazaïri

C’est un mélange de revanche, de division politique abyssale entre Palestiniens, de haines, d’intérêts personnels et d’instincts les plus primaires. Pendant les 23 jours qu’a duré le déchaînement incessant d’Israël contre Gaza, le Hamas et le Fatah ont réglé leurs comptes au milieu du chaos.
Une guerre extrêmement sale. Tandis que les combattants tiraient des roquettes, des dizaines de collaborateurs d’Israël informaient l’armée de ce pays sur des objectifs à atteindre. Il est certain que de nombreuses personnes sont mortes à cause de cette aide à l’ennemi. Mais la réaction de la milice islamiste a été dure et brutale. Plus d’une centaine de membres de cette cinquième colonne ont été exécutés.

Le 1er janvier, date anniversaire de la création du Fatah, plusieurs centaines de ses membres sont sortis dans les rues. Certains distribuaient des caramels – manière traditionnelle de fêter une bonne nouvelle – pour signifier la bienvenue des bombardements de l’aviation israélienne. Masleh Reqab, professeur d’économie à Khan Younès, assure que « des membres du Fatah exilés en Egypte téléphonaient à leurs familles pour leur annoncer qu’ils rentreraient à Gaza d’ici trois ou quatre jours. » On en était seulement au cinquième jour des affrontements et beaucoup parmi eux pensaient que le Hamas ne résisterait pas à des bombardements aussi violents. Mais le Hamas a tenu bon.
Dans quelques quartiers de Gaza, les partisans de Fatah ont tenté de contrôler les rues par la force des armes. Les policiers du gouvernement Hamas] n’ont jamais cessé de patrouiller, mais sans les uniformes blancs qui en faisaient des cibles faciles pour les hélicoptères et les avions israéliens. Leur objectif était d’empêcher le renforcement des membres armés du parti du président Palestinien Mahmoud Abbas. Et aussi les pillages parce que les portes de centaines de magasins avaient été soufflées par les bombes et qu’ainsi les marchandises étaient à la portée de n’importe quel voleur. Cependant, la tenue civile des policiers a accru le désordre.

Le Hamas n’a pas pour habitude d’être clément quand il est question de soutien à l’ennemi sioniste. Les tirs dans les jambes des collaborateurs, considérés comme des traîtres absolus par les fondamentalistes ont été fréquents pendant ces jours d’anarchie. «Il y avait des hommes qui apparaissaient soudain avec une charrette pour vendre des fruits secs et espionner la maison d’un dirigeant du Hamas. D’autres s’en retournaient sans dommages aucuns dans des secteurs où les militaires Israéliens étaient déjà déployés. « Il est pratiquement impossible qu’ils n’aient pas apporté une aide à l’ennemi, » affirme une source proche du mouvement islamiste. Une bonne partie d’entre eux s’est retrouvée derrière les barreaux, mais à beaucoup d’autres, plus téméraires, il est arrivé bien pire.
« Des collaborateurs ont été pris en flagrant délit en train de tirer sur des combattants du Hamas pendant la guerre. Ceux là ont été tués immédiatement. Les miliciens en ont exécuté plus d’une centaine. Certains, déjà bien connus, ont été assignés à résidence chez eux avec l’avertissement qu’on leur tirerait dessus s’ils quittaient leurs domiciles, » ajoute la même source.

Ehab el Ghosein, porte parole du ministère de l’intérieur, ne confirme ni ne dément. « Nous avons arrêté, » a-t-il affirmé hier, « de nombreuses personnes pour collaboration avec Israël. Ces dizaines de personnes sont en cours d’interrogatoire. Les tuer est illégal, même s’il s’agit de collaborateurs. Mais des événements se sont produits à la faveur de ces jours de confusion. » El Ghosein indique que le ministre de l’intérieur et Saïd Siam, un des chefs de la direction du Hamas, ont pu être victimes de certains de ces collaborateurs. « Une enquête est en cours, » précise-t-il.

Pendant ces journées de guerre, les dirigeants du Hamas n’ont pas disparu dans une clandestinité absolue. On pouvait en voir beaucoup à la télévision, assistant à des funérailles. Ce qui a pu faciliter le travail de ceux qui ont désigné l’emplacement de la maison ou Siam, tenant de la ligne dure du Hamas, se réunissait avec d’autres chefs de son parti. Dans certains cas, les collaborateurs ont disposé d’appareils dotés d’un signal laser pour désigner le bâtiment que détruisaient ensuite les avions israéliens.

C’est une vieille histoire qui remonte aux années 1990. Et dans la lutte sanglante pour le pouvoir que se livrèrent le Fatah et le Hamas pendant un an, jusqu’en juin 2007, lorsque les islamistes prirent le pouvoir à Gaza, il y eut également de nombreuses tentatives d’assassinat de militants du Hamas, dont le premier ministre Ismaïl Haniyeh, qui fut l’objet d’au moins deux tentatives de meurtre. Les affrontements avaient atteint une violence inouïe en ces jours de juin. Et avec des vengeances des uns contre les autres au cours desquelles le sang coula abondamment.

vendredi 30 janvier 2009

Moi, bouclier humain du Hamas

Non, ce n'est pas le hamas qui utilise des civils comme boucliers humains. Ce sont en réalité les sionistes qui sont adeptes de cette pratique et l'exemple proposé ci-dessous vient encore documenter ce fait attesté par ailleurs.
Ce témoignage d'un protagoniste involontaire des combats dans la bande de gaza est instructif. Il nous rappelle la disproportion de force entre d'une part des terroristes sionistes équipés entre autres d'artillerie et d'hélicoptères dotés de missiles et, d'autre part les résistants Palestiniens essentiellement équipés d'armes légères.
Le témoin -bouclier humain qui rapporte la mort de trois militants du Hamas nous permet de constater l'ampleur des moyens mis en oeuvre pour éliminer trois jeunes combattants assiégés. Et la manière dont ils seront finalement tués, enterrés vivants dans une maison rasée par un bulldozer.
Je ne sais pas si les Nazis utilisaient ce genre de méthodes. Je ne crois pas.
Par témoin-bouclier humain interposé, The Independent veut nous faire comprendre que les militants du hams avaient eu tort de se retrancher dans un secteur civil. Oui, les militants du Hamas devraient faire la guerre comme au XIXème siècle, se mettre en ligne sur un champ découvert face aux gangsters sionistes et les canarder à coup d'artillerie, de F16 et de blindés (et vice-versa).
Le problème est que le Hamas n'a ni blindés, ni avions, ni artillerie. C'est-à-dire qu'il faudrait que les membres du Hamas se suicident (ce qui, du point de vue sioniste serait la moindre des choses car, selon eux, les militants du Hamas n'aiment que la mort alors que les sionistes aiment la vie).
Et ce ne sont certainement pas les militants du Hamas qui sont en mesure de choisir le lieu des combats; ce lieu leur a été imposé, c'est la prison dans laquelle sont concentrés plus d'un million de Palestiniens.
s
Moi, bouclier humain terrorisé : l’histoire de Majdi Abed Rabbo
par Donald McIntyre à Jabalya, Gaza The Independent (UK) 30 janvier 2009 traduit de l’anglais par Djazaïri

Alors que la bataille faisait rage dans Gaza, des soldats israéliens ont forcé Majdi Abed Rabbo à risquer sa vie en tant qu'intermédiaire dans leur chasse contre trois combattants de Hamas. Voici son histoire…

Après une autre fusillade intense de 45 minutes, Majdi Abed Rabbo s’est vu ordonner une fois de plus de négocier un trajet dangereux à travers le toit déjà sérieusement endommagé de sa maison, passant par une béance dans le mur avant de descendre lentement vers le premier étage de la maison mitoyenne en ruines. Ne sachant pas si les hommes étaient morts ou vivants, il cria pour la deuxième fois ce jour là : « Je suis Majdi. N’ayez pas peur. »

Les trois hommes –munis de fusils Kalachnikov AK-47, en tenues camouflées et portant des bandeaux marqués de l’insigne des brigades Izzedine el Qassam – étaient toujours vivants, mais l’un d’entre eux, sévèrement blessé, persuada M. Abed Rabbo de serrer son bandage improvisé autour de son bras droit. Le plus jeune, 21 ans peut-être – se tenait à couvert derrière une pièce de maçonnerie effondrée d’où il pouvait voir les soldats Israéliens qui avaient envoyé le visiteur. M. Abed Rabbo leur dit avec nervosité : « Ils m’ont renvoyé pour que je puisse récupérer vos armes. Ils m’ont dit que vous étiez morts. » C’est le plus jeune qui lui a répondu d’un ton plein de défi : « Dis à l’officier, ‘viens ici si tu es un homme.’’

Quand les soldats sont arrivés vers 22h, M. Abed Rabbo, 40 ans, ne soupçonnait pas que pendant les prochaines 24 heures il ferait quatre voyages à rendre cardiaque, à faire la navette sur un terrain de plus en plus dangereux entre les forces israéliennes et trois militants du Hamas, assiégés mais déterminés, qui étaient devenus ses nouveaux et gênants voisins. Il se rappellera de tous les détails d’un épisode qui, dans son récit, s’approche de ce qu’il y a de plus mélodramatique dans le genre film de guerre, mais qui était bien trop réel pour un homme qui, à la fin, a perdu sa maison et a cru (à tort) avoir perdu son épouse et ses enfants. Il a aussi été aux premières loges pour assister aux derniers moments de la résistance des hommes des brigades Qassam devant les attaques incessants de l’infanterie israélienne et les tirs d’hélicoptère Apache.

Aucun civil n’a été tué dans cet épisode, comme cela é été trop souvent le cas pendant l’opération « plomb durci. » Par contre, il offre un rare aperçu détaillé d’un véritable engagement entre l’armée israélienne et des combattants du Hamas. Et s’il contribue à conforter l’affirmation d’Israël selon laquelle le Hamas opère dans des zones civiles bâties, il donne également à comprendre que ses propres commandants étaient prêts a utiliser des civils comme boucliers humains pour protéger les troupes israéliennes.
Bien sûr, c’est la version des événements par un homme. Mais comme les soldats l’ont découvert plus tard après vérification, M. Abed Rabbo est un ancien membre des services de renseignements contrôlés par le Fatah et qui reste salarié de l’Autorité Palestinienne à Ramallah. Il pense que les miliciens du Hamas n’avaient pas le droit de se trouver dans la maison d’à côté. Mais il objecte fermement à son utilisation par les militaires Israéliens. « J’aurais pu être tué, » dit-il.

Les soldats étaient arrivés le 5 janvier, au deuxième jour de leur offensive terrestre, avec un Palestinien dont il connaissait seulement le patronyme, Daher. Après lui avoir dit d’enlever son pantalon et de remonter sa chemise afin de s’assurer qu’il n’était pas armé, les soldats lui dirent de faire sortir sa femme, Wijdan, 39 ans, et sa famille. Ensuite, avec M. Abed Rabbo, escorté sous la menace des armes par trois soldats, sa famille restant dans la cour, les soldats fouillèrent la maison de fond en comble. Le soldat arabophone assigné à M. Abed Rabbo lui posa alors des questions sur la maison mitoyenne. Il leur dit qu’il pensait qu’elle était vide. Alors, dit-il, un des soldats un gros marteau avec lequel ils dirent à M. Abed Rabbo de faire un trou dans le mur entre les deux toits qui donnent sur les logements du dessous.
Un officier arriva et ordonna la fouille de la maison d’à côté. L’officier avança en premier, descendant les escaliers avec précaution en se tenant sur le côté avec son fusil M16 pointé vers le bas, suivi de M. Abed Rabbo et des soldats qui lui pointaient leurs fusils dans le dos. Tout à coup, l’officier s’est retourné et a commencé à crier un ordre à ses hommes. « Nous sommes remontés. Les soldats me tiraient et je suis tombé deux fois, » déclare M. Abed Rabbo. « Nous sommes revenus sur le toit de ma maison. » Ce qu’avait entrevu l’officier devint évident quand les soldats, désormais en alerte maximale et hors de la cour de la maison de M. Abed Rabbo, se sont soudain trouvés sous le feu. Il fut emmené de l’autre côté de la rue dans une mosquée déjà pleine de soldats où on le ligota et le fit asseoir. Après 15 minutes de silence, les militants du Hamas rouvrirent le feu. « Les soldats prirent position aux fenêtres de la mosquée et commencèrent à riposter. Je criais au soldat qui parlait l’arabe, ‘Ma femme et mes enfants son en danger.’ » M. Abed Rabbo dit qu’on lui a alors dit « tais toi » ou « je te tue. » « Je me suis effondré et me suis mis à pleurer, » ajoute-t-il. « Je sentais que ma famille était morte.»

Il est resté détenu les deux jours suivants, parfois ligoté, restant avec l’unité israélienne pendant ses déplacements dans la zone, souvent au milieu d’intenses échanges de tirs. A un moment, on lui a dit d’ouvrir les portières de deux voitures devant une autre maison aux fins de contrôle, avant d’appeler les femmes qui vivaient dans la maison à descendre. Puis, dans l’après-midi, on lui ordonna d’aller dans le bâtiment endommagé où se trouvaient les combattants du Hamas. « Je leur ai dit que je n’irai pas. Ils me tueront peut-être. J’ai une femme. J’ai des enfants, » Mais, poursuit-il, l’officier israélien lui dit qu’il avait « tiré dix roquettes et qu’il les avait tués. » On lui ordonna alors, coups de pied et coups de crosse à l’appui, d’entrer dans la maison et de rapporter les armes. « Je suis entré chez moi et j’ai vu que ma famille n’était pas là. J’ai cherché s’il y avait des traces de sang mais il n’y avait rien. J’étais vidé. En descendant les escaliers, je lançais « Je suis Majdi » pour ne pas qu’ils me prennent pour un Israélien et me tirent dessus. »
En approchant de la porte de l’appartement, il vit un milicien, son AK-47 pointé, montant la garde sur le seuil de la porte et deux autres derrière lui. Restant devant l’entrée, il leur dit que les Israéliens pensaient qu’ils avaient été tués. « Ils m’ont demandé où se trouvait l’armée et j’ai dit, « Ils sont partout ‘» ajoute-t-il. «Ils m’ont demandé de partir.»
Les soldats, cachés derrière le mur d’une maison cent mètres plus loin, lui dirent de se déshabiller complètement pour montrer qu’il n’avait dissimulé aucune arme en quittant la maison. Plus tard, on lui demandera de faire un troisième voyage – le deuxième tout seul – vers le réduit des miliciens. M. Abed Rabbo dit que l’officier Israélien l’insultait et le frappait quand il lui faisait son compte rendu. Peu de temps après, un hélicoptère Apache tira trois missiles qui détruisirent la maison où se trouvaient les miliciens, endommageant sérieusement sa propre maison. La nuit était tombée quand il se remit en marche sous les ordres des soldats, mais M. Abed Rabbo les persuada que l’itinéraire par les décombres de son toit n’était pas praticable dans l’obscurité. « Je n’arrêtais pas de demander après ma famille et ils disaient tout le temps ‘ils sont OK, ils sont OK’. » C’était incroyable, mais les miliciens toujours vivants, ouvrirent à nouveau le feu.

M. Abed Rabbo fut alors emmené dans une autre maison où on lui ordonna de rester, mains liées, dans le froid et « inquiet pour ma famille, ma maison. » Les soldats Israéliens vinrent le récupérer vers 18h30, l’assurant qu’ils les avaient tués la nuit dernière » et lui disant d’aller voir. « Je leur ai dit, ‘Comment puis-je y aller ? Mon toit est détruit. C’est très dangereux,’’ leur expliquait-il. Mais n’ayant pas le choix, il parvint à atteindre les escaliers et à descendre prudemment, appelant comme il l’avait fait deux fois auparavant. « Je voyais que tout était détruit. Ils étaient tous blessés mais le pire était celui qui avait eu une hémorragie. Il levait un doigt en l’air et disait ‘Il n’est de Dieu que Dieu.’ L’un d’entre eux gisait sous les décombres mais était encore vivant. Celui qui était en meilleure condition disait qu’ils ne se rendraient en aucun cas, qu’ils deviendraient des martyrs. L’un m’a donné son nom et m’a demandé de transmettre un message à sa famille. »
M. Abed Rabbo explique que les Israéliens ont commencé à tirer alors qu’il était encore sur place et il a fui la maison. « Je suis revenu vers les soldats. Je leur ai menti. J’ai dit, ‘ Ils ont dit que si je revenais ils me tueraient.’»

Les soldats israéliens utilisaient maintenant un mégaphone pour dire en arabe aux miliciens : « Vous avez des familles. Sortez et nous vous emmènerons à l’hôpital et nous vous soignerons. Le quartier est rempli de forces spéciales. Tous les dirigeants du Hamas se cachent sous terre. »
Selon M. Abed Rabbo : « pendant qu’ils parlaient comme ça, les hommes du Hamas ont encore ouvert le feu, l’officier m’a poussé contre un mur et m’a dit, ‘Tu m’as menti. Il y a plus de trois hommes là dedans’.»

Les soldats ordonnèrent ensuite à deux autres habitants d’aller dans la maison avec des appareils photo et de la photographier ainsi que les combattants du Hamas. Après, l’armée envoya un chien à l’intérieur qui revint blessé et mourut peu après. Il fut alors dit aux miliciens : « Vous avez quinze minutes pour sortir sans vêtements et les mains en l’air. Si vous ne le faites pas, nous écroulerons la maison sur vous. »

Au bout de quinze minutes, dit M. Abed Rabbo, un bulldozer s’est avancé dans le secteur entre les maisons et la mosquée, détruisant une bonne partie de sa maison avant de démolir systématiquement celle où les miliciens se cachaient. C’était mardi après-midi.
Avant d’être emmené, M. Abed Rabbo a pu parfaitement voir sa maison en ruines, la maison mitoyenne pulvérisée et les corps des trois miliciens du Hamas gisant dans les décombres.