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lundi 21 janvier 2013

Chose promise, chose due: les années de guerre à venir au Sahel


Pour ceux qui croient que l'armée française, dont sa fameuse Légion Etrangère qu'il serait malséant de qualifier de bande de mercenaires, va faire un petit tour au Mali, restaurer l'Etat malien, puis s'en aller en laissant le chantier bien en ordre, j'ai bien peur d'avoir une mauvaise nouvelle à leur annoncer.
Non pas que le corps expéditionnaire dépêché par François Hollande ne parviendra pas à repousser les groupes armés qui se sont emparés du nord du  territoire malien.
La chose devrait aller sans véritable difficulté.
Non, ce que je veux dire, c'est que l'affaire malienne n'est que la continuation d'un processus de déstabilisation de l'ensemble de l'espace saharo-sahélien qui a déjà fait la preuve de son efficacité au Soudan.
Un pays qu'on a contraint à la partition, chose que peu ont suffisamment médité. Certes le Soudan était en crise depuis son indépendance, mais les puissances n'ont voulu, soutenu et obtenu la sécession du sud du pays qu'une fois connu le potentiel pétrolier de cette région. Un pétrole dont le circuit d'évacuation est l'objet d'âpres disputes politiques ou d'affrontements armés.
Ce démantèlement des Etats de la région et peut-être au-delà, en est à ses débuts et rien ne pourra l'empêcher semble-t-il car la destruction du régime libyen a brisé tout le système d'interdépendances économiques qui permettait aux populations locales de survivre. L'instabilité qui s'est emparée du Sahel ainsi que de la région du nord du Nigeria ne sera d'ailleurs pas sans conséquence pour important projet de gazoduc qui devait relier les champs gaziers de ce pays au réseau algérien de gazoducs puis le marché européen et dont on a du mal à comprendre s'il est déjà abandonné ou pas. (une splendide occasion en tout cas de renforcer une interdépendance économique entre deux régions africaines).
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Projet de gazoduc transsaharien
A ceux qui pensent que je suis pessimiste, je demanderai de prêter attention aux propos tenus le 20 janvier 2013 par le N°1 Britannique David Cameron, des propos que je n'ai pas retrouvés dans la presse de langue française:
“L’occident est devant une bataille qui va durer des dizaines d’années pour vaincre al Qaïda en Afrique du Nord,’’ a averti David Cameron hier pour marquer une évolution radicale de la lutte du Royaume Uni contre le terrorisme.
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David Cameron: la Grande Bretagne tient ses promesses
Et déjà:
Les forces spéciales sont censées se préparer à pourchasser le chef djihadiste derrière le siège et l’assassinat d’otages en Algérie, Mokhtar Belmokhtar.

On voit là se mettre en place la même belle mécanique qui est à l’œuvre en Afghanistan, en Somalie et au Yémen.
Avec probablement les mêmes effets.
Et comme le dit le premier ministre lui-même, c'est une guerre de l'Occident.

dimanche 29 janvier 2012

Sur le Nigeria et Boko Haram


J’ai été aiguillé sur cet article par le biais du blog d’Angry Arab. Je n’ai pas vraiment le temps de développer sur la situation au Nigeria, mais à quoi bon, The Economist le fait très bien.

Le gouvernement doit réfléchir rapidement à la manière de neutraliser un soulèvement islamiste qui a peut-être moins à voir avec la religion que ne le prétendent les rebelles.
The Economist (UK) 14 janvier2012 traduit de l’anglais par Djazaïri



Maiduguri –  Alors que le bruit lointain d’une bombe place par des militants est suivi quelques secondes après du crépitement des armes automatiques des soldats gouvernementaux, Satu Mari tend l’oreille dans le parking de l’hôtel qu’il possède à Maidiguri, une ville du nord-est turbulent du Nigeria. « Les bombes sont notre pain quotidien, » dit-il avec désinvolture. « les bombes sont notre bonjour et notre bonsoir. » Maiduguri s’enfonce vers une guérilla à part entière et M. Mari gère une des rares entreprises à avoir un bel avenir. Il héberge des officiers de l’armée.

Le gouvernement dépêche des centaines de soldats dans le nord du Nigeria pour combattre des militants islamistes qui seraient le produit d’une petite secte au cours de la dernière décennie. Connue sous le nom de Boko Haram, on lui reproche presque tous les actes de violence qui surviennent en ce moment dans la nation la plus peuplée d’Afrique, avec quelque 160 millions d’habitants. Après une série d’attaques contre des banques et des prisons fin 2010, les militants auraient monté d’un cran en assassinant des politiciens et des employés qui étaient chargés de préparer les élections de mars et avril de l’année dernière. On leur impute aussi des bombes qui ont explosé au quartier général pourtant très surveillé de la police nationale et dans les bureaux de l’ONU à Abuja, la capitale. Et, pour la deuxième année consécutive, Boko Haram est accusé d’avoir attaqué des messes de Noël dans des églises.

Toutes ces actions semblent largement excéder les capacités d’une petite secte connue surtout pour ses opinions sur l’éducation séculière. En haoussa, la langue la plus parlée au nord, Boko Haram signifie « l’éducation occidentale est interdite.» La fréquence et la sophistication des attaques ont conduit de nombreux observateurs, particulièrement en Amérique, à suggérer que l’organisation reçoit un soutien de réseaux terroristes internationaux. La branche algérienne d’al Qaïda et, plus improbable, les Shabab de Somalie ont été mentionnés. Le gouvernement du Nigeria, désireux d’obtenir de généreux financements en tant qu’allié sur la ligne de front de la « guerre globale contre la terreur » menée par l’Occident, a encouragé ce genre d’explications.

Cependant, les dirigeants politiques et religieux du nord majoritairement musulman, voient les choses autrement. Pour eux ; l’organisation islamiste insérée dans un réseau international qui s’active férocement dans la clandestinité est largement un bouc émissaire imaginaire. Ils disent qu’il y a bien quelques vrais fanatiques religieux dans le nord du pays mais ils laissent entendre que Boko Haram a été agrégé à un mélange trouble de criminels opportunistes et de politiciens aigris. « C’est un peu comme un Triangle des Bermudes, » explique Kashim Shettima, gouverneur de l’Etat de Bornou d’où l’organisation est originaire. « Boko haram » est devnu une franchise où n’importe qui peut se servir. »
Jonathan Goodluck, le président Nigerian semble ambivalent. Il a affirmé que Boko Haram et ses sympathisants avaient infiltré toutes les branches de l’Etat, y compris la police et l’armée. « Certains continuent à plonger la main dans l’assiette [commune] et à manger avec vous, et il vous sera impossible de savoir qui pointera une arme vers vous ou placera une bombe derrière votre maison, » avait-il dit à une congrégation dans une église à Abuja.

Le président, un Chrétien impopulaire dans le nord musulman, suit les conseils de ses hauts responsables de la sécurité qui veulent du sang. Il a placé une bonne partie du nord en état d’urgence. Il semble disposé à donner à la police et aux forces armées les mains libres pour effectuer des opérations à grande échelle. Et il s’est donné comme objectif de dépenser une somme étonnante correspondant à 20 % du budget fédéral pour la sécurité cette année.

Certains craignent que de telles mesures aggravent les choses. Déjà déployés dans certaines parties du nord, les soldats sont vues comme des occupants par les locaux. Leur rudesse, parfois leur comportement violent nourrissent des sentiments de révolte. Un  retour de flamme est déjà en train de se produire.

Le nord a un besoin urgent de développement économique. Alors que le riche sud pétrolier est en plein essor, près de trois quart des habitants du nord vivent avec moins de 200$ par an, bien en dessous des seuils de pauvreté. Peu de programmes gouvernementaux viennent réellement en aide à cette région.

Les 80 millions de Musulmans du pays mettent cette situation au compte d’une perte d’influence politique. Quand l’armée dirigeait le Nigeria, les nordistes étaient souvent aux responsabilités, mais cela s’est terminé il y a douze ans. Un sentiment de marginalisation a provoqué une insatisfaction politique que les extrémistes nordistes ont alimentée. Pourtant, les services de renseignements chargés de les traquer semblent rarement les trouver, que ce soient des extrémistes religieux ou des opportunistes politiques. Pendant que les barbouzes continuent leur travail, le gouvernement doit rapidement s’occuper de doléances anciennes et légitimes.

Pour l’instant, c’est le contraire qui s’est produit. La décision gouvernementale audacieuse de supprimer le subventionnement du carburant à partir du 1er janvier, quel que soit son bien fondé économique, a encore élargi le fossé entre riches et pauvres. Des grèves d’ampleur nationale ont suivi cette mesure. La tension et l’anarchie se sont accrues.
Pourtant, l’Etat nigérian a montré qu’il peut mettre fin à une insurrection s’il joue ses cartes correctement. Il y a quelques années de cela, la plus grande partie des violences politiques au Nigeria se produisait dans le delta du Niger au sud du pays. Tout comme les habitants du nord aujourd’hui, ceux du delta se plaignaient de la corruption, de la pauvreté, de l’inégalité et du manque de développement. Certains habitants du delta avaient soutenu des organisations armées ; d’autres avaient bénéficié de leurs largesses. Dans les neuf premiers mois de 2008, près de 1 000 personnes avaient été tuées pendant les troubles et près de 3 00 prises en otage. Sur plusieurs années, le coût pour le Nigeria, du fait des vols de pétrole et des sabotages d’oléoducs, a été estimé à environ 24 milliards de dollars.

Mais un accord signé en 2009, comprenant une amnistie, a permis de ramener une paix relative dans la région. Les militants ont reçu de l’argent et un pardon inconditionnel. Près de 26 000 d’entre eux avaient accepté Selon des chiffres officiels, plus de 15 000 anciens militants ont reçu une formation professionnelle ou une instruction élémentaire sur le tard..

Même si le delta est beaucoup plus sûr, le programme d’amnistie n’a pas encore ramené totalement la paix. Et son coût a été élevé. Les militants repentis touchent chacun 393 dollars par mois en numéraire plus des bons d’alimentation pendant la phase de réhabilitation. Dans le budget de l’Etat pour cette année, 458 millions de dollars seront dépensés pour financer l’amnistie – plus que ce qui est accordé à la commission pour l’éducation fondamentale qui offre un enseignement primaire gratuit. Certains affirment que le véritable objectif de Boko Haram n’est pas un Etat islamique mais une portion du gâteau de l’amnistie. Si c’est le cas, le gouvernement devrait alors explorer cette possibilité.

samedi 29 octobre 2011

Des Nigérians de retour de Libye, violés et volés par les "rebelles"


Encore une histoire édifiante qui est la conséquence directe de l’intervention militaire de l’OTAN pour une prétendue mission humanitaire.
Force est de constater que tout ce qui motivait la dite mission de protection des civils libyens contre les crimes hypothétiques des forces du colonel Kadhafi a en réalité été le fait des forces de l’OTAN et des « révolutionnaires » ; bombardements de zones résidentielles, d’infrastructures civiles, vols, viols, assassinats, exécutions sommaires, charniers…
Il ne reste plus maintenant à l’OTAN et à Bernard-Botul-Henri Lévy qu’à demander une autre résolution onusienne sur la Libye.
Suite à son adoption, il  faudrait donc l’appliquer. Rien de plus facile : le philosophe chevelu pourrait par exemple tirer partie d’un des arbres qui ornent le jardin de son riad au Maroc, les aviations de l’OTAN pourraient choisir judicieusement des cibles dans chacun des pays membres de l’alliance..
On voit mal comment tous ces gens qui ont tant à coeur la sécurité et le bien-être des civils pourraient faire moins pour enfin assumer complètement leur Responsabilité de Protéger (R2P).
Dans l’article qui suit, vous remarquerez le reproche qui est fait aux autorités nigérianes de ne pas s’être occupées de leurs ressortissants en difficulté en Libye, ni même au Tchad pourtant voisin. Il faut dire que le président Nigérian Jonathan Goodluck  a été un des premiers à reconnaître le CNT et il a dont préféré faire comme si tout allait bien.

par Michael Olugbode à Maiduguri,
This Day (Nigéria) 28 octobre 2011 traduit de l’anglais par Djazaïri
Ils ont passé trente jours dans le désert après avoir fui la crise en Libye, 450 Nigérians sont arrivés hier à Maiduguri, dans l’Etat de Bornou, avec des récits de viol, de torture et de vol de leurs effets personnels par les combattants opposés au régime de feu le colonel Mouammar Kadhafi.
Plus de 300 autres seraient encore bloqués à N’jaména, la capitale de la république tchadienne voisine.
Les Nigérians, sales et dépenaillés, sont arrivés hier en début de soirée à Gamboru, une ville frontalière entre le Nigéria et le Tchad.
Et après avoir satisfait aux formalités obligatoires d’entrée dans le territoire, ils se sont rendus à Maiduguri d’où certains sont repartis vers d’autres Etats [le Nigéria est une fédération]
Some of them, who arrived the country without any money on them, had to seek refuge from the National Emergency Management Agency (NEMA) which was alerted as to their entry into the country by Immigration officials.
Certains d’entre eux étant arrivés au pays sans argent sur eux, ont dû chercher refuge auprès de la National Emergency Management Agency (service de gestion des situations d’urgence, NEMA) qui a été alertée dès leur entrée dans le pays par la police des frontières.
Les fonctionnaires de la NEMA leur ont alors procure un hébergement au centre d’orientation  du National Youth Service Corps (NYSC) dans la ville de Maiduguri.
Relatant son épreuve, Splendid Eze, qui dit avoir vécu en Libye pendant ces quatre dernières années, affirme qu’au plus fort de la révolution elle avait dû se réfugier pendant deux mois au camps de l’ONU à Saba.
Eze explique avoir été rapatriée avec 450 autres personnes du camp le 28 septembre et qu’on leur a fait faire un long et tortueux voyage à travers le désert.
Elle dit qu’avant de quitter le camp de Saba, ils se sont trouvés devant plusieurs situations dangereuses comme de dormir à la belle étoile où risquer d’être touchés par les tirs des factions en guerre.
Selon elle, les choses ne se sont pas mieux passes sur le chemin du retour au pays car ils ont “été voles et violés par les rebelles.”
Elle déclare: «On m’a vole mes 1 000 dollars et certains de mes compagnons se sont fait voler tous leurs objets de valeur comme des téléphones et des ordinateurs portables.»
Un autre émigré e retour, Obire Matthex Tony dit qu’ils ont été entassés dans un camion comme des sardines et envoyés pour un long et tortueux voyage à travers le désert à destination du Nigéria.
Il nous apprend qu’ils ont fait escale pendant trois jours à N’jaména où ils ont été hébergés par l’organisation Internationale de l’Immigration avant d’être envoyés au Nigéria par cette organisation.
Il prétend que l’ambassadeur du Nigéria au Tcgad les a évités comme la peste et n’est venu les à aucun moment à leur aide.
Exposant aux journalistes ce qu’a prévu son service pour les travailleurs de retour, le coordonateur de zone de la National Emergency Management Agency (NEMA), Alhaji Aliyu Sambo, a déclaré qu’on les héberge au camp, qu’on les nourrit et qu’on va les transporter dans leurs Etats d’origine après une prise de contact avec les services de gestion des situations d’urgence de ces Etats.
Sur la manière dont son service a appris leur arrive, Sambo a révélé avoir été informé par la police des frontières de Gamboru et que son service a immédiatement entamé des préparatifs pour eux.
Il a indiqué qu’un certain nombre d’entre eux était arrive dans le pays en début de matinee et sont venus à Maiduguri vers midi, mais que certains sont depuis repartis bers diverses destinations et qu’on ne pouvait pas les retenir contre leur gré.
Il a ensuite révélé que ces migrants de retour étaient une première vague et qu’on attendait l’arrivée le retour au pays d’autres par le poste frontalier de Gomburu.

mercredi 7 septembre 2011

200 Nigérians détenus au secret par les "rebelles" en Libye


Le Nigeria a reconnu le nouveau pouvoir libyen, incarné par le CNT, c’est-à-dire les « rebelles » pour lesquels la France, le Royaume Uni, les Etats Unis et quelques autres puissances de l’axe du bien ont déroulé un tapis rouge. Rouge de sang libyen, mais pas seulement puisque les pseudo-rebelles ont comme une tendance à s’acharner sur les personnes à la peau très foncée qui sont tantôt des ressortissants libyens, tantôt des travailleurs migrants.

Pour l’instant, le Nigeria n’est cependant guère payé de retour, car si de nombreux immigrés Nigérians avaient senti le vent tourner et quitté précipitamment le pays, d’autres sont restés piégés et tombent un à un dans les filets des prétendus rebelles.
200 d’entre eux sont actuellement retenus dans les geôles du CNT  [ils font donc partie de ceux qui n’ont pas été tués] et 25 d’entre eux viennent tout juste d’être faits prisonniers en dépit des assurances données aux autorités d’Abuja par les dirigeants rebelles, que ces « rebelles » s’appellent Mustapha Abdeljalil, David Cameron ou encore Nicolas Sarkozy.

Ces personnes d'origines diverses sont réputées, d’après le CNT et sur la seule base de leur teint de peau, être des mercenaires à la solde de M. Kadhafi. Ce que les membres du CNT devraient pourtant savoir, c’est qu’en cas de défaire imminente, les mercenaires sont presque toujours les premiers à s’enfuir puisqu’ils ne combattent que pour l’argent.

Les mercenaires occidentaux ne se sont pour leur part rangés aux côtés du CNT que parce que le risque que leur aviation ou leur marine subissent des pertes était absolument infime, compte tenu de la disproportion des forces en présence.

La chasse aux immigrés d’origine subsaharienne se poursuit donc en Libye. Et si le gouvernement nigérian a reconnu le pouvoir du CNT, ce ne sont pas les voix qui manquent dans ce pays pour s’élever contre cette reconnaissance.

Et ce n’est qu’un indice de plus de la prise de conscience dont l’Afrique est le lieu je vais essayer de vous proposer un autre article pour illustrer ce point] et qui laisse supposer que la victoire militaire de l’OTAN aura des conséquences très importantes en Afrique mais pas forcément celles que les maléfiques forces du bien imaginent(lisez donc les commentaires des lecteurs sur la page originale de l’article de The Nation pour vous faire une idée.

Par  Yusuf Alli, Abuja, The Nation (Nigeria) 7 septembre 2011traduit de l’anglais par Djazaïri

La chasse aux Nigérians en Libye s’est poursuivie hier, avec l’arrestation de 25 personnes par le Conseil National de Transition  (CNT) des rebelles qui ont mis fin au pourvoir du colonel Kadhafi qui l’exerçait depuis 42 ans.

Le nombre de Nigérians détenus s’élève donc maintenant à plus de 200, a appris The Nation. On craint que les Nigérians détenus soient tués par les rebelles si le gouvernement fédéral [du Nigeria] n’agit pas à temps.

Un porte parole des Nigérians pris au piège à Tripoli, M. Daramola Sili qui a parlé au téléphone avec notre correspondant, a déclaré : « Environ 25 Nigérians ont été arrêtés aujourd’hui à Tripoli et ils sont détenus dans le quartier Salahdin de la capitale. Nous n’avons accès à aucun d’entre eux.
“Pour l’instant, nous avons plus de 200 Nigérians détenus dans diverses regions de la Libye. Nous ignorons leur sort. Nous prions pour qu’ils ne soient pas tués comme d’autres travailleurs émigrés noirs.
 «Le modus operandi habituel est que les rebelles mettent en place des barrages routiers et chaque fois que des noirs sont aperçus dans un autobus, ils les arrêtent immédiatement et ils les jettent dans des cellules dans différents quartiers de la ville.»
Interrogé sur la façon dont les Nigérians sont tombés entre les mains des rebelles, Siji explique: “S’étant retrouvé à court de nourriture, ils ont décidé de se risqué hors de leurs domiciles pour chercher quelque chose à acheter, et c’est ainsi que la plupart d’entre eux ont été arrêtés.

«Je voudrais lancer un appel au gouvernement fédéral pour qu’il agisse. Nous n’avons pas pu joindre le ministère des affaires étrangères. L’ambassadeur Olugbenga Ashiru a été sensible à notre situation et a ouvert des pourparlers avec les chefs du Conseil national de Transition.
“Bien que le ministère ait désigné notre ambassadeur en Ethiopie pour prendre en charge la situation en Libye, ce dernier est resté injoignable. »

Répondant à une question, Siji explique: «Les rebelles ont pensé que les migrants noirs étaient des mercenaires utilisés par Mouammar Kadhafi pour les combattre, et c'est pourquoi commettent des assassinats en représailles..
“Mais nous avons fait comprendre au CNT que les mercenaires de kadhafi étaient surtout des Tchadiens et des Nigériens. Aucun Nigérian n’a combattu dans le camp de Kadhafi.

Une source de haut niveau du ministère des affaires étrangères qui s’est exprimée en toute confiance, a déclaré : « Le ministre est à l’étranger, en Suède pour une réunion avec les ministres scandinaves. Mais il suit de très près la situation, même depuis l’étranger. »

“Nous avons reçu des assurances du CNT, de la Grande Bretagne et de la France que les migrants noirs ne seraient plus agresés.
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lundi 9 mai 2011

Un radeau de la Méduse au large de la Libye


L’intervention militaire en Libye a, dit-on, des visées humanitaires. Mais cette vocation semble parfois avoir des ratés ainsi qu’en témoigne la tragédie vécue par une soixantaine de candidats à l’exil pris au piège  dans une réinterprétation contemporaine (en plus civilisée) du radeau de la Méduse

Le bateau de l’OTAN qui ne s’est pas préoccupé outre mesure de secourir le bateau à la dérive serait le porte-avions français Charles de Gaulle…

Des navires de l’OTAN ont laissé 61 migrants Africains mourir de faim et de soif.

Exclusif : un bateau qui essayait d’atteindre Lampedusa a dérivé en Méditerranée pendant 16 jours, malgré que l’alerte avait été donnée.
Par Jack Shenker à Lampedusa, The Guardian (UK), 8 mai 2011 traduit de l’anglais par Djazaïri 

Des dizaines de migrants Africains ont été abandonnés à la mort en Méditerranée après qu’un certain nombre de navires militaires européens et de l’OTAN aient apparemment ignoré leurs appels à l’aide, a appris le Guardian.
Un bateau transportant 72 passagers, dont plusieurs femmes et jeunes enfants et des réfugiés politiques, s’était trouvé en difficulté fin mars après avoir quitté Tripoli pour l’île italienne de Lampedusa. En dépit de l’alerte donnée par les gardes-côtes italiens et de l’entrée en contact du bateau avec un hélicoptère militaire et un navire de guerre de l’OTAN, aucune action de secours n’a été entreprise.

Tous les passagers à bord, sauf onze, sont morts de faim et de soif après que leur embarcation a été laissée à la dérive en pleine mer pendant 16 jours. « Chaque matin, nous nous réveillions pour découvrir d’autres cadavres que nous gardions pendant 24 heures avant de les envoyer par-dessus bord, » déclare Abu Kurke, un des neuf derniers survivants. « Les derniers jours, nous nous ignorions les uns les autres… chacun était soit en train de prier, soit de mourir. »
Le droit maritime international oblige tous les navires, militaires compris, à répondre aux appels de détresse des bateaux à proximité et d’apporter une aide quand c’est possible. Les militants pour les droits des réfugiés ont exigé une enquête sur ces morts, tandis que le Haut Comité des Nations Unies pour les Réfugiés (HCR) a appelé à une collaboration plus stricte des navires militaires et civils en Méditerranée dans les efforts pour sauver des vies humaines.
 « La Méditerranée ne peut pas devenir l’ouest sauvage, » a déclaré sa porte parole Laura Boldrini. « Ceux qui ne secourent pas les gens en mer ne peuvent pas rester impunis. »
Ses paroles trouvent un écho chez le Père Moses Zerai, un prêtre Erythréen à Rome qui dirige l’organisation Habeshia pour les droits des réfugiés et qui a été une des dernières personnes en communication avec le bateau de migrants avant que sont téléphone satellitaire tombe en panne de batterie.
 « Il y a eu une abdication de responsabilité qui a conduit à la mort de plus de 60 personnes, dont des enfants, » a-t-il affirmé. « Cela constitue un crime et ce crime ne peut rester impuni simplement parce que les victimes étaient des migrants Africains et non des touristes sur un bateau de croisière. »

Cette année, les troubles politiques et les conflits armés ont été à la source d’une brusque augmentation du nombre de personnes qui tentent d’atteindre l’Europe par mer, avec plus de 30 000 migrants qui auraient accompli la traversée de la Méditerranée ces quatre derniers mois. Beaucoup ont péri en chemin ; le mois dernier plus de 800 migrants de diverses nationalités qui avaient quitté la Libye en bateau ne sont jamais arrivés sur les côtes européennes et sont présumés morts.
Rappel de ces dangers, plus de 400 migrants ont été secourus en urgence lorsque leur bateau s’est brisé à Lampedusa.

Pour sa part, le Pape, dans un discours devant plus de 300 000 fidèles a appelé les Italiens à faire bon accueil aux immigrants qui fuient vers leurs côtes.

L’enquête du Guardian sue l’affaire du bateau transportant 72 migrants parti de Tripoli le 25 mars a établi qu’il s’agissait de 47 Ethiopiens, sept Nigérians, sept Erythréens, six Ghanéens et cinq Soudanais. Le capitaine Ghanéen du bateau faisait cap sur l’île italienne de Lampedusa, à 180 miles au nord-ouest de la capitale libyenne, mais après 18 heures en mer, la petite embarcation a commencé à avoir des difficultés et a subir une fuite de carburant.
Sur la base de témoignages de survivants et d’autres personnes qui ont été en contact avec les passager pendant ce voyage tragique, le Guardian a pu reconstituer ce qui s’est passé par la suite. C’est l’histoire poignante d’un groupe de migrants désespérés condamnés à mort par la combinaison de la malchance, de la bureaucratie et de l’apparente indifférence des forces armées européennes qui avaient eu la possibilité d’essayer de porter secours.
Les migrants avaient utilisé le téléphone satellitaire du bateau pour appeler Zerai à Rome, qui à son tour contacta les gardes-côtes italiens. La position du bateau avait été située à environ 60 miles au large de Tripoli, et les responsables des gardes-côtes avaient assuré à Zerai que l’alerte sur la situation avait été transmise à toutes les autorités compétentes.
Rapidement, un hélicoptère militaire marqué du mot « army » s’était présenté au-dessus du bateau. Les pilotes, qui portaient des uniformes militaires, avaient fait descendre des paquets de biscuits et des bouteilles d’eau, et avaient fait comprendre par gestes aux passagers qu’ils devaient rester sur cette position en attendant l’arrivée d’un navire de secours. L’hélicoptère était reparti, mais les secours ne sont jamais arrivés.

Aucun pays n’a encore reconnu avoir envoyé l’hélicoptère qui a établi le contact avec les migrants. Un porte parole des gardes-côtes italiens a déclaré : « Nous avons informé malte que le bateau se dirigeait vers leur zone de recherches et de secours, et nous avons diffusé une alerte pour demander aux navires de faire attention à ce bateau, les obligeant à essayer de porter secours. » Les autorités maltaises ont démenti avoir eu en quoi que ce soit affaire à ce bateau.

Après plusieurs heures d’attente, il était devenu évident pour les passagers que l’aide n’était pas en route. Le bateau n’avait plus que 20 litres de carburant, mais le capitaine avait dit aux passagers que Lampedusa était assez proche pour qu’il puisse l’atteindre sans assistance. Ce fut une erreur fatale. Vers le 27 mars, le bateau s’était égaré, n’avait plus de carburant et dérivait au gré des courants.

« Nous avions épuisé le carburant, nous avions épuisé la nourriture et l’eau, nous avions tout épuisé, » déclare Kurke, un migrant de 24 ans qui fuyait les conflits ethniques dans son pays, la région d’Oromie en Ethiopie. « Nous dérivions en mer, et le temps était très dangereux. » A un moment donné, le 29 ou le 30 mars, le bateau avait été emporté par le courant à proximité d’un porte-avions de l’OTAN – si près qu’on ne pouvait pas nous manquer. Selon les survivants, deux avions ont décollé du navire et ont survolé à basse altitude leur bateau tandis que les migrants se tenaient debout sur le pont, tenant en l’air les deux bébés affamés. Mais par la suite, aucune aide ne s’est manifestée. Incapable de manœuvrer pour se rapprocher encore plus du porte-avions, le bateau des migrants était emporté au loin par le courant. A court de nourriture, de carburant ou de moyens de contacter le monde extérieur, ils commencèrent à succomber un par un à la soif et à la faim.

Le Guardian a fait une recherche approfondie pour s’assurer de l’identité du porte-avions de l’OTAN, et nous avons conclu que c’était probablement le Charles de Gaulle de la marine française qui manœuvrait en Méditerranée à cette période.
Les autorités navales française ont d’abord démenti que le porte-avions se trouvait dans la région à ce moment là. Après s’être fait présenter des articles de presse qui montraient que c’était faux, un porte parole a refusé de s’exprimer.

Un porte parole de l’OTAN, qui coordonne l’action militaire en Libye, a déclaré n’avoir capté aucun signal de détresse émis par le bateau et n’a aucune trace de l’incident. « Les unités de l’OTAN sont parfaitement conscientes de leurs responsabilités eu égard au droit maritime international concernant la sécurité des vies en mer, » a déclaré un officiel. « Les navires de l’OTAN répondront à tous les appels de détresse en mer et apporteront toujours leur aide quand nécessaire. Sauver des vies est une priorité des navires de l’OTAN. »

Pour la majorité des migrants, l’absence de tentative de secours par le bateau de l’OTAN s’est avérée fatale. Dans les dix jours qui suivirent, presque tous les passagers périrent. « Nous avions gardé une bouteille d’au de l’hélicoptère pour les deux bébés et nous avons continué à les nourrir même après la mort de leurs parents, » déclare Kurke qui a survécu en buvant sa propre urine et en mangeant deux tubes de pâte dentifrice. « Mais au bout de deux jours, les bébés sont morts eux aussi, parce qu’ils étaient trop petits. »
Le 10 avril, le bateau s’est échoué sur une  plage vers la ville libyenne de Zlitan près de Misrata. Sur les 72 migrants qui avaient embarqué à Tripoli, seulement 11 étaient encore vivants, et l’un d’entre eux est mort presque tout de suite après avoir touché la terre ferme. Un autre survivant est décédé peu après en prison après que les forces de Kadhafi aient arrêté les migrants qui ont été détenus pendant quatre jours en prison.

En dépit du traumatisme de leur dernière tentative, les migrants – qui se cachent maintenant au domicile d’un Ethiopien dans la capitale libyenne – veulent défier à nouveau la Méditerranée si cela veut dire atteindre l’Europe et obtenir l’asile.

“Ce sont des gens qui vivent une existence inimaginable, qui fuient la persécution ethnique, religieuse,” déclare Zerai. « Nous devons leur rendre justice, pour ceux qui sont morts à leurs côtés, et pour les familles qui ont perdu leurs êtres chers. »


jeudi 28 octobre 2010

La propagande sioniste prise d'une compulsion de répétition

On apprend que les autorités du Nigeria viennent de procéder à la saisie d'une cargaison d'armes sur le port de Lagos. Conformément à son devoir d'informer, le Nouvel Observateur nous livre le point de vue d'une partie qui a forcément quelque chose à dire à ce sujet:
Des responsables militaires israéliens ont affirmé jeudi sous couvert de l'anonymat que les armes provenaient d'Iran et était destinée à la Bande de Gaza.
Voilà, le Nouvel Observateur a fait son boulot, dans le plus strict respect de l'éthique journalistique à la française.

Ils font quand même mieux que Guysen news chez qui ce sont carrément les services secrets nigérians qui affirment l'origine iranienne des armes.
Les services secrets nigérians ont déclaré qu'ils avaient intercepté treize containers contenant des armes diverses en provenance de l'Iran. Des sources du ministère israélien de la défense pensent que cela fait partie d'une nouvelle voie de contrebande de l'Iran à destination du Hamas dans la Bande de Gaza.
Selon les médias nigérians, le bateau, qui provenait d'Iran, a accosté au port de Lagos pour quelques heures seulement, chargeant treize containers à bord.
Selon le porte parole du State Security service (SSS), Marilyn Ogar, ''en ouvrant le premier container, des lances roquettes, des grenades et d'autres explosifs ont été découverts'', ajoutant que les armes étaient cachées parmi des caisses de matériau de construction.
Bon, ces armes iraniennes ont été transportées sur un bateau battant pavillon des îles Marshall et opéré par un important armateur français. Les îles Marshall sont, rappelons-le, un Etat de la Micronésie dans l'océan Pacifique, dont la monnaie est le dollar US et qui dépend pour sa défense des Etats Unis dont il est indépendant depuis une vingtaine d'années seulement.
Franchement, les Iraniens auraient pu trouver mieux pour se livrer à leur trafic.

Si les sionistes francophones sont décidément les plus effrontés, force est de constater qu'un media sioniste comme Vos Iz Neias essaye de mieux coller à la réalité des faits et n'arrive pas lui-même à gober la manoeuvre propagandiste:
Les officiels de l'armée [sioniste] n'ont pas donné de preuves pour soutenir leurs affirmations, citant des "raisons de sécurité." Cependant, cette information est apparue d'emblée comme en conflit avec les affirmations des douanes nigérianes selon lesquelles les armes, dont des roquettes de 107 mm, étaient destinées à ce pays d'Afrique Occidentale riche en pétrole.
D'ailleurs  Guysen, qui se distingue décidément, omet de préciser que si la saisie des conteneurs armes vient seulement d'être effectuée, ces conteneurs ont été débarqués en juillet.

Par ailleurs tous les articles qui rendent compte de cette affaire signalent que le bateau venait d'Inde, de Mumbai exactement. Aucun ne mentionne une escale dans un port iranien, information que l'armateur français aurait sans doute immédiatement révélé si tel avait été le cas et que les journalistes se seraient empressés de répercuter.

Or, rien de tel dans la presse.
De même, Owei Azazi, conseiller à la sécurité nationale du Nigeria se garde bien d'adopter les conclusions proposées par Guysen (mais aussi portées à notre connaissance par le Nouvel Observateur):
"A ce stade, la seule chose que nous pouvons dire est que nous avons une quantité d'armes qui a été découverte dans le port par les services de sécurité. Nous ne voulons pas aller aux conclusions sur le calibre des munitions, leur destination et d'où elles proviennent."
En fait, la seule mention en référence au Proche orient peut être trouvée dans des propos tenus par le président de la république fédérale du Nigeria:
Le président Goodluck Jonathan a déclaré que les importateurs de ces armes, décrites comme semblables à celles utilisées par les insurgés en Afghanistan, avaient des motifs sinistres.

Le président effectue une simple comparaison. Ce qui nous amène à évoquer ces armes caractéristiques des insurgés Afghans:


Parlons donc du fusil AK 47, c'est le fameux fusil d'assaut Kalashnikov, produit initialement en URSS puis Russie, mais aussi en Bulgarie, en Roumanie, en Chine etc.
Le fameux fusil sur la photo ci-dessous:
L'homme  en tenue de combat à gauche sur la photo est armé d'un fusil AK 47. Vous avez raison, ce n'est pas un insurgé Afghan, c'est un membre des forces de sécurité nigérianes qui surveille l'opération d'inventaire du chargement d'un conteneur d'armes.
Si vous cliquez sur la photo pour l'agrandir, vous verrez un peu mieux les roquettes, ces obus de mortier de 107 mm. Nous en avons déjà vues de semblables par ailleurs, souvenez-vous.
Oui, c'était en novembre 2009, la piraterie sioniste avait arraisonné un bateau qui, disait-elle, transportait des armes iraniennes destinées au Hezbollah libanais.
Cette fois, c'est plus le Hezbollah mais le Hamas. Mais c'est toujours l'Iran et toujours les mêmes roquettes. Dommage qu'aucune photo ne permette d'identifier N° de lot et année de fabrication, c'étaient peut-être les mêmes!
Quant aux insurgés (les Talibans) Afghans, s'ils utilisent bien des roquettes calibre 107 mm, elles ont un aspect assez différent si on en juge d'après cette photo de projectiles saisis par l'armée britannique en Afghanistan.:


On ne sait pas d'où les sionistes tiennent que ces roquettes sont de fabrication iranienne. Les Iraniens avaient aussi été accusés, on s'en souvient, d'armer les insurgés Irakiens. Même un site US hostile à l'Iran est bien obligé d'admettre qu'aucune preuve de faits de ce genre n'a jamais été apportée.

La police vient de procéder à trois arrestations, on en saura donc sans doute bientôt plus. Mais dores et déjà, le gouvernement nigérian s'oriente vers une piste essentiellement locale, d'une ou de plusieurs organisations, militantes et religieuses qui auraient envisagé de perpétrer des attentats à l'explosif dans des lieux stratégiques à Abuja, la capitale fédérale. 

Les craintes sont évidemment très fortes au Nigeria, d'autant que ce pays est, on le sait, frappé lui aussi par une forme de piraterie et a connu (et connait) des enlèvements de techniciens étrangers en dépit de l'absence sur place du fameux al Qaïda au Maghreb Islamique (AQMI).
Il convient de ne pas oublier que le sud pétrolier a connu une longue insurrection qui ne s'est achevée qu'en 2009, entraînant au passage une sensible diminution de la production d'or noir.

octobre 2009: les rebelles Nigerians déposent les armes sous conditions

Ces événements importants, qui ont concerné également les intérêts français, ont finalement rencontré peu d'écho ici. Sans doute y manquait-il la composante "islamique" aujourd'hui presque indispensable.

Guysen et le Nouvel Observateur ne se sont jamais intéressés à cette information diffusée sur ce modeste blog en été 2010 et qui signalait un trafic d'armes vers la corne de l'Afrique.

jeudi 7 janvier 2010

Vol 253 - Umar Farouk Abdulmutallab, Barck Obama, FBI, CIA... Tous des nuls?

Les journaux français ne veulent pas vous informer. Il faut pourtant bien que quelqu'un le fasse, alors je me dévoue.
L'attentat raté contre le vol 253 a fait couler beaucoup d'encre et été à la source d'un pseudo-débat sur la sécurité dans les transports aériens. Vous connaissez tous ces éléments et vous avez pu lire ici ou quelques éléments de nature à jeter plus que l'ombre d'un doute sur les tenants et aboutissants de cette affaire.
Le fiasco des services de renseignements occidentaux, US en particulier, a été pointé du doigt avec insistance: que savait-on au juste d'Umar Farouk Abdulmutallab et de ses plans. Apparemment beaucoup et certainement plus qu'il n'en savait lui-même.
Alors qu'au début de cette affaire on s'accordait à parler de difficultés dans les échanges d'informations entre les différents services de sécurité, et qu'on affirmait ignorer absolument l'existence d'un plan précis et à fortiori l'existence d'un danger imminent, voilà maintenant qu'on nous serine une autre chanson.

On peut ainsi lire dans le Los Angeles Times:
Une nouvelle information montre que des agents de la police de l'air et des frontières avaient découvert des liens suspects avec l'extrémisme du Nigérian Umar Farouk Abdulmutallab dans une base de données en dépit des défaillances des services de renseignements qui ont été critiquées par le président Obama.
"A Détroit, on était prêt à le soumettre à une seconde inspection," a déclaré un haut fonctionnaire des forces de l'ordre. "La décision avait été prise. Elle [la base de données] renseignait sur la préoccupation du Département d'Etat vis-à-vis de ce type - que ce type pouvait avoir été en relation avec des éléments extrémistes au Yémen." Si cette information avait été décelée plus tôt, elle aurait pu déboucher sur la fouille et l'interrogatoire d'Abdulmutallab à l'aéroport d'Amsterdam, selon de hauts fonctionnaires des services de sécurité qui ont tous requis l'anonymat à cause du caractère sensible de l'affaire.
On notera simplement que pour qu'il y ait un deuxième contrôle du suspect, encore  eût-il fallu qu'il y en ait eu un premier. Or, nous savons que tel ne fut pas le cas.
On attend que les mêmes services américains passent enfin aux aveux et admettent qu'ils connaissaient la nature du dessein du terroriste présumé avant même l'embarquement à l'aéroport d'Amsterdam. On peut rêver.
Car si les services de sécurité, désormais sur la défensive, se cherchent des excuses auprès d'un président qui les a fustigés, ils ne vont quand même pas avouer avoir laissé délibérément un terroriste embarquer sur un avion à destination des Etats Unis.
Certes non, car si on en croit la Maison Blanche, la police de l'air et des frontières de Détroit n'avait pas de motif particulier de s'inquiéter car:
La Maison Blanche rejette le contenu d'un article du Los Angeles Times de mercredi selon lequel la police de l'air et des frontières avait pris connaissance des liens allégués du suspect avec l'extrémisme alors qu'il était en route. "Comme nous l'avons indiqué auparavant, il y avait des éléments d'informations disponibles sur Abdulmutallab à divers niveaux du système avant le 25 décembre. Aucune nouvelle information n'est apparue alors que l'avion était en vol," a déclaré un officiel de l'administration.
La Maison Blanche oppose ici un double démenti. Le premier concerne le caracère préoccupant des informations recensées dans la base de données des services de sécurité (pas d'éléments nouveaux susceptibles d'élever le niveau d'alerte). Le deuxième concerne la réalité même des préparatifs d'interpellation envisagés par la police de l'aéroport de Détroit.

Qui ment? Qui dit vrai?
J'ai mon idée comme vous l'aurez compris, mais à vous de juger.