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mardi 4 novembre 2014

Le pouvoir syrien repose sur une base majoritairement musulmane sunnite

Un article intéressant sur la situation en Syrie qui relève en passant ce fait important (et évident) que les Musulmans sunnites sont la principale assise du pouvoir de Bachar al-Assad.

La Syrie d'Assad, amputée, malmenée – mais intraitable.

Par Diaa Hadid, The Big Story (Associated Press) 2 novembre 2014 traduit de l'anglais par Djazaïri

Tartous, Syrie – Les hommes d'affaires syriens repartent de zéro après la destruction de leurs magasins et de leurs usines. Des familles qui ont perdu leurs maisons peinent à louer de nouveaux logements et à joindre les deux bouts. Le long des autoroutes qui s'étirent à travers les zones contrôlées par le gouvernement se trouvent les ruines de villes auparavant contrôlées par lé rébellion et aujourd'hui parsemées de points de contrôle.

La Syrie sous contrôle gouvernemental est tronquée dans ses dimensions, malmenée et appauvrie. Mais elle fait face, soulignant la manière dont le président syrien Bachar al-Assad s'est accroché au pouvoir malgré une rébellion armée qui essaye de le déboulonner depuis près de quatre ans.

Des visites la semaine dernière dans la capitale Damas et dans la région côtière de Tartous, un bastion du soutien au gouvernement, montrent à quel point les Syriens se sont adaptés à la vie dans ce pays tronqué. Les immeubles administratifs sont entourés d'épaisses barrières peintes en rouge, noir et blanc, les couleurs du drapeau syrien. Les portraits d'Assad sont partout :en soldat, en homme d'affaires et en père de famille.

Après des années de reculs et d'avancées, le régime gouverne Damas et une bande de territoire à l'ouest de la région de la côté méditerranéenne dans laquelle se trouvent les plus grandes villes de Syrie ainsi que certaines zones au sud de la Capitale. Les rebelles tiennent quelques banlieues dans la campagne qui entoure Damas et des parties du nord-ouest. L’État Islamique extrémiste a imposé son pouvoir sur un territoire qui recouvre un tiers de la Syrie et de l'Irak voisin.

La guerre est toujours présente. Le bruit persistant des bombardements dans les zones proches tenues par les rebelles est le fond sonore de Damas.

Les checkpoints sont omniprésents sur les routes, souvent des abris en béton ornés de posters d'Assad découpés en forme de cœur. Les soldats se reposent sur une literie usée.
« Auriez-vous une cigarette, monsieur ? » demande optimiste un soldat à un chauffeur.

Les milices locales pro-gouvernementales veillent aussi sur les villes et les quartiers, apportant leur aide à une armée d'Assad dont les forces sont tendues.

Des hommes moustachus armés de fusils d'assaut sautent dans des voitures à l'entrée qu quartier historique de Bab Touma à Damas. Ce quartier majoritairement chrétien est une des cibles favorites des tirs de mortiers en provenance du quartier voisin de Khobar tenu par les rebelles. Les militants anti-Assad accusent certaines milices pro-Assad d'être plus brutales que les soldats et affirment qu'ils exigent des pots de vin et qu'ils volent des voitures.

Quand on quitte Damas, le revêtement de l'autoroute est bon, comme cette partie de la route fraîchement goudronnée. Non loin, se trouvent les ruines de la ville de Nabak dont les habitants s'étaient révoltés contre Assad au début du soulèvement. Le jaune de la grande roue du parc de loisirs de Nabak est délavé.

On lit sur un graffiti non loin, « Assad pour l'éternité. » Un autre proclame : « Je t'aime Lulu ».
Carte politique de l'Irak et de la Syrie aujourd'hui (attention, de vastes zones désertiques sont attribuées à une des parties, ce qui n'a guère de sens)
Carte politique de l'Irak et de la Syrie aujourd'hui (attention, de vastes zones désertiques sont attribuées à une des parties, ce qui n'a guère de sens)
On ne sait pas avec précision combien de Syriens vivent dans les zones respectivement contrôlées par le gouvernement et par les rebelles, étant donné le bouleversement démographique dans un pays où près de la moitié de la population a fui son domicile. Des zones auparavant dominées par des minorités fidèles à Assad, comme la région littorale de Tartous, majoritairement alaouite, ont vu la typologie de leur population changer avec l'accueil de quelque 350 000 personnes déplacées, en majorité des Musulmans sunnites.
Cela aura en définitive un effet à long terme : il sera difficile au régime d'Assad de se tailler un bastion alaouite comme certains de ses détracteurs l'accusent de le faire – ce que les responsables du gouvernement contestent.

Cela met aussi en lumière le fait que les Sunnites, qui sont le groupe confessionnel majoritaire dans le pays, forment la principale assise du pouvoir d'Assad, alors même que la rébellion est dominée par des Sunnites. Les minorités, comme les Alaouites, les Chiites et les Chrétiens soutiennent généralement le gouvernement ou sont restées neutres.

Parmi les déplacés, se trouvent un prédicateur musulman, Mustafa Shihi et sa femme, Faten Shaar qui ont fuit vers une ville de la province de Tartous après que des rebelles ont incendié leur usine pharmaceutique. Sobhi explique que les rebelles de sa ville d'origine, Alep au nord du pays, l'ont puni parce que son fils Majed était dans l'armée. Majed a été tué en mars de l'année dernière.
L'autre fils de Sobhi vent maintenant des sandwiches devant une université locale. Les biens de cette famille de la classe moyenne-supérieurs ont été détruits dans la guerre, mais ils sont sains et saufs à Tartous, déclare Sobhi.
« Nous devons être comme une seule main, » dit-il assis à côté de son épouse sur un mince matelas posé sur le sol,l'unique mobilier de l'appartement. Un grand portrait de son fils tué en uniforme de l'armée et un autre faisant l'éloge d'Assad sont fixés au mur.

Parmi les déplacés, figurent des commerçants sunnites d'Alep, qui était le poumon économique du pays. Certains ont ré-ouvert leurs entreprises à Tartous mais à une échelle réduite.
Tartous: manifestation de soutien au président Assad (2011)
Tartous: manifestation de soutien au président Assad (2011)
Mohammed Jallad, un fabricant de fours, a fui quand les combats se sont intensifiés dans son quartier à Alep. Sa maison et son entreprise ont été détruites dans les bombardements.
Un prêt lui a permis de rouvrir une affaire à Tartous, partageant un espace d'activité industrielle avec quatre autres Alépins. Il dort dans un coin au dessus de ses fours pour économiser de l'argent.

Le prix de location de son local commercial a triplé en deux ans avec l'augmentation de la demande par des personnes déplacées. Alors qu'il faisait travailler 15 ouvriers à Alep, il n'en emploie plus que deux.
Jallad dit qu'il ne veut pas fuir à l'étranger, par crainte de subir le sort des quelque 3 millions de réfugiés syriens qui vivent en majorité dans des conditions misérables.
« Je voulais travailler, alors où aurais-je pu aller ? La situation à l'étranger est humiliante, » dit-il.

En luttant pour s'en sortir, les Syriens se sont adaptés à la réalité.

Taghrid, brodeuse à Damas, dit avoir envoyé son fils en âge d'être incorporé dans l'armée en Égypte pour éviter la conscription, ce que beaucoup de familles ont fait.

« Puisse Dieu le protéger, » dit-elle devant la grande mosquée des Omeyyades à Damas. Elle n'a donné que son prénom par crainte de mettre son fils en danger.

Les services de l’État existent toujours, quoique de manière décousue. Les travailleurs touchent leurs salaires même si la monnaie locale se déprécie. Il y a toujours de l'électricité même si les coupures de courant sont la routine. Les soins restent gratuits quoique les habitants disent que l'attente est longue car des médecins abandonnent leur poste.

« Le gouvernement syrien tient et se cramponne à l'unité et à l'intégrité territoriale de la Syrie. Et c'est pour nous une affaire sacrée, » affirme la conseillère d'Assad Bouthaina Shaaban.

La vie suit son cours pour les Syriens riches. Cafés et restaurants sont à moitié remplis, leurs propriétaires arguant du fait que la reprise des études par les jeunes a réduit leur affluence. Des hommes d'affaires ont ouvert un centre de loisirs et un centre commercial à Damas et un centre commercial sur sept étages à Tartous.

Au centre commercial Malki à Damas, une pancarte annonce une compétition de selfies. Dans le centre commercial presque vide de Tartous, l'investisseur Ali Naddeh fume une pipe à eau et dit que les boutiques vont bientôt ouvrir.

« C'est une époque d'opportunités, » dit-il.

lundi 6 octobre 2014

L'armée turque parie sur la défaite des milices kurdes en Syrie

Le blogueur de Moon of Alabama suit avec attention les situations de crise et à cet effet il recourt essentiellement à des informations disponibles au grand public qu'il recoupe ainsi qu'à des informations « privées »qui remontent du terrain.
Il fait le point sur la situation militaire en Irak et en Syrie en apportant des éléments qui donnent à réfléchir.

La situation en Irak et en Syrie

Moon of Alabama, 5 octobre 2014 traduit de l'anglais par Djazaïri
Un état de la situation à partir de sources d'informations publiques et privées

Dans le nord-est de la Syrie, près de la frontière avec la Turquie, des combattants de l'Etat Islamique (EI) assiègent les combattants kurdes du YPG. Jusqu'à cet après-midi, les médias présents en Turquie pouvaient regarder juste de l'autre côté de la frontière et voir les blindés de l'EI encercler la ville de Kobane. Malgré ces cibles très visibles et facilement identifiables, il n'y a eu aucune frappe aérienne américaine pour contrer l 'offensive de l'EI et l'armée turque a gardé la frontière fermée.

Ayn al-Arab (Kobane) prise en étau entre l'armée turque et les milices de l'Etat Islamique (Daesh)
Ayn al-Arab (Kobane) prise en étau entre l'armée turque et les milices de l'Etat Islamique (Daesh)
Un obus de mortier, très probablement tiré par l'Etat Islamique, a touché une maison du côté turc. L'armée a alors déclaré le secteur zone interdite et a commencé à évacuer le village. Il y a quelques mois, quand quelque mortier tiré par l'armée syrienne s'égarait de l'autre côté de la frontière et tombait dans des champs de légumes en Turquie, les Turcs ripostaient par des tirs d'artillerie. Il n'y a pas eu de réaction de ce genre quand le mortier de l'EI a frappé aujourd'hui.

Les médias présents dans la zone ont reçu l'ordre de partir et alors qu'ils s'en allaient, les vans qui transportaient les équipes de la BBC et de CNN se sont fait tirer dessus à coup e grenades lacrymogènes par les forces de sécurité turques. Deux vans ont eu leurs fenêtres arrières brisées avec des grenades lacrymogènes entrant dans les véhicules. Les Turcs n'avaient à l'évidence pas envie que les gens puissent savoir ce qui se passe en ce moment à Kobane. Ce soir, les médias kurdes ont rapporté des échanges de tirs à l'intérieur de la ville.

En Irak, l'EI a attaqué aujourd'hui la ville de Ramadi, capitale de la province d'Anbar, dont ils s'est saisi en grande partie. Les forces de sécurité irakiennes auraient quitté la ville.
L'EI contrôle désormais l'axe Hit, Ramadi, Fallojah et l'autoroute 1 entre Bagdad et la Jordanie et l'autoroute 12 entre Bagdad et la Syrie. La seule ville d'importance qui reste entre la zone contrôlée par l'EI à l'ouest e Bagdad et l'Aéroport International de Bagdad est Abou Ghraib où une présence significative de l'EI a déjà été signalée. Si l'EI était en capacité d'utiliser une partie de l'artillerie dont il s'est déjà emparée, il pourrait fermer l'aéroport et ainsi rendre très compliquée toute évacuation des personnels US.

Les Etats Unis ont engagé aujourd'hui des hélicoptères d'assaut AH-64 Apache pour attaquer les positions de l'EI à Ramadi et à Hit. Ce genre d'hélicoptère est vulnérable aux tirs venant du sol et n'auraient pas été utilisés sauf nécessité extrême. Les Apaches sont stationnés sur l'aéroport de Bagdad dans le seul but d'en assurer la protection.

Des mercenaires de l'Armée Syrienne Libre payés par les USA ont pris une position de l'armée syrienne à al-Hurrah, à mi-chemin entre la frontière jordanienne et le sud de Damas. Ils venaient de l'ouest où ils ont pris position avec le Jabhat al-Nosra près de la ligne de démarcation avec Israël sur les hauteurs du Golan où ils sont protégés par l'artillerie israélienne. Des vidéos les montrent utilisant une quantité de missiles TOW livrés par les USA.

lance missile Tow manipulé par un milicien du Harakat Hazm, un groupe djihadiste agréé par Washington
lance missile Tow manipulé par un milicien du Harakat Hazm, un groupe djihadiste agréé par Washington
Un groupe de combattants de Jabhat al-Nosra venant de la région du Golan a essayé d'attaquer une position du Hezbollah dans l'est du Liban. Il est tombé dans une embuscade et a perdu quelque 30 combattants.

Au nord d'Alep, l'armée syrienne a presque refermé le cercle autour de la ville et les insurgés qui ont occupé certaines parties d'Alep seront bientôt sous un siège rigoureux.
Un grand nombre de combattants d'Ahrar al-Sham de la province d'Alep ont aujourd'hui fait allégeance à l'Etat Islamique qui sera bientôt la seule force antigouvernementale dans la ville.

samedi 15 juin 2013

La Syrie, le gaz sarin et la propagande neurotoxique

La Syrie est une nouvelle version de l’enfer sous la direction d’un Belzébuth nommé Bachar al-Assad.
«Bachar» comme l’appellent « François» (Hollande) et «Lolo» (Laurent Fabius) ne recule en effet devant aucun moyen pour faire souffrir les pires tourments à la population de son pays.
Le bilan des victimes a en effet de quoi faire réfléchir et frémir : entre 80 000 et 93 000 morts depuis le début de la crise dans ce pays début 2011.
Ces 80 000 ou 93 000 morts annoncés par l’Observatoire Syrien des Droits de l’Homme (OSDH) seraient tous des civils, simples passants (sunnites) ou manifestants pacifiques (sunnites également).
Du moins si on en croit les titres de la presse écrite ou audiovisuelle.
Parce que même l’OSDH annonce que parmi les 80 000 ou 93 000 morts estimés, se trouveraient 25,040 policiers et soldats de l’armée syrienne et 17,107 miliciens favorables au régime, soit 42 147 hommes.
C’est-à-dire que les forces gouvernementales représentent entre 52,7 % et 46,83 % de ceux qui ont perdu la vie dans ce conflit.
On est donc loin d’une armée et de milices sauvages qui s’en prendraient à peu de frais à des civils désemparés !
D’autant que pour atteindre les 100 %, il faut compter les pertes parmi les forces « rebelles » que l’OSDH a semble-t-il quelque peine à évaluer clairement.
Si ces pertes sont sensiblement équivalentes à celles subies par les forces gouvernementales, la part des civils parmi les victimes se trouve donc réduite à la portion congrue. 
Tant mieux !
Surtout que, comme on le sait et comme nous l’a dit le journal Le Monde, le régime de «Bachar» n’a pas hésité à recourir à l’arme chimique, ce que vient de confirmer le gouvernement des Etats Unis pour la plus grande joie de «Lolo », de «François» et de "William" (Hague) qui se sentent désormais libres de soulager leur conscience en armant ouvertement les rebelles à des fins humanitaires.
Comme le reste, tout cela n’est que propagande qui s’inscrit dans une volonté de rééquilibrer les forces sur le terrain après les coups durs assénés aux «rebelles»  par l’armés syrienne à al Qusayr notamment.
L'article que je vous propose démonte incidemment la propagande sioniste qui nous montre périodiquement des exercices où on voit des civils s'entraîner à porter des masques à gaz parfaitement inutiles en cas d'attaque au gaz sarin.

Les experts en armement chimique restent sceptiques devant les affirmations des Etats Unis sur l’utilisation de gaz sarin par la Syrie

Par  Matthew Schofield | McClatchy Washington Bureau, 14 juin 2013 traduit de l'anglais par Djazaïri
Des experts en armes chimiques ont exprimé leur scepticisme vendredi au sujet des affirmations des Etats Unis selon lesquelles  le régime du président syrien Bachar al-Assad avait utilisé du sarin, un gaz neurotoxique, contre les rebelles à au moins quatre reprises ce printemps. Ces spécialistes disent que si l'utilisation d'une telle arme n’est pas impossible, ils n’ont pour l’instant pas constaté de signes caractéristiques d'une attaque au gaz sarin, malgré des mois de surveillance.
“C’est un peu comme Sherlock Holmes et le chien qui n’aboyait pas,” explique Jean Pascal Zanders, un éminent expert en matière d’armes chimiques qui encore récemment était directeur de recherche à l’European Union’s Institute for Security Studies. «Ce n’est pas seulement que nous ne pouvons pas prouver une attaque au sarin, c’est que nous ne constatons pas ce qu’on pourrait s’attendre à voir après une attaque au sarin.»
Au premier rang de ces éléments manquants, Zanders parle de photos et des vidéo prises avec des téléphones portables pendant les attaques ou juste après. 
«Dans un monde où même l'exécution secrète de Saddam Hussein a été filmée par quelqu'un, il est illogique que nous ne voyions pas de vidéos, que nous ne voyions pas de photos montrant les cadavres des victimes montrant, et les visages rougis et les extrémités bleuies des personnes touchées », dit-il.
D'autres experts observent que s’ils étaient disposés à accorder à la communauté américaine du renseignement le bénéfice du doute, l'administration Obama doit encore offrir des détails sur les preuves qu’elle possède et sur la manière dont elle les a obtenues.
Le conseiller de la Maison Blanche pour la politique étrangère Benjamin Rhodes a donné les dates et les lieux des attaques présumées – le 19 dans le faubourg alepin de Khan al-Assal ; le 13 avril dans le quartier du Cheikh Maqsoud à Alep ; le 14 mai à Qasr Abou Samrah dans la province de Homs, et le 23 mai à Adra, à l’est de Damas. Mais il n’a donné aucun détail sur les combats qui s’étaient déroulés ni sur le nombre de tués dans chaque incident. Il a dit que les Etats Unis estimaient entre 100 et 150 le nombre total de morts.
"En fin de compte, sans plus d'informations, nous nous retrouvons dans l’obligation de faire confiance à l'intégrité de la communauté du renseignement américain dans sa démarche qui a abouti à une estimation avec un degré «élevé de confiance», écrit dans un email Greg Thielmann, directeur de recherche à la Washington Arms Control Association. Tout en disant  "mon intuition est qu'ils ont raison", il a également noté que la déclaration de la Maison Blanche a été "soigneusement et prudemment formulée" et qu’elle reconnaissait  l'absence d'une "chaîne continue de conservation des échantillons physiologiques prélevés sur ceux qui ont été exposés au sarin. "
”Tous les doutes ne sont pas éliminés de mon esprit,” dit-il.
Philip Coyle, maître de recherche au Center for Arms Control and Non-Proliferation à Washington, observe que sans preuves publiques et solides, il est difficile pour les experts d'évaluer la validité de la déclaration de l'administration Obama. Il ajoute que de pour ce qu’on en sait, ce qui s’est produit ne ressemble pas à une série d'attaques au sarin à ses yeux. 
«Sans échantillons sanguins, il est difficile de savoir», dit-il. "Mais j'avoue espérer qu'il n’y aura pas d’échantillon de sang, parce que j’ai encore bon espoir que le sarin n'a pas été utilisé."
Même un partisan d’une assistance militaire aux rebelles par mes États-Unis a émis des doutes sur la motivation possible derrière l’annonce sur  la conclusion relative à l’utilisation d'armes chimiques.
Dans un plaidoyer passionné pour une implication américaine en Syrie, Anthony Cordesman, un expert en sécurité au Center for Strategic and International Studies à Washington, a écrit vendredi que "la« découverte »que la Syrie a utilisé des armes chimiques pourrait être un stratagème politique." La phrase se trouvait dans un article qui présente des raisons stratégiques et humanitaires fortes pour une implication dans la crise, en particulier la récente participation Hezbollah libanais Hezbollah aux côtés d’Assad.
Les armes chimiques ont été au centre des discussions sur la Syrie depuis ce jour d’avril 2012 quand le président Barack Obama avait annoncé que l’usage de telles armes était une «ligne rouge» qui pourrait déclencher une implication militaire des Etats Unis. Depuis lors, les rebelles ont signalé l’usage probable d’agents chimiques en des dizaines d’occasions avec des niveaux de crédibilité variables. 
Cependant, un seul rapport détaillé et indépendant sur une attaque chimique a été rendu public à ce jour – un long article dans le journal français Le Monde le mois dernier qui a amené les gouvernements britannique et français à écrire des lettres à l’ONU. 
Zanders considère néanmoins qu’il y a beaucoup à redire sur cet article. Les photos et la vidéo qui accompagnent le reportage montrent des combattants rebelles qui se préparent à faire face à des attaques chimiques en portant des masques à gaz. Le sarin est absorbé par voie cutanée, et même de petites quantités peuvent tuer en quelques minutes.
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Mon masque à gaz me protège des armes chimiques de Bachar
Il fait aussi part de son scepticisme sur la description de la longue route qu’ont dû faire les victimes d’attaques chimiques pour être soignées, en passant par des trous dans les immeubles, sous des tirs nourris dans les rues, avant d’arriver dans des immeubles éloignés abritant des hôpitaux. 
Zanders, qui a aussi dirigé le projet sur la guerre biologique et chimique au Stockholm International Peace Research Institute et a été le directeur de BioWeapons à Genève, observe que si le sarin avait été la substance chimique utilisée, les victimes seraient mortes bien avant d’avoir leur arrivée auprès des médecins pour recevoir des soins.
Zanders dit aussi être sceptique quant à l’utilisation de sarin là-bas parce qu’on n’a eu aucune information sur des secouristes ou des personnels soignants qui seraient morts du fait d’avoir été en contact avec des victimes. Les résidus du gaz sarin sont supposés persister sur les victimes et devraient infecter les secouristes qu’on voit souvent sur les vidéos rebelles démunis de protections en dehors de masques en papier.
Le Monde a rapport qu’un médecin avait soigné une victime avec de l’atropine, ce qui est indiqué en cas d’empoisonnement par le sarin. Mais ce médecin a dit avoir injecté dans un bref intervalle quinze doses d’atropine, ce qui aurait tué le patient presque aussi sûrement que le sarin.

mercredi 29 mai 2013

Pourquoi le Hezbollah s'est-il engagé militairement en Syrie?

On a déjà évoqué ici la participation du Hezbollah aux combats en Syrie pour conclure que le rôle du Hezbollah était somme toute marginal, limité surtout à l’encadrement de communautés villageoises libanaises situées en territoire syrien et à la protection du mausolée de Sayyida Zeinab à Damas.
Il va bien sûr de soi que le Hezbollah ne reste pas les bras croisés devant les agissements des miliciens «rebelles» qui sévissent à l’intérieur du Liban, dans les secteurs limitrophes de la Syrie.
Les choses ont changé depuis, et le Hezbollah est directement engagé dans les combats aux côtés de l’armée syrienne.
Les raisons de ce changement sont explicitées dans l’article, signalé par Nidal, que je vous propose.
Et ces raisons n’ont rien à voir avec 1) une haine du Hezbollah pour les sentiments printaniers (et démocratiques) qui animeraient l’opposition armée en Syrie 2) une affinité de type sectaire qui n’existe que dans l’esprit de ceux qui ne connaissent pas ce que sont traditionnellement les rapports entre chiites et alaouites. Et qui ignorent au passage le fait que les relations entre le Hezbollah et le gouvernement syrien n’ont pas toujours été au beau fixe.
Non, le Hezbollah a une approche stratégique rationnelle et il a compris que la Résistance jouait sa survie en Syrie.
L’article ne le dit pas, mais l’affaiblissement, voire la disparition de l’axe de la résistance au régime sioniste qui résulterait d’une défaite du régime syrien est souhaitée par les monarchies arabes de l’Atlantique au Golfe persique car elles sont impatientes de normaliser complètement leurs relations avec Tel Aviv.
C’est aussi le sens de la dernière proposition de John Kerry consistant à acheter, avec l’argent des autres pour l’essentiel, le renoncement des palestiniens à leurs droits.

Les Limites du Hezbollah en Syrie

 Par Wafiq Qanso, Al-Akhbar (Liban) 29 mai 2013 traduit de l’anglais par Djazaïri
Le rôle du Hezbollah en Syrie devenant de plus en plus prononcé, Al-Akhbar examine les limites de son intervention militaire, s’interrogeant sur jusqu’où il ira pour défendre la Résistance.
Il est par exemple peu probable que nous verrons des clips YouTube avec des combattants du Hezbollah dans des régions reculées et lointaines de Syrie comme Raqqa ou Hasakah. Le Hezbollah est conscient de ses limites dans un pays vaste comme la Syrie dont le contrôle requiert une armée nombreuse dont le parti ne dispose pas.
Les opérations de combat du Hezbollah en Syrie sont en conséquence proportionnelles à la menace immédiate. Selon des sources informées, sa stratégie globale consiste à «sauvegarder la Résistance et protéger ses voies d’approvisionnement.»
Le parti s’est donc jeté dans la bataille, de crainte que des groupes takfiristes soient sur le point de prendre le contrôle des provinces syriennes riveraines du Liban, coupent également l’autoroute vers l’aéroport de Damas, ce qui créerait une «zone tampon» autour de ses bastions de la vallée de la Bekaa et couperait ses lignes d’approvisionnement. Comme le couteau se rapprochant très près de la gorge de la résistance, le Hezbollah a considéré n’avoir d’autre choix que de s’impliquer directement dans le conflit.
L’imminence du danger à la frontière nord-est du Liban coïncidait avec ce qui apparaît comme une convergence d’intérêts entre les acteurs arabes, régionaux et internationaux, dont Israël, en vue de renverser le régime de Bachar al-Assad.
De fait, compte tenu du retrait actuel de l’Egypte des affaires de la région, l’Arabie Saoudite, et le Qatar dans une certaine mesure – aspirent à dominer la région du Levant.
Dans le même temps, il est hors de doute que les Etats Unis et l’Europe désirent renverser le régime syrien, en raison notamment de son soutien à la Résistance libanaise et de son alliance avec Téhéran.
Les sources d’Al-Akhbar soulignent que le Hezbollah ne combat pas pour le compte du régime, mais à ses côtés, et seulement tant que la bataille sert à la protection des intérêts stratégiques du parti. Selon nos sources, «Tout d’abord, le Hezbollah ne se serait pas impliqué, même à Qussayr, si le régime n’était pas fort et ne jouissait pas d’un large soutien populaire.»
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Al Qussayr occupe un emplacement stratégique aussi bien pour le Hezbollah que pour l'opposition armée au régime syrien qui reçoit argent et armes via la ville libanaise d'Arsal
C’est sans doute cette cohésion qui a empêché des défections d’ampleur dans l’armée qui aurait sinon adopté une posture de neutralité dans la lutte pour renverser le président Syrien.
Il importe d’observer ici que l’administration des Etats Uni est dans l’impasse sur cette question. D’un côté l’administration US préférerait que l’armée se détache d’Assad. Mais d’un autre côté, l’administration ne veut pas voir une réédition de l’Irak, avec le démantèlement catastrophique des forces armées.
.Il est certain qu’aucune des factions de l’opposition n’est en mesure d’imposer son contrôle sur le terrain, tandis que le poids du Front al-Nosra et d’autres organisations liées à al Qaïda devient alarmant. 
Compte tenu des fortes divisions au sein de l’opposition syrienne et de la mission presque impossible d’unifier ses factions dispersées, l’administration US est de plus en plus convaincue qu’il n’y a pas de solution militaire à la crise. Ce qui ne veut cependant pas dire que la sortie de crise est en vue, où que la proposition de conférence Genève 2 réussira à faire cesser le conflit. 
D’une part, les acteurs régionaux misent toujours sur un changement de régime. Cependant, les progrès accomplis par l'armée syrienne sur le terrain - en particulier dans des secteurs  cruciaux comme Deraa et Qussayr, ainsi que les préparatifs en vue de déloger les rebelles d’Alep, pourraient s’avérer être un tournant dans le cours d’une guerre qui dure depuis deux ans. 
Une conséquence de cette évolution sera peut-être que les diverses parties reconsidéreront leurs calculs et attitudes d’une manière qui – ayant finalement désespéré de l’option militaire – favorisera en fin de compte une solution politique.

vendredi 3 mai 2013

Il avait dix ans, le plus jeune enfant soldat tué en Syrie venait de Tunisie!


Le site d'information tunisien Tanit Press publie les photos et les noms d'un certain nombre de combattants originaires de Tunisie qui ont péri dans les combats contre l'armée syrienne.
Parmi ces photos, celle ci-dessous:
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Farouk at-tounsi qui a l'air bien jeune pour un combattant.
Et effectivement c'est sans doute le plus jeune combattant à avoir perdu la vie en Syrie puisque Farouk at-tounsi n'avait que 10 ans quand il a trouvé la mort le 16 mars 2013.
Tanit presse précise que le garçon a été tué au cours du bombardement d'un camp du Jabhat al-Nosra où il se trouvait avec son père  qui combat en Syrie depuis septembre 2012.
Les biographies de certains des combattants Tunisiens tués sont assez bien documentées. 
Par exemple, celle d'Abou Saad at-tounsi qu'on voit ici dans sa dernière demeure:
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Abou Saad at-tounsi
Abou Saad a combattu en Afghanistan avant d'être arrêté en Iran après les attentats du 11 septembre 2001. Ses pérégrinations le conduiront au Yémen après la chute du président Saleh. Arrêté à la frontière omanaise, il passera un mois en prison avant d'être livré pour enquête à une base américaine à Dubaï. Il a ensuite été remis aux autorités tunisiennes qui l'ont laissé en liberté après enquête. Il a finalement rejoint le Jabhat al-Nosra en Syrie (la date de sa mort n'est pas précisée).
Abou Youssouf at-tounsi, de son vrai nom Ziad Sdiri est photographie ci-dessous avec ses enfants à Ariana dont il est originaire. Il a trouvé la mort à Alep le 16 mars 2013 dans des affrontements entre le Jabhat al-Nosra et l'armée gouvernementale.
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Abou Youssouf et ses deux enfants à Ariana




mercredi 16 janvier 2013

Réfugiés Syriens au Liban, l'exemplarité du Hezbollah


Je ne ferai pas de commentaires

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Nord Liban: un réfugié Syrien construit une maison avec des palettes de manutention
par David Enders, McClatchy Newspapers (USA) 14 janvier 2012 traduit de l’anglais par Djazaïri
Malgré son soutien sans faille au régime syrien ces deux dernières années, l’organisation militante chiite Hezbollah aide dans la discrétion les Syriens qui sont au Liban – même ceux qui ne soutiennent pas sa ligne politique.
“Nous aidons les réfugiés depuis le début des évènements en Syrie,’’ déclare Imad al Wahda, un représentant du Hezbollah dans cette ville du sud Liban qu’on considère comme étant un bastion du parti. 
“Nous avons donné l’accès à plus de 2 000 maisons et appartements à Nabatiyeh et les villages alentours,’’ explique al Wahda. ‘’Certaines maisons accueillent deux ou trois familles.’’
L’organisation apporte une aide semblable à des réfugiés dans d’autres régions du pays, alors même que, selon des informations, ses combattants se battraient du côté du gouvernement syrien [une accusation de l’opposition syrienne et des pro Hariri jamais étayée par aucune preuve, NdT].
Fondé au début des années 1980, le Hezbollah est aujourd’hui la première force politique libanaise, un statut qu’il doit en partie à son action sociale en faveur de la communauté chiite longtemps déshéritée, qui forme la principale communauté religieuse du pays. En Syrie et dans le monde arabe, la popularité du Hezbollah a atteint des sommets en 2006 quand la milice de l’organisation avait tenu en échec une invasion du pays par les troupes israéliennes. 
Six ans plus tard, certaines des personnes qui adulaient l’organisation auparavant la dénoncent maintenant à cause de son soutien au président Syrien Bachar al-Assad qui appartient à la secte alaouite, une branche du chiisme. Les rebelles hostiles à Assad sont presque tous issus de la majorité musulmane sunnite du pays, dont beaucoup accusent les Alaouites de pratiquer une discrimination contre les Sunnites tout au long des quarante années d’exercice du pouvoir par la famille Assad.
Le Hezbollah a certainement tiré avantage du pouvoir de Assad en Syrie, et la chute de ce dernier rendrait probablement plus difficile sa domination au Liban. Une bonne partie de l’armement lourd du Hezbollah est venu d’Iran via la Syrie, et la défaite d’Assad par les militants sunnites pourrait encourager les Sunnites du Liban à relever la tête.
Mais alors que les quelques déclarations publiques du mouvement ainsi que sa presse et sa propagande ont largement collé aux positions du gouvernement syrien pendant les 22 mois du soulèvement, l’action d’assistance humanitaire de l’organisation ne semble pas s’inscrire dans cette ligne devant les centaines de milliers de Syriens qui arrivent ici avec les quelques effets qu’ils ont pu emporter.
Le Hezbollah affirme même avoir aidé des immigrés Syriens qui travaillent au Liban dans la construction et dans d’autres secteurs des services à faire venir leurs familles. 
“Nous payons parfois la course de leur taxi pour qu’ils rentrent en Syrie pour ramenet leurs familles ici,’’ affirme al Wahda. 
Le mois dernier, dans une de ses rares déclarations sur la situation en Syrie, le chef du Hezbollah,Hassan Nasrallah a demandé au gouvernement libanais d’avoir une approche politique cohérente de la crise.
“Nous devrions nous intéresser aux réfugiés Syriens sur la base d’une responsabilité purement humanitaire, sans politiser cette question,” avait déclaré Nasrallah. ‘’Nous devrions accorder notre attention aux familles déplacées, quelles que soient leurs opinions politiques.’’
Tandis que la majorité des Syriens au Liban se sont réfugiés dans des régions dominées par la même secte que celle à laquelle ils appartiennent, le Hezbollah assiste en fait les déplacés qu’ils soient sunnites ou chiites.
“Mon mari cherche du travail,’’ explique Umm Ibrahim, une Sunnite de 22 ans, mère de trois enfants, qui se fait appeler de ce surnom qui signifie ‘’Mère d’Ibrahim’’ lorsqu’elle parle avec la presse parce qu’elle craint pour la sécurité de ses proches restés en Syrie. ‘’Il n’y a plus de travail en Syrie.’’
Umm Ibrahim partage les quatre pièces d’un appartement avec 20 personnes. Elle a récemment emmené son fils se faire vacciner dans un hôpital géré par le Hezbollah.Elle dit que quand sa famille est venue à Nabatiyeh il y a quatre mois de ça, le Hezbolah leur a aussi donné des draps et des poêles de chauffage.
‘’Nous pensions que nous n’étions ici que pour un mois,’’ dit-elle.
C’était avant que son quartile d’Alep, la plus grande ville de Syrie, se transforme en ligne de front.
 ‘’Je ne sais pas ce qui est arrivé à notre maison,’’ dit-elle. ‘’La maison de mes parents a été pillée et détruite. La maison de ma sœur a été détruite par un bombardement.’’
Umm Ibrahim n’a exprimé de soutien pour aucun des camps qui s’opposent en Syrie, mais elle a utilisé la désignation ‘’Armée Syrienne Libre’’ pour parler des rebelles. Elle n’a pas hésité non plus à le faire en présence d’un officiel du Hezbollah, alors même que les partisans du régime syrien tendent à utiliser l’expression ‘’groupes armés’’ ou ‘’terroristes’’ quand ils parlent des rebelles, reprenant ainsi la terminologie du gouvernement syrien.

lundi 31 décembre 2012

Quatre pilotes de l'armée turque capturés à Alep?


A ma connaissance, c'est la première fois que la presse syrienne officielle communique sur l'arrestation de soldats étrangers en territoire syrien. Ici, c'est le journal syrien El-Watan qui annonce la capture de quatre aviateurs de l'armée turque qui s'apprêtaient à pénétrer dans un aérodrome militaire près d'Alep.

L'information est reprise par le site russe Novosti et par Breaking News Network qui la cite en passant même si elle fait le titre d'une de ses dépêches. Breaking news est, si j'ai bien compris, une boîte d'information privée ou communautaire proche du gouvernement syrien, en, tout cas pas interdite par ce dernier.

Le gouvernement turc dément catégoriquement la réalité de ces arrestations qui seraient de la désinformation orchestrée par un régime sur le point de s'effondrer.

Syrie: quatre pilotes turcs interpellés près d'Alep

MOSCOU, 31 décembre - RIA Novosti
Les forces gouvernementales syriennes ont arrêté quatre pilotes de chasse turcs dans la province d'Alep (nord), rapporte lundi le journal officiel syrien El-Watan.
Les interpellés, accompagnés d'un "groupe de personnes armées", auraient tenté de pénétrer dans l'aéroport militaire de Koerc, rapporte le journal.
D'autres détails sur l'incident ne sont pas disponibles pour le moment.
La Syrie est secouée depuis près de 21 mois par un conflit entre gouvernement et opposition, qui a déjà fait 20.000 à 30.000 morts. Les autorités du pays affirment faire face à des bandits armés et soutenus par des forces extérieures.

jeudi 20 décembre 2012

L'Armée Syrienne "Libre" affame le peuple syrien


On connaît bien As’ad AbuKhalil, alias Angry Arab sur ce blog. Ce professeur d’université qui intervient souvent dans les médias occidentaux ou arabes est résolument hostile au pouvoir en place en Syrie. Et il est également hostile aux prétendus opposants démocrates qui ont pris les armes en Syrie avec l’appui de l’OTAN et des monarchies pétrolières.

Ce qui lui vaut d’être vilipendé des deux côtés.

Mais aussi d’avoir accès à des sources d’information de première main, tel ce journaliste turc qui évoque un aspect inédit du comportement des miliciens de l’Armée Syrienne Libre, à savoir des vols de machines, de voitures mais surtout de quantités de grain, ce qui a provoqué une grave crise de l’approvisionnement en nourriture dans Alep, cette ville qu’ils prétendent libérer.

Des activités de l’Armée Syrienne Libre qui ne sont pas rapportées par la presse occidentale

Par As'ad AbuKhalil, The Angry Arab, 20 décembre 2012 traduit de l’anglais par Djazaïri

Un journaliste turc qui travaille dans la région proche de la frontière avec la Syrie m’a envoyé des informations sur certaines activités de  l'Armée syrienne Libre (ASL) non rapportées dans la presse. Il écrit:

 «A peine deux jours avant la «crise de la nourriture» à Alep, j'ai entendu beaucoup de mes amis du Hatay dire qu'ils commençaient à voir certains Syriens vendre du  pain en  ville. Les pains turcs ne sont pas les mêmes que ceux de Syrie, même au Hatay.

 Et je dois vous donner un nom. Abdulqader As Salah, un commandant des brigades Tawhid [Unicité] qui a des liens très étroits avec les services secrets turc. Il vend en ce moment du "blé" à Gaziantep, une province de la Turquie. Je suis un journaliste turc qui suit cette crise depuis le début, j'ai entendu la même chose de la part de Kurdes à Ceylanpinar (une ville frontalière près de Ras Al Ayn) . Les Kurdes qui ont fui les affrontements entre l’ASL et les milices kurdes m'ont dit avoir vu certains membres de l’ASL piller les silos à blé.

Mais je n’y avais pas accordé d’attention jusqu’à ce que je voie ces informations. C’est peut-être pourquoi les gens à Alep protestent en ce moment contre l’ASL en la qualifiant «d’armée de Harami (voleurs).» J’essaye maintenant de comprendre ce qui se passe et pourquoi les habitants du Hatay ont commencé à voir des pains syriens dans la province. Quand j’aurai fait mon reportage, je vous l’enverrai aussi. Au Hatay les gens ont une apparence très proche de celle des syriens et sont accoutumés à la culture syrienne…
Pillage du blé à Alep
Pillage du blé par l'ASL à Alep
J’ai vu quelques photos de Reuters qui montrent des membres de l’ASL sur les silos à grain à Alep.  Mais comme d’habitude, elles sont légendées « Des forces fidèles à Assad bombardent les silos et les membres de l’ASL », quelque chose comme ça. Je vais essayer de vous envoyer la photo. J’ai entendu pour la première fois des rumeurs à ce sujet à Ceylanpinar/Sanliurfa. Des kurdes m’avaient dit que… Mais je n’y avais malheureusement pas fait attention. Puis j’ai vu cette photo. Puis j’ai vu les informations sur la famine en Syrie. Maintenant je me renseigne. Et un de mes amis journalistes m’a informé sur ce "Abdulqader As Salah". Je n’ai pas rassemblé toutes les infos sur lui mais on dit qu’il est le chef de la brigade Tawheed, qu’il habite à Gaziantep et qu’il vend actuellement du blé et des voitures d’occasion.

Tawheed est une des organisations les plus étroitement liées aux services secrets turcs. Tout le monde le sait. Je travaille là-dessus en ce moment, quand j’aurai fini, je vous enverrai un exemplaire de mon travail…

Ils volent même des engins de forage pétrolier en Syrie et ils les amènent en Turquie… C’est vrai… Les militants de l’ASL volent du blé en Syrie et ils l’amènent en Turquie pour le vendre.
J’ai contrôlé mes sources et j’ai parlé avec beaucoup de gens dans les provinces du Hatay et de Sanliurfa. Ils m’ont dit que certains membres de l’ASL (qui parlent l’arabe syrien) vendent maintenant des pièces détachées automobiles et qu’à Gaziantep ils ont un dépôt de grain.

Un de mes amis dignes de foi m’a dit que les choses ont commencé en septembre… Un journaliste pro Assad à Hatay m’a dit que tout se faisait en accord avec les autorités turques. Les rebelles ramènent du blé, des voitures et même du mobilier de Syrie par le poste frontière de Bab al Haya qui se trouve de l’autre côté de la porte du Hatay-Cilvegozu…  Les militants de l’ASL ont pris le contrôle de ce poste frontière en juin.

Ils pillent aussi les villages kurdes quand ils les attaquent à partir du côté turc ainsi qu’ils l’ont fait à Ras Al Ayn… C’est pourquoi les kurdes ne veulent pas qu’ils viennent dans leurs régions.»

mardi 30 octobre 2012

Sectarisme et prise d'otages en Syrie


150 combattants membres de l’opposition syrienne armée sont détenus par les autorités de Damas. Alors que faire pour obtenir leur libération ? se sont demandés leurs camarades.

La réponse est simple : on intercepte un autobus de voyageurs, des civils bien sûr, on sélectionne parmi eux les hommes de confession chrétienne et on les retient pour les échanger contre ses compagnons d’armes.

Et on donne un délai de trois jours, faute de quoi les civils seront exécutés.

Personnellement, je ne suis pas chrétien mais vraiment, je n’arrive pas à comprendre de tels agissements qui sont indignes de tout combattant qui se respecte vraiment et en disent long sur la cause qu’il prétend défendre.

Ils ont quand même épargné les femmes...
Panorama (Arménie) 30 octobre 2012 traduit de l’anglais par Djazaïri
Des rebelles Syriens armés ont arrêté un bus de voyageurs qui circulait de Beyrouth vers Alep et a forcé les passagers à descendre.
Yerkir Media TV, qui cite des témoins, rapporte qu’ils ont relâché les femmes mais que dix hommes, dont 7 Arméniens et 3 Arabes Chrétiens ont été retenus en captivité.
Les hommes armés, vêtus de noir, ont obligé les passagers [les dix hommes] à s’agenouiller, les ont frappés et les ont emmenés, disent les témoins.
Les ravisseurs exigeraient qu’on leur livre leurs compagnons d’armes – 150 personnes en tout – qui sont détenus [par les autorités syriennes] et ils menacent de tuer les dix captifs si les rebelles ne leur sont pas remis dans les trois jours.
On ignore encore les identités des captifs.