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samedi 5 janvier 2013

Un (ou deux) agent(s) sioniste(s) en difficulté en Syrie


La prétendue révolution syrienne nous a réservé un certain nombre de surprises, dont la moindre n’a pas été de voir les monarchies du Golfe, adeptes d’une démocratie avancée et éclairée pour leurs administrés, apporter un soutien multiforme à ceux qui ont pris les armes pour renverser le président Bachar al-Assad.

Une autre surprise de taille fut de voir débarquer dans le territoire syrien de nombreux militants démocrates armés non seulement de fusils mais de bannières du genre de celles que brandissent les ultra-fondamentalistes qui se reconnaissent dans des personnages comme Aymen Ez Zawahiri.

Il est vrai que, comme ce dernier et ses émules, ils n’ont curieusement jamais porté le fer contre les terroristes sionistes.

Et parmi ces militants, on avait même pu découvrir la présence de combattants venus de Ceuta, cette portion du Maroc toujours aux mains de la monarchie espagnole.
Des gens qui n’ont donc jamais levé le petit doigt pour mettre fin à cette situation absurde mais qui se découvrent une ardeur belliqueuse suffisamment forte pour les transporter à plusieurs milliers de kilomètres de chez eux, laissant femmes et enfants.

Dans le même ordre d’idée on peut lire cette information curieuse à plus d’un titre dans le Yediot Aharonot, ce journal du Sionistan.

On y apprend en effet  que
Un Arabe Israélien qui est passé de Turquie en Syrie et a rejoint les rebelles qui combattent pour renverser le président Bachar Assad a dit à sa famille qu’il avait des difficultés pour rentrer en Israël parce que les rebelles ont brûlé son passeport.
 L’homme affirme que les rebelles lui ont dit “quiconque nous rejoint ne retourne plus dans sa famille.”
Cette fois nous avons donc un type, apparemment Palestinien qui réside dans l’entité sioniste qui n’a pas d’autre chose à faire que de combattre contre le gouvernement syrien !

En prêtant un peu attention à l’article on apprend en fait que ce palestinien est avec un autre citoyen de l’entité sioniste, dont on ne sait s’il est Arabe, Druze, Juif ou autre pour employer quelques qualificatifs de nationalité qu’on trouve là-bas sur les cartes d’identité.

De fait, on ne sait rien de cet autre ressortissant de l’entité sioniste. Du premier individu par contre, sa famille qui a peur pour sa sécurité nous dit qu’il admet avoir fait une erreur.

Ce n’est pas seulement le fait pour un Palestinien qui vit en Palestine occupée  d’aller combattre en Syrie qui est curieux.

Ce qui est encore plus étrange en effet, c’est de voir cet individu se lamenter sur la disparition de son passeport, comme s’il s’était servi de ce document pour entrer en territoire syrien !
Je le vois bien en effet montrer d’abord son passeport aux douaniers Turcs avant de faire la même chose avec leurs confrères Syriens.

N’importe quoi !

Alors pourquoi ces bizarreries ?

Probablement parce que ce jeune Palestinien s’est fait monter la tête par un agent des services secrets sionistes, précisément l’autre ressortissant de l’entité qui est avec lui en Syrie. Le titre du journal ne porte pourtant que sur un individu, tout simplement par ce que c’est cet individu et sa famille qui paniquent devant cette situation.

Le contact avec la famille est sans doute le signal donné aux autorités sionistes pour qu’elles organisent tranquillement la sortie du territoire de ses «brebis égarées,» soit un imbécile heureux et un agent de renseignement.

C’est ainsi que je comprends la conclusion de l’article qui nous dit que le ministère sioniste des affaires étrangères a contacté 
“des éléments en Turquie dans une démarche visant à atteindre les deux [israéliens] disparus dont on pense qu’ils sont entrés en Syrie, mais pour l’instant il n’y a pas dé développements."
Les sionistes s’expriment souvent d’une manière ambigüe, et ce passage ne fait pas exception puisque nous pouvons lire que le ministère a contacté des « éléments en Turquie» alors qu’il existe bel et bien une représentation diplomatique sioniste à Ankara même si elle a été réduite au niveau d'un chargé d’affaires.
Malgré l'hostilité populaire, il existe une ambassade sioniste à Ankara
Il existe malgré tout une ambassade sioniste à Ankara
On se demande bien alors ce que peuvent être ces « éléments ».

Sinon, ce n’est pas la première fois qu’on a une info sur les mésaventures d’un espion sioniste par des membres de sa famille inquiets.

jeudi 18 octobre 2012

128 bus de pèlerins Turcs refoulés par les autorités irakiennes


En prenant position comme elle l’a fait sur le dossier syrien, c’est-à-dire en participant activement non seulement à la structuration politique de l’opposition au régime de Damas mais aussi à l’équipement et à la formation militaire des bandes armées qui sèment le chaos en Syrie, la Turquie a foncé tête baissée dans le piège que lui a tendu l’Occident.

Elle n’en sera récompensée ni par une accession à l’Union Européenne, ni même par un abandon définitif des projets de législation sur le génocide arménien.

En attendant, la Turquie doit assumer en grande partie le fardeau que constitue l’aide aux réfugiés de Syrie, pour la bonne raison qu’elle refuse de laisser les institutions internationales (ONU, Croix Rouge entre autres) administrer les camps de réfugiés (pour l’autre bonne raison que ce ne sont pas de simples camps de réfugiés, mais aussi des camps d’entraînement militaire) et son commerce avec la Syrie s’est réduit à presque rien, au grand dam des entreprises des régions limitrophes de la Syrie. L’impossibilité de faire transiter des marchandises destinées aux marchés jordanien et au delà saoudien ou koweïtien par la Syrie est aussi un problème sérieux pour l’économie turque.

A ces aspects s’ajoutent d’autres problèmes plus politiques qui sont autant de menaces pour l’unité de la Turquie.

Au niveau régional, les relations avec l’Arménie, déjà pas très bonnes sont devenues carrément exécrables, tandis que celles avec l’Iran sont passées de bonnes ou même chaleureuses à un niveau oscillant entre tiédeur et froideur.

Et puis il y a l’Irak, ce pays révélateur des contradictions de la Turquie. Ankara a prétendu entretenir de bonnes relations avec Bagdad tout en court-circuitant l’autorité centrale du pays afin de passer des accords dans le domaine pétrolier directement avec la province autonome du Kurdistan irakien.

Autant de choses qu’Ankara refuserait, même en rêve, pour les Kurdes de Turquie que l’armée et la police turques combattent sans relâche non seulement sur le sol turc mais aussi en territoire irakien.

Et le gouvernement turc le fait en fonction d’un «mandat » qui lui est attribué par le parlement… turc !

Ce mandat vient d’être renouvelé par les législateurs d’Ankara alors même que le gouvernement irakien a fait savoir qu’il s’opposait à ce  que l’armée turque intervienne sur son territoire.
Mais il n’y a pas de problème puisque :
le chef de la diplomatie turque Ahmet Davutoglu s'est entretenu lundi à Ankara avec des dirigeants Kurdes d'Irak pour obtenir leur soutien dans la lutte menée par les forces turques contre le PKK.
Je dirai seulement une chose aux dirigeants Turcs : à force d’actionner et de soutenir des forces centrifuges dans les pays voisins, vous récolterez ce que vous aurez semé, c’est-à-dire la mise en branle de ces mêmes forces dans votre pays.

En attendant, le régime irakien est furieux de tout ce qui se passe, aussi bien dans le Kurdistan qu’en Syrie où le dénouement de la crise pourrait s’avérer funeste en cas d’accession au pourvoir des poulains de la monarchie saoudienne. La recrudescence des attentats meurtriers attribués à des organisations pro saoudiennes n’est d’ailleurs qu’un avant-goût de ce qui attendrait alors l’Irak.

Les autorités irakiennes, sans doute lasses de ne pas être entendues par celles d’Ankara, essayent cependant de leur montrer que la patience a des limites. C’est ainsi qu’on apprend que 128 autocars transportant des pèlerins pour La Mecque viennent d’être refoulés alors qu’ils s’apprêtaient à entrer en Arabie Saoudite par le poste frontière d’Arar au sud-est de l’Irak.
les bus n’ont pas été autorisés à passer à Arar parce que les visas des passagers avaient été délivrés par les autorités régionales kurdes et non par le gouvernement central, ont déclaré des officiels.

Point de passage d'Arar
«Ni Ankara, ni l’ambassade turque à Bagdad n’ont contacté les autorités irakiennes à propos de l’entrée d’un aussi grand nombre» de personnes et «nous ne savons pas vraiment si ce sont des pèlerins,» partis pour La Mecque, a déclaré Mussawi [conseiller du premier ministre Irakien].
Pèlerins Turcs au poste frontière d'Arar. Ceux-ci ont les documents de voyage adéquats
Mussawi fait apparemment une allusion assez transparente aux pèlerins Iraniens capturés en Syrie par l’opposition armée et présentés par cette dernière comme étant en réalité des Gardiens de la Révolution.

Pour comprendre ce qui se passe, et ce que ne veut pas comprendre le gouvernement turc, il faut juste savoir admettre que les Kurdes ont un projet national et qu’ils divergent avant tout sur les modalités de sa concrétisation et sur qui doit en assumer le leadership. En nouant des relations étroites avec la province kurde autonome d’Irak, les Turcs ne font que renforcer une faction porteuse de ce projet national, et cette faction se retournera contre eux le jour où elle sera assez sûre de sa force. 
Qu’on le veuille ou pas, le projet national kurde, sous sa forme actuelle, est antithétique avec le maintien de la carte de la région telle qu’elle a été fixée au lendemain de le 1ère guerre mondiale.

D’un autre côté, les Turcs devraient aussi savoir que le pouvoir de Bagdad dont la nature centrale reste bien théorique aspire de toutes ses forces à redevenir un véritable pouvoir central, exactement comme au temps de Saddam Hussein.

Ce pouvoir est chiite, nous dit-on. Et constitué de personnes hostiles à l’ancien régime irakien. La belle affaire ! C’est un pouvoir d’abord irakien au sens où il est de cette terre et de ce pays et qu’il ne peut que reprendre un projet sans lequel il ne sera plus question d’Irak.

Espérons quand même que le problème du passage des pèlerins pourra être résolu car ils ne sont sans doute que les victimes des agissements de leur gouvernement.







dimanche 14 octobre 2012

Avion de ligne syrien: les Etats Unis laissent Erdogan s'enfoncer dans le ridicule


La tension entre la Syrie et la Turquie, déjà forte, est monté d’un cran suite à l’arraisonnement le 10 octobre par l’armée turque d’un avion civil syrien assurant une liaison entre Moscou et Damas.

Le gouvernement turc a motivé cet arraisonnement par la présence d’armes russes dans les soutes de cet avion, ce que les autorités syriennes ont démenti.

La Russie a également démenti la présence d’armes dans cet avion, dont les soutes renfermaient par contre des pièces de rechange pour du matériel radar et a fait part de sa colère contre un acte qui aurait pu mettre en danger la vie de ses ressortissants qui se trouvaient à bord de l'appareil.

Si cet avion avait transporté des armes, la Russie n’aurait pas opposé de démenti, puisque rien ne lui interdit de vendre ce genre de matériel à l’armée syrienne.
Il va de soi que la Turquie ne se serait pas risqué à une montée de tension avec la Russie, d’où elle importe 60 % de ses besoins en gaz, si elle n’avait pas eu le soutien des Etats Unis qui se sont servis d’Ankara pour adresser un message à Vladimir Poutine sur le dossier syrien.

Effectivement les Etats Unis ont soutenu la démarche turque et on peut même concevoir que ce sont leurs services secrets qui ont soufflé à Recep Tayyip Erdogan que l’avion syrien transportait de l’armement, des «munitions» avait même précisé le premier ministre Turc.

Des munitions, ça se reconnaît pourtant au premier coup d’œil, sans demander d’investigations particulières.

En plus de ces supposées munitions, l’avion syrien transportait comme on l'a dit un certain nombre de ressortissants Russes . Ces derniers, munis de passeports diplomatiques, étaient peut-être des agents du FSB, les services secrets russes, ce qui n’a sans doute pas contribué à calmer les autorités ruses.
Erdogan a bien mérité sa médaille
Si Recep Tayyip Erdogan a bien brouillé son pays avec la Russie et que la tension a encore fortement augmenté entre la Turquie et la Syrie sous le regard impavide des Etats Unis, ces derniers ont maintenant décidé de laisser le premier ministre Turc s’enfoncer tout seul dans le ridicule puisque on peut lire dans le journal The Hindu daté du 14 octobre 2012 : 
Les Etats Unis ont reconnu que la Russie n’avait violé aucune loi avec la cargaison contenue dans l’avion civil syrien reliant Moscou à Damas qui a été forcé par la Turquie à atterrir à Ankara mercredi.
Cette affaire est un bel exemple de névrose expérimentale induite par le maître américain chez son toutou Erdogan.

La prochaine étape de l’expérimentation consistera sans doute à amener le sujet expérimental à mordre son voisin syrien, ce qu’il sera probablement disposé à faire compte tenu de l’état mental et du ridicule dans lequel les manipulations américaines l’ont laissé. 

lundi 8 octobre 2012

La presse française n'en parle pas: 155 000 manifestants à Ankara contre la guerre


La situation en Syrie est devenue un vrai casse-tête pour le gouvernement turc qui ne sait maintenant plus comment s’en dépêtrer.
Après l’avoir encouragé Ankara à soutenir la sédition armée dans le pays voisin, les démocraties humanistes occidentales ont clairement fait savoir qu’elles n’étaient pas intéressées par le déclenchement d’une guerre ouverte avec la Syrie.
Pas plus qu’elles n’acceptent de mettre la min au portefeuille pour aider les autorités turques à faire face aux besoins des Syriens qui se sont réfugiés sur son sol.
La Turquie se retrouve maintenant donc seule face aux problèmes posés par la situation en Syrie. On peut compter sur les prétendus rebelles prétendument démocrates pour essayer de provoquer la guerre ouverte dont Recep Tayyip Erdogan et son équipe ne veulent pourtant pas.
C’est ainsi qu’il faut interpréter le récent transfert de ce qui est présenté comme la direction militaire de l’Armée Syrienne Libre en territoire syrien dans ce que les derniers évènements ont transformé en zone tampon, ou en réduit, de facto.
Avec le refus explicite d’accueillir de nouveaux réfugiés, nous avons là les premiers signes d’une volonté de désengagement. Une volonté qu’on peut aussi repérer dans la proposition faite par le gouvernement turc d’une démission du président Bachar al-Assad qui pourrait être remplacé par le vice-président actuel Farouk al Chareh.
Sympa de ta part Bachar, mais tes costumes sont trop grands 
pour moi. Même la retoucheuse Erdogan pourra rien y faire
Recep Tayyip Erdogan ne sait plus comment sortir la tête haute d’une affaire qui se réduirait à une question de personne. J’imagine volontiers le premier ministre Turc supplier à  genoux Bachar al-Assad de suite le pouvoir, seul expédient qui lui reste pour sauver la face.
Parce que le gouvernement turc a fait montre d’irréflexion et de sottise dans sa gestion de l’affaire syrienne. Avant d’emboîter le pas à Londres ou à Paris, il aurait dû se rappeler que son pays partage une longue frontière et bien d’autres choses avec la Syrie : une histoire, des Alaouites et des Kurdes entre autres.
Et que tout bouleversement dans le pays voisin est susceptible d’avoir des répercussions en Turquie où les lignes de fracture sont très présentes  et peuvent s’élargir jusqu’à causer des troubles de nature à remettre en cause la stabilité du pays et la paix civile.
J’’ai déjà parlé sur ce blog de ces lignes de fracture avec les trois minorités précitées, kurdes, alaouites et alévies.
Alévis et Kurdes sont très présents dans les zones limitrophes de la Syrie
Vos journaux n’en ont bien sûr pas parlé, mais ce sont plus de 150 000 manifestants, essentiellement alévis, qui ont défilé dimanche dernier à Ankara pour réclamer justice et égalité mais aussi pour signifier leur refus de l’escalade militaire avec la Syrie voisine.
Manifestants à Ankara: Erdogan, tu insistes sur le foulard, commence d'abord par en porter un toi-même!

A bon entendeur, M. Erdogan!

Zaman (Turquie) 7 Octobre 2012 traduit de l'anglais par Djazaïri

Des manifestants se sont affrontés à la police dimanche alors d’environ 155 000 manifestants étaient rassemblés place Sıhhiye à Ankara ce dimanche, dans une manifestation organisée par la Fédération Alevi Bektaşi et le Fédération des Associations Alévis pour exprimer leur demande d’égalité.

La police a tiré du gaz lacrymogène sur certains manifestants parce qu’ils avaient refusé d’être fouillés à leur arrivée sur la place Sıhhiye. Il y a eu un bref affrontement entre manifestants et policiers quand la foule a commencé à pousser après la barricade de la police à l’entrée. L’agence de presse Cihan a rapporté que ceux qui se sont heurtés à la police aux checkpoints de l’entrée appartenaient à la Plateforme Socialiste des Opprimés (ESP) et à une organisation marginale nommée Partisan. Cihan indique que ce sont ces organisations qui ont lancé des objets contre la police. Un manifestant a été arrêté et trois agents de police ont été blessés dans ces incidents.

Le rassemblement, appelé le "Laik ve Türkiye Demokratik ICIN ESIT Yurttaşlık Mitingi" (manifestation  de l’égalité citoyenne pour une Turquie laïque et démocratique), a commencé dans la matinée, les manifestants alévis s’étant regroupés à la gare d'Ankara avant de se diriger sur Sihhiye vers 10:30. Les manifestants ont scandé des slogans appelant à la justice pour le massacre de Sivas en 1993 où 35 alévis avaient été tués, à l'abolition des cours de religion obligatoires, à l’octroi aux lieux de culte des Alévis (cemevi, mot dérivé de l’arabe djemaa) le même statut que les mosquées, tout en protestant contre l’éventualité d’une guerre avec la Syrie et en exprimant un soutien au peuple syrien.
Outre l’ESP et Partisan, la manifestation a vu la participation d’autres organisations associatives et politiques, dont le Parti de la Solidarité et de la Liberté (ÖDP), le Parti Communiste Turc (TKP), l’Association Halkevleri, le Parti Populaire de Libération (HKP) et beaucoup d’autres.

Ces organisations protestaient aussi contre les insuffisances de l’enquête sur des incidents récents où les maisons d’habitants Alévis avaient été marquées en rouge dans plusieurs villes.
Un bus du Parti Républicain Populaire (CHP) ouvrait la marche pour la foule dans sa marche entre la gare de chemin de fer et Sıhhiye. Le fan club Çarşı de l’équipe de football de Beşiktaş jouait du tambourin et il y avait un groupe de caisses claires nommé  Kızıldavul (tambour rouge).

En 2010, le gouvernement avait organisé sept ateliers sur une période de six mois qui avaient vu la participation de 400 universitaires, théologiens, membres d’organisations de la société civile, politiciens, journalistes et représentants Alévis et Bektaşis.

Malgré tout, un certain nombre d’organisations avaient protesté contre le gouvernement, accusant les autorités de «sunniser» les Alévis dans le pays.

Toute la lumière  n’a pas encore été faite sur l’histoire des Alévis au temps de l’empire ottoman, mais les relations entre les communautés sunnite et alévie en Anatolie ont été difficiles dès le début. En 1511, l’armée ottomane avait brutalement réprimé en Anatolie une révolte des Turkmènes Kizilbaş (tête rouge) de confession alévie, et 40 000 d’entre eux avaient péri. La bataille de Çaldıran, entre l’empire Ottoman sous Yavuz Sultan Selim et le dirigeant Séfévide Ismaïl en 1514 avait eu pour conséquence un édit impérial ordonnant la mise à mort de tous les Kızılbaş de la région.

Les siècles qui suivirent furent aussi troublés, mais pas aussi brutaux. En fait, les troupes impériales ottomanes – appelées janissaires – étaient recrutées exclusivement dans des loges Bektaşi. Ce qui reste difficile à apprécier, c’est l’étendue de la persécution des Alévis à l’époque républicaine. Des centaines d’Alévis furent tués dans des pogroms, dont beaucoup considèrent qu’ils avaient été ourdi en sous-main par des organisations secrètes à l’intérieur de l’appareil d’Etat, dans les villes de Çorum, Yozgat et Kahramanmaraş, dans les années 1970. 34 artistes Alévis avaient péri brûlés vifs en 1992 dans l’incendie de l’hôtel Madimak à Sivas. Il y a eu d’autres incidents, comme celui dans le quartier alévi de Gazi à Istanbul en 1995, quand des Alévis avaient été la cible de tirs à l’arme automatique.

samedi 6 octobre 2012

Les habitants de la ville turque bombardée ont d'abord manifesté contre les autorités de leur pays


Le New York Times du 3 octobre consacrait un long article au regain de tension à la frontière turco-syrienne et aux bombardements effectués par l’armée turque en représailles pour un obus de mortier qui s’est abattu en Turquie, causant lamort de cinq personnes, dont une mère de famille et  ses trois enfants.

Depuis, un autre obus en provenance de Syrie a touché le territoire turc sans faire de victimes, entraînant néanmoins une autre riposte.

Pourtant, comme l’écrivait le journal newyorkais,
On ne sait pas vraiment si le mortier qui a frappé la Turquie a été tiré par les forces gouvernementales ou par les rebelles qui combattent pour renverser le régime de M. Assad, mais la Turquie croit qu’il est parti d’une position gouvernementale, expliquent des analystes. Le gouvernement turc a dit avoir utilisé le radar pour sélectionner des cibles supposées être des postes avancés de l’armée syrienne.
 Si c’est la première fois qu’un obus tiré depuis la Syrie fait des victimes en Turquie, ce n’est cependant pas la première fois que la petite ville d’Akçakale est touchée par des projectiles liés aux affrontements entre les troupes syriennes et l’opposition armée.

Dans le brouillard qui englobe la guerre en cours en Syrie, où les allégeances et les motivations sont imprécises et où une impasse sanglante s’est installée, certains observateurs disent ne pouvoir d’empêcher de se demander si cet épisode n’a pas été orchestré par l’une ou l’autre des parties. Les rebelles ont imploré l’OTAN d’instaurer des zones d’exclusion aérienne ou de refuge, et le président Assad peut imaginer rassembler ses partisans contre une invasion étrangère, disent des experts. «Plusieurs parties essayent d’attirer la Turquie dans le conflit,» a affirmé sur la chaîne turque NTV,  Atilla Sandikli , directeur du Wise Men Center for Strategic Studies à Ankara.

Le gouvernement turc sait tout ça, bien sûr. Comme il était au courant mais n’avait jamais donné suite aux réclamations des habitants qui craignaient un incident de ce genre.

Et ce n’est pas un hasard si
Les habitants [d’Akçakale], excédés par les retombées de plus en plus fortes de la violence en Syrie, sont descendus dans les rues pour crier des slogans contre les autorités locales après qu’un obus de mortier ait touché un quartier résidentiel, tuant deux femmes et trois enfants.
Situation d'Akçakale
En effet, les habitants le savent bien : on ne peut pas entretenir des bandes armées à ses frontières, les laisser faire le coup de feu dans le pays voisin puis se replier à l’abri sur son territoire sans en subir des conséquences.

Et quand on sait qui sont les gens qui prétendent renverser le régime syrien par la force des armes, des gens absolument dépourvus de principes, on ne saurait être étonné si on apprenait que ce sont eux, où leurs formateurs venus des USA ou d’Angleterre, qui ont bombardé le territoire turc.

Ce raisonnement est appelé théorie du complot par ceux qui pensent que 1) il n’y a jamais de complot - sauf contre l’Occident - et 2) que le discours des politiques correspondent toujours à leurs intentions – par exemple qu’on bombarde vraiment une population à des fins humanitaires ou qu'on tue des gens pour les sauver.





lundi 31 mai 2010

Flottille pour Gaza: la colère du peuple turc

La Turquie n’est pas contente du tout de l'acte de piraterie que les terroristes sionistes ont commis contre le convoi maritime humanitaire destiné à Gaza, la flottille pour la Liberté. Non seulement la Turquie, mais surtout les Turcs sont absolument furieux, qu’ils soient patrons, ouvriers ou Juifs (éventuellement Juifs et patrons ou Juifs et ouvriers).
On ne sait pas la mouche qui a piqué les dingos qui dirigent l’entité sioniste. Après tout, ils auraient pu laisser passer l’aide humanitaire, histoire de redorer un peu leur blason. Ou encore arraisonner par des moyens beaucoup moins violents ces bateaux… dans leurs prétendues eaux territoriales.
Non, ils ont choisi de se livrer à une ratonnade en pleine mer, tirant sur des gens désarmés. Désarmés parce que non armés, tout simplement en mission humanitaire. Un mot creux aux oreilles des sionistes.
Ils ont procédé ainsi parce que, avant d’affronter des êtres de chair et de sang, ils affrontent en réalité leurs propres fantasmes qui sont une galerie d’horreurs à faire subir aux autres, ceux qui ne sont pas de leur sang, de leur race (leur race est la race de ceux qui ont inventé la roue, le papier ou l’écriture ; bref, ils ont tout inventé y compris leur histoire et leurs ennemis).
En parlant d’ennemi, justement, ils font tout ce qu’il faut pour faire de la Turquie leur ennemi. Pour le peuple turc, c’est déjà fait, il est devenu l’ennemi déclaré de l’entité sioniste, ceux qui sont allés à des manifestations pour la Palestine s’en seront aperçu.
Reste le gouvernement turc. Ce n’est pas encore complètement réussi, mais c’est en très bonne voie. Non qu’Erdogan, le premier ministre Turc, ne soit pas tenté d’aller plus loin dans la rupture avec la voyoucratie sioniste, mais on ne rompt pas comme ça des relations anciennes, d’autant que l’entité sioniste conserve de sérieux partisans dans l’armée turque. Et, malgré l’évolution démocratique qu’a connue la Turquie depuis un certain temps, avec et avant Erdogan, on ne peut pas encore gouverner en Turquie en négligeant les exigences des militaires, c’est-à-dire de ceux qui se perçoivent comme les gardiens du kémalisme.
Le journal turc Zaman nous donne une bonne idée de ce que ressent l’opinion turque et rectifie au passage certaines contre vérités assénées par la propagande sioniste.



L’attaque israélienne contre la flottille pour Gaza suscite de vives réactions de la société civile turque
Zaman (Turquie) 31 mai 2010 traduit de l'anglais par Djazaïri

Des milliers de Turcs sont descendus dans les rues de lundi pour protester contre l’assaut  donné par les Israéliens en tout début de matinée sur une flottille de navires d’aide à destination de la bande de Gaza qui a tué 19 personnes et blessé des dizaines d’autres.
Les navires humanitaires, surnommés flottille de la liberté, emportaient des fournitures humanitaires qui font cruellement défaut à la population de la bande de Gaza qui vit depuis trois ans sous un strict blocus économique. L’attaque israélienne s’est produite alors que les bateaux croisaient dans les eaux internationales.
L’attaque a été fermement condamnée par la société civile turque qui a dénoncé la violence israélienne au cours d’énormes rassemblements toute la journée d’hier.
Un groupe d’environ 2 000 personnes s’est réuni place Taksim à Istanbul en fin de matinée. Arborant des drapeaux palestiniens et turcs, le groupe scandait des slogans anti-israéliens et appelait le gouvernement turc à agir contre le recours à une force disproportionnée par les soldats Israéliens contre des civils. « A bas Israël ! » « Salut à la Palestine et aux navires humanitaires ; avec la résistance ! et « Les soldats Turcs en Israël ! » scandaient les manifestants.
Tekin Küçükali, président du Croissant Rouge, a indiqué que son organisation était prête à apporter une assistance médicale aux civils blessés pendant l’attaque israélienne. « Le raid militaire sur des civils porteurs d’une aide humanitaire pour Gaza a ouvert une blessure profonde dans la conscience des gens. Nous sommes prêts à assumer toutes les responsabilités pour emmener les blessés en lieu sûr et soigner leurs blessures ici, » a-t-il dit.
Entre temps, des responsables des douanes d’Antalya ont annoncé que les passagers sur les navires turcs du convoi humanitaire n’avaient aucune arme, pas même un couteau sur eux. « Tous les passagers ont embarqué sur les bateaux après avoir été inspectés. Nos dossiers montrent qu’aucune arme n’a été détectée sur eux, » ont-ils dit.
Cette annonce réfute les affirmations israéliennes selon lesquelles les militants transportaient des armes et des munitions pour les Palestiniens de la bande de Gaza.
La Humanitarian Aid Foundation (IHH) a fait part de son inquiétude à l’éventualité que les forces de sécurité israéliennes placent des armes dans les bateaux humanitaires dont elles ont pris le contrôle. « Pas une seule arme, il n’y avait même pas un canif à bord des bateaux. Mais les navires sont maintenant sous contrôle israélien, et les Israéliens pourraient y placer des armes et des munitions pour étayer leurs assertions, » a déclaré Yavuz Dede, vice président d’IHH. IHH est un des principaux coordonnateurs de la Flottille de la Liberté.
Ahmet Mercan, un autre responsable d’IHH, affirme que le raid sanglant israélien contre des militants humanitaires était une « guerre unilatérale » menée contre des civils non armés. « L’agression a montré qu’Israël n’était pas un Etat ou une société. C’est une organisation terroriste. Le monde est maintenant confronté à un test. Se mettra-t-il du côté des droits de l’homme ou non? Comment le monde va-t-il réagir face à une telle agression ? Israël a commencé une guerre. C’est une guerre unilatérale menée contre des civils. C’est une guerre menée contre 50 pays. C’est une guerre à la conscience collective de l’humanité, » a-t-il dit.
Les membres de la communauté juive turque ont également condamné l’attaque, affirmant partager les sentiments en Turquie au sujet de l’assassinat des militants des bateaux humanitaires. Nous sommes peinés d’apprendre qu’une opération militaire a été lancée contre le Mavi Marmara [un des bateaux turcs de la flottille]. Nous partageons les réactions que l’opération a suscitées dans notre pays [le Turquie], » lit-on sur une déclaration publiée par la communauté.
Des milliers d’habitants d’Istanbul et d’Ankara se sont rendues devant l’ambassade et le consulat israéliens dès la matin ce lundi pour protester contre l’assassinat de civils non armés. La police a renforcé les mesures de sécurité autour des bâtiments, empêchant les manifestants d’entrer dans l’ambassade ou le consulat.

 ‘L’agression a porté atteinte aux relations turco-israéliennes’
Une déclaration diffuse par l’Association Indépendante des Entrepreneurs et Industriels (MÜSIAD) affirme que l’agression israélienne a porté atteinte aux liens de fraternité entre la Turquie et Israël.
“Avec la toute récente agression dans les eaux internationales de navires non armés qui transportaient seulement de l’aide humanitaire pour Gaza, Israël a montré au monde entier qu’elle ne permettra aucune démarche de paix dans la région et qu’elle ne respectera pas les droits de l’homme. Cette attaque ne peut être approuvée ou soutenue par aucune nation dans le monde. Les dirigeants du monde ne peuvent s’offrir le luxe de se cacher derrière de simples déclarations. Il est grand temps que le monde dise ‘stop’ aux auteurs de cette agression sanglante, » lit-on dans la déclaration du MÜSIAD qui appelle les Nations Unies et la communauté internationale à reconsidérer leur approche d’Israël.
Une déclaration similaire émane de la confédération turque de l’immobilier (Hak-İş) dont le président Salim Uslu a affirmé qu’Israël avait commis un crime contre l’humanité en attaquent des civils sur un bateau chargé d’aide humanitaire pour des populations dans le besoin. Il a aussi appelé la communauté internationale à pendre des mesures contre la violence israélienne.
“Israël persiste à ne pas vouloir cesser son terrorisme et ses agressions au Moyen Orient. Elle est devenue un acteur qui traumatise la région. Elle attaque les civils, femmes et enfants compris. Israël a provoqué la honte du siècle pour l’humanité et continue à le faire… Les Nations Unies, l’OTAN, l’Union Européenne, l’Organisation de la Conférence Islamique [OCI] et la Ligue Arabe devraient agir et dire ‘stop’ au sale jeu [d’Israël], poursuit la déclaration.
Une organisation médicale, Yeryüzü Doktorları (Médecins du Monde) a également condamné l’assassinat de militants de la flottille humanitaire, affirmant que l’acheminement d’aide humanitaire aux personnes qui en ont besoin ne devrait pas être bloque, quels que soient leur religion, leur langue ou leur appartenance ethnique. « L’attaque contre la Flottille de la Liberté s’est faite en violation du droit international et des valeurs humanitaires universelles. Yeryüzü Doktorları condamne fermement l’agression israélienne contre les bateaux humanitaires transportant de l’aide humanitaire vers Gaza, » lit-on dans la déclaration.