dimanche 3 janvier 2010

Kalvarisky, ou les problèmes de conscience d'un spoliateur

Dans leur majorité, les sionistes, comme beaucoup de délinquants, vivent en paix avec leur conscience: voler, assassiner ne sont des problèmes moraux pour eux que dans la mesure où quelqu'un, c'est-à-dire leur victime, les "oblige" à le faire. C'est tout le drame de la "conscience" sioniste que rend l'expression "Tuer et pleurer." Golda Meir avait formulé ce pseudo-drame de conscience de manière moins elliptique en accusant les Arabes de les obliger, eux sionistes, à tuer leurs enfants tant il est "vrai" que les Palestiniens sont allés chercher les colons sionistes en Roumanie, en France ou en Pologne pour les soumettre à ce cruel dilemme.

Il est cependant arrivé que des sionistes éprouvent de réelles difficultés avec leur concience et cela semble avir été le cas d'un certain Haim Margaliot Kalvarisky, agronome de son état, qui était missionné pour acheter des terres aux Arabes en vue de les livrer à la colonisation.
Dans le texte que je vous propose, on nous montre une personne qui semble réellement souffrir de participer à ce qu'elle-même appelle la dépossession (qu'on peut traduire aussi par spoliation) des paysans Palestiniens.

Vous me direz que ces terres sont légalement achetées, en quoi peut-il être question de "dépossession"? Simplement parce que ces terres ne sont pas achetées aux payasans considérés qui n'en sont souvent que les métayers ou les fermiers, parfois depuis plusieurs générations, mais à de gros propriétaires absentéistes. Et que non seulement la cession de la terre entraîne l'exclusion des paysans indigènes, mais une terre devenue "juive" ne pourra ultérieurement être cédée à un non Juif.

On remarquera aussi qu'acheter une parcelle de terre ne signifie pas normalement qu'elle en vienne à acquérir un statut d'extra-territorialité: ainsi si demain vous achetez un lopin de terre dans le Cantal, vous auriez quelques problèmes avec les pouvoirs publics si vous le proclamiez en tant que partie d'un territoire désormais non soumis aux lois de la république française (c'est la principale différence entre immigration et colonisation).
Kalvarisky n'a rencontré, dans sa tentative désespérée de trouver une issue satisfaisante pour tous, qu'indifférence et méfiance auprès de l'establishment sioniste. On comprend pourquoi.


par Abigail Jacobson, Haaretz (Sionistan) 31 déc. 2009 traduit de l'anglais par Djazaïri

Malheureusement pour la mémoire d'Haim Margaliot Kalvarisky (1868 – 1947) – qui achetait des terres en Galilée pendant l'époque pré-étatique pour le compte de la Jewish Colonization Association – la discussion sur sa vie s'est récemment passé de la rubrique culturelle des journaux au tribunal. La famille de Kalvarisky a décidé de poursuivre en justice l'écrivain Alon Hilu pour avoir, selon elle, rendu compte de manière déformée de la personnalité de son proche dans son roman « Ahuzat Dajani » ('LaMaison Dajani'). La dispute entre les Kalvariskys et Hilu soulève naturellement certaines questions fondamentales sur le degré de liberté qu'un auteur peut prendre dans une fiction historique;elle offre aussi, cependant, une opportunité de sauver de l'oubli une figure historique qui a été quelque peu oubliée, et pas par accident.

Kalvarisky est né en Pologne en 1867 et est venu en Eretz Israël en 1895. Agronome de formation, il a passé de nombreuses années à manager des communautés agricoles en Galilée. Une partie de son travail consistait à acheter des terres aux habitants Arabes de la région pour y développer la colonisation juive,mais diverses sources, dont de nombreuses trouvées dans les Archives Centrales Sionistes – indiquent clairement qu'il a sincèrement et profondément ambivalent au sujet de la relation du mouvement sioniste avec les Arabes. En 1919, il devint le principal agent de liaison du mouvement avec les dirigeants Arabes et fonda même « l'Arab National Society, » qui était financée par le mouvement sioniste dans le but de contrebalancer les activités des dites organisations islamo-chrétiennes qui s'opposaient au sionisme dans les premières années du mandat britannique sur la Palestine.

Finalement, Kalvarisky devint un des principaux militants de l'organisation Brit Shalom qui plaidait pour la promotion de la compréhension mutuelle entre Juifs et Arabes en Palestine.

Dans la mémoire collective palestinienne, Kalvarisky est perçu comme un agent sioniste qui a persuadé, parfois par la corruption, des Arabes de vendre leurs terres aux Juifs. En revanche, sa personnalité a pratiquement disparu de la mémoire collective sioniste, peut-être à cause de son engagement ultérieur dans Brit Shalom. Mais la distinction binaire entre le « collaborateur sioniste » et un homme qui refuse de se conformer à l'idéologie sioniste est trop simpliste, et elle ne rend pas justice à la personnalité complexe de Kalvarisky qui, encore jeune, était conscient de l'accroissement des tensions entre Juifs et Arabes en Palestine.

En 1919, à l'invitation du prince Hachémite Fayçal, Kalvarisky présenta au Congrès Général Syrien un plan pour un accord judéo-arabe. Le plan contenait ses points à première vue contradictoires. Dans sa première partie, Kalvarisky déclare que « La Palestine est la patrie de tous ses citoyens:Musulmans, Chrétiens et Juifs sont tous citoyens avec des droits égaux. »

La seconde partie reprend l'esprit de la Déclaration Balfour et reconnaît la Palestine comme le foyer national du peuplejuif qui a besoin d'un territoire afin de réaliser ses aspirations nationales et culturelles. Cependant, poursuit Kalvarisky, aucune religion ne doit avoir de prééminence en Palestine, et les membres de toutes les confessions doivent avoir un statut égal et ne pas faire l'objet de discrimination. Selon ce concept, l'immigration juive en Palestine ne devait pas être soumise à restriction parce qu'aussi bien le capital que la main d'oeuvre juifs étaient profitables au territoire – et à ses habitants (Central Zionist Archives document A113/1).

Adopté dans son principe par le Congrès Syrien, le plan de Kalvarisky reflète les contradictions internes auxquelles il a été confronté. D'un côté, il acceptait l'esprit de la Déclaration Balfour; de l'autre, il appelait à l'égalité pour tous les habitants de la Palestine. Pourtant Kalvarisky lui-même ne semble pas avoir pensé que son plan était contradictoire en soi. Quand il le présenta au comité intérimaire sioniste [la représentation politique provisoire de la communauté juive pré-étatique] en juin 1919, il soutint que « l'accord judéo-arabe n'exigeait pas de nous d'abandonner quoi que ce soit de notre programme fondamental. Eretz Israël devra être notre foyer national, l'hébreu devra être reconnu comme langue de ce territoire à côté de l'arabe..? L'immigration juive et la colonisation devront être complètement libres... Et en même temps, nous ne devons pas ignorer les besoins de nos voisins. Parce que nous ne devons pas construire notre foyer national sur la destruction de celui des autres. Si nous suivons cette règle – que nous ne devrions pas faire aux Arabes ici ce que nous ne voulons pas que les Gentils nous fassent dans la diaspora – je suis sûr que cet accord avec les Arabes peut entrer dans les faits et sera une bénédiction pour nous. » (CZA 8777/J1, pgs. 108-109).

La 'question arabe'

L'expression la plus claire de l'ambivalence de Kalvarisky quant à son rôle dans le mouvement sioniste peut s'observer dans les tout premiers moments de la session de ce même comité. Débutant avec une touche personnelle, Kalvarisky expliqua comment sa propre histoire personnelle avait contribué à sa prise de conscience de la « question arabe: » « La question des Arabes m'est apparue dans toute sa gravité dès le premier achat de terre que j'ai effectué ici, quand j'ai eu pour la première fois à me confronter au fait de déposséder des habitants Arabes de leur terre pour permettre à nos frères de s'y établir... J'ai alors vu à quel point le bédouin est attaché à sa terre. Pendant mes 25 ans de travail de colonisation, j'ai dépossédé de nombreux Arabes de leurs terres et vous comprenez que ce travail – déposséder des gens de la terre où ils, et peut-être leurs ancêtres, sont nés – n'est pas du tout quelque chose de facile, spécialement quand le spoliateur ne considère pas les spoliés comme un troupeau de moutons mais plutôt comme des personnes avec un coeur et une âme.

« Je devais pratiquer ces dépossessions parce que le Yishouv [la communauté juive pré-étatique] l' exigeait de moi,maisj'ai toujours essayé de les faire en douceur de sorte à ce que le dépossédé ne le ressente pas trop durement...J'ai aussi essayé de faire en sorte que le dépossédé ne quitte pas sa terre les mains vides et de m'assurer que les effendis – qui étaient toujours les pourvoyeurs, les intermédiaires entre acheteurs et vendeurs – ne les volent pas... Dès le début de mon travail ici, je suis entré en contact avec les Arabes et la question arabe » (CZA 8777/J1, pgs. 104-105).

Ces lignes pourraient avoir valeur d'exemple de la fameuse maxime israélienne « tuer et pleurer, » et pourtant, personne ne peut ignorer le courage de Kalvarisky quand il utilise le mot « dépossession » : un terme fort et sans ambigüité dans le contexte du débat sur les achats de terres par les sionistes.

En opposition à l'état d'esprit des dirigeants sionistes des débuts de la colonisation juive en Palestine, la personnalité de Kalvarisky apparaît particulièrement fascinante. Elle rejoint celles d'autres, comme les journalistes et militants de Jaffa Nissim Malul et Shimon Moyal qui ont oeuvré pour le mouvement sioniste mais se sont exprimés avec force contre son traitement des Arabes et son refus de reconnaître la « question arabe. » Les écrits, les lettres et les discours de Kalvarisky témoignent de façon répétée de son ambivalence devant sa propre entreprise – des actes immoraux vis-à-vis des Arabes mais aussi une mission à caractère national. Sa vision du problème, aussi naïve qu'elle puisse sembler, reste hautement pertinente par rapport à nombre de dilemmes auxquels la société israélienne doit aujourd'hui faire face.

samedi 2 janvier 2010

Attentat du Vol 253: Obama va-t-en guerre malgré le témoignage obstiné (bientôt désespéré) de Kurt Haskell

Selon le président Obama, c'est bien l'organisation al Qaïda qui est l'instigatrice de l'attentat à la culotte piégée qui visait le vol 253 reliant Amsterdam à Détroit. Peu importe si des signaux susceptibles d'alerter les services de sécurité des Etats Unis sur la dangerosité d'Umar Farouk Abdulmutallab avaient été fâcheusement ignorés par les mêmes services pourtant dûment informés.




Et peu importe surtout, l'insistance de Kurt Haskell, cet avocat qui se trouvait dans l'avion, qui réaffirme avoir vu quelqu'un aider le terroriste à franchir sans trop d'encombre les contrôles douaniers à l'aéroport d'Amsterdam en faisant intervenir le prestataire en matière de sécurité de l'aéroport.



Haskell ne se voit pas comme un conspirationniste (il ne se rend d'ailleurs pas compte qu'il est en train d'élaborer une théorie du complot); il ne comprend tout simplement pas que son témoignage ne soit pas pris en compte et aussi qu'on l'ait laissé, ainsi que les autres passagers, peut-être à la merci d'une autre explosion, soit dans l'avion lui-même, soit dans l'aérogare où les passagers étaient confinés.



Parce que ce jour là, il y a eu deux arrestations et non une seule...



Maintenant, je pense que Haskell devra méditer sur "le pot de terre et le pot de fer," c'est-à-dire sur le poids de la vérité de sa parole opposé à celui de la machine de propagande qui parle par grands organes de presse et politiciens interposés. Car si Haskell ne s'est pas exprimé sur un média marginal (c'est-à-dire qu'il s'est exprimé sur un site web qui a pignon sur rue, n'est ni conspirationniste,ni crypto-communiste où que sais-je encore), sa parole n'a pas eu l'opportunité d'être reprise par d'importants média écrits ou audio-visuels.



Les choses pourraient changer, mais il sera de toutes façons trop tard: le Yémen et al Qaïda ont été pointés du doigt comme l'Irak l'a été hier par la machine politico-médiatique des Etats Unis.


par Aaron Foley
MLive.com (USA) le 31 décembre 2009 traduit de l'anglais par Djazaïri

Suite à une visite d'agents du FBI concernant un témoignage oculaire présenté d'abord sur MLive.com, l'avocat Kurt Haskell, de l'Etat du Michigan, a décrit cette visite dans la section commentaires de Mlive.com ce mercredi.

Haskell et son épouse Lori étaient à bord du vol 253 quand Umar Farouk Abdulmutallab a, présume-t-on, tenté de détruire l'avion. Ils disent qu'un autre homme a essayé d'aider Abdulmutallab à embarquer dans l'avion à Amsterdam.
Haskell a rédigé deux billets détaillés. Voici la première partie:
Aujourd'hui est la deuxième pire journée de ma vie après le 25 décembre 2009 [jour de la tentative d'attentat]. Aujourd'hui j'ai réalisé que mon propre pays me mentait ainsi qu'à tous mes compatriotes. Je m'explique.

Depuis que je suis descendu du vol 253, je répète ce que j'ai vu dans la zone des douanes américaines. Spécifiquement, 1 heure après notre sortie de l'avion, des chiens renifleurs d'explosifs sont arrivés. Pendant tout ce temps, tous les passagers avaient leurs bagages à main avec eux. Quand les chiens renifleurs sont arrivés, un chien a trouvé quelque chose dans le bagage d'un homme de type indien [d'Inde] âgé d'une trentaine d'années.Ce n'est pas l'homme "bien habillé" dont j'avais parlé. J'évoquerai cet homme en parlant de "l'homme en orange." L'homme en orange s'est trouvé tout le temps à environ 6 mètres de moi jusqu'à ce qu'il soit emmené pour être fouillé et interrogé dans une pièce voisine. A ce moment là, il n'était pas menotté. Quand il est sorti de la pièce pour être emmené, il était menotté. A ce moment là, un agent du FBI est venu devant le reste des passagers et a dit ce qui suit (citation approximative) "Vous allez tous être transférés dans un autre secteur parce que celle ci n'est pas sûre. Je suis certain que beaucoup d'entre vous ont vu ce qui vient de se passer (faisant référence à l'homme en orange) et êtes assez intelligents pour lire entre les lignes et comprendre." Nous avons alors quitté la zone de récupération de bagages et marché dans un long couloir. Pendant tout ce temps et jusqu'à notre sortie de la zone douanière, personne à moins d'être un membre de la police ou un passager de notre vol n'a été autorisé à accéder à la zone de notre terminal (voire même tout le terminal). Le FBI était si inquiet pendant cette période que nous n'avions pas le droit d'utiliser les toilettes sans être individuellement accompagnés par un agent du FBI, nous n'étions pas autorisés à boire ou à manger, ni à envoyer des textos ou à appeler quiconque. J'ai répété cette même histoire ces cinq derniers jours. Le FBI a, depuis notre atterrissage, affirmé qu'un seul homme avait été arrêté pour l'attentat contre l'avion (contredisant ma version). Cependant, plusieurs autres passagers se sont manifestés ces derniers jours, ont soutenu mes affirmations et mis la pression sur le FBI et la police des frontières pour qu'ils disent la vérité. Plus tôt dans la journée, j'ai entendu deux différents journalistes dire qu'un service fédéral (le FBI ou la douane) admettait désormais qu'un autre homme avait été placé en rétention (et sera détenu pour une durée indéterminée) vu que notre avion s'est posé pour des "raisons relatives à l'immigration." (règles d'entrée sur le territoire) Notez que cet homme a été placé en "rétention" et non "arrêté", ce qui est un charmant stratagème du FBI pour distordre la vérité sans mentir.

Juste une question, se pourrait-il que cet homme en orange soit dépourvu de passeport?

Cependant, quelques heures plus tard, la police des frontières a changé à nouveau sa version des faits. Cette fois, M. Ron Smith, des douanes, affirme que l'homme qui a été interpellé "a été placé en détention, mais déclare à la presse que cette personne était passager sur un autre vol." M. Ron Smith, vous prenez les Américains pour des imbéciles. Voyons un peu la plausibilité de cette histoire (après que vous l'ayez modifiée à deux reprises). Pour admettre la véracité de votre version, nous devons croire que:

1. Le FBI et la douane laissent des passagers d'un autre vol se mêler aux passagers du vol 253 alors que la plus importante enquête depuis huit ans est en cours. J'ai déjà signalé qu'aucune personne qui n'était pas un passager ou un membre des forces de l'ordre ne se trouvait dans notre secteur pendant tout le temps où nous avons été retenus par les douanes.

2. Le FBI et la douane, tout en retenant les passagers du vol 253 dans le cadre de ce qui est peut-être la plus importante enquête depuis la dernière attaque terroriste [septembre 2001],et malgré qu'ils n'aient laissé aucun passager du vol 253 manger, boire, passer un appel ou utiliser les toilettes, laissent les passagers des autres vols piétiner la zone au risque de contaminer des indices.

3. Il faut croire à ce qui précède (1 et 2) en dépit du fait que pendant ce temps, aucun des autres vols n'a autorisé les passagers à débarquer des avions et que ces derniers ont tous été bloqués sur les pistes pendant au moins la première heure de notre période de rétention.

4. Il faut croire que l'homme qui se trouvait à 6 mètres de moi depuis notre entrée aux douanes venait d'un mystérieux avion qui n'a jamais atterri, a fait débarquer ses passagers et laissé cet homme se faufiler dans notre groupe de passagers en dépit d'une sécurité extrêmement renforcée à ce moment là (i.e. on ne pouvait même pas boire).

5. Le FBI et la douane amenaient de mystérieux passagers venus d'autres vols dans le secteur où on nous retenait pour contaminer les indices et permettre des discussins avec les suspects du vol 253, ou encore pour permettre l'échange de bombes, d'armes ou d'autres dispositifs entre les mystérieux passagers des autres vols et ceux du vol 253.


Sérieusement M. Ron Smith, jusqu'à quel point prenez-vous les Américains pour des idiots?

La troisième version de M. Ron Smith est une plaisanterie absolument improbable. Je vous encourage, M. Ron Smith, à débattre publiquement avec moi où et quand vous voudrez pour que le peuple américain voie qui est crédible et qui ne l'est pas.

Je pose la question, cette version n'est-elle pas plus plausible:

1. La police des frontières et le FBI ont réalisé avoir merdé et ne veulent pas reconnaître avoir laissé les passagers du vol 253 pendant 20 minutes sur le tarmac dans un avion où se trouvait une bombe.

2. La police des frontières et le FBI ont réalisé avoir merdé et ne veulent pas reconnaître avoir laissé les passagers du vol 253 dans la zone de douanes pendant 1 heure avec une bombe dans un bagage à main

3. La police des frontières et le FBI ont réalisé que l'homme en orange renvoie à quelque chose de plus vaste que la théorie du terroriste isolé qu'ils défendent.


M. Ron Smith, je vous encourage à sortir de votre petit bureau et à venir avec une version 4 plus crédible de votre histoire.

Haskell a poursuivi ses commentaires dans un autre billet sur MLive.

Ces cinq derniers jours, j'ai relaté mon histoire sur "l'homme bien habillé." Pour ceux qui n'ont pas lu mon témoignage, il implique un "Indien" élégamment vêtu qui négociait avec un agent du comptoir d'embarquement pour laisser un supposé "réfugié Soudanais" (le terroriste) monter dans le vol 253 sans passeport. Je n'ai aucune idée de comment les choses se sont goupillées sauf à constater que le soit disant "réfugié Soudanais" a embarqué par la suite dans mon vol et qu'il a essayé de le faire sauter et de me tuer. A aucun moment mon récit ne laissait entendre , où même considérait comme important, le fait que le terroriste dispose ou non d'un passeport. L'important dans mon récit était et reste la tentative (réussie apparemment) par le complice d'un terroriste, présentant toutes sortes de caractéristiques de nature à donner l'alerte, de contourner les procédures normales de vérification de passeport à l'embarquement à Amsterdam. En passant, les services de sécurité d'Amsterdam se sont manifestés l'autre jour pour admettre que le terroriste n'avait pas eu à "passer par les procédures normales de contrôle de passeport."

Messieurs des services de sécurité d'Amsterdam, SVP, expliquez à l'opinion américaine ce qu'est une "procédure norme de contrôle de passeport à l'embarquement."

Voyez-vous, le FBI voudrait que l'opinion américaine pense que ce qui était important était de savoir si le terroriste avait effectivement un passeport.

Réfléchissez-y sérieusement. On a un auteur d'attentat suicide qui se trouvait récemment au Yémen spécialement pour préparer un attentat, que le père a signalé en tant que terroriste, qui était supposé se trouver sur une sorte de liste de terroristes présumés aux Etats Unis, et qui savait probablement que les Etats Unis étaient au courant de sa dangerosité. Pourtant, il n'est pas passé par la "procédure normale de contrôle de passeport." Qu'est-ce que cela signifie? Peut-être a-t-il exhibé en coulisses son passeport à une sympathique responsable de la sécurité pour éviter un examen plus précis des signaux d'alerte. Qu'importe s'il avait un passeport. Ce qui importe, c'est qu'il ne voulait pas le présenter et d'une manière ou d'une autre a évité un contrôle plus serré et "la procédure normale de vérification du passeport." Chaque passeport comporte un code barre qui peut être scanné pour fournir un tas d'informations sur la personne. Je parie que le contrôle du passeport du terroriste a omis la lecture de son code barre (qui aurait pu révéler des informations compromettantes sur le terroriste).

Notez SVP qu'il est très facile de vérifier la véracité de mon premier récit sur "l'homme bien habillé." La police hollandaise a reconnu avoir visionné la vidéo où on voit cet "homme bien habillé" dont je parlais. Notez qu'elle n'a pas été rendue publique. Voyez-vous, si mon témoignage est faux, on peut aisément le prouver en rendant publique cette vidéo. Cependant, la preuve de la véracité de mon témoignage pourrait aussi être attestée si je dis la vérité, et je dis la vérité. Il y a une raison pour laquelle nous avons entendu parler de la vidéo mais ne l'avons pas vue. Autorités hollandaises, "RENDEZ CETTE VIDEO PUBLIQUE!" C'est la plus importante vidéo de ces huit dernières années et elle ne dure peut-être que deux minutes. Montrez l'intégralité de la vidéo et "NE LA TRAFIQUEZ PAS!" L'opinion américaine mérite d'avoir la possibilité d'essayer d'identifier "l'homme bien habillé." Je ne doute pas que si cette vidéo contredisait mon témoignage, elle aurait déjà inondé le web mondial.

Au lieu de la vidéo, nous avons eu une déclaration selon laquelle la vidéo avait été visionnée et que le terroriste avait un passeport. Toutes ces déclarations ont été faites de manière intéressée par le FBI en jouant sur la sémantique et toutes ignorent l'importance de mont premier témoignage sur "l'homme bien habillé." L'important étant que l'homme [le terroriste] a "essayé d'embarquer dans l'avion avec l'aide d'un complice et sans passeport." L'autre point important est que seule la vidéo de surveillance de l'aéroport peut confirmer mon témoignage et qu'elle n'a pas été rendue publique.

Qui décide de l'ordre du jour dans cette enquête et qui n'en décide pas? Réfléchissez-y pendant une petite minute.

vendredi 1 janvier 2010

L'holocauste par le mariage

Un texte d'Aliza Lavi, paru dans l'édition de ce jour d'un grand journal de l'entité sioniste nous donne l'occasion de revenir sur le caractère étrange de la conception du judaïsme par le sionisme. Cette personne, fort mignonne au demeurant, saisit l'occasion des fiançailles de Chelsea, la fille de Bill et Hillary Clinton avec le fils d'une riche famille juive américaine pour souligner le danger des mariages entre juifs et non juifs.




D'aucuns apprécieront sa comparaison de ce genre de mariages avec ce qu'on appelle l'holocauste, soit la tentative d'extermination des Juifs européens par le nazisme. L'auteur nous apprend qu'il y a eu en réalité plusieurs holocauste antérieurs en raison de ces fameux mariages mixtes.




Bon, elle ne pousse pas le bouchon jusqu'à taxer Mlle Clinton d'antisémite, mais on n'en passe pas loin.




La conception du judaïsme manifestée par ce texte n'est en rien spirituelle mais à mi-chemin entre une conception raciale et nationale tout simplement parce que l'auteure tente de résoudre à sa manière des contradictions qui restent cependant insolubles.




En effet, Aliza Lavi met en garde contre le danger à relativement court terme que posent les mariages mixtes à la communauté juive américaine, elle reconnait implicitement que ce danger est d'autant plus grand que les portes de la conversion au judaïsme restent le plus souvent à peine entrouvertes pour ceux qui souhaiteraient adhérer à la religion juive. Elle plaide donc pour un rabbinat plus ouvert à l'accueil des convertis car cet accueil doit se faire selon la loi juive. Mais comme ce sont les rabbins qui décident de ce qu'est l'application de la loi juive, il faut que retirer cette affaire aux religieux en désignant... des rabbins plus flexibles. Les positions de Mme Lavi ont moins à voir avec un motif spirituel qu'avec un motif national. Et c'est donc la nation, c'est-à-dire l'entité sioniste qui doit prendre cette affaire en charge sous peine de perdre ses "enfants au profit d'autres religions, d'autres peuples et d'autres nations". En une seule phrase, nous retrouvons l'intrication de ces trois termes; religion, peuple et nation.




On pointera certaines erreurs, par volonté ou ignorance, de Mme Lavi. Elle signale par exemple que, contrairement au christianisme et à l'Islam, le judaïsme n'est pas prosélyte. Ce n'est certes plus le cas, mais il n'en a pas toujours été ainsi et l'action prosélyte du judaïsme dans le Maghreb antique est bien connue. La fin du prosélytisme date de la prise en main de ce qu'on appelle judaïsme aujourd'hui par le rabbinat et la mise au pas d'une forme de judaïsme universaliste et non sectaire (le karaïsme).




Elle note concomitamment que le judaïsme, n'a été prosélyte ni par la persuasion et encore moins par la force. Cette affirmation n'a de valeur que lorsque le judaïsme est dépourvu d'Etat, ce qui a généralement été le cas avant l'instauration de l'Etat sioniste. Mais si nous prenons le cas du Yémen ancien, avec présence d'un Etat juif, nous observons un comportement tout à fait différent avec un roi Juif qui donne aux Chrétiens le choix entre la conversion au judaïsme ou la mort.



Le problème des mariages mixtes n'est pas une question religieuse, mais une affaire nationale
par Aliza Lavi, Yedioth Aharonoth (Sionistan) le 1er janvier 2010 traduit de l'anglais par Djazaïri

Chelsea Clinton, la fille d'une des familles les plus en vue de la classe politique américaine, a choisi un Juif pour mari. Le futur époux, Marc Mezvinsky, appartient à une famille du monde des affaires et de la politique. Preuve supplémentaire qu'on peut trouver des juifs au cœur même de l'establishment américain. L'ancien président et l'actuelle secrétaire d'Etat seront les beaux parents d'un Juif.

Avec toute notre reconnaissance et notre vieille amitié pour Bill et Hillary Clinton, et en dépit du fait que l'image de cette dernière joue le rôle d'exemple pour de nombreuses femmes dans le monde - on pourrait envisager cette même histoire sous un angle opposé et la considérer comme un motif de préoccupation.

Un type, membre d'une famille juive, fait un mariage mixte. On n'a aucune indication selon laquelle Chelsea Clinton envisage de se convertir au judaïsme. Et peut-être Marc, comme beaucoup de Juifs de sa génération; va-t-il épouser la femme qu'il aime sans se poser des questions en apparence obsolètes.

Bill et Hillary Clinton sont des amis sincères d'Israël et du peuple juif. Quand Hillary s'est exprimée, en qualité de première dame, le jour en mémoire de Yitzhak Rabin, elle avait commencé son discours par des citations de section hebdomadaire de la Torah. Peu de politiciens Israéliens le font. Ce faisant, Hillary montrait sa proximité intime avec le peuple juif et son patrimoine. Pendant la bataille pour la restitution des avoirs des victimes de l'holocauste conservés dans les banques suisses, c'est Hillary qui avait engagé Bill à agir pour le bien de la justice historique. Mais néanmoins, nos enfants ne peuvent pas se marier dans la famille Clinton.

Le nombre de mariages mixtes dans la diaspora a augmenté de 200 % ces 50 dernières années. Environ 55 % des mariages conclus par des Juifs sont mixtes. Dans un quart des familles, les enfants de la prochaine génération ne seront plus Juifs et auront, au mieux, une vague lien avec leurs racines juives. Une projection dans l'avenir montre qu'en l'espace de quelques générations, la communauté juive américaine aura pratiquement disparu, en dehors de sa composante religieuse et ultra orthodoxe.

Il y a des limites
Certains diront que je suis vieux jeu et raciste. Certains diront, "Pensez-vous vraiment que nous avons le droit de faire obstacle?" Et il y a ceux qui, comme certains de mes amis, qui disent qu(il y a si peu de différences entre les jeunes gens d'aujourd'hui qu'elle-même ne s'était pas rendue compte que sa fille s'était fiancée avec un Gentil avant que d'assister au mariage à l'église du frère de son futur gendre.
Ma réponse à ces arguments est la suivante: Oui, il y a des limites. La faculté du peuple juif à continuer à exister et à survivre à travers les générations repose, entre autres, sur le maintien du mariage à l'intérieur, et seulement à l'intérieur, de la communauté. L'assimilation et les mariages mixtes ont détruit des communautés complètes avant même l'holocauste.
La judaïsme, contrairement au christianisme et à l'Islam, n'est pas une religion missionnaire. Elle ne cherche pas à augmenter le nombre de ses croyants, ni par la persuasion et surtout pas en recourant à la force. Mais ce n'est pas non plus une religion fermée dans laquelle les gens ne peuvent pas entrer. Ceux qui souhaitent la rejoindre peuvent le faire, aux conditions de la loi juive. Ceux qui veulent épouser un homme ou une femme de confession juive peuvent se convertir. Les gens font des choses bien plus difficiles par amour.

Malheureusement, cette bataille semble presque perdue dans la communauté juive des Etats Unis. Mais du moins devrions nous, en Israël, parler en conséquence de ces mariages mixtes. avec plus de retenue et de façon moins colorée. En même temps, nous devons œuvrer à la nomination de juges rabbiniques qui soient sensibles et comprennent les nécessités de l'heure, qui permettront à ceux qui le veulent de se convertir. Les mariages mixtes ne sont pas un problème religieux mais un problème national. Ce n'est pas l'affaire des religieux. C'est l'affaire des juifs Israéliens qui risquent de perdre leurs enfants au profit d'autres religions, d'autres peuples et d'autres nations.

mercredi 30 décembre 2009

Le gouvernement canadien cesse de subventionner une ONG chrétienne au motif que... (j'ose même pas l'écrire)

Une affaire fait grand bruit en ce moment au Canada mais a apparemment quelque mal à trouver une résonnance de ce côté ci de l'Atlantique.


De quoi s'agit-il?

Une importante ONG chrétienne du nom de Kairos, a appris récemment que son programme de coopération avec l’Agence canadienne de développement international (ACDI) n’allait pas être renouvelé. Ce qui signifie suppression des subventions étatiques et surtout fin de bon nombre de projets. Une autre ONG du nom d'Alternatives, qui émane de la gauche, serait en passe de subir le même sort.

Le gouvernement canadien aurait donné pour toute explication: "It doesn’t fit our priorities" (ça ne correspond pas à nos priorités)

Kairos est un mot grec, ai-je appris sur le site de Témoignage Chrétien, qui signifie « moment de grâce que Dieu donne pour agir ».

Et justement, l'organisation Kairos a ce moment de grâce depuis un certain temps et s'est employé à aider ceux qui souffrent de par le monde, dont les Palestiniens. Et c'est bien ça qui ne colle pas avec les priorités d'Ottawa ainsi que l'a reconnu le ministre de l'immigration Jason Kenney qui s'exprimait devant un forum dans... l'entité sioniste, nous informe un article du Toronto Sun.

Kenney a cité la décision de cesser de subventionner Kairos comme un exemple des mesures que le gouvernement a pris pour lutter contre l'antisémitisme.

"Nous avons supprimé les financements d'organisations, dernièrement kairos, qui sont à l'avant-garde du boycott," a déclaré Kenney dans un discours vendredi.

Or, nous apprend la suite de l'article, si Kairos a bien été critique de certaines actions du gouvernement de Tel Aviv, cette organisation n'a jamais appelé au boycott de l'entité sioniste.

Mais M. Kenney a ses sources et elles sont dignes de foi:

Les services de Kenney ont souligné les critiques émises par une organisation sise en Israël. Le NGO Monitor (un organisme sioniste de surveillance des ONG) a affirmé que Kairos était "le principal soutien du mouvement de désinvestissement d'Israël au Canada," et a donné en 2007 une subvention de 25 000 dollars à Sabeel, une ONG palestinienne dont le dirigeant "emploie des thèmes et une imagerie antisémites."
Les services de Kenney ont aussi relevé un communiqué de presse du B'nai Brith (espèce de loge maçonnique juive) et de Charles McVety, président du Christian College, appelant le CIDA (organisme canadien d'aide au développement) de cesser de subventionner Kairos.
Vous me direz: que peut bien faire un ministre canadien de l'immigration en Palestine occupée qui est la terre où, selon les sionistes, les Juifs du Canada devraient émigrer en faisant leur aliyah? Et pourquoi aborde-t-il ces sujets?

Après tout, la grande majorité des Juifs du Canada n'ont pas immigré de Palestine occupée.

Eh bien, c'est que ce monsieur vient, peut-être chaque année, comme d'autres membres d'autres gouvernements apprendre comment gérer politiquement les ressortissants de son pays oririnaires de pays arabes ou musulmans. Et notamment à veiller à ce que ces citoyens Arabes ou Musulmans ne s'impliquent pas dans des sujets, disons, sensibles aux yeux du régime qui dirige le grand squat en Palestine.
 
Les sionistes n'ont qu'à continuer comme ça; à mon avis ils vont se faire de plus en plus d'amis.

Que ferait Jésus à Gaza?

Mon post sur "Jésus le musulman" a déchaîné les passions les plus stupides qu'on puisse imaginer. Or, ce post faisait simplement référence à la place de Jésus dans le Coran, place que tous ceux qui ont quelque notion d'histoire religieuse connaissent.


Le plus drôle, c'est de voir qu'apparemment certaines personnes comprennent le mot musulman comme ayant une signification ethnique ou ésotérique. Or, ce n'est pas le cas et musulman signifie simplement "soumis à Dieu." Et le Coran ne se veut rien d'autre qu'un rappel au monothéisme absolu, celui qui, toujours d'après le Coran, est la foi prêchée par tous les prophètes qu'ils se nomment Abraham (Ibrahim), Jacob (Ya'coub), Moïse (Moussa), David (Daoud), Salomon (Soulimane) ou encore Jésus (Aïssa). C'est dans cette tradition prophétique que s'inscrit précisément Muhammad, le messager de l'Islam.

Il y aurait beaucoup à dire, que ce soit d'un point de vue religieux ou profane, sur la place de l'islam et de l'Arabie dans cette histoire prophétique mais ceci n'est pas un blog dédié à la théologie, ni à l'histoire religieuse.

Bon, j'en profite pour vous faire connaître un autre article qui nous parle de Jésus, de manière beaucoup plus prosaïque car il s'agit d'un Jésus en quelque sorte impuissant, du fait de son absence ici-bas (à part dans le cœur de ceux qui croient en lui ou en sa mission) et que l'auteur appelle le président Obama à suppléer au nom tout à la fois de ses valeurs chrétiennes affichées et de son statut de dirigeant de la première puissance mondiale.

Publié dans Newsweek, donc un magazine très lu par les élites aux Etats Unis, cet article manifeste sans ambages l'agacement d'une frange sans doute substantielle de ces élites devant les atermoiements puis la quasi soumission du président Obama devant le régime sioniste et, mais ça notre journaliste ne peut pas le dire, devant le lobby sioniste aux Etats Unis.

Ce journaliste observe que le président, après des débuts en fanfare au Caire, semble se détourner de tout ce qui pourrait aller dans le sens d'une solution pacifique au conflit. Et notre journaliste met Obama devant sa propre contradiction; après avoir encouragé la résistance pacifique ou non violente à la place de l'action armée, voilà que la marche pacifique pour Gaza du 31 janvier offre une belle occasion à M. Obama de mettre en accord ses principes et son action. Et que le président ne la saisit pas, en encourageant comme il aurait pu le faire les autorités égyptiennes à faciliter les choses aux organisateurs de cette marche. Ceci dit, M. Obama peut-il ignorer que nombre de militants Palestiniens adeptes de la non violence croupissent dans les geôles sionistes s'ils ne sont pas parfois purement et simplement tués?

Personnellement, je vois dans cet article le pessimisme absolu d'une partie des élites des Etats Unis qui voient la puissance de leur pays s'affaiblir, au point d'être tenue en respect par un petit état voyou flanqué entre mer Méditerranée et mer Rouge; sans parler des guerres ruineuses dé^à en cours en Irak et en Afghanistan et celle peut-être à venir contre l'Iran.

A défaut de bonne année, je souhaite bon courage à nos amis Américains.



Obama parle d'amour du prochain tout en justifiant des guerres, mais au Moyen Orient, ni l'un ni l'autre ne fonctionnent
par Christopher Dickey, Newsweek (USA) 24 décembre 2009 traduit de l'anglais par Djazaïri

Il peut sembler hors de propos, même en cette veille de Noël, de nous demander ce que Jésus ferait en Terre Sainte aujourd'hui. Le réduit de Gaza, Jérusalem, la Judée et la Samarie sont des lieux où l'amour de Dieu a été supplanté depuis longtemps par la guerre pour la terre et la mauvaise volonté des hommes.Il y a maintenant un an,commençait la tentative sanglante et vaine d'Israël pour écraser le Hamas dans ce qui s'apparente à une prison géante pour un million de personnes. Les faiseurs de paix sont rarement heureux et souvent vilipendés, demandez seulement à l'envoyé spécial George Mitchell. Et la vérité rend rarement qui que ce soit libre comme l'a prouvé le rapport onusien basé sur les faits et rédigé par le juge Sudafricain Richard Goldstone qui a été dénigré à Washington et rejeté par Israël.

Mais étant donné que c'est Barack Obama qui est le président des Etats Unis, la question de Jésus a une pertinence aujourd'hui qu'elle n'aurait pas eu il y a un an. Non, Obama n'est pas le messie, ce n'est pas ce que je dis. Mais Obama a réellement employé le mot amour d'une manière que Jésus aurait comprise. Donc si la question de ce que jésus pourrait faire dans la Terre sainte d'aujourd'hui est toute théorique, la question de ce qu'Obama fera ne l'est pas. Et certaines de ses idées les plus chères sur la paix, l'amour et la compréhension mutuelle pourraient être mises à l'épreuve le 31 décembre, date à laquelle des militants espèrent mettre en branle une énorme marche de la liberté pour Gaza.
C'est précisément le genre de protestation qu'Obama appelait lui-même de ses vœux dans son adresse au monde musulman en juin dernier au Caire quand il avait dit que les Palestiniens devaient abandonner la violence et prendre exemple sur le mouvement des droits civiques aux Etats Unis, et sur d'autres luttes similaires par les peuples de l'Afrique du Sud à l'Asie du sud, de l'Europe orientale à l'Indonésie.

Un choix clair devrait s'opérer entre les politiques de terreur, d'occupation, le combat destructeur et le cynisme politique auxquels nous assistons depuis si longtemps de la part des dirigeants Palestiniens comme Israéliens, ou des politiques de désobéissance civile et de bon sens que souhaite Obama. Mais ne vous attendez-pas à entendre beaucoup parler de cette marche quand elle aura lieu, si même elle a lieu. L'Egypte et Israël pourraient rendre impossible la jonction entre les militants pour la paix et les marcheurs de Gaza. Il y a souvent des manifestations dans les territoires palestiniens, mais habituellement seul le sang attire l'attention des média et encore pas toujours.
La seule chance qu'une grande marche non violente ait un impact est qu'Obama lui-même en tienne compte. Mais depuis le Caire, il a été tenu en respect par les tenants de la ligne dure en Israël. Ainsi en juin, Obama a déclaré catégoriquement que les Etats Unis ne reconnaissaient pas la légitimité de la poursuite de la colonisation israélienne, ce qui semblait un acte de fermeté.Mais il a tôt fait de découvrir que le premier ministre Israélien Bibi Netanyahou ne se souciait pas vraiment de ce qu'Obama acceptait. Au terme d'un long bras de fer, Washington a finalement amadoué Netanyahou qui a annoncé un gel partiel temporaire de quelques quartiers d'habitations et maisons en Cisjordanie, mais la poursuite des projets publics et des constructions déjà engagés.

Oslo était une chance pour Obama de mettre les choses au point: soit il croit au pouvoir de la protestation non violente pour influer sur un avenir de paix au Moyen orient, soit il n'y croit pas.Mais alors qu'il lançait son appel aux Européens pour qu'ils dépêchent plus de troupes de l'OTAN pour la "guerre juste" en Afghanistan, il s'est complètement éloigné de son vieux thème sur le Moyen Orient. La conviction que la paix est désirable est rarement suffisante pour l'obtenir, a déclaré Obama. Un mouvement non violent n'aurait pas pu arrêter les armées d'Hitler. Des négociations ne peuvent pas convaincre les dirigeants d'al Qaïda de déposer les armes. Dire que le force peut être parfois nécessaire n'est pas un appel au cynisme - c'est une reconnaissance de l'histoire, des imperfections de l'homme et des limites de la raison.

C'est assez juste. Mais peu de conflits sont aussi évidents que la lutte contre les SS ou contre Oussama ben Laden.

Je me suis demandé quand Obama, cet admirateur de Gandhi et de Martin Luther King rendrait un hommage autre que verbal à leur grandeur en allant au fond de la question centrale pour la paix entre les Arabes et les Juifs. Dans les guerres contemporaines, beaucoup plus de civils que de soldats sont tués; les germes d'un futur conflit sont semés, les économies sont brisées, des sociétés civiles en lambeaux, des réfugiés entassés, des enfants effrayés, a-t-il dit à Oslo. Et ce n'est nulle part plus vrai qu'à Gaza. Mais Obama n'a pas mentionné Gaza.

Le président des Etats Unis a appelé toutes les nations, puissantes ou non, à se conformer aux normes internationales qui régissent l'usage de la force, mais sans aucune référence aux allégations très détaillées du rapport Goldstone ou autres qui accusent Israël et le Hamas d'avoir commis des crimes de guerre.

Je sais que discuter avec des régimes répressifs n'a pas la pureté satisfaisante de l'indignation, a déclaré Obama. Mais il parlait de l'Iran et de la Corée du Nord, de la Birmanie et du Zimbabwé. Il n'a pas dit que les Etats Unis devaient discuter avec le Hamas et il n'a pas encouragé les Israéliens à le faire.

Dans un passage retentissant, Obama a déclaré qu'aucune guerre sainte ne pouvait être une guerre juste. Car si vous croyez sincèrement que vous êtes porteur de la volonté divine, alors vous n'avez aucune raison de vous retenir, aucune raison d'épargner la femme enceinte, ou le médecin ou l'employé de la Croix Rouge, ni même une personne de votre propre religion. Une telle vision faussée de la religion n'est pas seulement incompatible avec l'idée de paix, mais je pense qu'elle est incompatible avec les buts mêmes de la foi - car la règle fondamentale de toutes les grandes religions est de se comporter avec autrui comme on voudrait qu'il se comporte avec nous. Mais Obama parlait-il des colons Israéliens extrémistes de Cisjordanie ou des forces israéliennes détruisant des usines, des fermes et des maisons à Gaza il y a un an? Ou du Hamas? Il n'a mentionné ni les uns ni l'autre.

Adhérer au principe de l'amour a toujours été le combat essentiel de la nature humaine, a déclaré Obama vers la fin de son discours, utilisant sans réserves ce mot qui est au cœur des Évangiles. Et Obama nous a appelés à tendre vers cette étincelle divine qui brille toujours dans l'âme de chacun. Mais sa seule référence spécifique au conflit en terre sainte qu'il a faite a été une remarque en passant que le conflit entre Arabes et Juifs semblait en train de se durcir.

Non, je ne sais pas ce que ferait Jésus, mais je sais ce qu'Obama devrait faire. Il peut faire sienne la plus importante conclusion du rapport Goldstone, qui est essentiellement un appel à Israël et au Hamas à s'engager dans un processus de vérité et de réconciliation similaire à celui qui a contribué à panser les blessures de l'apartheid. (Jusqu'à présent, le Département d'Etat a affirmé que le rapport était en réalité un obstacle à la paix). Et Obama devrait user de son autorité morale, tant qu'il en reste un peu, pour ouvrir la voie à la protestation pacifique à gaza au lieu de permettre à Israël et à l'Egypte de l'étouffer. Quand le président Obama a visité un Boys and Girls Club dans un Washington enneigé l'autre jour, il a dit aux enfants que ce que la naissance de l'enfant Jésus "symbolise pour des gens un peu partout dans le monde, c'est la possibilité de la paix et que des peuples se traitent les uns les autres avec respect." Il est temps qu'Obama travaille avec plus de force pour appliquer ce principe dans la partie du monde où l'enfant Jésus est né

lundi 28 décembre 2009

Quelques non dits sur la tentative d'attentat contre le vol Amsterdam - Détroit

La presse hexagonale rend compte des propos du père d'Umar Farouk Abdulmutallab, le Nigérian inculpé samedi pour tentative de destruction d'avion après l'attentat manqué contre un vol Amsterdam-Détroit de la Northwest Airlines. Ce père affirme avoir alerté les services de sécurité sur ses craintes à propos de son fils.
Mais il y a plus, breaucou plus et c'est le Journal du Dimanche qui nous met la puce à l'oreille. Sauf que le JDD ne cite pas l'intégralité du témoignage du passager du vol 253. Je vous propose ce témoignage en intégralité; il correspond à ce que la personne a déclaré au FBI.
Deux éléments essentiels en ressortent: le premier est que le terroriste n'aurait jamais pu embarquer sans l'assistance du'une personne de type indien (Hindou) qui a apparemment joué de son influence auprès des services de sécurité de l'aéroport d'Amsterdam; le deuxième est qu'un autre dispositif explosif a été décelé à l'arrivée aux USA conduisant à l'interpellation d'un autre individu de type indien.
Sachant que la sécurité à Amsterdam incombe à la filliale d'ICTS, une société basée dans l'entité sioniste, à vous d'en tirer les conclusions...


par Sheena Harrison | MLive.com 26 décembre 2009 traduit de l'anglais par Djazaïri

Mise à jour: MLive.Com a parlé en exclusivité avec Pug (alias Kurt Haskell) qui confirme s'être trouvé à bord du vol 253

Pug, qui a laissé un commentaire sur Mlive.Com, dit avoir été à bord du vol 253 et avoir vu le terroriste présumé, Umar Farouk Abdul Mutallab, embarquer dans l'avion à Amsterdam.

Nous ne savons pas si ce récit est vrai -- à vous d'en décider. Mais si le récit de Pug se confirme, alors on peut certainement comprendre qu'il ait eu du mal à trouver le sommeil en rentrant à la maison après cette difficile épreuve.


"J'étais sur ce vol aujourd'hui et je suis heureux d'être resté vivant. Mon épouse et moi rentrions d'un safari en Afrique et prenions cette correspondance par Amsterdam. J'étais assis dans la rangée 27, soit 7 rangées derrirère le terroriste. J'ai vu tout ce qui s'est passé et c'était assez effrayant. C'est grâce aux quelques personnes qui ont agi que je suis encore vivant aujourd'hui.
Pour ceux qui parlent de la sécurité aérienne dans ce fil de discussion, j'étais près du terroriste quand il a passé les contrôles à l'aéroport d'Amsterdam au début de cette journée de Noël. Mon épouse et moi, jouions aux cartes juste devant le comptoir de vérification. Voici ce que j'ai vu (et j'en ai fait part au FBI quand nous avons été retenus en douanes):

Un homme de type indien, en costume élégant, âgé d'environ cinquante ans s'est approché du comptoir de contrôle avec le terroriste et a dit "Cet homme doit embarquer sur ce vol et il n'a pas de passeport." Ces deux personanges n'étaient guère assortis vu que le terroriste était un homme noir, courtaud qui avait l'air très pauvre et semblait avoir environ 17 ans (je crois qu'il en a 23, mais il ne les faisait pas). L'idée que c'étaient des terroristes ne m''a pas effleuré, juste que ces deux ensemble avaient l'air bizarre. L'agent au comptoir avait répondu "vous ne pouvez pas embarquer sans passeport." L'Indien avait répondu, "Il vient du Soudan, on le fait tout le temps." Je ne peux le comprendre que comme signifiant qu'il est dificile d'obtenir un passeport au Soudan et que c'était une sorte de stratagème piur susciter la sympathie. L'agent de comptoit répondit ensuite "Il faudra en parler avec mon supérieur hiérarchique," et il les envoya tous deux dans un hall plus bas. Je nai jamais revu l'Indien et il n'atait pas dans l'avion. Le fait que le terroriste n'ait pas dit un mot pendant cet échange était aussi quelque chose de bizarre. Quoi qu'il en soit, de toutes manières, le terroriste a pu monter dans l'avion. Je ne sais pas si cétait grâce à un pot de vin ou simplement dû à la sympathie du responsable de la sécurité.

Le FBI a également arêté un autre Indien alors que nous étions retenus en douanes après la détection par un chien renifleur d'une bombe dans son sac de voyage et il a été fouillé après l'atterrissage. Ce qui sera confirmé par la suite quand, alors que nous étions toujours aux douanes, un agent du FBI nous a dit "Vous allez être transférés dans une autre zone parce que celle-ci n'est pas sûre. Lisez entre les lignes. Certains d'entre vous ont vvu exactement ce qui s'est passé." (l'arrestation d'un autre Indien). Je ne sais pas pourquoi ça n'a pas été rapporté dans les informations, mais je me trouvais à cinq ou six mètres de cet autre Indien quand il a été menotté et arrêté après avoir été fouillé.

Ce que les informations n'ont pas rapporté non plus est que nous avons été retenus dans l'avion pendant 20 minutes après l'atterrissage. Une bombe aurait pu sauter. Ce n'atit pas très sympa de la part des services de sécurité de ne pas nous avoir laissé débarquer immédiatement.
Vous pouvez voir à quelle heure j'écris ces lignes, j'ai du mal à trouver le sommeil ce soir. Je pensais simplement que certains d'entre vous aimeraient connaître ce que j'ai vu, Joyeux Noël."

'Footnotes in Gaza' un reportage en bandes dessinées de Joe Sacco

Le dessinateur Maltais, établi aux Etats Unis, Joe Sacco a inventé il y a quelques années une nouvelle façon d'envisager le métier de dessinateur de presse pour le transformer en véritable méthode journalistique. C'est-à-dire que ses dessins ne se contentent pas de restituer de manière synthétique, éventuellement drôle, la caractéristique marquante d'un événement mais deviennent un élément constitutif de la narration des résultats d'enquêtes journalistiques approfondies.
Vous trouverez ici plus d'informations sur la biographie et le parcours professionnel de Joe Sacco. Et là, une interview intéressante de ce journaliste. Le site de Philip Weiss vous propose lui plusieurs planches extraites de ce nouvel ouvrage de Joe Sacco.
Le travail de Sacco a déjà eu un impact substantiel sur la perception du conflit palestino-sioniste aux Etats Unis puisqu'un précédent ouvrage sur la question avait déjà rencontré un grand succès dans ce pays. Son nouveau livre sur Gaza semble destiné à prendre le même chemin et l'article de Patrick Cockburn que je vous propose nous dit pourquoi. Cockburn explique aussi pourquoi un tel travail peut rarement trouver sa place dans les grands médiats alors même qu'il est effectué par des personnes qui collaborent habituellement avec la grande presse.
Mais la principale leçon à retenir, c'est qu'à la hasbara (pédagogie de propagande sioniste), il suffit le plus souvent d'exposer les faits dans leur dimension historique. Exactement ce qu'a fait Joe Sacco.
Important: ce livre a été traduit en français et sera bientôt disponible sous le titre: 'Gaza 1956, en marge de l'histoire'




par PATRICK COCKBURN, New York Times (USA) traduit de l'anglais par Djazaïri


Ce livre important et saisissant sur deux massacres longtemps oubliés de Palestiniens à Gaza se signale comme un des rares ouvrages contemporains sue l'affrontement israélo-palestinien  susceptibles de résister à l'épreuve du temps.
Sacco aura des lecteurs pour "Footnotes in Gaza" pendant de nombreuses années en raison du format et du style unique de son récit en bandes dessinées. Il a une place à part comme dessinateur de presse parce que son aptitude à raconter une histoire à travers son art se combine à un journalisme d'investigation de la plus haute qualité.

Dans le cas présent, son thème se rapporte à deux massacres qui se sont produits il y a plus de cinquante ans, qui avaient peu éveillé l'attention internationale et ont été oubliés en dehors des proches immédiats des victimes. Les tueries avaient eu lieu pendant la crise de Suez de 1956, quand l'armée israélienne avait investi la bande de Gaza, peuplée en grande majorité de réfugiés palestiniens. D'après les chiffres de l'ONU, 275 Palestiniens avaient été tués dans la ville de Khan Younes à l'extrême sud de la bande de Gaza le 3 novembre et 111 avaient péri le 12 novembre  à Rafah, à quelques kilomètres de la frontière avec l'Egypte pendant une opération de l'armée israélienne. Israël avait insisté sur le fait que les palestiniens avaient été tués alors que les forces israéliennes rencontraient encore une résistance armée. Les Palestiniens avaient affirmé que toute résistance avait cessé à ce moment là.

Sacco fait l'excellente remarque que ce genre d'épisodes fait partie des véritables éléments constitutifs de l'histoire. Dans cette affaire, les récits des événements ont transpiré lentement et ont été éclipsés par des développements ultérieurs de la crise de Suez. Sacco dont la réputation de dessinateur de presse  a été assise avec "palestine" et "Safe Area Goradze," les a sauvés de l'oublis parce qu'ils sont "comme ces innombrables tragédies historiques à travers les âges qui ont à peine le statut de notes de pied de page dans le grand mouvement de l'histoire - même s'ils... renferment souvent les germes de la souffrance et de la colère qui modèlent les événements actuels."

Les gouvernements comme les médiats oublient que les atrocités restent vivantes dans la mémoire de ceux qui ont été les plus directement touchés. Sacco montre Abdel Aziz El-Rantissi - un dirigeant du Hamas (qui sera plus tard tué par un missile israélien) qui avait 9 ans en 1956 et vivait à Khan Younes - en train de décrire comment son oncle a été tué: "J'en ai gardé une plaie qui ne pourra jamais dans mon cœur," dit-il. "Je vous raconte cette histoire et je suis au bord des larmes... Ils ont planté la haine dans nos cœurs."

La vivacité et le rythme des dessins de Sacco, combinés à une narration très informée et intelligente, racontent extrêmement bien cette histoire. En fait, ils est difficile d'imaginer comment une autre forme de journalisme aurait pu rendre ces événements aussi intéressants. De nombreux journalistes de la presse écrite ou audiovisuelle comprennent que les racines de la crise actuelle plongent dans des événements obscurs, peu connus. Mais ils reconnaissent aussi que leurs rédacteurs en chef sont plus intéressés par ce qui est nouveau et ont tendance à écarter les détours par l'histoire comme de l'auto-satisfaction journalistique susceptible d'ennuyer et d'embrouiller le public.

En fait, "Footnotes in gaza" prend sa source dans de préjugé éditorial contre l'histoire. Au printemps 2001, Sacco et Chris Hedges (enciennement correspondant à l'étranger pour le New York Times) faisaient un reportage pour Harper's Magazine sur les Palestiniens de Khan Younes pendant les premiers mois de la seconde Intifada palestinienne. Ils pensaient que les tueries de 1956 participaient à l'explication de la violence survenue près de 50 ans plus tard. C'était peut-être prévisible, mais les paragraphes sur cet ancien massacre fut coupé [avant publication].

Les rédacteurs en chef Américains n'étaient pas les seules personnes à trouver hors de propos leurs recherches historiques. Quand Sacco revint à Gaza en 2002 et en 2003 pour rechercher des survivants et des témoins, alors que les forces israéliennes occupaient encore ce territoire, de jeunes palestiniens ne parvenaient pas à comprendre son intérêt pour ces événements passés alors qu'il y avait tant de violence à l'époque présente.

La recherche tenace par Sacco de témoins oculaires Israéliens et palestiniens ainsi que de documents israéliens et de l'ONU est impressionnante. Il donne des détails sur la vie de ceux qui l'ont aidé, notamment Abed, son traducteur-interprète, et ramène à la vie deux époques de la bande de Gaza, ses villes pleines de réfugiés au début des années 1950 comme elles le sont encore aujourd'hui.

L'atmosphère était emplie de haine. Peu de dirigeants Israéliens on marqué une quelconque empathie pour la tragédie palestinienne. Mais début 1956, Moshe Dayan, le chef d'Etat Major israélien prononça un discours célèbre aux funérailles d'un commandant Israélien tué à la frontière avec Gaza. Qu'est-ce qui, demandait Dayan, expliquait la "terrible haine contre nous" des palestiniens? Puis il répondit à sa propre question: "Depuis huit ans maintenant ils se trouvent dans des camps de réfugiés à Gaza et ont vu comment, sous leurs propres yeux, nous nous sommes appropriés leurs terres et leurs villages, où eux et leurs ancêtres habitaient auparavant." Il ajouta que les Israéliens devaient être "prêts et en armes, agressifs et durs."

La signification concrète de ces propos deviendra claire lorsque les troupes israéliennes investiront Gaza six mois après. Les tueries de Khan Younes furent assez sommaires, selon des témoins oculaires et de quelques survivants. On ordonna aux hommes de la ville de s'aligner sur la place principale et on leur tira dessus jusqu'à ce que leurs corps gisent dans une longue rangée. Certains restés à leur domicile furent tués chez eux.

L'épisode de Rafah fut plus compliqué et se déroula dans le courant de la journée, quand des gens furent amenés dans une école pour que les Israéliens puissent déterminer s'ils étaient des guérilleros ou des soldats [de l'armée égyptienne]. Ici il y eut bien plus de survivants qu'à Khan Younes; ces derniers décrivent comment certains ont été abattus sur le trajet vers l'école et d'autres battus à mort avec des bâtons au moment où ils entraient dans la cour. L'armée israélienne avait nommé deux officiers pour mener une enquête sur "lincident de Rafah," ainsi que le qualifiait un communiqué top secret 'Le même communiqué disait que 40 à 60 personnes avaient été tuées et 20 blessées). Le chercheur mandaté par Sacco n'a trouvé aucun rapport d'enquête dans les archives de l'armée.

Gaza a changé radicalement depuis l'enquête de Sacco. En 2005, Israël a unilatéralement démantelé les colonies juives et retiré ses soldats tout en maintenant un contrôle strict des frontières de Gaza. En 2007, le Hamas a pris le contrôle de gaza et en 2008 - 2009 l'enclave a été soumise à une attaque israélienne dévastatrice. Dans ce flot déconcertant d'événements, l'enquête de Sacco sur ces massacres vieux d'une cinquantaine d'années est un des guides les plus sûrs pour comprendre la haine avec laquelle Palestiniens et israéliens s'affrontent.