lundi 8 mars 2010

Henning Mankell et la Palestine: une analyse lucide et sans compromis

Vous connaissez sans doute Henning Mankell ou Kurt Wallander, le policier qui est le personnage principal de la plupart de ses romans et qui a inspiré un feuilleton télévisé. Je n'ai malheureusement vu aucun épisode du feuilleton, mais j'ai énormément apprécié les livres de Mankell qui brossent un tableau saisissant de la Suède actuelle.
Je savais Mankell épris de justice, hostile notamment au racisme, lui qui vit désormais au Mozambique par choix personnel et non attiré par exemple par une quelconque activité lucrative. J'ignorais par contre sa sympathie pour la cause de la Palestine, sympathie qu'il a exprimé, au retour d'un séjour en Palestine occupée, dans les colonnes du journal suédois Aftonbladet. Oui, ce même journal qui avait sorti l'affaire du trafic d'organes prélevés sur les victimes des tueurs sionistes.
Le texte de Mankell est limpide et se passe donc de commentaires. Et seuls les moins lucides ne partageront pas son analyse.
Merci à Philip Weiss de m'avoir aiguillé sur ce texte traduit du suédois vers l'anglais (je pense que le texte n'est pas disponible en français)


Bloqué par l'apartheid
par Henning Mankell, Palestine Festival of Literature 2 juin 2009 traduit de l'anglais par Djazaïri

Il y a environ une semaine, j'ai visité Israël et la Palestine. Je faisais partie d'une délagation d'écrivains avec des représentants de diverses parties du monde. Nous venions participer au Festival Littéraire Palestinien. La cérémonie d'ouverture devait se tenir au Théâtre National Palestiniens à Jérusalem. Nous venions juste de nous rassembler quand des soldats et des policiers Israéliens lourdement armés sont arrivés et ont annoncé qu'ils allaient interrompre la cérémonie. Quand nous avons demandé pourquoi, ils ont répondu: vous êtes un rique pour la sécurité.

Prétendre que nous posions à ce moment une menace terroriste réelle pour Israël est absolument dépourvu de sens. Mais en même temps, ils avaient raison: nous représentons une menace quand nous venons en Israël et exprimons ouvertement nos points de vue sur l'oppression de la population palestinienne par Israël.  Elle peut se comparer à la menace que moi-même ainsi que des milliers d'autres avaient autrefois représenté pour le système d'apartheid en Afrique du Sud. Les mots sont dangereux.

C'est ce que j'ai dit aussi quand les organisateurs de la conférence se sont débrouillés pour transférer toute la cérémonie d'ouverture au Centre Culturel Français: - Ce que nous vivons en ce moment est une répétition du système honteux d'apartheid qui traitait à une époque les Africains et les gens de couleur comme des citoyens de deuxième classe dans leur propre pays. mais n'oublions pas que ce même système d'apartheid n'existe plus. Ce système a été aboli par l'action des hommes au début des années 1990. Il y a une relation directe entre Soweto, Sharpeville et ce qui s'est passé récemment à Gaza.

Pendant les jours qui ont suivi, nous avons visité Hébron, Bethléem, Jenine et Ramallah. Un jour, nous marchions dans les collines en compagnie de l'écrivain Palestinien Raja Shehadeh qui nous a montré comment les colonies israéliennes s'étendaient, confisquant des terres palestiniennes, détruisant des routes pour en aménager de nouvelles réservées aux colons. Aux différents checkpoints, le harcèlement était monnaie courante. Pour mon épouse Eva et moi, c'était bien sûr plus simple de passer. Les membres de la délégation munis de passeports syriens ou d'origine palestiniennes étaient tous bien plus exposés. Sortez votre sac du bus, videz-le, rangez-le, ressortez-le une fois de plus.

En Cisjordanie, l'aggravation est une affaire de degré. Le pire de tout, c'était à Hébron. Au milieu d'une ville peuplée de 40 000 Palestiniens, 400 colons Juifs ont confiqué une partie du centre de la ville. Les colons sont brutaux et n'hésitent pas à attaquer leurs voisins Palestiniens. Pouquoi ne pas uriner sur eux depuis les fenêtres des étages supérieurs? Nous avons vu des documents où des femmes colons et leurs enfants donnent des coups de pied et frappent une femme Palestinienne. Les soldats Israéliens qui voyaient ce qui se passait ne faisaient rien pour les en empêcher. C'est la raison pour laquelle il y a des gens à Hébron qui, au nom de la solidarité, se portent volontaires pour suivre des enfants Palestiniens sur le chemin de l'école et du retour à la maison. 1500 soldats Israéliens protègent ces 400 colons, nuit et jour! Chaque colon est protégé en permanence par 4 ou 5 gardes du corps.

De plus, les colons ont le droit de porter des armes. Quand nous nous trouvions à un des checkpoints les plus exécrables à l'intérieur d'Hébron, un colon extrêmement agressif nous a filmés. A la vue de quoi que ce soit de palestinien, ce pouvait être chose la plus insignifiante, un bracelet, une broche, il se précipitait directement vers les soldats pour faire un rapport.

Naturellement, rien de ce que nous avons subi ne peut être comparé avec la situation des palestiniens. Nous les avons rencontrés dans des taxis et dans la rue, à des conférences, dans des universités et des théâtres. Nous avons discuté avec eux et écouté leurs récits.

Est-il étrange que certains d'entre eux, par pur désespoir, quand ils ne voient pas d'autre issue, décident de commettre des attentats suicide? Pas vraiment? Il est peut-être étrange qu'ils n'y en aient pas plus. Le mur qui divise actuellement le pays préviendra de nouveaux attentats, dans le court terme. Mais le mur est une manifestation évidente du désarroi du pouvoir militaire israélien. A la fin, il connaîtra le même sort que celui qui a divisé Berlin à une époque.

 Ce que j'ai vu pendant mon voyage était évident: l'Etat d'Israël dans sa forme actuelle n'a pas d'avenir. Qui plus eux, ceux qui plaident pour une solution à deux Etats sont dans l'erreur.

En 1948, l'année de ma naissance, l'Etat d'Israël proclamait son indépendance sur un territoire occupé. Il n'existe aucune raison d'aucune sorte de la qualifier de légitime selon le droit international. Ce qui s'est passé, c'est qu'Israël a tout simplement occupé un territoire palestinien. Et la dimension de ce territoire s'accroît constamment, avec la guerre de 1967 et avec les colonies de plus en plus nombreuses aujourd'hui. Parfois une colonie est démantelée. Mais c'est seulement pour le spectacle. Très vite, il ressurgit quelque part ailleurs. Une solution à deux Etats ne marquera pas la fin de l'occupation historique.

Il arrivera à Israël la même chose que ce qui s'est produit en Afrique du Sud pendant le régime d'apartheid. La question est de savoir s'il est possible de parler le langage de la raison avec les Israéliens afin qu'ils acceptent volontairement la fin de leur propre Etat d'apartheid. Où si cela doit se produire contre leur propre volonté. Personne ne peut nous dire quand cela se produira. L'insurrection finale démarrera bien entendu à l'intérieur [de la Palestine occupée]. Mais des changements politiques se déroulant en Syrie et en Egypte y contribueront. Aussi important est que, probablement plus tôt qu'on ne le pense, les Etats Unis ne se trouveront plus en mesure de financer cette horrible force militaire qui empêche les jeunes lanceurs de pierres de vivre normalement dans la liberté.
Quand ce changement arrivera, chaque Israélien devra décider pour lui (ou elle)-même s'il ou elle est disposé(e) à abandonner ses privilèges et à vivre dans un Etat palestinien. Pendant mon voyage, je n'ai rencontré nul antisémitisme. Ce que j'ai vu était de la haine contre les occupants, ce qui est tout à fait normal et compréhensible. Distinguer entre ces deux choses est crucial.

La dernière nuit de notre séjour était supposée se terminer de la même manière que nous avions essayé de commencer notre voyage à jérusalem. Mais l'armée et la police ont une fois encore bouclé le théâtre. Il nous a fallu nous réunir ailleurs.

L'Etat d'Israël ne peut s'attendre qu'à être vaincu, comme toutes les puissances occupantes. Les Israéliens détruisent les vies. Mais ils ne détruisent pas les rêves. La chute de de ce scandaleux système d'apartheid est le seule chose concevable, car elle est impérative.

La question n'est donc pas si mais quand elle se produira. Et comment.

dimanche 7 mars 2010

Eclairage canadien sur l'histoire du sionisme

Yves Engler est un journaliste et essayiste Canadien qui publie ses articles dans la presse "alternative" mais aussi dans la grande presse canadienne comme le Toronto Star ou l'Ottawa Citizen.
Cette fois, c'est un journal qui parle de lui ou, plus précisément de son dernier livre qui traite de l'alliance fort ancienne entre le Canada et le sionisme.
Mieux, Yves Engler soutient, documents à l'appui, que l'idée de créer un Etat juif en Palestine a d'abord été celle de fondamentalistes Chrétiens.
Il est particulièrement intéressant d'apprendre que l'année même où Théodore Herzl publiait son livre l'Etat juif, un Chrétien restaurationniste du nom d'Henry Wentworth Monk écrivait à Balfour pour lui faire part de sa lumineuse idée d'un "Dominion" juif en Palestine. Oui, le même Balfour qui rédigera plus tard la fameuse déclaration adressée au baron Lionel Walter Rothschild.

Le Canada accusé de parti pris pro-israélien
compte rendu de lecture
par David Heap, pour l'agence QMI
London Free Press (Canada) 6 mars 2010 traduit de l'anglais par Djazaïri

Le nouveau livre d'Yves Engler soulève des questions importantes au centre des débats dans ce pays et à propos desquelles nous avons tous besoin d'être mieux informés.

Le titre réfère aux conditions imposées par Israël aux les Palestiniens, dont certains disent s'assimilent au crime d'apartheid, tel que défini par la Convention internationale sur la répression et la sanction du crime d'apartheid.
A l'évidence, tout le monde n'est pas d'accord avec cette interprétation et il s'agit d'un point qui peut donner lieu à un débat salutaire.

Pour Engler, l'histoire du soutien canadien à la formation de l'Etat d'Israël commence par l'observation que les "racines du sionisme sont chrétiennes, pas juives."
Il montre en détail que longtemps avant la popularisation par Herzl du sionisme chez les Juifs Européens, diverses organisations chrétiennes promouvaient une interprétation littérale de la Bible selon laquelle il devrait y avoir un foyer national juif dans la partie de l'Empire Ottoman connue sous le nom de Palestine.

Des Chrétiens restaurationnistes comme l'homme d'affaires Canadien Henry Wentworth Monk collectaient de l'argent dans les années 1870 et 1880 pour l'établissement d'un "Dominion d'Israël."

En 1896, Monk parla de son idée dans une lettre à A.J. Balfour, qui devint plus tard ministre des affaires étrangères de Grande Bretagne et publia la déclaration Balfour promettant un soutien britannique à la création d'un Etat juif en Palestine.

Ainsi, avant même le début du mouvement politique juif moderne pour la colonisation de la palestine, le soutien occidental à l'idée d'un Etat juif était étroitement mêlé avec le fondamentalisme chrétien et une vision géopolitique d'Israël comme avant-poste utile au pouvoir impérial.

Engler montre que l'alignement à l'international du canada a glissé de Westminster à Washington, le soutien à Israël restant une constante.

Ce soutien est souvent allé de pair avec une hostilité envers les Juifs au Canada. Des politiciens antisémites comme E.C. Manning et Mackenzie King soutenaient la création d'Israël en partie comme moyen de réduire l'immigration juive au Canada.

Engler documente aussi l'apport significatif de Canadiens au plan de partition de l'ONU qui donnait la majorité de la Palestine historique à Israël en 1948. Parmi ces acteurs clefs, figuraient le sous secrétaire d'Etat aux affaires étrangères Lester Pearson et Ivan Rand, qui sera plus tard premier doyen de la faculté de droit de Western Ontario.

Le Canada avait évité de condamner le nettoyage ethnique lorsqu'une grande partie de la population palestinienne avait été forcée à l'exil et ses maisons expropriées, et le soutien du Canada à Israël a continué, à quelques exceptions près, jusqu'à ce jour.

Engler passe en revue des dizaines d'années de soutien exclusif à Israël par le Canada dans des secteurs qui vont du renseignement militaire au statut caritatif accordé à des organisations qui contribuent au financement de colonies illégales en Cisjordanie grâce à des donations déductibles des impôts au Canada.

Le livre soutient que le Canada a été "le pays au monde le plus pro-israélien."

Engler termine par l'examen du mouvement pour réorienter les relations internationales du pays vers "une politique indépendante d'esprit fondée sur la justice sociale."

Le style d'Engler est clair et direct. Il écrit avec passion et une documentation soigneuse.

En apprendre sur l'histoire de la contribution de notre pays à la situation dans cette région nous donne la responsabilité de chercher des solutions justes et durables. Les canadiens qui s'intéressent à notre politique au Moyen orient feraient bien de prêter une grande attention à son message, quelles que puissent être leurs points de vue sur la région.

David Heap est professeur associé à l'université de Western Ontario.

Canada and Israel: Building Apartheid, By Yves Engler, Fernwood Books

L'Indiana Jones de la Torah

Un récit de plus relatif à l'exploitation par des gens sans scrupules de ce qui touche au génocide commis par les nazis, passé du statut d'événement historique, monstrueux certes, à axiome religieux communément désigné par les termes shoah et holocauste. Deux termes qui signent à la fois la privatisation de cet événement et son rejet hors de l'histoire, dans la sphère de l'inconnaissable et de l'inexplicable par la rationalité de l'historien. L'escroquerie qui nous est présentée ici est à rapprocher de celles qui peuvent toucher ce qu'on appelle les saintes reliques. Il ne s'agit pas de quelque chose propre au judaïsme mais qui peut toucher toutes les religions, celle de l'holocauste également bien entendu.


                                       Le rabbin Menachem Youlus, Indiana Jones de la Torah 

Une escroquerie obscène?
par Menachem Z. ROSENSAFT, New York Post 6 mars 2010 traduit de l'anglais par Djazaïri

Certaines escroqueries ne sont pas seulement scandaleuses mais obscènes. C'est complètement le cas avec le rabbin Menachem Youlus, ce copiste de la Torah de Washington DC qui affirme avoir "sauvé" plus de 1 000 rouleaux de la Torah perdus dans l'holocauste.

Il existe des preuves massives qu'il n'a rien fait de ce genre - et que les congrégations qui lui ont acheté de tels rouleaux ont gaspillé leur argent. Examinons les faits:

* Youlus jure avoir découvert les rouleaux de la Torah dans une fosses commune dans l'ouest de l'Ukraine, dans une "housse mortuaire [body bag] de la Gestapo". Je peux vous certifier que la Gestapo n'utilisait pas de housses mortuaires pour ses victimes juives, et encore moins pour les Torahs. Et il ne donne aucune preuve de ce qu'il affirme.

En outre, il a en réalité fourgué les deux rouleaux de Torah trouvés dans des "fosses communes" à cinq congrégations distinctes.

* Il dit en avoir trouvé un autre sous le plancher d'un baraquement au camp de concentration de Bergen-Belsen en Allemagne. Impossible, les soldats Britanniques ont entièrement détruit par le feu tous les baraquements de Belsen en mai 1945 pour contenir une épidémie de typhus.

* Il prétend en avoir déterré un autre dans ce qui était le cimetière d'Oswiecim, la ville polonaise adjacente au camp de la mort d'Auschwitz, qu'il a miraculeusement réuni aux quatre parchemins disparus que des Juifs d'Oswiecim avaient emporté dans le camp et avaient confié à la garde d'un prêtre d'origine juive qui resta à Oswiecim après la guerre avant de les vendre finalement à Youlus. Là encore, on ne trouve aucune trace d'une personne correspondant de près ou de loin à la description d'un tel prêtre qui aurait vécu à Oswiecim ou à ses alentours.

Au début de cette année, le Washington Post magazine a publié un article fouillé et méticuleux qui met en question la sincérité de Youlus. Depuis lors, il ne s'est pas présenté avec un seul document ou témoin à l'appui de ses affirmations.

Et il n'existe aucune preuve historique, de quelque nature, que les Nazis, qui brîlaient et profanaient régulièrement les rouleaux de la Torah, aient jamais enterré des accessoires sacrés juifs dans des fosses communes auprès des Juifs assassinés.
N'importe quelle exploitation de l'holocauste à des fins bassement commerciales est ignoble. Fabriquer de fausses histoires liées à l'holocauste pour des rouleaux de la Torah est méprisable.

Cependant, loin d'avoir été montré du doigt, Youlus continue apparemment à exercer impunément comme scribe.

Certains notables Juifs le soutiennent encore publiquement

Carol Pristoop, directeur exécutif du Pearlstone Conference and Retreat Center, a déclaré au Baltimore Jewish Times que même si les actions de Youlus "sont éventuellement une fraude... Cet homme, de bien des manières, fait une mitzvah [une bonne action]."

Le Dr Moshe Shualy, responsable du rituel à la Chizuk Amuno Congregation de Baltimore, dit qu'il considère que Youlus "est crucifié." Il demande: "Devrions-nous le juger parce qu'il dit des choses qui ne semblent pas tenir debout?"

Et Robert Kushner, qui a acheté un des rouleaux de la Torah de la fosse commune pour la congrégation Beth El de South Hills, Pennsylvanie, veut qu'on laisse Youlus tranquille sepuis qu'il a reçu un document sous serment dans lequel Youlus réitère simplement son récit initial sur la provenance des rouleaux. "Quoi qu'il puisse être," a déclaré Kushner à la Pittsburgh Jewish Chronicle, "je ne peux me résoudre à croire qu'un rabbin orthodoxe prêterait serment et confirmerait un mensonge."

Affolant.

Youlus a ramassé des milliers de dollars sous de faux prétextes auprès de gens qui lui ont fait confiance, tels des adolescents idéalistes qui lui ont donné une partie de leurs cadreaux de  bar et bat mitzvah pour son association Save a Torah [sauver une Torah].

Au lieu d'être cru sur parole, Youlus devrait faire l'objet d'une enquête soigneuse. Où a-t-il eu ses rouleaux, et par qui? Ont-ils été volés, et si oui, à qui appartiennent-ils?

Au minimum, Menachem Youlus a trahi la confiance d'individus de bonne foi qui pensaient contribuer à la sauvegarde de rouleaux de la Torah pour en fait découvrir qu'ils ont involontairement participé à faciliter une escroquerie absolument méprisable. Lui et sa fondation Save a Torah doivent maintenant être mis devant leurs responsabilités, devant la loi et moralement.

Menachem Z. Rosensaft est professeur associé de droit à la faculté de droit de Cornell et vice président de l'American Gathering of Jewish Holocaust Survivors and Their Descendants.

samedi 6 mars 2010

L'alliance de l'Union Européenne avec l'Etat voyou

David Cronin est un journaliste Irlandais spécialisé dans les affaires européennes. On trouvera ici un de ses articles qui documente le rôle de l'Union Européenne dans le financement de la recherche-développement en matière d'armement par les entreprises de l'entité sioniste.
L'article que je vous propose évoque bien sûr cet aspect mais il veut avant tout mettre en relief la coopération multiforme de l'UE avec l'Etat voyou, une coopération qui présente déjà un caractère assez exceptionnel pour un Etat non européen. Pour Cronin, cette coopération amenée à évoluer sans doute assez vite vers un approfondissement faisant de l'entité un quasi-membre de l'UE s'assimile pour D. Cronin à une alliance.
Selen D. Cronin, ce tournant pris par la coopération de l'UE avec le régime de Tel Aviv n'augure pas d'une influence accrue de l'Europe sur le soit disant processus de paix mais, au contraire, d'une tolérance de plus en plus grande vis-à-vis des agissements des gangsters sionistes. Et cette tolérance est déjà grande comme nous le savons.
D. Cronin entame son article par une petite observation autobiographique puisqu'il concède que longtemps il s'est laissé abuser par le discours officiel de l'UE sur le conflit du Proche Orient.
On notera aussi son évocation de l'émergence d'un puissant lobby sioniste à Bruxelles auprès d'instances non élues mais d'un poids politique considérable.


L'alliance de l'Europe avec Israël 
par David Cronin, PULSE, 4 mars 2010 traduit de l'anglais par Djazaïri

Un des travers de la spécialisation dans les affaires de politique européenne, comme ce fut mon cas ces quinze dernières années, est que certains présupposés s'ancrent fermement dans votre cerveau. Longtemps, mon esprit critique est resté en berne lorsque j'écoutais des hauts représentants de l'Union Européenne parler du Moyen Orient. J'acceptais avec joie le discours officiel selon lequel ils s'efforçaient de parvenir à une solution juste du conflit entre Israël et les Palestiniens et qu'il serait insensé de laisser le dit processus de paix dans une situation de "sanglante mise de côté", selon les termes de Chris patten, l'ancien commissaire de l'Union Européenne.

Les attaques israéliennes contre le Liban en 2006 et contre Gaza il y a seulement un peu plus d'un an ont illustré à quel point j'avais été naïf et crédule. Dans le premier exemple, Tony Blair avait empêché l'UE d'appeler formellement à un cessez-le-feu parce qu'il voulait qu'Israël se voie reconnue toute la latitude qu'elle jugeait nécessaire pour combattre le Hezbollah (le massacre de civils Libanais par Israël pendant cette guerre de 33 jours n'avait provoqué guère plus que des déclarations de "regrets" de la part de londres).

Il est vrai que l'UE avait demandé instamment un arrêt de la violence qu'Israël avait infligées au 1,5 million d'habitants de Gaza fi 2008, début 2009. Cependant, en qualifiant l'agression de "disproportionnée," les membres les plus importants de l'UE avaient implicitement approuvé la version israélienne des événements - que tout avait été provoqué par les missiles que le Hamas lançait sur les villes de Sderot et d'Ashkelon au sud d'Israël. "Gaza étaient une crise en suspens," me disait Marc Otte, l'envoyé spécial de l'UE pour la paix au Proche Orient. "Croyez-vous que les Palestiniens pouvaient continuer à tirer des roquettes sur Israël sans qu'Israël réagisse?"

Otte faisait une lecture délibérément sélective de l'histoire récente. Loin de simplement réagir à ce que le hamas avait fait, Israël avait créé les conditions qui ont incité le Hamas à faire s'abattre dans la poussière ses armes rudimentaires (sans comparaison, il faut le dire, avec les machines à tuer ultra-modernes de l'arsenal israélien). Dans les mois qui avaient précédé, le hamas avait observé une cessation des hostilités avec Israël que l'Egypte avait obtenue en juin 2008. Cependant, tout changea le 4 novembre de cette année. Parce que le monde entier était surtout intéressé par l'élection par l'Amérique de son premier président noir, le décision israélienne de rompre le cessez-le-feu avec un raid sur Gaza qui avait tué six membres du hamas était passée généralement inaperçue à l'international. En conséquence, la plupart des media grand public avait ignoré le fait que les roquettes tirées par le Hamas sur le sud d'Israël venaient en représailles pour le raid de novembre.

Pire encore que sa complicité dans la propagation des mensonges israéliens, l'UE s'est abstenue de tenir Israël pour responsable de ses crimes de guerre. L'enquête réalisée par une équipe nommé par l'ONU sous la direction de Richard Goldstone, un juge Sud-Africain en retraite, sur la conduite de la guerre contre Gaza par Israël était aussi exhaustive que possible compte tenu des circonstances (avec le refus de coopération des autorités israéliennes). Mais quand les 575 pages du rapport d'enquête ont été discutées à l'assemblée générale de l'ONU en novembre 2009, 22 des 27 Etats membres de l'UE ont refusé de l'adopter. Une conclusion majeure du rapport était qu'il n'y avait pas "d'objectif militaire justifiable" derrière dix des onze incidents qu'il a examinés et dans lesquels des civils ont été visés par Israël, s'est avérée trop gênante pour la plupart des gouvernements européens.

Alors qu'en 2009 certains gros titres donnaient l'impression qu'il y avait des frictions entre les diplomaties israélienne et européenne sur tous les sujets, depuis le statut de Jérusalem jusqu'à l'article du tabloïd suédois qui suggérait que les soldats Israéliens prélevaient systématiquement les organes des cadavres de palestiniens, la réalité est qu'Israël jouit de relations extrêmement cordiales et profitables avec l'UE. Cette réalité a été mise en relief par Javier Solana, faisant un voyage d'adieux en Israël à l'automne, peu de temps avant sa démission du poste de chef de la diplomatie européenne. "Aucun pays extérieur au continent européen n'a le type de relations avec l'Union Européenne qui est celui qu'a Israël," avait-il dit. "Israël, permettez-moi de le dire, est un membre de l'Union Européenne sans être membre de ses institutions. Elle est membre de tous les programmes [de l'UE], elle participe à tous les programmes."

A mon sens, l'aspect le plus troublant de cette coopération est la manière dont les sociétés israéliennes d'armement sont devenues éligibles aux financements européens. Avec Israël comme principal participant extérieur au "programme cadre" pour la recherche scientifique, l'UE est devenue la deuxième plus grande source de subvention de la recherche pour ce pays. Les officiels de Tel Aviv avec qui j'ai discuté prévoient que la participation israélienne au programme pluriannuel, qui a démarré en 2007, aura rapporté 500 millions d'euros à son achèvement en 2013.

Parmi les bénéficiaires de ces subventions, se trouve Motorola Israël. Israël participe à un programme de surveillance financé par l'UE connu sous le nom d'iDetect4All, qui met en oeuvre des capteurs pour détecter des intrusions  dans des bâtiments ou des sites de grande importance économique. Le concept derrière iDetect4All est similaire à celui qui est derrière le système radar que Motorola a installé dans 47 colonies israéliennes de Cisjordanie ces cinq dernières années. Le Jerusalem Post a présenté ce système comme une "clôture virtuelle" qui utilise des caméras thermiques pour repérer les personnes non autorisées à entrer dans les colonies.

Un autre bénéficiaire des subventions de l'UE est Israel Aerospace Industries (IAI), le constructeur d'avions utilisés pour terroriser les civils Palestiniens. Cette entreprise joue un rôle essentiel dans le projet "Ciel Propre" de l'UE, qui cherche à réduire la contribution de l'aviation au changement climatique en développant des moteurs d'avion moins polluants. Du fait qu'IAI s'est vue donner carte blanche par la Commisson Européenne pour déposer des brevets sur toute innovation réalisée dans le cadre de ce projet, il est tout à fait envisageable que des avions utilisés dans de futurs bombardements de la Palestine auront été développés avec l'aide involontaire du contribuable Européen.

Il est hautement probable que l'intégration d'Israël dans l'Union Européenne ira encore plus loin dans un avenir proche. En 2008, les chefs de la diplomatie de l'UE ont approuvé un plan pour "rehausser" leurs relations avec Israël au travers d'un "partenariat privilégié" qui permettrait à Israël de faire partie du marché unique européen des biens et services. Les démarches pour donner un effet concret à ce rehaussement sont au point mort depuis en raison de la guerre contre Gaza et du malaise de certaines capitales européennes devant la ligne dure du gouvernement de benjamin Netanyahou. Néanmoins, certaines étapes significatives ont été franchies ces derniers mois. En novembre dernier, par exemple, un accord sur les échanges agricoles a été finalisé aux termes duquel 80 % des produits frais israéliens et 95 % des aliments élaborés en Israël peuvent être exportés vers l'Union Européenne sans droits de douane. Un accord de coopération entre Europol, l'agence policière européenne, et Israël a aussi été conclu (même s'il attend toujours d'être ratifié par les gouvernements européens). Ceci en dépit de nombreux rapports d'organisations des droits de l'homme selon lesquels les détenus en Israël sont torturés de façon routinière et en dépit des règles applicables depuis 1998 qui interdisent Europol de traiter des données obtenues par des méthodes cruelles.

Un facteur qui a contribué à ouvrir la voie à cette coopération est tout un ensemble d'organisations de lobbying dédiées à la promotion d'Israël a commencé à se développer à Bruxelles. L'American Jewish Committee, le Congrès Juif Européen et le B'nai Brith ont tous créé des bureaux des affaires européennes ces toutes dernières années, tandis qu'une alliance inter partis de députés Européens (European Friends of Israel) a été fondée en 2006. Ces organisations ont répondu à la révulsion générale de l'opinion publique devant l'agression israélienne en qualifiant ceux qui critiquent Israël, dont des Juifs de gauche, d'antisémites (une affirmation absurde sachant que la plupart des militants solidaires avec la Palestine abhorrent l'antisémitisme). Ils ont également fait valoir qu'il est dans l'intérêt de l'Europe de se lier à Israël parce que son économie est prospère et a fait preuve de résilience devant la récession économique mondiale.

La machine de propagande bien huilée a contribué à convaincre les décideurs politiques qu'Israël devait être vue comme une sorte de canada méditerranéen, un pays "normal" industrialisé présentant de nombreuses similarités avec l'Europe. Mais Israël n'est pas un pays normal, c'est un pays qui occupe illégalement le territoire d'un autre peuple.

Les relations toujours plus approfondies de l'UE avec Israël ne peuvent pas être disjointes des brutalités infligées au quotidien aux Palestiniens. Plus ces relations seront étroites, plus l'Europe devra s'accommoder de l'oppression de la Palestine. L'Union Européenne ne peut pas aider à résoudre les problèmes du Moyen Orient si elle participe à l'aggravation de ces problèmes. 

- Le livre de David Cronin "Europe's Alliance with Israel: Aiding the Occupation sera publié dans le courant de l'année par Pluto Press

La Californie peut bien couler... ce n'est pas le problème du lobby sioniste

Certains prétendent que le lobby sioniste n'existe pas. Pas plus aujourd'hui qu'hier, pas plus en un lieu qu'en un autre. Pourtant ce lobby qui n'existe pas ou, qui n'est pas si puissant qu'on veut bien le croire, est d'une efficacité indéniable.
L'article que je vous propose en donne un bon exemple. Si le lobby sioniste n'est jamais cité, l'article nous montre les effets de ce lobby qui parvient à orienter un débat politique (ou politicien comme on voudra) vers les thèmes qui lui tiennent à coeur, c'est-à-dire l'entité sioniste elle-même et l'Iran.
Au détriment d'autres thèmes d'intérêt général et qui présentent peut-être un caractère plus urgent pour les électeurs ainsi que le signifie explicitement le titre de l'article.
Eh oui, la Californie peut couler, de nombreux habitants de cet Etat se retrouver sans logement ou crever faute de soins médicaux accessibles, ceci n'entre pas dans les préoccupations des sionistes qui n'hésiteront pas à saigner la bête jusqu'à ce qu'elle meure. Si elle est consentante, c'est encore mieux. Et c'est un des miracles du système électoral américain, démocratique sur le papier, de permettre à une minorité (et pour être plus précis une minorité dans la minorité) de contrôler le vote des électeurs. Le mieux étant bien entendu de ne laisser aux électeurs que le choix entre des candidats de camps "opposés" mais tous adoubés au préalable par le lobby dont la pression est encore plus efficace dans le processus de sélection des candidats par les partis.
Il est question d'un certain Sami Al-Arian présenté comme un extrémiste dans cet article. Vous trouverez facilement des informations sur cette personne qui est avant tout une victime des néoconservateurs (qu'Al-Arian avait soutenus en la personne de George Bush fils!): Al-Arian avait été acquitté de 8 des 17  accusations portées contre lui tandis que le jury s'était déclaré incapable de se prononcer sur les autres. Ce qui aurait dû avoir pour effet sa libération immédiate mais l'histoire nous dit que ce ne fut pas le cas.


La Californie est en train de couler mais la campagne sénatoriale des Républicains porte sur Israël
par Rob Hotakainen | McClatchy Newspapers (USA) 4 mars 2010 traduit de l'anglais par Djazaïri


Washington - La Californie est ruinée, sont taux de chômage de 12,1 % est un des plus élevés du pays, les prix de l'immobilier ont plongé, les saisies immobilières ont grimpé en flèche et une sècheresse menace l'approvisionnement en eu déjà en baisse de l'Etat. De nombreux autres sujets s'offrent au débat pour les candidats à l'élection sénatoriale comme une économie mal en point ou l'immense effort pour réformer le système national de santé.

Au lieu de quoi, la primaire républicaine pour le Sénat s'est enflammée au sujet d'Israël

Alors que le candidat Républicain et ancien membre du Congrès Tom Campbell mène dans les sondages, ses concurrents pour l'investiture républicaine - l'entrepreneure Carly Fiorina et le membre de l'assemblée de Californie Chuck DeVore - lancent des piques incessantes à celui qui est en tête, affirmant que son action a toujours été anti-Israël.

En conséquence, Campbell sera sur la défensive vendredi quand les candidats Républicains au Sénat se rencontreront pour leur premier débat.

Lundi, Fiorina, ancienne directrice générale chez Hewlett-Packard, a demandé à Campbell d'expliquer pourquoi il avait voté contre une aide à Israël quand il était au Congrès, pourquoi il s'était opposé à la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d'Israël et pourquoi il avait accepté des contributions d'organisations qui ont été reliées à des extrémistes islamiques.

Dans le camp de Campbell, on a répondu que le bilan de l'ancien membre du Congrès était pro-Israël et qu'il attendrait le débat, qui se tiendra dans une station radio de Sacramento, pour répondre à ces accusations spécifiques de Fiona. Campbell s'est efforcé de faire en sorte que le débat de vendredi soit une manière d'étaler au grand jour les accusations qu'on lui porte.

Cependant, Fiorina fera elle aussi face à des questions difficiles. DeVore envisage de l'interroger sur ses années à la tête d'Hewlett-Packard quand, accuse-t-il, la compagnie gagnait des millions en vendant des imprimantes et d'autres produits à l'Iran par l'intermédiaire d'un distributeur au Moyen Orient.

"C'est la bombe à retardement prête à exploser pendant la campagne de Fiorina," explique Josh Trevino, porte parole de DeVore.

Julie Soderlund, une porte parole de Fiorina, a qualifié ces accusations "d'attaques infondées."

"Ces allégations motivées politiquement sont fausse, basées uniquement sur des spéculations des média et ne sont étayées par aucun faits vérifiés," dit-elle. "Pendant la gestion d'HP par Carla, l'entreprise s'est conformée à la loi et n'a pas enfreint les sanctions US relatives au commerce avec l'Iran."

DeVore, qui est dernier dans les sondages, est très désireux d'orienter le débat sur Israël et l'Iran pour que Campbell et Fiorina consacrent du temps à défendre leurs bilans.

"C'est une excellente occasion de se confronter avec ces personnes et d'expliquer pourquoi il est le seul conservateur cohérent qui n'a rien d'étrange à expliquer sur son passé," explique Trevino. "Je pense que le contraste sera très net."

Tout compte fait, la compétition risque d'être très disputée et elle sera tranchée dans un scrutin primaire le 8 juin. Le vainqueur tentera en novembre de détrôner la sénatrice Démocrate Barbara Boxer.

Anticipant le débat, la rhétorique s'est beaucoup échauffée: la semaine dernière, un des plus importants soutiens de Campbell a déclaré que le directeur de campagne de Fiorina avait qualifié Campbell d'antisémite, une accusation très vite démentie.

James Fisfis, porte parole de Campbell, considère que les attaques contre Campbell "sont d'une bassesse inattendue, allant du bizarre au grotesque maintenant."

Campbell, qui a été élu cinq fois à la Chambre des représentants après s'être mis en congé de l'université de Stanford où il enseignait le droit, veut que le débat de vendredi se concentre sur la sécurité nationale et la politique étrangère.

En réponse à la controverse sur Israël, Campbell a dit avoir coté contre une augmentation de 30 milliards de dollars de l'aide à Israël parce que cet argent aurait été pris sur une enveloppe d'aide pour l'Afrique. Il a observé que la mesure pour Jérusalem en 1990 avait été introduite par un démocrate comme moyen d'embarrasser l'administration de George H.W. Bush.

Concernant ses liens allégués avec des extrémistes, campbell affirme avoir fait une erreur en s'associant avec Sami Al-Arian, un sympathisant de mouvements islamiques radicaux. Campbell avait écrit une lettre de recommandation en faveur d'Al-Arian, mais il affirme que même George W. Bush avait posé pour une photo avec Al-Arian au printemps 2000, alors que Bush était en campagne présidentielle.

vendredi 5 mars 2010

Peut-on être Juif et rejeter le sionisme?

Une voix juive antisioniste. Une de plus parmi celles qui s'expriment depuis longtemps et d'autres qui commencent à se lever et seront sans nul doute de plus en plus nombreuses. Et les lecteurs de ce blog partagent sans doute majoritairement ma conviction, et répondent positivement à la question titre de ce post.. 
Cette voix de plus, du moins pour moi, c'est celle de Sylvia Schwartz  quia choisi de s'exprimer en rejoignant un réseau juif antisioniste. Ce qui est à la fois dommage et bien, sans qu'on puisse trancher définitivement.
C'est dommage car les antisionistes, juifs ou pas, devraient pouvoir parler à partir d'organisations non marquées par une appartenance confessionnelle. Mais c'est bien, car cela donne une plus grande audibilité à leurs voix et au rejet de l'identification du judaïsme au sionisme. Rejet qu'elle exprime parfaitement même si elle ne détaille pas le cheminement qui l'a amenée à l'exprimer.


Une oratrice juive antisioniste à UW-Superior (université du Wisconsin)
Business North (USA) 3 mars 2010) traduit de l'anglais par Djazaïri


Des militants des droits de l'homme visitent les campus universitaires de Duluth et Supéerior cette semaine pour éveiller les consciences au cours de la sixième édition annuelle de la Semaine de l'Apartheid Israélien [Israel Apartheid Week]. Laura Podgornik nous en parle.

Sylvia Schwartz, originaire de Madison, s'est exprimée devant des étudiants de l'Université du Wisconsin à Superior ce mercredi.

Sylvia Schwartz a grandi dans le judaïsme et a été élevée dans la croyance qu'Israël était une terre sacrée.
"On m'a toujours dit que le judaïsme et le sionisme étaient la m^me chose et je ne l'avais jamais remis en question. Je suis quelque peu désolée de ne pas l'avoir compris à l'époque. Voyez-vous, je ne suis pas la plus intelligente, mais ces choses je n'en avais jamais douté. Et je n'avais jamais mis en question le fait qu'Israël était un pays moral, je veux dire qu'on dit toujours cette idée que "les soldats ne sont pas obligés de suivre des ordres qui sont immoraux."

Le sionisme est la conviction que le peuple juif est lié historiquement et religieusement à la terre d'Israël. Schwartz a expliqué aux étudiants que ses convictions ont changé en 1982 alors qu'elle fréquentait l'université du Minnesota.
"Israël avait envahi le Liban et ce furent le massacre du camp de Sabra et Chatila. Ariel Sharon, le ministre de la défense de l'époque, avait cerné le camp avec des soldats israéliens et permis aux phalangistes chrétiens, une milice chrétienne de droite, d'entrer dans les camps et de commettre ce massacre et, à ce jour, nul ne sait combien de personnes ont été tuées. Certains disent 300 et d'autres disent 5000. Je ne sais pas quelle est la vérité."

Depuis lors, Schwartz a rejoint le réseau juif antisioniste. Elle a interpellé les étudiants à travers une présentation avec diaporama.

(Etudiant) "Essayez-vous de faire quelque chose avec des organisations comme l'OLP et le Hamas?" Vous savez qu'ils font constamment sauter des bombes dans des villes israéliennes ou des choses de ce genre et je me demandais simplement si votre organisation avait des contacts avec eux pour essayer de les faire s'arrêter car ça ne semble pas être le meilleur procédé pour avoir un Etat commun."

((Schwartz) "Les organisateurs de la marche de la liberté pour Gaza devaient travailler avec le Hamas parce qu'ils sont l'autorité gouvernante. Mais l'organisation pratique de la marche pour la liberté de Gaza et tout le travail sur le sanctions par le boycott et le désinvestissement est accompli par des organisations non gouvernementales. Franchement, les gouvernements ne feront rien. Nous n'obtiendrons pas de solution en travaillant avec les gouvernements. Nous devons montrer aux gouvernements qu'il y a une masse critique de gens qui sont contre ce qu'ils font."
Schwartz a indiqué que a Palestine avait perdu 94 % de son territoire pris par Israël depuis 1948 mais elle croit qu'avec le temps ce conflit pourra être résolu.

mercredi 3 mars 2010

Le Turkménistan ne veut pas du Mossad chez lui

Il n'y a pas qu'à Dubaï qu'on n'apprécie guère le Mossad. Au Turkménistan non plus on n'aime pas bien cette officine spécialisée dans le meurtre et les coups tordus. Ce pays a récemment accepté d'accueillir une ambassade de l'entité sioniste. Cette dernière, ravie d'établir des relations diplomatiques avec un pays notoirement plus démocratique que l'Iran ou l'Egypte (dans ce dernier cas ce n'est pas difficile) s'est empressé d'appointer un certain Reuven Dinel.
Pas de pot, Reuven Dinel, un proche d'Avigdor Lieberman, le videur de boîtes de nuit, est aussi un ancien agent du Mossad, expulsé antérieurement de Russie pour s'être livré à des activités d'espionnage dans ce pays.
Et le Turkménistan ne veut pas d'un ancien agent du Mossad comme plénipotentiaire de l'Etat délinquant. Peut-être parce que ce pays frontalier de l'Iran se méfie des ses éventuels agissements de nature à créer de la tension avec un pays voisin, peut-être parce que la Russie qui garde un oeil sur son proche étranger y est opposée. Où les deux.
Des relations diplomatiques qui commencent donc par un impair. 


Le Turkménistan: Nous ne voulons pas d'un ancien du Mossad comme ambassadeur
par Barak Ravid, Haaretz (Sionistan) 3 mars 2010 traduit de l'anglais par Djazaïri

Cela fait quatre mois maintenant que le Turkménistan retarde la ratification de la nomination de Reuven Dinel, un proche du ministre des affaires étrangères Avigdor Lieberman, en qualité de premier ambassadeur d'Israël dans ce pays. Des sources du ministère des affaires étrangères ont  indiqué qu'il s'agissait d'un procédé diplomatique inhabituel visant à faire comprendre que le Turkménistan n'est pas intéressé par cette nomination parce que Dinel a travaillé au Mossad. "Ils espèrent que nous comprendrons le sous-entendu et désignerons quelqu'un d'autre à ce poste," a déclaré un cadre supérieur du ministère.

Fin juillet 2009, Lieberman avait annoncé son intention de nommer Dinel en qualité d'ambassadeur à Achkabad, la capitale du Turkménistan. Le ministre des affaires étrangères avait attribué une importance particulière à cette nomination du fait qu'il s'agit d'inaugurer une ambassade dans un pays qui a une longue frontière commune avec l'Iran. Lieberman pensait que cela permettait aussi d'envoyer un message à Téhéran.

En 2003, alors ministre des transports, Lieberman avait nommé Dinel, qu'on considère domme un proche du ministre, à la tête de Carmel, l'office portuaire d'Haïfa. Actuellement, Dinel est directeur général adjoint du management des ressources à l'Israel Ports Development and Assets Company.
Lieberman voyait l'affectation de Dinel au Turkménistan comme un fait marquant de sa première année en tant que ministre des affaires étrangères et mettait beaucoup d'espoirs sur Dinel et les compétences qu'il pourrait tirer pour son rôle d'ambassadeur  de son passage au Mossad.
Le 25 octobre, le gouvernement approuvait la nomination et quelques jours après, comme il est de coutume dans le protocole diplomatique, Israël envoyait une lettre officielle au Turkménistan pour donner des précisions sur le nouvel ambassadeur ainsi que demander au gouvernement étranger d'accepter la nomination.

Technique et symbolique, le processus d'accréditation de la nomination d'un ambassadeur ne pose habituellement aucun problème. Cependant, le Turkménistan a décidé exceptionnellement de ne pas donner l'accréditation. Près de quatre mois son passés depuis l'envoi de la requête israélienne, mais le gouvernement turkmène n'a rendu aucune réponse à Jérusalem au sujet de la nomination de Dinel. La conduite du gouvernement du Turkménistan a provoqué un sérieux embarras chez le ministre des affaires étrangères compte tenu de la grande importance qu'il avait accordé à cette nomination et à l'ouverture d'une nouvelle ambassade dont il a fait une affaire personnelle.

En arrière-plan du refus turkmène d'accréditer Dinel en qualité d'ambassadeur d'Israël, pourrait bien se trouver une affaire embarrassante qui le poursuit depuis 1996 quand il servait en tant que premier envoyé du Mossad à Moscou. Cette anné là, Dinel avait été expulsé de Russie après que des agents des forces de sécurité moscovites l'avaient pris en flagrant délit en train de réceptionner des photos satellites classifiées que lui apportaient des officiers Russes.

Des sources du ministère des affaires étrangères ont établi dimanche que les Russes, qui considèrent Dinel persona non grata, ont envoyé des messages au Turkménistan indiquant qu'ils souhaitaient que ce pays ne donne pas son accord à la nomination.

"Cette nomination était étrange dès le départ," explique une source haut placée au ministère des affaires étrangères. "Ils ont pris quelqu'un qui est un espion notoire, qui a même été expulsé de Russie pour ça, et ils le mettent au Turkménistan. Ils ont fait tout ça sans consulter un seul professionnel du secteur. Que pensaient-ils qu'il allait se passer? Il n'y a aucune chance qu'il obtienne l'accréditation des autorités du Turkménistan."

Le bureau du ministre des affaires étrangères a déclaré en réponse: "L'ouverture de l'ambassade ai Turkménistan a été retardée parce qu'un certain nombre de difficultés sont apparues, essentiellement au sujet de questions de sécurité comme c'est fréquemment le cas lors de l'ouverture d'une nouvelle représentation. Nous espérons qu'il sera possible de régler les problèmes dans les semaines à venir."