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mercredi 3 juillet 2013

Hosni Moubarak et Mohamed Morsi: la continuité jusque dans la rupture

Le président égyptien Mohamed Morsi vient d’être renversé par un coup d’état militaire avec, dit-on, le soutien populaire.
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Mohamed Morsi
Il est certes vrai que les rues des villes égyptiennes sont depuis plusieurs jours le lieu de manifestations imposantes pour exiger le départ de M. Morsi, l’armée ayant été publiquement appelée à intervenir par les manifestants.
Il y a là bien sûr des manipulations évidentes de la part de ceux qui, dans l’armée, souhaitaient mettre un terme au mandat présidentiel.
Il y a aussi  une insatisfaction évidente de larges couches de la société mécontentes de la situation sociale et économique, mais aussi des penchants sectaires du gouvernement des Frères Musulmans. Parmi ces mécontents, il faut évidemment compter la masse des Coptes, ces chrétiens autochtones qui tendent à se sentir mis à l’écart de la vie publique et visés par des discours d’exclusion. Les affirmations de la fraternité islamo-chrétienne ou tout simplement égyptienne ont de fait été nombreuses ces derniers jours.
Il faut cependant reconnaître que le gouvernement de Mohamed Morsi n’est en rien l’initiateur de cette approche de cette minorité religieuse. Sur ce point comme sur d’autres, le gouvernement des Frères Musulmans est dans la continuité du régime précédent.
Cette continuité s’observe par exemple dans son attitude vis-à-vis de la bande de Gaza. En effet, alors que tout le monde s’attendait, y compris une bonne partie de son électorat, à ce que l’Egypte cesse de collaborer avec le régime sioniste au siège de Gaza, il n’en a rien été. Au contraire, puisque les autorités égyptiennes ont déployé un zèle sans précédent pour neutraliser les fameux tunnels qui relient Gaza à l’Egypte et servent à acheminer toutes sortes de marchandises.
De la même manière, le gouvernement de la confrérie a accepté de respecter les accords de paix qui lient l’Egypte à l’entité sioniste, une condition sine qua non pour que l’armée égyptienne continue à recevoir l’importante aide financière des Etats Unis.
Cette continuité du pouvoir des Frères Musulmans avec l’ancien régime se repère même dans les convulsions qui ont finalement abouti à la destitution de Mohamed Morsi.
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février 2011: le général Omar Souleiman annonce la démission de Hosni Moubarak
Cette continuité est parfaitement explicitée dans l’article que je vous propose.
On observera quand même que, à la différence de Hosni Moubarak, Mohamed Morsi tirait son pouvoir d’élections qu’il a remportées régulièrement. Même si cette élection s’inscrivait dans une démarche des USA et de l’armée égyptienne visant à mettre fin à un processus révolutionnaire qui aurait pu réserver bien des surprises.
C’est ce processus révolutionnaire qui a repris ces jours-ci et que l’armée a enfourché pour profiter d’une opportunité de se débarrasser d’un Mohamed Morsi qui n’a décidément pas su tenir la baraque. 
par Dan Murphy, The Christian Science Monitor (USA) 3 juillet 2013  traduit de l’anglais par Djazaïri
Au milieu de manifestations sans précédent qui ont commencé depuis trois jours, le président égyptien Hosni Moubarak a prononcé un discours provocateur  qui accusait des mains de l’étranger qui cherchent à semer le chaos dans le pays et à saper ce qu'il considère être sa propre légitimité en tant que leader.
Cet appel en forme de fin de non recevoir avait exaspéré les manifestants et avait, on le comprend avec le recul, ruiné le mince espoir qu’il avait à cette étape de se maintenir au pouvoir. Comme la contestation s’accentuait, les Etats Unis avaient pris lentement leurs distances avec M. Moubarak. Le 27 janvier, le vice président Joe Biden soulignait que Moubarak n’était pas un dictateur et qu’il devait rester au pouvoir. Deux jours avant, le 25 janvier, la Secrétaire d’Etat Hillary Clinton déclarait que l’Egypte et son gouvernement étaient «stables.»
Mais après le discours de Moubarak, les Etats-Unis  adoptèrent un ton nouveau. PJ Crowley , le porte parole du Département d'Etat à l’époque, écrivait sur Twitter le lendemain :  «Le gouvernement égyptien ne peut pas se contenter de reprendre les cartes puis rester sur son quant-à-soi. Les paroles par lesquelles le président Moubarak s'engage à réformer doivent être suivie par des actes."
Le 30 janvier, Mme Clinton déclarait:
"Nous avons dit très clairement que les mesures concrètes de réforme démocratique et économique que le président Moubarak a évoquées dans son discours doivent être mises en oeuvre ... il faut qu’un engagement soit pris par quiconque est au pouvoir de lancer dans un dialogue national avec le peuple d'Egypte, dans le but de prendre des mesures qui répondent aux revendications légitimes du peuple égyptien pour une plus grande participation ... c'est un moment très grave pour l'Egypte, et nous allons faire tout ce que nous pouvons pour soutenir une transition ordonnée. "
Puis, le 10 février, Moubarak a prononcé un autre discours provocateur, exaspérant à nouveau les manifestants. Les États-Unis se plaignirent que Moubarak n'avait pas fait de démarches concrètes de «réformes». Le 11 février, il  démissionnait.
Hier, le président égyptien Mohamed Morsi a prononcé un discours dans lequel il a rejeté la masse de manifestants comme étant manipulée par des mains étrangères qui cherchent à semer le chaos en Egypte, et il a fait référence à plusieurs reprises à ce qu'il considère comme étant sa légitimité en tant que leader de l'Egypte. Ses propos ont provoqué la fureur manifestants, qui continuent à être très nombreux à battre le pavé au Caire et dans d'autres villes.
Aujourd'hui, la porte-parole du département d'Etat Jen Psaki a dit: 
«Nous pensons qu'il y avait une absence de mesures spécifiques significatives dans la déclaration de Morsi. Il doit faire plus pour être vraiment réceptif aux préoccupations du peuple égyptien .... Nous sommes au côté du  peuple égyptien. Nous avons été en contact avec toutes les parties -.avec  l'opposition, avec le gouvernement, avec l'armée -. et nous allons continuer à l’être. Mais pour apaiser les  inquiétudes ou éviter les suppositions, nous ne sommes pas [parties prenantes] - nous n'avons pas pris parti. [Washington s'est abstenu de critiquer l'armée égyptienne après la destitution de M. Morsi, NdT]
Cela vous rappelle quelque chose?

dimanche 7 avril 2013

Coptes et Musulmans doivent s'unir pour chasser Satan d'Egypte


Les nouvelles sur les relations entre la minorité copte et la majorité musulmane en Egypte ne sont pas bonnes.
Les tensions religieuses ont en effet été exacerbées sous les présidences Anouar es Sadate et surtout Hosni Moubarak dans le souci de détourner l’attention de l’opinion des problèmes économiques et politiques. Il n’est cependant pas du tout sûr que le gouvernement des Frères Musulmans soit en mesure d’enrayer de phénomène qui a aussi maintenant sa vie propre.
J’y vois deux raisons. La première est que les ennemis de la confrérie ont tout intérêt à attiser les passions sectaires. La deuxième est que certains éléments de la confrérie sont également animés par une volonté d’en découdre avec les coptes et que ce n’est pas l’exil dans les pétromonarchies fondamentalistes qui a pu contribuer à les calmer sur ce plan.
Pourtant les coptes sont la plus importante minorité religieuse en Egypte et, comme le nom même de leur église l’indique, ce sont des égyptiens dont la foi est antérieure à l’arabisation et à l’islamisation de l’Egypte.
Je ne connais pas assez l’Egypte pour identifier les interrelations du quotidien, dans la culture et l’éthos populaires entre église copte et Islam, sans parler de ce qui survit de l’ancienne religion du temps des pharaons.
Mon propos n’est pas ici de me placer du point de vue de telle ou telle doctrine religieuse, mais simplement d’inviter à s’intéresser à la réalité de la vie quotidienne d’un peuple qui appartient à une civilisation plurimillénaire avec toutes ses composantes, arabe et musulmane, mais aussi copte et tout simplement égyptienne.
L’article du journal El Mundo que je vous propose en est une illustration.

 Le ‘djihad’ contre Satan se mène dans les églises

Par Francisco Carrión, El Mundo (Espagne) 6 avril 2013 traduit de l’espagnol par Djazaïri
Le Caire – On dit que la foi déplace les montagnes. Les chrétiens égyptiens prétendent que c’est leur ferveur qui a fait se soulever Moqattam, une colline de terre sèche et craquelée, vers l’extrémité sud-est du Caire. Mille ans après un miracle si extraordinaire, une procession de ‘possédés par le démon’ avance vers les contreforts de la colline pour se libérer de Lucifer. 
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                   Colline de Moqattam
Creusée dans la roche, l’église de Saint Siméon rassemble chaque jeudi plusieurs milliers de fidèles chrétiens et musulmans avides de rédemption. La route qui conduit au purgatoire passe par le quartier où les chiffonniers mènent une existence infernale. Dans ses rues poussiéreuses et sombres, les rats se cachent  au milieu de tonnes de déchets entassés devant les portes des maisons. 
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Quartier des chiffonniers
Le père Samaan a construit ce lieu de culte dans les années 1990 et cepuis lors, il livre entre ses murs sa guerre particulière contre les ravages de Satan. La cérémonie hebdomadaire est sue succession de cantiques et de prières fréquemment interrompues par les cris effrayants des possédés qui peuplent les bancs au premier rang. «Le curé a dans son corps l’esprit de Jésus Christ. Je suis venue une fois parce que j’avais mal aux yeux et il m’a soignée avec de l’huile,» explique à El Mundo Oum Ashraf, une chrétienne qui traîne son corps usé à 57 ans. 
Avec sa soutane noire et sa longue barbe, «baba» Samaan – comme l’appelle son bataillon d’adeptes – est un des exorcistes les plus réputés de ce pays arabe. Attirés par une promesse de guérison, les pèlerins parcourent des centaines de kilomètres. Il est même arrivé qu’une fois un musulman fasse le voyage depuis la Syrie en quête de salut pour sa fille handicapée. Selon ses fidèles, le prêtre résout chaque année des centaines de cas de possession par le démon. 
Les symptômes» de la possession 
On assure que la présence du malin se manifeste au travers de douleurs prolongées à la poitrine ou dans le dos et par certaines maladies graves. Le manque d’appétit sexuel chez les femmes mariées est également perçu comme un symptôme du fait que, sans le savoir, ces femmes entretiennent des relations extraconjugales avec Lucifer.
«Je guérirai tous ceux qui sont possédés par Satan,» assure au microphone le septuagénaire Samaan lorsque, à la fin d’une messe de deux heures en prélude aux exorcismes. «Quiconque touchera une goutte de cette eau peut être certain que Jésus le guérira.» 
La voix rauque du vieillard, ses nombreuses plaisanteries qui provoquent des sourires dans le public, installent une attente tendue dans l’église. L’odeur de l’encens reste suspendue dans l’atmosphère quand le prêtre abandonne l’autel pour s’approcher, escorté par une armée de jeunes volontaires, des travées où se tordent ceux qui sont sous l’emprise de Belzébuth. 
Une jeune femme musulmane, avec les cheveux recouverts du «hidjab» (voile), est une des premières personnes souffrantes que Samaan asperge d’eau bénite. «Au nom de Jésus Christ, je t’ordonne de sortir,» lance-t-il tandis que des spasmes secouent le corps de la jeune fille et que des cris de frayeur se propagent chez ceux qui attendent leur tour. «Sors de ce corps,» insiste-t-il armé d’une petite croix en bois. 
 Quelques secondes plus tard, la lutte s’arrête. La terreur disparaît soudainement du visage. La tête cesse son agitation fébrile. Les extrémités arrêtent de marteler le sol. Et le corps fébrile de la jeune femme, qui n’oppose plus aucune résistance, s’abandonne dans les bras du curé. Les acclamations de joie résonnent sur la pierre quand le jeune femme, trempée et éperdue, sort de la transe et se lève avec l’aide de ses amies. 
Samaan trace avec un stylo des croix sur le front et la paume des mains et fend la foule pour se lancer dans le espiritu suivant. L’efficacité du traitement n’est pas toujours aussi rapide. Si Satan s’accroche, l’exorciste frappe et crache sur le malade jusqu’à ce que l’ennemi s’enfuie et que la personne – sous l’effet des coups et de la salive – s’évanouisse ou vomisse. 
Quand elles ont pu reprendre leur souffle, les personnes purifiées se rappellent rarement leurs quelques secondes d’agonie. Celles qui disent s’en souvenir parlent de langues de feu qui les dévoraient. «Je suis malade. Je suis allée voir de nombreux médecins sans ressentir le moindre soulagement. Mes amis m’ont conseillée de venir parce qu’on m’a fait de la magie noire,» raconte Manal Adl Falil, une musulmane âgée de 35 ans qui vient de la province de Menufiya dans la région fertile du delta du Nil. 
La sorcellerie «habite» aussi le corps de la musulmane Azza, une mère de familel âgée de 28 ans qui habite la cité méditerranéenne d’Alexandrie. «Elle est possédée par le démon depuis six années. Elle crie tout le temps et quand elel écoute réciter le Coran, elle se plaint de douleurs au niveau du cœur et elle s’effondre,» assure sa fille Zeinab. «C’est la première fois que nous entrons dans une église parce qu’à la mosqu »e, ils n’ont pas pu la guérir.» 
Des siècles de péché 
Le «djihad» (guerre sainte des musulmans) contre le Léviathan se livre à coups de messes et de versets de la Bible. La puissance fulgurante du rituel de la minorité chrétienne – qui représente 10 % de la population égyptienne – séduit depuis des siècles ceux qui croient en Allah. C’est ainsi que la tradition raconte qu’au 19ème siècle, le gouverneur Mohamed Ali, père de l’Egypte moderne , avait eu recours à un exorciste chrétien pour chasser le démon de l’âme de sa fille Zohra.
«Les exorcismes sont nécessaires parce qu’à chaque fois on commet de nouveaux péchés, ce qui a pour conséquence de déclencher la maladie,» explique à notre journal un autre exorciste, Makari Yunan. Licencié en théologie et en pédagogie, Yunan déclare chaque vendredi la guerre à Lucifer depuis la vieille cathédrale copte du Caire.
La rue égyptienne, sujette à l’insomnie, ne se repose jamais et le prêtre croule sous les demandes d’expulsion du diable qui habite des gens peu dévots, qui professent les «péchés de l’argent ou de la chair comme l’adultère» et vénèrent «la passion de l’amour propre, l’ambition pour le pouvoir et l’égoïsme.» Pour «s’infiltrer,» ils disent que l’antéchrist profite des moments de vulnérabilité : l’obscurité, la visite de certaine maisons, les chutes au sol ou quand on va dans la salle de bain. 
Des dizaines de vidéos attestent du «don divin» dont Unan a commencé à se servir en 1976 et grâce auquel il a parcouru la planète. «Ce n’est pas moi qui guérit mais Jésus Christ. Personne ne peut prendre le dessus sur le diable à part Jésus Christ,» précise-t-il avant de gloser sur un ses derniers ‘miracles’. Vendredi dernier deux femmes atteintes d’un cancer et une autre de paralysie ont dit avoir été guéries,» ajoute le prêtre.
La Bible comme le Coran mentionnent les «génies ifrit» (esprits du diable) et les cheikhs pratiquent aussi l’exorcisme. Mais certains de leurs fidèles finissent par échouer dans les églises, fascinés par la lumineuse cérémonie copte et tourmentés par leurs pèlerinages infructueux auprès de prédicateurs ou de guérisseurs.
«Toute personne, quelle que soit son appartenance sociale ou religieuse et quelle que soit sa maladie est bien accueillie. Nos jours sont comme la vapeur d’eau. Ils se vivent fugacement et disparaissent. Il faut accepter Jésus Christ avant l’arrivée de la fin des temps,» conclut le prêtre.

jeudi 13 septembre 2012

Sam Bacile, Nakoula Basseley Nakoula. Et les sionistes dans tout ça?

Dans mon précédent post, j'évoquais des doutes sur la réalité de l'identité du réalisateur du film ou de la bande-annonce intitulés L"Innocence des Musulmans" qui a provoqué une flambée de colère dans certains pays musulmans.

Une colère qui s'est traduite par une attaque qui a coûté la vie à l'ambassadeur des Etats Unis en Libye, mort dans des conditions assez semblables à celles de la mort du colonel Kadhafi.
L'ironie du sort voulant que cet ambassadeur, nommé représentant dès mars 2011 auprès du Conseil National de Transition a été un des responsables des actions militaires et de renseignements qui ont abouti à l'assassinat du dirigeant  Libyen.

Certains parleront de justice divine, d'autres de justice immanente...

Pour en revenir à Sam Bacile, on semble maintenant avoir la certitude qu'il s'agit du pseudonyme choisi par un Copte qui réside en Californie et dont le vrai nom est  Nakoula Basseley Nakoula, 54 ans qui sans avoir reconnu être Sam Bacile a tout de même concédé avoir dirigé la société réalisatrice du film.

Le plus haut fait de Nakoula Basseley Nakoula est une condamnation pour dune escroquerie bancaire, mais le film qu'il aurait réalisé bénéficie d'une promotion par un autre Copte du nom de Morris Sadek qui professe des idées séparatistes, avec la création d'un Etat copte dans la région d'Alexandrie.

A première vue, Nakoula Basseley Nakoula alias Sam Bacile n'est donc pas un ressortissant de l'entité sioniste contrairement à ce qu'il a affirmé à certains organes de presse. On ne sait pas non plus s'il a réellement obtenu des financements de la part de bailleurs de fonds juifs, ni pour quel montant.

Vous imaginez le ouf de soulagement dans les milieux sionistes et comment les Coptes doivent se sentir mal à l'aise.

Pourtant les Coptes ne devraient pas et n'ont pas à se sentir concernés, en tout cas pas responsables des agissements de personnages comme Morris Sadek ou Nakoula Basseley Nakoula.


Max Blumenthal écrit que,
Selon Copt Today, un organde de presse en arabe centré sur les affaires coptes; Sadek avait été vu en train de se promener dans M Street à Washington, profitant du soleil d'une journée d'automne idéale. Tout à coup, il s'était retrouvé cerné par quatre femmes Coptes en colère. Accusant  Sadek d'exciter la violence sectaire, les femmes avaient ôté leurs chaussures pour lui en donner des coups sur la tête.
"Si quelque chose arrive à un Chrétien en Egypte," l'une d'entre elles lui avait-elle crié, "tu en seras la raison!"

En Egypte, à part quelques écervelés, j'imagine que tout le monde en est conscient même si le risque existe que certains se saisissent de l'occasion pour déstabiliser le gouvernement égyptien ainsi que le pense Max Blumenthal, ce qui serait aussi l'objectif recherché par les deux Coptes précités.

Les sionistes auraient cependant tort de se croire disculpés dans cette affaire. Car si comme le souligne Max Blumenthal, le fait que Sam Bacile se soit présenté comme un ressortissant sioniste qui a pu collecter 5 millions de dollars auprès d'une centaine de bailleurs de fonds juifs a des relents de protocoles des Sages de Sion, il n'en reste pas moins que:
Malheureusement, la longue histoire de promotion et de financement de la propagande islamophobe aux Etats Unis par Israël et les ultra sionistes, a fait que la déclaration remarquée de Bacile sonnait vrai.
Personnellement, je considère non seulement que ça sonne vrai, mais que c'est vrai même si la question des montants alloués reste posée.

Il suffit en effet de se pencher sur les gens qui gravitent dans la même orbite que Nakoula Basseley Nakoula dont la première caractéristique est sans doute une bêtise insondable.
Cet entourage est signalé par un certain nombre d'organes de presse français qui se gardent cependant d'aller au fond des choses.

On nous parle par exemple de Terry Jones, ce pasteur chrétien qui a défrayé la chronique en brûlant en public des exemplaires du Coran et de Steve Klein
consultant sur le film, a nié mercredi l’implication d’Israël dans la production et a assuré que Sam Bacile - un pseudonyme, a-t-il reconnu - était mortifié par le décès de l’ambassadeur américain en Libye
Il est sympa Steve Klein: il dédouane expressément les sionistes des désordres parfois meurtriers qui ont accompagné la diffusion de la bande-annonce du film doublée en arabe.
Il l'a fait parce qu'il a été interviewé à ce sujet par Jeffrey Goldberg, un journaliste sioniste du magazine conservateur The Atlantic. Golberg a été accessoirement soldat (gardien de prison) pour le compte de la voyoucratie sioniste.

De son côté, Max Blumenthal (eh oui, toujours lui!) a creusé la question de la nébuleuse dans laquelle gravite pseudo Sam Bacile, et on voit apparaître le nom d'un certain Joseph Nasrallah, un autre extrémiste Copte:
Nasrallah était sorti de nulle part pour apparaître à un rassemblement bruyant contre la construction d'un centre communautaire musulman au centre de Manhattan le 11 septembre 2010 pour avertir quelques centaines de membres du Tea Party surexcités que les Musulmans étaient venus et avaient conquis notre pays [l'Egypte] de la même manière qu'ils ont l'intention de conquérir l'Amérique."
Sorti de nulle part signifie simplement que ce Nasrallah bénéficiait de mécènes, ou de sponsors si vous voulez, qui lui ont permis de faire une entrée fracassante dans la sphère publique.

En juillet 2011, Joseph Nasrallah et Steve Klein avaient co-organisé une manifestation pour exiger la révocation de Lee Baca, un shérif du comté de Los Angeles qu'ils dépeignaient comme un dupe du Hamas parce que ce policier était favorable à une coopération avec le Council on American-Islamic Relations (CAIR), une organisation communautaire musulmane.
Le Hamas est comme vous le savez l'organisation politique palestinienne qui dirige la bande de Gaza et qui est affiliée aux Frères Musulmans.

Comme vous le voyez, la question palestinienne, et donc celle du sionisme, que d'aucuns pensaient avoir pu écarter est tout à fait présente.

Steve Klein est effectivement un ultrasioniste chrétien qui est même allé jusqu'à reprocher à Mitt Romney, le concurrent d'Obama à la présidentielle américaine, de vouloir un Etat musulman au coeur du territoire de l'entité sioniste ainsi qu'il l'expliquait dans un commentaire sur le site de Pamela Geller.

Avant d'aller plus loin, il faut dire que Steve Klein n'aime pas non plus les Mormons. Tout comme les sionistes qui leur reprochent d'avoir baptisé des milliers de juifs.

Pamela Geller est un nom que nous avons déjà rencontré sur ce blog..
Mme Geller est entre autres directrice de l'American Freedom Defense Initiative (AFDI) et de Stop Islamization of America (SIOA). Elle plaide pour empêcher la soumission des Etats Unis à la charia, le droit musulman, dont l'application serait rampante aux Etats Unis.

Dans l'article sur son action contre la prétendue possible application de la charia, il n'était fait aucune mention de David Yeroushalmi, un juriste sioniste qui est pourtant au coeur de toutes les campagnes de ce genre aux Etats Unis.
Il ne faut pas se laisser abuser par les noms ronflants des institutions qu'elle dirige, ni par la récompense journalistique qui lui a été remise par le David Horowitz Freedom Center.

Tout ça est financé en réalité par des officines sionistes sans lesquelles des parasites de ce genre seraient obligé d'aller pointer au chômage ou au mieux de faire une carrière nettement plus discrète.

Ce sont des fonctionnements qui, sans être complètement opaques, sont difficiles à saisir si on ne prend pas le temps de recouper un certain nombre d'informations. Une tâche qui devient vite fastidieuse tant ces réseaux d'influence et d'argent semblent fonctionner en parallèle mais se recouper par personnels interposés.

Bien sûr l'entité sioniste n'est pas impliquée en tant que telle, non plus que ses services secrets. Ceux qui sont impliqués sont les fanatiques sionistes, des extrémistes de la race qui comptent un certain nombre de millionnaires dans leurs rangs.
Ces fanatiques sionistes jouent dans le sens de la radicalisation du régime sioniste que tout observateur de bonne foi ne peut que constater et de la radicalisation  d'une frange de l'opinion en Occident. Ce processus de radicalisation a cependant du mal à vanter les charmes du sionisme en tant que tel, c'est pourquoi il recourt à la peur, peur du terrorisme, peur d'une déferlante musulmane, peur d'une application de la charia.

Cette ingénierie complexe de la peur mise au service du sionisme a nécessairement joué un rôle direct dans la production des images qui ont mis en colère des Musulmans qui ont par ailleurs un certain nombre de griefs à l'encontre des Etats Unis.
On verra si ce rôle est mis en évidence. Il ne le sera pas en tout cas par la presse française!


NB: la synthèse d'infos a été facilitée par le blog de Philip Weiss





mardi 15 novembre 2011

70 000 Coptes manifestent au Caire pour soutenir Bachar el-Assad

Sauf erreur de ma part, aucun media ne nous a parlé de cette grande manifestation  qui a mobilisé des dizaines de milliers de Coptes dans un stade du Caire le 12 novembre dernier.



Ces gens prient pour la sauvegarde de la Syrie et de la personne de son chef de l'Etat. Ils ont parfaitement compris ce qui se passe et risque de se passer en Syrie sous la houlette de ces nouveaux hérauts de la démocratie que sont les monarchies du Golfe.

Via Joshua Landis (Syria Comment)

mardi 11 octobre 2011

Vérité et mensonge en Syrie

Jeremy Salt nous propose une analyse bien informée de ce qui se passe en Syrie. Et je souscris sans difficulté à son point de vue : le peuple syrien a le droit d’exiger et d’obtenir la démocratie mais ce même peuple doit prendre garde aux risques que certains font courir à son pays. Son texte est peut-être un peu léger suer les enjeux politiques régionaux, et là je pense moins à l'entité sioniste qu'à la Turquie, une question sur laquelle j'aurai peut-être l'occasion de revenir.

Il est vrai qu'on ne peut pas faire comme si les exemples irakien et libyen n’existaient pas et exiger de l’ONU des résolutions de plus en plus contraignantes qui ouvriront la voie à une intervention étrangère.

Aucune des puissances qui veulent s’immiscer dans les affaires syriennes n’a en fait le désir d’une Syrie forte et le régime qui sortirait dés décombres d’une Syrie en proie à la guerre civile et aux bombardements de l’OTAN (sans parler de l’entité sioniste qui profiterait de l’occasion) serait forcément un régime encore plus faible que celui imposé par le Baath.

Vous me direz, ce n’est pas un régime faible : voyez comme il réprime la population. Mais le niveau de répression de la population ne nous donne aucune indication sur la force du régime, seulement sur sa brutalité, et on constate que le gouvernement syrien n’a pas pu empêcher la constitution de bandes armées, ni leur approvisionnement en armes. Et comme le rappelle Jeremy Salt, des actes de guerre ont été commis dès le début par ces bandes armées et des actes de cruauté leur ont été imputés, aussi bien à l’encontre de policiers ou militaires que de civils ; comme on en impute aux forces gouvernementales.

La Syrie est à la veille d’un scénario à l’algérienne que le régime a pour l’instant cependant pu enrayer. Il ne pourra pas le faire très longtemps s’il n’y a pas d’ouverture politique de la part de l’opposition qui croit malheureusement encore que le Royaume Uni ou le Qatar et l’Arabie Saoudite veulent la démocratie en Syrie. Le CNT libyen vient d’ailleurs de reconnaître le Conseil national Syrien qu’il invite donc à lui emboîter la pas, un ballon d’essai lancé par les stratèges des services secrets britanniques et américains.

Je l’ai écrit précédemment, la Syrie n’est ni la Tunisie, ni l’Egypte. Dans ces deux derniers pays, les régimes étaient des alliés de l’Occident et les Etats Unis ont pu, tant bien que mal, gérer la chute de l’autocrate avec le filet de sécurité de la nomenklatura en place. Il y a et il y aura seulement une redistribution des cartes entre le centre et la périphérie de cette nomenklatura..

Les derniers événements en Egypte, avec ces manifestants Coptes assassinés par l’armée nous montrent la véritable nature, inchangée, du régime qui n’a d’ailleurs toujours par rouvert de manière permanent la frontière avec Gaza.

En Syrie, les occidentaux n’ont pas ce genre de ressources sur place et ce sera donc le chaos et le bain de sang, peut-être pour des années.

Mais pas la démocratie…


par Jeremy Salt, Palestine Chronicle (USA) 5 octobre 2011 traduit de l’anglais par Djazaïri 


Ankara – Avec une insurrection qui fonce vers la guerre civile en Syrie, il convient de mettre un frein à la propagande déversée par les grands médias occidentaux et acceptée sans réserves par beaucoup de gens qui devraient être mieux informés. Voici donc une série de positions à partir desquelles on peut discuter de ce qui se passe dans ce pays très important du Moyen Orient..


1. La Syrie est un Etat des mukhabarat (services de renseignements) depuis que le redouté Abd al Hamid ai Serraj a dirigé les services de renseignements, le deuxième bureau, dans les années 1950. Le régime autoritaire qui s’est mis en place à partir de la prise du pouvoir par Hafez el Assad en 1970 a écrasé impitoyablement toute dissidence. Selon les occasions, ce fut telle ou telle dissidence. L’omniprésence des mukhabarat est une des réalités déplaisantes de la vie en Syrie mais dans la mesure où ce pays est une cible privilégiée des assassinats ou de la subversion pratiqués par Israël et des services secrets occidentaux, et qu’il a aussi été attaqué militairement à plusieurs reprises, et qu’une grande portion de son territoire est occupée et que ses ennemis cherchent constamment des possibilités de l’abattre, on peut difficilement soutenir qu’il peut se passe de mukhabarrat.

2 Il est indubitable que la majorité des personnes qui manifestent en Syrie veulent une transition pacifique vers une forme démocratique de gouvernement. Il est également indubitable que des organisations armées qui  agissent à l’ombre des manifestations  ne sont pas intéressées par des réformes. Elles veulent la destruction du régime..

3 Il y a eu de très grandes manifestations se soutien au gouvernement. Il y a de la colère contre la violence des bandes armées et contre l’interférence de l’étranger et l’exploitation de la situation par des gouvernements et la presse à l’étranger. Aux yeux de nombreux Syriens, leur pays est à nouveau la cible d’un complot international.

4 Quelle que soit la véracité des accusations portées contre les forces de sécurité; les groups armés ont tué des centaines de policiers, de soldats et de civils, un total qui doit approcher le millier maintenant. Parmi les civils tués, se trouvent des professeurs d’université, des médecins et même, très récemment, le fils du Grand Mufti de la République. Les bandes armées ont massacré, pris en embuscade, assassiné, attaqué des édifices publics et saboté des voies ferrées.
5 Bachar al-Assad a une forte popularité personnelle. Même s’il siège au sommet du système, il est erroné de le qualifier de dictateur. C’est le système lui-même qui est le vrai dictateur. Ce pouvoir profondément enraciné en Syrie – retranché depuis cinquante ans – se situe dans l’establishment militaire et des services secrets et, à un moindre degré, dans les structures du parti. Ce sont les vraies sources de la résistance au changement. Les manifestations étaient une opportunité offerte que Bachar a saisie pour faire passer le message que le système devait changer.

6 Devant les manifestations à grande échelle du début d’année, le gouvernement a finalement élaboré un programme de réformes. Il a été rejeté d’un revers de main par l’opposition. A aucun moment, il n’a été question de tester la bonne foi du gouvernement.

7 L’affirmation selon laquelle l’opposition armée au gouvernement n’a commencé que récemment est un complet mensonge. Les assassinats de policiers, de soldats et de civils, souvent de manière très brutale, ont commencé pratiquement dès le début [des troubles].

8 les bandes armées sont bien équipées et bien organisées. D’importants chargements d’armes ont été introduits clandestinement depuis la Turquie et le Liban. Ils comprennent des fusils à pompe, des mitrailleuses, des Kalashnikovs, des lance roquettes, des grenades à main fabriquées en Israël et beaucoup d’autres explosifs. On n’a pas de certitude sur qui fournit ces armes, mais quelqu’un le fait et quelqu’un les paye. L’interrogatoire des membres des bandes armées capturés pointe dans le direction du mouvement Futur de Saad Hariri. Hariri est l’homme de paille des Etats Unis et de l’Arabie Saoudite et son influence dépasse de beaucoup les frontières du Liban. 

9 L’opposition armée au régime semble être largement parrainée par l’organisation interdite des Frères Musulmans. En 1982, le gouvernement avait impitoyablement écrasé un soulèvement déclenché par les Frères Musulmans à Hama. Des milliers de personnes avaient péri et une partie de la ville avait été détruite. Les Frères Musulmans ont deux objectifs principaux : la destruction du régime baathiste et la destruction de l’Etat séculier pour le remplacer par un système islamique. La soif de vengeance de la confrérie est quasi palpable.

10 Les groupes armés ont un fort soutien de l’extérieur en plus de ceux que nous avons déjà évoqués. L’ancien vice premier ministre et ministre syrien des affaires étrangères, Abdelhalim Khaddam qui vit à Paris, fait campagne depuis des années pour faire chuter le gouvernement d’Assad. Il est financé à la fois par l’Union Européenne et par les Etats Unis. Parmi d’autres opposants exilés, Borhan Ghalioune, soutenu par le Qatar à la tête du ‘Conseil National’ créé à Istanbul, vit comme Abdelhalim Khaddam à Paris et comme ce dernier également, fait du lobbying contre le régime Assad en Europe et à Washington. Tout comme Muhammad Riyad al Shaqfa, le leader des Frères Musulmans en Syrie, il est ouvert à une ‘intervention humanitaire’ étrangère en Syrie sur le modèle libyen (d’autres sont contre). La promotion des exilés pour former un gouvernement alternatif rappelle la manière dont les Etats Unis se  sont servis des exilés Irakiens (le pseudo Congrès National Irakien) en prélude à l’invasion de l’Irak.

 11 La couverture de la situation en Libye et en Syrie par les media occidentaux a été consternante. L’intervention de l’OTAN en Libye a été la cause d’énormes destructions et de milliers de morts. Cette guerre, après l’invasion de l’Irak, est encire un autre grave crime devant le droit international commis par les gouvernements de la France, de la Grande Bretagne et des Etats Unis. La ville de Syrte a été bombardée jour et nuit pendant deux semaines sans que les media occidentaux s’intéressent le moins du monde aux lourdes pertes humaines et matérielles qui en ont forcément résulté. La presse occidentale n’a rien fait pour vérifier les informations en provenance de Syrte que le bombardement de bâtiments civils et la mort de centaines de personnes. La seule raison  est que l’horrible vérité pourrait bien faire capoter toute l’intervention de l’OTAN.

12 En Syrie, les mêmes medias ont adopté le même style d’information biaisée et de désinformation. Ils ont ignoré ou sont passés par-dessus les preuves sur les nombreux assassinats perpétrés par les bandes armées. Ils ont invité l’opinion à ne pas croire les déclarations du gouvernement et à croire celles des rebelles, souvent faites par la voix d’organisations des droits de l’homme sises aux Etats Unis et en Europe. De nombreux mensonges purs et simples ont été dits, comme on en a dit pour la Libye et comme on en avait dit avant l’agression contre l’Irak. Certains d’entre eux au moins ont été mis à nu. Des gens dont on disait qu’ils avaient été tués par les forces de sécurité étaient en fait bien vivants. Les frères de Zeineb al Husni affirmaient qu’elle avait été enlevée par les services de sécurité, assassinée et son corps démembré. Cette histoire épouvantable, diffusée par les chaînes Al Arabiyya et Al jazeera, entre autres organes d’informations, était complètement fausse. Elle est toujours vivante même si la tactique de la propagande est maintenant de prétendre que ce n’est pas vraiment elle mais un sosie. Al Jazeera, la BBC et le Guardian se sont distingués par leur appui aveugle à tout ce qui peut discréditer le gouvernement syrien. La même ligne a été adoptée par les media grand public des Etats Unis. Al Jazeera, en particulier, a perdu toute crédibilité en tant que source d’informations indépendante sur le monde arabe.

13 En cherchant à détruire le régime syrien, l’organisation des Frères Musulmans a un objectif commun avec les Etats Unis, Israël et l’Arabie Saoudite dont la paranoïa à propos de l’Islam chiite a atteint son paroxysme avec la contestation à Bahreïn. Wikileaks avait révélé à quel point l’Arabie Saoudite était impatiente de voir les USA attaquer l’Iran. Un objectif de rechange est la destruction de la relation stratégique ente l’Iran, le Hezbollah et la Syrie. Les Etats Unis et l’Arabie Saoudite peuvent avoir des raisons légèrement différentes de vouloir la destruction  du régime baathiste dominé par les Alaouites à Damas… mais ce qui importe est qu’ils veulent le détruire.

14 Les Etats Unis font tout ce qu’ils peuvent pour acculer la Syrie. Ils apportent un soutien financier aux dirigeants de l’opposition en exil. Ils on essayé (et pour l’instant échoué grâce à l’opposition de la Chine et de la Russie) d’introduire un vaste programme de sanctions via le Conseil de Sécurité de l’ONU. Il est hors de doute qu’ils essayeront encore et, en fonction de l’évolution de la situation, ils pourraient avec l’appui britannique et français présenter une résolution sur une zone d’exclusion aérienne ouvrant la voie à une attaque étrangère. La situation est fluide et il est certain que toutes sortes de plans d’urgence sont élaborés. La Maison Blanche et le Département d’Etat font des déclarations d’intimidation quotidiennement. Provoquant ouvertement le gouvernement syrien, l’ambassadeur des Etats Unis, accompagné de l’ambassadeur de France, se sont rendus à Hama avant les prières du vendredi. Compte tenu de tout ce que nous savons de leurs nombreuses  immixtions passées dans les affaires des pays du Moyen Orient, il est inimaginable que les Etats Unis et Israël, avec la Grande Bretagne et la France, puissent ne pas être impliquées dans cette contestation au delà-de ce que nous savons déjà de cette ingérence.

15  Alors qu’ils se concentrent sur la violence du régime syrien, les gouvernements des Etats Unis et d’Europe (particulièrement la Grande Bretagne) ont totalement ignore ma violence exercée contre le régime. Ne parlons bien sûr même pas de leur propre violence bien plus grande exercée en Libye, en Irak, en Afghanistan et ailleurs.  La Turquie a rejoint bien volontiers leur campagne, allant même plus loin qu’eux dans la confrontation avec le régime syrien. La politique régionale turque du ‘zéro problème’ s’est retournée dans la confusion. La Turquie a finalement apporté son appui à l’agression de l’OTAN contre la Libye après avoir d’abord freiné des quatre fers. Elle s’est mise à dos l’Iran par sa politique sur la Syrie et en acceptant, en dépit d’une forte opposition interne, d’accueillir sur son sol un système radar anti-missiles américain qui vise clairement l’Iran. Les Américains disent que les données collectées par le système seront partagées avec Israël qui a refusé de s’excuser pour l’attaque contre le Mavi Marmara, causant une crise des relations israélo-turques. La politique régionale turque est donc passée de « zéro problème »  à la quantité de problèmes avec Israël, la Syrie et l’Iran.

16 Alors que certains membres de l’opposition syrienne ont pris position contre une intervention étrangère, “l’Armée de la Syrie Libre” a déclaré que son objectif était la proclamation d’une zone d’exclusion aérienne au-dessus du nord de la Syrie. Nous avons vu que l’application d’une zone d’exclusion aérienne en Libye s’est soldée par des destructions massives d’infrastructures, la mort de milliers de personnes et la porte ouverte à une nouvelle période de domination par l’Occident.

17 Si le régime syrien est abattu, les baathistes et les Alaouites seront pourchassés jusqu’au dernier. Dans un gouvernement dominé par les Frères Musulmans, le statut de la femme et celui des minorités pourraient connaître une forte régression.

18 A travers le Syria Accountability Act, et avec les sanctions que l’Union Européenne a imposées, les Etats Unis tentent depuis 20 ans de détruire le régime syrien. Le démantèlement des Etats arabes unitaires selon des lignes de fracture ethno-religieuses est un objectif qu’Israël cherche à atteindre depuis des dizaines d’années. Là où va Israël, les Etats Unis suivent tout naturellement. On peut voir les fruits de cette politique en Irak où un Etat indépendant de facto a été créé pour les Kurdes et où la constitution, rédigée par les Etats Unis, distingue les Irakiens en Kurdes, Sunnites, Chiites et Chrétiens, détruisant la logique intégratrice du nationalisme arabe. L’Irak n’a pas connu un moment de paix depuis l’entrée des Britanniques à Bagdad en 1917. En Syrie, les divisions ethno-religieuses (musulmans sunnites Arabes, musulmans sunnites Kurdes, Druzes, Alaouites, les diverses sectes chrétiennes) rendent de la même manière ce pays vulnérable à l’excitation de la discorde sectaire et à la désintégration finale de l’Etat arabe unifié dont les Français avaient essayé d’empêcher l’avènement dans les années 1920.

19 La destruction du pouvoir baathiste serait une victoire stratégique inestimable pour les Etats Unis et Israël. La clef de voûte de la relation stratégique ente l’Iran, la Syrie et le Hezbollah aura été détruite, laissant le Hezbollah isolé géographiquement, avec un gouvernement musulman sunnite hostile à sa porte. L’Iran et le Hezbollah se trouveraient plus exposés à une agression militaire par les Etats Unis et Israël. Hasard ou pas, le ‘printemps arabe’ tel qu’il s’est développé en Syrie a placé entre leurs mains un levier qui peut leur permettre d’atteindre leur objectif.

20 Il n’est pas forcément certain qu’un gouvernement dominé par les Frères musulmans en Egypte ou en Syrie serait hostile aux intérêts des Etas Unis. Voulant être perçu comme un membre respectable de la communauté internationale et un autre exemple d’Islam ‘modéré’, il est envisageable et certainement possible qu’u  gouvernement égyptien dominé par la confrérie accepterait de respecter le traité de paix avec Israël aussi longtemps qu’elle le pourrait (c’est-à-dire jusqu’une nouvelle attaque israélienne à grande échelle contre Gaza ou le Liban le rende absolument intenable).

21 Un gouvernement syrien dominé par les Frères Musulmans serait proche de l’Arabie Saoudite et hostile à l’Iran, au Hezbollah et aux Chiites Irakiens, particulièrement ceux qui sont liés à Moqtada al Sadr. Il soutiendrait verbalement la cause palestinienne et la libération du plateau du Golan, mais en pratique sa politique ne diffèrerait guère du régime qu’ils cherchent à renverser.

22. Le peuple syrien a le doit d’exiger la démocratie et de l’obtenir, mais de cette manière et à ce prix? [et même à ce prix, il ne l’obtiendra pas, note de Djazaïri]. Même maintenant, un arrêt des tueries et la négociation sur une réforme politique sont certainement la vois à suivre, pas la violence qui risque d e déchirer le pays. Malheureusement, c’est la violence et non un règlement négocié qui a la préférence de beaucoup trop de personnes en Syrie et ce que trop de gouvernements étrangers, qui observent et attendent, veulent aussi. Aucune Syrien n’y gagnera en fin de compte, quoiqu’ils en pensent pour le moment. Leur pays est entraîné vers une guerre civile, peut-être une intervention étrangère et certainement le chaos ou une poursuite à plus grande échelle de ce que nous voyons en ce moment. Il n’y aura pas de rétablissement rapide si l’Etat s’effondre ou peut être abattu. Comme l’Irak, et probablement comme en Libye, si on considère la situation actuelle, la Syrie entrerait dans une période d’agitation sanglante qui pourrait durer des années. Comme l’Irak encore, elle serait exclue du jeu des Etats capables de se mobiliser pour les intérêts arabes, ce qui signifie bien sûr, tenir tête à Israël et aux Etats Unis.

23. En fin de compte, les intérêts de qui en sortiraient-ils gagnants?

Jeremy Salt est professeur associé d’histoire politique du Moyen orient à l’université Bikent d’Ankara. Il a enseigné auparavant à l’université du Bosphore d’Istanbul et à l’université de Melbourne dans les facultés d’étude du Moyen Oriens et de science politique. Le professeur Salt a écrit de nombreux articles sur les problèmes du Moyen orient et a été journaliste pour le quotidien australien The Aga lorsqu’il résidait à Melbourne.

mercredi 9 mars 2011

Mission N°77: vous commettrez un massacre dans une église d'Alexandrie

Les journaux français sont au courant de cette affaire, mais au moment où j'ai décidé de traduire ce papier du Miami Herald, Libération était semble-t-il, le seul à en parler en détail mais en accès payant. Personnellement, il y a longtemps que j'ai décidé de ne plus donner un sou à un journal français (à part le Progrès de Lyon le dimanche, c'est une habitude dont il est plus difficile de se débarrasser que de l'addiction au tabac).
Comme on le sait, des manifestants dans plusieurs villes égyptiennes ont investi des locaux de la police politique du régime de Hosni Moubarak et se sont emparés de quantités de documents jusque là confidentiels et qui circulent maintenant sur internet. Des militants ont même pu avoir en main leur dossier personnel dans lequel ils ont été surpris de découvrit l'efficacité de la surveillance opérée par le régime qui s'intéressait même à leur vie familiale.
En cela, la Sécurité d'Etat égyptienne ne se différencie pas d'autres services du même genre comme les ex renseignements la DRS en Algérie, les ex Renseignements Généraux en France. Certains seraient en effet surpris de savoir combien de personnes sont fichées en France (oui, ces millions) avec des dossiers comportant des informations de l'ordre de la vie personnelle et familiale, plus des photos bien entendu. La grande différence est surtout que les services français ne pratiquent pas (plus) la torture et l'arrestation arbitraire.
Et ce que les manifestants ont sorti des locaux de la Sécurité d'Etat est absolument explosif, ravalant le Watergate ou l'affaire des écoutes de l'Elysée au rang de simples faits divers.
On y apprend notamment que l'attentat contre l'église d'Alexandrie perpétré au tout début de cette année et attribué à la nébuleuse intégriste islamique a toutes chances, comme d'autres crimes du même genre, d'être l'œuvre de cette officine du ministère de l'intérieur de Hosni Moubarak.
Et croyez moi si vous voulez, mais des attentats ou des attaques de ce genre visant les Coptes, il y en aura d'autres car les suppôts de la dictature et autres ennemis de l'Egypte n'ont pas désarmé et ils sont bien déterminés à essayer de plonger ce pays dans le chaos. Espérons simplement que le peuple égyptien saura déjouer ce piège mortel qui lui est tendu.

par HANNAH ALLAM et MOHANNAD SABRY McClatchy Newspapers-Miami Herald (USA) 7 mars 2011 traduit de l'anglais par Djazaïri


Moins d'un mois après l'éviction de Hosni Moubarak, le gouvernement intérimaire égyptien fait face à une nouvelle crise: ce qu'il faut faire des milliers de documents que les manifestants ont saisi dans les bureaux de l'Agence de la Sécurité d'Etat au cours du weekend.

L'autorité intérimaire dirigée par les militaires a exigé que les dossiers classifies conserves par le redouté service de sécurité intérieure de Moubarak soient restitués. Au lieu de quoi, ils ont été dispersés dans toute l'Egypte, avec des documents qui circulent en permanence sur Facebook et Twitter, obligeant le gouvernement à y répondre et soulevant des craintes parmi certains militants de voir leur valeur réduite dans le cadre de futures poursuites pour torture et enlèvement.

Certaines des choses continues dans les documents sont salaces et sinistres.

Un fichier contiendrait une vidéo supposée montrer une relation sexuelle entre une princesse Koweitienne et un homme d'affaires Egyptien. Un autre présente la plus haute autorité religieuse d'Egypte comme un coureur de jupons.
Israa Abdel Fattah, 32ans, une syndicaliste et blogueuse, a partagé le dossier qui la concerne avec McClatchy et a été stupéfaite de la précision de la surveillance. Le dossier contenait des transcriptions détaillées de courriels expédiés depuis son compte Gmail et de conversations téléphoniques avec son ex mari. La sensation de viol de ma vie privée a été indescriptible, dit-elle.
"Je savais qu'ils me surveillaient, mais je n'aurais jamais imaginé qu'ils avaient toutes ces informations sur moi," dit-elle. « Mes amis ont essayé de me sortir pour dîner cette nuit là. Ils ont essayé de me faire rire, mais c'était impossible. Je leur ai dit que je voulais être seule, alors j'ai pris mon dossier e je suis rentrée à la maison. »

Le document sans doute le plus controversé à émerger est celui qui tend à montrer l'implication de la Sécurité d'Etat dans un attentat à l'explosif contre une église d'Alexandrie le jour du Nouvel An. L'attentat avait causé la mort de 21 personnes et en avait blessé 80, le pire acte de violence contre la minorité chrétienne Copte d'Egypte depuis plus d'une dizaine d'années.
La véracité du document n'a pas été établie avec certitude, mais sa publication a déclenché des manifestations de centaines de Chrétiens Coptes ce dimanche au Caire.
Les Coptes, spécialement ceux d'Alexandrie, avaient soupçonné l'implication des autorités dans l'attentat, et avaient observé que la sécurité renforcée qui était supposée protéger l'église avait disparu un peu avant l'explosion de la bombe.
D'après ce document, un des huit dont ont dit qu'ils parlent d'attaques contre des églises, la Sécurité d'Etat s'est servi d'un prisonnier islamiste pour participer à l'organisation de l'attentat, dont le recueil de détails sur les issues pour entrer et sortir de l'église. Le document était daté du 2 décembre 2010 et était adressé au ministère de l'intérieur. Il parlait de l'attentat contre l'église comme de la mission N°77.

Georgette Qilini, une Copte qui a été élue au parlement égyptien, affirme que le ministère de l'information de Moubarak avait ordonné aux chaînes de télévision de cesser de l'inviter après qu'elle ait émis en direct l'hypothèse que la Sécurité d'Etat était mêlée à l'explosion.
"Elle était peut-être impliqué," a declaré Qilini ce lundi. « Nous avons inspecté l'église après l'incident et nous n'avions pas cru à la version officielle. Il y a encore beaucoup, beaucoup de questions, mais je n'ai aucun document. »
Il existe aussi plusieurs dossiers qui étayent la réputation de tortionnaires d'agents de la Sécurité d'Etat. Dans une lettre de 2008 portant le cachet « top secret » et publiée sur Facbook, un haut fonctionnaire écrivait que les détenus souffraient de « blessures » lors de leur détention par la Sécurité d'Etat. Il se plaignait que les interrogatoires devaient être retardés dans l'attente de la guérison des blessures.
Les questions abondent. Pourquoi par exemple, un complot aussi grave que l'attentat contre l'église aurait-il été présenté dans un document découvert aussi vite ? Pourquoi certains documents ont-ils été passés à la broyeuse et d'autres non ?
Presque tous les documents sont à l'entête de la Sécurité d'Etat et portent la signature d'officiers supérieurs.
Les officiers de l'armée qui étaient sur place quand les manifestants ont déboulé dans les quartiers généraux de la Sécurité d'Etat au Caire et dans d'autres villes ont essayé de récupérer les documents, bataillant avec les foules pour certains d'entre eux. Un haut magistrat a pris possession de certains autres.
Un message ce dimanche sur la page Facebook du Conseil Suprême des Forces Armées, qui dirige actuellement le pays, a ordonné à quiconque est en possession des documents de cesser leur publication et de les livrer immédiatement au poste militaire le plus proche. Le Conseil a évoqué des préoccupations liées à la sécurité nationale.
Des militants et des défenseurs des droits de l'homme craignent que la disparition des dossiers puisse nuire aux chances qu'un nouveau gouvernement civil puisse poursuivre des responsables pour les abus commis par la Sécurité d'Etat.
"C'est une chance unique pour qu'ils [les agents de la Sécurité d'Etat] répondent de leurs actes, mais dans la mesure où l'accès aux documents n'a pas été conforme à une procédure [judiciaire] définie, c'est problématique, » explique Heba Morayef, chercheur au bureau du Caire de Human Rights Watch. « Certains sont entre les mains d'organisations militantes assez responsables, mais d'autres se retrouvent un peu partout. »
Les manifestants ont plaidé en faveur de la saisie des documents, affirmant que l'autorité intérimaire ne les avait pas mis en sécurité et qu'ils étaient menaces d'être perdus ou détruits s'ils ne les avaient pas pris. Comme s'il confirmait cette thèse, le procureur général d'Egypte a ordonné lundi l'arrestation de 47 agents de la Sécurité d'Etat pour leur implication dans la destruction de documents.

Ce lundi, les manifestants n'avaient rien fait pour arrêter la publication. Ils ont constitué une banque de données en ligne genre WikiLeaks pour les documents qu'ils ont posté sur Facebook et ailleurs.

Abdel-Fattah a été choquée par ce que des amis lui ont transmis alors qu'elle attendait samedi près de l'entrée du complexe de la Sécurité d'Etat au Caire.
Elle avait été arrêtée en 20078 après l'appel à la grève générale qu'elle avait lancé pour attirer l'attention sur les sort des travailleurs Egyptiens. Ce luundi, elle a fourni à McClatchy des éléments de son dossier dont 16 pages de courriers électroniques qu'elle avait envoyés et reçus sur son compte Gmail, et un résumé d'une conversation de deux heures qu'elle avait eue via le service téléphonique basé sur Skype.
Une photo d'elle souriante était fixée à un des documents.
Le premier lot de documents reçu par Abdel-Fattah concernait un échange par courier électronirque qu'elle avait eu avec une Américaine du National Endowment for Democracy, une organisation à but non lucratif basée à Wahington et financée par les Etats Unis, qui promeut la démocratie dans le monde. L'organisation l'avait invitée à animer une discussion via Skype sur les activités en faveur de la démocratie menées par des jeunes.
Abdel-fattah avait accepté, alors l'agent de la Sécurité d'Etat qui surveillait ses courriers électroniques avait recommandé la coupure de sa connexion internet au moment prévu afin d'empêcher sa participation, selon les documents.
"J'ai d'abord ri," declare Abdel-Fattah. "Comme c'est stupide de leur part de penser que couper ma connexion internet pourrait m'arrêter. J'avais toujours la possibilité d'aller chez des amis pour utiliser internet. »
Puis elle a parcouru ses conversations très personnelles par téléphone et courrier électronique avec son ex mari. Son militantisme, son activité professionnelle et sa vie privée, tout était mis à nu, avec des indications sur les endroits où se trouvaient des copies de sauvegardes des documents.
Elle est rentrée chez elle démoralisée. Puis elle a pris rendez-vous pour la fin de semaine avec un avocat pour discuter de la constitution d'un dossier contre les agents dont les noms apparaissent dans son dossier.

(Sabry est correspondant particulier pour McClatchy)