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mercredi 17 février 2016

Syrie: Jeffrey Sachs balance tout (ou presque)

L'article que je vous propose est signé Jeffrey Sachs. Jeffrey Sachs n'est pas exactement n'importe qui: c'est un universitaire de renom qui dirige un institut à la Columbia University (New York) et est consultant auprès du Secrétaire Général des Nations Unies.

Eh bien dans cet article Jeffrey Sachs balance tout sur la Syrie. Dans le meilleur esprit complotiste, il pointe le rôle des services secrets américains dès le début de la crise en Syrie et il souligne l'obstination de la diplomatie américaine, de Hillary Clinton en particulier, à empêcher tout règlement politique qui ne passerait pas par le préalable d'une reddition du président Bachar al-Assad quitte à aggraver et à prolonger l'effusion de sang.

Jeffrey Sachs

Il est , je pense, une des premières signatures dans la presse grand public américaine à relever le rôle de l'entité sioniste dans la situation en Syrie et le partenariat entre cette même entité et deux puissances régionales qu'il qualifie de "sunnites", la Turquie et l'Arabie Saoudite.


par Jeffrey Sachs, The Huffington Post (USA) 14 février 2016 traduit de l'anglais par Djazaïri

Pendant le débat de Milwaukee [avec Bernie Sanders] , Hillary Clinton s'est flattée de son rôle dans une récente résolution du Conseil de Sécurité de l'ONU pour un cessez-le-feu en Syrie:
Mais je voudrais ajouter ceci. Vous le savez, le Conseil de Sécurité a finalement adopté une résolution. Au coeur de cette résolution se trouve un accord que j'avais négocié en juin 2012 à Genève qui prônait un cessez-le-feu et la marche vers une solution politique en essayant d'amener les parties prenantes en Syrie  à se parler.

C'est là le genre de déclarations compulsivement trompeuses qui rendent Clinton inapte à la fonction présidentielle. Le rôle de Mme Clinton en Syrie a été de contribuer à provoquer et à prolonger le bain de sang en Syrie, pas d'y mettre un terme.

En 2012, Mme Clinton était l'obstacle, pas la solution, à un cessez-e-feu qui était négocié par l'envoyé spécial de l'ONU Kofi Annan. C'est l'intransigeance des Etats Unis - l'intrnsigeance de Mme Clinton - qui avait abouti à l'échec des démarches pour la paix de M. Annan au printemps 2012, un fait bien connu des diplomates. En dépit de l'insinuation de Mme Clinton pendant le débat de Milwaukee, il n'y eut (évidemment) pas de cessez-le-feu en 2012, mais seulement une escalade dans le carnage. Mme Clinton porte une lourde responsabilité pour le carnage qui a causé la mort de 250 000 Syriens et en a déplacé plus de dix millions.

Comme tout observateur averti l'a bien compris, la guerre en Syrie n'avait pas tellement rapport avec Bachar al-Assad, ni même avec la Syrie. C'est surtout une guerre par procuration avec l'Iran.Et le bain de sang n'en est que plus tragique et malheureux pour cette raison.

L'Arabie Saoudite et la Turquie, les principales puissances sunnites au Moyen Orient perçoivent l'Iran, la grande puissance chiite, comme un concurrent en termes d'influence et de pouvoir dans la région. La droite israélienne voit l'Iran comme un ennemi implacable qui contrôle le Hezbollah, une organisation militante chiite qui opère au Liban, un Etat limitrophe d'Israël. C'est pourquoi la Turquie l' Arabie Saoudite et Israël ont tous  réclamé l'élimination de l'influende iranienne en Syrie.

Cette idée est d'une naïveté incroyable. L'Iran est présent en tant que puissance régionale depuis longtemps - en fait depuis près de 2700 ans. Et l'Islam chiite ne va pas disparaître comme par enchantement. Il n' y  a auun moyen, et aucune raison, de "vaincre" l'Iran. Lespuissances régionales doivent forger un équilibre géopolitique qui reconnaît les tôles mutuels et d'équiliration des pays arabes du Golfe d el'Iran et de la Turquie. Et la droite israélienne est naïve et profondment ignorante de l'histoire pour regarder l'Iran comme son ennemi implacable, particulièrement quand cette façon de voir erronée pousse Israël à se ranger du côté des djihadistes sunnites.

Pourtant Mme Clinton n'a pas suivi cette voie. Elle a au contraire rejoint l'Arabie Saoudite la Turquie et le droite israélienne pour essayer d'isoler et même de vaincre l'Iran. En 2010, elle avait encouragé des négociations secrètes entre Israël et la Syrie pour essayer de soustraire la Syrie à l'influence de l'Iran. Ces discussions avaient échoué. Alors la CIA et Mme Clinton avaient poussé avec succès en faveur d'un Plan B: renverser Assad. 

Quand les troubles du Printemps Arabe ont éclaté début 2011, la CIA et le font anti-iranien constitué par la Turquie, l'Arabie Saoudite et Israël y virent une opportunité pour renverser rapidement Assad et de s'assurer ainsi une victoire géopolitique. Mme Clinton se fit la principale promotrice de l'entreprise menée par la CIA pour un changemet de régime en Syrie.

Début 2011 la Turquie et l'Arabie Saoudite mirent à profit des protestations locales contre Assad pour essayer de fomenter les conditions de son éviction. Vers le printemps 2011, la CIA et les alliés des États Unis organisaient une insurrection armée contre le régime. Le 18 août 2011, le gouvernement des États Unis rendait publique sa position:"Assad doit partir."

Depuis, et jusqu'au récent et fragile accord de cessez-le-feu au Conseil de Sécurité de l'ONU, les États Unis ont refusé d'accepter tout cessez-le-feu tant qu'Assad n'était pas écarté du pouvoir. La politique américaine - sous Clinton et jusqu'à récemment - a été celle du changement de régime d'abord et du cessez-le-feu ensuite. Après tout, ce ne sont que des Syriens qui meurent. Les efforts de paix d'Annan avaient été sabotés par l'exigence inflexible des États Unis pour qu'un changement de régime contrôlé par les USA précède ou au moins accompagne un cessez-le-feu. Comme l'avait observé en août 202 la rédaction de The Nation [hebdomadaire progressiste américain]::

L'exigence par les États Unis d'un départ d'Assad et de l'imposition de sanctions avant même que débutent des négociations sérieuses, tout comme le refus d'inclure l'Iran dans le processus condamnaient la mission [d'Annan].

Clinton n'a pas été un acteur mineur dans la crise syrienne. Son représentant diplomatique à Benghazi, Chris Stevens, avait été assassiné alors qu'il s'occupait d'une opération de la CIA pour expédier des armes lourdes libyennes en Syrie. Clinton elle-même a été à la pointe de l'organisation des soi-disant "Amis de la Syrie" pour soutenir l'insurrection dirigée par la CIA.

La politique américaine a été un échec massif et terrible. Assad n'est pas parti, et il n'a pas été vaincu. la Russie est venue l'aider, l'Iran est venu l'aider. Les mercenaires envoyés pour le renverser étaient eux-mêmes des djihadistes extrémistes avec leurs propres agendas? Le chaos a ouvert la voie à l'Etat Islamique, bâti avec des officiers de l'armée irakienne mécontents (exclus de l'armée par les États Unis en 2003) des armes américaines et avec le soutien considérable de fonds saoudiens. Si la vérité devait être entièrement connue, les nombreux scandales associé rivaliseraient certainement avec le Watergate dans leurs ébranlement des fondations de la classe dirigeante des États Unis.

L'arrogance des États Unis dans cette approche semble ne connaître aucune limite. Le procédé du changement de régime fomenté par la CIA est si profondément inscrit comme un instrument "normal" de la politique étrangère américaine qu'elle est à peine remarquée par l'opinion publique ou les médias aux États Unis. Renverser le gouvernement d'un autre pays est contraire à la charte de l'ONU et au droit international. Mais a-t-on besoin de telles subtilités entre amis?

L'instrument [la déposition d'Assad] de la politique étrangère des États Unis n'a pas été seulement en violation flagrante du droit international mais a aussi été un échec massif et répété. Au lieu d'un coup d'état rapide et décisif pour résoudre un problème de politique étrangère, chaque changement de régime ourdi par la CIA a été, presque inévitablement, le prélude à un bain de sang. Comment pouvait-il en être autrement? Les autres sociétés n'aiment pas que leur pays soit manipulé par des opérations secrètes des États Unis.

Écarter un dirigeant, même quand l'opération est un "succès" ne résout aucun des problèmes géopolitiques sous-jacents, et encore moins les problèmes de nature écologique, sociale ou économique. Un coup d'état invite à la guerre civile, du genre de celles qui secouent aujourd'hui l'Afghanistan, l'Irak, la Libye et la Syrie. Il invite une réaction internationale hostile, comme celle de la Russie en appui à son allié syrien pour faire face aux opérations dirigées par la CIA. Nous en sommes au point où la somme des malheurs causés par es opérations secrètes de la CIA peut littéralement remplir des volumes. Sera-t-on dès lors surpris de voir Mme Clinton reconnaître en Henry Kissinger un mentor et un guide?

Et où en sont les médias de l'establishment  dans cette débâcle? Le New York Times a fini par parler d'une partie de cette histoire le mois dernier en présentant la connexion entre la CIA et l'Arabie Saoudite, dans laquelle l'argent saoudien sert à payer les opérations de la CIA afin de contourner le Congrès et le peuple américain. Après cette première publication, il n'y a pas eu de suite. Pourtant le financement saoudien d'opérations de la CIA est fondamentalement le même procédé que celui utilisé par Ronald Reagan et Peter North dans le scandale Iran-Contra des années 1980 (avec des ventes d'armes à l'Iran utilisées pour financer des opérations secrètes de la CIA en Amérique Centrale sans le consentement ou la supervision du peuple américain).

Mme Clinton elle-même n'a jamais montré la moindre réserve ou le moindre scrupule à mettre en oeuvre cet instrument de la politique étrangère américaine. A son actif en matière de soutien enthousiaste à des changements de régime sous l'impulsion des Etats Unis, on inclura (liste non exhaustive) le bombardement de Belgrade en 1999 l'invasion de l'Afghanistan en 2001 la guerre contre l'Irak en 2003, le coup de force au Honduras en 2009, l'assassinat du Libyen Mouammar Kadhafi en 2011 et l'insurrection contre Assad coordonnée par la CIA de 2011 à ce jour.

Libye octobre 2011 -Pour  une Hillary Clinton  radieuse, c'est comme si Mouammar Kadhafi était déjà mort

Il faut un grand leadership présidentiel pour résister aux malheureuses aventures de la CIA. Les présidents finissent par s'entendre avec les entreprises du secteur de la défense, les généraux et les cadres de la CIA. Ils se protègent ainsi des attaques venues de la droite extrémiste dure. Ils réussissent en exaltant la puissance militaire des États Unis, pas en la contenant. Beaucoup d'historiens pensent que JFK [John Fitzgerald Kennedy] a été assassiné suite à ses ouvertures de paix en direction de l'Union Soviétique des ouvertures qu'il avait faites contre les objections d'une opposition de droite tenante d'une ligne dure au sein de la CIA et d'autres secteurs de l'appareil d'état américain.

Hillary Clinton n'a jamais fait montre d'un iota de courage, ou même de compréhension , dans la confrontation avec la CIA. Elle a été un inlassable partisan de la CIA et  jubilait à montrer sa fermeté en soutenant chacune de ses opérations malavisées. Les échecs sont bien sûr constamment dissimulés à notre vue. Clinton est un danger pour la paix mondiale. Elle doit répondre de beaucoup de choses en ce qui concerne le désastre en Syrie.

Jeffrey Sachs est le Directeur de l'Earth Institute (Institut de la Terre) à la Columbia University

mardi 16 février 2016

Intervention russe en Syrie: clarté et cohérence des buts et des moyens

On n'a guère l'habitude d'entendre ou de lire les diplomates russes s'exprimer sur la politique étrangère menée par leur pays. 
Ici, c'est l'ambassadeur de Russie en Grande Bretagne qui publie une tribune dans un tabloïd londonien à grand tirage. Et il le fait pour exposer la vision russe du conflit en Syrie ainsi que de son règlement.
Deux choses ressortent nettement de son propos. La première est que l'intervention de l'aviation militaire russe a été dictée par la perspective de voir la capitale syrienne tomber entre les mains de Daesh avec la bénédiction des puissances occidentales qui auraient "repeint en blanc" un Sunnistan qui correspond aux objectifs stratégiques des Etats Unis. La deuxième chose qui apparaît nettement, c'est que le gouvernement russe a une vision très précise des buts de son intervention et des moyens militaires mais aussi politiques de les atteindre. Et cette vision ne nie le rôle d'aucun acteur pour peu qu'il n'entre pas dans la liste des organisations terroristes, une liste à établir entre "partenaires" et dont certaines organisations pourraient sortir sous certaines conditions
La diplomatie russe nous offre en définitive un brillant contre exemple de celui donné par les actions brouillonnes, nocives, criminelles et contraires au droit international entreprises dès 2011 par les puissances occidentales et leurs alliés régionaux. Des actions qui n'ont fait qu'aggraver la situation tout en fermant méthodiquement toutes les issues vers une solution de la crise en Syrie.

Alexander Yakovenko: la Russie et les Etats Unis sont partenaires pour essayer de mettre fin à la guerre en Syrie

par Alexander Yakovenko, ambassadeur de Russie au Royaume Uni,
The Evening Standard (UK) 15 février 2016 traduit de l'anglais par Djazaïri
La récente réunion à Munich du Groupe de Soutien International à la Syrie (GSIS) qui cherche un règlement en Syrie - avec la présence de la Russie, des Etats Unis, de la Turquie, de l'Arabie Saoudite et de l'Iran - s'est conclue avec un plan pour essayer de trouver des moyens de mettre fin aux hostilités entre les organisations de l'opposition syrienne et le gouvernement, sans toutefois faire de compromis sur la lutte contre l'Etat Islamique (Daesh) et d'autres force extrémistes.
Cette réunion intervenait après les succès de la récente offensive de l'armée syrienne qui, selon les experts, a progressivement mis en route la dynamique qui lui permettra de mettre un terme à la guerre civile en Syrie.
Alexander Yakovenko lors de la présentation de ses lettres de créance à la reine Elizabeth II

Pour avoir une idée de l'immense défi qu'affronte la communauté internationale, on peut regarder comment la situation en Syrie a évolué ce quatre dernières années. Nous avons constaté un processus de radicalisation du côté de l'opposition. Beaucoup d'organisations syriennes se sont liées à des organisations terroristes étrangères qui étaient bien équipée et financées par divers acteurs régionaux qui, à leur tout, projetaient leurs propres agendas de politique intérieure sur le champ de bataille syrien.
La situation en était arrivé au point où les Américains avaient renoncé à trouver des gens en qui ils auraient pu faire confiance parmi les organisations rebelles qui combattent le gouvernement syrien. Il y a quelques mois, nos collègues britanniques nous avaient dit que la situation en Syrie était un foutoir complet. La situation était rendue encore plus compliquée par l'émergence de Daesh, un mélange explosif de fanatiques religieux et de lambeaux du régime baathiste, dont des anciens officiers de l'armée de Saddam Hussein.
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Dans le même temps, les Etats Unis constituaient leur coalition anti-Daesh forte de quelque 70 pays membres qui se lança dns des frappes aériennes inefficaces contre Daesh pendant plus d'un an avant que la Russie doive intervenir avec son aviation militaire à la demande du gouvernement syrien. L'été dernier, nos partenaires occidentaux nous avaient dit que'en Octobre Damas tomberait entre les mains de Daesh. Ce qu'ils avaient prévu de faire par la suite, nous l'ignorons. Ils auraient probablement fini par repeindre les extrémistes en blanc pour les accepter en tant qu'Etat sunnite à cheval sur la Syrie et l'Irak.
En ce circonstances l'intervention russe a changé la donne de manière décisive, permettant à l'opposition syrienne démocratique de se réapproprier la cause d'une Syrie démocratique qui avait été détournée par des organisations terroristes étrangères. C'est alors seulement que les principaux acteurs pouvaient se réunir dans le GSIS pour ue approche globale en vue de trouver une solution politique en Syrie et d'éradiquer Daesh. L'ampleur de cette double tâche n'a jamais été sous-estimée, compte tenu de la situation sur le terrain. C'est pourquoi le GSIS a accepté de faire l'inventaire des organisations d'opposition authentiques et de celles qui sont terroristes. C'est difficile à cause des ingérences régionales. Par exemple, les Kurdes syriens n'ont pas été invités aux discussions de Genève en raison de l'opposition de la Turquie.
Hélicoptère russe en couverture de soldats syriens
Cette démarche, impulsée par les Russes et les Américains pour séparer les modérés des organisations extrémistes est cruciale. Elle permettra à l'opposition modérée de rompre ses alliances avec les groupes terroristes de l'étranger. Elle permettrait aussi de soulager l'armée syrienne en tant que principale force à affronter Daesh sur le terrain. Dès lors, un front anti-terroriste commun pourrait se faire jour pendant qu'une solution politique à la crise syrienne se discute entre le régime et l'opposition à Genève. Pendant ce temps, l'armée de l'air russe et la coalition dirigée par les Etats Unis continueront leurs frappes aériennes contre Daesh.
Cette approche est la vraie chance de pouvoir résoudre le problème syrien. Ce n'est pas facile, mais si nous voulons mettre fin à cette guerre nous devons essayer.

jeudi 26 novembre 2015

Sukhoi 24 russe abattu par l'aviation turque: une analyse juridique réfute les arguments de la Turquie

L'armée de l'air turque était-elle fondée à abattre un bombardier russe de type SU-24 en mission au dessus de la Syrie ?
su24m-5
Bombardier biplace Su-24 Fencer

Les autorités turques soutiennent que oui car, selon elles, l'avion russe avait violé l'espace aérien turc et que les avions de chasse turcs avaient procédé à une dizaine de sommations avant d'ouvrir le feu.
Le gouvernement russe conteste pour sa part que le SU-24 ait pénétré dans l'espace aérien turc tandis qu'un des deux membres de l'équipage russe qui a survécu à la destruction de son appareil, l'autre ayant été tué par les « rebelles syriens » pendant sa descente en parachute, nie la réalité des sommations.
Il est vrai qu'on peut s'interroger sur la possibilité d'une dizaine de sommations pour une incursion qui aurait duré au maximum (si elle a eu lieu!) 17 secondes.
Sukhoi_Su-24_shootdown_Syrian-Turkey_border-fr.svg
Versions russe et turque de la trajectoire du SU-24 détruit par l'armée turque
Pourtant, même si l'avion russe était entré dans l'espace aérien turc, ce fait n'aurait pas en lui-même suffi à justifier le recours à l'usage de la force et la destruction de l'appareil.
C'est en tout cas ce qui ressort d'une analyse juridique effectuée par quelqu'un qui semble être versé dans ce domaine puisqu'il est à la fois ancien officier supérieur de l'aviation militaire américaine et spécialiste reconnu du droit de la guerre.

Les Russes ont sans doute un dossier solide sur la destruction de leur avion par la force aérienne turque

par Charles J. Dunlap Jr., The Hill (USA) 25 novembre 2015 traduit de l'anglais par Djazaïri
La destruction en vol d'un bombardier russe Su-24 par des F-16 turcs soulève un certain nombre de questions essentielles en matière de droit international que les États Unis doivent examiner avec soin. C'est tout particulièrement important dès lors que le résultat de l'action 6turque6 a é6té apparemment la mise à mort illégale d'un des aviateurs russes par les rebelles syriens ainsi que la possibilité de la mort de la même manière d'un marine russe qui essayait de porter secours à l'équipage de l'avion abattu.
Si le président Obama a certainement raison de dire que « la Turquie comme tout pays a le droit de défendre son territoire et son espace aérien, » la manière exacte de le faire est plus compliquée que ce que laisse entendre le président. En fait, les Russes ont de solides arguments juridiques pour soutenir qu'un tel droit prévu par le droit international a été invoqué à tort dans ce cas précis.
Quand peut-on agir en légitime défense ?
L'article 51 de la charte de l'ONU permet l'usage de la force en cas « d'agression armée. » Cependant, dans une affaire traitée en 1986, le Cour Internationale de Justice avait conclu qu'un « simple incident frontalier » pouvait constituer une violation de la charte de l'ONU mais n'induisait pas nécessairement le droit à user de la force si l'attaque n'a pas une ampleur et des effets significatifs. La plupart des nations admettent aussi que des États menacés d'une attaque imminente peuvent réagir en légitime défense du moment qu'ils ne disposent en la circonstance « d'aucun moyen de stopper l'agression autre que le recours à la force armée, » ainsi que l'avait observé Leo Van den Hole dans l'American University International Law Review (revue universitaire de droit international).
Le problème ici est que les Turcs n'affirment pas qu'une agression militaire était en cours ni, d'ailleurs, qu'une telle attaque était même envisagée par les Russes. Au contraire, dans une lettre à l'ONU, les Turcs ont seulement affirmé que les Russes avaient « violé leur espace aérien national sur une profondeur de 1,7 à 2 kilomètres pendant 17 secondes. » Ils disent aussi que les Russes ont été avertis « dix fois » (ce que les Russes contestent) et que les chasseurs turcs ont tiré sur l'avion russe en conformité avec les « règles d'engagement » turques. Bien entendu, les règles nationales d'engagement n'ont pas prééminence sur les exigences du droit international. En outre, le droit international exige que toute force mobilisée pour se défendre soit proportionnelle à la menace à traiter.
La question de droit qui se pose est donc celle-ci : Est-ce qu'une simple incursion frontalière de 17 secondes a une importance et une ampleur de nature à justifier l'usage « proportionné » d'une force meurtrière comme unique recours – en particulier dans une situation où rien n'indique que les Russes allaient attaquer quoi que ce soit sur le sol turc ?
Pour l'instant, les États Unis restent silencieux sur ce qu'ils savent éventuellement de la localisation précise des avions (dont les Russes affirment qu'ils ne sont jamais entrés dans l'espace aérien turc). Qui plus est, même su les Russes avaient pénétré l'espace aérien turc, ce fait en lui-même ne permettrait pas nécessairement l'usage de la force en l'absence de signes d'intentions hostiles (dont les Turcs ne parlent pas). De plus, il n'est pas impossible que l'avion russe puisse être entré dans l'espace aérien turc – ou pas – du fait d'une erreur de navigation non intentionnelle causée par le système de navigation satellitaire qu'emploient les Russes. Des erreurs de navigation ne sont pas des raisons valables pour déclencher le recours à une force meurtrière.
En bref, in apparaît à ce stade que le dossier présenté par la Turquie pour justifier le recours à la force meurtrière est, au mieux, fragile. Néanmoins, le secrétaire général de l'OTAN Jens Soltenberg a déclaré que l'OTAN est « solidaire avec la Turquie. » Cependant, il aurait été plus prudent de différer son jugement en attendant que les faits soient définitivement établis et qu'une analyse juridique exhaustive soit effectuée. Pourquoi ? L'article 5 du traité de l'Alliance Atlantique qui régit le droit à la légitime défense paraphrase presque mot pour mot l'article 51 de la charte de l'ONU ; donc, si les faits montrent qu'il y a illégalité au regard du droit international, cela minerait le bien fondé de la prise de position de l'OTAN « en solidarité » avec n'importe quel pays.
L'agression contre l'aviateur et le marine russes
Un autre problème important de droit international a été soulevé après que l'avion russe a été touché par les missiles turcs. Les deux aviateurs se sont éjectés mais ont été attaqués pendant leur descente en parachute de leur avion en perdition – par des éléments de l'Armée Syrienne Libre d'après les informations. Un marine russe qui participait à une opération de secours a été tué.
Il est parfaitement établi que le droit de la guerre interdit d'attaquer quiconque s'échappe en parachute d'un avion en détresse, et que le faire est un crime de guerre. Il n'y a pas de réel débat entre experts sur la lecture de ce point de droit.
En ce qui concerne le soldat russe tué en opération de secours, les choses sont plus complexes au niveau juridique. En général, une action de secours est une opération militaire qui peut être légalement attaquée. Si cependant, l'aéronef de se secours arborait une croix rouge ou un emblème du même genre reconnu internationalement, et si l'objectif consistait seulement à apporter des soins médicaux, l'attaque serait probablement considérée comme injustifiée. En outre, compte tenu du fait que tirer sur un aviateur qui fuit [son avion] en parachute est en soi un crime de guerre, le fait de porter secours à des pilotes soumis à une action à l'évidence illégale peut fort bien transformer l'incident en un de ceux où le droit international verrait dans la mort du marine russe un crime illégal.
Ce que cela signifie pour les États Unis
La Turquie n'est pas seulement un allié très important pour les États Unis et au sein de l'OTAN, mais aussi un partenaire essentiel de la coalition internationale qui s'oppose à l’État Islamique en Irak et au Levant (EIIL ou Daesh). Ceci dit, le respect de la règle de droit est particulièrement important dans des situations extrêmement instables comme en Syrie aujourd'hui. Ce n’est ni le moment ni le lieu d'interprétations approximatives qui peuvent aboutir à des conséquences non souhaitées. Les États Unis doivent aussi garder à l'esprit qu'il existe d'autres situations de frontière aériennes explosives dans le monde – comme les survols dans le sud de la mer de Chine – où les intérêts des États Unis tirent avantage du fait que les règles de retenue dans l'usage de la force sont méticuleusement respectées.
Si la Turquie est en tort dans cette affaire, les États Unis devraient le dire, indépendamment des autres points de désaccord que nous pouvons avoir avec les Russes. Un ami devrait toujours dire à un ami quand il a commis une erreur. C'est aussi simple que ça.
Dunlap est un général de l'armée de l'air en retraite qui dirige actuellement le Center on Law, Ethics and National Security à la faculté de droit de l'université Duke.

mercredi 11 novembre 2015

Le ministre antisémite dont la presse française ne parle pas

Sur certains sujets, on ne pourra pas dire que la presse française est très réactive.
On avait ainsi pu constater qu'elle avait eu un certain retard à l'allumage pour commenter les propos négationnistes du chef du gang sioniste Benjamin Netanyahou qui a récemment affirmé que c'est le Grand Mufti de Jérusalem qui avait suggéré à Hitler l'idée d'exterminer les Juifs.

On observe un phénomène semblable en ce qui concerne la situation politique d'un pays européen, et pas n'importe lequel puisque ce pays est la Pologne, un pays important par sa population, sa qualité de membre de l'Union Européenne et de l'OTAN et sa situation géographique au contact de la Russie et de l'Ukraine

La Pologne a une frontières avec l'enclave russe de Kaliningrad et avec l'Ukraine
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Eh bien, les élections législatives en Pologne viennent de donner la majorité absolue à un parti conservateur représentant d'une droite dure, voire même assimilable à l'extrême droite.

Ce parti conservateur siège au parlement européen dans le même groupe que les Conservateurs britanniques ; il est même la deuxième force politique de ce groupe après les affidés de David Cameron.

Un nouveau cabinet a naturellement été constitué à Varsovie et parmi ses membres, au poste clef de ministre de la Défense, a été nommé un homme qui déclarait publiquement il y a quelques années que l'opuscule intitulé « Les Protocoles des Sages de Sion » pouvait bien être authentique parce que, selon lui, l'expérience montre qu'il existe de telles organisations [qui complotent secrètement] dans les milieux juifs.

Nous sommes là devant des propos typiquement antisémites, tenus par un membre important du gouvernement d'un pays qui compte en Europe.

Et que nous en dit la presse hexagonale ?

Pour l'instant, rien.

Je vous fiche mon billet que si un obscur sous-secrétaire d'Etat d'un pays arabe avait tenu le même langage, nous aurions eu quantité d'articles et de dépêches pour signaler et fustiger des propos antisémites.

Le nouveau ministre polonais de la défense condamné pour ses propos sur la théorie d'un complot juif

par Rajeev Syal, The Guardian (UK) 10 novembre 2015 traduit de l'anglais par Djazaïri

Ministre nouvellement nommé, Antoni Macierewicz est critiqué pour avoir dit qu'un libre canular présentant un projet pour dominer le monde pourrait être authentique.

Le ministre polonais de la Défense nouvellement nommé a été condamné pour avoir suggéré la possibilité qu'un document frauduleux prétendant montrer qu'il existe un plan juif pour dominer le monde puisse être authentique.


Antoni Macierewicz


Antoni Macierewicz fait partie d'un certain nombre de nominations controversés décidées lundi par le parti de droite Droit et Justice après s'être assuré pour la première fois la majorité absolue aux élections législatives du pays.

Sa nomination pourrait compliquer les relations de la Pologne avec ses alliés de l'OTAN et de l'Union Européenne (UE) ans leur démarche pour isoler la Russie. Elle pourrait aussi constituer une difficulté pour David Cameron dont le groupe [au parlement de Strasbourg] des Conservateurs et Réformistes Européens dépend du soutien de Droit et Justice.

Macierewicz avait dit aux auditeurs de Radio Maryja en 2012 qu'il avait lu les Protocoles des Sages de Sion, un petit livre qui se présente comme un plan juif pour contrôler l'économie et les médias mondiaux mais dont il a été démontré que c'était un faux.

Il avait considéré qu'il y avait un débat autour de l'authenticité de l'opuscule, mais il avait dit aux auditeurs : « L'expérience montre qu'il existe de telles organisations dans les milieux juifs.»

Ses propos ont été largement condamnés par les militants antiracistes en Pologne. Rafał Pankowski, qui a parlé de la participation de Macierewicz à l'émission de radio dans un livre sur l'extrême droite polonaise déclare : Il est bien connu pour son discours politique extrémiste qui suscite la division et a ses racines dans le discours identitaire nationaliste de Radio Maryja.

« La culture politique de Droit et Justice semble fortement influencées par ce genre de discours. C'est un triste moment pour la démocratie polonaise et européenne si la promotion des théories du complot est récompensée par des nominations à des postes importants. »

Ancien membre de l'opposition polonaise anticommuniste et vice-ministre de la Défense, Macierewicz est connu pour son action pour purger les services de renseignements militaires du pays de toute influence russe et communiste.

Au début des années 1990, il avait mené une enquête pour repérer les communistes parmi les anciens dirigeants de Solidarité, les accusant d'avoir travaillé pour la police secrète. Il avait même accusé le fondateur du syndicat, Lech Walesa, d'être un espion connu sous le nom d'Agent Bolek, mais ses accusations n'avaient pu être prouvées.

Plus récemment, il s'est fait le champion d'une théorie selon laquelle l'accident d'avion qui avait causé la mort de 96 Polonais en 2010, dont le président Polonais, était un assassinat orchestré par la Russie et non un accident comme les enquêtes officielles l'ont établi.

« Le gouvernement dirigé par le premier ministre [russe] de l'époque, Vladimir Poutine est entièrement responsable de cette tragédie, » a-t-il déclaré devant le Parlement européen en mars.

« Il faut le dire, c'était la première salve d'une guerre qui est maintenant en cours à l'est de l'Europe et qui se rapproche de plus en plus dangereusement des frontières de l'UE et de l'OTAN. »

Le gouvernement russe a mis en cause une erreur de pilotage, et les enquêteurs polonais ont affirmé que le personnel de l'aéroport était également responsable.

Le langage incendiaire de Macierewicz risque de poser problème aux diplomates de Bruxelles déjà préoccupés par la victoire des nationalistes et eurosceptiques de Droit et Justice.

Les Protocoles des Sages de Sion auraient été publiés pour la première fois en Russie dans les années 1900 [avant la révolution bolchevique, NdT], traduits dans différentes langues et diffusés internationalement au début du 20ème siècle.

Ils sont supposés être les minutes d'une réunion de dirigeants juifs à la fin du 19ème siècle au cours de laquelle ils auraient discuté d'un projet de plan global pour subvertir les règles morales des Gentils, contrôler la presse et l'économie mondiales.

Des journalistes et des historiens ont démontré leur caractère frauduleux dans les années 1920, montrant qu'ils contenaient des extraits de textes tirés d'autres livres. Ils furent néanmoins étudiés dans les écoles allemandes après l'accession au pouvoir des Nazis en 1933.

Droit et Justice est devenu le premier parti politique de la Pologne post-communiste à obtenir la majorité absolue au parlement, ce qui lui donne un contrôle d'une ampleur inédite sur les politiques de l'Etat.

Son retour au pouvoir a remis en selle l'ancien premier ministre Jaroslaw Kaczynski dont le gouvernement avait agacé ses alliés européens avec sa rhétorique antiUE entre 2005 et 2007.

Droit et Justice n'a répondu aux demandes de commentaires du Guardian


vendredi 8 mai 2015

Un escroc sioniste met à genoux le système bancaire de Moldavie

Une somme d'un milliard de dollars a disparu de trois banques de Moldavie, le pays le plus pauvre d'Europe.
L'argent s'est évaporé sous le couvert de prêts bancaires réalisés en seulement quelques jours à la veille d'une échéance électorale de 2014.
Cette somme est considérable dans l'absolu mais surtout quand on la rapporte au Produit Intérieur Brut du pays :
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Pour mieux vous représenter la chose, sachez que c'est comme si on avait subtilisé en moins d'une semaine la somme de 200 milliards d'euros à des banques françaises.
LE CHIFFRE - 10.000 manifestants se sont réunis dimanche dans la capitale moldave, pour protester contre la disparition d'un milliard de dollars des coffres de trois banques.
Par Fanny Bonjean, RTL-France, le 07/05/2015 À 17:10
Un vol mystérieux fait scandale en Moldavie. En avril, la Banque centrale a découvert qu'un milliard de dollars manquait dans les coffres de trois banques, dont un établissement public. L'argent aurait été dépensé en novembre 2014 via des crédits obscurs dont les destinataires n'ont pas été identifiés.
Or, un milliard de dollars est une somme conséquente pour la Moldavie, pays le plus pauvre d'Europe. Elle représente près d'un huitième du PIB (12,55%). Aussi près de 10.000 citoyens sont descendus dans les rues de Chisinau, la capitale, dimanche 3 avril, pour protester contre cette disparition et plus globalement la corruption. Les manifestants ont appelé à la démission du procureur général mais aussi de juges de la Cour suprême et de plusieurs hommes politiques, qu'ils jugent impliqués dans le scandale.
Selon un rapport d'une commission parlementaire, qui a filtré dans la presse, une partie de l'argent de ce scandale financier aurait été transférée dans quatre banques russes. Jusqu'ici deux personnes, dont l'identité est gardée secrète, ont été placées en détention provisoire et les biens de plusieurs autres mis sous séquestre. Le gouvernement a également fait appel aux experts de la compagnie d'audit américaine Kroll pour démêler l'affaire.
La Moldavie est un pays européen, qui plus est au contact d'une zone d'extrême tension par sa frontière avec l'Ukraine. Comme l'Ukraine d'ailleurs, la Moldavie est en proie au séparatisme d'une région, la Transnistrie, qui a proclamé son indépendance.
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Moldavie; en rouge, la Transnistrie
Ce pays devrait donc susciter une attention toute particulière de la part de la presse française. Ce n'est manifestement pas le cas puisqu'on ne peut pas dire qu'elle montre un véritable intérêt à enquêter ou fournir des éléments sur une situation gravissime.
Parce que c'est bien joli de nous parler de banques russes impliquées, ce qui pourrait donner à penser que nous sommes là devant un coup des services spéciaux de Moscou.
Apparemment, à la même date, la presse américaine a plus d'informations et donne l'identité du cerveau de la gigantesque arnaque, un certain Ilan Shor qui fait partie des plus grosses fortunes du pays où son père avait établi les premiers magasins hors taxes. Ilan Shor est marié, nous dit-on, à une pop star russe.
Ilan Shor
                           Ilan Shor
Ilan Shor est quant à lui originaire de l'entité sioniste d'où il est venu en Moldavie avec son père Miron Shor :
Miron Shor fait une longue carrière d'homme d'affaires et de bienfaiteur juif [sic] à l'étranger. C'est Miron qui a amené la famille d'Israël en Moldavie quand Ilan avait l'âge de deux ans. » 

jeudi 26 mars 2015

La Grande Bretagne a fourni au gouvernement ukrainien les moyens de terrasser la Russie

Le conflit en Ukraine a donné une nouvelle occasion à la Grande Bretagne de montrer son ardeur belliqueuse, plaidant pour une posture agressive de l'OTAN vis-à-vis de la Russie et encourageant le gouvernement fantoche ukrainien à combattre ce qui est présenté comme une intervention militaire russe.
Le Royaume Uni a joint le geste à la parole en fournissant, pas gratuitement, des équipements militaires à une armée ukrainienne qui se trouve le plus souvent mise en difficulté par les combattants du Donsbass.
Parmi ces équipements, on compte 75 véhicules blindés de transport de troupes de type Saxon. Le Saxon, qui équipe l'infanterie britannique depuis 1983, est un véhicule à quatre roues motrices qui pèse une dizaine de tonnes à vide et peut atteindre une vitesse de 96 km/h.
Véhicule de l'avant blindé Saxon
Véhicule de l'avant blindé Saxon
Ces machines ont certainement leurs qualités, du moins quand elles sont en bon état de marche. Ce qui n'est apparemment pas le cas des machines livrées par Londres à l'Ukraine qui seraient des véhicules à bout de souffle, usés par le temps passé en Afghanistan, comme tend à le montrer cette vidé où on voit un Saxon bien à la peine pour gravir une petite butte de rien du tout.

La vidéo fait le buzz dans la presse populaire anglo-saxonne.

mardi 3 mars 2015

Selon le Sénateur John McCain le modèle afghan doit inspirer les Etats Unis en Ukraine

John McCain, ce Sénateur américain qui a été le concurrent Républicain malheureux de Barack Obama dans la course à la présidentielle de 2008 s'est montré un des politiciens américains parmi les plus belliqueux.
Il a ainsi joué un rôle important en Libye et en Syrie en tant que représentant du parti de la guerre, un parti qui réunit indifféremment des Démocrates et des Républicains.
John McCain décore un "djihadiste" en Syrie
John McCain décore un "djihadiste" en Syrie
Tout naturellement, il tient un rôle semblable en ce qui concerne la crise ukrainienne pour laquelle il se montre un chaud partisan de la livraison d'armes « létales » au gouvernement fantoche de Kiev.

McCain fait partie de ces gens qu'on considère comme des patriotes aux Etats Unis, en particulier du fait de sa participation à la guerre du Vietnam où il fut fait prisonnier après la destruction en vol du bombardier qu'il pilotait.
John McCain aux commandes d'un avion de combat
John McCain aux commandes d'un avion de combat
Mais si on peut penser qu'il a été patriote, peut-on affirmer qu'il l'est encore aujourd'hui ?
Rien n'est moins sûr quand on voit avec quels arguments il plaide en faveur de la livraison d'armes à l'armée ukrainienne. En effet, le Sénateur donne comme exemple d'une stratégie de ce type réussie celui du soutien apporté par les Etats Unis et leurs amis aux forces qui combattaient les Soviétiques et le régime pro-soviétique en Afghanistan.

Or nous savons qui étaient ces miliciens soutenus par l'Occident en qualité de combattants de la liberté : le Talibans, Ben Laden et al Qaïda et une série de seigneurs de la guerre âpres au gain.

Les mêmes que les Etats Unis affirment combattre aujourd'hui dans le cadre de la guerre contre le terrorisme !
Les mêmes que le parti de la guerre dont la figure patriotique est John McCain soutient en Syrie !

Citant les moudjahidine soutenus par Ben LadenMcCain donne les pires arguments possibles en faveur de livraisons d'armes à l'armée ukrainienne

par Sam SacksThe District Sentinel (USA) 26 février 2015 traduit de l'anglais par Djazaïri

En essayant de ridiculiser un officiel de l'armée pendant une audition devant la Commission sénatoriale des Forces Armées, le Sénateur John McCain (Républicain, Arizona) a proposé une analyse incroyablement inexacte de l'histoire récente pour justifier la livraison d'armes offensives au gouvernement ukrainien pour combattre les séparatistes soutenus par la Russie.

« C'est un défi à la logique, » a déclaré jeudi le Sénateur McCain pendant l'audition, en référence à l'assertion du Général Vincent Stewart selon laquelle les Etats Unis ne se seraient pas en mesure de livrer suffisamment rapidement des armes offensives à l'armée de Kiev pour changer le sort des armes en Ukraine orientale.
« Nous pouvons les mettre dans des avions et les envoyer là bas – comment pouvez vous justifier une telle déclaration ? a ajouté McCain.

Stewart, qui s'exprimait au côté du Directeur du renseignement national à l'audition sur les menaces mondiales, a présenté une analyse qui donne matière à réflexion sur la situation à laquelle les Etats Unis seront confrontés s'ils décident d'inonder d'armes supplémentaires le champ de bataille déjà meurtrier du Donsbass.
« La Russie et les séparatistes ont des lignes en profondeur qui leur permettent de rééquiper beaucoup plus vite avec des armes plus lourdes que ce que nous pouvons livrer, » a déclaré le Général Stewart au Sénateur.
« Ce serait une course pour voir qui peut armer et je pense qu'avec leurs lignes terrestres ils auraient un avantage significatif sur le terrain, » a-t-il ajouté.

Irrité par l'analyse du Général, McCain a évoqué l'intervention militaire soviétique en Afghanistan dans les années 1980 comme une histoire réussie de ce qui se passe quand les Etats Unis livrent des armes dans une guerre par procuration contre les Russes.
« Je suis sûr que les Russes disposaient d'un avantage significatif quand ils ont envahi l'Afghanistan. Je suis sûr que nous avons vu quelles ont été les conséquences tout au long de l'histoire, quand nous avons aidé des peuples qui avaient été envahis et opprimés et quand nous ne l'avons pas fait. »

Dans le cas de l'Afghanistan, les conséquences, qui ont été rapportées de manière exhaustive furent l'ascension des Talibans et des décennies de guerre, avec plus de 13 ans d'engagement militaire des Etats Unis contre exactement les mêmes gens que ceux que le Pentagone avait armé secrètement dans les années 1980 – des militants parmi lesquels Ben Laden en personne.

Si la livraison d'armes aux rebelles afghans a sans doute contribué à l'effondrement de l'Union Soviétique suite à sa mésaventure militaire, elle a aussi semé les graines qu'ont suivies les Etats Unis des années plus tard quand ils sont partis sur les traces des Soviétiques pour aller en guerre en Afghanistan, à ce jour la plus longue guerre de l'histoire de notre pays.

L'histoire récente, en Irak, en Libye et en Syrie prouve à nouveau que inonder le monde avec des armes a débouché sur des conséquences imprévues et, tragiquement, à plus d'effusion de sang dans les conflits.

En effet, nous avons vu quelles ont été les conséquences, Monsieur le Sénateur.