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mardi 3 mars 2015

Selon le Sénateur John McCain le modèle afghan doit inspirer les Etats Unis en Ukraine

John McCain, ce Sénateur américain qui a été le concurrent Républicain malheureux de Barack Obama dans la course à la présidentielle de 2008 s'est montré un des politiciens américains parmi les plus belliqueux.
Il a ainsi joué un rôle important en Libye et en Syrie en tant que représentant du parti de la guerre, un parti qui réunit indifféremment des Démocrates et des Républicains.
John McCain décore un "djihadiste" en Syrie
John McCain décore un "djihadiste" en Syrie
Tout naturellement, il tient un rôle semblable en ce qui concerne la crise ukrainienne pour laquelle il se montre un chaud partisan de la livraison d'armes « létales » au gouvernement fantoche de Kiev.

McCain fait partie de ces gens qu'on considère comme des patriotes aux Etats Unis, en particulier du fait de sa participation à la guerre du Vietnam où il fut fait prisonnier après la destruction en vol du bombardier qu'il pilotait.
John McCain aux commandes d'un avion de combat
John McCain aux commandes d'un avion de combat
Mais si on peut penser qu'il a été patriote, peut-on affirmer qu'il l'est encore aujourd'hui ?
Rien n'est moins sûr quand on voit avec quels arguments il plaide en faveur de la livraison d'armes à l'armée ukrainienne. En effet, le Sénateur donne comme exemple d'une stratégie de ce type réussie celui du soutien apporté par les Etats Unis et leurs amis aux forces qui combattaient les Soviétiques et le régime pro-soviétique en Afghanistan.

Or nous savons qui étaient ces miliciens soutenus par l'Occident en qualité de combattants de la liberté : le Talibans, Ben Laden et al Qaïda et une série de seigneurs de la guerre âpres au gain.

Les mêmes que les Etats Unis affirment combattre aujourd'hui dans le cadre de la guerre contre le terrorisme !
Les mêmes que le parti de la guerre dont la figure patriotique est John McCain soutient en Syrie !

Citant les moudjahidine soutenus par Ben LadenMcCain donne les pires arguments possibles en faveur de livraisons d'armes à l'armée ukrainienne

par Sam SacksThe District Sentinel (USA) 26 février 2015 traduit de l'anglais par Djazaïri

En essayant de ridiculiser un officiel de l'armée pendant une audition devant la Commission sénatoriale des Forces Armées, le Sénateur John McCain (Républicain, Arizona) a proposé une analyse incroyablement inexacte de l'histoire récente pour justifier la livraison d'armes offensives au gouvernement ukrainien pour combattre les séparatistes soutenus par la Russie.

« C'est un défi à la logique, » a déclaré jeudi le Sénateur McCain pendant l'audition, en référence à l'assertion du Général Vincent Stewart selon laquelle les Etats Unis ne se seraient pas en mesure de livrer suffisamment rapidement des armes offensives à l'armée de Kiev pour changer le sort des armes en Ukraine orientale.
« Nous pouvons les mettre dans des avions et les envoyer là bas – comment pouvez vous justifier une telle déclaration ? a ajouté McCain.

Stewart, qui s'exprimait au côté du Directeur du renseignement national à l'audition sur les menaces mondiales, a présenté une analyse qui donne matière à réflexion sur la situation à laquelle les Etats Unis seront confrontés s'ils décident d'inonder d'armes supplémentaires le champ de bataille déjà meurtrier du Donsbass.
« La Russie et les séparatistes ont des lignes en profondeur qui leur permettent de rééquiper beaucoup plus vite avec des armes plus lourdes que ce que nous pouvons livrer, » a déclaré le Général Stewart au Sénateur.
« Ce serait une course pour voir qui peut armer et je pense qu'avec leurs lignes terrestres ils auraient un avantage significatif sur le terrain, » a-t-il ajouté.

Irrité par l'analyse du Général, McCain a évoqué l'intervention militaire soviétique en Afghanistan dans les années 1980 comme une histoire réussie de ce qui se passe quand les Etats Unis livrent des armes dans une guerre par procuration contre les Russes.
« Je suis sûr que les Russes disposaient d'un avantage significatif quand ils ont envahi l'Afghanistan. Je suis sûr que nous avons vu quelles ont été les conséquences tout au long de l'histoire, quand nous avons aidé des peuples qui avaient été envahis et opprimés et quand nous ne l'avons pas fait. »

Dans le cas de l'Afghanistan, les conséquences, qui ont été rapportées de manière exhaustive furent l'ascension des Talibans et des décennies de guerre, avec plus de 13 ans d'engagement militaire des Etats Unis contre exactement les mêmes gens que ceux que le Pentagone avait armé secrètement dans les années 1980 – des militants parmi lesquels Ben Laden en personne.

Si la livraison d'armes aux rebelles afghans a sans doute contribué à l'effondrement de l'Union Soviétique suite à sa mésaventure militaire, elle a aussi semé les graines qu'ont suivies les Etats Unis des années plus tard quand ils sont partis sur les traces des Soviétiques pour aller en guerre en Afghanistan, à ce jour la plus longue guerre de l'histoire de notre pays.

L'histoire récente, en Irak, en Libye et en Syrie prouve à nouveau que inonder le monde avec des armes a débouché sur des conséquences imprévues et, tragiquement, à plus d'effusion de sang dans les conflits.

En effet, nous avons vu quelles ont été les conséquences, Monsieur le Sénateur.

vendredi 30 mars 2012

L'Iran, clef de la stratégie de développement de l'Inde

Les Etats Unis, ainsi que l’Union Européenne, déploient une vaste stratégie d’étranglement économique de l’Iran pour sommer ce pays, non pas de stopper le développement d’un programme nucléaire militaire, mais d’accepter de placer son programme nucléaire sous la tutelle de l’Occident.
Ce qui reviendrait pour l’Iran à accepter une autre autorité que la sienne sur son territoire.
Des républiques bananières peuvent certes accepter ce genre de choses, mais pas l’Iran
Dans cette stratégie d’étranglement, les Etats Unis se distinguent par leur posture agressive puisqu’ils menacent de sanctions les entreprises et même les Etats qui ne respecteraient pas leurs exigences dont celle de l’arrêt des importations de pétrole iranien.
Certains pays ont obtempéré ou obtenu des dérogations à condition de montrer leur obéissance en réduisant ou en s’engageant à réduire leurs importations.
Mais ce genre de choses est beaucoup plus difficile à obtenir de la part de pays comme ceux qui appartiennent au groupe du BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud).

Si on s’arrête sur le cas de l’Inde, non seulement les entreprises de ce pays se montrent particulièrement enthousiastes devant les perspectives offertes par le marché iranien, avec règlement au moins partiel en roupie, la monnaie indienne (un petit coup de canif au dollar), mais le gouvernement indien considère l’Iran comme un partenaire absolument stratégique sur un long terme qui verrait l’économie de l’Inde rayonner sur toute l’Asie Centrale.
Et justement, vu l’obstacle constitué par le frère ennemi pakistanais, l’Iran avec ses ports, ses routes et ses voies ferrées est la porte d’entrée idéale vers l’Asie Centrale et, plus tard, vers la Russie et l’Europe orientale.
D’où une opposition de l’Inde aux manœuvres américaine qui se fonde sur une prise en considération de ses intérêts en tant que nation en plein développement et en recherche de partenaires régionaux.
C’est la vision à long terme de l’Inde conte celle à court terme des Etats Unis (pressés de satisfaire les quatre volontés du gang de Tel Aviv).


La création du Pakistan a coupé l’Inde des vieilles routes commerciales vers l’Asie Centrale et au-delà. L’Inde voit l’Iran comme un moyen de se reconnecter à  ces routes. malgré les sanctions américaines.
par Rebecca Byerly, The Christian Science Monitor (USA) 29 mars 2012           

Alors que les USA isolent l’Iran en poussant les autres pays à réduire leurs achats de pétrole et d’autres marchandises auprès de la République Islamique, l’Inde est en train de construire de nouvelles relations commerciales là-bas, considérant que c’est par l’Iran que passe le chemin pour construire l’influence dont elle a besoin en Afghanistan et en Asie Centrale.

Avant la partition, le sous-continent indien avait des relations politiques et commerciales avec l’Asie Centrale et, par delà, avec la Russie et l’Europe. La création du Pakistan a coupé l’accès de l’Inde à la région et l’Inde voit depuis longtemps l’Iran comme une modalité de contournement.

Le gouvernement indien accueille cette semaine 14 pays pour une conférence visant à bâtir un nouveau réseau de transport, le Corridor International Nord-Sud qui passera par les ports, les routes et les chemins de fer iraniens. Le projet vise à relier l’Inde à certaines parties de l’Europe en moitié moins de temps qu’avec les routes commerciales actuelles qui passent par le canal de Suez en Egypte.

La conférence sur le transport intervient trois semaines après le retour d’Iran d’une délégation commercial soutenue par le gouvernement et l’annonce de nouvelles possibilités d’échanges commerciaux. Et la semaine dernière, des groupements d’exportateurs indiens ont déclaré que l’Iran avait fait de nouveaux achats d’aliments pour bétail et était en demande de blé, de sucre et de thé – le tout au moment même où les Etats Unis incitent l’Inde à réduire ses relations avec l’Iran.

Le rapprochement de l’Inde avec l’Iran crée un dilemme pour les USA. Alors que Washington s’est fait le champion de l’ascension de l’Inde en tant que puissance régionale et a salué son aide en Afghanistan, le programme nucléaire iranien demeure une priorité parmi ses préoccupations ne matière de politique étrangère.
La Secrétaire d’Etat Hillary Clinton a déclaré au Congrès lors d’une audition parlementaire en février que les Etats Unis avaient des discussions «très  intenses et très franches» avec l’Iran et d’autres pays comme la Chine et la Turquie pour qu’ils arrêtent leurs importations de pétrole iranien.

Mais les responsables Indiens sont restés réticents. Compte tenu de la position géopolitique de l’Inde vis-à-vis le l’Iran, de ses intérêts économiques et sécuritaires en Afghanistan, et de ses relations commerciales tumultueuses avec un Pakistan doté de l’arme atomique, l’Inde voit l’Iran comme un partenaire à long terme essentiel.

«Les Etats Unis ne considèrent que les avantages à court terme, explique le général Dipankar Banerjee, chercheur à l’Institute of Peace and Conflict Studies. «Nous comprenons l’intérêt qu’ont les Etats Unis à faire en sorte que l’Iran renonce à l’arme atomique, mais nous devons tenir compte des intérêts stratégiques de l’Inde qui consistent à avoir la sécurité et les échanges commerciaux dans la région après le retrait des forces américaines d’Afghanistan en 2014.»

Aves des réserves minérales inexploitées estimées à 300 milliards de dollars en Afghanistan, une route commerciale stable à travers ce pays apporterait les ressources nécessaires au développement économique de l’Inde. Banerjee pense qu’elle aiderait aussi à stabiliser l’économie afghane et ferait tampon contre la radicalisation.

En dehors du commerce, l’Inde a signé à un accord pour former les forces de sécurité afghanes en Inde et a fourni deux milliards de dollars d’aide au développement depuis la chute des Talibans. L’Inde a récemment utilisé pour la première fois  le port de Chabahar au sud-est de l’Iran qu’elle a contribué à aménager il y a une dizaine d’années – pour le transit de 100 000 tonnes de blé vers l’Afghanistan dans le cadre de l’aide humanitaire apportée à ce pays ravagé par la guerre.

Cependant, le développement économique et la stabilisation de l’Afghanistan dépendent de bien d’autres choses que l’implication de l’Inde et des difficultés créées par les sanctions US contre l’Iran.

«Les sanctions contre l’Iran sont un facteur de complication dans la stratégie économique indienne à l’égard de l’Afghanistan. Mais elles ne son pas, même en faisant preuve de beaucoup d’imagination, le seul facteur de complication,» affirme Ellen Laipson, présidente et directrice du Stimson Center, un centre d’étude des politiques publiques sis à Washington.

dimanche 15 mai 2011

Ils n'ont pas vengé Oussama ben Laden!


Nous venons d’assister aux premières actions meurtrières visant à venger la mort d’Oussama ben Laden au cours d’un raid mené par les forces spéciales US à Abbottābād au Pakistan
En l’espèce, il s’agit de deux attentats commis au Pakistan contre une école de police et un centre de formation paramilitaire et tuant près de 80 personnes.
Après tout, le chef d’al Qaïda ne méritait-il pas d’être vengé de manière spectaculaire ?

Pourtant, si on en croit l’article que je vous propose, ce double attentat n’avait rien à voir avec des représailles pour la mort d’Oussama ben Laden dans un pays où, nous explique l’article, on éprouvait assez peu de sympathie pour le chef d’al Qaïda.
Le double attentat s’expliquerait tout simplement par des réalités politiques et militaires propres à la région où il a été commis.

Propagande, quand tu nous tiens

Par Ariel Zirulnick, Christian Science Monitor 13 mai 2011 traduit de l’anglais par Djazaïri

Les Talibans Pakistanais ont revendiqué le double attentat suicide de vendredi matin au nord-ouest du Pakistan qui a cause la mort d’au moins 80 personnes, affirmant qu’ils avaient pour but de venger la mort de ben Laden.
“C’était le premier acte de vengeance pour le martyre d’Oussama; Attendez-vous à des attaques plus importantes au Pakistan et en Afghanistan,” a déclaré le porte parole des Talibans pakistanais Ensanullah Ehsan, d’après l’Agence France Presse (AFP).
Mais malgré la colère de l’opinion pour le raid des Etats Unis qui a tué ben Laden dans son compound d’Abbottābād, les attaques prétendument vengeresses des talibans ne semblent pas résonner comme telles chez les Pakistanais. 

La police locale a dit au New York Times qu’elle doutait que les Talibans soient vraiment responsables de cette action, qu’ils considèrent comme une réaction ç une attaque de l’armée pakistanaise contre des militants Talibans dans la région montagneuse voisine appelée Mohmand et a été effectuée par un groupuscule qui combat l’armée dans la région.
Sikandar Hayat Khan Sherpao, un membre de l’assemblée provinciale de Khyber-Pakhtunhwa, explique que le centre d’entrainement a été la cible fréquente d’attaques par des militants. « Fondamentalement, la menace vient de Mohmand où il existe encore des poches de militants qui restent actives, » dit-il.
“Je pense que cette attaque ne vient pas en représailles pour l’incident d’Abbottābād. C’est surtout que depuis un mois et demi, une nouvelle opération militaire a commencé à Mohmand où l’armée fait campagne contre les militants, » dit-il. « Alors on peut voir cette attaque comme une riposte à l’opération en cours à Mohmand. »

De fait, le Washington Post a annoncé qu’une source Taliban s’exprimant sous couvert d’anonymat a contesté le motif de l’attaque déclaré par son organisation, déclarant qu’elle « avait pour but de punir l’armée pour l’offensive de Mohmand, pas pour la mort de ben Laden. »
Les attentats ont eu lieu à Shabqadar Tehsil, dans le district de Charsadda au nord-ouest du Pakistan, une région tribale que le Pakistan a du mal à contrôler et est devenue un refuge pour les organisations militantes.

Selon le Washington Post, les forces spéciales US ont participé la formation de forces paramilitaires dans ces installations. Les organisations militantes pakistanaises sont farouchement opposées à la coopération entre les gouvernements et les forces de sécurité des Etats Unis et du Pakistan.
On s’attendait à des attentats vengeurs – la semaine dernière, les Talibans Pakistanais avaient menace d’attaquer les forces de sécurité du pays – mais il y a eu peu de manifestations après la mort de ben Laden. Il n’y a guère se sympathie pour lui chez la majorité es pakistanais qui ont eu plus de tués dans des attentats à la bombe ces dernières années que les Américains n’en ont eu le 11 septembre, rapporte l’AFP.

L’indignation de l’opinion a surtout découlé du fait que les Etats Unis ont réalisé le raid sans l’accord et à l’insu du Pakistan, pas du fait que le raid s’est soldé par la mort de ben Laden. Le fait qu’une attaque contre des Pakistanais ait été une réponse à des actions unilatérales des Etats Unis ne peut qu’accroître la colère de la population contre les Etats Unis, selon le Washington Post.

Le premier ministre pakistanais, Yousuf Raza Gilani, a laissé entendre cette semaine dans un entretien exclusive avec Time magazine, que la colère de plus en plus forte de l’opinion pourrait l’obliger à agir contre les intérêts des Etats unis.
« Je ne suis pas un dictateur militaire; je suis une personnalité publique, » a déclaré le premier ministre à Time, qui s’exprimait dans le palais où il réside sur les hauteurs d’Islamabad. « Si l’opinion publique est contre vous [voulant dire par là ses alliés Américains], alors je ne pas lui résister et rester de votre côté. Je dois être avec mon opinion publique. »

Le Pakistan se retrouve dans une situation difficile depuis le raid contre ben Laden – alors que les Etats Unis exigent des explications pour savoir comment ben Laden pouvait avoir vécu dans le pays pendant des années sans être repéré, l’opinion pakistanaise exige de son gouvernement qu’il pose des limites à ce que les Etats Unis peuvent faire en territoire pakistanais.

Le journal pakistanais The Nation avait rapport avant l’attentat que le chef de l’armée, le général Ashfaq Parvez Kayani allait probablement diminuer la dépendance vis-à-vis des Etats Unis pour la formation et assistance en matière de sécurité et coopérer désormais au niveau du minimum nécessaire pour garantir que le Pakistan continuera à recevoir de l’aide US. Dans le même temps, les Etats Unis exigent que l’armée rompe ses liens avec des organisations militantes – une exigence qui sera difficile à satisfaire.

La liste des demandes américaines équivaut à une transformation du jour au lendemain de la posture stratégique adoptée de longue date par le Pakistan et qui consiste à se servir d’organisations comme instruments contre ses voisins. Ces demandes interviennent au moment où le général Kayani fait face à une montée de la pression anti-américaine de la part des généraux de son haut commandement qui veulent une ligne dure, ont déclaré deux personnes que nous avons rencontrées avec lui.

Eliminer les dirigeants de ces organisations – des auxiliaires de longue date de l’armée et des services secrets pakistanais – entraînerait un tel retour de flamme de la part des militants qu’il pourrait s’en suivre une « guerre civile » au Pakistan, déclare un ancien haut responsable Pakistanais qui a été consulté par le général Kayani après le raid contre ben Laden. Dans les rangs hiérarchiques subalternes, beaucoup éprouvent plus de sympathie pour les groupes militants que pour les Etats Unis.

lundi 9 mai 2011

Quand les Etats Unis refusaient que les Talibans livrent Oussama ben Laden

 Barack Obama dit avoir vécu les 40 minutes les plus longues de sa vie en assistant en direct à l'opération Geronimo qui s'est (ou se serait) soldée par l'élimination d'Oussama ben Laden,. » l'exception peut-être de la méningite de Sasha quand elle avait trois mois et que j'attendais que le docteur me dise qu'elle allait bien", a déclaré M. Obama, en référence à sa fille ».

Quel homme attentionné ce cher président des Etats-Unis !

Personnellement, je ne sais pas comment il a pu vivre en direct les 40 longues minutes qu’a duré l’assassinat du chef d’al Qaïda puisque, selon Leon Panetta, le directeur de la CIA, il y a eu 25 minutes d’interruption de la retransmission de l’action du commando US. Et cette interruption est survenue précisément au moment où les soldats pénétraient dans le « complexe » d’Oussama ben Laden. Quand vous lisez «complexe » (ou compound), comprenez maison ! Parce que ce « compound » n’est qu’une maison, grande peut-être, mais rien qu’une maison.

Alors, si on lit un peu entre les lignes, on comprend que le président Obama n’a rien vu et qu’il raconte soit ce qu’on lui a dit de raconter, soit un récit de fiction dont il est un des co-auteurs !
On retiendra de toute cette affaire, qu’elle soit vraie (peu probable) ou fausse (très probable) que les autorités américaines qui prétendent défendre l’état de droit s’asseoient sur ce même droit quand ça les arrange. Et en viennent à applaudir à un meurtre en se flattant , qui plus est, d’avoir vécu en direct la mort de l’incarnation du Mal.
 
Notez qu’en Allemagne, un magistrat a lancé une action en justice contre Mme Angela Merkel pour s’être réjouie publiquement d’un acte qui se veut ouvertement être un assassinat et une infraction au droit international et même aux lois des Etats-Unis.
Et que Rowan Williams,  l’archevêque de Canterbury a fait part de son malaise devant le fait que la justice n’a pas été rendue. Ce qui ne signifie bien sûr pas une que l’archevêque ne considère pas Oussama Ben Laden comme irréprochable, tant s'en faut, car « quand vous avez affaire à quelqu'un qui était manifestement un criminel de guerre, au vu des atrocités commises, il est important qu'on voie la justice rendue »


Tiens, il y en a un qui regarde pas!
 
Quand on voit cette photo, on imagine qu’un événement d’une portée historique considérable s’est produit.(par exemple la bataille de Stalingrad, le débarquement des Alliés en Normandie en 1944, ce qui expliquerait la tension palpable chez ces responsables politiques  et militaires, le regard rivé sur un écran de télévision.
Ben non, c’était juste 1) le prétendu assassinat d’Oussama ben Laden, 2) l’assassinat d’un « pauvre type » qui se trouvait au mauvais endroit au mauvais moment 3) je le mentionne pour la forme,  l’assassinat d’Oussama ben Laden, un chef de guerre malade (non, pas fou, malade des reins) dont l’armée comptait cependant  plus d’un million d’hommes d’active, des bombardiers lourds de type B52 ou encore des centaines de tanks Bradley sans parler des hélicoptères d’assaut et autres pièces d’artillerie.

Blague à part, beaucoup de gens qui avaient encore une image positive d’Oussama ben Laden n’ont cependant jamais cru qu’il était l’instigateur d’attentats du 11 septembre qu’il n’a jamais revendiqués.

C’était exactement la position du régime Taliban en Afghanistan à la veille de l’attaque menée contre leur pays par les Etats-Unis et leurs alliés après les attentats du 11 septembre. On s’en souvient, les Talibans avaient proposé au président Bush de livrer ben Laden à un pays tiers à définir en commun sous réserve de fourniture d’éléments à charge par le gouvernement des Etats-Unis.

Lisez ou relisez cet article de The Independent , prêtez un peu attention au propos des uns (les Talibans) et de l’autre (George W. Bush) et répondez ensuite à cette question : qui montre ici un attachement à la règle de droit ?


Début de la deuxième semaine de bombardements;
La presse visite un village touché par un missile
par Andrew Buncombe, The Independent (UK) 15 octobre 2001 traduit de l’anglais par Djazaïri

Après une semaine de frappes épuisantes contre des objectifs en Afghanistan, les Talibans ont réitéré leur offre de livrer Oussama ben Laden, uniquement pour la voir rejetée par le président Bush.
L’offre faite hier par Haji Abdul Kabir, le vice premier ministre Taliban, de livrer M. ben Laden si les Etats Unis arrêtaient leurs bombardements et donnaient des éléments de preuves contre le dissident d’origine saoudienne, n’était pas nouvelle mais suggrérait que les Talibans étaient de plus en plus préoccupés par les frappes aériennes, qui ont endommagé une bonne partie des leus infrastructures militaires et de communications.

Cette démarche est intervenue au moment où les Talibans accordaient aux journalistes étrangers un accès sans précédent et pour la première fois à l’intérieur du pays. Des journalistes ont été escortés jusqu’au village de Karam dans le sud de l’Afghanistan où, selon les Talibans, près de 200 civils ont été tués mercredi dernier par un bombardement américain.
Les journalistes ont constaté des preuves tangibles que de nombreux civils ont été tués dans l’attaque, sans être cependant en mesure de confirmer le nombre de morts. « Je demande à l’Amérique de ne pas nous tuer, » plaidait Hussain Khan, qui dit avoir perdu quatre enfants dans l’attaque. Dans les décombres d’une maison, les restes d’un bras émergeaient d’un tas de briques. Une jambe avait été découverte non loin.
Un autre viel homme dit: “Nous sommes de pauvres gens, ne nous attaquez pas. Nous n’avons rien à voir avec Oussama ben Laden. Nous sommes des gens innocents. » Washington ne s’est pas exprimé sur ce bombardement.

M. Kabir a déclaré: “Si l’Amérique revenait sur sa politique actuelle, alors nous pourrions négocier, » M. ben Laden pourrait être livré à un pays tiers pour être jugé, a-t-il dit. « Nous pourrions discuter du nom de ce pays tiers. » 

Mais alors que les avions militaires américains commençaient la deuxième semaine de la champagne de bombardements, Washington a rejeté d’un revers de main l’offre des talibans.  « Quand j’ai dit pas de négociations, ça voulait dire pas de négociations, » a déclaré M. Bush. « Nous savons qu’il est coupable. Livrez-le. Il est inutile de discuter innocence ou culpabilité.”

Auparavant, dans des propos qui figurent dans un discours filmé projeté pendant une reunion de la Société Américaine des Anesthésistes, M. Bush avait dit que sont pays vivait « un des moments les plus sombres de notre histoire. Je vais être clair à ce sujet. Nous gagnerons la guerre contre le terrorisme et nous continuerons aussi à mener d’importants batailles au pays. »

Dans la bataille sur le front intérieur, l’inquiétude croissante en Amérique sur la flambée d’infections à l’anthrax et la menace du bioterrorisme. Cinq autres cas chez des employés de l’éditeur de tabloïds en Floride – où un homme est décédé de la maladie – ont été confirmés. Deux Etats, le New York et la Floride ont désormais rapporté des cas confirmés de maladie et un troisième a signalé la découverte de spores d’anthrax à la poste.
Plusieurs des membres du cabinet de M. Bush ont essayé d’apaiser les craintes au sujet de l’anthrax lors de leurs prestations dans des talk shows télévisés, mais John Ashcroft, le procureur général, a déclaré qu’il existait une possibilité que ces cas soient liés à m. ben Laden. « Nous devrions envisager l’éventualité d’un lien [avec M. ben Laden], » a-t-il dit. « Il est prématuré pour l’instant de trancher sur l’existence d’un lien direct. »

M. Ashcroft a déclaré que certains de ceux qui ont un lien avec les attentats du 11 septembre sont peut-être encore en fuite à l’intérieur du territoire des Etats Unis. 3je pense qu’il est très improbable que tous les individus associés ou impliqués dans les événements terroristes du 11 septembre et d’autres événements terroristes qui ont pu être pré-positionnés et pré-programmés aient été appréhendés, » a-t-il dit.

Il y a eu un accroissement des craintes d’attaque biologique en Grande Bretagne hier quant il a été signalé qu’un homme non identifié avait pulvérisé de la poudre dans le crypte de la cathédrale de Canterbury.
En Afghanistan, des avions US ont encore frappe des objectifs proches de la ligne de dront Taliban au nord de Kaboul où ils combattent l’Alliance du Nord. Dans un revirement qui pourrait laisser penser qu’ils sont sous pression, les Talibans ont appelé leurs ennemis à se joindre à la guerre contre l’Amérique.

Abdullah Abdullah, ministre des affaires étrangères de l’Alliance du Nord, a déclaré que ses forces retardaient leur progression vers Kaboul dans l’attente de la mise en place d’un accord dur la façon de diriger l’Afghanistan après la chute des talibans.
Une personne a trouvé la mort dans des manifestations anti-US qui se sont déroulées au Pakistan où la police a ouvert le feu sur des manifestants qui essayaient d’investir la base aérienne de Jacobabad dans le sud du pays, une des deux bases que le gouvernement pakistanais a mis à disposition des forces US.

A
Au Nigeria, des émeutes au cours de manifestations de Musulmans contre les frappes aériennes auaraint coûté la vie de près de 200 personnes dans la ville de Kano,

samedi 29 mars 2008

Ce profiteur de la guerre en Afghanistan est-il un génie? Et saurez-vous le reconnaître sur un quizz photo?

Intéressante l'histoire de ce jeune marchand d'armes de Miami, devenu millionnaire à l'âge de 22 ans grâce aux guerres entreprises par son pays contre l'Irak et l'Afghanistan.
Son métier? Fournir au gouvernement américain, et à bon pris, des munitions destinées à la police et à l'armée afghanes.
Son problème? C'est que pour être concurrentiel, il n'a pas hésité non seulement à fournir des munitions dont la fabrication remonte à plus de 20 ans, mais aussi à faire emplette auprès de la Chine qui est encore, au moins aux yeux des Etats-Unis, communiste.
On remarquera quand même que l'article du journal ne peut s'empêcher de faire référence à l'origine judéo-italienne de ce jeune "maverick" de la ferraille. Et je ne peux m'empêcher de me poser la question : pourquoi?
Notre "maverick" se trouvait à l'étranger au moment de la publication de l'article. Pour honorer les commandes de l'armée américaine nous dit le grand père du jeune marchand d'armes. A moins qu'il ne se soit déja réfugié dans l'entité sioniste, pays où il aurait "étudié" toujours selon grand papa. Probablement à l'école des terroristes qu'on affuble du doux nom de "Tsahal," si ce n'est à celle du Mossad ou encore des deux.

Grand père nous précise que toute cette affaire est de la faute de personnes qui jalousent la ré&ussite de son petit fils qu'il n'hésite pas à qualifier de "génie." (à mon avis plus proche de Rambo que de Rimbaud).

En bas de page, je vous propose un petit jeu qui consiste à identifier notre génie d'après photo. Cliquez sur les photos pour savoir si vous avez gagné.


Les Fédéraux s’intéressent à un jeune marchand d’armes de Miami Beach
par JAY WEAVER et LUISA YANEZ, The Miami-Herald (USA) 28 mars 2008
Traduit de l'anglais par Djazaïri

Au début de ce mois, le problème judiciaire le plus immédiat pour ce très jeune marchand d’armes de Miami Beach était une arrestation pour conduite sous l’emprise de drogues après une nuit à faire la fête à South Beach.

Mais cette semaine, la vie d’Efraim Diveroli est devenue bien plus compliquée.
Ce jeune homme de 22 ans a été informé officiellement que le contrat d’une valeur de 300 millions de dollars entre sa compagnie et l’US Army était suspendu car il est soupçonné d’avoir enfreint la loi américaine en vendant des munitions chinoises vieilles de plusieurs dizaines d’années et destinées aux soldats Afghans, ont déclaré les autorités fédérales.
Selon des sources judiciaires proches du dossier, Diveroli fait aussi l’objet d’enquêtes criminelles par des services fédéraux à Miami et à Washington. Et une commission parlementaire de contrôle effectuera une audition publique le mois prochain au sujet des contrats gouvernementaux octroyés à sa compagnie, AEY Inc.
Nous n’avons pas pu joindre Diveroli. Son grand père, Angelo Diveroli, 72 ans, qui réside à North Miami-Dade County, a pris sa défense ce jeudi en affirmant qu’il était accusé de vendre des armes trop vieilles par des «concurrents jaloux.»
« C’est une honte parce que mon petit fils est un génie, » explique le grand père. « C’est un génie pour tout ce qui a trait aux armes. Quand il était petit, je l’emmenais aux expositions d’armes et il était capable de reconnaître chaque modèle de fusil. Les gens demandaient : « Comment peut-il faire ça si jeune ? Je leur disais qu’il avait un don. »
Hy Shapiro, son avocat à Miami, a indiqué jeudi que la société de son client avait reçu la notification de suspension mercredi mais attendait d’autres éléments d’information de la part de l’armée.
« Je ne suis disposé à faire aucune déclaration pour l’instant.»
L’histoire improbable d’un homme aussi jeune remportant un aussi lucratif contrat militaire avait été rapportée initialement par le New York Times qui avait détaillé l’histoire de Diveroli comme celle d’un indépendant de l’armement qui aurait trompé l’armée en déclarant que la plupart de ses cartouches pour mitrailleuses venaient de Hongrie.
D’après le Times, beaucoup de ces munitions provenaient de stocks vieillissants de l’ex bloc communiste – mais également de Chine.
L’Inspection Générale du Département de la Défense aussi bien que les services des douanes enquêtent sur le présumé réseau de trafic d’armes de Diveroli, rapporte le Times.
La suspension du contrat de Diveroli, remporté par sa compagnie suite à un appel d’offres concurrentiel l’an dernier dépend provisoirement du résultat des investigations.
Dans une copie de la notification de suspension obtenue auprès de l’armée, on lit que le 25 novembre 2007, Diveroli avait donné aux responsables militaires des informations «fausses ou trompeuses.» Selon la notification, Diveroli avait indiqué que les lots de cartouches pour AK 47 et autres fusils d’assaut avaient été fabriqués en Hongrie entre 1965 et 1975 mais que l’armée a découvert qu’en fait, la plupart de ces munitions avaient été fabriquées en Chine entre 1962 et 1974.
Dans la notification de suspension datée du 25 mars, les responsables de l’armée évoquent une « prohibition » des ventes au gouvernement US de munitions de type militaire provenant de Chine communiste.
Dans un document lié à cette affaire, l’armée résume l’histoire de la compagnie de Diveroli, AEY, fondée en 1999 par son père à Miami Beach, notant qu’elle avait démarré avec la revente de surplus, la vente en gros de ferraille et de matériels réformés.
La fortune de Diveroli est arrivée avec les interventions militaires américaines en Irak et en Afghanistan.
La compagnie signa son premier contrat avec l’armée en 2004, ce qui lui rapporta plus de 1 million de dollars. Mais le commerce de Diveroli avec le Département le la Défense s’accrut de manière si importante qu’il s’adjugea des contrats pour une valeur de 200 millions de dollars l’an dernier. Le plus important tenait à la fourniture de munitions pour la police et l’armée afghanes qui combattaient al Qaïda et les rebelles Talibans.
Tous ces contrats avec le gouvernement transformèrent le style de vie de Diveroli.
« En ce moment même, il se trouve à l’étranger pour satisfaire aux commandes en armement du gouvernement, » explique son grand père. « Il fait ce travail pour aider le gouvernement américain. Ils s’en prennent à lui parce qu’il est jeune, mais c’est quelqu’un qui travaille dur. Il trime comme un chien.»
Angelo Diveroli, qui est d’origine juive italienne et avait quitté Rome pour s’installer aux USA, dit que son petit fils est né à Miami Beach et a fréquenté des écoles en Europe, en Israël et au Nord-est des Etats-Unis.
Le grand père dit savoir peu de choses sur la vie privée de son petit fils. Il habite dans immeuble en copropriété sur la 38ème rue et a un bureau sur Arthur Godfrey Road.
« C’est un homme jeune. Il a des petites amies et il sort, » déclare Angelo Diveroli.
Les archives judiciaires du tribunal de Miami-Dade montrent que depuis qu’il réside à Miami Beach, le très jeune président d’AEY a eu plusieurs démêlés judiciaires mais pas de condamnations criminelles,
Depuis 2005, Diveroli a été accusé d’avoir agressé physiquement et harcelé une ex petite amie. Il a aussi été arrêté sur l’accusation d’avoir frappé l’employé du parking de sa copropriété. Selon la police, il était porteur d’un faux permis de conduire de Floride sur lequel il apparaissait âgé de quatre ans de plus qu’en réalité.
Sa dernière affaire avec la loi est encore en cours. Ce mois-ci, le 5 mars Diveroli a encore été arrêté par la police de Miami Beach – cette fois pour conduite en état d’ivresse.
Il avait été libéré sous caution de 1000 dollars le jour même, déclare Janelle hall, porte parole du tribunal correctionnel de Miami-Dade. Il doit être jugé le 11 avril.
Diveroli est peut-être le seul fournisseur agréé par le gouvernement US disposant d’un compte MySpace. Il l’a maintenu actif jusqu’en 2005. Dans sa biographie, il se décrit lui-même comme «un type super bien.»
Et il confesse : «J’ai eu des problèmes au lycée alors j’ai été obligé de travailler pendant l’essentiel de mon adolescence et j’ai probablement grandi trop vite. J’ai finalement pu avoir un appartement convenable et je suis satisfait pour le moment, cependant j’ai surtout envie de réussir vraiment avec mon affaire et ça prend beaucoup de mon temps.»