vendredi 25 novembre 2011

Syrie: le vice premier ministre Turc met les points sur les i

Si on en croit la presse, la Syrie a tellement mis à bout le gouvernement turc que ce dernier serait prêt à prendre des mesures importantes contre le régime syrien, comme de participer à la mise en place de corridors humanitaires, d’une zone d’exclusion aérienne, de zones tampons qui serviraient de sanctuaires aux opposants armés voire même à une intervention militaire en bonne et due forme.
Et il est vrai que la rhétorique particulièrement dure des diplomates ou même du chef du gouvernement Turcs est de nature à confirmer ces impressions.
Les choses doivent cependant être plus nuancées. Je vous propose ici un article qui donne la parole à Bülent Arinç qui est à la fois vice premier ministre et porte parole du gouvernement.
C’est-à-dire qu’il est doublement autorisé à donner la position officielle des autorités d’Ankara vis-à-vis de la situation en Syrie.

Et sa position est on ne peut plus claire : pas d’intervention militaire, ni même participation à des dispositifs qui pourraient déboucher sur une action militaire. C’est-à-dire pas de zones tampons par exemple.
Les seules choses qui pourraient faire changer d’avis son gouvernement seraient un afflux massif de réfugiés ou des tueries de masse. Aucune de ces conditions n’est réunie si je suis son raisonnement.

Le ministre conclut sur la proximité des relations entre Damas/Assad et le gouvernement d’Ankara. Cette proximité ne semble pas être remise en cause et, si je puis me permettre d’extrapoler les propos sibyllins de M. Arinç, ce dernier semble nous dire que la Syrie est passée d’un régime Assad/ami à un gouvernement despotique et que les deux ne se confondent pas.
Et notez bien que ce ministre s’exprimait sur une télévision locale et donc à l’intention de l’opinion de son pays à qui il a dit clairement : nous n’allons pas entrer en guerre.

Certains de vos journaux parlent des propos tenus par M. Arinç, mais n'en sélectionnent que ce qui les arrange.
Il y a là de quoi méditer.

Zaman (Turquie) 24 novembre 2011 traduit de l’anglais par Djazaïri


La Turquie a déclaré que le soulèvement en Syrie est une affaire intérieure de son voisin et qu’elle ne permettra à aucun pays d’intervenir militairement contre la brutale répression per le régime d’une insurrection qui dure depuis huit mois, et a écarté toute possibilité  de voir le Turquie militairement impliquée.
« Nous n’enverrons pas de soldats [en Syrie], nous n’interviendrons pas et nous ne permettrons pas et ne créerons pas les conditions pour que d’autres interviennent, » a déclaré le vice premier ministre et porte parole du gouvernement  Bülent Arinç à une station de télévision locale, affirmant que toute intervention étrangère créera des divisions non seulement en Syrie mais dans toute la région. Il a ajouté que les incidents en Syrie se développaient suivant des lignes ethniques et que le sectarisme joue également un rôle.

Les propos d’Arinç interviennent au moment où les groupes armés de l’opposition demandent à la Turquie de créer une zone tampon où les combattants hostiles au régime seraient à l’abri.  Le lieutenant Salem Odeh, un déserteur de Lattaquié, a déclaré à Reuters cette semaine que les liens historiques et religieux avec la Turquie qui remontent à l’Empire ottoman font que les opposants au président Syrien Bachar el-Assad, généralement méfiants à l’égard des ingérences étrangères – accepteraient un rôle militaire de la Turquie.

“J’espère seulement qu’il y aura une intervention militaire turque. C’est mieux et ils ont avec nous des liens de sang qui remontent à l’ancien temps, et ils sont plus proches de l’Orient que de l’occident, » a-t-il ajouté.

Se référant à des officiels des services de sécurité; le journal israélien Haaretz a rapporté jeudi que ces derniers pensaient que la Turquie allait vers une intervention militaire en Syrie afin de créer une zone tampon pour les militants de l’opposition. En conséquence, le Turquie devrait mettre en place des zones tampon sur sa frontière qui permettraient aux groupes armés de l’opposition de s’organiser contre le régime syrien depuis des bases sous protection de l’armée turque, selon Haaretz.

Arinç a démenti catégoriquement toute discussion au niveau des cercles du gouvernement sur l’hypothèse d’une intervention militaire turque. « Il n’y a absolument rien de ce genre, » a-t-il souligné.
Certains politiciens Turcs et certains pays disent que la Turquie interviendra en Syrie. C’est complètement faux. C’est impossible, nous ne l’envisageons pas, » a déclaré Arinç.

Le président Turc Abdullah Gül, en visite officielle en Grande Bretagne, a déclaré cette semaine que le changement est inévitable en Syrie, mais a affirmé qu’il devait venir de l’intérieur de la Syrie, pas à travers une intervention extérieure. Auparavant, le premier ministre Recep Tayyip Erdoğan, avait parlé du destin des dictateurs vaincus depuis Adolf Hitler à Benito Mussolini et Mouammar Kadhafi pour demander sans ambages à Assad de s’en aller.

Arinç a aussi écarté la possibilité que la Turquie prenne la direction des événements en Turquie et a ajouté que les développements dans ce pays son tune affaire intérieure syrienne. Il a exhorté le gouvernement syrien de s’abstenir d’utiliser les armes contre ceux qui revendiquent des droits et a exigé que les autorités procèdent à des réformes immédiatement, aillent à des élections, renforcent la démocratie et accroissent la participation politique pour que touts les forces d’opposition soient représentées au parlement.

Arinç a déclaré que la Turquie exhorte seulement les autorités syriennes à ne pas recourir aux tanks pour répondre à ces exigences parce que cela signifie que vous combattez votre propre people.” Le rejet du ministre Truc de toute intervention contraste nettement avec des propos antérieurs de diplomates Turcs selon lesquels le Turquie pourrait intervenir s’il y avait un énorme afflux de réfugiés Syriens fuyant les violences ou un massacre à grande échelle.

Il a ajouté que la Turquie surveille de près ce qui se passé en Syrie et que les relations étroites entre le gouvernement turc et la famille et le gouvernement d’Assad sont bien connues, ajoutant qu’il y a maintenant un gouvernement despotique.

mercredi 23 novembre 2011

La Turquie et son fardeau sioniste

Le président Turc Abdullah Gül vient d’effectuer une visite officielle à Londres où il a bien entendu évoqué la crise syrienne dans laquelle son pays joue un rôle important et qui s’avérera encore plus déterminant si une action militaire se met en place contre la Syrie.
Hypothèse qui n’est pas complètement exclue car si le président Turc a dit que sont pays était opposé à une intervention militaire en Syrie, il a aussi indiqué que son pays pourrait changer d’avis «si la situation empire.» (la Turquie fait cependant tout pour que les choses empirent...).

Ses propos dans l’ensemble très durs à l’égard du gouvernement syrien, ont été largement répercutés par la presse.
Ils s’inscrivent de fait dans la continuité de ceux tenus par le premier ministre Recep Tayyip Erdogan qui est allé jusqu’à comparer le président Assad à Hitler ou Mussolini.
Je ne me permettrai pas d’expliquer à M. Erdogan que même si on admettra ici que Hitler et Mussolini n’étaient pas vraiment de braves types, on dira aussi que ce n’est pas du tout la même chose. S’il révisait son histoire de l’Europe, il s’apercevrait que ce sont les circonstances et non vraiment des principes qui ont amené le Duce à faire alliance avec le Führer.

Bon, je divague.

Donc, disais-je, la presse reprend volontiers les prises de position turques hostiles aux autorités de Damas, et c’est tout à fait normal.
Cette même presse est cependant par trop sélective, omettant de reprendre une partie des propos tenus par M. Gül lors de son séjour londonien. Alors c’est à bibi de s’en charger :

Israël est un fardeau pour ses alliés, déclare le president Turc GülZaman (Turquie) 23 novembre 2011 traduit de l’anglais par Djazaïri Ce mercredi, le président Abdullah Gül a critiqué israël, affirmant que «l’insincérité» de son engagement pour la paix au Moyen Orient lui a aliéné même des alliés de l’Etat juif.
Gül, qui s’adressait à un think-tank britannique pendant sa visite officielle en Grande Bretagne, a déclaré qu’Israël est devenu un fardeau pour ses alliés par la faute de sa politique actuelle, et a déploré qu’il construise des logements à Jérusalem Est malgré ses promesses de s’engager pour la paix avec les Palestiniens. « Il se peut que tout le monde ne dise pas ouvertement le fond de sa pensée, mais vous pouvez l’entendre quand des microphones restent accidentellement branchés, » a-t-il dit, faisant apparemment allusion à une récente conversation entre le président US Barack Obama et le président Français Nicolas Sarkozy au cours de laquelle le dirigeant Français a traité le premier ministre Benjamin Netanyahou de «menteur.»“Je ne peux plus le supporter, c’est un menteur,” avait dit Sarkozy. « Tu en as peut être marre de lui, mais moi, je dois traiter avec lui tous les jours, » avait répliqué Obama. L’échange, entendu par des journalistes, avait eu lieu pendant le sommet du G-20 à Paris au début de ce mois.
Gül a expliqué qu’Israël devait analyser la nouvelle situation au Moyen orient au lendemain des révolutions du printemps arabe et il a appelé l’Etat juif à éviter des politiques qui lui vaudraient l’hostilité des pays arabes voisins. « Une colère refoulée monte à la surface. Israël devrait donc adopter une vision stratégique et accepter un retour aux frontières de 1967, » a-t-il dit, parlant des frontières qui existaient avant une guerre de 1967 qui avait opposé Israêl à plusieurs pays arabes.Gul a aussi taxé le système politique d’Israël de « bizarre », affirmant qu’un seuil électoral de 3 % permet à de trop nombreux partis d’entrer au parlement, ce qui rend le pays « ingouvernable..


Je vais m’autoriser deux petits commentaires.

1 - Quand Gul suggère que l’entité sioniste est « ingouvernable », il raisonne comme si l’entité était un pays comme les autres. Or, même en dehors du fait que c’est l’Etat du «peuple élu , l’entité sioniste n’est pas un pays comme les autres. C’est en réalité une annexe d’officines qui réunissent des milliardaires et des têtes pensantes, ces dernières n’étant rien sans les premiers. Ce sont ces officines qui ont en réalité la main sur le système politique et ce sont elles qui garantissent que ce pays «ingouvernable» puisse néanmoins fonctionner. Elles ne ménagent à cet effet aucune pression politique, sous la forme d’un chantage à l’antisémitisme, de dossiers sur les décideurs ou, mieux encore, en coachant ces derniers. Elles ne ménagent pas non plus les subsides obtenus par un double racket, auprès des communautés juives et auprès des contribuables Allemands et Américains.

2 – Si le gouvernement turc fait feu de tout bois contre les autorités de Damas, il est aussi également clair que l’entité sioniste qui reste son allié (dixit Gül) apparait de plus en plus comme un obstacle pour une Turquie qui se verrait bien dominer un Proche Orient apaisé, dans le cadre de son alliance avec les Etats Unis mais aussi, et à mon avis surtout, pour ses intérêts stratégiques aussi bien sur les plans politique (Kurdes, minorité arabe de Turquie, minorité Turkmène en Irak…) et économique (pétrole, gaz mais de plus en plus, débouchés pour l'industrie et le négoce turcs). 

Quelle que soit l’issue des évènements en Syrie, l’entité sioniste a bien du mouron à se faire.


mardi 22 novembre 2011

Publicité antisémite ou oecuménisme alcoolisé?

En préambule, tout ça n’a rien à voir avec Charlie Hebdo dont pour l’heure on ignore qui a incendié les locaux même si ce sont généralement des Musulmans qui en sont accusés.

Il y a un petit moment que je ne vous ai pas proposé de leçon de judéo-christianisme. Dans sa version le plus banale, le judéo-christianisme veut que la religion chrétienne soit fille de la religion juive et même que Jésus Christ était juif.

Gare cependant à ceux qui prendraient trop au sérieux ces affirmations, au point de célébrer avec humour cette réconciliation qui consiste à gommer tout ce qui dans le christianisme traduit une distance voire un rejet vis-à-vis du judaïsme (on parle ici de la doctrine et non de ses adeptes).

Par exemple cette publicité pour une boisson alcoolisée qui s’est donnée à voir sur des affiches à New York.
On y voit en effet deux chiens dont l’un arbore un bonnet de Père Noël et l’autre une kippa, avec en lettres capitales une affirmation selon laquelle cette boisson a la qualité des alcools consommés à Noël mais est vendue à un tarif pour Hanoucah.
Une belle façon d’associer dans le culte du Veau d’Or deux religions et de concrétiser encore un peu plus le judéo-christianisme.

Ce n’est pas ainsi que le comprend pourtant une organisation antiraciste (juive) qui dénonce le caractère antisémite de cette publicité qui renforce en particulier les stéréotypes sur les Juifs et l’argent
Des images toutes faites, nous dit l’ADL, qui ont « une longe histoire ». L’ADL ne va pas jusqu’à dater cette longue histoire mais peut-être cette organisation pense-t-elle à l’époque où un certain prophète pourfendait les marchands du temple ?

La société de marketing a beau eu faire un plaidoyer magnifique d’œcuménisme judéo-chrétien alcoolisé, les affiches ont été retirées.

CBS (USA) 22 novembre 2011 traduit de l’anglais par Djazaïri


NEW YORK (CBSNewYork)- Une réclame pour une marque de vodka agite les esprits à Manahattan. La vodka Wodka est vantée sur un grand panneau d’affichage qui surplombe West Side Highway avec le slogan « Qualité de Noël, Prix d’Hannoucah.»
L’Anti Defamation league (ADL, équivalent de la LICRA aux Etats Unis) a qualifié cette réclame de grossière et insultante, » et a déclaré dans un communiqué de presse qu’elle «renforce les stéréotypes antisémites.»
“Avec en particulier la longue histoire des stéréotypes sur les Juifs et l’argent, avec la vieille idée selon laquelle les Juifs sont pingres, se servir d’une fête juive pour traiter de questions d’argent est un manque évident de tact et de délicatesse, » a affirmé le directeur de l’ADL pour New York, Ron Meier.
L’ADL a appelé l’entreprise a retirer les affiches.
Parmi les autres affiches qui figurent dans cette campagne publicitaire, certaines donnent à lire: “Qualité de vedette de cinéma, Prix de vedette de la vie réelle, » « Qualité pour escort girl, prix pour tapineuse » et « Qualité pour Hampton, prix pour Newark. »
La vodka Wodka est produite par Panache Beverages dont le siège se trouve à Flatiron District.
Miami BG, la société de marketing à l’origine des affiches a d’abord émis un communiqué défendant la publicité.
“L’idée d’inclure Hannoucah est tout sauf antisémite – en fait nous comparons notre propre fête à la fête juive, »  explique Brian Gordon de Mimai MG dans une déclaration. « Pour le dire en deux mots, Hannoucah est plus avantageuse parce que vous avez huit nuits pour le prix d’une – plus ou moins comme la vodka Wodka. »
“Avec un peu de chance, cette réaction vous aidera à recentrer votre attention sur des domaines plus sérieux où l’antisémitisme existe – il est toutefois absolument inexistant dans notre marketing.» a expliqué Gordon.
Un peu plus tard cependant, Miami MG a annoncé qu’en raison de  très nombreux appels et de l’indignation qu’elle a suscitée, l’affiche serait retirée.

dimanche 20 novembre 2011

Cristiano Ronaldo, la star du football portugais soutient la Palestine!


Après Frédéric Kanouté, Ibrahim Dagasan, et Mohamed Abou Trika, c'est au tour de la star du football portugais Cristiano Ronaldi de faire valoir sa solidarité avec la Palestine, tout particulièrement avec Gaza qu'il a visitée à plusieurs reprises.
Notez bien que, alors que vos journaux sont à l'affût des moindres faits et gestes des vedettes du sport, et Cristiano Ronaldo jouit d'une immense notoriété, ils ne se sont pas précipités pour vous parler du geste solidaire de ce footballeur. Personnellement, je ne l'ai trouvée que sur Sportune.fr
Cristiano Ronaldo

Cristiano Ronaldo: 2400€ pour ses chaussures. Pour la bonne cause…

par Nicolas Bernardeau, Sportune.fr, 20 novembre 2011

Dans le domaine "bonne action", le joueur du Real Madrid, Cristiano Ronaldo n'est pas le dernier de la classe. Parmi, les sujets qui préoccupent tout particulièrement le Madrilène : La Palestine et la ville de Gaza. Le Portugais qui s'était déjà rendu à plusieurs reprises dans la ville placée sous l'Autorité palestinienne a cette fois-ci offert ses chaussures de football à une fondation qui les a vendues aux enchères 2400 euros. Cet argent a été ensuite reversé aux écoles de la Bande de Gaza. Parfois perçu comme arrogant et sûr de lui,Cristiano Ronaldo en aidant les plus démunis montre une nouvelle facette de son personnage.
Cristiano Ronaldo offre 2400 euros à une école de la bande de gaza
À l'origine, les chaussures de Cristiano Ronaldo ont été mises en vente à partir de 700 euros. Mais, la popularité de CR7 aidant, les Nike du joueur du Real de Madrid ont finalement trouvé preneur pour 2400 euros. L'ensemble des bénéfices a été reversé aux écoles de Gaza pour que les enfants puissent apprendre dans de meilleures conditions. Dans une ville ou 60 % de la population serait constituée de personnes âgées de moins de 18 ans, on comprend mieux pourquoi l'éducation est au cœur de toutes les préoccupations.
Cristiano Ronaldo soutient la cause palestinienne
Ce n'est pas la première fois que Cristiano Ronaldo soutient la cause palestinienne. Alors qu'il évoluait encore sous le maillot de Manchester United, le Portugais avait été photographié aux côtés de l'Kufiyyeh, principal soutien à l'indépendance de la Palestine. Mais, la star du Real Madrid, Cristiano Ronaldo, n'est pas le seul à donner de son temps à la Palestine. De grandes stars du football mondial comme le Malien Kanouté soutiennent aussi la cause palestinienne. Le 7 janvier 2009, lors de la guerre de Gaza de 2008-2009, le Ballon d’Or africain Frédéric Omar Kanouté avait ostensiblement soutenu les Palestiniens en arborant un tee-shirt portant l’inscription : "Palestine" durant la rencontre de Coupe d’Espagne de football, face au Deportivo La Corogne. La Fédération espagnole avait décidé de sanctionner d’une amende de 3000 euros l’ancien Lyonnais. Les fans de Cristiano Ronaldo peuvent dormir tranquille, leur chouchou de son côté, n'a pas écopé d'une amende pour avoir donné ses chaussures de foot...

Une majorité silencieuse pour Assad en Syrie?


Quand je  réfléchis à ce qui se passe en Syrie, j’ai beau faire tous les efforts possibles et imaginables, je n’arrive pas à me figurer les monarchies du Golfe en train de faire souffler un vent de démocratie sur la Syrie, pas plus que sur l’Egypte, la Tunisie ou la Libye.
Non pas que je pense  par  principe qu’une expression politique s’inspirant même très fortement de l’Islam soit incompatible avec telle ou telle forme de démocratie, mais plus simplement que les courants favorisés par les pétromonarchies ne peuvent être que rétrogrades et sectaires.

Et si j’ai cité dans un même souffle plusieurs pays arabes, cela ne signifie pas non plus que les choses se passent ou vont se passer à l’identique dans ces pays.
Il est en effet inconcevable que la Tunisie évolue de la même manière que la Libye. Pour la bonne raison tout d’abord que ce sont deux pays très différents, l’un (la Libye) ayant encore une forte structuration tribale et l’autre (la Tunisie) étant largement détribalisé. Ce qui a nécessairement des incidences sur la formation du cadre d’expression politique. Et que les élites Tunisiennes sont plus abondantes et, surtout, qu'elles ont un véritable public.

Ensuite, même si  le parti tunisien En Nahda jouit du soutien incontestable  de certaines monarchies, sa base et sa direction sont informés par l’histoire même de leur pays et elles savent ce qu’un peuple qui les a approuvées aux dernières élections ne serait pas prêt à accepter. Les forces politiques en Tunisie sont de plus parvenues à un compromis qui écarte sans doute durablement l’hypothèque d’un extrémisme inspiré et subventionné par le wahhabisme.
Et aucune intervention militaire étrangère n’est venue porter telle(s) ou telle(s) fraction(s) politique(s) au commandement.

Les choses se passent autrement en Syrie  qui, de plus et à la différence de la Tunisie, n’est pas un pays homogène religieusement et, ne l’oublions pas, se trouve quand même aux premières loges devant les régimes sionistes et wahhabite. Ce qui change quand même pas mal de choses.
La Syrie vit en fait une situation qui s’apparente à celle qu’avait connue l’Algérie suite à l’annulation des élections législatives et au coup d’Etat militaire qui avait déposé  (démissionné) le président Chadli Bendjedid
Le Front Islamique du Salut algérien avait la particularité de réunir dans une même organisation des éléments hostiles à tout jeu démocratique et d’autres reconnaissant l’intérêt du pluralisme. Si le premier tour des élections avait donné raison aux seconds, l’annulation du scrutin avait confirmé les premiers dans le refus d’une évolution politique pacifique.
D’où un basculement dans la lutte armée qui dégénérera ensuite dans une longue série de massacres qu’on aurait cependant tort d’attribuer majoritairement ou exclusivement aux «islamistes ».

La Syrie connaît un processus semblable sauf qu’il précède tout processus électoral et que la main de l’étranger y est évidente.
Nous avons eu en effet en Syrie un début de contestation populaire authentique et pacifique (réprimé brutalement par les services de sécurité gouvernementaux) qui voit cependant rapidement l’implication d’éléments armés et bien entraînés qui attaquent policiers et militaires.

Cette présence très précoce d’activistes armés et très efficaces avait été signalée sur ce blog il y a un certain temps.

Ces activistes viennent pour partie de l’étranger et ils sont armés et financés par l’étranger, c’est-à-dire les monarchies du Proche Orient pour l’essentiel.
Leurs intentions ne sont pas et ne peuvent pas être démocratiques car, je me répète, il est impossible que les monarchies du Qatar, d’Arabie Saoudite ou de Jordanie puissent, même en rêve, favoriser quoi que ce soit qui s’apparente à de la démocratie.

Bien sûr, il existe des groupements d’opposants que certains pays comme la Turquie se donnent du mal à organiser. Mais ces groupements sont en fait incohérents et ceux qu’on a mis à leur tête n’ont aucune emprise sur ceux qui jouent la stratégie de la lutte armée avec, si possible, intervention militaire étrangère, ne serait-ce que pour sanctuariser une partie du territoire syrien à partir duquel ils porteraient des coups au pouvoir de Damas.

Si le régime syrien a sans doute fait son temps, je considère personnellement qu’on ne peut rien attendre de bon de gens qui manœuvrent de la sorte. Car s’ils procèdent ainsi, c’est que comme en Libye, ils savent ne pas avoir un soutien suffisant auprès de la population.

L’article que je vous propose vaut ce qu’il vaut (je ne crois pas trop à la liberté de parole des soldats, ni en Syrie ni ailleurs), mais il montre surtout qu’on ne peut à tout le moins exclure l’hypothèse que le gouvernement syrien a, pour des raisons  dont on peut concéder qu’elles ne sont pas forcément bonnes, l’appui d’une majorité silencieuse dans le pays.

Par Angeles Espinosa (envoyée spéciale à Damas)
El Pais (Espagne) 19 novembre 2011 traduit de l’espagnol par Djazaïri
 «Au début, j’ai eu de la sympathie pour la contestation, mais quand j’ai découvert sa nature violente, j’ai changé d’avis,» confie un fonctionnaire Syrien. « Ce régime a commis beaucoup d’erreurs. Mais quel choix nous proposent ceux qui le combattent ? Le chaos ? Les islamistes ? Non merci, je préfère le régime avec tous ses défauts.» C’est une opinion commune dans la ‘majorité silencieuse’, qui comprend certains détracteurs de la dictature de Bachar el-Assad. Cette attitude semble indiquer que la militarisation de l’opposition jour en sa défaveur, mais qu’elle profite aussi à un régime de plus en plus isolé internationalement.
 «Bien sûr que nous avons besoin d’un changement politique. Nous avons besoin de la liberté de la presse, du multipartisme et, par-dessus tout, de transparence pour en finir avec la corruption,» déclare un politologue qui appartient à la minorité druze. Ce dernier craint cependant qu’un « changement radical sans une transition organisée » n’emporte au passage les droits individuels dont ils bénéficient dans une Syrie nominalement laïque (quoique sa législation fasse des concessions à la charia).
 «Sous ce régime, nous pouvons prendre une bière à une terrasse, avoir une petite amie ou afficher notre athéisme sans que personne ne puisse sous faire quoi que ce soit, » affirme-t-il, persuadé que les islamistes, qui s’avèrent être le cœur du Conseil National Syrien (CNS), vont détruire ces avancées. « Je ne me fie pas à leurs promesses et ce qui se passe en Tunisie et en Egypte n’est pas encourageant non plus,»  souligne-t-il. « Après quarante années de dictature, nous n’avons pas de culture politique. Nous avons besoin de créer des institutions avant de faire le changement, » ajoute-t-il.
«Ce que je crains le plus, ce sont les barbus, » insiste le fonctionnaire qui refuse de nous dire son affiliation religieuse « c’est sans importance, je ne suis pas pratiquant »). Les barbus sont les islamistes et ce père de famille est convaincu que ce sont eux qui sont derrière les révoltes et qui les financent. « Ce qui est honteux, c’est que les manifestants sortent des mosquées et que ce soient des imams qui encouragent les gens, » explique-t-il.
La même inquiétude est exprimée par Mayed Nyazi, présidente du mouvement syrien La Patrie qui veut jeter des ponts entre «opposants et loyalistes.»  «Le parti unique est inacceptable, mais l’extrémisme islamique ne cous convient pas, » explique-t-il. Cette femme, qui se présente comme artiste plasticienne et militante sociale » et a été membre du Conseil Provincial de Damas de 2006 à 2007, insiste sur son indépendance à l’égard du pouvoir. « Nous attendons toujours l’agrément officiel, » dit-elle dans le bureau financé par les 50 fondateurs de l’organisation.
L’avocat et militant des droits de l’homme Anwar al Bounny considère que la crainte des islamistes est exagérée. « Je suis Chrétien, et je n’en ai pas peur, » assure-t-il. «Quelque 40 % des Syriens appartiennent à des minorités et 60 % d’entre eux sont Arabes sunnites dont la moitié ne se préoccupe pas de religion. Alors même si tous ceux de l’autre moitié étaient des islamistes et votaient en bloc, ils se pourraient pas nous imposer leur système, » explique-t-il. Il signale qu’en plus, « tous les partis islamistes ont changé de discours et parlent maintenant de société civile et de démocratie parce qu’ils savent que les discours radicaux ne leur rapporteront pas de soutien.»
Cependant, à Homs, baptisée capitale de la révolution, on a commencé à voir des signes inquiétants de vengeances sectaires la chaîne télévisée Dunia a rapporté la mort de 11 travailleurs dans une attaque nocturne contre la camionnette dans laquelle ils circulaient. Un militant des droits de l’homme a confirmé l’incident à Reuters et a fait part de ses soupçons selon lesquels les victimes avaient été choisies pour leur appartenance à la confession alaouite (la secte de la famille au pouvoir).
Mais même sans le facteur islamiste, il existe une crainte du désordre que pourrait générer un soulèvement généralisé. « Ce régime nous a protégés, il nous permet de célébrer nos fêtes et de vivre tranquillement. J’ai peur de ce qui peut arriver, » affirme M., une Chrétienne mariée à un étranger. « Nous avons perdu la sécurité, » affirme de son côté un policier. « Si ce pays va bien, c’est parce que son leader est bien, » déclare le père d’un soldat blessé.
 « Je les comprends. 95 % de ceux qui ont moins de 65 ans n’ont pas connu la liberté. Ils en ont seulement entendu parler et on a toujours peur de l’inconnu, » explique Al Bounni. « Quand le changement se produira, je suis convaincu qu’ils le soutiendront, » dit-il. Selon lui, ce n’est qu’une question de temps. Nyazi pense toutefois qu’il est encore possible d’éviter un basculement dans l’extrémisme  qu’elle perçoit comme imposé du dehors «ce qui compte pour l’occident, ce ne sont pas nos droits mais ses intérêts »). « Il n’est jamais trop tard, » conclut-elle.
Lutter pour le régime
 
Des bandes armées, des bandits, des éléments étrangers… La version officielle de ce qui se passe en Syrie dresse un panorama aux antipodes de ce que dénonce l’opposition. Dans l’impossibilité d’accéder aux zones de conflit, il est risqué de se hasarder à une évaluation mais le directeur de l’hôpital militaire Techrin de Damas, le général Fayçal Hassan, assure que les insurgés ont blessé 4 168 membres des forces de sécurité et tué 600 (bilan au 31 octobre). Voici les histoires de trois des 36 agents admis dans cet établissement.
 
Muhiddin Hanwa, officier des forces de l’ordre, 35 ans. Blessé par balles à la poitrine et aux deux bras le 8 novembre à Abou Kamal (province de Deir ezZohr, à la frontière avec l’Irak. J’avais pour mission de contrôler une voie de circulation pour détecter des charges explosives. Je m’étais rendu sur place avec ma motocyclette quand ils m’ont tiré dessus dans une rue d’Abou Kamal. Quelqu’un me surveillait apparemment, » se souvient Hanwa qui était seul et s’était retrouvé étendu à terre sans que personne ne vienne à son aide. « J’ai appelé avec mon téléphone portable et une ambulance de l’armée est venue. »
 
Rashad Said al Dgesh, sergent de réserve de l’armé, 23 ans. Blessé par balle aux deux jambes le 25 octobre à Kherbet al Joss (province d’Ibleb) à la frontière avec la Turquie. J’ai failli perdre la jambe droite. « Je circulais dans un camion militaire avec mon unité et nous transportions de la nourriture pour nos autres compagnons quand nous avons été surpris par un groupe armé qui nous a attaqués avec des fusils, des lance grenades et des bombes aux cris de Allah ou Akbar. Ils étaient une vingtaine. Ils sont partis, nous laissant pour morts, » se souvient-il. Qui vous a attaqués ? Des gens qui parlaient arabe mais qui n’ont ni religion, ni morale. Ils étaient masqués. » Deux de ses camarades sont morts et, comme lui, cinq autres ont été blessés.
 
Raed Munzer Salum, sous lieutenant des forces de l’ordre, 27 ans, originaire de Homs. Blessé à la jambe gauche par un franc tireur à Harasta. «J’avais été dépêché là-bas avec mon unité  après que quelques habitants aient dénoncé la présence d’hommes armés dans les rues. Nous nous y étions rendus pour les arrêter et ils nous ont tendu une embuscade. Ils m’ont atteint avec une arme si sophistiquée que nous n’en avons même pas pour les forces de police. Comme c’était une zone résidentielle, nous ne pouvions pas riposter sans risquer de blesser des civils, » assure-t-il. « L’occident devrait se souvenir que si en Syrie nous jouissons d’une sécurité que beaucoup de pays nous envient, c’est précisément grâce au peuple et à son président, » dit-il.

samedi 19 novembre 2011

Quand Henry Kissinger traitait les responsables de la "communauté juive" de "salauds", "d'égoïstes" et se confiait à un ministre Irakien

Récemment, le président Français Nicolas Sarkozy e tenu des propos peu amènes à l’égard du chef du gouvernement sioniste, Benjamin Netanyahou, en disant qu’il ne pouvait plus le «voir», c’est-à-dire le supporter et que c’était un «menteur».
Nicolas Sarkozy a dû ravaler ses propos devant le président du CRIF et Ronnie Lauder, le patron du Congrès Juif Mondial venus lui demander des explications.
M. Sarkozy ne pouvait donc pas faire moins que réitérer son amitié pour l’entité sioniste et donc engager la France dans l’éventuel conflit que la dite entité pourrait déclencher contre l’Iran.

En son temps, Henry Kissinger avait lui aussi tenu des propos peu amènes à l’encontre non pas d’un homme, mais des organisations communautaires  juives américaines. C’est ce que révèlent des documents remontant aux années 1970 et rendus publics par le Département d’Etat. Ci-dessous, un extrait de l’article du Daily Telegraph de Londres à ce sujet : 
Un fonctionnaire de la maison Blanche, Leonard Garment qui disait crouler sous les lettres et appels téléphoniques au nom de groupes d’intérêts juifs, avait demandé aide et conseil à Kissinger. Feu Alexander Haig, alors conseiller de Nixon pour la sécurité nationale, lui avait transmis la lettre de Mme Golda] Meir et lui avait dit : « Il nous faudra étudier la meilleure manière de procéder »

Mme Meir voulait que le gouvernement des Etats unis proteste contre les taxes de sortie du territoire prélevées par  l’Union Soviétique auprès des Juifs candidats à l’émigration en Palestine occupée. Eh oui, encore une question d’argent ! [NdT]

Selon les transcriptions rendues publiques par le Département d’Etat, Kissinger qui est Juif et était à cette époque l’adjoint de Haig, avait dit à Garment ; « Existe-t-il un groupe de gens plus égoïstes que la communauté juive ?

Garment, également Juif, avait répondu : « Personne au monde ! »
A ce moment Kissinger est cité comme ayant dit: “Que diable pensent-ils être en train d’accomplir ?
Et Kissinger de poursuivre : « On ne peur rien dire en confiance à ces salauds parce qu’ils ne le gardent pas pour eux. »
Des avis de spécialistes donc.
Aucun organe francophone ne répercute ces propos sauf le blog Jeune SS (JSS) ou Je Suis un Salaud, et encore en en déformant le contexte.

 Je vous propose les minutes d’une conversation de 1975 entre Henry Kissinger et des diplomates Irakiens, dont le ministre des affaires étrangères de l’époque Saadoun Hammadi.
Cette conversation est intéressante à plus d’un titre  Surtout elle montre la conscience aigüe du danger représenté par l’entité sioniste pour la région et pour la sécurité de l’Irak en particulier, ainsi qu’une obsession de l’intégrité territoriale irakienne.

Saadoun Hammadi, décédé en 2007.
Force est de constater que tous les dangers que craignait le ministre irakien se sont concrétisés et que l’Irak est aujourd’hui laminé et démembré ou sur le point de l’être avec un Kurdistan quasi indépendant. Entre temps, il y a eu une révolution en Iran et le rapprochement esquissé par Kissinger s’est alors concrétisé dans la guerre déclenchée ensuite par le régime de Saddam Hussein. Des erreurs de jugement et des fautes stratégiques qui ont fait le jeu de l’entité sioniste et ont abouti à la destruction de l’Irak.

On peut aussi constater que les calculs de Kissinger et de ses amis ont échoué, c’est-à-dire que leurs tentatives de réduire l’influence du lobby sioniste aux Etats Unis avec l’idée de faire de l’entité sioniste un petit Etat parmi d’autres dont les Etats unis garantiraient la sécurité ont capoté.
Le lobby sioniste a su en effet contourner les restrictions posées par la législation électorale et il est plus puissant que jamais et a presque la haute main sur le parlement bicaméral des Etats Unis. Benjamin Netanyahou y a reçu récemment une standing ovation comme aucun chef de l’Etat US n’en a jamais connu !

Par ailleurs, le petit pays dont il parlait a vu sa population exploser avec l’afflux de ces Juifs (ou pseudo Juifs) en provenance d’Union Soviétique puis des ex républiques soviétiques. Des gens dotés souvent d’un bon niveau de formation soit dit en passant.

Saadoun Hammadi évoquait l’expansionnisme de l’entité sioniste. Pour l’instant cet expansionnisme se manifeste avant tout en Cisjordanie et au Golan, deux régions livrées à la colonisation juive, le Golan syrien ayant été effectivement annexé par Tel Aviv.
Cet expansionnisme ne manquera pas de se manifester à nouveau au Liban et probablement en Syrie quand il en aura l’occasion. Sans oublier les menaces régulières d’agression contre l’Iran que profèrent ses dirigeants.

Autant d’éléments qui doivent donner à réfléchir. Kissinger l’avait fait en son temps puisqu’il déclarait à ses interlocuteurs que l’entité sioniste « nous fait plus de mal que de bien dans le monde arabe ».

The Middle east Quarterly (USA 2006) traduit de l’anglais par Djazaïri
Le texte original est introduit par Kenneth Stein, professeur à l’Emory University

PARTICIPANTS:
Saadoun Hammadi, Ministre Irakien des affaires étrangères
Falih Mahdi ‘Ammash, ambassadeur d’Irak en France
____ ____, assistant du ministre
Dr. Henry A. Kissinger, Secretaire d’Etat

Isa Sabbagh, Public Affairs Officer, American Embassy Jidda
Peter W. Rodman, membre du National Security Council

Date et heure: mercredi 17 décembre 1975, 12h 20  – 13h 18
Lieu : Résidence de l’ambassadeur d’Irak Rue d'Andigne, Paris XVI

Kissinger: Nos deux pays n’ont guère eu de contacts l’un avec l’autre ces dernières années, et le voulais saisir cette opportunité pour nouer le contact. Je sais que nous n’allons pas résoudre tous les problèmes en une seule réunion. Il en faudra au moins deux [rires]. Je pense qu’un bref échange de vues pourrait être utile et j’apprécie la courtoisie de votre accueil.

Hammadi: Je suis heureux de rencontrer son Excellence. Nous n’avons pas eu de contacts pour des raisons que vous connaissez et que nous connaissons. Il est toujours utile d’échanger des points de vue.

Kissinger:  Notre idée de base est que nous ne pensons pas qu’il y a un conflit fondamental entre les intérêts nationaux de l’Irak et ceux des Etats Unis. Pour diverses raisons, l’Irak et les Etats Unis se sont retrouvés dans des camps opposés. Mais nous avons réussi à normaliser nos relations avec la plupart des autres pays arabes. Sous des aspects purement nationaux, nous ne voyons pas d’obstacles insurmontables de notre côté. Peut-être voyez-vous les choses différemment.

Hammadi: Nous voyons bien sûr les choses autrement, et je vais vous dire pourquoi. L’Irak fait partie du monde arabe. Nous pensons que les Etats Unis ont été le facteur le plus important dans le renforcement d’Israël tel que nous le voyons aujourd’hui.
Kissinger: C’est vrai.

Hammadi: Elle a été créée en 1948 et n’aurait pas pu survivre jusqu’à ce jour sans les Etats unis.

Kissinger: L’Union Soviétique était active à l’époque aussi [en faveur de la création de l’entité sioniste]

Hammadi: C’est juste. C’est pourquoi les relations avaient été quelque peu tendues avec l’Union Soviétique. Nos bonnes relations avec l’Union Soviétique sont assez récentes. Les communistes n’étaient pas très populaires auprès des masses à l’époque. Mais la différence est que vous croyez qu’Israël est ici pour rester. Nous pensons qu’Israël a été créé par la force et que c’est un cas évident de colonialisme. Israël a été établi sur une partie de notre patrie. Ce n’est pas ce que vous pensez. Mais ce n’est pas le fin mot de l’histoire. Israël est maintenant une menace directe pour la sécurité nationale de l’Irak.

Kissinger: Comment ça, pour l’Irak?

Hammadi:  Israël a développé une puissance militaire qui peut menacer l’Irak, compte tenu notamment des informations que nous avons lues récemment sur la fourniture d’armes sophistiquées par les Etats Unis. Alors ce n’est pas seulement le monde arabe qui est menacé mais, l’Irak faisant partie du monde arabe, l’Irak lui-même. Nous pensons que les Etats Unis renforcent Israël pour qu’il ait la haute main sur la région. Même sur le Liban dont ils disent qu’il affecte la sécurité d’Israël. Un Israël fort, puissant, nucléarisé avec la haute main sur la région. Tout événement dans le monde arabe est interprété comme une menace pour Israël. Même un changement de gouvernement en Irak serait interprété de la sorte.

Kissinger:  Mon impression est que si vous changiez de gouvernement en Irak, ils n’auraient pas d’objections [rires]. Je comprends votre problème.

Hammadi: C’est le paysage que je vois – jusque vers 1980. Vous dites que les Etats Unis mettent tout leur poids en faveur d’un règlement. Mais un règlement n’est pas la paix. Une nouvelle vague de troubles et d’affrontements commencera parce qu’Israël n’est pas un Etat du genre à rester dans ses frontières. Parce que s’ils [les sionistes] en ont l’occasion, ils chercheront l’expansion. C’est ce que montrent les faits. Et ils ont l’appui de la plus grande puissance dans la région. Ce que font les Etats Unis ne consiste pas à apporter la paix mais à créer une situation dominée par Israël, ce qui créera une nouvelle série d’affrontements.

Kissinger: Je comprends ce que vous dites. Quand je dis que nous voulons améliorer les relations avec l’Irak, c’est quelque chose dont nous pouvons nous passer. Mais c’est notre politique d’aller vers de meilleures relations. Je pense que, si on regarde l’histoire, quand Israël a été créé en 1948, je ne crois pas que quiconque y ait compris quelque chose. Son origine tenait à des questions politiciennes propres à l’Amérique. C’était lointain et peu compris. Alors ce n’était pas un projet de l’Amérique pour avoir un bastion de l’impérialisme dans la région. C’était bien moins compliqué. Et je dirais que jusqu’en 1973, la communauté juive avait une influence énorme. C’est seulement depuis ces deux dernières années, suite à la politique que nous suivons, que ça a changé.
Nous n’avons pas besoin d’Israël pour influer sur le monde arabe. Au contraire, Israël nous fait plus de mal que de bien dans le monde arabe. Vous dites vous-même que votre problème avec nous est Israël. En dehors du fait peut-être que nous sommes des capitalistes. Nous ne pouvons pas négocier l’existence d’Israël, mais nous pouvons réduire sa taille à des proportions historiques. Je ne suis pas d’accord pour dire qu’Israël est une menace permanente. Comment une nation de trois millions d’habitants peut-elle être une menace permanente ? Ils ont un avantage technique pour le moment. Mais il est inconcevable que des peuples avec les richesses, les compétences et les traditions des Arabes ne puissent pas développer les capacités nécessaires. Alors je pense que dans dix ou quinze ans, Israël sera comme le Liban, à lutter pour son existence et sans influence sur le monde arabe.
Vous avez mentionné de nouvelles armes. Mais elles ne seront pas livrées dans un futur prévisible. Tout ce que nous avons accepté, c’est d’étudier les demandes et nous n’avons accepté aucune livraison à partir des stocks actuellement disponibles. Donc beaucoup de ces armes ne seront pas fabriquées avant 1980, et nous n’avons pas encore accepté de les livrer à ce moment là.
Notre politique est d’aller vers la paix et d’améliorer nos relations avec le monde arabe. L’Irak n’est pas partie prenante aux négociations de paix, mais je pense que la politique de l’Egypte et de la Syrie visant à améliorer les relations avec nous nous Assistant à mettre la pression pour un règlement.
Les israéliens vous préfèrent à Sadate [le président Egyptien] parce qu’ils aiment que les choses soient posées en terme de problème USA – URSS. Nous ne coulons pas que vous ayez des relations inamicales avec l’Union Soviétique, nous n’interférons pas dans vos relations avec l’Union Soviétique. Mais fondamentalement, les Israéliens préfèrent le radicalisme arabe.
Si le problème est l’existence d’Israël, nous ne pouvons pas coopérer. Mais si la question porte sur des frontières plus normales, nous pouvons coopérer.
Nous avons avancé vers la normalisation avec les autres – sauf le Yémen du Sud et la Libye -, nous avancerons en ce sens.

Hammadi:  Nous sommes de l’autre côté de la barrière. Nous sommes en droit de soulever de nombreuses questions.

Kissinger: S’il vous plait.

Hammadi: Compte tenu du passé, qu’est-ce qui peut nous faire croire que les Etats Unis ne continueront pas la politique de soutien illimité [au sionisme] des vingt dernières années.

Kissinger: Tout dépend de ce que vous entendez par soutien illimité. Un changement important en Amérique… Sabbagh était avec moi quand j’ai rencontré le roi Fayçal pour la première fois. Je lui avais dit que ça prendrait quelques années ; nous devions y aller doucement. C’est ce que j’ai dit à tous les Arabes. Nous en sommes arrivés au point maintenant où les attitudes ont changé en Amérique. Quand je rends compte devant les commissions parlementaires, je me retrouve devant des questions de plus en plus hostiles à Israël. Personne n’est pour la destruction d’Israël – ne vous leurrez-pas – et moi non plus.
Mais notre soutien dans les années 1960 se montait à 200 – 300 millions de dollars. Il atteint maintenant 2 à 3 milliards de dollars. C’est intenable. On ne peut même pas avoir une telle somme pour New York. Ce n’est qu’une question de temps avant que ça change – deux ou trois ans. Après un règlement, Israël sera un petit pays ami sans droit de tirage financier illimité. Aussi bizarre que ça puisse paraître , Israêl sera affecté par notre nouveau code électoral. Ainsi l’influence de certains de ceux qui finançaient les élections auparavant n’est plus si grande. On ne s’en est guère aperçu. Il faudra plusieurs années avant qu’on le comprenne vraiment.
Je pense donc qu’il y a un rééquilibrage américain. Si les Arabes – permettez-moi d’être franc – ne font pas quelque chose de stupide. S’il y a une crise avec l’Union Soviétique dont des organisations en Amérique pourraient faire une croisade anticommuniste.

Hammadi: Vous pensez donc que la politique des Etats Unis ne serait plus la même après un règlement  [du conflit]?

Kissinger: Nous voulons qu’Israël survive mais pas qu’il domine la région. Persone ne peut conquérir le monde arabe. Même s’ils [les sionistes] s’emparent de Damas, d’Amman et du Caire, vous serez là et la Libye sera là. Alors si Israël ceut survivre  en tant qu’Etat comme le Liban – en tant que petit Etat – nous pouvons le soutenir.

Hammadi: Qu’en pensent les israéliens?

Kissinger:  En premier lieu, ils veulent se débarrasser de moi. Parce que je les renvoie dans les cordes. Deuxièmement, ils veulent provoquer les Arabes en 1976 – en Syrie, au Liban – parce qu’ils pensent que s’il y a une guerre, ils peuvent la gagner et créer beaucoup de chaos. Troisièmement, ils veulent faire passer une législation en Amérique de nature à provoquer l’hostilité d’autant d’Arabes que possible. Nous avons ainsi les lois anti-discrimination, anti-boycott et anti-vente d’armes. Ils espèrent que les Arabes reviendront à une situation comme celle de 1967-1973, quand les Syriens et les Egyptiens avaient adopté une ligne anti-américaine. Ils pourront ainsi dire qu’ils sont les seuls amis de l’Amérique au Moyen Orient. Ce qu’ils veulent, c’est ce que vous prédisez – être le seul ami. Nous voulons d’autres amis pour réduire la portée de cet argument.

Assistant: Votre excellence, pensez-vous qu’un règlement dans la région peut se faire sans les Palestiniens ? Quelle est votre lecture ? Avez-vous le pouvoir de réaliser une telle chose,
Kissinger: Pas en 1976. Je dois être très franc avec vous. Je pense que l’identité palestinienne doit avoir une forme de reconnaissance. Mais nous avons besoin d’une coopération approfondie des Arabes. Il faudra un an ou un an et demi pour l’avoir et ce sera un effort immense. Une évolution est déjà en cours. 

Assistant: Vous pensez qu’ils [les palestiniens] feront partie d’une solution ?
Kissinger: Il le faut. Aucune solution n’est possible sans eux. Mais la situation politique interne aux Etats Unis devient favorable. De plus en plus de questions sont posées au Congrès en faveur des palestiniens.

Hammadi: Pensez-vous qu’un Etat palestinien est possible?

Kissinger: Nous ne l’excluons pas par principe. Il n’est pas possible pour l’instant.

Hammadi: Et au sujet des réfugiés Palestiniens? Les territoires palestiniens sont maintenant surpeuplés – Gaza et la Cisjordanie.

Kissinger: Ils devraient avoir le choix, soit de rester là où ils sont, soit d’aller dans un Etat palestinien.

Hammadi: Pensez-vous que certains, par exemple la région de Galilée, pourraient choisir de quitter Israël pour intégrer le nouvel Etat palestinien ?

Kissinger: En Galilée?

Hammadi: les Arabes Israéliens.

Kissinger: J’ai dit à des amis que la paix n’était une fin en soi. Ailleurs, les guerres commencent entre des pays qui sont en paix. Il n’y a qu’au Moyen orient que des guerres commencent entre des pays qui sont en guerre. Mais nous soutenons l’’existence d’Israël. La destruction d’Israël est notre ligne rouge à ne pas franchir.

Assistant: Les palestiniens ont déjà écarté cette idée. C’est mon opinion personnelle. Parce que les israéliens essayent d’acheter des terres en Galilée, et qu’il y a de la résistance. Le parti communiste de cette région en tire argument pour les élections municipales. Est-ce que c’est parce que les Israéliens s’attendent à la création d’un Etat palestinien qu’ils veulent acheter ces terres ?

Kissinger: Ce pourrait être leur idée. Je ne suis pas au courant.

Assistant: Le Parti Communiste s’en sert d’argument dans cette région. Les Israéliens savent que cous, Américains, êtes derrière l’idée d’un Etat palestinien.

Kissinger: Nous devons être prudents et avancer progressivement. La presse israélienne m’accuse. J’ai dit que nous ne pouvons pas faire un pas en direction des palestiniens tant qu’ils n’acceptent pas l’existence de l’Etat d’Israël et la résolution 242 du Conseil de Sécurité. Je n’ai jamais exclu une reconnaissance de l’OLP. Je l’ai toujours liée à la reconnaissance d’Israël et de la 242. Ce qui implique que nous ferons un geste s’ils reconnaissent Israël et la 242.

Assistant: Kaddoumi  Kaddoumi [Farouk Kaddoumi, un dirigeant de l’OLP] a dit : «Comment pouvons-nous reconnaître Israël s’il ne reconnaît pas l’OLP ?»

Kissinger: Sauf votre respect, ce qu’Israël fait est moins important que ce que font les Etats Unis.
  
Hammadi:  Votre Excellence, vos points de vue et les nôtres sont différents. Vous êtes pour l’existence d’Israël, pas nous. Nous ne pouvons donc pas être d’accord sur ce point. Peut-être pouvons-nous parler d’autres aspects. Nous ne sommes pas contre une amélioration des relations avec n’importe quel Etat, même ceux avec lesquels nous avons des divergences fondamentales. Nous lisons dans les journaux que les Etats Unis livraient des armes au mouvement kurde dans le nord de l’Irak. Notre attitude n’est pas basée là-dessus les journaux] ; nous avons des raisons de croire que les Etats Unis continuent à le faire. Quel est votre avis ?

Kissinger: Quand nous pensions que vous étiez un satellite de l’URSS, nous n’étions pas opposes à ce que l’Iran faisait dans la région kurde. Maintenant que l’Iran et vous avez résolu ce différend, nous n’avons aucune raison de faire ce genre de chose. Je peux cous dire que ne participerons pas à des activités contre l’intégrité territoriale irakienne et que nous ne participons à aucune.

Hammadi: C’est un résultat de cet accord [avec l’Iran] ? Que vous pensiez que nous ne sommes pas un satellite de l’URSS ?

Kissinger: Nous avons une compréhension plus élaborée maintenant. Nous pensons que vous êtes un ami de l’Union Soviétique lais que vous agissez selon vos propres principes.

Hammadi: L’an prochain, si nous signons un traité économique avec l’Union Soviétique, reviendrez-vous à l’autre façon de voir?

Kissinger: Je ne serais pas ici si nous n’étions pas désireux d’avoir une relation nouvelle avec l’Irak. Si vous entretenez des relations économiques avec l’Union Soviétique, c’est votre affaire. Nous n’interférons pas. Notre façon de voir est que vous menez une politique indépendante. Nous n’aimons pas ce que vous faites de votre propre chef [rires]. Nous évoluons vers des relations plus complexes avec les Arabes. Notre politique actuelle est compatible selon nous avec l’intégrité et la dignité de l’Irak.

Hammadi: Nous voyons les choses autrement. Nous avons des relations avec l’Union Soviétique ; nous importons des armes soviétiques. Ce qui a amené les Etats Unis à intervenir et à encourager un mouvement qui pourrait disloquer notre pays.

Kissinger: Vous allez trop loin. Nous n’étions pas le principal pays engagé dans cette affaire.

Hammadi: Mais les Etats Unis y ont participé, à leur manière, avec des armes.

Kissinger: D’une certaine manière.

Hammadi: Et les Kurdes veulent découper l’Irak en morceaux.

Kissinger:  Il est inutile de remuer le passé. Je peux seulement vous dire ce que sont nos intentions. Je comprends vos inquiétudes et vos soupçons ? Nous pouvons attendre. Nous ne sommes pas obligés de tirer des conclusions pratiques de cette rencontre.

Hammadi: Ce qui nous préoccupe est de savoir si les USA ont vraiment changé leur position? Qu’est-ce qui nous assure que cela ne va pas se reproduire à l’avenir ? Chaque fois qu’un pays exerce son droit souverain, les Etats Unis sont impliqués dans des actions qui touchent à l’intégrité de ce pays ?

Kissinger: Prenez la Syrie. La Syrie tient toutes ses armes de l’Union Soviétique. Les Syriens peuvent confirmer que nous n’avons jamais interféré dans leurs affaires et que nous n’avons jamais interféré dans leurs relations militaires avec l’Union Soviétique. Nous avons essayé d’agir diplomatiquement pour influer sur leur politique, ce qui est normal. Donc, avec des relations plus matures avec les Arabes, c’est [l’ingérence] exclu.»

Hammadi: Et pour le Liban?

Kissinger: Nous nous sommes tenus à l’écart au Liban. Nous n’avons rien fait au Liban. Mon point de vue est que le poids des Musulmans [dans la vie politique du pays] devra augmenter. Nous avons eu beaucoup de discussions avec les Syriens et les saoudiens, mais nous ne nous sommes pas lancés dans des activités d’espionnage. Ce que je peux vous dire, c’est que nous collectons de l’information mais pas d’armes.

Hammadi: Les Etats Unis ne sont pas favorable à une partition du pays?

Kissinger: Nous y sommes opposés.

Hammadi: Les Etats Unis ne sont pas impliqués mais s’opposeraient [à une partition].

Kissinger: On ne nous l’a pas demandé, mais si on le faisait, nous nous y opposerions. J’ai fait plusieurs déclarations publiques en faveur de l’intégrité du Liban.

Hammadi: Je suis heureux de vous l’entendre dure parce que nous, en Irak, sommes très sensibles sur l’intégrité territoriale. Pourquoi êtes-vous opposé [à une partition] ?

Kissinger: Parce que nous pensons que l’intégrité des Etats de la région est fondamentale pour la paix au Moyen Orient. [Avec une partition] on aurait deux fragments de plus. Un Etat chrétien devrait chercher un soutien à l’étranger, un Etat musulman devrait chercher un soutien à l’étranger. Ce serait plus d’instabilité. Sachez que nous sommes pour l’unité du Liban.

Hammadi: Nous sommes préoccupés par une intervention israélienne.

Kissinger: Nous avons averti fermement les Israéliens à ce sujet. Ils n’y gagneraient que quelques centaines de milliers d’Arabes en plus et rendraient un règlement du conflit impossible.

Hammadi: Quelqu’un, au niveau international, est-il favorable à une partition?

Kissinger: Personne, à ma connaissance.

Hammadi: Aucune des grandes puissances?

Kissinger:  Les Européens aiment jouer sans prendre de risqué. Au Moyen orient, on ne peut pas jouer sans risques. Je vous le dis platement, nous n’y sommes pas favorables. Nous sommes disposés à coopérer en faveur de l’unité du Liban. Nous craignons seulement que, si nous devenons actifs sur ce dossier, l’Union Soviétique devienne aussi active. Nous an avons discuté avec la Syrie, l’Arabie Saoudite, l’Egypte et l’Algérie.

Hammadi: Je voudrais résumer _ ce qui nous intéresse, c’est nos relations bilatérales. Nous différencions entre relations politiques et autres sortes de relations. Il y a quelques années, nous avions tout amalgamé. Economiquement et techniquement, l’Irak n’est pas fermé aux Etats unis. Nous n’avons pas d’objections à développer des relations avec les Etats Unis aux niveaux culturel et économique. Mais seulement sur la base de la non ingérence dans nos affaires intérieures. Il y a quelques entreprises américaines en Irak, et elles ont l »assurance d’être traitées équitablement. Au niveau politique, nous avons rompu les relations pour une certaine raison, et nous pensons que cette raison est toujours d’actualité.

Kissinger: En mettant de côté les relations diplomatiques – et vous voudrez y réfléchir – si nous voulons échanger nos points de vue; nous pourrions envoyer des personnes de rang plus élevé dans les sections d’intérêts dans nos capitales respectives.

Hammadi: Mais plus le niveau de représentation est élevé, plus nous nous rapprochons des relations diplomatiques.

Kissinger: Mais alors comment faire? Via la mission diplomatique à l’ONU? Où par vos personnels à Washington?

Hammadi: Nous pouvons procéder sur la base du cas par cas.

Kissinger:  Très bien. Quand vous venez à new York, nous pouvons nous rencontrer. Nous pouvons le faire sur la base du cas par cas. Vos verrez : notre attitude envers l’Irak n’est pas inamicale. Ne me croyez pas sur parole, jugez sur pièce.

Hammadi: Nous sommes un petit pays. Nous devons être plus prudents.

Kissinger: Les choses vont évoluer. Nous pouvons rester en contact via Washington et New York.
Hammadi: Pour finir, je voudrais dire que ce problème kurde est d’une importance vitale pour nous.

Kissinger: Je peux vous assurer qu’il n’y aura plus de problème. On ne peut pas revenir sur le passé.

Hammadi: Pas toujours.

[Le ministre des affaires étrangères accompagne le Secrétaire d’Etat Kissinger et ses collaborateurs vers la porte.]