jeudi 31 mars 2011

Le vice premier ministre Britannique préfère al Qaïda à Kadhafi

Nick Clegg n’est pas exactement n’importe qui puisque, chef du parti Libéral Démocrate britannique, il occupe la fonction de vice premier ministre au service de Sa Majesté la reine Elizabeth II. Il est donc ce qu’on appelle une grosse pointure de la coalition au pouvoir à Londres.
On n’avait pas trop entendu Nick Clegg s’exprimer à propos de la Libye. C’est maintenant chose faite à l’occasion d’un discours prononcé à Mexico où il se trouve en visite officielle.

Et Clegg a reconnu publiquement que le résultat de l’agression militaire contre la Libye à laquelle participe son gouvernement pourrait bien se terminer par l’instauration de ce qu’il appelle un régime islamiste radical en cas d’éviction du colonel Kadhafi. 

Quand Nick Clegg pense extrémisme, il fait explicitement référence à l’Iran, ce qui témoigne d’une confusion complète car il aurait dû dire radical comme l’Arabie Saoudite ou les pétromonarchies de la péninsule arabique. Ou encore comme le régime que les Américains ont mis en place en Irak.
Oui, mais tous ces gouvernements sont des alliés de la Grande Bretagne et à ce titre ne sauraient être qualifiés de radicaux ou extrémistes. 

Les femmes n’ont pas le droit de vote en Arabie Saoudite ? Pas le droit de passer le permis de conduire ? C’est ce que M. Clegg doit appeler une saine modération parce qu’en Grande Bretagne, depuis que les femmes ont des droits, tout va mal comme on ne le sait que trop bien.

Ce qui pend au nez des Libyens, quoique les choses ne sont pas encore complètement jouées, c’est en fait un régime de type saoudien qui mêle brigade des mœurs, libéralisme économique et alliance avec les puissances de « l’axe du bien ».

Je n’ai pas pu m’empêcher de m’étonner de l’argumentation de Nick Clegg  qui dit que  « Ce n’est pas à nous de choisir le gouvernement libyen ni même le système de gouvernement en Libye » mais qui pense quand même qu’il revient à la Grande Bretagne et à ses alliés de sommer M. Kadhafi de quitter le pouvoir dans son pays.

Clegg reconnaît que la Libye pourrait devenir un Etat islamiste radical si Kadhafi est renversé.
Par Jason Groves, Daily Mail (UK) 30 mars 2011 traduit de l’anglais par Djazaïri

La Libye pourrait devenir un Etat islamique du type iranien après le renversement du colonel Kadhafi, a déclaré hier Nick Clegg.

Dans son premier grand discours de politique étrangère depuis le début de l’intervention militaire en Libye, le vice premier ministre a écarté toute forme de « détournement de la mission » qui amènerait l’Occident à influencer le mode de gouvernement du pays.
M. Clegg a dit qu’il maintiendrait ce point de vue même s’il signifie la création d’un régime islamiste radical à proximité de l’Europe.

S’exprimant pendant une visite à Mexico, M. Clegg, dont le parti s’était farouchement opposé à la guerre en Irak, a insisté pour dire que l’intervention militaire en Libye était juste.
Mais il a admis que l’issue en Libye était ‘incertaine’ et a averti qu’il y aurait des ‘échecs et des conséquences’ en cours de route.

Il a affirmé qu’après la guerre en Irak, l’Occident devait agir avec “humilité et réalisme’ par rapport à ce qu’il pouvait réussir.
Il a ajouté: ‘Nous devons être clairs sur ce qu’il est juste pour nous de faire et ce que nous sommes capables de faire.
 ‘Ce n’est pas à nous de choisir le gouvernement libyen ni même le système de gouvernement en Libye.
C’est l’affaire du peuple de Libye. Ce que nous pouvons faire aujourd’hui en Libye, c’est prévenir le déploiement par un dictateur de forces militaires meurtrières contre des civils.’

Une source de haut niveau du parti Libéral Démocrate explique que M. Clegg a accepté que le vide politique qui suivra le départ de Kadhafi puisse aboutir à la création d’un régime islamique radical, vu que les institutions politiques séculières du pays sont ‘très faibles’ après 40 années de dictature.
Mais cette source précise que M. Clegg trouvait le régime de M. Kadhafi si abominable que le ‘pari’ en valait la peine.
 Elle ajoute: ‘Nous avons actuellement en poste un fou qui a commis la pire des atrocités terroristes sur le sol britannique, alors sommes-nous prêts à prendre les paris sur qui prendra la suite ? Oui.’ 

L’idée que des forces britanniques puissent  être mises en danger en Libye simplement pour permettre la création d’un Etat islamique hostile inquiétera les faucons du gouvernement, dont le ministre des finances George Osborne et le ministre de l’éducation, Michael Gove. Elle mettra aussi en colère Israël et ses puissants alliés en Occident.

M. Clegg a également dit hier aux journalistes qu’il était réticent à ce que Kadhafi se voie accorder un sauf conduit pour quitter la Libye parce qu’il voudrait que le tyran ‘affronte la justice’ soit devant un tribunal en Libye soit devant le tribunal pénal international de La Haye.
 

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