mercredi 23 mars 2011

Soutenons la 2ème flottille pour Gaza

A Paris le 23 mars 2011

Vous êtes l'un-e des quelque 150 000 signataires de la pétition internationale en ligne sur le site de l'Association France Palestine Solidarité (AFPS) depuis le début février 2009, après l'opération militaire israélienne contre la population de Gaza qui a fait 1400 morts, des milliers de blessés et fait de la terre un champ de ruines. Vous avez manifesté ainsi votre exigence de justice pour le peuple palestinien de Gaza. Aujourd'hui, et un an après l'attaque israélienne meurtrière contre la Flottille de la Liberté, une autre flottille va tenter de rejoindre la bande de Gaza en mai 2011 et de mettre fin au siège illégal qui l'étrangle depuis bientôt 4 ans. Vous trouverez toutes les informations sur cette action de solidarité internationale sur notre site: http://www.france-palestine.org/article15994.html et sur le site de la Campagne française: http://unbateaupourgaza.fr/index.php/La-Campagne

Dans la mesure où l'objet de cette action citoyenne non violente est le même que celui de la pétition qui a attiré votre intérêt et votre solidarité, nous nous permettons de vous solliciter pour apporter votre soutien à la Flottille de la Liberté 2. Nous vous demandons de faire connaître cette action le plus largement possible autour de vous et aussi d'apporter votre contribution financière (et celle de votre entourage et de vos réseaux) à la campagne française. Le bateau français prêt à prendre la mer coûte 300 000 €, plus tous les frais afférents et la cargaison humanitaire, soit environ 450 000 € en tout.

Si vous pouvez participer à ce grand élan citoyen, vous pouvez :
        * Nous adresser vos chèques à l'Afps, 11 ter rue Voltaire Paris 75011,
à l'ordre de MRAP, un bateau français pour Gaza (c'est l'association qui est responsable du compte « bateau »).
        * Faire un don en ligne sur le site de la campagne http://unbateaupourgaza.fr/index.php/Je-donne

Et un grand merci par avance

Le Bureau national de l’AFPS

L'humanisme guerrier de Barack Obama

Je vais commencer par un mea culpa : j'ai titré mon précédent post sur l'assassinat de six villageois Libyens par les forces US alors qu'ils n'ont en réalité été que blessés par les tirs américains. Le texte n'en reste pas moins valable car si les Américains leur ont tiré dessus, c'était bel et bien pour leur faire des boutonnières dans la peau.

Je passe maintenant à ce texte d'un commentateur politique qui collabore avec le magazine Time et qui cherche à expliquer la démarche d'Obama par rapport à la Libye et son évolution.

Si on comprend bien, ce qui différencie Obama de Bush père et fils, c'est qu'il prétend agir pour des raisons humanitaires et qu'il a besoin de l'approbation de la « communauté internationale » pour intervenir.

Sauf que comme on le comprend à la lecture du texte, Obama, comme tant d'autres responsables ou commentateurs aux Etats Unis, se comporte comme quelqu'un qui penserait que le permis de conduire qui lui a été délivré lui permettait de faire ce qu'il veut avec sa voiture, rouler sur la bande d'arrêt d'urgence, griller les feux rouges et envoyer valdinguer les cyclistes.

Dans ses grands projets pour l'humanité, Obama a l'aide d''une certaine Samantha Power, un genre de Bernard Kouchner au féminin.

En matière d'intervention humanitaire, si Obama s'empresse de ne rien faire pour Gaza, le Yémen ou le Qatar, et s'il donne l'exemple en Irak et en Afghanistan, il a trouvé par contre avec la Libye un terrain d'expérimentation de prédilection. Pourtant, comme l'admet Massimo Calabresi, qui a plutôt la fibre interventionniste, rien dans le comportement des forces fidèles au colonel Kadhafi ne permet d'attester la réalité de crimes de guerre. Pourtant toute la justification de l'intervention repose sur ces allégations. (or, il existe d'amples preuves des crimes commis par Barack Obama en Afghanistan par exemple).

Bref, il s'agit comme le dit l'auteur de remettre au goût du jour l'idée kouchnérienne pour faire la guerre en toute bonne conscience. Et que ceux qui croient que le procédé va rester confiné à la Libye ou rester d'application très exceptionnelle, qu'ils se détrompent puisqu'Obama a dit lui-même qu'il s'agissait de créer un précédent.

Et la guerre « humanitaire », ce n'est pas seulement pour les Etats Unis la guerre avec bonne conscience, c'est aussi une guerre relativement bon marché puisqu'elle mobilise en guise de supplétifs la communauté internationale, pardon les fameux « alliés ». En ces temps de déficits budgétaires et commerciaux monstrueux Outre Atlantique, c'est quand même intéressant de faire payer aux autres la réalisation de ses objectifs stratégiques.

par Massimo Calabresi, Swampland (Time, USA) 20 mars 2011 traduit de l'anglais par Djazaïri

 
Le président Barack Obama dit qu'il intervient pour empêcher des atrocités en Libye. Mais des détails sur les débats en coulisses à la Maison Blanche montrent qu'il va à la guerre en partie pour réhabiliter une idée.

Il y a trois semaines, j'avais publié un article intitulé "Obama ordonnera-t-il une intervention en Libye?" Il commençait ainsi : Il semble absurde de supposer qu'après l'Irak, les Etats-Unis pourraient intervenir militairement pour aider à faire tomber un autre régime arabe. Mais le risque croissant de l création par Kadhafi d'une catastrophe humanitaire, combiné à une large convergence d'intérêts, ont amené les observateurs de la crise à l'intérieur et hors de l'administration à repérer les signes avant-coureurs d'un conflit susceptible de contraindre Obama à agir. »
Mon principal argument était que si Kadhafi commettait des violations à grande échelle des droits humains contre son propre peuple, il donnerait une ouverture à ceux qui, dans l'administration, veulent réhabiliter la doctrine de l'intervention humanitaire huit années après le discrédit jeté sur les actions militaires à l'étranger conduites par les Etats-Unis. Il se trouve que Kadhafi n'en a pas fait assez pour justifier une intervention humanitaire – en dépit de leur rhétorique affirmant le contraire, l'administration et les organisations des droits de l'homme admettent que les informations sur des crimes de guerre potentiels restent non confirmées. Par contre, les interviews de hauts responsables de l'administration montrent que les réhabilitateurs [de l'interventionnisme militaire] ont convaincu Obama d'aller à la guerre pas seulement pour prévenir les atrocités que Kadhafi pourrait [ou pas] commettre mais aussi pour renforcer la capacité des Etats-Unis d'intervenir ailleurs à l'avenir.

Ce n'est pas forcément une mauvaise chose. La capacité des Etats-Unis à mobiliser une force internationale pour empêcher des voyous de tuer des innocents. Mais le président et certains de ses conseillers sont si impatients de réhabiliter l'idée d'interventions préventives qu'ils exagèrent la violence qu'ils disent vouloir prévenir par leur intervention en Libye. « L'effort pour la faire entrer dans le moule du modèle d'un génocide imminent est tiré par les cheveux, » déclare un cadre supérieur de l'administration. C'est dangereux. Les Américains méritent une explication honnête quand leurs dirigeants les conduisent à la guerre. De plu, la centration du discours sur les choses folles que Kadhafi pourrait faire obscurcissent les termes du débat que l'Amérique devrait avoir avant intervenir : empêcher d'éventuels crimes de guerre contre les Libyens a-t-il plus de valeur que les risques pour la sécurité nationale des Etats-Unis entraînés par une intervention ?
Obama et ses collaborateurs savent qu'ils prennent un grand risque. « C'est un énorme pari, » affirme ce haut responsable de l'administration. L'administration sait, par exemple, que al Qaïda qui est actif en Libye, tentera d'exploiter le vide du pouvoir qui résultera de l'affaiblissement ou de l'éviction de Kadhafi. Elle sait aussi que les Etats-Unis devront s'appuyer sur d'autres pays pour la tâche essentielle de reconstruction de la Libye et que la région pourrait en fait être encore plus déstabilisée par l'intervention. Pour Ben Rhodes, du Conseil de Sécurité Nationale, ces risques sont compensés par les avantages à long terme que constituent le fait de sauver des vies, de protéger la possibilité de changements démocratiques dans la région et – c'est révélateur – de s'assurer que la « capacité à agir collectivement soit un outil dans des circonstances telles que celle-ci. »

Une des voix les plus fortes aux Etats Unis pour l'idée d'une action collective pour prévenir des crimes de guerre est Samantha Power, membre de la direction du Conseil de Sécurité Nationale. Fin 2006, Mme Power m'avait dit que les interventions humanitaires internationales avaient été « tuées pour une génération » par l'invasion de l'Irak par les Etats Unis. Alors professeur à Harvard, mieux connue pour son livre lauréat du prix Pulitzer avec l'histoire de la réponse de l'Amérique au génocide (un livre qu'elle avait écrit après avoir couvert les guerres en Bosnie et en Croatie et avoir étudié le génocide au Rwanda), Power était fermement convaincue du bien fondé d'interventions internationales pour empêcher les crimes de guerre. Comme tant d'autres, elle avait été déçue de voir la cause de la prévention des génocides affaiblie par l'intervention unilatérale de George W. Bush en Irak , qui avait discrédité l'action militaire des Etats Unis à l'étranger et rendu apparemment impossible la formation de coalitions pour faire cesser des crimes de guerre.

Mais le soulèvement libyen a donné à l'interventionnisme humanitaire un sursis inattendu. L'hostilité généralisée à Kadhafi dans le monde arabe, les intérêts énergétiques européens, la crainte d'une instabilité régionale et l'arrière-fond des soulèvements arabes pour la démocratie ont fourni aux interventionnistes à Washington des alliés improbables au niveau national et à l'étranger. Power a soutenu dès le début du soulèvement libyen que les Etats Unis devaient se tenir prêts à intervenir pour empêcher des atrocités. Elle a été rejointe dans son propos par Susan Rice, l'ambassadrice d'Obama aux Nations Unies qui était dans l'administration Clinton au moment du génocide rwandais. Début février déjà, un haut fonctionnaire m'avait dit que les partisans d'une intervention jetaient les bases pour la force militaire.

Obama a adopté la posture interventionniste par le passé. Dans son discours d'acceptation du prix Nobel, il avait dit, « Nous sommes de plus en plus confrontés à des questions difficiles sur la manière de prévenir le massacre de civils par leur propre gouvernement, ou de stopper une guerre civile dont la violence et les souffrances peuvent s'emparer de toute une région. Ma conviction est que la force peut être justifiée sur des bases humanitaires, comme c'était le cas dans les Balkans, ou dans d'autres lieux qui ont été déchirés par la guerre. L'inaction pèse sur notre conscience et peut conduire à une intervention plus coûteuse par la suite. C'est pourquoi toutes les nations responsables doivent adhérer au rôle que des armées avec un mandat clair peuvent jouer pour maintenir la paix.
Mais sur des questions comme la fermeture de Guantanamo Bay et du jugement des présumés terroristes par des tribunaux civils Obama a abandonné les principes qu'il avait affichés auparavant quant il s'est retrouvé devant l'opposition du Département d la Défense, des services de renseignements et de faucons parmi ses proches conseillers. Dans le cas présent, le pentagone s'est aussi positionné contre les principes d'Obama. Du côté militaire, le scepticisme régnait les premiers jours quant à la possibilité d'obtenir par une zone d'exclusion aérienne ce qu'on voulait militairement, » explique un haut responsable de l'administration. Un autre cadre de l'administration est plus direct : [Le secrétaire à la défense] Gates avait essayé de l'empêcher. »

Cette fois, Obama s'est servi des arguments des militaires contre eux. Mardi dernier, à 16h, Obama tenu une réunion avec ses hauts conseillers pour décider si les Etats Unis devaient soutenir une résolution de l'ONU présentée par le Liban proposant une zone d'exclusion aérienne en Libye. Power et la secrétaire d'Etat Hillary Clinton ont soutenu la résolution. Le président a écouté les préoccupations du pentagone et de ses hauts conseillers sur l'insuffisance d'une zone d'exclusion aérienne pour empêcher les violences contre les civils. Mais il n'a pas abandonné cette idée.
Après cette réunion, Obama a dîné avec le commandement opérationnel et a discuté d'une intervention. Plus tard dans la soirée, à 21h, il a réuni à nouveau le Conseil national de Sécurité et après deux heures de réunion, a chargé Rice d'essayer d'obtenir l'approbation de l'ONU pour une action plus ferme. Jeudi, elle a proposé une résolution soutenant largement « toutes les mesures nécessaires pour protéger les civils. »

Le jour suivant, Obama déclarait que les Etats Unis intervenaient en Libye non seulement pour prévenir des attaques de Kadhafi contre les civils, mais pour créer un précédent. Si Kadhafi n'était pas stoppé, a-t-il dit, « le discours de la communauté internationale serait vidé de son sens. » L'administration aura peut-être de la chance et l'intervention mettra peut-être la Libye sur le chemin de l'évolution démocratique en contribuant au changement politique qui balaye la région. Ce qui importe sans doute plus pour les réhabilitateurs, c'est qu'elle donnera une crédibilité nouvelle à l'idée de l'intervention humanitaire. Mais même ces officiels de l'administration qui veulent le retour de l'interventionnisme humanitaire réalisent l'importance de l'enjeu. « Je prie pour que ça marche, » dit l'un d'eux.

mardi 22 mars 2011

Six villageois Libyens assassinés par les humanitaires Occidentaux

Un avion de type F 15 de l'armée de l'air des Etats Unis s'est écrasé en Libye au cours d'une mission humanitaire, nous informe l'hebdomadaire Le Point, entre autres organes de presse.  Si vous ne le savez pas, le F 15 est un modèle d'avion bien adapté pour les missions humanitaires. Ce F 15 n'aurait pas été victime de la DCA libyenne mais d'une avarie mécanique nous apprend le même magazine.

Le magazine Le Point (comme d'autres organes de presse) nous dit qu'un des membres de l'équipage a été secouru tandis que l'autre est en voie de l'être.

Ah oui, j'oubliais de vous dire que Le Point se réfère en partie à un article du Daily Telegraph de Londres, journal qui nous apprend que c'est bon, Dieu soit loué:
L'autre pilote serait en sécurité et entre des "mains américaines". Six villageois auraient été tués par un hélicoptère US pendant l'opération de secours.
 Vous avez bien lu six villageois, pas six soldats, pas six mercenaires. Je dis donc aux badauds, si vous voyez la carcasse d'un avion américain, réprimez votre instinct de curiosité et éloignez-vous à  au moins deux kilomètres du lieu du crash.
Sinon vous goûterez vous aussi à l'humanitarisme occidental.

Six vies arabes pour un humanitaire occidental, c'est le ratio normal approuvé par l'ONU et même par la Ligue Arabe.

Manuel Valls contre Gaza

Si le Parti Socialiste français approuve, et a même en fait appelé de ses voeux l'intervention militaire contre le gouvernement libyen, il est par contre moins prolixe quand il s'agit de protéger le peuple palestinien ou de simplement mieux faire connaître la cause de ce peuple.
Manuel Valls, tenant de l'aile sociale-libérale "laïque" le démontre une nouvelle fois par ses interventions afin de faire annuler les projections-débat du film Gaza-strophe, Palestine."
Par là, M. Valls nous signifie très clairement qui le "tient."

Débats et projections annulées pour "Gaza-strophe, Palestine"

Sorti mercredi 16 mars dans une vingtaine de salles, le documentaire Gaza-strophe, Palestine, réalisé en 2009 par Samir Abdallah et Khéridine Mabrouk au lendemain de l'incursion militaire israélienne à Gaza, suscite une polémique. La communauté d'agglomération Evry Centre Essonne, présidée par Manuel Valls, a ainsi demandé l'annulation du débat qui devait suivre, samedi 12 mars au soir, la projection du film aux Cinoches de Ris-Orangis. La veille, Le Roxane, à Versailles (Yvelines), avait déjà déprogrammé film et débat de sa propre initiative. Diffusé en février 2010 par la chaîne de télévision France Ô dans une version courte, ce film recueille les réactions des habitants de Gaza qui dénoncent les exactions commises par l'armée israélienne. Les auteurs du film protestent dans un communiqué "contre cette décision qui semble faire de la Palestine un sujet tabou".
Jacques Mandelbaum

lundi 21 mars 2011

Qui sont les rebelles Libyens que soutient miliitairement Nicolas Sarkozy?

Je l'avais déjà écrit, et tout ce qui se passe en Libye le confirme : la révolution dans ce pays a échoué. Nous sommes maintenant face à une rébellion, appuyée par les forces humanitaires occidentales qui se déchaînent sur la Libye.
Certes, ces puissances arguent du fait qu'elles agissent en vertu de la résolution 1973 de l'ONU. Mais il n'est ps nécessaire d'être licencié en droit pour comprendre qu'elles outrepassent le mandat onusien qu'elles appliquent d'ailleurs à leur guise. A titre d'exemple, on a de la peine à comprendre ce qui dans la résolution légalise le bombardement de bâtiments administratifs à Tripoli où même celui de la résidence de M. Kadhafi. Kadhafi est sans doute un criminel, mais pas plus, voire moins, que la clique composée par NicolasSarkozy, David Cameron, Barack Obama ou Stephen Harper
 
Chacun a ses motifs : Obama poursuit là (en catimini voudrait-il) l'œuvre de pénétration des Etats Unis dans une Afrique qui recèle des richesses minières colossales .Cette pénétration se fait d'ailleurs aux dépends de la France. Mais la France, qu'est-ce qu'il en a à faire Sarkozy ? Le président Français rêve d'un succès militaire qui redorerait un blason passablement terni dans l'hexagone. Il a bien raison de s'en prendre à la Libye, et à plusieurs, car ce n'est pas l'armée de ce pays qui serait en mesure de résister aux puissances occidentales. David Cameron a peut-être l'ordre de renflouer BP qui a perdu beaucoup d'argent avec la récente marée noire du Golfe du Mexique. Ces deux tueurs veulent aussi faire plaisir à Obama qui a par ailleurs saisi l'occasion des révolutions arabes pour lancer des contre révolutions et déstabiliser les régimes qui résistent encore à l'Amérique mais qui se font aussi tirer l'oreille pour livrer complètement leurs richesses minières aux entreprises occidentales.

Et les socialistes Français ? Oui, eux aussi défendent la liberté en s'appuyant sur l'Arabie Saoudite. Ce qui ne les empêche pas de voter une loi d'interdiction de la fameuse burka. Mme Aubry qui n'est pas d'accord pour soutenir le boycott des produits venant des colonies sionistes, est par contre d'accord pour bombarder Tripoli. Je pense qu'elle aussi a le goût du sang.
 
Mais au fait, qui sont ces gens que les démocrates français, socialistes ou UMP se sont empressés de qualifier de défenseurs de la démocratie et ont jugé nécessaire d'aider par la force des armes ?
Justement, on ne sait pas trop !

Des noms importants sont apparus, mais on ne sait toujours pas exactement ce que représentent vraiment les rebelles Libyens.
par Venetia Raines, The First Post (UK) 21 mars 2011 traduit de l'anglais par Djazaïri

Les hordes anonymes de rebelles qui luttent pour renverser Mouammar Kadhafi de son trône de fer restent une entité très mal connue. Au moment où les puissances alliées continuent à bombarder les positions de Kadhafi, la question est cependant devenue plus pressante : qui soutenons-nous exactement ?

L'attention s'est beaucoup portée sur le Conseil National de Transition Intérimaire base à Benghazi qui n'a pour l'instant été reconnu que par la France, le Portugal, et la Ligue Arabe. Présidé par Mustafa Abdul-Jalil dont on dit du bien, il a été ministre de la justice de Libye, ce conseil comporte 31 membres qui à première vue sont représentatifs de toute la Libye et dont certains ne peuvent pas être désignés par leurs noms pour des « raisons de sécurité. »
Le conseil dit qu'il "représente le people de Libye" avec pour seul objectif d'instaurer une démocratie. Jalil lui-même avait insisté pendant un entretien accordé à The Daily Beast que « les membres du conseil ont été choisis sans prise en considération de leurs opinions ou tendances politiques. »

Mais ce n'est pas entièrement vrai. Les acteurs les plus importants de ce conseil, au moins ceux que nous connaissons, viennent tous de la confédération des tribus Harabi, au nord-est du pays. Ces tribus ont des lien très forts avec Benghazi qui remontent à avant la révolution de 1969 qui avait amené Kadhafi au pouvoir.
Même si l'influence de ces tribus a décliné depuis, il convient de se souvenir que les divisions tribales persistent en Libye. En conséquence, leurs prises de positions ne sont pas nécessairement représentatives de l'attitude du reste de la Libye à l'égard de Kadhafi.
On en a aussi fait beaucoup sur les défections publiques de responsables gouvernementaux, et tout particulièrement de celle du ministre de l'intérieur Abdul-Fattaj Younis, qui avait annoncé son changement de camp dès le 22 février. La longue histoire du général major avec Kadhafi, au côté de qui il avait participé au coup d'Etat de 1969, et son passé militaire ont fait de lui une recrue de premier ordre pour le mouvement d'opposition. Lui aussi est issu des tribus Harabi.
Si on ne lui a pas permis d'avoir un poste official dans le conseil à cause de l'étroitesse de ses liens passés avec le régime de Kadhafi, il s'est vu attribuer l'importante responsabilité d'organiser les rebelles. La récompense pour sa tête est dix fois plus élevée que celle pour Jalil, ce qui semble indiquer que Kadhadi est très préoccupé par sa désertion.

Pourtant, même Younis n'est pas la personnalité si déterminante que l'opposition – et peut-être l'Occident également – aimerait avoir de son côté.
"La rapidité de la défection suggère l'existence de tensions latentes, » explique Henry Smith, spécialiste de la Libye à Control Risks. « Mais peut-être plus important, nous n'avons pas du tout entendu parler de certains autres individus, par exemple d'anciens membres des comités révolutionnaires ou d'éléments extrémistes du gouvernement. Si certains peuvent faire profil bas sous la contrainte, d'autres soutiennent peut-être encore Kadhafi et le gouvernement ».

Le conseil a pu rapidement établir des relations tout à fait publiques avec l'Occident, et à fait entendre sa voix pour appeler les puissances internationales à imposer une zone d'exclusion aérienne pour faciliter leur lutte contre les forces loyales à Kadhafi. Avec Kadhafi menaçant d'être « sans pitié », l'ONU a adopté une résolution approuvant une intervention, garantissant tout particulièrement la protection de Benghazi, le bastion rebelle à l'est.
Il reste difficile cependant de dire que c'était la bonne chose à faire. « L'ONU semble avoir pris parti dans le conflit, mais nous n'avons pas d'image vraiment claire de l'opposition qu'elle soutien, » explique Smith.
"Comment traiteront-ils les partisans de Kadhafi s'ils le renversent ? Comment répondront-ils aux voix qui viendront du nord-ouest ? S'ils s'empressent de se présenter comme agissant avec le soutien de toutes les communautés libyennes extérieures au nord-est et pour l'unité nationale, leurs positions sur un certain nombre de questions ne sont pas claires. « 

Alors que les avions français et britanniques continuent à survoler l'Afrique du Nord, un fait demeure : nous n'avons aucune véritable idée des gens avec qui nous nous sommes embarqués.

dimanche 20 mars 2011

La Libye sous les bombes françaises, la France sous commandement américain

Djeha dont je me flatte d'être un des correspondants, attire notre attention sur un important article de Bruno-Roger Petit dans le Post.. Avant de lui laisser introduire l'article, il convient de signaler que la direction officielle des opérations devrait échoir d'ici peu à l'OTAN, c'est-à-dire aux Etats Unis, en dépit de l'opposition d'Ankara. On apprend en même temps que l'OTAN se prépare depuis des semaines à agir contre le gouvernement libyen!.

Un de nos quotidiens nationaux [algérien] titre en première page : « La France attaque la Libye ».
 
On comprend que l’Expression s’attache à refléter l’état déplorable des relations de notre pays avec celui de la Sarkozie. Toutefois, si l’on veut être plus proche de la réalité, il conviendrait de relativiser notablement ce qui n’est au fond qu’une simple impression dont nous sommes victimes et dont sont semblablement victimes nos amis Français pour lesquels je vous invite à avoir quelque compassion.
 
Je suis convaincu que vous serez, comme moi, particulièrement charitable. Et si cela vous est difficile parce que fourvoyés par les délires du clown qui gouverne à Tripoli, vous ne suivez pas attentivement l’actualité, vous le serez sans doute à la lecture du papier ci-dessous.
 
Djeha
D. 20 mars 2011.
 
Libye : pourquoi la télévision française cache-t-elle que Sarkozy est sous commandement américain ?
 
Bruno Roger-Petit, LePost.fr, D. 20/03/2011 à 10h19 - mis à jour le 20/03/2011 à 12h16
 
Depuis hier, les télévisions françaises, reprenant sans vérifier les informations "storytellées" de l'Elysée (faut quand même admettre que la machine est bien rodée) nous bassinent avec le leadership français que la France se serait attribuée dans la décision d'intervenir dans l'affaire libyenne et dans l'action militaire qui s'est engagée par la suite. "La France en première ligne", "Sarkozy, commander in chief", "La France frappe la première", "Les avions français ont été engagés les premiers", "Le leadership français contre Kadhafi"...
 
Toute la journée de samedi a été consacrée à la récitation de cette belle histoire. Sans notre glorieux président, héritier de César, Talleyrand, Charles XII de Suède, Bismarck, Clausewitz, Sun Tzu, Ike et Churchill, rien n'aurait été possible.
 
Soumis à ce déluge uniforme autant qu'univoque, il est alors bon de se pencher sur la couverture des mêmes événements par la presse américaine, entre New York Times et Washington Post, organes de presse qui ont fait leur preuve en matière d'indépendance et de sérieux. Cette lecture permet (hélas, je dis bien hélas..) de mesurer l'écart entre la "vérité sarkozyste" telle que les télévisions françaises la serinent depuis hier et la dure, froide et objective réalité. De cette lecture, on peut tirer deux leçons :
 
1/ Ce sont les Etats-Unis, seuls, qui ont décidé qu'il était enfin possible de se lancer dans l'opération diplomatique ouvrant la voie à l'emploi de la force contre la Libye.
 
2/ Une fois ces opérations entamées, la France sarkozyste a été placée sous commandement américain et obéit depuis au doigt et à l'œil à ce que disent et décident Hillary Clinton et le président Obama.
 
On reprend.
 
1/ Un article visiblement très bien informé du New-York Times (http://www.nytimes.com) décrit le processus qui a mené Obama à se décider à intervenir en Libye. Ce sont trois femmes, Hillary Clinton, Susan Rice (ambassadeur américain à l'ONU) et Samantha Powers (conseiller au National Security Council) qui ont convaincu Obama jeudi dernier (soit AVANT le show Juppé de vendredi devant le Conseil de sécurité) qu'il était possible d'intervenir sans risquer de se lancer dans une opération débouchant sur un nouvel Irak. Le président américain a pris sa décision parce qu'il a été alors convaincu par ces trois femmes que les pays arabes et africains l'approuveraient et ne verraient pas en lui un néo-Bush.
 
Par la suite, les Américains ont laissé les Français être les petits télégraphistes de leur décision, décision sans laquelle rien n'était possible. En clair, si les trois femmes en question n'avaient pas convaincu Obama, Juppé, Sarkozy et leur résolution se seraient fait retoqués à l'ONU. Du reste, il suffit pour s'en convaincre de lire attentivement le papier du NYT consacré aux coulisses du VRAI pouvoir où s'est joué la prise de décision contre Kadhafi : le nom de Sarkozy n'y apparaît pas une fois...
 
2/ Quant au leadership français dans la direction des affaires militaires depuis hier, un autre article du Washington Post (http://www.washingtonpost.com) vient réduire la communication sarkozyste sur le sujet à l'état de fable pour les enfants. En effet, dans cet article faisant le point sur le début des opérations militaires contre les troupes de Kadhafi, le Washington Post précise que l'ensemble de ces opérations est placée sous le commandement des forces américaines en Afrique. "The French sorties were followed quickly by the wave of missile strikes against Libyan air defenses. More than two dozen warships and a large number of warplanes made up the initial strike force, which was led by the U.S. military’s Africa command, a senior U.S. military official said." Encore une fois, la réalité est cruelle : si leadership français il y a, il s'agit d'une politesse faite par les Américains à la France de Sarkozy, "Messieurs les Français, tirez les premiers... Parce que ça nous arrange..." Rien de plus.
 
Tout bien considéré, c'est assez accablant. Le président français, en campagne permanente, est en train d'instrumentaliser une juste opération militaire internationale en opération de communication personnelle dans le but de grappiller quelques points dans les sondages, le tout en racontant, pour faire les gros titres de l'actualité, une fable que la lecture des meilleurs journaux américains vient balayer en deux temps trois mouvements. Il est bien triste de constater que le président français ne peut donc rien faire, même pour livrer un juste combat, sans que cela soit nécessairement destiné à satisfaire son narcissisme exacerbé et sa campagne électorale permanente.
 
Sources : New York Times

Une lecture marxiste des événements en Libye

La Riposte est le journal d'une tendance du Parti Communiste Français qui prétend réintroduire les principes du marxisme dans l'analyse et le programme politique de ce parti, nous propose sa lecture des événements en cours en Libye. Leur analyse ne fait appel ni aux théories psychiatriques en vigueur en ce moment, ni aux pseudo principes humanitaires qui guideraient le bellicisme occidental, bellicisme qui s'est rarement démenti depuis plus d'un siècle.
C'est une analyse en termes de luttes de classes, c'est-à-dire qu'elles s'intéressent aux dynamiques sociales, politiques et idéologiques réellement à l'oeuvre en Libye mais aussi dans cet Occident et ce monde arabe des monarques qui ont pris sous leur bonnet d'animer la contre-révolution et de réduire à leur merci les derniers régimes qui leur tiennent tête. 
Un très bon papier. 

Les objectifs d’une intervention impérialiste en Libye

La Riposte (France) samedi 19 mars 2011

Kadhafi et le fou de l'Elysée



La résolution 1973 des Nations Unies est, de facto, une déclaration de guerre contre le régime de Kadhafi. Dans le langage hypocrite et mensonger des grandes puissances qui contrôlent l’ONU, cette nouvelle intervention militaire serait motivée par des considérations démocratiques et humanitaires. Comme lors des invasions de l’Irak et de l’Afghanistan, il s’agirait de « protéger des civils », de promouvoir la « démocratie » et ainsi de suite. En réalité, cette résolution de l’ONU – comme toutes ses décisions, sans exception – vise à défendre les intérêts économiques et stratégiques des grandes puissances impérialistes.

Comme les révolutions en Tunisie et en Egypte, la révolution libyenne était une catastrophe pour les impérialistes. La vague révolutionnaire qui déferle à travers l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient a renversé ou menace de renverser toute une série de régimes dont la stabilité était d’une importance stratégique vitale, pour les impérialistes. Toutes ces dictatures servaient à terroriser les masses du monde arabe, à faciliter l’exploitation des travailleurs qui vivaient sous leur joug et à assurer le pillage des ressources de la région. Sarkozy, Cameron et Obama font mine de découvrir le caractère sanguinaire et dictatorial de Kadhafi. Mais ils ont soutenu son régime jusqu’à la veille de la révolution. Et même lorsque celle-ci a éclaté, ils ont d’abord adopté une attitude extrêmement prudente. La seule et unique chose qui les préoccupait était la préservation de leurs propres intérêts. Cet objectif n’a pas changé. Si les impérialistes ont finalement décidé d’agir contre Kadhafi, c’est précisément pour contrecarrer le mouvement révolutionnaire et protéger leurs investissements, leur propriété, leurs intérêts commerciaux et militaires.
Il est arrivé à maintes reprises, dans l’histoire, que l’action de la classe révolutionnaire profite à une fraction de l’ancienne classe dirigeante qui, une fois au pouvoir, applique une politique tout aussi réactionnaire que l’ancien régime. C’est ce qui menace la révolution libyenne. Celle-ci a commencé sous l’impact et l’inspiration des révolutions tunisienne et égyptienne. Dans ces deux pays, les dictateurs ont été renversés avec une relative facilité. Les masses libyennes se sont mobilisées pour en finir avec Kadhafi. A Benghazi et ailleurs, c’est le soulèvement des travailleurs et des jeunes qui a permis de rallier une importante section de l’armée et qui a désarmé les contre-révolutionnaires. Dans un premier temps, les masses semblaient invincibles. Des soulèvements victorieux éclataient dans toute une série de villes.
Il semblait que le sort de Kadhafi était scellé. Sous les coups de butoir de la révolution, le régime a commencé à se disloquer. Chefs militaires, anciens ministres et diplomates abandonnaient leurs postes. Les rats quittaient le navire en perdition. Toutes ces « personnalités » jouissaient jusqu’alors de la confiance de Kadhafi. Or ce dernier ne l’accordait pas sans de sérieux gages. Tous ces gens avaient participé à l’implacable sauvagerie qui s’abattait sur tous ceux qui osaient défier le régime. Mais face à l’apparente imminence de son effondrement, ils se sont empressés d’adopter une posture « oppositionnelle », aux côtés de nombreux grands capitalistes libyens. Leur objectif est clair : profiter de la révolution pour prendre la place de Kadhafi. Ce sont précisément ces éléments réactionnaires qui dominent le « Conseil National de Transition ». C’est sur eux que les impérialistes misent, à présent, pour arrêter la révolution et protéger leurs intérêts.
Indiscutablement, le facteur principal qui a mené à l’affaiblissement de l’élan révolutionnaire a été l’apparition, comme « représentants de la révolution », de ces réactionnaires notoires, ainsi que leur connivence avec les grandes puissances. Par le passé, les Libyens ont terriblement souffert de la domination impérialiste. Sous l’occupation italienne, en particulier, des centaines de milliers d’hommes, de femmes et d’enfants ont été massacrés. Que doivent penser les masses libyennes qui voient un réactionnaire tel que Berlusconi soutenir l’opposition à Kadhafi ?
La révolution est en danger. Elle risque d’être désarmée et écrasée à la fois par les forces de Kadhafi et par les nouveaux amis « oppositionnels » des impérialistes. Pour que la révolution soit victorieuse, il est absolument impératif que les travailleurs et les jeunes qui la portent soient armés, organisés et mobilisés sous leur propre drapeau et autour d’un programme indépendant pour la défense de leurs propres intérêts, qui ne sont pas les mêmes que ceux des ex-Kadhafistes. Ceux-ci veulent dominer le pays pour leur propre compte et pour celui des impérialistes.
L’objectif des travailleurs n’est pas de remplacer un oppresseur par un autre, mais d’en finir avec toute oppression. Ils doivent s’organiser autour d’un programme pour l’expropriation et le désarmement de tous les réactionnaires, de tous les complices de Kadhafi. Ils doivent avancer un programme social qui réponde à leurs besoins en matière de salaires, de conditions de travail et de vie. Les travailleurs libyens ne peuvent compter que sur leurs propres forces et celles des travailleurs des autres pays. Ils devraient notamment en appeler aux travailleurs d’Egypte et de Tunisie, pour qu’ils prennent le pouvoir dans leurs pays respectifs. Les gouvernements actuels, en Egypte et en Tunisie, ne représentent pas les intérêts des travailleurs. Leur rôle essentiel est le même que celui des ex-Kadhafistes : protéger les intérêts des impérialistes.
Dans tous les pays en révolution, les travailleurs ont besoin d’une stratégie révolutionnaire internationaliste visant à détruire les fondements de l’exploitation et de l’oppression, par la suppression de la propriété capitaliste de l’industrie et des banques – et par le désarmement de la contre-révolution. A la place des armées dirigées par des généraux réactionnaires, il faut armer les travailleurs et les soldats qui ont rallié leur cause. La propriété publique de l’économie, sous le contrôle des forces révolutionnaires, et l’armement de la révolution contre ses ennemis : telles sont les deux conditions essentielles de l’émancipation des masses.
Les difficultés créées par l’absence d’une organisation et d’un programme indépendants de la classe ouvrière libyenne ont ouvert une brèche dans laquelle les impérialistes veulent s’enfoncer. Si les frappes aériennes que l’ONU vient d’autoriser font chuter Kadhafi, il risque d’être remplacé par un gouvernement qui devrait son existence et sa « stabilité » aux grandes puissances. Tel est le véritable calcul de la résolution 1973. Dans le cas où Kadhafi arriverait à se maintenir au pouvoir à Tripoli, il conserverait le contrôle de toute une partie du pays. Une intervention militaire des impérialistes n’apportera rien de bon aux masses libyennes. Nous ne pouvons en aucun cas la cautionner ou la soutenir.

Greg Oxley et Jérôme Métellus (PCF Paris)