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jeudi 10 juillet 2014

Gaza, la violence et le mensonge signent l'échec stratégique du régime sioniste

Les tueurs sionistes de déchaînent en ce moment contre la bande de Gaza assiégée. A côté des morts et des destructions causés par l'aviation et les soldats sionistes, l'opinion publique a droit aux mensonges habituels servis par une presse qui redouble d'ingéniosité pour garder un vernis de pseudo- neutralité, si ce n'est d'objectivité.
Les politiques se comportent d'une façon guère plus digne ainsi qu'on a pu le constater à la lecture du communiqué de l'Elysée qui donne la position officielle de François Hollande sur les événements en cours en Palestine occupée :
Le Président de la République a eu ce soir un entretien téléphonique avec le Premier ministre israélien, Benyamin NETANYAHOU. Il lui a exprimé la solidarité de la France face aux tirs de roquettes en provenance de Gaza. Il lui a rappelé que la France condamne fermement ces agressions. Il appartient au gouvernement israélien de prendre toutes les mesures pour protéger sa population face aux menaces.
Le Président de la République (anciennement française, note de Djazaïri) rappelle la nécessité de prévenir l’escalade des violences.
Après ses indécentes déclarations d'amour au régime sioniste et aux ordures qui la gouvernent, on ne saurait être surpris.
François Hollande chante son amour pour Sion
François Hollande chante son amour pour Sion
Pourtant, l'agression décidée par le régime sioniste contre Gaza repose sur un mensonge [comme l'Etat prétendu juif lui-même, soit dit en passant]. C'est ce qu'explique fort bien à mon sens Daoud Kuttab dans les colonnes du Jordan Times. Kuttab met en effet en relation l'accès de violence du régime sioniste avec des développements politiques significatifs dans la région : l'accord de réconciliation entre le Hamas et le Fatah d'une part, et la crise au niveau de la coalition qui gouverne à Tel Aviv avec la surenchère belliciste d'Avigdor Lieberman et ses menaces de rompre son alliance avec le Likoud, menace qu'il vient effectivement de mettre à exécution.
Daoud Kuttab
Daoud Kuttab
Un autre aspect plus lié à l'escalade militaire qu'au déclenchement des opérations elles-mêmes tient au fait que l'Egypte n'est plus disposée à assurer l'intermédiation entre le Hams et le gang sioniste du fait, selon Kuttab, que les autorités sionistes ont failli à leur engagement de ne pas recapturer des Palestiniens qui avaient été libérés dans le cadre de l'échange avec Gilad Shalit, une des ondiitions pour lesquelles l'Egypte avait apporté sa garantie.
Sans doute, mais il n'est pas sûr non plus que le régime militaire égyptien ait vraiment envie de venir en aide à un parti, le Hamas, qui fait partie de la mouvance des Frères Musulmans et qui était très proche de Mohamed Morsi, le président égyptien membre de la confrérie et qui a été renversé par le maréchal Abdel Fattah al-Sissi, l'actuel raïs égyptien.
In fine, Daoud Kuttab nous dit que le régime sioniste se retrouve dans une impasse stratégique que ses accès violents ne sauraient dissimuler aux observateurs avertis.  Sur ce sujet, on lira ou relira utilement cet article de 2012 signé John Mearsheimer sur l'échec stratégique des autorités sionistes.
En voyant ce genre de carte (parue dans un média de San Diego aux USA, on a l'impression que les Palestiniens ont une puissance de feu supérieure à celle des sionistes
Sur ce genre de carte,(parue dans un média de San Diego aux USA,  on a presque l'impression à première vue  que les Palestiniens ont une puissance de feu supérieure à celle des sionistes

par Daoud Kuttab, Jordan Times (Jordanie) 09 juillet 2014 traduit de l'anglais par Djazaïri
Lorsque trois Israéliens ont disparu il y a trois semaines, et avant l'ombre d'une preuve, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou a décidé de son propre chef d'en imputer la responsabilité au mouvement islamiste Hamas. Lui et ses acolytes politiques et militaires ont persévéré dans cette fabrication en arrêtant des centaines de militants du Hamas et des parlementaires élus pro-Hamas et en bombardant les bureaux du Hamas à Gaza. Des Palestiniens libérés dans l'échange de prisonniers avec Gilad Shalit, qui était garanti par les Egyptiens, ont également été raflés dans le but de faire pression sur le Hamas.
Priés de présenter des preuves, les Israéliens ont donné les noms de deux militants du Hamas pour le simple fait qu'ils n'étaient pas chez eux quand des soldats israéliens sont venus pour les arrêter. La théorie voulait alors que la disparition de Marwan Qawasmeh et Amer Abu Aisha n'était rien d'autre qu'une preuve flagrante que ces militants du Hamas étaient certainement les auteurs de l'enlèvement des Israéliens. Sans s'embarrasser d'autres pruves, Israël a démoli les maisons des deux Palestiniens disparus. En outre, les services d'action psychologique israéliens ont lancé une campagne médiatique (en se servant de journalistes amis) pour diffamer le clan Qawamesh fort de 10 000 membres, fabriquant toute une histoire sur une « famille hors-la-loi. »
L'accusation contre le Hamas avait à l'évidence de'autres motifs qu'Israël n'a pas tardé à faire connaître. Le but de l'accusation et de l'arrestation des deux membres du Hamas était rien moins que de faire pression sur le président palestinien Mahmoud Abbas pour qu'il abroge l'accord de réconciliation avec la direction du Hamas basée à Gaza.
Le problème avec les mensonges et les fabrications est que la vérité vient parfois interférer. Israël lui-même a depuis annoncé l'arrestation de Palestiniens de Hébron qu'il accuse d'être derrière l'enlèvement des trois Israéliens et ce ne sont pas les deux noms du Hamas exhibés aux médias comme étant derrière cet acte pour lequel leurs maisons ont été détruites. Par ailleurs, Israël a concédé que si certains éléments locaux du Hamas à Hébron pourraient se révéler être derrière les enlèvements, il n'y a aucune preuve de l'implication de la direction du Hamas à Gaza ou hors de Gazza. Le refus de Khaled Mishaal, le chef du Hamas, de condamner le triple enlèvement était une raison suffisante, du point de vue israélien, pour maintenir la pression sur le mouvement islamiste.
La guerre est souvent créée à la fois dans l'espace public et à huis clos. Ayant créé une énorme campagne d'opinion contre le Hamas, quoique sur la base de fausses accusations, le débat sur la guerre a ensuite été transféré au conseil de guerre. La discussion dans le cabinet israélien restreint qui décide sur les grandes questions de sécurité est vite devenue politicienne. La guerre des mots entre Netanyahou et son ministre des affaires étrangères Avigdor Lieberman se révèle être un cas typique de surenchère. Lieberman, dont la parti Yisrael Beiteinu forme une coalition avec le Likoud cherchait apparemment une bonne raison d'abandonner ce partenariat. Accusant le premier ministre israélien d'être trop mou avec le Hamas à Gaza, Lieberman a mis fin à la coalition Likoud – Beiteinu tout en continuant à critiquer publiquement Netanyahou pour son refus de prendre une position forte sur le Hamas et pour ne pas avoir stoppé les tirs de projectiles depuis Gaza sur le sud d'Israël.
Le problème avec la guerre en cours contre Gaza, c'est que les Israéliens ont perdu leurs canaux de communication avec les dirigeants du Hamas. Récemment encore, Israël n'avait as été mécontent de voir les Egyptiens intercéder et si nécessaire garantir tout accord de cessez-le-feu. C'était pendant la présidence de Mohamed Morsi et ce cessez-le-feu avait dans l'ensemble tenu jusque récemment. Mais les Egyptiens ne sont plus en mesure d'apporter une aide parce que les Israéliens ont trahi leur engagement de pas ré-arrêter des Palestiniens qui avaient été libérés dans l'échange contre Shalit. Les Israéliens ne peuvent pas non plus recourir aux bons offices d'Abbas, étant deonné qu'ils ne veulent pas qu'il renforce son accord le Hamas mais qu'il l'abroge. Toute intercession réusssie par Ramallah pour stopper la guerre contre Gaza viendra rétablir le capital politique d'Abbas et cimenter la'accord de réconciliation [entre le Hamas et le Fatah, NdT]. Il est évident que le gouvernement israélien ne veut ni de l'un, ni de l'autre. Il veut un Abbas faible et la dissolution de l'accord entre le Fatah et le Hamas.
Cette guerre est basée sur un mensonge et l'opinion publique le saura certainement tôt ou tard. De la même manière qu'Israël a été confondu pour son mensonge du fait qu'il savait dès le premier jour que les autostoppeurs israéliens avaient été tués. Le mensonge au sujet du Hamas sera révélé tôt ou tard. La seule question est combien de Palestiniens et d'Israéliens devront souffrir pendant tous le temps où ce mensonge sera considéré comme une vérité.

dimanche 11 mai 2014

Espionnage sioniste aux Etats Unis, Jeff Stein enfonce le clou!

Les informations sur l'importance de l'espionnage sioniste aux Etats Unis ont fait de grosses vagues chez les indus occupants de la Palestine. L'article du magazine Daily Beast/Newsweek a en effet déclenché un feu roulant de démentis ainsi que des accusations allant jusqu'à celle d'antisémitisme, Ce feu roulant a conduit Newsweek à récidiver avec un autre article de Jeff Stein dont le but est d'enfoncer définitivement le clou.
Un deuxième article qui a fait sortir Danny Yatom, un ancien chef du Mossad, de sa torpeur et se fendre d'une déclaration sur le caractère « délirant » du reportage de Newsweek.
Jeff Stein
Jeff Stein

Quant au ministre sioniste du renseignement et des affaires stratégiques Yuval Steinitz, il accuse une volonté de saboter les relations entre les Etats Unis et l'Etat prétendu juif.
Steinitz a certainement raison car on ne peut pas imaginer qu'un organe de prsse grand public comme Newsweek se hasarde à publier de telles informations, sans s'embarrasser trop du conditionnel, sans le feu vert voire à l'instigation de cercles influents au sommet du gouvernement des Etats Unis,
Une affaire qui est sans doute à situer dans le contexte des multiples humiliations subies par la diplomatie américaine dans sa volonté de faire avancer un processus de paix. Une volonté impertirbalement contrariée par un régime sioniste plus fanatique que jamais.


L'espionnage agressif des Etats Unis par Israël est généralement étouffé

par Jeff Stein, Newsweek (USA) 8 mai 2014 traduit de l'anglais par Djazaïri

Quand l'équipe chargée de la sécurité de Susan Rice, la conseillère à la sécurité nationale de la Maison Blanche, inspectaient sa suite dans un hôtel de Jérusalem mardi soir, ils avaient en tête la présence d'un visiteur surprise dans la chambre du vice président Al Gore il y a 16 ans cette semaine, un espion dans un conduit d'aération.
Susan Rice a rencontré Shimon Peres mercredi 7 mai
Susan Rice a rencontré Shimon Peres mercredi 7 mai
Selon un ancien cadre du renseignement américain, un agent des services secrets qui profitait d'un moment de solitude dans la salle de bains de Gore avant l’arrivée du VIP avait entendu un bruit métallique de raclage. "L'équipe des services secrets avait inspecté la chambre [de Gore] à l'avance tous ses membres étaient partis, sauf un agent, qui avait décidé de prendre un long temps sur le trône," a rapporté l'ancien cadre des services secrets à Newsweek . "Donc, la chambre était calme, il tait en train de contempler ses orteils quand il entend un bruit dans la ventilation. Et il voit le cache de la ventilation qui est déplacés de l'intérieur. Et puis il voit un mec qui commence à sortir du conduit dans la pièce "

Est-ce que l'agent s'est dépêché de prendre son arme ? Non, nous a dit l'ancien agent avec un petit rire. « Il a toussoté et le gars est reparti dans le conduit. »

Aux yeux de certains, ce incident est une bonne métaphore pour les coulisses des relations entre Israël et l'Amérique, frères ennemis [« frenemies »] même dans les meilleurs moments. L'effronterie de ce monte-en-l'air de la gaine d'aération « dépassait la ligne rouge » de la conduite acceptable entre des services de renseignements amis – mais comme c'était fait par Israël, l’affaire avait été rapidement étouffée par les officiels américains.

En dépit des démentis véhéments de cette semaine par des responsables israéliens, Israël a été pris à mener des opérations agressives d'espionnage depuis de dizaines d'années contre des objectifs américains, selon des responsables des services secrets US et des sources parlementaires. Et ça continue. Ils ne sont par contre pas arrêtés très souvent.
Comme Newsweek l'avait rapporté mardi, les responsables du contre espionnage américain ont informé fin janvier les commissions parlementaires des affaires judiciaires et des affaires étrangères que les activités actuelles d'espionnage d'Israël en Amérique sont « sans équivalente indignes, » allant bien au delà des activités d'autres proches alliés comme l'Allemagne, la France, le Japon et le Royaume Uni.

«Elles sont très importantes et ça dure depuis des années, » a déclaré mercredi à Newsweek un ancien haut responsable des services de sécurité américains après le démenti « catégorique » opposé à l'article de Newsweek par, entre autres hauts dirigeants israéliens, Yuval Steinitz, ministre israélien du renseignement qui affirme qu'Israël a cessé toute activité d’espionnage aux États Unis après la condamnation en 1987 de Jonathan Pollard pour avoir espionné au profit d'Israël. Le propos d'un officiel [sioniste] anonyme été cité par la presse israélienne suggère que l'article de Newsweek avait l'odeur de l'antisémitisme. »

Mais un ancien agent américain du renseignement qui a une connaissance intime de l'espionnage israélien a rejeté l'accusation d'antisémitisme. « Il y a une petit groupe d'anciens membres de la CIA, du FBI et de l'armée qui a étudié ce reportage et qui applaudissent l'article [de Newsweek], dit-l. « Aucun d'entre eux [des membres du groupe] n'est antisémite. En fait, ça n'a rien à voir avec l'antisémitisme. Ça a seulement à voir avec pourquoi Israël est ménagé tandis que si le Japon ou l'Inde faisaient la même chose à un tel niveau, ce serait le scandale. »

À partir du milieu des années 1990, bien après Israël avait promis d'arrêter d'espionner aux États-Unis suite à l'affaire Pollard, le FBI s'est régulièrement estimé obligé de convoquer des diplomates israéliens en poste à Washington DC pour les tancer, ont affirmé à Newsweek deux anciens officiers supérieurs du contre-espionnage . Au cours de la décennie qui a suivi le 11 septembre l'un d'eux a indiqué que les Israéliens avaient été convoqués des«dizaines» de fois et qu'on leur avait dit "d'arrêter les embrouilles, selon les propres termes de l'un d'entre eux, un ancien haut responsable du FB. Mais étant des «alliés», les Israéliens s'en sont presque toujours tirés avec un simple avertissement.

Mais peu importe le degré de sévérité de la leçon administrée par le FBI – habituellement délivrée personnellement au plus gradé des représentants du renseignent à l'ambassade israélienne – les Israéliens n’étaient en rien ébranlés précise un autre ancien officier supérieur du renseignement américain. « On ne peut pas mettre un Israélien dans l'embarras, » dit-il. « Il est tout simplement impossible de leur causer de l'embarras. Vous les prenez la main dans le sac, et ils haussent les épaules en disant, « OK maintenant, autre chose ? »

Toujours tapi, disent les anciens officiels du renseignement, se trouvait le puissant « lobby israélien », le réseau des amis d'Israël au Congrès, dans l'industrie et dans les administrations qui se sont succédées, républicaines ou démocrates, prêts à protester contre tout ce qui est perçu comme une attaque venant des officiels des services de sécurité américains. Un ancien spécialiste du contre espionnage a déclaré à Newsweek qu'il encourait la colère d'Israël rien qu'en faisant des briefings de routine à l'intention des officiels, des hommes d'affaires et des scientifiques américains qui se rendaient en Israël pour des réunions et des conférences.

« Nous devions être très prudents dans la manière dont nous alertions les officiels américains, » dit-il. « Nous avions régulièrement des appels de membres du Congrès scandalisés par nos avertissements sur les questions de sécurité dans les séjours en Israël. Quand... le directeur de la CIA reçoit un appel d'un parlementaire indigné - ' Qu'est-ce que c'est que ces briefings de sécurité que vous donnez pour les séjours à Tel Aviv ? C'est scandaleux' – il devait leur accorder une grande attention.Il y a toujours cette délicatesse du politique dont vous devez être conscient. »

L'exercice annuel qui donne lieu à la publication par le Département d’État des profils sécuritaires des pays étrangers donnait de violents migraines aux services de renseignement, ajoute-t-il. « Quand nous élaborions les indices annuels de risque pour l'ambassade et les consulats [en Israël], c'était toujours une grosse discussion, » dit-il. »La communauté du renseignement pressait toujours pour le niveau de risque le plus élevé, tandis que le Département d’État tendait à dire, 'C’est quelque chose qui ne passera pas très bien, nous ne pouvons pas donner ce genre de note, parce que ça aura certaines conséquences en termes d'avertissements et restrictions pour les voyages'. C'était toujours un grand, grand débat la manière dont on allait évaluer la menace là-bas. »

Mais le danger est réel, affirme-t-il comme d'autres anciens fonctionnaires américains du renseignement qui connaissent les méthodes israéliennes. Les agents israéliens, « filent les officiers de la marine américaine quand ils font escale à Haïfa, ils filent les officiels de l'industrie spatiale, ou les scientifiques et leur documentation scientifique, partout. Ça a toujours été une énorme préoccupation pour la communauté [du renseignement]. »

Aux États Unis, les officiels et les hommes d'affaires israéliens cherchent toujours à inciter des [personnes] cibles américaines intéressantes à visiter Israël. Les représentants du Maf'at, un organisme administratif qui fait la liaison entre le ministère israélien de la défense et ses industries militaires, donne beaucoup de souci au contre espionnage américain, expliquent les anciens membres des services de renseignements américains. « C'étaient vraiment ceux qui nous causaient beaucoup de souci. Parce qu'ils avaient beaucoup de raisons plausibles d'assister à toutes ces conférences et à tous ces sites d'entreprises qui travaillent avec la défense et ainsi de suite. C'était une excellente couverture pour l'espionnage industriel, » dit-il.
« Je me souviens avoir parlé avec un scientifique américain qui participait à une conférence et était travaillé par un groupe d'Israéliens, » poursuit l'ancien agent de renseignement américain ? « Et ce scientifique qui avait assez de bon sens pour reconnaître ce qu'il voyait, , disait qu'il que la manière dont étaient utilisées les techniques de sollicitation -les invitations à venir [dans l'entité sioniste] pour essentiellement le pompage de l'information par un collègue scientifique. Et la naïveté des scientifiques américains était vraiment frappante. On voyait ça tout le temps. »

Des agents israéliens avaient été même assez effrontés pour l'approcher lui-même. Après avoir prononcé un discours lors d'une récente réunion des professionnels de la sécurité à Washington,, dit-il, il avait été approché par l’attaché commercial de l'ambassade israélienne. Il disait, 'Oh, c'était formidable d'écouter votre parcours, c'est un grand discours que vous avez fait, si intéressant,' et ainsi de suite. Et je pensais ; Je le vois venir, c'est l'accroche. Et bien sûr, il a dit, 'Bous n'avez jamais pensé à venir [dans l'entité sioniste] ? Nous aimerions beaucoup que vous veniez, nous prendrons en charge tous vos frais quand vous serez sur place, nous vous offrirons le voyage...' Je me disais, Venez les gars, venez. »

« Leur but, » poursuit-il, « est d'obtenir de leurs contacts qu'ils sortent des États Unis pour aller là-bas et leur payer du vin et à dîner, les évaluer pour voir quels sont leurs points faibles. Par exemple, on a eu des officiels du gouvernement qui étaient là-bas et à qui on a proposé de la drogue, dans le style, 'Hé, ça vous dirait un peu d'herbe ?' Quoi ? Oui, ce sont des officiels du gouvernement. La drogue, les femmes débarquent dans votre chambre d'hôtel – ils vous font la totale. Peu importe le niveau hiérarchique de l'officiel. »

Mercredi, le ministre du renseignement israélien Yuval Steinitz a rejeté ces allégations d'espionnage, en affirmant que "Israël n'espionner pas aux États-Unis, ne recrute pas d'espions aux États-Unis, et ne collecte pas de renseignements aux États-Unis" De même, le ministre israélien des affaires étrangères Avigdor Liberman a déclaré il "ne donnerait pas son 'accord à une quelconque activité d'espionnage aux États-Unis, ni directement ni indirectement." Il qualifié de « malveillantes » les allégations, attribuées par Newsweek à des responsables du renseignement qui ont briefé le Congrès.

Mais les anciens membres des services secrets tout comme ceux actuellement en fonctions campent sur leurs positions.
« Ça prend vraiment toutes les formes qu'on peut imaginer, » déclare un ancien agent des services de renseignements dont le visage a été familier pensant des dizaines d'années aux équipes dirigeantes de plusieurs agences américaines de sécurité. « C'était comme ça à l'époque où les étudiants français venaient aux États Unis pour des stages, des boulots d'été ou des choses comme ça, ils devaient tous rendre compte à un agent de la DGSE française à l'ambassade, » 3des choses semblables se passent avec les Israéliens... [qui] ont beaucoup de voyageurs qui viennent séjourner aux États Unis. »

Ces accusations directes rendent furieux les soutiens d'Israël qui y décèlent un « parfum d'antisémitisme. » Les responsables, passés ou présents, des services secrets qui se sont opposés à une libération anticipée de Pollard ont eux aussi été accusés d'antisémitisme.

Le nombre élevé de jeunes Israéliens qui dépassent leur durée autorisée de séjour a été un point de blocage dans la démarche d'Israël pour sortir de la liste des pays pour lesquels un visa est exigé. Un autre point est l'absence de signalement régulier à Interpol des passeports perdus ou volés. Un problème plus important a été le traitement brutal que ce pays inflige aux Arabo-américains et aux activistes pro-palestiniens qui se rendent en Israël. Mais les efforts d'Israël pour se procurer les secrets militaires, scientifiques et industriels des États Unis sont aussi apparus comme un obstacle majeur, si ce n'est le principal obstacle dans la normalisation des relations au niveau des visas, selon des sources au Congrès.

« J'ai assisté à ce briefing – il y en a eu plusieurs » effectués en 2013 par des membres des services de sécurité américains sur l'espionnage israélien, a déclaré à Newsweek un ancien attaché parlementaire. « A celui auquel j'avais assisté, étaient présents des cadres supérieurs des affaires étrangères, la commission au grand complet, la sous-commission... des représentants du judiciaire, des Républicains, des Démocrates, les chefs de groupe parlementaires. Je ne pense pas qu'il y avait ne serait-ce qu'une seule personne qui ne travaillait pas pour un parlementaire qui n'était pas ardemment pro-israélien, » dit-il.

« Et après coup, nous disions, 'Impossible. Vous avez dû raconter des putains de blagues.' » Les preuves sur l'espionnage israélien étaient écrasantes, dit-il. L'exemption de visa n'était plus d'actualité.

« Les voix dans la pièce, » se souvient l'attaché parlementaire disaient, « 'En aucune manière cela ne peut être possible.' »

mardi 25 février 2014

Pour en finir avec l'antisémitisme, quand même!

Oui, pour en finir avec toutes les sottises sur l'antisémitisme que peuvent raconter des ignorants comme Manuel Valls ou François Hollande, disons tout net avec Avigdor Lieberman que l'antisémitisme est le meilleur allié du sionisme.
En effet, comment les sionistes pourraient-ils espérer attirer en Palestine occupée 3,5 millions de Juifs en dix ans ?
Réfléchissons. Lieberman peut pas être d'extrême droite, il est juif. Quand même!
Réfléchissons. Lieberman peut pas être d'extrême droite, il est juif. Quand même!
D'autant que, comme le dit si bien l'extrémiste de droite M. Lieberman, qui est (quand même) ministre des affaires étrangères de l'entité sioniste, reçu récemment par Manuel Valls (parce que les affaires étrangères juives sont les affaires intérieures de pays comme la France et vice versa), le plus grand danger pour le peuple juif est celui de l'assimilation.
Et que ce danger est plus pressant que celui posé par les Palestiniens ou même le prétendu programme nucléaire militaire iranien.
Pour Lieberman, les affaires intérieures de la France relèvent de ses compétences de ministre des affaires étrangères
Pour Avigdor Lieberman, les affaires intérieures de la France relèvent de ses compétences de ministre des affaires étrangères

Cet article a été publié par l'European Jewish Press mais uniquement dans sa version anglaise. On ne le trouvera pas en effet dans la version en langue française de cet organe de presse communautariste juif.

par Maud Swinnen, European Jewish Press 19 février 2014 traduit de l'anglais par Djazaïri
JERUSALEM (EJP)--- Le ministre israélien des affaires étrangères Avigdor Lieberman considère que l'éducation dans la diaspora est « le dossier le plus urgent de l'agenda juif mondial, plus urgent que n'importe quel autre problème, y compris celui des négociations avec les Palestiniens ou la menace nucléaire iranienne.
Il a aussi déclaré que l'assimilation des Juifs américains est la plus grande menace pour la communauté juive mondiale et il a appelé le gouvernement israélien à mobiliser 365 millions de dollars par an pour des programmes d'éducation juive destinés à la diaspora et à renforcer la connexion juive à Israël.
Dans un discours devant la Conference of Presidents of Major American Jewish Organizations, Lieberman a demandé aux dirigeants [communautaires] de participer à l'effort financier du gouvernement israélien pour de nouveaux programmes en faveur de la diaspora qui se concentreraient sur le maintien de la continuité juive.
« Je pense que le gouvernement israélien devrait contribuer à hauteur de 1 million de dollars par jour de l'année, soit 365 millions de dollars au total, somme dont j'espère que vous, dans la communauté juive de la diaspora, apporterez l'équivalent pour ce projet éducatif. Ce ne doit pas être un petit projet de plus mais l'axe central du partenariat entre nous, » a-t-il dit.
 Il a aussi appelé à la création d'un réseau d'écoles internationales juives de haut niveau et à l'émigration de 3,5 millions de Juifs en Israël dans la prochaine décennie.
Lieberman a cité une étude américaine qui montre la baisse de l'identification en tant que Juif, affirmant que « ces statistiques démontrent que les Juifs d'Amérique risquent pas moins qu'une catastrophe démographique. » L'importante enquête publiée par le Pew Research Center porte sur l'assimilation et les mariages inter communautaires chez les membres de la communauté juive américaine.
Parmi ses conclusions, elle observe qu'un Juif sur cinq se considère comme sans religion et que, « parmi les Juifs interrogés qui se sont mariés avant 2000, près de six sur dix ont un conjoint non juif. »
« Depuis de nombreuses années, les responsables israéliens ont fait appel à nos frères et sœurs de la diaspora, comme tous ceux d'entre vous qui sont réunis ce soir, pour consacrer votre temps, votre énergie et vos financements à Israël, » a-t-il dit.
« Je me tourne néanmoins vers vous aujourd'hui pour vous dire que, tout en étant énormément et pour toujours reconnaissants pour votre aide, nous avons la conviction qu'il est temps maintenant de nous concentrer sur les défis qu'affrontent vos propres communautés, particulièrement ceux qui émanent de tendances dangereuses dans la communauté juive démontrées par la récente enquête. »
Il a ajouté : « J'ai la plus grande conviction que l'antidote à cette montée de l'assimilation, du mariage inter communautaire et du désengagement est l'éducation. »
Angela Merkel - Adolf Hitler, méthodes différentes, même combat pour éliminer le "peuple juif"
Angela Merkel - Adolf Hitler, méthodes différentes, même combat pour éliminer le "peuple juif"
« Pour prévenir cette tragédie, tous les enfants juifs devraient avoir la possibilité de fréquenter une école où ils recevront une éducation qui les instruira sur l'histoire, les valeurs et les traditions juives, à chérir leur identité juive et à éprouver un fort attachement à Israël et au sionisme. Nous devons faire en sorte que les écoles juives soient parmi les meilleures du monde.
« Nous devons créer un réseau mondial d'écoles juives d'une qualité supérieure à celle des réseaux d'écoles américaines et internationales. C'est seulement par un tel effort que nous garantirons notre longévité en tant que peuple, » a-t-il dit.  

mercredi 23 janvier 2013

L'équation politique sioniste: de la surprise laïque au cauchemar laïque


J’écoutais tout à l’heure «Le téléphone sonne» une émission de France Inter consacrée au résultat des élections qui viennent de se tenir dans l’entité sioniste.
Des interlocuteurs, notamment un professeur d’université, étaient en duplex depuis l’entité sioniste pour répondre aux questions des journalistes et des auditeurs Français.
Ce qui m’a frappé tout d’abord dans les échanges, c’est une espèce de consensus non dit entre la rédaction parisienne et ses interlocuteurs sionistes : l’entité sioniste est un pays «normal» et si elle est traité de manière privilégiée par des puissances occidentales qu’elle tend de plus en plus à exaspérer, c’est du fait des menaces incessantes dont elle fait l’objet : le nucléaire iranien, l’hostilité de l’environnement immédiat sans oublier ces foutus Palestiniens qui, non contents de ne pas renoncer au droit au retour des réfugiés, s’entêtent à ne pas vouloir reconnaître l’entité comme un Etat « juif».
Le tout sans rencontrer aucune objection, ni appel à la nuance de la part de journalistes complaisants qui étaient surtout intéressés par la nouvelle étoile montante de la classe politique sioniste, le journaliste Yaïr Lapid.
Le plus curieux étant d’entendre décrire Yaïr Lapid comme une espèce de laïque (Le Nouvel Observateur écrit même une «surprise laïque») qui a su cependant s’entourer de rabbins pour ratisser plus large au niveau électoral.
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Yaïr Lapid est la" surprise laïque" de ce scrutin
Et Avigdor Lieberman, ne serait-il pas pour sa part un «cauchemar laïque» ?
Je demande quand même ce que peut bien être un Juif «laïque» quand son action, son idéologie et ses buts politiques reposent sur le principe d’appartenance à un peuple élu qui est revenu vivre dans la terre à lui promise par Dieu.
Je vous laisse cogiter tranquillement.
D’autant que la «surprise laïque» va dès maintenant pactiser avec Benjamin Netanyahou que le Nouvel Observateur aurait pu qualifier de «cheval de retour laïque» ou quelque chose d’approchant vu que je n’ai jamais entendu dire que le premier ministre était également rabbin.
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Avigdor, je suis laïque, tu es laïque, n'est-ce pas merveilleux? Oui, Chéri-Bibi, mais nous sommes surtout laids.
De fait, l’essence du système idéologique et politique sioniste est bien différente de ce qui peut s’observer dans des pays comme la France, l’Italie, le Royaume Uni etc. avec les notions d’élection divine et de supériorité raciale (de fait, même quand vous ne lui avez rien demandé, n’importe quel crétin sioniste vous donnera une liste de Juifs lauréats du prix Nobel.
Eh oui, les seules autres personnes à se livrer à ce genre de pratique sont les antisémites!
Gilad Atzmon nous explique pourquoi il faut renoncer à analyser les scrutins dans l’entité sioniste à l’aune de catégories non opératoires comme celles de Droite et de Gauche, faucons ou colombes.

Les élections israéliennes: il est temps de mettre au placard la terminologie droite - gauche

par Gilad Atzmon, gilad.co.uk 23 janvier 2013 traduit de l’anglais par Djazaïri
La plupart des commentateurs de la scène politique israélienne est incapable de s’apercevoir que les notions de Droite et de Gauche n’ont à peu près aucune pertinence pour comprendre la vie politique israélienne. Israël se définit lui-même en tant que l’Etat juif et, les années passant, Israël devient en fait de plus en plus juif. Naftali Bennett qui, pendant un temps, était apparu comme l’étoile montante du scrutin qui vient d’avoir lieu, ne l’a compris que trop bien. Il a réinventé le Foyer National Juif, un parti politique qui célèbre l’aspiration d’Israël à accomplir son véritable destin juif. Il promettait à ses partisans de pouvoir vivre en tant qu’élus dans leur Etat exclusivement juif, en faisant abstraction de préoccupations morales ou éthiques.
Pourtant, la grande majorité, si ce n’est l’ensemble, des participants Juifs au jeu politique israélien sont engagés par le rêve de ‘l’Etat juif.’ Ils diffèrent certes sur quelques aspects  pratiques mineurs ou en matière de pragmatisme, mais ils sont clairement d’accord sur le fond. Voici une vieille blague israélienne : ‘Un colon Israélien propose à son ami aux idées de gauche que «l’été prochain, nous mettions tous les Arabes dans des bus et le fassions partir de notre terre.» L’homme de gauche : «OK, mais on s’assurera que les bus sont climatisés.»
En Israël, il n’y a pas des colombes ou des faucons. Au contraire, tout ce que nous avons est un débat feutré entre quelques interprétations du tribalisme, du nationalisme et du suprématisme juifs. Certains Juifs veulent être entourés par les murs imposants du ghetto – ils aiment ça, c’est confortable, on se sent en sécurité – d’autres préfèrent s’appuyer sur la capacité de dissuasion de l’armée israélienne. Certains seraient favorables à un large usage du phosphore blanc, d’autres voudraient que l’Iran soit rayé de la carte.
L’hypothèse d’une division politique en Israël n’est qu’un mythe auquel les goyim sont contents de croire parce qu’il donne l’impression de la possibilité d’un changement politique et même d’une transformation spirituelle. Mais la triste vérité est que, quand on en vient aux vrais fondamentaux, les Israéliens sont à peu près unis : la présidente du parti travailliste Shelly Yachimovich et la criminelle de guerre Tzipi Livni ont toutes deux été de ceux qui s’étaient empressés de soutenir l’opération Pilier de défense décidée par Benjamin Netanyahou. Yaïr Lapid, le chef du deuxième plus gros parti politique israélien, considéré aussi comme étant de centre gauche, ne refuserait pas un poste ministériel dans un gouvernement Netanyahou. Même s’il reste un parti sioniste, Meretz qui est le seul parti juif en Israël à avoir ne serait-ce qu’une trace d’éthique, de pensée universelle et de valeurs d’égalité ne représente toujours qu’à peine 6 membres du parlement sur 110 députés Juifs.
Donc, si nous voulons comprendre la scène politique israélienne, nous devons mettre au placard notre terminologie archaïque du 19ème siècle sur une Gauche et une Droite et commencer à fouiller dans la véritable culture et idéologie qui anime l’Etat juif. Israël, avec pas un seul parti juif pour inclure une empathie envers les Palestiniens dans son agenda politique défie la notion même d’égalité universelle. Israël se soucie uniquement des intérêts du peuple élu et les résultats des élections israéliennes le confirment. Tout ce à quoi nous assistons, c’est à une compétition entre différents discours judéocentriques.

samedi 1 décembre 2012

Palestine, Gaza, ONU, la nouvelle donne


J’ai un peu de temps, alors j’en profite pour sortir un peu le blog de sa léthargie.
La dernière agression sioniste contre Gaza a montré comme les agressions précédentes la capacité destructrice du terrorisme sioniste.

Si les conflits politiques se résumaient à une simple arithmétique de la force militaire, l’entité sioniste aurait dû poursuivre son offensive et lancer à l’assaut les dizaines de milliers de réservistes qu’elle avait commencé à mobiliser.

Il n’en a rien été parce que la guerre  est autre chose qu’une bagarre de gamins dans un bac à sable ou un combat de boxe qui s’achève par le K.O. d’un des adversaires.

En effet, le conflit palestino-sioniste n’engage pas seulement l’Etat prétendu juif et le peuple palestinien, mais toute la région arabe et proche orientale ainsi que les Etats Unis et l’Europe.

La récente agression a permis de vérifier une fois de plus la détermination du peuple palestinien à résister et à recouvrer ses droits. Et les autorités sionistes médusées ont pu constater que les combattants palestiniens étaient désormais en mesure de toucher des villes aussi éloignées de Gaza que Beersheba et surtout Tel Aviv.

En ce sens le Hamas et les autres organisations de la résistance palestinienne ont remporté une victoire stratégique en faisant échouer la tentative sioniste de leur administrer une raclée et en signifiant qu’un jour peut-être pas si éloigné, c’est un déluge de feu qui pourrait s’abattre sur Tel Aviv.

Et Tel Aviv, c’est le véritable cœur de l’entité sioniste qui se résume en pratique à cette cité Etat.

Ensuite, comme je l’écrivais précédemment, l’entité sioniste est en quelque sorte passée sous la tutelle de l’Egypte qui a assuré, en coordination avec les Etats Unis, la gestion des tractations en vue d’un cessez-le-feu.

 C’est un point de vue très proche du mien que développe Alex Callinicos et je suis donc ravi de vous proposer une traduction d’un article qu’il vient de publier dans The Socialist Worker.
Alex Callinicos à la 5ème conférence anti-guerre du Caire en 2007
Alex Callinicos à la 5ème conférence anti-guerre du Caire en 2007
L’autre grand évènement stratégique est bien sûr l’octroi à la Palestine du statut d’Etat observateur à l’Organisation des Nations Unies.

Certains considèrent que cette reconnaissance porte en elle l’abandon par les Palestiniens d’une partie de leurs droits fondamentaux sur leur patrie. C’est vrai en théorie et en faisant abstraction du contexte réel. Ceux qui pensent ainsi supposent en effet que l’entité sioniste pourrait admettre un jour ou l’autre la restitution des territoires qu’elle occupe depuis 1967, permettant ainsi à un gouvernement palestinien d’exercer une autorité souveraine sur la Cisjordanie et la bande de Gaza.

Cette hypothèse relève de la chimère car jamais les sionistes n’accepteront de rétrocéder des territoires qu’ils estiment avoir vocation à contrôler et à coloniser totalement. Le nouveau statut politique reconnu à la Palestine est donc un acquis précieux qui  ne remet nullement en cause la pertinence de la résistance sous tous ses aspects, y compris militaires.


Les révolutions font trembler tous les régimes – les régimes arabes, ainsi que celui d'Israël,
Par Alex Callinicos, Socialist Worker (UK) 1er décembre 2012 traduit de ‘anglais par Djazaïri

Friedrich Engels écrivait en 1854: «Nous ne devons pas oublier qu'il y a une sixième puissance en Europe, qui à certains moments affirme sa suprématie sur l'ensemble des cinq soi-disant« grandes puissances »et fait trembler chacun d'entre eux. Cette puissance est la Révolution. "

Il en va de même dans le Moyen-Orient aujourd'hui. Si vous ne vous intéressez qu’à l'équilibre militaire des forces, vous conclurez que rien n'a vraiment changé depuis la dernière guerre d'Israël contre Gaza.

Le Hamas dispose désormais de missiles Fajr-5 de plus longue portée qui peuvent frapper Tel-Aviv. Mais l’armée israélienne conserve une écrasante supériorité matérielle. Mais ne prendre en compte que le matériel et les troupes serait superficiel. En réalité, tout a changé.
Le quotidien libéral israélien Haaretz a publié un article fascinant sur les débats de la semaine dernière entre les hauts responsables du gouvernement- le premier ministre Benjamin Netanyahou, le ministre de la Défense Ehud Barak et le ministre des Affaires étrangères Avigdor Lieberman –au sujet de la trêve proposée par le président égyptien, Mohamed Morsi:
"Lors de la réunion de mardi, juste avant l’arrivée de la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton, il est apparu clairement à Israël que les principes du cessez-le feu proposé par l'Egypte étaient beaucoup plus proches des positions du Hamas que des siennes.

"L'hypothèse formulée par les responsables du renseignement lors de la réunion triumvirat était que, contrairement à la situation à l’époque de Moubarak, les Egyptiens s'alignant sur le Hamas et essayent de lui permettre d’obtenir des succès."

Cessez-le-feu

Barak voulait accepter le cessez le feu sur la base du fait que l'armée israélienne avait donné une leçon au Hamas. Lieberman plaidait pour une offensive terrestre et Netanyahou se situait entre les deux points de vue.

Les trois ministres israéliens avaient demandé à Clinton de «faire pression sur l'Egypte pour qu’elle présente un accord de cessez-plus équilibré». Au lieu de quoi, soutenue par des appels téléphoniques de Barack Obama, elle les a poussés à accepter les termes de l'Egypte.
Et ils les ont acceptés. Même l'extrémiste de droite Lieberman s'est soumis, expliquant à d’autres ministres, «La décision est simple. Rabin [le Premier ministre israélien assassiné pour avoir enclenché le «processus de paix»] avait dit que s’ils nous tirent dessus depuis le bande de Gaza, nous la réoccuperons, mais c’est à l’évidence difficile. " 

Les révolutions arabes sont derrière le rôle joué par Morsi pour obtenir un cessez-le-feu que le Hamas pourrait proclamer comme une victoire. La dernière guerre contre gaza a montré comment ces révolutions commencent à transformer la géopolitique régionale.
Netanyahu s’est servi de la supériorité militaire d'Israël pour reprendre l'initiative. Ses exigences pour une guerre contre l'Iran, techniquement très difficile à faire sans le soutien des Etats Unis - étaient son stratagème initial. Mais il s’est retrouvé bloqué à la fois pas sa propre hiérarchie militaire et par Obama

L'assassinat du chef militaire du Hamas, Ahmad al-Jaabri au moment où un nouveau cessez-le feu de Gaza était en discussion [avec précisément al-Jaabri, NdT] était le stratagème suivant de Netanyahou. 

Agenda

Netanyahu a soutenu Mitt Romney lors des dernières élections américaines. Le journaliste américano- palestinien Ramzy Baroud avance que le but de la guerre était de "pousser le thème de la sécurité d'Israël dans les priorités de l'agenda de la nouvelle administration"
Mais les yeux Etats Unis se sont tournés plus loin à l’est. Ce qui a été symbolisé par le fait qu’Obama s'est rendu en Birmanie, dans une démarche visant à l’éloigner de la Chine au moment de l'attaque israélienne contre Gaza. Une nouvelle guerre au Moyen Orient est donc la dernière chose que veulent les Etats Unis.

Et, à dans la région, M. Netanyahou a perdu des amis très puissants. La Turquie, qui avait fait signé un pacte militaire avec Israël, s'est retournée contre lui. Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a dénoncé la semaine dernière Israël comme un "Etat terroriste".

Mais Morsi et Erdogan ont un problème. Ils veulent nuire symboliquement et diplomatiquement à Israël, mais ils n'ont pas l'intention de reprendre la lutte armée contre Israël.
Morsi en particulier,est le président d’un peuple pour qui trouve insuffisantes les dénonciations rhétoriques et les manoeuvres en coulisses.

Ainsi qu’il l’a découvert le weekend dernier, la révolution arabe est une force dynamique qui ne peut pas être simplement exploitée à des fins d’intrigue de parti. Comme le disait Engels, elle fait trembler chaque régime, arabe comme israélien, même ceux qui prétendent être le produit de la révolution.

samedi 5 novembre 2011

Parole d'expert: le sionisme a fait son temps

Dans l’article que je vous propose, Rula Jebreal, qui est palestinienne, a eu une longue conversation avec Ruth Dayan, l’ex-femme du général Moshe Dayan dont elle était divorcée. Elle n’est donc pas la « veuve » de cet officier sioniste contrairement à ce qu'indique le titre de l'article.
La tonalité de l’entretien a été à l’évidence cordiale et les deux femmes, bien que séparées par une importante différence d’âge (Ruth Dayan a 95 ans) sont amies.
Mme Dayan a été, et reste une personne active et engagée dans la fidélité à ses engagements initiaux sionistes et socialistes. Elle déplore fortement la politique menée par le gouvernement de Benjamin Netanyahou et par Avigdor Liberman, le ministre des affaires étrangères qu’elle surnomme Doberman.
D’une certaine manière, cette personne au charme indéniable et aux valeurs humanistes mais qui n’a pas renoncé au sionisme va aussi loin qu’il est possible à un tenant de cette idéologie dans l’ouverture aux Palestiniens et dans la recherche de la justice.
C’est dire que ça na va finalement pas très loin politiquement parlant tant il y a contradiction entre l’objectif qu’elle affiche et celui qu'a toujours poursuivi le sionisme, c’est-à-dire une mainmise sur toute la Palestine et non un partage de cette dernière entre deux Etats.
Sur les plans émotionnel et affectif, l’investissement est par contre énorme et rappelle celui de certains Pieds Noirs d’Algérie, humanistes sincères qui versaient dans un paternalisme qu’il serait injuste de qualifier de méprisant, ou alors de manière non consciente.
Cette dualité explique sans doute pourquoi cette dame âgée, représentative d’une partie du sionisme pionnier, a des mots très durs pour l’actuel gouvernement de Tel Aviv qu’elle accuse en fin de compte de trahir les principes fondateurs de l’Etat sioniste. Alors que Netanyahou, Liberman et consorts ne sont rien d’autre que des sionistes cohérents.
L’incohérence du discours de Mme Dayan est patente et on ne saurait lui en vouloir d’avoir aimé Moshe Dayan. C’est cette incohérence qui l’amène à scotomiser certains aspects des relations de l’entité sioniste avec l’Egypte et les Palestiniens mais aussi à souhaiter le retour à la tête de la diplomatie sioniste de Tzipora Livni, celle là même qui avait été la VRP de l’opération « plomb durci. » contre Gaza fin 2008, début 2009.
Elle est finalement assez typique de ces Juifs qui avaient adhéré au sionisme dans l’espoir de devenir des gens comme tout le monde, c’est-à-dire de devenir un peuple doté d’un territoire et ne se concevant pas comme en exil. C’était, ainsi que l’explique Gilad Atzmon dans son livre «The Wandering Who», une des motivations du sionisme politique sauf que ce dernier a satisfait cette aspiration au détriment du peuple palestinien, d’où l’idée d’une « terre sans peuple » (et pour le sionisme, le peuple palestinien n’existait et n’existe toujours pas). Cette idéologie d’un peuple prétendument comme les autres n’a cependant pas renoncé à son ’exceptionnalisme.
Il est d’ailleurs curieux de voir  Ruth Dayan affirmer, comme Gilad Atzmon, que le sionisme a «fait son temps.  A 95 ans, elle a certainement le recul nécessaire pour en juger avec sûreté.
Ruth Dayan et Rula Jebreal

Ces propos surprenants ont été tenus la semaine dernière à Tel Aviv par Ruth Dayan, 95 ans, veuve d’un des pères fondateurs d’Israël.
par Rula Jebreal, The Daily Beast (USA) 30 octobre 2011 traduit de l’anglais par Djazaïri

Vêtue avec élégance et maquillée à la perfection, Ruth Dayan, 95 ans, me reçoit avec un grand sourire à son domicile de Tel Aviv qui surplombe la mer Méditerranée. La charismatique, alerte et extrêmement intelligente Mme Dayan est la veuve de Moshe Dayan, le légendaire chef d’état major de l’armée israélienne et un des acteurs principaux de la guerre d’indépendance de 1948. De fait Moshe Dayan avait acquis le statut de symbole de la puissance du pays pendant la guerre des six jours en 1967, quand Israël prit le contrôle de Gaza, de la Cisjordanie, de Jérusalem Est et du plateau du Golan [l’auteur a curieusement omis le Sinaï]. Les Israéliens se sentaient invincibles avec ce personnage imposant à la barre. Ayant perdu un œil au combat, il avait choisi de porter un cache-œil noir qui devint sa marque de fabrique. Dans les années qui ont suivi son décès, Ruth a conservé un franc parler peu commun parmi les personnages politiques de sa génération.

Soixante trois ans après que les fondateurs ont commencé à bâtir un Etat démocratique, prospère et sûr, Israël vit toujours dans la tension : il n’y a pas d’accord de paix avec les Palestiniens, les tensions entre Israéliens et Arabes s’aggravent de jour en jour, et la violence perdure. Sous la direction de Benjamin Netanyahou et du parti Likoud, Israël s’est trouvée en proie à des divisions politiques. Le gouvernement s’est positionné politiquement plus à droite afin de conserver une majorité au parlement. Cet été pourtant, des Israéliens de gauche [liberal] ont installé des villages de tentes pour protester contre les énormes inégalités de revenus et la coût élevé de la vie dont souffre la nation. Moshe Dayan est considéré comme étant un des «pères fondateur» d’Israël et il existe une certaine nostalgie aujourd’hui, surtout chez les Ashkénazes de la classe moyenne qui le voient comme une figure fraternelle et un symbole du sacrifice collectif et des liens communautaires.

Mme Dayan

Elle soupire et se rajuste avant de poursuivre. «L’ancienne Israël me manque, on pouvait voyager seul jusqu’à Gaza au lendemain de notre victoire dans la guerre de 1956. Moshe était déjà un héros de la guerre, connu aussi bien des Israéliens que des Arabes. Quand j’ai rencontré le maire Palestinien [de quelle ville ?], je me suis présentée comme étant Ruth Dayan. Le maire a failli faire un malaise cardiaque, » dit-elle en riant. « Ses collaborateurs avaient promptement quitté les lieux. Il m’a demandé prudemment ce que je venais faire, et j’ai répondu que je voulais voir leurs tapis. Il s’est étonné et m’a demandé « Des tapis ? » Je dirigeais Maskit à cette époque, une chaîne de magasins d’artisanat et d’arts traditionnels. Nous employions des immigrants Bulgares, et je voulais aussi embaucher des Arabes. J’ai embauché des Arabes dans tout le pays pour fabriquer des tapis et d’autres articles. Il s’agissait de vivre ensemble, de travailler ensemble, de jeter un pont. Aujourd’hui, nous utilisons de la main d’œuvre étrangère en Israël parce que les palestiniens n’ont plus le droit de venir travailler. Et cette expansion continue des colonies partout – je ne peux l’accepter. Je ne peux tolérer cette dégradation dans les territoires [occupés] et blocs de béton pour barrer partout les routes.  Et cet horrible mur ! Ce n’est pas juste. »

Les tensions entre Juifs et Arabes en Israël sont particulièrement fortes depuis la seconde intifada qui avait commencé en 2000. Le mur élevé pour protéger la nation d’attaques terroristes enserre la bande de Gaza et la Cisjordanie, mais il coupe aussi les contacts entre les deux populations. Ruth Dayan est connue pour sa liberté de pensée dans la société israélienne. Et son dévouement comme ses efforts continuels pour rapprocher israéliens et Palestiniens sont légendaires. «Moshe avait une politique à double détente : des raids punitifs transfrontaliers brutaux en représailles contre les Arabes, et dans le même temps, il prenait la tête d’une délégation pour les négociations de cessez-le-feu avec le roi Abdallah de Jordanie. Il était un combattant et un négociateur. C’était un tacticien et un réaliste – il ne voyait jamais les choses tout en noir ou tout en blanc. Après la mort de son frère Zorik, dans les combats de 1948, Moshe avait tendu la main à la communauté druze qui avait été responsable de la mort de son frère et avait passé un accord de paix avec elle. Le père de Moshe ne le lui avait jamais pardonné.»

En fait, la famille Dayan a été rudement mise à l’épreuve par les événements historiques lies à la création de l’Etat d’Israël. « Vous savez, Moshe est décédé il a 30 ans ce mois-ci [octobre]. Son courage et sa bravoure ont façonné l’histoire d’Israël.» Pour le 30ème anniversaire de sa mort, Ruth Dayan a écrit une lettre d’amour à Moshe  qui a été publiée dans un des plus grands journaux israéliens. Mais Ruth se plaint que le journal ait parlé longuement des nombreuses aventures sentimentales de Moshe plutôt que de sa contribution au service de l’Etat. « Les femmes tombaient comme des mouches aux pieds de Moshe, mais je m’enfichais. Le magnétisme disparaissait à la table du repas.» Indépendamment  de ses sentiments réels par rapport aux infidélités de son mari, Dayan tient à défendre sa mémoire. « On peut divorcer d’un mari, mais on ne peut pas divorcer d’avec une légende. » Leur plus jeune fils, Assi, a parlé publiquement de ses conflits avec son père. Comme l’explique Ruth, « C’était une sensation de ressentiment et d’abandon » du côté de son fils. Pour Moshe, « les missions militaires étaient la priorité absolue… Nous avions dû abandonner une vie que nous adorions à la ferme. Nous avons déménagé souvent dans tant d’endroits. C’était devenu une gageure que d’avoir une ambiance familiale adéquate au moment où Moshe avançait dans sa carrière. Les problèmes du pays nécessitaient des solutions immédiates. » Ruth ajoute, « J’avais visité Naplouse dans ce qu’on appelle maintenant la Cisjordanie. Le gouverneur militaire m’avait demandé si je pouvais aller rencontrer des femmes Arabes en prison pour voir si je ne pourrais pas les amener à broder. Plus tard dans la journée, quand je suis rentrée à la maison, Moshe m’a critiqué en me disant : « J’ai mis ces femmes en prison et tu vas leur rendre visite. Qu’est-ce que tu fais ?!? J’avais alors décidé qu’il était temps pour nous de divorcer. »

Ruth Dayan est issue d’une famille «laïque» aisée. Son grand-père était diplômé de la Sorbonne et sont père avait étudié à la London School of Economics. A l’âge de 17 ans, elle a abandonné l’école, quitté la maison confortable de ses parents à Jérusalem pour aller dans un centre de formation agricole à Nahalal, un village coopératif dans la vallée de Jezreel en basse Galilée. Son rêve était de construire des kibboutzim, des fermes et de travailler la terre. C’est là qu’elle rencontra Moshe qui était né dans la dure réalité du travail éreintant, de la boue et des odeurs de la vie en kibboutz à Degania. «Il savait faire pousser les récoltes et les arbres fruitiers. Il s’occupait des arbres comme si c’étaient ses propres enfants.» Ruth et Moshe se marièrent en 1935, un an après leur rencontre et ils aspiraient tous deux à un pays basé sur des idéaux socialistes. « Le travail était au centre de nos vies. Je trayais les vaches même le jour de mon mariage, » dit-elle. « Avant le lever du jour, chaque matin je faisais du pain, du fromage et j’e m’occupais des animaux pendant que Moshe travaillait la terre, alors je comprends parfaitement les Arabes et leur attachement à la terre. La vie à la ferme me manque, les vaches, les chiens, même la crasse.»

 [ici, c’est Rula Jebreal qui parle]
J’étais une adolescente Arabe de Jérusalem Est pendant la première intifada. J’ai vu les multiples visages d’Israël, surtout ceux de soldats Israéliens qui imposaient la loi martiale à ma communauté, mais je me suis aussi liée d’amitié avec des gens de gauche comme Rula dont les convictions en faveur de la coexistence et de la réconciliation ont élargi ma façon de voir. Les échos d’années de violences ont diminué le nombre de modérés. Je crains que sans plus de personnes comme Ruth Dayan, les enfants de ce pays ne grandissent en s’accoutumant à la haine et à une profonde division raciale qui devient insurmontable.

Ruth me fait partager ses liens profonds avec la communauté arabe sous la forme d’une lettre écrite en 1924 à sa grand-mère, Mme Clinker, par Nazira Zananiri. Zananiri remercie sa chère amie israélienne pour une carte de Noël qu’elle a reçue de sa part. L’affection entre les deux femmes est évidente. « Ma mère parlait arabe et nous accueillions souvent des palestiniens à la maison. Nous vivions parmi eux, même en temps de guerre. Pour le double mariage de nos enfants Assi et Yael en 1967, nous avions invité des Israéliens, des Druzes [les Druzes sont des Arabes, NdT], des Arabes, c’était une fête magnifique.»

L’opinion commune en Israël, avant la demande d’admission d’un Etat palestinien à l’ONU en septembre dernier, était qu’en érigeant un mur, le gouvernement n’aurait plus à s’occuper du problème palestinien. La sécurité serait garantie. Une défense matérialisée physiquement était construite pour faire rempart contre les journées sanglantes du terrorisme impulsé par le Hamas.
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Mais il n’a pas mis fin à la guerre intestine. Les derniers gouvernements israéliens ont été pris en otage par les partis politiques ultra-orthodoxes qui dictent les orientations nationales en demandant d’importantes subventions et des prix modérés pour les logements dans les colonies en échange de leur soutien au parlement.
Ces partis politiques et leur électorat, les ultra-orthodoxes, sont en train de transformer le visage de la nation en promouvant une intransigeance idéologique qui s’oppose à tout accord de paix avec les Palestiniens. Ce qui a créé d’énormes tensions avec l’administration Obama et est à rebours de la vision de personnes comme Moshe Dayan qui, après avoir subi une défaite psychologique avec la guerre d’octobre 1973, avait initié un dialogue d’un nouveau genre avec l’Egypte. Moshe Dayan était passé du discours « Jamais de paix sans Sharm el Cheikh et jamais de Sharm el Cheikh sans la paix » à une entrée en négociations avec Anouar Sadate sous l’égide de l’administration Carter. Cette transformation politique ne s’est pas perdue avec Ruth.

“Pour Netanyahou, la paix n’est qu’un mot et ce [l’actuel ministre des affaires étrangères] Lieberman ?... c’est l’homme le plus affreux de tout le pays. La façon dont il parle de nos Arabes, nos Arabes israéliens est inacceptable. J’appelle Liberman « Doberman », comment un tel homme peut-il représenter notre pays ? » Ruth soutient par contre le prochain leader potentiel d’Israël, Avishay Braverman, un député au parlement. « J’ai été impressionné par son travail à l’université Ben Gourion. J’aimerais aussi voir quelqu’un comme Tzipi Livni au poste de ministre des affaires étrangères. Elle a été une grande représentante d’Israël quand elle était ministre des affaires étrangères. Elle comprend la diplomatie et, par-dessus tout, elle est bien élevée, pas comme Avigdor Liberman. Je l’ai même dit à la télévision – ce Doberman est dérangé. »  Liberman a plaidé pour un transfert forcé des citoyens arabo-israéliens dans un futur Etat palestinien en échange de la conservation des blocs de colonies juives en Cisjordanie, et il a proposé une série de lois anti-arabes.

A l’opposé, Moshe Dayan était capable de faire évoluer ses points de vue politiques. Dans ses premiers discours, il niait l’existence de la Palestine alors que plus tard, devenu ministre des affaires étrangères, il acceptera l’autonomie palestinienne et négociera les accords de Camp David avec l’Egypte. Dans le cadre de ces accords, les Israéliens accepteront de se retirer de la péninsule du Sinaï en échange de la paix avec Le Caire, le tout malgré que les vues de Dayan étaient en conflit avec celles du premier ministre Menahem Begin. « [Feu le dirigeant palestinien Yasser Arafat qui m’embrassait toujours quand nous rencontrions avait du respect pour lui. Tout comme le roi Abdallah de Jordanie. «Quel plaisir d’avoir votre mari pour ennemi,» disait-il. Moshe a toujours traité les Arabes avec respect Même après la guerre des six jours, il se rendait à titre personnel en Cisjordanie. Il aimais passer du temps avec les Arabes et il allait à Naplouse sans escorte.. Il pensait que e travail nous rapprocherait. Il dialoguait avec les Arabes. Comme le faisait mon beau-frère Ezer Weizman qui était pilote et devint ensuite président d’Israël. Il croyait aussi vraiment en la paix. Il connaissait Le Caire comme sa poche pour s’y être rendu très souvent en mission. Il riait et plaisantait souvent avec le président Sadate. Les relations étaient différentes à l’époque. «Qui parle avec les Palestiniens aujourd’hui?» demande-t-elle.

Pour évoquer la position conservatrice de l’actuel premier ministre, Ruth Dayan s’efforce d’être claire. «Je rejette la politique de Netanyahou, c’est la recette pour le désastre. Il n’a pas la volonté de traiter le problème. C’est une mentalité de bunker [de ghetto, NdT]. Nous avons eu les accords d’Oslo, qui ont établi un contrôle palestiniens sur certains secteurs de la Cisjordanie et de Gaza, tandis que d’autres zones restaient sous contrôle mixte. Les accords avaient institué une force de police palestinienne, mais rien n’a changé. Le nombre de colonies a augmenté pour passer de 60 à 200, les checkpoints de l’armée sont partout et la liberté de circulation presque inexistante. La violence reste le seul langage. Je n’essaye pas d’instiller de l’optimisme à mes amis Palestiniens. Par politesse, je leur dis que j’espère que quelque chose va changer. Mais je ne parle plus du tout de paix. Je n’en ai pas le courage. J’ai tant d’amis Arabes. Mon âme soeur est Raymonda Tawill, la belle-mère d’Arafat. Ce gouvernement ne représente pas mes valeurs. Il est allé trop loi. Les deux côtés pensent être des combattants de la liberté.»

Ruth Dayan s’exprime comme un leader né. Quand je la provoque avec la question de savoir si les mesures de sécurité sont justifiées par le terrorisme, elle m’interrompt pour dire : « Oh, je vous en prie, rein n’arrêtera le terrorisme sauf e dialogue. [Yitzhak] Rabin aurait abouti à la paix. Il combattait le terrorisme comme s’il n’y avait pas de négociations et il négociait comme s’il n’y avait pas de terrorisme. Aujourd’hui, il faut appliquer la solution à deux Etats parce que nous avons évolué séparément et ce serait mieux si chacun s’occupait de ses affaires. Nous ne sommes déjà pas capables de nous entendre entre nous.»

Ayant prévu d’aller voir un ami, elle me ramène chez moi et nous continuons notre conversation dans la voiture. La radio rapporte la nouvelle de la mort de Mouammar Kadhafi. Dayan est indignée. « Pourquoi ne pas l’avoir jugé ? C’est barbare. Même les pires criminels ont droit à un procès équitable. C’est le prix de la démocratie ! Pourquoi faire démarrer la Libye nouvelle par le sang versé, » Kadhafi, me dit-elle, lui avait envoyé un livre en 2008 dans lequel il décrivait son plan de paix. Il écrivait que tout le monde devait vivre ensemble et tirer parti des ressources des uns et des autres. Je lui avais envoyé un mot de remerciement et donné le livre à Shimon Peres.»

Dayan poursuit : «Israël n’est pas un rêve aujourd’hui, c’est un pays avec beaucoup de problèmes. C’est une société high-tech qui communique via ’iPad, iPhone et Facebook au lien d’avoir des enfants qui se parlent. Notre jeunesse vit partout dans le monde, là où elle peut trouver du travail. Il y a une fuite des cerveaux. Je suis très inquiète au sujet de où tout cela nous mènera. Je suis vraiment fière des 300 000 manifestants qui exigent la justice sociale. Je dis continuez et ajoutez la question palestinienne à vos revendications ! C’est aussi une question de justice et liée à notre avenir.» Ruth Dayan ne fait pas que parler, elle agit aussi : il y a quelques mois, elle invité 300 personnes de Kharbata, un village arabe de Cisjordanie, à faire un séjour en Israël. « je leur ai obtenu des permis d’entrée et ils ont été magnifiquement bien traités. Je les ai emmenés à la plage où ils ont nagé et les enfants se sont si bien amusés qu’il semble que pendant un jour au moins, ils ont eu une vie normale. C’est mon but ultime.»