samedi 6 octobre 2012

Les habitants de la ville turque bombardée ont d'abord manifesté contre les autorités de leur pays


Le New York Times du 3 octobre consacrait un long article au regain de tension à la frontière turco-syrienne et aux bombardements effectués par l’armée turque en représailles pour un obus de mortier qui s’est abattu en Turquie, causant lamort de cinq personnes, dont une mère de famille et  ses trois enfants.

Depuis, un autre obus en provenance de Syrie a touché le territoire turc sans faire de victimes, entraînant néanmoins une autre riposte.

Pourtant, comme l’écrivait le journal newyorkais,
On ne sait pas vraiment si le mortier qui a frappé la Turquie a été tiré par les forces gouvernementales ou par les rebelles qui combattent pour renverser le régime de M. Assad, mais la Turquie croit qu’il est parti d’une position gouvernementale, expliquent des analystes. Le gouvernement turc a dit avoir utilisé le radar pour sélectionner des cibles supposées être des postes avancés de l’armée syrienne.
 Si c’est la première fois qu’un obus tiré depuis la Syrie fait des victimes en Turquie, ce n’est cependant pas la première fois que la petite ville d’Akçakale est touchée par des projectiles liés aux affrontements entre les troupes syriennes et l’opposition armée.

Dans le brouillard qui englobe la guerre en cours en Syrie, où les allégeances et les motivations sont imprécises et où une impasse sanglante s’est installée, certains observateurs disent ne pouvoir d’empêcher de se demander si cet épisode n’a pas été orchestré par l’une ou l’autre des parties. Les rebelles ont imploré l’OTAN d’instaurer des zones d’exclusion aérienne ou de refuge, et le président Assad peut imaginer rassembler ses partisans contre une invasion étrangère, disent des experts. «Plusieurs parties essayent d’attirer la Turquie dans le conflit,» a affirmé sur la chaîne turque NTV,  Atilla Sandikli , directeur du Wise Men Center for Strategic Studies à Ankara.

Le gouvernement turc sait tout ça, bien sûr. Comme il était au courant mais n’avait jamais donné suite aux réclamations des habitants qui craignaient un incident de ce genre.

Et ce n’est pas un hasard si
Les habitants [d’Akçakale], excédés par les retombées de plus en plus fortes de la violence en Syrie, sont descendus dans les rues pour crier des slogans contre les autorités locales après qu’un obus de mortier ait touché un quartier résidentiel, tuant deux femmes et trois enfants.
Situation d'Akçakale
En effet, les habitants le savent bien : on ne peut pas entretenir des bandes armées à ses frontières, les laisser faire le coup de feu dans le pays voisin puis se replier à l’abri sur son territoire sans en subir des conséquences.

Et quand on sait qui sont les gens qui prétendent renverser le régime syrien par la force des armes, des gens absolument dépourvus de principes, on ne saurait être étonné si on apprenait que ce sont eux, où leurs formateurs venus des USA ou d’Angleterre, qui ont bombardé le territoire turc.

Ce raisonnement est appelé théorie du complot par ceux qui pensent que 1) il n’y a jamais de complot - sauf contre l’Occident - et 2) que le discours des politiques correspondent toujours à leurs intentions – par exemple qu’on bombarde vraiment une population à des fins humanitaires ou qu'on tue des gens pour les sauver.





vendredi 5 octobre 2012

Le gouvernement turc en pleine névrose syrienne


Difficile de savoir ce que cherche le gouvernement turc. 

On peut le comparer à un chien enragé  ou mieux au chien chez qui on induit ce qu'on appelle une névrose expérimentale. Confronté à des  injonctions contradictoires de ses maîtres, le premier ministre turc est en effet en proie à une agitation incoercible dont on verra bien si elle débouchera sur une montée d'excitation ou sur l'apathie comme chez le chien de Pavlov..

Selon le journal libanais L’orient le Jour,
Ankara se pose en patron et Damas se répand en excuses
L’orient le Jour parle bien sûr des tirs de mortiers qui ont coûté la vie à cinq habitants d’un village turc frontalier, dont une mère et ses trois enfants.

Comme on le sait, l’armée turque a effectué des tirs de représailles qui ont été renouvelésce vendredi 5 octobre suite à la chute d’un autre obus en territoire turc.

On peut lire dans ce même article de L’Orient le Jour que
Le chef du Conseil national syrien (CNS), principale coalition de l'opposition syrienne, a accusé vendredi le régime de Damas d'avoir voulu "exporter la crise syrienne" en bombardant cette semaine le village turc d'Akçakale.

Après ces tirs, à Akçakale, plusieurs chars et pièces d'artillerie, dont les canons visent ostensiblement le territoire syrien, ont été déployés.
Décidément, ces gens là du Conseil national Syrien ont tous les culots. Ils accusent en effet le gouvernement syrien de vouloir exporter la crise, eux qui sont structurés à l’étranger, en Turquie notamment où les éléments armés avec lesquels ils sont en lien (sans qu’on sache vraiment comment) ont établi leurs bases arrières et se replient après avoir fait le coup de feu avec des armes fournies par le gouvernement turc et ses associés qataris et saoudiens entre autres.

La Syrie a précisé qu’elle regrettait la mort de civils innocents dans l’incident du tir de mortier transfrontalier de mercredi mais qu’elle n’avait pas présenté d’excuses à la Turquie car il restait encore à s’assurer de l’identité de ceux qui ont mené les attaques.
Le gouvernement syrien ne s’est donc pas excusé contrairement à ce qu'a rapporté la presse et n’a pas reconnu sa responsabilité dans les tirs meurtriers.

La tactique de l’opposition armée au régime syrien consiste depuis le début à solliciter une intervention étrangère, c’est-à-dire des bombardements humanitaires sur le modèle libyen. De là à essayer de la provoquer en fabriquant des incidents frontaliers de ce genre, il n’y a qu’un pas que le n’hésite pas à franchir tant nous sommes devant des gens dépourvus de principes. D’autant que les populations des régions limitrophes de la Syrie sont largement hostiles à l’opposition syrienne.

Bachar al-Assad est peut-être un autocrate, mais aucune de ces prétendus démocrates ne lui arrive à la cheville, exactement comme les membres de la clique qui est maintenant au pouvoir en Libye.

Recep Tayyip Erdogan, le premier ministre Turc, est en campagne électorale et tout ce qui lui reste à faire, devant l’impasse dans laquelle il a placé son pays, c’est de montrer ses muscles et de taper sur le régime syrien en respectant certaines lignes rouges parce que ses amis et patrons de l’OTAN ne sont pas intéressés par un conflit à grande échelle.

Pas plus que les Turcs eux-mêmes ainsi que viennent de le rappeler des citoyens à Istanbul :
des milliers de personnes ont convergé vers la fameuse place Taksim d’Istanbul pour participer à une puissante manifestation anti-guerre. Les militants de la paix scandaient : «Non à la guerre§ La paix maintenant ! Nous ne serons pas les soldats de l’impérialisme !»
Bien sûr, ce sont là des sympathisants de l’opposition au gouvernement turc, mais au delà de l'opposition l’opinion turque est majoritairement contre un conflit armé avec le voisin syrien. Et à mon avis, ils étaient plus de 5 000 contrairement à ce que disent nos journaux:

Manifestation contre la guerre le 4 octobre à Istanbul
Sans préjuger des aspects purement militaires, un tel conflit aurait des conséquences à court et à moyen terme considérables pour la Turquie où, comme on l’a dit, les forces qui pourraient se mobiliser contre le pouvoir actuel sont considérables, entre les Arabes Alaouites du Hatay, les Alévis et bien sûr les Kurdes.

Pa sûr donc que le jeu en vaille la chandelle, même pour Erdogan.

Le plus grand pays prison du monde est...


Non, ce n'est ni l'Iran, ni la Chine.

En effet le plus grand pays prison du monde, qui héberge près du quart des détenus de la planète n'est autre que les Etats Unis d'Amérique. 

Les statistiques sur la population carcérale dans le monde recèlent d'ailleurs quelques surprises. 

On constate par exemple que l'Algérie, avec 152 détenus pour 100 000 habitants incarcère plus que la Syrie et ses 93 détenus pour 100 000 habitants  (des chiffres pour la Syrie qui datent de 1997 il est vrai), mais moins que le Maroc avec 174 détenus pour 100 000 habitants ou la Tunisie avec ses 263 détenus (on verra si les choses ont changé depuis la chute de Ben Ali). Les pays d'Afrique sub-saharienne incarcèrent peu, y compris le Soudan, à la notable exception de l'Afrique du Sud, du Swaziland et du Botswana.

On trouve des statistiques avec des chiffres légèrement différents ici

Le tableau ci dessous est classé par nombre de détenus, les pays les plus peuplés tendant à occuper les premières places. La dernière colonne donne le nombre de détenus pour 100 000 habitants.




Une stratégie de judaïsation totale de la Palestine


Certains se font des illusions sur l’acceptation par l’entité sioniste de l’existence d’un Etat palestinien sur la bande de Gaza et la Cisjordanie et supposent qu’une discussion avec un gouvernement représentant une tendance plus modérée du sionisme permettrait d’atteindre cet objectif.
C’est une illusion sous deux aspects. Tout d’abord, rien ne permet de dire que des élections organisées par le gang sioniste déboucheraient sur l’arrivée au pouvoir d’une équipe plus «réaliste» ou plus ouverte au dialogue. Ensuite, non seulement les sionistes colonisent patiemment la Cisjordanie mais ils entreprennent d’en faire de même à l’intérieur des frontières de l’entité sioniste ou subsiste une communauté palestinienne qui forme 20 % de la population de la dite entité.
L’idée étant de mener la vie impossible aux Palestiniens et de les contraindre à aller s’établir ailleurs. Par exemple dans un futur Etat sunnite sur tout ou partie de la Syrie actuelle ?
Une idée d’exode palestinien qui est acceptée par l’Occident, il suffit de discuter un peu franchement avec les politiques pour le savoir.
J’ai écrit le mot «frontières,» mais ce mot n’est pas approprié puisque l’entité sioniste a toujours refusé de définir ses frontières avec le futur Etat palestinien, car selon sa doctrine, il n’existait, et il n’existe, rien qu’on aurait pu appeler nation palestinienne

J’ai traduit le mot anglais «devout» par fanatique au lieu de dévot parce que c’est bien de fanatiques (de la religion ou de la race) que parle l’article, pas simplement de gens dévots.

par AMY TEIBEL, ABC News (USA) 4 octobre 2012 traduit de l’anglais par Djazaïri

Des Juifs orthodoxes Israéliens, la force vive du mouvement de colonisation de la Cisjordanie, ont commencé à tourner leur attention vers I’intérieur même d’Israël, et à s’installer dans les quartiers arabes de villes mixtes dans le but d’y consolider la présence juive.

Des militants affirment que ces dernières années, plusieurs milliers de fanatiques Juifs se sont insinués dans les quartiers arabes décrépis de Jaffa, Lod, Ramle et Acre, des villes pauvres divisées en quartiers juifs et arabes. Leur arrivée a menacé de perturber les relations ethniques délicates avec la construction d’écoles religieuses et de logements exclusivement réservés aux Juifs.

"Israël doit agir en tant qu’Etat de ses citoyens", déclare Mohammad Darawshe, co-directeur exécutif d’ Abraham Fund Initiatives, une fondation qui promeut la coexistence entre Juifs et Arabes en Israël. La «préférence ethnique est clairement quelque chose d’injuste, qui viole les principes de la démocratie."

Environ 20 % des citoyens d’Israël sont arabes. Ils vivent en majorité dans des viles et des villages arabes, à quelques exceptions notables dont tout particulièrement Haïfa, la ville portuaire qui est la troisième plus grande agglomération d’Israël.

Avant la création d’Israël en 1948, ces villes mixtes étaient peuplées d’Arabes. Beaucoup s’enfuirent ou furent expulsés pendant les deux années de guerre qui suivirent la création d’Israël. Les Arabes commémorent cet évènement comme une «catastrophe» (nakba).

L’arrivée de Juifs dans les quartiers arabes pour des raisons idéologiques rappelle la ferveur nationaliste des premiers colons Israéliens en Cisjordanie à la fin des années 1960 et au début des années 1970. Ils installaient des camps de caravanes et squattaient des maisons vides, déterminés à occuper le terrain pour des raisons religieuses et de sécurité.

Le mouvement des colons est devenu une énorme entreprise qui, avec le soutien du gouvernement, a attiré plus de 300 000 Israéliens en Cisjordanie.

Alors que les colonies sont considérées comme étant un obstacle aux discussions de paix et comme illégales par les Palestiniens ainsi que par la plus grande partie de la communauté internationale, la campagne actuelle se déroule à l’intérieur des frontières israéliennes.

Pourtant, la venue de Juifs nationalistes et religieux dans les viles mixtes est promue au même rang d’action pionnière que le mouvement à l’origine de la colonisation en Cisjordanie. Les colons eux-mêmes ne font pas de distinction entre les deux côtés de la ligne verte], et affirment que tout devrait appartenir à Israël.

L’ Israel Land Fund, une des organisations qui encourage ces installations, aide les Juifs à acheter des biens immobiliers aussi bien en Israël qu’en Cisjordanie avec pour objectif de «s'assurer que la terre d'Israël reste dans les mains du peuple juif pour toujours."

Selon Arieh King, son directeur, le fonds aidé par un donateur qui a apporté des centaines de milliers de dollars, a contribué à amener une cinquantaine de familles à Jaffa, une ville majoritairement arabe qui fait maintenant partie de Tel Aviv. Il n’a pas voulu identifier ce donateur.

« Il y a des endroits à Jaffa où le Mouvement Islamique et d’autres organisations se sont radicalisés,» explique King. «Les gens avaient peur de hisser le drapeau national (israélien) par crainte de la réaction des Arabes.» maintenant, dit-il, les Juifs se sentent beaucoup plus à l’aise là-bas.

L’ Israel Land Fund est à la recherche d’investisseurs pour un projet immobilier et de centre hôtelier et de loisirs dans la ville portuaire d’Acre au nord dont la vieille ville majoritairement arabe a été classée au patrimoine mondial de l’UNESCO.

«Comme toujours, les récompenses financières sont moins importants que les bénéfices spirituels et idéologiques consistant à savoir que ces projets auront un impact énorme dans la lutte pour que Acre reste une ville juive,» affirme la publicité pour le projet du front de mer.

Acre, une ville d’environ 50 000 habitants est à 72 % juive et à 28 % arabe. Alors que les relations sont en général paisibles, Acre a été secouée par été secouée par de violents affrontements ethniques il y a trois ans après qu’un habitant Arabe eut circulé en voiture dans un quartier à majorité juive pendant le jour sacré du Yom Kippour, quand même les Juifs laïques [ ? secular] s’abstiennent de prendre leur voiture.

Les efforts pour amener des Juifs à Acre ont été salués dans les hautes sphères gouvernementales. Le vice premier ministre Silvan Shalom. Le vice premier ministre Silvan Shalom avait salué la création d’un séminaire juif à Acre l’an dernier en tant que mesure «participant au renforcement de la tendance de judaïsation de la Galilée.»
«Il n’y a rien de honteux dans ce constat,» avait-il dit à l’époque.

L’adjoint Arabe au maire d’Acre, Adham Jamal, a averti que ces activistes risquaient de briser un fragile statu quo.

Les nouveaux arrivants «ne comprennent pas la mentalité des Juifs et des Arabes qui vivent ensemble,» déclare Adham qui collabore avec un maire Juif. «Ceux qui arrivent maintenant ne viennent pas pour vivre à Acre. Ils viennent pour chasser les Arabes.»

Le maire d’Acre, Shimon Lankri, insiste sur le fait qu’il n’y a pas de politique de «judaïsation,» mais a déclaré être favorable à une demande encore non approuvée de permis pour construire 100 appartements pour des Juifs religieux dans la ville.

De tels projets immobiliers, où les habitants pourraient être contraints à s’habiller pudiquement et à respecter le sabbat juif en s’abstenant de conduire ou de jouer fort de la musique, existent dans de nombreuses agglomérations en Israël.

 «Est-ce que j’ai une politique qui discrimine, qui favorise les Juifs ? Il n’y a pas de politique de ce genre,» déclare Lankri. «J’ai moi-même vécu pendant cinq ans dans un immeuble avec des Juifs et des Arabes.» Il a soutenu que les habitants Juifs et Arabes avaient accès aux mêmes services dans sa ville.

Des militants Arabes ne sont pas d’accord et affirment subir de la discrimination à Acre et dans d’autres villes mixtes. Les rues et les bâtiments sont souvent délabrés dans les quartiers arabes, et il y a un manque d’écoles et de services sociaux.

Acre
Avant que les Juifs religieux commencent à s’installer à Acre il y  a quelques années, les Arabes étaient préoccupés par le manque d’égalité, explique Adham. Avec l’influx de nationalistes religieux Juifs, «le sujet principal est devenu celui des Arabes et des Juifs, et c’est dangereux,» dit-il. «Le discours porte maintenant sur la démographie.»

Lankri estime à 200 le nombre de familles religieuses qui ont emménagé à Acre ces dernières années.

Un processus semblable est en cours à Lod, a peu près à mi-chemin entre Jérusalem et Tel Aviv.
George Habache était natif de Lydda (Lod)
Le militant Juif religieux Aharon Atias explique qu’après leur mariage, sa femme et lui avaient «d’abord pensé» a s’établir dans une colonie en Cisjordanie. Puis, ils étaient arrivés à la conclusion qu’ils pouvaient transplanter l’ethos de la colonisation dans la ville natale d’Atias.

Il entreprit d’inverser le flux qui voyait les Juifs quitter sa ville natale déclinante, qui est à environ 25 % arabe et 75 % juive, en faisant venir des Juifs religieux. Son projet avait commencé avec deux familles à la fin des années 1990, dit-il.

 «Maintenant, nous sommes un empire,» déclare Atias. Il affirme que 400 nouvelles familles religieuses ont emménagé, et que six dispensaires, trois écoles, un séminaire [religieux] et une  académie prémilitaire ont été construits pour eux. Trois autres projets pour les Juifs religieux sont en construction, avec quelque 660 unités d’habitation qui devraient être peuplées dans les deux ans à venir, dit-il.

Un de nos projets se développe dans un quartier arabe, et les deux autres dans des quartiers mixtes pauvres.

«Nous voulons empêcher les Arabes de devenir majoritaires,» explique Atias. «Avec l’aide de Dieu, la ville de Lod a été une ville juive où vivent des non juifs, et elle doit rester ainsi.»
Les militants Arabes se cabrent à l’idée que les Juifs doivent dominer.

«Ils sont comme un cancer qui entre dans le corps et n’en sort plus,» explique la militante Horia ElSadi, native de Lod, reflétant l’amertume persistante laissée par l’établissement d’un Etat juif. «Ils veulent vivre entre eux. Ils veulent que Lod soit une ville juive.»

mercredi 3 octobre 2012

La ministre redevenue simple mère célibataire (ou les tribulations d'une Maghrébine ambitieuse)


L’histoire de Rachida Dati et sa toute récente démarche en vue d’obtenir une reconnaissance de paternité par un homme d’affaires Français sont absolument emblématiques à plusieurs titres.
L’histoire de cette ancienne ministre était déjà assez singulière, en ce qu’elle était sans doute la première femme ministre à devenir mère célibataire alors qu’elle était en fonctions. Une situation qui, en dépit de l’élégance de sa mise et de l’importance de son poste ministériel, la renvoyait à sa condition originelle de femme d’origine étrangère et issue du prolétariat.

Parce que le statut de mère célibataire, avec ou sans connaissance officielle de l’identité du «père» est le lot de nombre de jeunes femmes d’origine maghrébine mais aussi de leurs consoeurs issues de catégories sociales marquées par la précarité et/ou la faiblesse des revenus.

En dépit de ce marqueur social qui la distinguait de toutes les autres femmes ministres, Mme Dati symbolisait, et symbolise encore, la success story d’une jeune femme qui grâce à un labeur acharné est parvenue à échapper aux déterminismes sociaux.

Bon, il a fallu quelque chose de plus que le labeur et les études, quelques rencontres décisives aux bons moments, comme celle avec Albin Chalandon, ancien ministre de la justice lui-même.
Un autre aspect emblématique de la trajectoire de Mme Dati, et qui est une leçon pour bien des politiciens, c’est qu’au moins jusqu’à un certain point, le bras de fer entre une femme politique et un homme d’affaires important s’apparente à la lutte du pot de terre contre le pot de fer.

J’en veux pour preuve les poursuites engagées par un magistrat Marocain contre Rachida Dati au motif puni par la loi de son pays (comme d’autres pays musulmans, précisons-le) de  relations sexuelles illicites.

Voyez-vous, le père présumé de l’enfant de Mme Dati possède des intérêts importants dans plusieurs pays dont le Maroc fait partie. Il est effectivement propriétaire de deux établissements luxueux à Marrakech, un «spa» et un hôtel. Il est par ailleurs un ami de Sarkozy qu’il a accompagné lors de déplacements au Maroc et dans… l’entité sioniste.

Certes, l’hôtel en question n’est pas la fameuse Mamounia chère à Bernard-Botul-Henri Lévy et aux amateurs de prix littéraires à la gomme. Mais c’est un établissement qui fait partie du même système d’intérêts qui lie de riches hommes d’affaires Français et le Makhzen.

Alors si l’ordre d’engager des poursuites contre Mme Dati n’a peut-être pas été suggéré directement par un appel depuis l’administration de cet hôtel, il est clair que les poursuites ont un rapport avec la complicité entre la monarchie et certains milieux d’affaires et politiques français.

Je crois que t'as besoin d'un protecteur comme les civils en Syrie et en Libye

A quelque chose, malheur est bon. Ce coup de semonce judiciaire incitera peut-être Rachida Dati à réfléchir à la nature de ses commentaires sur l’évolution politique au Maroc.

Je cite :
[Rachida Dati relève] la détermination de S.M. le Roi à garantir l'Etat de droit pour tous les Marocains et à tenir compte de leurs préoccupations.
et
"Le Maroc est devenu une référence pour le monde arabe en matière de réformes"
 La vérité, c’est qu’il y a d’une part les Marocains et les hommes d’affaires (Marocains ou pas), et d’autre part les hommes et les femmes, les Marocaines étant moins bien loties que leurs consoeurs Françaises non d’origine marocaine.

C’est la petite leçon que je me permets d’adresser à une ancienne ministre de la justice qui n’est après tout qu’une femme issue du prolétariat maghrébin en France.







Syrie: les choses bougent sur le plan diplomatique


On peut lire dans la presse, ici Le Nouvel Observateur, que
L'Egypte et la Turquie ont dénoncé dimanche le régime "cruel" de Bachar el-Assad en Syrie, à l'occasion de la visite à Ankara du nouveau président égyptien Mohammed Morsi, venu renforcer les liens entre les deux pays.
 Une dénonciation qui en elle-même n’apporte aucun élément nouveau, tant on sait que depuis le début les autorités turques ont encouragé la sédition armée en Syrie et que le nouveau président Egyptien a des affinités idéologiques avec une partie de l’opposition au régime de Damas, celle qui est organisée dans la branche syrienne des Frères Musulmans.
Il n’y a là donc aucune information à proprement parler.
Là où il y a de l’information, par contre, c’est quand on lit :
Assad doit partir mais pas par la force. Le président égyptien, Mohamed Morsi, a accordé une interview à la chaine américaine PBS, ce mardi 25 septembre, la veille de l’Assemblée générale des Nations unies à son siège, à New-York. Au cours de cet entretien, le premier président civil d’Egypte, élu en juin 2012, s’est dit opposé à l’intervention d’une force militaire étrangère en Syrie, préférant la diplomatie quartette -l’Egypte, l’Iran, l’Arabie Saoudite et la Turquie - pour pousser Bachar al-Assad vers la sortie.
Nous avons là un discours clair qui est assez mal relayé et obscurci par des déclarations tonitruantes mais creuses comme celles tenues à Ankara.

De fait, les deux gouvernements, égyptien et turc sont engagés dans une démarche de recherche de solution négociée aux côtés de l’Arabie Saoudite et de l’Iran.

Ce quartette est le fruit à la fois des efforts des autorités iraniennes et du sommet des Non Alignés qui a eu lieu récemment à Téhéran.
Et justement ce quartette vient de se réunir, mais réduit à un trio car l’Arabie Saoudite a boudé pour la troisième fois consécutive la réunion du quartette.

La presse a aussi boudé cette réunion puisqu’on a quand même un peu de mal à trouver des infos à ce sujet.

Dans la vie, comme dans la démarche de connaissance, l’important est de se poser les bonnes questions.

Et présentement, les bonnes questions consistent à se demander pourquoi l’Arabie Saoudite et la presse boudent ces rencontres qui oeuvrent pour une sortie de crise pacifique en Syrie.

D’autant que les choses semblent bouger en ce qui concerne la Syrie et pas seulement sur le terrain militaire.
On apprend ainsi que :
Une délégation de responsables sécuritaires Egyptiens de haut niveau est partie lundi pour la Syrie, ont annoncé des officiels de l’aéroport du Caire. La mission de la délégation n’est pas connue pour le moment.
Les officiels de l’aéroport ont indiqué que la délégation allait rester deux jours en Syrie. Tous les officiels se sont exprimés sous condition d’anonymat parce qu’ils ne sont pas autorisés à parler aux médias. 
Si Yasser Ali, le porte-parole de Mohamed Morsi a démenti cette information, un haut responsable militaire, sans démentir, a simplement dit ne pas être au courant.

On peut donc espérer une évolution positive en Syrie, que cette dernière implique ou pas le maintien, même provisoire, de l’actuel chef de l’Etat dans ses fonctions.

Cette évolution dépendra aussi bien sûr de l’attitude des puissances occidentales qui n’ont cessé depuis le début de mettre de l’huile sur le feu. Et l'attitude de l'Arabie Saoudite témoigne peut-être de la volonté persistante de l'Occident de plonger la Syrie complètement dans le chaos.





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lundi 1 octobre 2012

Qui a trahi le secret de la bombe atomique iranienne?


La prestation de Benjamin Netanyahou à l'ONU, dessin d'une bombe de bande dessinée à l'appui, aurait suscité au minimum des réactions sarcastiques  dans les chancelleries occidentales et chez les commentateurs si elle avait été faite par, disons, Mahmoud Ahmadinejad.

On aurait eu en effet sans doute droit à toutes sortes de qualifications et d'épithètes, allant de grotesque à fou à lier.

Rien de tout ça pour Netanyahou. Vous comprenez, il est à la tête du gang démocratique qui se proclame l'Etat juif.

Les parodies ont par contre fleuri sur internet, sur la base généralement de photomontages souvent très drôles.

Mais la parodie que j'ai le plus appréciée est cette caricature de Rob Rogers pour la Pittsburgh Post-Gazette, précédée du texte suivant:
Benjamin Netanyahou qui était devant l'AG des Nations Unies la semaine dernière a tracé une ligne rouge sur le dessin d'une bombe qui symbolisait le programme nucléaire iranien. Apparemment, les renseignements les plus sensibles obtenus par Israël viennent d'un dessin animé des Warner Brothers.
OK... lequel d'entre vous a révélé les plans de notre bombe à Netanyahou?