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lundi 26 août 2013

Syrie et armes chimiques: la force de destruction du mensonge

Jason Diltz d’Antiwar nous parle des armes chimiques en Syrie. Plus précisément, il fait le point sur la manipulation grotesque mise en place par les gouvernement occidentaux pour accuser les autorités syriennes d’avoir utilisé de telles armes contre la population civile.

A ceux qui veulent une preuve de l’étendue de la manipulation, celle-ci est apporté par Diltz qui signale que le gouvernement des Etats Unis a essayé d’obtenir du Secrétaire Général de l’ONU qu’il ordonne le retrait des inspecteurs spécialisés qui se trouvent en ce moment même en Syrie.

Apparemment, les régimes occidentaux seraient prêts à en découdre contre la Syrie et une attaque serait prévue dans les deux semaines à venir.

De fait, tout en stigmatisant une éventuelle agression occidentale contre la Syrie, la Russie a fait clairement savoir qu’elle ne s’opposerait pas militairement à une telle entreprise.

On comprend bien que la Russie n’en a ni les moyens et encore moins la volonté. Mais qu’elle a sans doute reçu des garanties que les bombardements auraient une portée somme toute limitée sur le plan politique, c’est-à-dire qu’ils ne viseraient pas à détruire la direction politique syrienne mais à l’affaiblir significativement et à entretenir ainsi le chaos dans le pays.

Fait nouveau, le régime sioniste a également fait savoir nettement qu’il encourageait une telle démarche agressive contre le pouvoir syrien.

Pour prendre la mesure de l’émotion suscitée en effet par l’usage (certain d’après François Hollande) supposé d’armes chimiques par l’armée syrienne, il suffit de constater l’état de confusion mentale d’un Laurent Fabius qui est allé confier son affliction à son ami Shimon Peres, un utilisateur pourtant avéré de l’arme chimique contre le peuple palestinien.
Image
Le Journal du Dimanche: "le président (sioniste) Shimon Peres, qui embrasse Laurent Fabius comme un membre de sa famille"
Ce qui déclenche ces poussées humanitaires (traduisez bellicistes) chez les dirigeants occidentaux, c’est tout simplement l’état de déconfiture politique et militaire de leurs protégés qui sont repoussés partout où l’armée gouvernementale a décidé de passer à l’offensive. Ce fut le cas à al Qussayr , aux alentours de Lattaquié et c’est maintenant le cas dans la périphérie de Damas. 

Les offensives de l’armée syrienne se soldent à chaque fois par de lourdes pertes chez l’adversaire qui les compense en faisant de plus en plus appel à des gamins qu’on endoctrine  contre le gré des familles ou avec l’accord de celles qui ont un besoin désespéré de moyens de subsistance et qui acceptent donc de recevoir une indemnisation [le salaire de l’enfant soldat) et peuvent même passer en tête de liste pour l’accès à l’aide alimentaire.  

On signale même une tendance nouvelle, l’arrivée de jeunes mineurs venus de Tunisie, d’Algérie et d’Europe pour combattre en Syrie. 

L’ONU rejette un appel des Etats Unis à retirer ses inspecteurs de Syrie tandis que la guerre menace

Les Etats Unis se préparent à attaquer, mais les inspecteurs contunuent ) enquêter sur les accusations
Par  Jason Ditz, Antiwar (USA) 26 août 2013 traduit de l’anglais par Djazaïri
Le Secrétaire Général de l’ONU Ban Ki-Moon a rejeté aujourd’hui les demandes américaines de retirer de Syrie les inspecteurs en armement chimique, les personnes informées de la teneur de la conversation affirmant qu’il est «resté ferme sur le principe.»
Les dirigeants des Etats Unis et d’autres pays occidentaux cherchent désespérément à préserver leur version sur l’usage d’armes chimiques par la Syrie et semblent craindre que cette dernière soit sérieusement mise à mal par l’enquête onusienne.
C’est pourquoi, après avoir d’abord exigé que les inspecteurs puissent se rendre sur site, les Etats Unis ont brusquement tourné  casaque quand la Syrie a accepté, insistant pour dire qu’il était «trop tard.» Depuis, les officiels [occidentaux] ont soutenu être déjà convaincus de la culpabilité [de l’armée] syrienne sur la base d’informations de presse et de déclarations des rebelles, et se préparent à lancer des attaques dans les quinze jours à venir.
Les dirigeants britanniques ont franchi un pas supplémentaire et ont essayé d’anticiper sur les conclusions de l’enquête en affirmant que les preuves ont probablement été détruites ou «trafiquées» et que ce que les enquêteurs diront au monde sur ce qui s’est passé à Jobar sera dépourvu de fiabilité. 
A l’instar de ce qui avait conduit à l’invasion de l’Irak, les dirigeants occidentaux ont déjà pris leur décision et sont maintenant en train de faire tout leur possible pour éviter la production de preuves qui ruineraient leur projet.

dimanche 14 juillet 2013

Propagande sur la Syrie: nouvelle variation sur les gentils et les méchants

On ne sait pas trop comment va évoluer le conflit en Syrie. Certes, les forces gouvernementales semblent avoir repris la main sur le terrain et infliger de sérieux revers aux forces d’opposition. 
Sur le plan politique intérieur, Bachar al-Assad vient de montrer qu’il avait les coudées franches puisqu’il a a été en capacité de faire d’importants changements de personnel dans le parti Baath, le parti auquel son pouvoir est adossé.

Enfin, certains de ses ennemis jurés sont en grande difficulté, comme le premier ministre Turc Recep Tayyip Erdogan voire même ont été éliminés de la scène politique comme l’émir du Qatar où le président Egyptien Mohamed Morsi.

syrie

Ceci dit, les Etats Unis et l’Arabie Saoudite n’ont pas renoncé à nuire à la Syrie et Barack Obama vient même d’annoncer que Washington respecterait son engagement de livrer des armes à l’opposition syrienne.

Pour surmonter les réticences exprimées par une partie de la classe politique aux Etats Unis, le discours public sur la Syrie été rectifié et les armes promises sont destinées aux rebelles modérés qu’on sait maintenant bien identifier puisqu’ils s’affrontent par les armes avec les « extrémistes ».
Comme le relève Moon of Alabama, ces affrontements relèvent plus de querelles locales que de divergences sur le fond.

Syrie: les insurgés "modérés”

Moon Of Alabama (USA) 13 juillet 2013 traduit de l’anglais par Djazaïri

Il est bien connu que les insurgés syriens ont reçu, avec l'aide des Etats Unis, de nombreuses nouvelles armes provenant de divers pays arabes:
Salim Idriss, chef du commandement militaire de l’Armée Syrienne Libre (ASL) a déclaré que les nouvelles armes ont permis à l'armée rebelle de «détruire plus de 90 véhicules blindés du régime syrien."
Mais même ces nouvelles armes ne sont pas assez pour eux. Avec leurs soutiens arabes et «occidentaux», ils  continuent à faire pression pour plus d'armes. Obama semble être prêt à livrer plus d’armes :
Le président Barack Obama a dit vendredi au roi d'Arabie Saoudite  qu'il s'est engagé à apporter le soutien des Etats Unis aux rebelles syriens qui attendent les livraisons d'armes légères qui ont été bloquées à Washington.
Le Congrès a bloqué pour l’instant toute livraison officielle d’armes américaines. Pour amener certains leaders parlementaires à changer d’opinion, la guerre en Syrie doit maintenant être redéfinie. Sur la partie gauche de la scène, voici venir maintenant le «rebelle modéré.» Au lieu de demander des armes pour combattre le «dictateur sanguinaire », le «rebelle modéré» demandera désormais des armes pour combattre les «dangereux terroristes » qui ont été ses partenaires depuis le début.

Nous lisons en effet maintenant que les Talibans pakistanais montent une succursale en Syrie et on peut voir certains insurgés lever un gigantesque “drapeau Taliban” blanc à la frontière syro-turque. Soudain, nous avons de plus en plus d’informations sur les conflits entre les insurgés «modérés» et les «terroristes» :
Kamal Hamami, le commandant de l'Armée Syrienne Libre tués jeudi dans la province côtière de Lattaquié, sortait juste d’une réunion avec d’autres membres de l’organisation sur l’approvisionnement en armes.
...
La semaine dernière, des membres de l'Etat Islamique ont été accusés d'avoir décapité deux combattants de l'Armée Syrienne Libre et d’avoir laissé leurs têtes coupées à côté d'une poubelle dans un square de Dana, une ville tenue par les rebelles dans la province d'Idlib près de la frontière turque. Une attaque qui était intervenue après des affrontements qui avaient éclaté lors d'une manifestation contre l'Etat islamique, causant  la mort de 13 personnes.
Récemment, un combattant de la région, Abou al-Haytham,a affirmé que la dispute entre rebelles a commencé quant un combattant étranger membre de l’Etat Islamique a violé un garçon – « la goutte d’eau qui a fait déborder le vase» dit-il – et les officiers de l’Armée Syrienne Libre s’étaient plaints.
Au moins quelques unes de ces histoires sont fausses. Mais elles vont servir pour une nouvelle poussée en vue d’armer les insurgés «modérés.»
Mais on a quelques raisons de douter que quelques affrontements localisés entre quelques factions motivées par le pillage témoignent d’une fracture importante entre les diverses organisations d’insurgés :
En dépit de frictions plus nombreuses, les factions modérées et les groupes djihadistes continuent à se coordonner sur le terrain, observe Charles Lister, analyste au IHS Jane’s Terrorism and Insurgency Center. Il  affirme que cela ne va sans doute pas changer même si l’ASL peut exploiter l’assassinat pour en tirer un bénéfice politique.
“Les forces modérées pourraient s’en servir de sorte à montrer à l’occident qu’elles sont disposées à rompre les relations avec les djihadistes afin d’obtenir plus d’aide occidentale,” dit-il.  «La réalité est très différente pour les officiers sur le terrain.»
Ces groupes travaillent ensemble depuis le début de l’insurrection.  Si les Syriens étaient en majorité plus modérés au début, il y avait quand même des extrémistes religieux qui baptisaient leurs bataillons du nom de guerriers sunnites historiques. Leurs différences avec les djihadistes étrangers qui combattent en Syrie sont moindres qu’avec la population syrienne en général. Le type tristement célèbre qui a été filmé en train de manger le poumon d’un soldat Syrien mort ? Un combattant local «modéré » de l’Armée Syrienne Libre. Est-il supposé recevoir plus d’armes parce qu’il affronte aussi d’autres djihadistes par rapport à sa part du butin ?

Laisser entendre qu’il y a les «bons» insurgés «modérés » est un procédé cousu de fil blanc. S’il existe  des différences idéologiques entre les diverses organisations, elles sont de l’ordre de la nuance. Par ailleurs, tout renforcement de l’armement de n’importe quel groupe d’insurgés donnera lieu à un renforcement de l’armement du régime et ne fera que coûter plus de vies et plus de sang. 

mercredi 25 juillet 2012

Un regard nuancé sur la Syrie


Quand on s’intéresse à ce qui se dit sur la Syrie dans la presse, force est de constater que le discours dominant ne fait pas dans la nuance. Bachar al-Assad semble être une nouvelle incarnation du mal (après Mouammar Kadhafi, Saddam Hussein, et même le colonel Gamal Abdel-Nasser) tandis que l’opposition armée représente le Bien.
C’est l’Occident qui le dit, alors c’est vrai.
De fait, la parole des autorités syriennes est généralement inaudible dans nos médis sauf à être déformée par les artifices de propagande dont est coutumière la presse «libre.»
Certes cette parole du gouvernement syrien n’est probablement pas très nuancée non plus. On peut cependant y accéder indirectement par le site InfoSyrie qui est farouchement pro-gouvernemental mais semble pourtant s’astreindre à un minimum de pondération qu’on peine à observer dans nos journaux.
C’est précisément cette problématique que traite Stephen Starr pour Foreign Policy.
S’il n’est pas indulgent à l’égard du gouvernement syrien, Starr insiste cependant  sur la complexité de la situation, la réalité du soutien d’au moins une partie significative de la population au président en exercice, sur le fait que nous sommes sous-informés sur la situation sur le terrain et que le comportement des journalistes ne facilite en rien la compréhension des évènements.

Incidemment, il nous apprend que les journaux avec lesquels il collabore habituellement ont refusé de publier certains de ses articles qui ne collaient pas avec la vision du régime bourreau et des opposants paisibles victimes.
Une invitation à la modestie et au respect de l’éthique professionnelle de la part de quelqu’un qui n’a séjourné que cinq années en Syrie


Ce qui se passe en Syrie est trop compliqué pour s’expliquer dans un gros titre
Par Stephen Starr, Foreign Policy (USA) 23 juillet 2012 traduit de l’anglais par Djazaïri

Paphos, Chypre - A Jdaydieh Artouz, une ville à une quinzaine de kilomètres au sud-ouest de Damas qui est le foyer d’un mélange de sunnites, d’alaouites et de chrétiens, des manifestations ont eu lieu presque quotidiennement pendant près d’une année. Pourtant, les forces de sécurité, basées dans un commissariat de police à quelques centaines de mètres de l’endroit où les manifestants se rassemblaient régulièrement, les ignoraient en général. Une nuit pluvieuse et froide de janvier, alors que j’étais sorti pour chercher des sandwiches au shawarma, j’ai vu des voitures avec des portraits de Bachar al-Assad qui ornaient la lunette arrière passer à quelques mètres des irréductibles manifestants. Aucune des deux parties n’avait semblée être offusquée. A l’exception d’incidents isolés dans lesquels quelques manifestants avaient été tués, la ville est restée calme tout au long du soulèvement – jusqu’à ce 19 juillet quand des combattants rebelles ont tiré des salves de RPG sur le commissariat de police, tuant cinq agents.

Ayant résidé dans cette ville pendant les onze mois du soulèvement, j’ai essayé sans y parvenir de faire publier des articles s’interrogeant sur pourquoi le régime tolérait des manifestations ou autorisait la liberté de réunion dans certaines zones, mais pas dans d’autres. Ces incidents ne collaient pas avec le discours qui veut que toutes les manifestations aient été violemment réprimées. Elles l’ont été en majorité, bien sûr – et souvent brutalement – mais l’image d’ensemble était d’une complexité déroutante.

Cependant, comme les militants hostiles au régime ont réussi là où j’ai échoué, l’histoire de Jdaydieh Artouz a été déformée, à en être presque méconnaissable. Des centaines de vidéos diffusées sur YouTube présentent au monde extérieur une vision selon laquelle la ville était en rébellion ouverte, qu’elle était unie dans son opposition au gouvernement syrien.

Mais demandez aux familles chrétiennes, druzes et chiites parmi auprès desquelles j’ai vécu à Jdaydieh si elles soutiennent la révolution, et la grande majorité vous répondra, en privé, que ce n’est pas le cas. Aujourd’hui, les chrétiens craignent de voir leurs églises étroitement contrôlées par ce qui serait probablement un gouvernement conservateur sunnite si la rébellion l’emportait. Ils se demandent si les femmes se verraient dire comment s’habiller.

A Jdaydieh, comme dans beaucoup d’autres villes et villages en Syrie, la bière, la vodka et les spiritueux se vendent de jour comme de nuit dans des kiosques aux coins des rues ; les chrétiens peuvent célébrer ouvertement leurs fêtes religieuses en marchant en procession dans les rues au centre des villes. Ils apprécient la liberté associée au – et selon leurs propres termes, «autorisées par le» - régime d’Assad. Dans l’ensemble, ils ne sont pas partie prenante de cette révolte.

Mais il n’y a pas que les minorités pour craindre le changement. La nouvelle classe moyenne de Syriens qui occupent les emplois de la banque, conduisent des voitures à 15 000 dollars et qui élèvent leurs jeunes enfants se sent menacée par la révolte. Beaucoup dans ce groupe de nouveaux riches ont peur de perdre les privilèges qu’ils ont obtenus et dont ils ont bénéficié pendant le régime d’Assad. Pour eux, la paix et la prospérité, c’est la Syrie d’avant mars 2011.

Les difficultés pour informer en Syrie – particulièrement dans les zones en dehors de Damas – sont évidentes. Beaucoup de journalistes de renom ont payé le prix ultime. (Suite à une affectation dans un secteur de Damas est qui avait été le théâtre d’affrontements entre des rebelles et l’armée syrienne, j’ai choisi de quitter le pays. J’ai rendu compte de scènes choquantes auxquelles j’ai assisté sur place et je commençais à être de plus en plus obsédée à l’idée de pâtir des séquelles de mon séjour.)

Quand je résidais en Syrie, je ne me suis jamais risqué à aller à Homs ou à Deraa, deux des villes frappées le plus durement par les troupes d’Assad, de crainte d’être expulsé – sort qu’on connu beaucoup de journalistes qui couvraient le conflit. Par conséquent, la plus grande partie de la Syrie est resté un trou noir pour moi. Je pouvais entendre le bruit des obus qui s’abattaient dans les champs autour de mon appartement, mais leur bruit sourd ne m’informait guère sur ce qui se passait en dehors de la ville.

Même dans le microcosme de Damas, il n’était pas facile d’avoir une bonne vision de ce qui se passait : les opinions des gens déformaient inévitablement leur compréhension des évènements. Passant par les checkpoints de l’armée, je me rendais régulièrement dans des villes près de la capitale, où les sunnites manifestaient tandis que les populations minoritaires se recroquevillaient dans la peur. Mes contacts dans ces villes, tous de groupes minoritaires, m’expliquaient qu’ils apportaient du whisky et de la nourriture aux forces de sécurité qui tiennent les checkpoints ; ils leur transmettent des informations, des renseignements; ils soutiennent à fond le gouvernement.

La vérité est brouillée quand les organes de presse sont obligés de recourir à des vidéos YouTube pour dire au monde ce qui se passe en Syrie. Quoique souvent authentiques, de tels vidéoclips sont extrêmement difficiles à vérifier. Le plus gênant cependant, c’est qu’elles ne sont pas nuancées par leur contexte – chose qui ne peut résulter que du travail des journalistes sur le terrain. Ce sont pourtant des vidéos faites par des militants diffusées par les chaînes de télévision du monde entier qui ont modelé notre réflexion et nos opinions sur la Syrie. Le conflit devient noir et blanc quand on le regarde par une telle lorgnette : le régime d’Assad est mauvais et les rebelles sont les bons. La vérité est, bien entendu, plus compliquée que ça.

Un autre défi de poids auquel font face les journalistes en Syrie est qu’ils doivent soit suivre la voie officielle – demander un visa auprès du gouvernement syrien et se résigner à une mascarade chorégraphiée qui fait du régime la victime de terroristes sanguinaires – ou ils doivent franchir illégalement la frontière turque ou libanaise avec l’aide des forces rebelles.

Contrairement à ce qui pu être dit, le gouvernement syrien autorise les journalistes à entrer dans le pays. Des équipes de Fox News, de la chaîne britannique ITV ont récemment obtenu des visas de dix jours pour couvrir la Syrie à partir de la capitale. Beaucoup de ces journalistes font des reportages sur les soldats blessés dans les hôpitaux et ont remarqué que la Syrie est en fait un pays divisé et qu’un soutien significatif existe en faveur du régime. Mais les limitations du journalisme officiel sont multiples. Les chaperons du gouvernement mettent des restrictions sur les déplacements et les contacts avec les locaux, ce qui rend difficile de sortir quoi que ce soit qui ne colle pas avec le discours du régime.

L’intégration [embedding] avec les rebelles, qui sont aussi avides de se présenter comme des victimes plutôt  que comme des agresseurs, est de la même manière une source d’obstacles pour accéder à la vérité. Mais les rebelles sont du genre compliqué. Elizabeth Palmer, une journaliste de CBS a récemment réussi à fausser compagnie à ses chaperons gouvernementaux et est partie à la recherche de combattants de l’Armée Syrienne Libre. Cependant, quand elle les a trouvés, ils lui ont tout de suite dit qu’elle serait exécutée en raison des cachets du gouvernement syrien sur son passeport. D’autres journalistes couvrant les évènements dans la campagne ont signalé le caractère menaçant des insurgés.

Du fait des obstacles aux reportages à l’intérieur de la Syrie, on entend peu de choses sur ce que pense l’importante communauté arménienne d’Alep. On ne comprend pas vraiment pourquoi les Ismaéliens de Syrie sont la seule minorité à soutenir la révolte. Lattaquié, sur la côte au nord-ouest, est la ville de Syrie où vit la plus grande population alaouite – mais nous ne savons pas où ils se voient dans une Syrie future. Peu de journalistes ont essayé de parler à des civils dans des parties du pays éloignées de Damas. Et les articles qui explorent les particularités individuelles des petites villes sont trop rares.

Aujourd’hui, le régime épouse ouvertement le sectarisme (il a par exemple fourni des armes aux alaouites qui vivent dans le quartier de Mezzeh 86 à Damas), mais c’est aussi le cas des civils sunnites qui soutiennent la révolte. Des civils alaouites sont assassinés pour l’unique raison de leur appartenance religieuse. Dans un cas, une institutrice alaouite a été désignée sur un réseau social et tuée par la suite. (Sa mort avait été fêtée sur des pages Facebook haineuses qui ont été ensuite retirées.) Un Syrien qui travaille pour la presse internationale m’a dit que sunnites et alaouites ne pouvaient plus vivre ensemble, qu’une partie des alaouites devraient être refoulée vers les montagnes de l’ouest de la Syrie.

Au milieu des récents combats à Damas, des militants ont demandé à Dieu d’élever la ville au même statut que La Mecque, Médine et Jérusalem. Je me demande ce qu’en pensent les druzes et les chrétiens de Syrie. Je me demande aussi ce que les sunnites pensent des chrétiens qui encouragent discrètement le régime à balayer les manifestants.

Mais il y a une fracture encore plus grande qui s’ouvre en Syrie et qui a été négligée à cause des difficultés pour couvrir le conflit. C’est la division entre les militants et les rebelles qui frappent le régime d’Assad pour le faire tomber et ceux qui veulent simplement vivre tranquillement – peu importe qui est au pouvoir. La complexité de la situation a peut-être été le mieux résumée par un dentiste de 28 ans avec qui j’avais parlé à Damas en janvier dernier : «Nous détestons le régime, mais nous voulons la paix, » avait-il dit à plusieurs reprises. «Mieux vaut le régime qu’une guerre civile.»

La nature compliquée du conflit en Syrie, couplée aux obstacles auxquels sont confrontés les journalistes, a joué en faveur d’une présentation simpliste des év-èléments. Mais la réalité est que de nombreux Syriens ne soutiennent ni le régime, ni la révolte. C’est la majorité silencieuse syrienne, et elle payera probablement un prix élevé pour ce qui a été estampillé comme une lutte du bien contre le mal. Le régime d’Assad est au point de départ de cette révolte – il avait choisi les armes au lieu du dialogue – mais sa politique de division mène depuis sa propre vie. Trop souvent aujourd’hui, de sont des Syriens qui tuent d’autres Syriens, mais en lisant les informations vous risquez de ne jamais le savoir.

Stephen Starr a vécu en Syrie de 2007 à février de cette année. Son livre, Revolt in Syria: Eye-Witness to the Uprising, a été publié en Europe. Dans le cadre de son tavail de journaliste, Stephen Starr a également couvert le Liban et l’Irak. Il collabore avc de nombreux journaux ou médias dont The Los Angeles Times, The Irish Times, USA Today,  The Times ou encore la BBC.

dimanche 17 avril 2011

A propos des troubles en Syrie


Un retour vers la situation en Syrie où les troubles semblent s’étendre. La situation en Syrie est très dangereuse, non pas parce qu’un mouvement démocratique pourrait mettre un terme à des années de régime autocratique sous la direction du parti Baath, mais plutôt par l’utilisation possible du mécontentement populaire par des forces qui ne sont pas plus démocratiques que le parti actuellement au pouvoir à Damas.
Joshua Landis revient  en détail sur un des éléments qui sert à la propagande contre le régime de Damas et qui vise avant tout à plonger le pays dans le chaos et , pourquoi pas, à légitimer une intervention étrangère sur le modèle de ce qui se passe en Libye.
Car si ce qui se passe en Syrie ressemblait beaucoup au début à la situation en Tunisie, avec des troubles débutant dans une zone périphérique et appauvrie du pays, la Syrie se trouve maintenant devant un scénario qui pourrait effectivement ressembler à celui de la Libye ou de l’Algérie de 1988. Et les incidents décrits par Landis rappellent beaucoup ce qu’a connu l’Algérie, avec l’action d’hommes armés inconnus qui tiraient tantôt sur les foules de manifestants, tantôt sur les forces de police.dans le but de provoquer le chaos. Dans le cas syrien, cependant, il faut noter le rôle joué par les opposants établis à l'étranger, notamment parmi la nombreuse et opulente diaspora syrienne à l'étranger. Et comme souvent, on notera encore l'intérêt de la manipulation de ce que Marx et Engels appelaient le "lumpen - proletariat".
C’est que le régime syrien est non seulement confronté au mécontentement populaire, mais également à une opposition structurée qui comprend entre autres d’anciens baathistes (comme par exemple le propre oncle du président Bachar al-Assad) où les Frères Musulmans qui avaient été écrasés dans le sang en 1982. Et il n’est pas sûr du tout que Bachar al-Assad fasse forcément l’unanimité dans les rangs du régime, lui qui semble avoir été sincèrement surpris par l’ampleur du mécontentement que par la dureté de la répression exercée par ses services.
Faute d’avoir voulu et pu réformer à temps, le président Syrien se voit désormais devant un casse-tête dont il est difficile de savoir s’il parviendra à le résoudre. Car aujourd’hui, la seule réforme qui vaille, c’est celle qui signifie la fin du régime et on ne voit pas comment el-Assad et ses amis pourraient s’y résoudre. Le problème étant aussi que toute réforme partielle ne pourra être jugée qu’insuffisante, tout en étant en même temps un aveu de faiblesse.et donc de nature à encourager la contestation.
L’accroissement de la répression semble donc être la seule issue pour le régime. Et si le président el-Assad ne s’y résout pas, gageons que la Syrie connaîtra un coup d’Etat. A la différence du régime libyen, celui de Syrie aura les mains libres pour réprimer. Tout d’abord parce que c’est un régime qui convient aux autorités de tel Aviv : faible militairement et politiquement, il ne représente pas une menace véritable pour l’entité sioniste. Ensuite, si le régime syrien est aujourd’hui proche de l’Iran, l’Arabie saoudite comme les Etats Unis ne désespèrent pas de parvenir à distendre cette alliance. Ce n’est pas pour rien, me semble-t-il, si Mme Clinton considère le président de la république syrienne comme un réformateur. Al-Assad est peut-être un réformateur, mais son régime gêne surtout moins les Etats Unis qu’un régime qui verrait par exemple une prise de pouvoir des Frères Musulmans.
Et n’oublions pas que dans certains moments, les Etats Unis ont trouvé le gouvernement syrien à leurs côtés, par exemple pour sous traiter des cas de torture ainsi qu’il fut fait pour Maher Arar ou encore pour participer à la première guerre contre l’Irak en 1991.

Par Joshua Landis, Syria Comment (USA) 13 avril 2011 traduit de l'anglais par Djazaïri
Un certain nombre d’articles d’information de l’AFP, du Guardian et d’autres agences ou organes de presse donnent à penser que les forces dé sécurité syriennes sont responsables des tirs qui ont tué 9 soldats Syriens dimanche à Banias. Certaines versions affirment qu’ils ont été tués pour avoir refusé les ordres de tirer sur les manifestants.
De nombreuses preuves donnent à penser que ce n’est pas vrai et que les journalistes occidentaux  transmettent des informations erronées.
- Témoignage du colonel Uday Ahmad. Ma femme a parlé ce matin avec un témoin qui a démenti cette histoire. C’st le colonel Uday Ahmed, beau-frère du lieutenant colonel Yasir Qash’ur qui a été tué par balles à Banias avec huit autres soldats Syriens le dimanche 10 avril 2011. Uday Ahmad était assis sur le siège arrière du véhicule que Yasir conduisait quand il a été tué par balles sur l’autoroute à l’extérieur de Banias. Uday affirme que les tirs provenaient de deux directions. Des tirs venaient du toit d’un bâtiment face à l’autoroute et l’autre  et d’autres de personnes cachées derrière la glissière en ciment au milieu de l’autoroute. Ils se sont levés d’un bond et ont tiré sur les deux camionnettes qui transportaient des soldats Syriens, en tuant 9. Le colonel Uday a survécu. 

Voici la vidéo de la fusillade présentée sur la télévision syrienne, envoyée par mon beau frère Firas qui réside à Lattaquié.


La vidéo d’un soldat supposé avouer  s’être fait tirer dans le dos par des membres des forces de sécurité et mise en lien par le Guardian a été interprétée de manière complètement fausse. Le Guardian répète de manière irresponsable une interprétation mensongère de la vidéo que lui a fournie un informateur.

1.     Le Guardian écrit “Une vidéo sur YouTube montre un soldat blessé qui affirme s’être fait tirer dans le dos par les forces de sécurité.

La vidéo ne “confirme” pas l’histoire que nous relate le Guardian. Le soldat dément avoir reçu l’ordre de tirer sur les gens. Il dit par contre qu’il était en route pour Banias afin de faire respecter l’ordre. Il ne dit pas qu’il s’est fait tirer dessus par des agents du gouvernement ou des soldats. Il le réfute. Celui qui l’interviewe essaye de lui suggérer ce qu’il devrait dire, mais le soldat dément nettement l’histoire que l’interviewer essaye de lui faire avouer. Dans la vidéo, le soldat blessé est entouré de personnes qui tentent de l’amener à dire qu’il s’est fait tirer dessus par un officier de l’armée. Le soldat dit clairement, « Ils [nos supérieurs] nous ont dit, « Tirez sur eux si ils vous tirent dessus. »
En demandant au soldat blessé, “Quand vous ne nous avez pas tire dessus, que s’est-il passé?” l’interviewer a essayé de lui faire dire au soldat blessé qu’il avait refusé l’ordre de tirer sur les gens. Mais le soldat ne comprend pas la question parce qu’il vient juste de dire qu’il n’a pas reçu l’ordre de tirer sur les gens.  Le soldat répond, « Rien, les tirs se partis de tous côtés. » L’interviewer répète sa question autrement en demandant, « Pourquoi tiriez-vous sur nous [alors que] nous sommes Musulmans ? Le soldat lui répond, « Je suis Musulman aussi. » L’interviewer demande, « Alors pourquoi tiriez-vous sur nous ? » Le soldat répond, « Nous n’avons pas tiré sur les gens. On nous a tiré dessus au niveau du pont. »
Alix van Buren, un journaliste chevronné de la Repubblica, le plus grand journal italien, se trouve à Damas et m’envoie les infos suivantes sur le possible rôle d’agitateurs armés de Khaddam à Banias.
Josh, la situation est extrêmement confuse et il est souvent impossible de confirmer ce qu’on trouve sur le web. L’absence de la plupart des media étrangers ici en Syrie ajoute à l’opacité. Ce que je peux dire sur cette question de « l’immixtion étrangère » est ce qui suit, des citations directes de membres importants et respectés de l’opposition.
Dimanche, deux hommes de l’ex-vice président Khaddam ont été arrêtés à Banias. Un militant des droits de l’homme a confirmé. Un militant des droits de l’homme a confirmé qu’ils semaient le désordre en distribuant de l’argent et des armes. Je ne sais pas quelle crédibilité accorder aux aveux faits par trois individus montrés à la télévision syrienne aujourd’hui. Cependant, plusieurs dissidents Syriens croient à la présence et au rôle « d’infiltrateurs ». Michel Kilo, quoiqu’il accepte cette possibilité, avertit que le problème des « infiltrés et des conspirations » ne devait pas être exploité pour faire obstacle à une rapide transition vers la démocratie.
Haytham al-Maleh a été le plus explicite en désignant l’immixtion des hommes de Khaddam à et autour de Banias. Il a aussi mentionné ces « chiens perdus » loyaux à Rifa’t al-Assad. Selon lui, ils sont particulièrement actifs le long de la côte entre Tartous et Lattaquié. Ici, un lien vers mon interview d’al-Maleh pour La Repubblica.
Le blogueur pionnier Ahmed Abu Elkheir, malheureusement en prison pour la deuxième fois en moins d’un mois, et pas encore libéré, a des attaches à Banias. Les premières manifestations pacifiques de samedi matin étaient aussi motivées par la demande qu’il soit libéré. Dans son profil Facebook, avant son arrestation, il s’en prenait lui aussi à Khaddam. Plusieurs auteurs de commentaires de cette région étaient d’accord avec lui, vilipendant Khaddam pour jouer « avec le sang de personnes  innocentes. »
Finalement, que pensez-vous des propos de Haytham al-Manna de Paris tenus sur al Jazeera?
Il y a beaucoup de buzz par ici à ce sujet, même si les media occidentaux ne semblent pas encore s’y être intéressés. Voir le texte en arabe sur Al Watan.  Manna dit en substance qu’il a été approché par un groupe d’hommes parmi lesquels se trouvait un homme d’affaires Syrien muni d’un passeport étranger, qui lui a demandé de faciliter la distribution d’argent et d’armes aux jeunes manifestants. Il est faut vaguement référence à une personne su groupe liée à un « important pays arabe du Golfe. » Al-Manna est originaire de Dera’a et si ce qu’il a dit est confirmé, son origine rend la situation encore plus significative. Il aurait diffusé un avertissement  aux habitants de Dera’a pour qu’ils n’acceptent pas des offres en argent ou en armes de quiconque.
J’essaye d’obtenir directement auprès de lui confirmation de ce qui précède.
Post scriptum pour ces notes précédentes envoyé par Alix Van Buren:
J’ai finalement pu joindre Haytham Manna à paris. Il a confirmé l’article d’Al-Watan et a ajouté quelques précisions. Il a parlé de trois groupes qui l’ont contacté pour fournir des armes et de l’argent aux rebelles en Syrie. D’abord, un homme d’affaires Syrien (l’histoire rapportée par Al-jazeera) ; ensuite il a été contacté par plusieurs opposants Syro-Américains pour employer ses propres mots (il parlait de plus d’un individu), il mentionne en troisième lieu des approches de cette même sorte de « Syriens au Liban qui sont loyaux envers un parti libanais qui est contre la Syrie. » Il veut sans doute parler du parti de Hariri. Mais c’est mon hypothèse à moi parce qu’il a tout simplement refusé de donner des noms parce que, m’a-t-il dit, il ne veut pas entrer dans « les contrastes libano-libanaises » [en français dans le texte, NdT]. Mais quand j’ai prononcé ce nom [Hariri] en lui demandant d’exprimer pleinement sa pensée, il ne m’a pas contredit. Il a évoqué aussi d’autres nationalités qui « s’immiscent » dans la rébellion syrienne. Il a affirmé que « l’intifadat karama », l’intifada de la dignité est une affaire « purement syrienne » et que personne, « ni Jordaniens, ni Libanais ou saoudiens » ne devaient interférer. « C’est une affaire que les Syriens doivent résoudre entre eux. »
Il a été aussi extrêmement ferme pour dire que quiconque donne de l’argent et des armes aux rebelles Syriens les « pousse au suicide » parce que « la confrontation avec l’appareil sécuritaire ne peut pas être gagnée par des affrontements armés. La puissance de feu tout comme les effectifs de l’armée plus des services de sécurité (qu’il évalue à 2,5 millions au total) sont écrasants. », dit-il. Selon lui, les jeunes ne peuvent gagner que par la non-violence. Il admet qu’il y a des gens proches de Khaddam et de Rifa’t le long de la côte, mais il pense qu’ils sont très peu nombreux – quelques dizaines – et que les deux exilés Syriens n’ont pas vraiment de base politique pour les soutenir. Les gens qui créent des troubles et reçoivent de l’argent ç cette fin sont, selon lui, de simples « misérables » [en français dans le texte, NdT], des « déclassés qui agissent ainsi pour de l’argent. »
Tout ce qui précède correspond au discours tenu actuellement par l’opposition syrienne.
Un document de trois pages supposé être un memo « top secret »  des Mukhabarat, instruisant les agents des services de renseignements que « il est acceptable de tirer sur certains membres des services de sécurité ou officiers  de l’armée afin de mieux tromper l’ennemi » a été publié sur internet et repris par all4Syria.  Une copie de ce memo accompagnée d’une traduction m’a été envoyée par le journaliste d’un magazine très connu qui voulait avoir mon opinion. Il est tâché de sang et c’est manifestement un faux. Après tout, quelle armée pourrait survivre si ses officiers supérieurs publiaient des ordres de tirer sur ses propres officiers ? Pas très bon pour le moral des troupes.
L’AFP et d’autres agences de presse ont cité des membres de l’opposition à Banias qui insistent pour dire que les neuf officiers et soldats de l’armée syrienne ont été tués par les forces gouvernementales à Banias.  Ils prétendent aussi que les inconnus qui ouvrent le feu sur les gens sont des agents du régime.
“Banias est cernée par des blindés. Personne ne peut y entrer ou en sortir. C’est comme une prison, » déclare Yasser, un commerçant. « Les forces de sécurité sont responsables pour avoir tué les soldats à Banias parce qu’ils avaient refusé d’attaquer la ville, » ajoute-t-il – une version très différente de la version officielle.
L’agence officielle de presse Sana avait annoncé que neuf soldats, dont deux officiers, avaient été tués lundi quand leur patrouille est tombée dans une embuscade près de la ville.
L’armée encercle Banias depuis lundi, quand de mystérieux agents du régime ont ouvert le feu sur les habitants, notamment devant des mosquées, tuant quatre personnes et en blessant 17…
Par Katherine Marsh – un pseudonyme – à Damas, The Guardian mardi 12 avril 2011
Des témoins affirment que des soldats qui ont désobéi aux ordres à Banias ont été tués par les services de sécurité alors que la répression contre la contestation s’intensifie.
Des soldats Syriens ont été tués par les services de sécurité pour avoir refuse de tirer sur les manifestants, indiquent des témoins, tandis que la répression contre les manifestations anti-gouvernementales s’intensifie.
Des témoins ont déclaré à al-Jazeera et à la BBC que certains soldats avaient refuse de tirer après l’entrée des l’armée dans Banias après les grandes manifestations de vendredi.
Les observateurs des organisations des droits de l’homme ont cité Mourad Heijo, un conscrit originaire du village de Madaya, comme étant un de ceux tombés sous les balles des tireurs des services de sécurité. 3les membres de sa famille et de son village disent qu’il; a refusé de tirer sur ses compatriotes », affirme Wassim Tarif, un observateur local des droits de l’homme.
Une vidéo sur YouTube montre un soldat blessé disant qu’iI a été touché dans le dos par les services de sécurité, tandis qu’une autre vidéo montre les funérailles de Muhammad Awad Qunbar dont des sources disent qu’il a été tué pour avoir refusé de tirer sur les manifestants. Des signes de défection ne peuvent que préoccuper le régime syrien. La presse d’Etat a rapporté une version différente des événements, affirmant que neuf soldats avaient été tués dans une embuscade tendue par un groupe armé à Banias. Des militants disent que les soldats qui ont été déclarés tués ou blessés ne l’ont pas tous été après avoir refusé de tirer sur les manifestants. « Nous enquêtons sur des informations selon lesquelles certaines personnes ont des armes et s’en sot servi pour se défendre, » déclare Tarif…