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dimanche 28 septembre 2014

Joe Biden, Shakespeare et les usuriers anciens et modernes

Comme Abraham Foxman, le patron de l'Anti-Defamation League (ADL, équivalent américain e la LICRA) aime à le dire, le vice-président des Etats Unis Joe Biden est un ami du « peuple juif ».

Ce qui ne l'a pas empêché de comparer à Shylock certains usuriers qui ont fait du profit aux dépens de militaires partis combattre en Irak,

Shylock est juif en effet, mais ce n'est pas vraiment par amitié pour le peuple auquel il appartient que Biden lui a comparé les prêteurs voraces, C'est simplement parce que citer ce nom lui permettait d'éviter une description longue et fastidieuse de ces prêteurs qui exploitent les GI's partis faire leur devoir de patriote au Moyen Orient. En citant le nom de Shylock, il s'assurait d'être compris immédiatement par son auditoire.

Comme il est rappelé dans l'article, Shylock est un personnage de Shakespeare qui, dans la pièce « Le marchand de Venise » exige d'un de ses débiteurs une livre de sa propre chair en cas de non remboursement.

Le personnage appartient donc à la culture de commune occidentale, anglo-saxonne tout particulièrement.

Cette comparaison des prêteurs véreux de l'Amérique d'aujourd'hui à Shylock n'a pas laissé sans réaction Abraham Foxman qui a fait une remontrance à Joe Biden. Une admonestation très légère bien sûr car Joe Biden est comme on l'a dit un ami du « peuple juif » et qu'il considère Abraham Foxman comme un « conseiller ».
Heureusement que je suis un ami du peuple juif!
Heureusement que je suis un ami du peuple juif!
Un conseiller en quoi ? me direz-vous
C'est simple : un conseiller en affaires juives car Joe Biden sait comme d'autres, et sans doute mieux que beaucoup d'autres, qu'il vaut mieux avoir le soutien des institutions juives dont l'influence est, selon, lui, à l'origine de la plupart des grands changements sociétaux qu'ont connu les Etats Unis, Biden donnant comme exemple le mariage homosexuel.

Tout ça , c'est de l'antisémitisme évidemment. Mais outre le fait que Joe Biden s'est excusé auprès de Foxman, l'un comme l'autre sont conscients des avantages qu'ils retirent ou peuvent retirer d'un partenariat de pouvoir.

Biden: l'utilisation du terme «Shylocks» était un mauvais choix

Biden décrivait des gens qui profitent de ceux qui ont des problèmes financiers
par Ashley Killough, CNN (USA) 17 septembre 2014 traduit de l’anglais par Djazaïri

Le vice-président Joe Biden a déclaré mercredi que son utilisation du terme "Shylocks", que certains considèrent comme antisémite, était "un mauvais choix de vocabulaire."

Sa déclaration intervient un jour après que le directeur national de l'Anti-Defamation League a publié une remontrance légère pour l'utilisation de ce terme par le vice-président, expliquant que Biden "aurait dû être plus prudent."

Mardi, à une cérémonie marquant le 40e anniversaire de la Legal Services Corporation Biden a raconté des anecdotes tirées de l'expérience de son fils qui servait en Irak et avait rencontré des soldats qui avaient besoin d'une aide juridique en raison de problèmes chez eux.
« C'est une des choses dont il avait constaté le besoin le plus pressant quand il avait été là-bas en Irak pendant un an, » a déclaré Biden. « Les gens venaient le voir pour parler de ce qui leur arrivait au pays en termes de saisies, en termes de mauvais prêts qui étaient... Je veux dire ces Shylocks qui profitent sur le dos de, hum, ces femmes et ces hommes quand ils sont à l'étranger. »

Le Directeur national de l'Anti-Defamation League (ADL), Abraham Foxman a déclaré mercredi que le vice-président l'avait appelé.
« A l'évidence, il n'y a avait pas de mauvaise intention ici, mais Joe et moi sommes tombés d'accord pour qu'il avait besoin de potasser son Shakespeare. Il n'y a pas d'ami plus sincère pour le peuple juif que Joe Biden, » a affirmé Foxman dans une déclaration. Non seulement a-t-il été un pilier contre l’antisémitisme et la bigoterie, mais il a le courage et la franchise de reconnaître une erreur et de s'en servir comme opportunité pour apprendre et enseignes aux autres les effets néfastes des stéréotypes. Il a transformé une gaffe rhétorique en moment de pédagogie. »

Le terme « Shylock » dérive du nom du personnage de la pièce de Shakespeare « Le marchand de Venise ». Le juif Shylock était un prêteur sans scrupules dans la pièce, et un passage marquant de la pièce est son exigence d'une « livre de la chair » du marchand Antonio s'il manque à rembourser un prêt.
Diverses incarnations de Shylock
Diverses incarnations de Shylock
Mardi, Foxman a tancé Biden en disant qu'il "aurait dû être plus prudent" et en ajoutant que ce terme « représente le stéréotype médiéval sur les Juifs et reste à ce jour une caractérisation péjorative ». 

Biden a déclaré que Foxman était un « ami et conseiller » de longue date et était correct dans son évaluation du terme qu'il avait choisi.

Biden qui envisage une candidature à la présidentielle de 2016 s'est rendu en Iowa mercredi pour prendre la parole à l’inauguration de la manifestation Nuns on the Bus, une association catholique libérale [de gauche dans le vocabulaire anglo-saxon] pour la justice sociale basée à Washington.

samedi 12 octobre 2013

Les racines du dénouement en vue de la crise en Syrie et la chasse au Netanyahou

J'étais parti pour faire une petite intro sur Yair lapid et Benjamin Netanyahou mais j'ai un peu dérivé... 

La crise syrienne a connu récemment un tournant décisif et ce tournant n'a pas été militaire mais politique,
On est en effet passé de l'exigence du départ du président Syrien Bachar al-Assad par les puissances occidentales (souvenons-nous de Laurent Roquet Fabius qui affirmait que le président syrien ne mériterait pas d'être sur la Terre) à celle de la destruction des armes chimiques dont dispose l'armée syrienne.

C'est ce qu'on appelle un changement de paradigme, changement concocté par les Etats Unis, la Russie et ,,, le gouvernement syrien, prenant au dépourvu la Turquie et une diplomatie française ridiculisée dans sa vaine posture belliciste.

Le camouflet à répétition n'a pourtant apparemment pas suffi à vacciner Paris contre l'emploi d'un langage musclé qui n'est plus vraiment dans ses moyens et de toute façon ne sert pas ses intérêts.

Ne vient-on pas en effet de lire que François Hollande a assuré Benjamin Netanyahou de «toute sa fermeté» à l'égard de l'Iran?

Parce que l'élection de Hassan Rohani à la présidence de la république islamique d'Iran est aussi un des éléments qui ont joué dans l'évolution du traitement du dossier syrien. Non pas que le nouveau chef de l'Etat ait pris des positions radicalement différentes de son prédécesseur, Mahmoud Ahmadinejad, du moins sur les dossiers syrien et nucléaire, mais son image de modéré bien mise en avant dans la presse occidentale (malgré de vaines tentatives sionistes de le diaboliser comme on l'a fait pour Mahmoud Ahmadinejad) a donné l'opportunité aux Etats Unis de changer de ton à l'égard de l'Iran.

Ahmadinejad et Rohani (faisant un salut nazi?)
 
La conséquence de ce changement de ton a été la rencontre entre les présidents Rohani et Hollande en marge de l'assemblée générale de l'ONU, et l'échange téléphonique entre Barack Obama et le président de la république islamique d'Iran. Il va sans dire que François Hollande avait été dûment autorisé par la maison Blanche à rencontrer son homologue iranien.

Ce rapprochement entre l'Iran et l'Occident a bien sûr pour conséquence que l'élimination du régime syrien n'a plus le caractère impérieux qu'elle avait il y a seulement quelques mois, d'autant qu'il apparaît clairement que la fraction de l'opposition polico-militaire tenue à bout de bras par Londres, paris et Washington ne représente pratiquement rien, ni sur le terrain militaire, ni sur le terrain politique.

Un troisième facteur qui a joué un rôle absolument décisif dans le changement de posture des Etats Unis est la déposition du président Mohamed Morsi par l'armée égyptienne, un coup d'état qui était motivé entre autres par le refus d'un engagement militaire de l'Egypte contre le régime syrien, même par volontaires interposés, et qui a pu s'appuyer sur l'hostilité de l'Arabie Saoudite à l'égard des Frères Musulmans.

Il faut bien se figurer en effet que, vu de Riyad, les Frères Musulmans que nous qualifierions de bourgeois conservateurs, sont perçus comme de dangereux révolutionnaires, une véritable menace pour la monarchie (l'épisode de la proclamation d'une république au Yémen par les Frères Musulmans avec à leur tête l'Algérien Fodil El Ouartilani n'a sans doute pas été oublié en Arabie).
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Fodil al Ouartilani
Si le paysage reste confus, avec des retournements qui semblent fourmiller de contradictions, il est peut-être possible de mieux saisir sa logique globale en prenant de la hauteur, c'est-à-dire en examinant la situation dans la région asiatique dans son ensemble.
On le sait, le centre de gravité de l'économie mondiale est en train de se déplacer vers l'Asie orientale (Corée, Chine, Thaïlande) quoique d'autres pôles de puissance semblent émerger ailleurs (Inde, Brésil par exemple) et tôt ou tard le politique suivra. Des tentatives d'organisation autonome de ces espaces ont vu le jour comme le BRICS (Brésil, Russie, Chine, Inde, Afrique du Sud) ou l'Organisation de Coopération de Shangaï.

Deux pays asiatiques retiendront notre attention ici: la Chine et l'Inde, Ces deux géants ont pour point commun d'avoir d'énormes besoins en énergie (pétrole, gaz) que la production nationale est absolument incapable de satisfaire, Ces deux pays se tournent donc vers des fournisseurs étrangers dont l'Iran fait partie. Mais ce rôle de fournisseur de l'Iran n'a en réalité pas vraiment de rôle dans les inflexions de la diplomatie des Etats Unis. Ce qui est important à cet égard, ce sont les réserves d'hydrocarbures présentes dans l'Asie Centrale ex soviétique et qui font l'objet de toutes les sollicitudes. Des réserves auxquelles la Chine peut accéder par voie terrestre moyennant des aménagements en infrastructures de transport qui existent déjà et d'autres qui sont en cours de réalisation ou à l'étude.

Pour l'Inde, les choses se présentent différemment puisque son accès terrestre à l'Asie Centrale est barré par le Pakistan, l'ennemi intime depuis la sécession de 1947.

L'accès de l'Inde à l'Asie Centrale passe donc par l'Iran où l'Inde investit 100 millions de dollars dans le port et la zone franche de Chabahar, des investissements qui complètent ceux effectués dans des infrastructures routières qui relient de grandes villes afghanes à l'Iran. De son côté,la Chine s'est ménagée une ouverture portuaire semblable au Pakistan qui lui offre une route sud-nord complémentaire à la route est-ouest.

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Nouvelles routes terrestres et maritimes en Asie
Et bien sûr, ces régions d'Asie, et peut-être l'Afghanistan une fois la paix revenue, seront des fournisseurs mais aussi des clients.
Cette partie du monde est donc à la veille d'un boom économique auquel l'Iran va participer ne serait-ce que par son positionnement géographique au débouché sud-ouest de ces régions.

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Transports de gaz et de pétrole en Asie centrale et au Moyen Orient
C'est là que se situent les enjeux majeurs pour le monde, pour l'Iran et par conséquent pour le Moyen Orient et non dans une prétendue lutte entre Islam chiite et sunnite,
L'affaire syrienne a été l'occasion pour les Etats Unis de jauger la volonté de la Russie et de la Chine quant au contrôle de l'accès aux ressources et aux marchés de l'Asie Centrale et du Moyen orient.
Et les Etats Unis ont semblé conclure que cette volonté était trop forte pour qu'ils puissent tenter quoi que ce soit de significatif sans en subir de conséquences, par exemple dans l'unique position clef qu'ils occupent encore, c'est-à-dire en Afghanistan.
Sous peine d'être à moyen terme exclus de la région, la solution qui s'est imposée à eux est celle d'un rapprochement avec l'Iran.
Ce rapprochement va sans doute prendre du temps, parce qu'on ne passe pas du jour au lendemain d'un langage belliqueux et menaçant à des relations amicales et surtout en raison de la présence de l'Etat prétendu juif qui torpille toute approche rationnelle de la part des Etats Unis dans la région.
L'analyse qui semble prévaloir à Washington est que c'est Benjamin Netanyahou qui représente un obstacle et la tête de ce dernier est en quelque sorte mise à prix par la maison Blanche qui aimerait avoir un interlocuteur plus sensible aux intérêts de l'allié américain.
Cet interlocuteur pourrait être Yaïr lapid, l'actuel ministre des finances du cabinet Netanyahou qui vient d'être reçu très chaleureusement par Joe Biden malgré le Shutdown.
Pourtant, comme l'explique l'article que je vous propose, si Yaïr lapid a une autre prestance que Benjamin Netanyahou, il est fondamentalement sur la même ligne aussi bien sur la question des négociations avec les Palestiniens que sur le dossier iranien.

par Philip Weiss, Modoweiss (USA) 11 octobre 2013 traduit de l'anglais par Djazaïri
Yaïr Lapid, le ministre des Finances d'Israël et étoile montante centriste, est reçu comme une star aux Etats Unis. Lapid s'est entretenu hier, en plein Shutdown, avec le vice-président, ils se sont apparemment bien entendus. Le vice président a tweeté la photo ci-dessus et publié une déclaration selon laquelle ils avaient une "conversation sur de nombreux sujets", notamment sur l'Iran et les négociations avec les Palestiniens. Ils avaient été rejoints par le secrétaire au Trésor Jack Lew et le coordonnateur pour le Moyen-Orient à la Maison Blanche, Phil Gordon.
Lapid était une vedette de la télévision, et ça se voit. Charlie Rose a passé beaucoup de temps avec Lapid mardi. D'abord sur le Charlie Rose Show. Puis au centre culturel 92d Street Y pour une co-présentation avec une organisation pro-israélienne, l'Israeli Policy Forum.
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Yaïr Lapid interrogé par Charlie Rose
A 92d Street Y, Rose a présenté Lapid comme étant «un des Juifs les plus célèbres du monde.» L'interview (vidéo ici) était dans l'ensemble gentille et Lapid a pu contrôler aisément la situation, comme si c'atait lui qui animait le talk show.
Il a plaisanté avec naturel l'accent sudiste de Rose et l'a rembarré quand il lui a demandé s'il aspirait à être premier ministre, et il a moqué le New York Times qui cite les gens hors contexte. Mais ses positions ne sont guère différentes de celles de Netanyahou, et on n'a pas à attendre longtemps avant que Lapid commence à parler de la Cité de David [Jérusalem].
C'est un tenant d'une ligne dure sur Jérusalem.
“Jérusalem ne sera jamais divisée. Jérusalem est la capitale d'Israël. Les pays ne renoncent pas à leurs capitales… mais oui, il y aura – certains territoires qui seront restitués…”
Rose: “Vous n'êtes pas en faveur de Jérusalem comme capital pour les Palestiniens et les Israéliens.”
“Vrai.”

Gaza ne fait pas partie de l'Etat palestinien tel qu'il peut l'imaginer.

Gaza est hors jeu. Il n'y pas de négociations avec le Hamas. Le Hamas est une... organisation terroriste qui devrait être traitée comme telle.

La vallée du Jourdain est également exclue des négociations. «Sécurité.»

Il est aussi partisan d'une ligne dure sur l'Iran.
“Le problème que nous avons avec l'Iran…c'est qu'ils construisent des armes nucléaires… et que les Iraniens financent le Hamas et le Hezbullah… Je pense que la ruse et la fraude ont toujours fait partie des instruments de la stratégie |de l'Iran].”
Lapid dit que l'Iran doit faure deux chose simples pour une levée des sanctions. Renoncer aux centrifugeuses, il y en a 18 000, et fermer son réacteur au plutonium.“parce que personne n'utilise des réacteurs au plutonium à des fins pacifiques.”

Ses attitudes par rapport à Israël sont très marquées par un chauvunisme ethnique. Son père avait échappé à l'holocauste à Budapest et il aime vivre dans un Etat juif.
“Ecoutez, je ne cherche pas un mariage heureux avec les Palestiniens. Je veux un divorce. L'idée de gouverner... environ 3 millions de Palestiniens est problématique pour l'identité juive d'Israël, et je veux vivre dans un Etat juif.…”

Quel est votre principal motif d'inquiétude pour l'avenir d'Israël? lui a demandé Rose? Une bonne partie de la réponse de Lapid est: les Arabes.
“Je dirais l'éducation…. Cette année, 49 % des élèves qui entrent à l'école élémentaire sont soit des ultra orthodoxes, soit des Arabes. Je ne veux pas dire que c'est une menace existentielle mais c'est un changement existentiel pour Israël. Et nous devons faire en sorte que tous participeront à la société israélienne.. Donc oui, je crains plusles menaces internes que les menaces externes.”

Et quand Lapid dit qu'il tend constamment la main aux autres partis, pour travailler avec eux, il parle d'autres partis juifs, du Likoud au Foyer Juif en passant par les travaillistes. Pourquoi Charlie Rose ne luii demande-t-il pas s'il parle avec les partis palestiniens, et s'il ne le fait pas, pourquoi? Ros accepte ainsi le même genre de discrimination que celui auquel il s'opposait en Caroline du Nord dans son enfance.

Lapid dit de l'extrémiste de droite Naftali Bennett que c'est un ami, et que le gouvernement de Netanyahou ne tombera pas avant l'expiration de son mandat. “Il y a une bonne énergie et la volonté de travailler ensemble.”

La première question qui vient de l'auditoire est, “Pourquoi ne pouvez-vous pas diviser la ville de Jérusalem?”
La réponse référait à la doctrine ethno-religieuse, et était un peu effrayante:
“[si nous] posons que tout relève du rationnel… alors– je serais sans doute mieux à vivre à New York . Vous savez, Israël a été créé au début pour être un havre de sécurité pour les Juifs du monde. Je ne pense pas que c'est un lieu sûr. J'entends par là que New York est un endroit plus sûr quand on est juif. Je vis en Israël parce que je veux vivre dans un pays qui n'est pas seulement un territoire, mais aussi une idée. Et Jérusalem est l'essence de cette idée. Certes, il y a... des raisons logiques pour dire OK, je renonce à Jérusalem Est, mais un pays ne peut pas survivre sans un ethos et l'ethos d'Israël est à Jérusalem Est. C'est la cité du roi David. C'est – vous savez quoi, notre droit au retour doit aussi être pris en compte – et nous sommes revenus à Jérusalem. J'aime Tel Aviv, la ville où je vis mais nous ne sommes pas rentrés après 2 000 ans pour Tel Aviv, nous sommes rentrés pour Jérusalem.

Applaudissements nourris du public à 29 dollars la place.

Lapid dit aussi croire en Dieu et lire «beaucoup» la Bible. Parce que la Bible est pleine de héros et que notre monde est celui des «anti-héros », Oui, et il préférerait vivre dans une idée, pas dans un pays. Il y a chez lui beaucoup plus de vernis que chez Netanyahou, mais l'ethos est le même.

mercredi 3 juillet 2013

Hosni Moubarak et Mohamed Morsi: la continuité jusque dans la rupture

Le président égyptien Mohamed Morsi vient d’être renversé par un coup d’état militaire avec, dit-on, le soutien populaire.
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Mohamed Morsi
Il est certes vrai que les rues des villes égyptiennes sont depuis plusieurs jours le lieu de manifestations imposantes pour exiger le départ de M. Morsi, l’armée ayant été publiquement appelée à intervenir par les manifestants.
Il y a là bien sûr des manipulations évidentes de la part de ceux qui, dans l’armée, souhaitaient mettre un terme au mandat présidentiel.
Il y a aussi  une insatisfaction évidente de larges couches de la société mécontentes de la situation sociale et économique, mais aussi des penchants sectaires du gouvernement des Frères Musulmans. Parmi ces mécontents, il faut évidemment compter la masse des Coptes, ces chrétiens autochtones qui tendent à se sentir mis à l’écart de la vie publique et visés par des discours d’exclusion. Les affirmations de la fraternité islamo-chrétienne ou tout simplement égyptienne ont de fait été nombreuses ces derniers jours.
Il faut cependant reconnaître que le gouvernement de Mohamed Morsi n’est en rien l’initiateur de cette approche de cette minorité religieuse. Sur ce point comme sur d’autres, le gouvernement des Frères Musulmans est dans la continuité du régime précédent.
Cette continuité s’observe par exemple dans son attitude vis-à-vis de la bande de Gaza. En effet, alors que tout le monde s’attendait, y compris une bonne partie de son électorat, à ce que l’Egypte cesse de collaborer avec le régime sioniste au siège de Gaza, il n’en a rien été. Au contraire, puisque les autorités égyptiennes ont déployé un zèle sans précédent pour neutraliser les fameux tunnels qui relient Gaza à l’Egypte et servent à acheminer toutes sortes de marchandises.
De la même manière, le gouvernement de la confrérie a accepté de respecter les accords de paix qui lient l’Egypte à l’entité sioniste, une condition sine qua non pour que l’armée égyptienne continue à recevoir l’importante aide financière des Etats Unis.
Cette continuité du pouvoir des Frères Musulmans avec l’ancien régime se repère même dans les convulsions qui ont finalement abouti à la destitution de Mohamed Morsi.
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février 2011: le général Omar Souleiman annonce la démission de Hosni Moubarak
Cette continuité est parfaitement explicitée dans l’article que je vous propose.
On observera quand même que, à la différence de Hosni Moubarak, Mohamed Morsi tirait son pouvoir d’élections qu’il a remportées régulièrement. Même si cette élection s’inscrivait dans une démarche des USA et de l’armée égyptienne visant à mettre fin à un processus révolutionnaire qui aurait pu réserver bien des surprises.
C’est ce processus révolutionnaire qui a repris ces jours-ci et que l’armée a enfourché pour profiter d’une opportunité de se débarrasser d’un Mohamed Morsi qui n’a décidément pas su tenir la baraque. 
par Dan Murphy, The Christian Science Monitor (USA) 3 juillet 2013  traduit de l’anglais par Djazaïri
Au milieu de manifestations sans précédent qui ont commencé depuis trois jours, le président égyptien Hosni Moubarak a prononcé un discours provocateur  qui accusait des mains de l’étranger qui cherchent à semer le chaos dans le pays et à saper ce qu'il considère être sa propre légitimité en tant que leader.
Cet appel en forme de fin de non recevoir avait exaspéré les manifestants et avait, on le comprend avec le recul, ruiné le mince espoir qu’il avait à cette étape de se maintenir au pouvoir. Comme la contestation s’accentuait, les Etats Unis avaient pris lentement leurs distances avec M. Moubarak. Le 27 janvier, le vice président Joe Biden soulignait que Moubarak n’était pas un dictateur et qu’il devait rester au pouvoir. Deux jours avant, le 25 janvier, la Secrétaire d’Etat Hillary Clinton déclarait que l’Egypte et son gouvernement étaient «stables.»
Mais après le discours de Moubarak, les Etats-Unis  adoptèrent un ton nouveau. PJ Crowley , le porte parole du Département d'Etat à l’époque, écrivait sur Twitter le lendemain :  «Le gouvernement égyptien ne peut pas se contenter de reprendre les cartes puis rester sur son quant-à-soi. Les paroles par lesquelles le président Moubarak s'engage à réformer doivent être suivie par des actes."
Le 30 janvier, Mme Clinton déclarait:
"Nous avons dit très clairement que les mesures concrètes de réforme démocratique et économique que le président Moubarak a évoquées dans son discours doivent être mises en oeuvre ... il faut qu’un engagement soit pris par quiconque est au pouvoir de lancer dans un dialogue national avec le peuple d'Egypte, dans le but de prendre des mesures qui répondent aux revendications légitimes du peuple égyptien pour une plus grande participation ... c'est un moment très grave pour l'Egypte, et nous allons faire tout ce que nous pouvons pour soutenir une transition ordonnée. "
Puis, le 10 février, Moubarak a prononcé un autre discours provocateur, exaspérant à nouveau les manifestants. Les États-Unis se plaignirent que Moubarak n'avait pas fait de démarches concrètes de «réformes». Le 11 février, il  démissionnait.
Hier, le président égyptien Mohamed Morsi a prononcé un discours dans lequel il a rejeté la masse de manifestants comme étant manipulée par des mains étrangères qui cherchent à semer le chaos en Egypte, et il a fait référence à plusieurs reprises à ce qu'il considère comme étant sa légitimité en tant que leader de l'Egypte. Ses propos ont provoqué la fureur manifestants, qui continuent à être très nombreux à battre le pavé au Caire et dans d'autres villes.
Aujourd'hui, la porte-parole du département d'Etat Jen Psaki a dit: 
«Nous pensons qu'il y avait une absence de mesures spécifiques significatives dans la déclaration de Morsi. Il doit faire plus pour être vraiment réceptif aux préoccupations du peuple égyptien .... Nous sommes au côté du  peuple égyptien. Nous avons été en contact avec toutes les parties -.avec  l'opposition, avec le gouvernement, avec l'armée -. et nous allons continuer à l’être. Mais pour apaiser les  inquiétudes ou éviter les suppositions, nous ne sommes pas [parties prenantes] - nous n'avons pas pris parti. [Washington s'est abstenu de critiquer l'armée égyptienne après la destitution de M. Morsi, NdT]
Cela vous rappelle quelque chose?

vendredi 24 mai 2013

80 % ou 90 %, Joe Biden cherche la réponse à la question juive

Joe Biden, le vice président des Etats Unis, s’est fendu d’un discours pour le moins élogieux à l’égard de la communauté juive de son pays.
Trop élogieux disent certains…
80 % ou 90 % Joe Biden cherche la réponse à la question juive

 Biden: les leaders Juifs ont été à la tête du changement en faveur du mariage homosexuel (gay)

par Josh Lederman Associated Press – ABC News (USA) traduit de l’anglais par Djazaïri
Washington 22 mai 2013 (AP)

Le vice président Joe Biden a félicité les leaders Juifs pour avoir contribute à changer les attitudes des Américains à l’égard du mariage homosexuel et d’autres questions de société.
Biden a souligné que l’art et la culture changent les attitudes des gens. Il a cité les médias sociaux et la vieux feuilleton de NBC TV, «Will and Grace » comme des exemples de ce qui a aidé à faire évoluer les attitudes à l’égard du mariage homosexuel.
Biden a dit,
«Pensez que, derrière tout ça, je vous parie que 85 % de ces changements, que ce soit dans les médias sociaux ou à Hollywood, sont une conséquence [de l’action] des leaders Juifs dans l’industrie [de la communication].» 
Biden a expliqué que cette influence est immense et que ces changements ont été dans le sens du bien.
Biden s’est exprimé ainsi mardi soir à la réception pour le Jewish American Heritage Month (mois du patrimoine judéo-américain) organisée par le Democratic National Committee. Il a affirmé que les valeurs juives sont une part essentielle de l’identité des Américains [essential part of who Americans are].

Ceci n’est qu’un résumé des propos dithyrambiques tenus par Joe Biden sur la place et le rôle des Juifs aux Etats Unis.
A tel point que Jonathan Chait du New York Mag estime qu’il est allé trop loin, donnant accidentellement du grain à moudre aux antisémites.
On l’aura compris en effet, le tour de force de Joe Biden  a consisté, par excès de philosémitisme à égrener les poncifs du suprématisme juif (le nombre de prix Nobel, les 11 % des élus au Congrès issus d’une communauté qui représente à peine 2 % de la population du pays) et les clichés antisémites, à savoir la volonté de détruire chez les Gentils l’attachement aux valeurs familiales ou l’énorme influence des Juifs dans le cinéma et les médias en général.
Jonathan Chait écrit :
Biden a en effet fait dans son propos un éloge vibrant et sincère avant de dériver dans un terrain très inconfortable et de prononcer un discours qui sera probablement cité par les antisémites pendant les années et les décennies à venir. (Il est déjà l’objet de discussions animées dans la communauté suprématiste blanche).

Contrairement à l’évidence, Chait considère que  le discours de Joe Biden n’était pas antisémite.
Or ce discours est antisémite malgré ce paradoxe qui tient à la nature élogieuse de propos tenus devant des Juifs influents dans le parti Démocrate et dans la société américaine en général.
Le paradoxe Biden peut s’expliquer rationnellement et j’y reviendrai sans doute à l’occasion d’un post ultérieur.
Pour l'instant, je me contenterai de la remarque finale de Jonathan Chait:
Et puis aussi, cette petite observation de rien du tout, quand on donne des chiffres complètement farfelus [out of your ass, littéralement ‘tirés de son cul’], on devrait probablement les arrondir à l’entier plutôt qu’au demi (les Juifs sont responsables à 85 % du changement des attitudes culturelles à l’égard des homosexuels ? 90 % aurait été trop haut et 80 % pas assez haut?).
Le principal problème ici, c’est que les droits des homosexuels, à la différence des droits civiques des noirs, sont politiquement controversés pour l’instant.  Bident peut trouver que c’est «une très bonne chose» que les Juifs aient utilisé leur influence sur la culture populaire pour faire changer les attitudes de la société à l’égard de l’homosexualité, mais beaucoup de gens ne trouvent pas ça bien du tout.