vendredi 26 août 2011

Propagande et images de "liesse" à Tripoli. Une joie qui rayonne jusqu'en Inde.

Partout en Libye, de Benghazi à Tripoli, c'est la liesse générale. Et comme l'écrit Le Figaro, les Libyens ont de quoi être heureux: ils sont libres!

Le Figaro nous gratifie d'une vidéo, un mix de séquences diffusées sur les télévisions françaises, où on voit justement des Libyens manifester leur joie.


C'est bien, mais vous aurez noté comme moi qu'il n'y a aucun plan large et qu'on n'aperçoit aucun minois féminin.
Et non ce n'est pas à cause de la burka ou niqab! Pas une femme pour manifester sa joie. Une chose assez rarissime, même dans les pays les plus machos, pour être signalée. Sur les images de Télé Matin, on a un barbu dont on a l'impression qu'il sort de chez le barbier et même la maquilleuse!

Ce défaut de l'absence de plan large est heureusement corrigé par une séquence diffusée par la BBC en Angleterre:


Là, un beau plan large nous permet de confirmer l'ampleur de la foule en liesse à Tripoli heureuse d'être débarrassée de son dictateur.

Mais comme le fait remarquer George W. Berry, cette séquence live tournée à tripoli par la BBC a un gros défaut. Non, ce n'est pas le fait qu'on n'aperçoit pas non plus de minois féminin (avec ou sans burka), c'est simplement que cette foule n'agite pas le drapeau libyen (pas plus celui de la Libye de Kadhafi que la bannière "rebelle").mais celui de la république indienne.
De fait, ces images prétendument tournées à Tripoli sont celles d'une foule qui manifeste en Inde sans qu'on ait la moindre idée de ses motivations. Peut-être est-elle en joie à cause de l'éviction de Mouammar Kadhafi? Après tout, si ça fait plaisir à Sarkozy, pourquoi ne pourrait-il pas en aller de même pour des citoyens Indiens?

Les véritables images de la liesse en Libye sont ci-dessous:




Les responsables de l'OTAN devant la Cour Pénale Internationale? Rêvons avec Kgalema Motlanthe!

Les puissances occidentales sont des modèles de vertu et à ce titre, ce sont elles qui disent qui doit comparaître devant la Cour Pénale Internationale. Mouammar Kadhafi est le plus récent cité à comparaître devant cette juriction pour crimes contre l'humanité je crois.
Oui, Mouammar Kadhafi et certainement pas les massacreurs "rebelles" ni les chefs militaires de l'OTAN et encore moins ces responsables politiques qui ont du sang sur les mais et en sont fiers. L'un d'entre eux n'a-t-il pas déclaré sur le pont d'un porte-avions, et sans honte comme à son habitude:

Pourtant ces rivières de sang ont coulé mais pas du fait du "chien fou" ainsi qu'est souvent surnommé Mouammar Kadhafi. Compte tenu de l'ampleur des destructions et des pertes humaines accompagnées d'actes de barbarie infligées par les troupes de l'OTAN et leurs amis, rebelles, il serait donc anormal que la Cour Pénale ne s'intéresse pas au dossier de ces criminels si satisfaits d'eux-mêmes. Et c'est exactement ce que pense le vice-président Sudafricain Kgalema Motlanthe:

PANA
Le vice-président sud-africain, Kgalema Motlanthe, a demandé à la Cour pénale internationale (CPI) d'ouvrir une enquête sur les responsables de l'OTAN pour possibles crimes contre l'humanité durant les opérations aériennes en Libye.
Il répondait ainsi à une série de questions au Parlement sur la crise politique dans ce pays d'Afrique du Nord.
Selon M. Mothlante, la CPI doit étendre son champ d'investigation pour y inclure le rôle joué par les forces de l'OTAN en portant assistance aux rebelles dans leurs efforts pour renverser le régime du colonel Kadhafi.
"Ils tentent de créer l'impression que les rebelles agissent seuls dans les attaques à Tripoli, mais il existe des liens et une coordination clairs à ce niveau.
"La question est de savoir si elle aura les moyens de mettre à jour cette information et de traduire en justice les responsables, y compris les chefs de l'OTAN sur le terrain", a-t-il souligné.
Les déclarations de M. Mothlante font suite à des critiques virulentes de l'OTAN par le président Jacob Zuma et l'ancien président sud-africain Thabo Mbeki, qui ont affirmé que de nombreuses vies humaines auraient pu être sauvées si l'Union africaine (UA) avait été autorisée à mener à bien son mandat en Libye.
Pour M. Zuma, les puissances occidentales ont sapé les efforts et initiatives de l'UA pour gérer la situation.
M. Zuma avait tenté de trouver une solution à la crise qui dure depuis six mois en effectuant deux visites personnelles à Tripoli qui n'ont rien donné.
M. Mbeki est d'accord que le conflit aurait pu s'arrêter beaucoup plus tôt si le monde occidental avait écouté les dirigeants africains

Combien de vos journaux parlent de cette prise de position?
A l'heure où j'écris ces lignes, c'est le fait de quatre titres francophones: deux sites africains (African manager et Afrique en Ligne), un site suisse (Romandie news) et un site libanais (L'Orient le Jour).

Bien sûr, il n'y aura pas d'enquête de la Cour Pénale Internationale. Mais ce qu'il faut bien noter par contre, c'est le degré d'exaspération d'une Afrique du Sud qui a été dupée alors qu'elle avait soutenue l'adoption de la résolution 1973 dans un esprit de paix là où l'OTAN ne cherchait qu'un paravent juridique pour se livrer à une guerre dévastatrice.
Et l'Afrique du Sud, ce n'est pas exactement le premier pays venu mais une de ces puissances émergentes qui comptent déjà et seront incontournables demain.


On a retrouvé une partie des marchandises pillées pendant les émeutes de Londres


Failed Messiah (USA) 25 août 2011 traduit de l’anglais par Djazaïri
Un étudiant marié  d’une école religieuse juive [yeshiva]  a été arrêté pour recel de biens volés pendant les récentes émeutes de Londres.Le site d’informations Behadrei Haredim rapport qu’un étudiant d’une yeshiva ultra-orthodoxe a été arrêté pour recel de biens pillés pendant les émeutes à Londres.Selon ce site web, l’arrestation a provoqué une onde de choc dans la communauté ultra-orthodoxe de Londres, et les gens se débarrassent le plus vite possible des marchandises voles.La police indique que d’autres arrestations vont être effectuées.
La version en hébreu de l’article original traduite par Google permet de comprendre qu’il y a en effet tout un réseau de receleurs dans la communauté juive de Stamford Hill où l’heure est à la panique alors qu’il faut de débarrasser des marchandises « achetées à bas prix à des Gentils ».
Les Gentils, ce sont en effet les méchants que nous avons vu sur des images de vidéosurveillance se livrer au pillage. Parmi eux se trouvaient de nombreuses personnes qui saisissaient l’occasion de crier leur rage tout en faisant emplette de produits de plus ou moins première nécessité mais aussi de simples voyous. Dans l’un ou l’autre cas, ceux qui tenaient à écouler le fruit de leurs emplettes se sont adressés à un réseau de recel qui fonctionnait avant les émeutes et auprès desquels les vrais voleurs avaient leurs habitudes.
Sauf que les circonstances n’étaient pas habituelles (trop de voleurs amateurs)…
Dans son diagnostic sur les émeutes, le chef du gouvernement brtannique David Cameron avait invoqué la responsabilité d’un « effondrement moral » et parlé des «communautés» :
« les écoles, les prestations sociales, les familles, l’éducation des enfants, les communautés et les problèmes culturels, juridiques et bureaucratiques de notre société … pendant des années, notre système a encouragé les pires comportements dans la population, a encouragé la paresse (…) et découragé le travail ».
M’est avis qu’il pensait là à diverses communautés (antillaise, indienne et surtout musulmane, c.à.d. surtout indo-pakistanaise) mais pas à la communauté juive dans son propos. Et cette dernière non plus, d’où sa surprise devant les descentes de police !
Ce que M. Cameron aurait dû savoir, est qu'ils faut se garder de stigmatiser des "communautés", quelles qu'elles soient. parce qu'une telle stigmatisation est une erreur et une faute et qu'elle ne porte en elle aucune solution digne. Et parce que tout le verbiage sur l'échec du prétendu multiculturalisme n'a été en fait qu'un artifice pour stigmatiser des Musulmans, ce qu'avaient fait dans des termes voisins et presque en même temps la chancelière Allemande, Mme Merkel, et le chef de l'Etat français, M. Sarkozy.

jeudi 25 août 2011

Les "rebelles" massacrent à Tripoli. Chose promise, chose due.

Les massacres que M. Bernard-Botul-Henri Lévy entendait prévenir en Libye sont en train de se produire. Personne ne pourra feindre d’être surpris car Mustapha Abdeljalil, leader du Conseil de National de Transition les avait annoncés clairement et en toute franchise.
Et les forces liguées contre la Libye au nom des principes humanitaires savaient parfaitement aux côtés de qui elles faisaient tonner leurs armes.

Cette dépêche de l’Associated Press nous donne un petit aperçu des aptitudes criminelles des amis de M. Bernard-Henri-Lévy. J’ai envie d’écrire que qui se ressemble s’assemble.

Notez bien comment l’Associated Press, qui ne peut éviter de retransmettre l’info obtenue par ses équipes de terrain fait son possible pour, si ce n’est disculper les tueurs « rebelles », presque renvoyer dos à dos ces criminels et le gouvernement de M. Kadhafi.
Appréciez par exemple ce passage : « On n’a pas de certitude sur l’identité des morts mais il s’agit, selon toute probabilité ». Quelle est la différence entre ne pas être certain et être pratiquement sûr ? Oui, ce sont des termes qui s’opposent.

Un peu plus loin, on peut lire qu’un des morts avait au poignet une pièce d’étoffe verte, la couleur du drapeau de la Libye de Kadhafi. N’importe qui sait que le port d’une pièce de tissu de couleur verte au poignet est très courant dans tout le Maghreb et sans doute en d’autres terres musulmanes. Pas besoin d’adhérer à l’idéologie de Kadhafi pour ce faire.
Ce cadavre au bout d’étoffe verte donne d’ailleurs une autre occasion d’insinuation à l’Associated Press qui constate que ce corps a la peau nettement plus foncée que le Libyen moyen,  ce qui donne l’occasion de rappeler, sans preuve d’aucune sorte, que Kadhafi avait recruté des « combattants » d’Afrique subsaharienne.
D’ailleurs, même si Kadhafi l’avait fait, en quoi cette pratique différait-elle par exemple de ce qu’on appelle en France la Légion Etrangère ?
Et l'Associated Press signale-t-elle la présence aux côtés des «rebelles» de nombreux mercenaires venus d’Europe à bord de leurs avions de combat et de leurs navires de guerre?
Aux atrocités commises par les rebelles, l’Associated Press oppose, pour la forme, des atrocités commises, selon le commandement « rebelle » par les troupes de M. Kadhafi. Je dis pour la forme parce qu’aucune élément de preuve n’est apporté. Et que par contre, les « rebelles » se sont gardé d’accuser les soldats de M. Kadhafi d’avoir commis ces assassinats.


Par Paul Schemm, AP Seattle Post Intelligencer (USA) 25 août 2011 traduit de l’anglais par Djazaïri




Tripoli: cadavres ce civils en décomposition. Beaucoup sont ligotés mains dans le dos.


Tripoli, Libye – Les cadavres sont éparpillés sur une place gazonnée près de Bab al Azizia, le quartier général de Mouammar Kadhafi. Ils sont étendus sur des parcelles de verdure, comme s’ils faisaient la sieste affalés sous des tentes. Certains d’entre eux ont les poignets entravés pas des liens en plastique. On n’a pas de certitude sur l’identité des morts mais il s’agit, selon toute probabilité, de militants  qui avaient mis en place un village de tentes impromptu en solidarité avec Kadhafi à proximité de son quartier général, au mépris de la campagne de bombardement de l’OTAN.

Il est impossible de savoir qui les a tués, mais cette découverte renvoie au spectre inquiétant de tueries en masse de non combattants, de prisonniers et de blessés.
Entre Bab al Azizia, prise par les rebelles ce mardi, et le bastion de Kadhafi dans le quartier d’Abou Salim, où les combats faisaient rage jeudi, les journalistes d’Associated Press ont vu une vingtaine de cadavres jeudi. Cinq ou six se trouvaient dans un rond-point, sous des tentes qui abritaient des militants et arboraient les drapeaux de nombreuses nations africaines. Un mort avait une perfusion à un bras, un autre cadavre était complètement carbonisé, sans jambes.

Au moins dix autres cadavres ont été trouvés dans une zone herbeuse et un canal non loin. Plusieurs des tués sont mains liées dans le dos et ont été reçu des  balles dans la tête. Un cadavre vêtu d’une blouse de médecin hospitalier a été découvert dans le canal. Les corps étaient gonflés.

Un des morts avait une pièce d’étoffe d’un vert de couleur vive, la couleur nationale de la Libye de Kadhafi nouée à son poignet. Cet homme avait un teint de peau plus foncé que celui de la majorité des Libyens. Kadhafi avait recruté des combattants d’Afrique subsaharienne,

D’après le conseil militaire rebelle de Misrata, une ville portuaire de l’ouest, des prisonniers détenus par les forces de Kadhafi dans la base aérienne de Metiga ont été enfermés et des grenades ont été jetées dans leurs cellules. Le conseil dit que les rebelles ont récupéré pour l’instant 13 corps sévèrement brûlés
Le régime de Kadhafi détenait des milliers de prisonniers politiques.

mercredi 24 août 2011

Lettre ouverte de 200 personnalités africaines contre l'intervention de l'OTAN en Libye


200 intellectuels et personnalités du continent africain viennent de signer une lettre dans laquelle ils dénoncent le caractère illégal des agissements de l’OTAN en Libye.

Mais, vous l’aurez compris, aucun de ces intellectuels n’arrive à la cheville de Bernard-Botul-Henri Lévy. Ce n’e sont jamais qu’un ramassis d’écrivains et d’universitaires dont aucun ne sera jamais invité ni sur France 2, ni sur TF1. Aucun de vos journaux ne parle d’ailleurs de ces 200 sous-fifres.

Ce Chris Landsberg par exemple, quels titres peut-il bien faire valoir devant l’agrégation de Bernard-Botul-Henri Lévy ? Pfff ! Ce n’est qu’un petit docteur de l’université d’Oxford (c’est ou ça ?). Et puis il n’a écrit que quelques bouquins dont aucun n’atteindra le succès public de ceux qu’a écrits M. Bernard-Botul-Henri Lévy !

Et ce Wally Serote ? Quelqu’un qui a vécu une enfance privilégiée dans un township, à comparer avec l’enfance douloureuse (mais source d’inspiration féconde) qu’a vécue par Bernard-Botul-Henri Lévy ? D’ailleurs rien de ce que ce Serote a écrit ne peut sans doute se comparer au bloc note de M. Bernard-Botul-Henri Lévy. Effectivement quel talent poétique !
Parce que pour parler de liberté et de droits des gens, il faut quand même avoir certaines qualifications et certaines références qu’on ne trouve pour l’instant qu’en certains endroits très précis du monde.

Plus sérieusement, encore un signe que les Occidentaux n'auront bientôt plus que la force pour maintenir une présence consistante en Afrique.

Plus de 200 intellectuels Africains affirment que le bombardement de la Libye par l’OTAN est illégal et entre dans le cadre d’une recolonisation du continent.
Par LIVHUWANI MAMMBURU, Business Day (Afrique du Sud) 24 août 2011 traduit de l’anglais par Djazaïri

Un groupe de personnalités africaines a publié une déclaration pour avertir que l’Afrique était sur le point d’être recolonisée au moment où l’OTAN poursuit son soutien aux rebelles Libyens.
S’exprimant aujourd’hui devant les media à Johannesburg, ces personnalités ont rendu publique une lettre déplorant « le détournement du Conseil de Sécurité de l’ONU pour s’engager dans une diplomatie militarisée afin d’obtenir un changement de régime en Libye » et la « marginalisation de l’Union Africaine. »

Le chef du département de science politique de l’université de Johannesburg, le professeur Chris Landsberg a parlé au nom du groupe et dit que l’OTAN a violé le droit international.
“L’OTAN s’est ouvertement donné le droit de chercher à atteindre l’objectif d’un changement de régime et donc de recourir à la force et à d’autres moyens pour renverser le gouvernement de Libye, des objectifs qui sont en contradiction avec les décisions du Conseil de Sécurité de l’ONU, » a déclaré Landsberg.

La lettre a été signée par plus de 200 importantes personnalités africaines dont l’ancien président de l’African National Congress Thabo Mbeki, le professeur Shadrack Gutto de l’université d’Afrique du Sud, l’ancien ministre des services de renseignements Ronnie Kasrils, le professeur Chris Landsberg, chef du département de science politique de l’université de Johannesburg, le professeur Mahmood Mamdani de l’université de Columbia, l’ancien vice-ministre des affaires étrangères Aziz Pahad, l’écrivain et poète Wally Serote et de nombreux autres Africains influents.

Serote a déclaré que la feuille de route de l’Union Africaine reste la seule voie vers la paix pour le people libyen.
“L’Union Africaine est pour la paix, la démocratie et la liberté pour tous les peoples. C’est ce rôle que l’Union Africaine veut toujours jouer que ce soit en Côte d’Ivoire, au Soudan, en Libye ou dans n’importe quel autre pays du continent, c’est le but de l’Union Africaine. Elle a un plan à mettre en place, » a affirmé Serote.

On ne sait pas avec certitude si les dirigeants de l’Union Africaine ont approché les rebelles Libyens ou le gouvernement pour connaître leurs points de vue avant de faire la déclaration.

Le dirigeant Libyen Mouammar Kadhafi, à la tête du pays depuis 42 ans, voit son pouvoir sur le point de s’effondrer après des mois de bombardements aériens de l’OTAN qui ont provoqué la fuite de la majeure partie de ses troupes alors que les forces rebelles prenaient le contrôle de la capitale avec l’assaut spectaculaire sur le QG de Bab al-Azizia hier.

Kadhafi lui-même est resté insaisissable. Il a été vu la dernière fois il y a deux mois.

Les combattants rebelles ont fêté l’événement sur la place Verte rebaptisée place des martyrs par les rebelles à Tripoli hier, a signalé Reuters.

Les forces spéciales du Qatar à l'assaut de Tripoli

Je vous ai proposé tout récemment un article de Pepe Escobar qui décrit avec brio l’opération montée par l’OTAN à Tripoli même s’il est de bon ton de créditer les « rebelles » de son succès.
Je vous disais que d’autres journalistes en ont parlé aussi de manière très précise. L’un d’entre eux, et non des moindres, est Thierry Meyssan du Réseau Voltaire. C’est cependant à dessein que je ne me suis pas référé à lui car son nom tend à susciter immédiatement la suspicion, parfaitement imméritée au demeurant.
La réalité de ce qui s’est passé et se passe encore à Tripoli commence cependant à filtrer dans les media grand public ainsi qu’on peut  le voir avec cet article tiré du First Post britannique.
Nigel Horne nous dit clairement que
1) l’assaut contre le QG du colonel Kadhafi était dirigé par des soldats dépêchés par l’émirat (démocratique) du Qatar et que
2) la Royal Air Force avait ordonné aux « rebelles » de se tenir à l’écart de Bab al-Azizia le temps que ses Tornados déversent une dernière salve de missiles destructeurs.

Le colonel kadhafi n’était pas dans son quartier général. A la vérité, il aurait été bien sot d’y rester alors que,même si les forces du bien ont tiré sur tout ce qui bougeait, le QG du colonel a eu droit à un traitement de faveur. Les sots sont ceux ont fait ce que le colonel avait prévu et qui ont déversé des tonnes de bombes sur ce «compound».

Ce rôle prééminent des forces étrangères apparaître plus clairement avec le temps car il sera révélé par les candidats au pillage eux-mêmes quand ils viendront le torse bombé réclamer au nouveau pouvoir en place le paiement  de ce qu’il leur doit. On risque même d’avoitr une surenchère du genre :

-       David Cameron :  J’ai dû louer un avion espion à la marine des Etats Unis et récupér un avion Nimrod juste avant son désossage à la casse ! Et ça m’a coûté bonbon !
-       Nicolas Sarkozy : J’ai envoyé mon porte-avions Charles de Gaulle qui, comme vous le savez ne supporte pas la forte houle de la méditerranée et il est rentré à Toulon avec une avarie. Ily en a au moins pour 1 million d’euros de réparations. C’est vrai, on a dit que c’était une opération dans le cadre de la maintenance régulière, mais en fait ce bateau, avec mon ami Gérard Longuet, on avait prévu de le laisser en mer jusqu’en automne !

Les grands et beaux sentiments quoi !

Cet émirat arabe apparaît comme le principal soutien de la Libye nouvelle au moment où le monde attend l’ultime confrontation avec Kadhafi
par Nigel Horne, The First Post (UK) 24 août 2011 traduit de l'anglais par Djazaïri

Alors que le ministre des affaires étrangères Wiilliam Hague et l’ancien commandant en chef de l’armé britannique, le général Sir Michael Jackson s’activaient pour faire valoir que le peuple libyen s’était emparé par lui-même de Tripoli, on a appris que des forces étrangères avaient joué un rôle significatif [comprendre absolument décisif, note de Djazaïri] dans l’assaut d’hier sur le QD de Kadhafi.

A un moment donné, le commandement de l’OTAN avait dû demander aux rebelles de ne pas s’approcher du quartier-général au moment où la RAF tirait une dernière salve de missiles sur le QG de Kadhafi.
Et, selon Robert Fox, le spécialiste en matière de défense du First Post, des membres des forces qataries, formées par la Grande Bretagne étaient nettement visibles alors qu’elles conduisaient l’assaut final contre le QG.

L’émirat arabe du Qatar s’est avéré être un soutien important de la nouvelle Libye, armant les rebelles au cours des derniers mois et en accueillant aujourd’hui une conférence internationale qui verra la constitution d’un fonds de plus d’un milliard de dollars destiné à reconstruire une Libye ravagée par la guerre.
La conférence intervient au moment où les membres du Conseil National de Transition quittent Benghazi pour Tripoli, avec l’engagement de faire de la Libye une « nation unie, démocratique et un Etat de droit.»

Si certains considèrent que la chute de Kadhafi est definitive si on excepte le fait que le dictateur et ses fils n’ont pas été capturés, d’autres voix restent prudentes.
La diffusion d’une bande sonore par laquelle Kadhafi prétend, de manière absurde à première vue, que l’abandon de son quartier général était « tactique » et promet de continuer le combat jusqu’au « martyre ou à la victoire » a jeté un froid dans le cœur de nombreux Libyens.

“C’est une victoire symbolique”, a déclaré un habitant sceptique au Guardian après la prise du quartier général. « Kadhafi reste libre. Il n’a pas été capturé. Ce qui veut dire que la partie n’est pas encore finie. »
Rana Jawad écrit pour la BBC: “Il est étonnant de voir comment par un simple enregistrement audio du colonel Kadhafi, le régime peut provoquer la peur chez les gens d’ici, qui se demandent encore si un énorme coup de théâtre ne va pas se produire dans les heures ou journées à venir. »
Pour ancrer cette peur, le fidèle porte parole  de Kadhafi, Moussa ibrahim a surgi sur la chaîne télévisée Al-Urubah pour dire que la Libye allait se transformer en « volcan en éruption et en feu sous les pieds des envahisseurs.»

Ce qu’il y a de concret derrière cette menace et celles de Kadhafi lui-même n’est pas clair. Mais certains observateurs pensent que le scenario le plus probable – si Kadhafi ne s’est pas tout simplement enfui – est une confrontation finale dans sa ville natale de Syrte.

Selon certaines informations, des trouves gouvernementales (du régime de M. Kadhafi) sont actuellement en route pour cette ville.

L'Iran et le Liban reconnaissent l'autorité du Conseil National de Transition en Libye

Je l’ai observé à plusieurs reprises sur ce blog, le processus qui a conduit à l’agression de l’OTAN contre la Libye s’est fait sur la base d’une convergence d’intérêts non seulement entre  les démocraties libérales occidentales et les monarchies rétrogrades du Moyen Orient mais aussi des humanistes précités avec le régime iranien et le Hezbollah libanais !
Ces deux derniers étant pourtant l’incarnation du mal absolu pour ceux qui chérissent plus que tout l’entité sioniste.
Le gouvernement iranien vient d’ailleurs de féliciter les « rebelles » pour leur succès dans la lutte contre le colonel Mouammar Kadhafi.

Certes, l’Iran n’est pas dupe de ce qui vient de se passer en Libye et sait fort bien que ce sont les armées de l’OTAN qui ont en réalité obtenu le résultat. Mais les autorités de Téhéran prennent sans doute date pour l’avenir et tablent sur un probable fiasco de la gestion politique de la Libye après la fin des opérations militaires. A l’instar de ce qui s’est passé en Afghanistan et en Irak, deux pays où les Etats Unis s’appuient discrètement sur l’Iran pour limiter les dégâts alors même qu’ils n’ont de cesse de fustiger publiquement la république islamique.

L’Iran est, en tout cas si on le compare aux autres pays du Moyen orient et du Maghreb, un pays démocratique et un état de droit. Sur ce dernier point, elle peut sans doute en remontrer à la justice de ce pays qui vient de blanchir un violeur qui va maintenant se pavaner la tête haute, alors même que sa victime devra raser les murs.
Et l’Iran comme le Hezbollah n’éprouvaient aucune sympathie pour le régime de M. Kadhafi à qui ils reprochaient l’enlèvement (et peut-être le meurtre) d’une figure emblématique du chiisme libanais, l’imam Moussa Sadr. Ce dernier avait été rien moins que l’architecte de l’affirmation des Chiites au Liban, une frange de la population auparavant laissée pour compte. S’il n’a pas été le fondateur du Hezbollah, il en a été le précurseur très inspiré.

Ce fait n’a guère été médiatisé en Europe (et pour cause !) mais la justice libanaise avait émis à ce propos des mandats d’arrêt contre le colonel Kadhafi et d’autres dirigeants Libyens.
Aujourd’hui, les autorités libanaises attendent du Conseil National de Transition qu’elles soutiennent l'élucidation du mystère de la disparition de l’imam Moussa Sadr. Même le néofasciste des Forces Libanaises Samir Geagea appelle les dirigeants « rebelles » de Libye «à faire la lumière sur l’affaire Sadr.» Une rare convergence de vue entre des camps que tout oppose habituellement !

Et pour ceux qui se demandent, en quoi cela concerne l’Iran en dehors de l’appartenance au chiisme du Hezbollah, il suffit de savoir que tous ces dignitaires chiites, Iraniens, Irakiens, Libanais sont unis depuis très longtemps par des liens matrimoniaux et de parenté. Eh oui, dans la vie il ‘y a pas que la politique !

L’Orient le Jour (Liban) 23 août 2011

Le ministre de la Santé, Ali Hassan Khalil (Amal), a annoncé aujourd’hui la formation d’un comité présidé par un ministre, chargé de suivre la question de la disparition de l’Imam Moussa Sadr et de ses compagnons, a rapporté la chaîne de télévision OTV. Le comité devrait se rendre en Libye où il reconnaîtra officiellement le Conseil national de transition (CNT) libyen.
L’imam chiite avait disparu avec cheikh Mohammed Yacoub et le journaliste Abbas Badreddine en Libye dans des circonstances mystérieuses après avoir été invités à s’y rendre par Mouammar Kadhafi pendant la guerre civile libanaise. Les autorités libyennes ont toujours déclaré que les trois disparus avaient quitté la Libye pour se rendre en Italie, ce que Rome a démenti. En 2004, les passeports de l’imam Sadr et de M. Yacoub avaient été retrouvés dans un hôtel à Rome.
En août 2008, le Liban a émis des mandats d’arrêts contre Mouammar Kadhafi et d’autres personnalités libyennes, les accusant d’avoir kidnappé l’imam Sadr et ses compagnons.