mardi 8 novembre 2011

Des terroristes très discrets


Voilà un complot terroriste qui ne fait à peu près que les titres de la presse locale aux Etats Unis.
Pourtant, nous sommes devant des préparatifs tout à fait inquiétants ave des gens qui préparaient un arsenal constitué non seulement d’armes mais aussi d’explosifs et de substances toxiques.
Leurs cibles étaient des locaux de l’administration fédérale à Washington, Newark, Atlanta et la Nouvelle Orléans.
Mais bon, les auteurs potentiels n’étaient ni Arabes, ni Musulmans. Ils n’étaient pas non plus manipulés par le FBI.

Il n’y a donc pas de quoi en faire un fromage, d'où la discrétion de la presse.
C’est d’ailleurs pour ça que les journaux français n’en soufflent pas un mot.

Par Ken Stanford, Access North Georgia (USA) 5 novembre 2011 traduit de l’anglais par Djazaïri

ATLANTA - Des informations rendues publiques indiquent que les autorités ont découvert un stock d’armes, les ingrédients pour une toxine mortelle et de matériel explosif au domicile de deux habitants du nord de la Géorgie qui ont été inculpés de préparer des attaques terroristes [domestic terrorist attacks].

Le journal Atlanta Journal-Constitution affirme avoir consulté les mandats delivers contre Samuel J. Crump et Ray Adams, tous deux de Toccoa, mais n’avoir paspu avoir accès aux mandats de perquisition émis contre deux autres personnes, Dan Robers, aussi de Toccoa, et Frederick Thomas de Cleveland

Ces quatre hommes ont été inculpés par un grand jury fédéral et leur audition pour une éventuelle libération sous caution est programmée mercredi prochain au tribunal fédéral de Gainesville.

Le journal rapporte également que Dan Summer, un avocat de Gainesville, a été désigné pour représenter Crump.

lundi 7 novembre 2011

Marine Le Pen et la fin de l'exception française


D'après la diplomatie sioniste, la rencontre à New York entre Ron Prosor, ambassadeur sioniste à l'ONU et Marine Le pen, candidate du Front National à l'élection présidentielle française est un accident, au pire une erreur de jugement.


Voyez donc ci-dessous la gueule de l'erreur de jugement:

Ron Prosor et Marine le Pen en plein malentendu
Un malentendu, selon France Soir dont on ne regrettera pas le probable dépôt de bilan et qui se garde de mettre la photo en ligne.

Philippe Coste, correspondant de L'Express à New York ne croit pas une seconde à une erreur ou un malentendu mais suggère au choix des " représailles contre l’attitude de la France envers la Palestine ? Par cocasse espièglerie politico stratégique".

Le Post reproduit l'invitation adressée par Marine Le Pen à l'ambassadeur sioniste. Vous imaginez bien qu'un ambassadeur ne répond pas comme ça, à l'aveuglette, sur la simple promesse de petits fours à une rencontre où il va représenter son gouvernement.

Le Post renvoie au site de Nations Presse, qui revient en détail sur cette rencontre et écarte toute ambiguïté.

C'est que Mme le Pen a compris que le chemin de l'Elysée passait par Tel Aviv. la prise de contact avec Ron Prosor correspondant à une démarche préliminaire qui va permettre aux sionistes dé décider si le Front National peut être immédiatement  lavé de l'étiquette infamante d'antisémitisme où si Mme Le Pen  doit donner des gages supplémentaires.

Ce sera alors la fin de l'exception française pour un cap renforcé  vers une islamophobie qui entre précisément dans le cadre des efforts de la hasbara sioniste.

Et préparez-vous alors à entendre les mêmes qui dénonçaient le Front National dire que c'est finalement u  parti respectable. Ce discours sera d'abord tenu par des "intellos" du genre de ceux qui hantent nos postes de radio ou nos écrans de télévision. Au niveau local, cela fait longtemps que des politiques. surtout au niveau local, plaident pour un rapprochement avec le Front National. Jusqu'alors réprouvés les plus souvent, leur attitude tendra à devenir la norme.

samedi 5 novembre 2011

Parole d'expert: le sionisme a fait son temps

Dans l’article que je vous propose, Rula Jebreal, qui est palestinienne, a eu une longue conversation avec Ruth Dayan, l’ex-femme du général Moshe Dayan dont elle était divorcée. Elle n’est donc pas la « veuve » de cet officier sioniste contrairement à ce qu'indique le titre de l'article.
La tonalité de l’entretien a été à l’évidence cordiale et les deux femmes, bien que séparées par une importante différence d’âge (Ruth Dayan a 95 ans) sont amies.
Mme Dayan a été, et reste une personne active et engagée dans la fidélité à ses engagements initiaux sionistes et socialistes. Elle déplore fortement la politique menée par le gouvernement de Benjamin Netanyahou et par Avigdor Liberman, le ministre des affaires étrangères qu’elle surnomme Doberman.
D’une certaine manière, cette personne au charme indéniable et aux valeurs humanistes mais qui n’a pas renoncé au sionisme va aussi loin qu’il est possible à un tenant de cette idéologie dans l’ouverture aux Palestiniens et dans la recherche de la justice.
C’est dire que ça na va finalement pas très loin politiquement parlant tant il y a contradiction entre l’objectif qu’elle affiche et celui qu'a toujours poursuivi le sionisme, c’est-à-dire une mainmise sur toute la Palestine et non un partage de cette dernière entre deux Etats.
Sur les plans émotionnel et affectif, l’investissement est par contre énorme et rappelle celui de certains Pieds Noirs d’Algérie, humanistes sincères qui versaient dans un paternalisme qu’il serait injuste de qualifier de méprisant, ou alors de manière non consciente.
Cette dualité explique sans doute pourquoi cette dame âgée, représentative d’une partie du sionisme pionnier, a des mots très durs pour l’actuel gouvernement de Tel Aviv qu’elle accuse en fin de compte de trahir les principes fondateurs de l’Etat sioniste. Alors que Netanyahou, Liberman et consorts ne sont rien d’autre que des sionistes cohérents.
L’incohérence du discours de Mme Dayan est patente et on ne saurait lui en vouloir d’avoir aimé Moshe Dayan. C’est cette incohérence qui l’amène à scotomiser certains aspects des relations de l’entité sioniste avec l’Egypte et les Palestiniens mais aussi à souhaiter le retour à la tête de la diplomatie sioniste de Tzipora Livni, celle là même qui avait été la VRP de l’opération « plomb durci. » contre Gaza fin 2008, début 2009.
Elle est finalement assez typique de ces Juifs qui avaient adhéré au sionisme dans l’espoir de devenir des gens comme tout le monde, c’est-à-dire de devenir un peuple doté d’un territoire et ne se concevant pas comme en exil. C’était, ainsi que l’explique Gilad Atzmon dans son livre «The Wandering Who», une des motivations du sionisme politique sauf que ce dernier a satisfait cette aspiration au détriment du peuple palestinien, d’où l’idée d’une « terre sans peuple » (et pour le sionisme, le peuple palestinien n’existait et n’existe toujours pas). Cette idéologie d’un peuple prétendument comme les autres n’a cependant pas renoncé à son ’exceptionnalisme.
Il est d’ailleurs curieux de voir  Ruth Dayan affirmer, comme Gilad Atzmon, que le sionisme a «fait son temps.  A 95 ans, elle a certainement le recul nécessaire pour en juger avec sûreté.
Ruth Dayan et Rula Jebreal

Ces propos surprenants ont été tenus la semaine dernière à Tel Aviv par Ruth Dayan, 95 ans, veuve d’un des pères fondateurs d’Israël.
par Rula Jebreal, The Daily Beast (USA) 30 octobre 2011 traduit de l’anglais par Djazaïri

Vêtue avec élégance et maquillée à la perfection, Ruth Dayan, 95 ans, me reçoit avec un grand sourire à son domicile de Tel Aviv qui surplombe la mer Méditerranée. La charismatique, alerte et extrêmement intelligente Mme Dayan est la veuve de Moshe Dayan, le légendaire chef d’état major de l’armée israélienne et un des acteurs principaux de la guerre d’indépendance de 1948. De fait Moshe Dayan avait acquis le statut de symbole de la puissance du pays pendant la guerre des six jours en 1967, quand Israël prit le contrôle de Gaza, de la Cisjordanie, de Jérusalem Est et du plateau du Golan [l’auteur a curieusement omis le Sinaï]. Les Israéliens se sentaient invincibles avec ce personnage imposant à la barre. Ayant perdu un œil au combat, il avait choisi de porter un cache-œil noir qui devint sa marque de fabrique. Dans les années qui ont suivi son décès, Ruth a conservé un franc parler peu commun parmi les personnages politiques de sa génération.

Soixante trois ans après que les fondateurs ont commencé à bâtir un Etat démocratique, prospère et sûr, Israël vit toujours dans la tension : il n’y a pas d’accord de paix avec les Palestiniens, les tensions entre Israéliens et Arabes s’aggravent de jour en jour, et la violence perdure. Sous la direction de Benjamin Netanyahou et du parti Likoud, Israël s’est trouvée en proie à des divisions politiques. Le gouvernement s’est positionné politiquement plus à droite afin de conserver une majorité au parlement. Cet été pourtant, des Israéliens de gauche [liberal] ont installé des villages de tentes pour protester contre les énormes inégalités de revenus et la coût élevé de la vie dont souffre la nation. Moshe Dayan est considéré comme étant un des «pères fondateur» d’Israël et il existe une certaine nostalgie aujourd’hui, surtout chez les Ashkénazes de la classe moyenne qui le voient comme une figure fraternelle et un symbole du sacrifice collectif et des liens communautaires.

Mme Dayan

Elle soupire et se rajuste avant de poursuivre. «L’ancienne Israël me manque, on pouvait voyager seul jusqu’à Gaza au lendemain de notre victoire dans la guerre de 1956. Moshe était déjà un héros de la guerre, connu aussi bien des Israéliens que des Arabes. Quand j’ai rencontré le maire Palestinien [de quelle ville ?], je me suis présentée comme étant Ruth Dayan. Le maire a failli faire un malaise cardiaque, » dit-elle en riant. « Ses collaborateurs avaient promptement quitté les lieux. Il m’a demandé prudemment ce que je venais faire, et j’ai répondu que je voulais voir leurs tapis. Il s’est étonné et m’a demandé « Des tapis ? » Je dirigeais Maskit à cette époque, une chaîne de magasins d’artisanat et d’arts traditionnels. Nous employions des immigrants Bulgares, et je voulais aussi embaucher des Arabes. J’ai embauché des Arabes dans tout le pays pour fabriquer des tapis et d’autres articles. Il s’agissait de vivre ensemble, de travailler ensemble, de jeter un pont. Aujourd’hui, nous utilisons de la main d’œuvre étrangère en Israël parce que les palestiniens n’ont plus le droit de venir travailler. Et cette expansion continue des colonies partout – je ne peux l’accepter. Je ne peux tolérer cette dégradation dans les territoires [occupés] et blocs de béton pour barrer partout les routes.  Et cet horrible mur ! Ce n’est pas juste. »

Les tensions entre Juifs et Arabes en Israël sont particulièrement fortes depuis la seconde intifada qui avait commencé en 2000. Le mur élevé pour protéger la nation d’attaques terroristes enserre la bande de Gaza et la Cisjordanie, mais il coupe aussi les contacts entre les deux populations. Ruth Dayan est connue pour sa liberté de pensée dans la société israélienne. Et son dévouement comme ses efforts continuels pour rapprocher israéliens et Palestiniens sont légendaires. «Moshe avait une politique à double détente : des raids punitifs transfrontaliers brutaux en représailles contre les Arabes, et dans le même temps, il prenait la tête d’une délégation pour les négociations de cessez-le-feu avec le roi Abdallah de Jordanie. Il était un combattant et un négociateur. C’était un tacticien et un réaliste – il ne voyait jamais les choses tout en noir ou tout en blanc. Après la mort de son frère Zorik, dans les combats de 1948, Moshe avait tendu la main à la communauté druze qui avait été responsable de la mort de son frère et avait passé un accord de paix avec elle. Le père de Moshe ne le lui avait jamais pardonné.»

En fait, la famille Dayan a été rudement mise à l’épreuve par les événements historiques lies à la création de l’Etat d’Israël. « Vous savez, Moshe est décédé il a 30 ans ce mois-ci [octobre]. Son courage et sa bravoure ont façonné l’histoire d’Israël.» Pour le 30ème anniversaire de sa mort, Ruth Dayan a écrit une lettre d’amour à Moshe  qui a été publiée dans un des plus grands journaux israéliens. Mais Ruth se plaint que le journal ait parlé longuement des nombreuses aventures sentimentales de Moshe plutôt que de sa contribution au service de l’Etat. « Les femmes tombaient comme des mouches aux pieds de Moshe, mais je m’enfichais. Le magnétisme disparaissait à la table du repas.» Indépendamment  de ses sentiments réels par rapport aux infidélités de son mari, Dayan tient à défendre sa mémoire. « On peut divorcer d’un mari, mais on ne peut pas divorcer d’avec une légende. » Leur plus jeune fils, Assi, a parlé publiquement de ses conflits avec son père. Comme l’explique Ruth, « C’était une sensation de ressentiment et d’abandon » du côté de son fils. Pour Moshe, « les missions militaires étaient la priorité absolue… Nous avions dû abandonner une vie que nous adorions à la ferme. Nous avons déménagé souvent dans tant d’endroits. C’était devenu une gageure que d’avoir une ambiance familiale adéquate au moment où Moshe avançait dans sa carrière. Les problèmes du pays nécessitaient des solutions immédiates. » Ruth ajoute, « J’avais visité Naplouse dans ce qu’on appelle maintenant la Cisjordanie. Le gouverneur militaire m’avait demandé si je pouvais aller rencontrer des femmes Arabes en prison pour voir si je ne pourrais pas les amener à broder. Plus tard dans la journée, quand je suis rentrée à la maison, Moshe m’a critiqué en me disant : « J’ai mis ces femmes en prison et tu vas leur rendre visite. Qu’est-ce que tu fais ?!? J’avais alors décidé qu’il était temps pour nous de divorcer. »

Ruth Dayan est issue d’une famille «laïque» aisée. Son grand-père était diplômé de la Sorbonne et sont père avait étudié à la London School of Economics. A l’âge de 17 ans, elle a abandonné l’école, quitté la maison confortable de ses parents à Jérusalem pour aller dans un centre de formation agricole à Nahalal, un village coopératif dans la vallée de Jezreel en basse Galilée. Son rêve était de construire des kibboutzim, des fermes et de travailler la terre. C’est là qu’elle rencontra Moshe qui était né dans la dure réalité du travail éreintant, de la boue et des odeurs de la vie en kibboutz à Degania. «Il savait faire pousser les récoltes et les arbres fruitiers. Il s’occupait des arbres comme si c’étaient ses propres enfants.» Ruth et Moshe se marièrent en 1935, un an après leur rencontre et ils aspiraient tous deux à un pays basé sur des idéaux socialistes. « Le travail était au centre de nos vies. Je trayais les vaches même le jour de mon mariage, » dit-elle. « Avant le lever du jour, chaque matin je faisais du pain, du fromage et j’e m’occupais des animaux pendant que Moshe travaillait la terre, alors je comprends parfaitement les Arabes et leur attachement à la terre. La vie à la ferme me manque, les vaches, les chiens, même la crasse.»

 [ici, c’est Rula Jebreal qui parle]
J’étais une adolescente Arabe de Jérusalem Est pendant la première intifada. J’ai vu les multiples visages d’Israël, surtout ceux de soldats Israéliens qui imposaient la loi martiale à ma communauté, mais je me suis aussi liée d’amitié avec des gens de gauche comme Rula dont les convictions en faveur de la coexistence et de la réconciliation ont élargi ma façon de voir. Les échos d’années de violences ont diminué le nombre de modérés. Je crains que sans plus de personnes comme Ruth Dayan, les enfants de ce pays ne grandissent en s’accoutumant à la haine et à une profonde division raciale qui devient insurmontable.

Ruth me fait partager ses liens profonds avec la communauté arabe sous la forme d’une lettre écrite en 1924 à sa grand-mère, Mme Clinker, par Nazira Zananiri. Zananiri remercie sa chère amie israélienne pour une carte de Noël qu’elle a reçue de sa part. L’affection entre les deux femmes est évidente. « Ma mère parlait arabe et nous accueillions souvent des palestiniens à la maison. Nous vivions parmi eux, même en temps de guerre. Pour le double mariage de nos enfants Assi et Yael en 1967, nous avions invité des Israéliens, des Druzes [les Druzes sont des Arabes, NdT], des Arabes, c’était une fête magnifique.»

L’opinion commune en Israël, avant la demande d’admission d’un Etat palestinien à l’ONU en septembre dernier, était qu’en érigeant un mur, le gouvernement n’aurait plus à s’occuper du problème palestinien. La sécurité serait garantie. Une défense matérialisée physiquement était construite pour faire rempart contre les journées sanglantes du terrorisme impulsé par le Hamas.
.
Mais il n’a pas mis fin à la guerre intestine. Les derniers gouvernements israéliens ont été pris en otage par les partis politiques ultra-orthodoxes qui dictent les orientations nationales en demandant d’importantes subventions et des prix modérés pour les logements dans les colonies en échange de leur soutien au parlement.
Ces partis politiques et leur électorat, les ultra-orthodoxes, sont en train de transformer le visage de la nation en promouvant une intransigeance idéologique qui s’oppose à tout accord de paix avec les Palestiniens. Ce qui a créé d’énormes tensions avec l’administration Obama et est à rebours de la vision de personnes comme Moshe Dayan qui, après avoir subi une défaite psychologique avec la guerre d’octobre 1973, avait initié un dialogue d’un nouveau genre avec l’Egypte. Moshe Dayan était passé du discours « Jamais de paix sans Sharm el Cheikh et jamais de Sharm el Cheikh sans la paix » à une entrée en négociations avec Anouar Sadate sous l’égide de l’administration Carter. Cette transformation politique ne s’est pas perdue avec Ruth.

“Pour Netanyahou, la paix n’est qu’un mot et ce [l’actuel ministre des affaires étrangères] Lieberman ?... c’est l’homme le plus affreux de tout le pays. La façon dont il parle de nos Arabes, nos Arabes israéliens est inacceptable. J’appelle Liberman « Doberman », comment un tel homme peut-il représenter notre pays ? » Ruth soutient par contre le prochain leader potentiel d’Israël, Avishay Braverman, un député au parlement. « J’ai été impressionné par son travail à l’université Ben Gourion. J’aimerais aussi voir quelqu’un comme Tzipi Livni au poste de ministre des affaires étrangères. Elle a été une grande représentante d’Israël quand elle était ministre des affaires étrangères. Elle comprend la diplomatie et, par-dessus tout, elle est bien élevée, pas comme Avigdor Liberman. Je l’ai même dit à la télévision – ce Doberman est dérangé. »  Liberman a plaidé pour un transfert forcé des citoyens arabo-israéliens dans un futur Etat palestinien en échange de la conservation des blocs de colonies juives en Cisjordanie, et il a proposé une série de lois anti-arabes.

A l’opposé, Moshe Dayan était capable de faire évoluer ses points de vue politiques. Dans ses premiers discours, il niait l’existence de la Palestine alors que plus tard, devenu ministre des affaires étrangères, il acceptera l’autonomie palestinienne et négociera les accords de Camp David avec l’Egypte. Dans le cadre de ces accords, les Israéliens accepteront de se retirer de la péninsule du Sinaï en échange de la paix avec Le Caire, le tout malgré que les vues de Dayan étaient en conflit avec celles du premier ministre Menahem Begin. « [Feu le dirigeant palestinien Yasser Arafat qui m’embrassait toujours quand nous rencontrions avait du respect pour lui. Tout comme le roi Abdallah de Jordanie. «Quel plaisir d’avoir votre mari pour ennemi,» disait-il. Moshe a toujours traité les Arabes avec respect Même après la guerre des six jours, il se rendait à titre personnel en Cisjordanie. Il aimais passer du temps avec les Arabes et il allait à Naplouse sans escorte.. Il pensait que e travail nous rapprocherait. Il dialoguait avec les Arabes. Comme le faisait mon beau-frère Ezer Weizman qui était pilote et devint ensuite président d’Israël. Il croyait aussi vraiment en la paix. Il connaissait Le Caire comme sa poche pour s’y être rendu très souvent en mission. Il riait et plaisantait souvent avec le président Sadate. Les relations étaient différentes à l’époque. «Qui parle avec les Palestiniens aujourd’hui?» demande-t-elle.

Pour évoquer la position conservatrice de l’actuel premier ministre, Ruth Dayan s’efforce d’être claire. «Je rejette la politique de Netanyahou, c’est la recette pour le désastre. Il n’a pas la volonté de traiter le problème. C’est une mentalité de bunker [de ghetto, NdT]. Nous avons eu les accords d’Oslo, qui ont établi un contrôle palestiniens sur certains secteurs de la Cisjordanie et de Gaza, tandis que d’autres zones restaient sous contrôle mixte. Les accords avaient institué une force de police palestinienne, mais rien n’a changé. Le nombre de colonies a augmenté pour passer de 60 à 200, les checkpoints de l’armée sont partout et la liberté de circulation presque inexistante. La violence reste le seul langage. Je n’essaye pas d’instiller de l’optimisme à mes amis Palestiniens. Par politesse, je leur dis que j’espère que quelque chose va changer. Mais je ne parle plus du tout de paix. Je n’en ai pas le courage. J’ai tant d’amis Arabes. Mon âme soeur est Raymonda Tawill, la belle-mère d’Arafat. Ce gouvernement ne représente pas mes valeurs. Il est allé trop loi. Les deux côtés pensent être des combattants de la liberté.»

Ruth Dayan s’exprime comme un leader né. Quand je la provoque avec la question de savoir si les mesures de sécurité sont justifiées par le terrorisme, elle m’interrompt pour dire : « Oh, je vous en prie, rein n’arrêtera le terrorisme sauf e dialogue. [Yitzhak] Rabin aurait abouti à la paix. Il combattait le terrorisme comme s’il n’y avait pas de négociations et il négociait comme s’il n’y avait pas de terrorisme. Aujourd’hui, il faut appliquer la solution à deux Etats parce que nous avons évolué séparément et ce serait mieux si chacun s’occupait de ses affaires. Nous ne sommes déjà pas capables de nous entendre entre nous.»

Ayant prévu d’aller voir un ami, elle me ramène chez moi et nous continuons notre conversation dans la voiture. La radio rapporte la nouvelle de la mort de Mouammar Kadhafi. Dayan est indignée. « Pourquoi ne pas l’avoir jugé ? C’est barbare. Même les pires criminels ont droit à un procès équitable. C’est le prix de la démocratie ! Pourquoi faire démarrer la Libye nouvelle par le sang versé, » Kadhafi, me dit-elle, lui avait envoyé un livre en 2008 dans lequel il décrivait son plan de paix. Il écrivait que tout le monde devait vivre ensemble et tirer parti des ressources des uns et des autres. Je lui avais envoyé un mot de remerciement et donné le livre à Shimon Peres.»

Dayan poursuit : «Israël n’est pas un rêve aujourd’hui, c’est un pays avec beaucoup de problèmes. C’est une société high-tech qui communique via ’iPad, iPhone et Facebook au lien d’avoir des enfants qui se parlent. Notre jeunesse vit partout dans le monde, là où elle peut trouver du travail. Il y a une fuite des cerveaux. Je suis très inquiète au sujet de où tout cela nous mènera. Je suis vraiment fière des 300 000 manifestants qui exigent la justice sociale. Je dis continuez et ajoutez la question palestinienne à vos revendications ! C’est aussi une question de justice et liée à notre avenir.» Ruth Dayan ne fait pas que parler, elle agit aussi : il y a quelques mois, elle invité 300 personnes de Kharbata, un village arabe de Cisjordanie, à faire un séjour en Israël. « je leur ai obtenu des permis d’entrée et ils ont été magnifiquement bien traités. Je les ai emmenés à la plage où ils ont nagé et les enfants se sont si bien amusés qu’il semble que pendant un jour au moins, ils ont eu une vie normale. C’est mon but ultime.»


mercredi 2 novembre 2011

La tombe de la mère de Mouammar Kadhafi profanée


La presse algérienne en parle d’une manière relativement détaillée, la tombe de la mère de Mouammar Kadhafi ainsi que de trois autres membres de sa famille ont été profanées dans la demeure familiale de Syrte.

Comme le fait remarquer le journal «Réflexion» de Mostaganem

Dans l’histoire récente, seuls les GIA en Algérie avaient commis de telles profanations de sépultures, destruction des épitaphes et saccage des mausolées 

Le journal Réflexion omet de citer les vulgaires  délinquants bien sûr, mais quelle différence entre des délinquants et ces prétendus rebelles prétendument islamistes qui sont plus proches d’une sorte de culte satanique.

Libye: profanation de la tombe de la mère de Kadhafi

Par Imad T., En Nahar (Algérie) 2 novembre  2011 traduit de l’anglais par Djazaïri

Un groupe de combattants Libyens fanatiques appartenant au courant djihadiste proche d’al Qaida a profané des tombes dans le cimetière de la tribu Kadhafa dans la ville de Syrte et  a exhumé des ossements pour les brûler.

Ennahar a obtenu des photos montrant la profanation des tombes des Kadhafa (la tribu de Kadhafi). On y voit des extrémistes djihadistes Libyens dans la cour d’une maison où se trouvent les tombes de la famille de Mouammar Kadhafi. Quatre tombes ont été détruites et creusées. Selon nos informations, les quatre tombes sont celles des parents de Mouammar Kadhafi, sa mère, son oncle et deux membres de sa famille, tous quatre ayant été enterrés dans la cour de la maison.


La tombe de la mère de Kadhafi est celle qui a été la plus visée par les extrémistes qui l’ont complètement détruite et dont ils ont extrait la terre. Les ossements ont été retirés et brûlés par ces fanatiques dont la haine pour la famille de l’ancien dirigeant Libyen semble impossible à assouvir.


Un comportement d’un autre âge que rien ne peut justifier. Ces fanatiques ont écrit sur les murs : « Comité pour la destruction des idoles,»  (comme si c’étaient des idoles et non des tombes musulmanes conformes au rite musulman qui interdit la destruction de tombes, qu’elles soient musulmanes ou pas.

Comité de destruction des idoles

Ces actes irresponsables que le CNT tente de cacher sont la preuve de l’existence dans la Libye d’après Kadhafi de courants extrémistes dangereux qui finiront pas représenter un grand danger pour ce pays et pour toute la région.
Ces actes interviennent quelques semaines à peine après la mort de Mouammar Kadhafi et de son fils Mouatassim assassinés après avoir été torturés par les soldats du CNT.
Les grands savants de l’Islam interdisent la profanation des tombes.
Dans leurs fatwas sur ce sujet, tous les savants Musulmans interdisent la profanation des tombes musulmanes ou non musulmanes. Un mort doit être respecté quelle que soit sa religion et quels que soient ses crimes commis de son vivant.


mardi 1 novembre 2011

Le travail ingrat et mal payé d'un propagandiste sioniste


Ce même gouvernement des Etats Unis qui suspend sa participation financière à l’UNESCO parce qu’elle a admis la Palestine en son sein, est prêt à payer grassement des propagandistes sionistes qui cherchent à précipiter l’Amérique dans une guerre contre l’Iran qui sera forcément dévastatrice

Le Département US de la Défense a payé le directeur d’un think-tank du lobby israélien 77 883 $ pour une journée de conférences sur l’Iran
Par Maidhc Ó Cathail The Passionate Attachment (blog) 31 octobre 2011 traduit de l’anglais par Djazaïri
 
Dans sa déclaration d’intérêts présentée à la commission de la sécurité nationale de la Chambre des Représentants avant d’être auditionné sur son témoignage sur les «actions terroristes iraniennes sur le sol américain», le Dr Matthew Levitt révèle qu’il a eu
Un contrat de l’US Central Command et de l’US Army Directed Studies Office pour un montant de 77 883 dollars pour assurer une journée de conférence sur l’Iran en janvier 2010.
Levitt est le directeur du Stein Program on Counterterrorism & Intelligence, une branche du Washington Institute for Near East Policy, un think-tank créé par l’AIPAC [principale officine de lobbying sioniste], pour faire le boulot de l’AIPAC mais en ayant l’air indépendant.”
Non seulement Israël arrive à faire avaler sa propagande contre l’Iran au Pentagone, mais elle se fait même payer grassement pour ça en plus.
 

Les victimes anonymes lynchées en même temps que Mouammar Kadhafi


Un article très intéressant de Sukant Chandan qui porte sur le lynchage du colonel Kadhafi. L’essentiel de l’article porte sur les motivations de la guerre contre le régime libyen et les raisons pour lesquelles aussi bien les prétendus rebelles que Hillary Clinton souhaitaient la mort du colonel Kadhafi, en s’épargnant de préférence l’embarras d’un procès.
Mme Clinton avait donc prononcé la condamnation et les « rebelles » ont donc procédé à l’exécution du verdict.
Ceci dit, ce qui a surtout suscité mon intérêt pour cet article c’est l’attention qu’il porte à des « détails » d’une des vidéos du lynchage qui semblent être passés largement inaperçus.
Ce sont pourtant des séquences où on voit d’autres prisonniers, des noirs à l’évidence, dont l’un, blessé pourtant, est ligoté sur l’affût d’une pièce d’artillerie.
Sans doute d’autres victimes, anonymes celles là, de lynchages humanitaires.
Quand on voit toutes les saloperies qu’ont commises l’OTAN et ces prétendus révolutionnaires Libyens, on a la nausée d’entendre encore parler de mission de protection des civils. Et de savoir qu’on cherche à faire comparaître Seif el Islam Kadhafi devant une Cour Pénale Internationale où devraient plutôt être déférés les chefs du Conseil National de Transition libyen, et d’autres dirigeants comme Mme Hillary Clinton, M. Barack Obama, M. Nicolas Sarkozy et M. David Cameron.


Extrait de :
Pourquoi les media sont-ils silencieux sur ces frères noirs lynchés à côté de Kadhafi ?
Par Sukant Chandan, Sons of Malcolm 28 octobre 2011 traduit de l’anglais par Djazaïri

Dans les vidéos du lynchage de Kadhafi, on voit plusieurs noirs qui sont ligotés à l’arrière des camionnettes des rebelles pro-OTAN. L’un d’entre eux, sur la capture d’écran ci-dessous est à proximité immédiate du lieu où Kadhafi est en train d’être lynché.



La deuxième photo, vient de ce clip d’al Jazeera en anglais qui traite du lynchage de Kadhafi. C’est une capture d’écran, quoique la caméra s’attarde sur cette scène pendant 9 secondes avant d’être braquée directement vers deux autres personnes à l’arrière de camionnettes pro-OTAN, dont l’un à l’air d’être un homme noir très jeune, environ 20 ans, et l’autre un Libyen entre deux âges à la peau plus claire et qui porte une calotte musulmane.


Al Jazeera ne commente pas ce passage, ce qui n’est pas surprenant car al Jazeera, Anglophone comme arabophone, a été à la pointe de l’histoire raciste sur les ‘mercenaires Africains’ qui combattaient pour Kadhafi (à ce jour, aucune preuve n’a été fournie, ce qu’ont reconnu les media et les ONG occidentales), ce qui a contribué à encourager le lynchage de masse des gens au teint de peau très foncé en Libye, avec aussi ma destruction complète de la ville de Tawergha qui comptait 25 000 habitants, des Libyens noirs en majorité..

Pour ce que j’en sais, j’ai été le seul à commenter ces images dans cette interview accordée à Russia Today. Je voudrais encourager d’autres personnes à donner de la voix. Une petite rectification : j’avais pensé par erreur qu’un des frères noirs était attaché à un poteau vertical alors qu’il est en fait attaché au canon d’une pièce d’artillerie lourde montée sur la camionnette à un angle de 45 degrés. Il est clair qu’il est terrifié et qu’il est ensanglanté.

Pour John Dugard, le régime d'apartheid était plus honnête que l'occupation sioniste


John Dugard est un spécialiste de l’apartheid. Cet éminent juriste s’est longtemps servi des armes à sa disposition pour contester le régime d’apartheid dans son pays, l’Afrique du Sud et il a été un des rédacteurs de la charte des droits de l’Afrique du Sud nouvelle.
On ne s’étonnera donc pas découvrir, du moins pour certains comme moi, le parallèle qu’il fait entre le système d’apartheid et ce que les sionistes font subir aux palestiniens.
John Dugard trouve même que le système imposé par les sionistes est pire par certains aspect, plus hypocrite, car moins transparent, et moins «altruiste» que celui qui était en vigueur avec les Bantoustans en Afrique du Sud.
C’est peut-être là que Dugard pèche un peu mais après tout, il n’est ni économiste ni politique, c’est un juriste jusqu’au bout des ongles .La composante « altruiste » existait certes dans le système d’apartheid d’Afrique su Sud car le pouvoir en place avait accepté l’idée que les blancs ne seraient jamais majoritaires dans ce morceau d’Afrique et qu’i ; n’était pas possible, ne serait-ce que pour des raisons économiques, d’expulser tous les noirs. Essayer d’assurer un minimum de développement dans les bantoustans dans le cadre d’une politique de développement séparé était donc un impératif pour la survie du régime.
En Palestine occupée, il en va autrement car les sionistes font tout pour que les palestiniens s’en aillent où deviennent une minorité gérable dans un Etat juif qui aura annexé de facto puis de jure la Palestine.
Le sionisme peut donc parfaitement se dispenser de tout altruisme, même intéressé, et poursuivre ses efforts pour s’emparer de toute la Cisjordanie.
Ce n’est pas pour rien que les sionistes et le gouvernement US aux ordres des de fanatique partisans de l’Etat juif s’opposent fermement à toute reconnaissance internationale d’un Etat palestinien.
Les Etats Unis qui viennent de se ridiculiser à l’UNESCO en votant contre une admission de la Palestine dans cette organisation. Une admission qui obtenu l’assentiment de 107 nations malgré les pressions énormes exercées par le lobby sioniste et par les Etats Unis qui viennent d’ailleurs de suspendre leur contribution financière à cette institution.
Ce qui nous donne une idée de ce que les Etats Unis ont à faire du droit quand il ne les arrange pas.
John Dugard
Par John Dugard, badil.org (Palestine) octobre 2011 traduit de l’anglais par Djazaïri
J’ai passé l’essentiel de ma vie d’adulte en Afrique du Sud, à m’opposer à l’apartheid, en tant que avocat, professeur de droit et, de 1978 à 1990, directeur du Centre for Applied Legal Studies (un centre de recherche engagé pour la cause des droits de l’homme et l’action juridique). Dans mon travail, j’ai comparé et différencié l’apartheid par rapport aux normes internationales relatives aux droits de l’homme et plaidé pour une constitution avec une charte des droits dans une Afrique du Sud démocratique. Je n’ai jamais été emprisonné mais j’ai été poursuivi en justice, arrêté, et menacé par la police. Mon livre le plus important, Human Rights and the South African Legal Order (les droits de l’homme et l’ordre juridique de l’Afrique du Sud, 1978) est la présentation la plus complète de la législation et de la pratique de l’apartheid avait été initialement interdit.
J’ai une vaste expérience et connaissance des trois piliers de l’Etat d’apartheid – la discrimination raciale, la répression et la fragmentation territoriale. J’ai animé des campagnes d’avocats contre l’expulsion, en vertu du Group Areas Act, de noirs de quartiers situés à côté de secteurs exclusivement blancs et contre les fameuses « loi sur le passage » qui transformaient en infraction le fait pour des noirs de se trouver dans les soi-disant «quartiers blancs » sans avoir des papiers les y autorisant. Ces campagnes avaient pris la forme de l’assistance juridique pour tous ceux qui étaient arrêtés, ce qui avait rendu le système ingérable. A travers le Centre for Applied legal Studies, je m’étais lancé dans des recours juridiques contre l’application des lois sécuritaires et les lois d’urgence qui permettaient la détention sans jugement et l’assignation à domicile – et, dans la pratique – la torture. J’avais aussi contesté en justice la création des Bantoustans.
Quand l’Afrique du Sud est devenue démocratique, j’ai été nommé dans une petite commission d’experts chargés de rédiger un projet de charte des droits pour la constitution sud-africaine de 1996.
J’ai visité Israël et les territoires palestiniens occupés en 1982, 1984, 1988 et 1998 pour participer à des conférences sur des problèmes affectant la région. En 2001, j’ai été nommé président de la commission d’enquête institué par la Commission des Droits de l’Homme pour s’informer sur les violations des droits de l’homme pendant la deuxième intifada. J’ai été nommé en 2001 rapporteur spécial de la Commission des Droits de l’Homme (par la suite Conseil des Droits de l’Homme) sur la situation des droits de l’homme dans les territoires palestiniens occupés. A ce titre, je me suis rendu deux fois par an dans les territoires occupés et ai rendu compte à la Commission et au troisième comité de l’Assemblée Générale de l’ONU. Mon mandat a expiré en 2008. En février 2009, j’ai conduit une mission instituée par la Ligue Arabe pour enquêter et faire un rapport sur  les violations des droits de l’homme et du droit humanitaire pendant l’opération «plomb durci.»
Dès ma première visite dans les territoires palestiniens occupés/Israêl, j’ai été frappé par les similitudes entre l’apartheid d’Afrique du Sud et les politiques et les pratiques d’Israël dans les territoires occupés. Ces similitudes sont devenues plus évidentes quand j’ai été mieux informé de la situation. En tant que rapporteur spécial, je m’étais délibérément abstenu de faire de telles comparaisons qui auraient empêché de nombreux gouvernements occidentaux de prendre mes rapports au sérieux. Après 2005 cependant, j’ai décidé que je ne pouvais en toute conscience m’abstenir de faire ces comparaisons.
Les deux régimes sont évidemment très différents. L’Afrique du Sud de l’apartheid était un Etat qui pratiquait la discrimination et la répression contre son propre peuple. Israël est une puissance occupante qui contrôle un territoire étranger et sa population dans un cadre reconnu par le droit international humanitaire. Mai en pratique, il n’y a guère de différence. Les deux systèmes sont caractérisés par la discrimination, la répression et la fragmentation territoriale. La principale différence est que le système d’apartheid était plus honnête. La législation d’apartheid était ouvertement discutée et adoptée au parlement et elle était clairement visible par tous, tandis que les règles qui régissent les Palestiniens des territoires occupés se trouvent largement dans d’obscurs décrets militaires et de règlementations d’urgence accumulées qui sont pratiquement inaccessibles.
Dans le cadre de mon travail en tant que commissaire et rapporteur spécial, j’ai vu tous les aspects de l’occupation des territoires palestiniens. J’ai vu le fonctionnement humiliant des checkpoints, qui me rappelaient l’application des lois sud-africaines sur le passage (en pire), des routes séparées (inconnues dans l’Afrique du Sud de l’apartheid) et la démolition de maisons sur décision administrative, ce qui me rappelait la destruction de maisons dans les «zones noires» situées à proximité des secteurs réservés aux blancs. J’ai visité Jenine en 2003, peu de temps après sa dévastation par l’armée israélienne. J’ai parlé avec des familles dont les maisons avaient été investies et saccagées par l’armée israélienne, j’ai parlé avec des jeunes et des vieux qui avaient été torturés par l’armée israélienne et j’ai visité des hôpitaux pour rencontrer ceux qui avaient été blessés par l’armée israélienne. J’ai vu, et parfois visité, des implantations coloniales ; j’ai vu une bonne partie du mur [de séparation] et, en me déplaçant dans la vallée du Jourdain, j’ai vu des campements de bédouins détruits et des checkpoints ms en place dans l’intérêt des colons.
Un dernier mot basé sur mon expérience personnelle. Il y avait une composante altruiste dans le système d’apartheid, quoique motivée par l’idéologie du développement séparé, qui voulait faire des bantoustans des Etats viables. La loi ne l’y obligeait pas, mais il a construit des écoles, des hôpitaux et des routes pour les noirs d’Afrique du Sud. Il avait créé des industries dans les bantoustans pour donner du travail aux noirs. Israël n’est même pas capable de faire ça pour les Palestiniens. Alors que le droit international l’oblige à subvenir aux besoins matériels des populations sous occupation, Tout repose sur des organismes internationaux et des donateurs étrangers. Israël pratique la pire forme de colonialisme dans les territoires palestiniens occupés. L’eau et la terre sont exploités par des colons agressifs qui n’ont aucun intérêt au bien-être de la population palestinienne – et ont la bénédiction de l’Etat d’Israël.

John Dugard siège au Tribunal Russell pour la Palestine qui compte  aussi parmi ses membres des personnalités comme Me Gisèle Halimi, Cynthia McKinney ou Mairead Corrigan Maguire