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mercredi 12 mars 2014

Jésus au checkpoint contre le sionisme "chrétien"

Le combat armé n'est qu'une des modalités du conflit qui oppose Palestiniens et Sionistes pour le contrôle de la Palestine. A un certain stade de la lutte du peuple palestinien il peut en être une caractéristique prédominante, à d'autres il peut passer au second plan, question de stratégie et de circonstances.
Parce que la lutte des Palestiniens pour le recouvrement de leurs droits sur leur patrie ancestrale est avant tout un combat politique qui ne s'achèvera qu'une fois satisfaits les objectifs nationaux de ce peuple.
Comme toute lutte politique, le combat palestinien prend diverses formes outre la lutte armée : manifestations, information, appels au boycott etc. Et ce combat politique n'a pas de frontière pour trois bonnes raisons : le déni des droits des Palestiniens est une question de droit international, plusieurs pays de la région sont impliqués directement, ne serait-ce que par le fait que certains accueillent de nombreux réfugiés palestiniens et enfin parce que l'entité sioniste s'appuie aujourd'hui comme hier sur d'importants soutiens en Occident, aux Etats Unis en premier lieu.
De ce fait, tout ce qui popularisera la lutte du peuple palestinien et son caractère juste est de nature à être suivi de mesures concrètes venues du terrain (comme les boycotts ou les missions humanitaires) et de nature à affaiblir le régime sioniste.
La popularisation de la lutte palestinienne amènera tôt ou tard les gouvernements occidentaux à réduire ou conditionner leur soutien au régime sioniste même si dans l'immédiat ce dernier a choisi d'exercer de plus en plus directement son contrôle sur les politiciens occidentaux, un fait que l'affaire Dieudonné a démontré de manière éclatante en France.
Aux Etats Unis, où le lobby sioniste est très influent à tous les échelons du pouvoir politique, les choses sont en train de bouger et elles le font sur deux fronts qui se chevauchent parfois : les campus universitaires ou l'activisme sioniste est de plus en plus contesté, y compris au sein d'organisations juives, et les différentes églises qui constituent la religion protestante majoritaire aux Etats Unis.
On l'a vu récemment avec l'église presbytérienne et on le voit aussi jusque dans les églises évangéliques qui sont considérées comme le socle du sionisme chrétien.
L'article que je vous propose laisse entendre qu'il faut nuancer le propos et que l'engagement sioniste n'a jamais été le fait de la majorité des dirigeants de ces élises évangéliques. Il laiss entendre aussi que les choses sont en train de changer dans le sens d'un rééquilibrage plus favorable aux positions pro-palestiniennes,
Ce sont des évolutions assez timides qui inquiètent toutefois Christians United For Israel (CIFI), l'expression organisationnelle du sionisme chrétien dont le directeur exécutif est un certain David Brog qui n'est autre que le cousin d'Ehud Barak.
Ehud Brak est le fils d'Israel Brog
Ehud Barak est le fils d'Israel Brog

 L'emprise israélienne sur les Chrétiens évangéliques se désserre

La jeune génération est ouverte au point de vue palestinien sur le conflit
par Nathan Guttman, The Jewish Forward (USA) 11 mars 2014
L'affaiblissement du soutien à Israël chez les Chrétiens évangéliques est à l'origine d'une nouvelle lutte pour conquérir les esprits et les cœurs des membres les plus jeunes du groupe pro-Israël le plus important en nombre.
Même si on ne dispose pas de chiffres précis, les dirigeants évangélistes des deux tendances relativement à Israël sont d'accord pour dire que les membres de la génération du millénaire ne partagent pas la passion de leurs parents pour l'Etat juif;nombre d'entre eux sont même en recherche d'une certaine forme d'impartialité dans l'approche du conflit israélo-palestinien.
« Ce qui se passe, c'est que la ligne dure du sionisme chrétien n'a pas été transmise avec succès à la génération suivante parce qu'elle est basée sur des thématiques théologiques qui sont maintenant remises en question par de jeunes évangéliques, » explique David Gushee, professeur d'éthique chrétienne et directeur du Center for Theology and Public Life à l'université Mercer d'Atlanta.
L'emprise du sionisme chrétien sur les évangéliques les plus jeunes s'affaiblit depuis quelques années, selon des observateurs membres de la communauté. Mais dans les dernières semaines, la plus importante organisation évangélique pro-israélienne, Christians United for Israel (CUFI), a tiré la sonnette d'alarme dans des articles et des interviews qui dénoncent les percées réalisées par les activistes pro-palestiniens dans la communauté évangélique. Les dirigeants de CUFI appellent à une stratégie nouvelle pour les contrer.
« La seule manière de résoudre le problème est d'en informer les gens, » affirme le directeur exécutif de CUFI, David Brog, qui a pris la tête de l'offensive pour récupérer les jeunes évangéliques. « C'est la meilleure façon de rassembler nos troupes. »
Brog a écrit un long article, publié dans l'édition de printemps du Middle East Quarterly dans lequel il expose en détail ce qu'il voit comme un phénomène croissant et les raisons qui sont derrière. Intitulé « La fin du soutien évangélique à Israël ? », l'article déplore que la remise en cause du soutien sans réserve des Chrétiens à l'Etat juif est en train de rapidement devenir une des voies royales chez les millénaristes pour faire preuve de compassion chrétienne et de bona fides. » Brog soutient que les jeunes évangéliques sont maintenant « en jeu » et que leur soutien à Israël ne peut plus être tenu pour acquis.
Cette conclusion se base d'abord sur un ressenti et sur des informations anecdotiques. En juin 2011, le Pew Ressearch Center avait réalisé une enquête auprès de leaders évangéliques réunis au Cap en Afrique du Sud pour le troisième Congrès de Lausanne pour l'Evangélisation du Monde. Les résultats indiquaient un soutien pour Israël moindre que prévu. Une majorité (43%) des dirigeants évangéliques exprimaient leur neutralité quand on les interrogeait pour savoir s'ils éprouvaient plus de sympathie pour les Israéliens ou pour les Palestiniens . 30 % d'entre eux avaient exprimé leur soutien à Israël contre 13 % aux Palestiniens.
L'enquête n'avait touché que les dirigeants qui avaient participé à cette conférence internationale et n'éclairait en rien sur les opinions de la base évangélique. Mais elle avait mis en lumière le fait que seule une minorité parmi les dirigeants évangéliques actuels avaient des opinions franchement pro-israéliennes en ce qui concerne l'occupation de la Cisjordanie par Israël et le conflit avec les Palestiniens.
Pourtant, le sionisme chrétien est de loin le plus important courant organisé sur la question du Moyen Orient chez les évangéliques. CUFI, présidé par le révérend John Hagee, fondateur de la Cornerstone Church à San Antonio, a 1,6 millions d'adhérents et a 25 employés à plein temps. Avec un budget de fonctionnement supérieur à 7 millions de dollars, CUFI organise des dizaines d'événements en faveur d'Israël dans tout le pays ainsi qu'une conférence annuelle à Washington qui réunit des activistes évangéliques et des politiciens. Les dirigeants de CUFI essayent maintenant de mobiliser des bailleurs de fonds et des soutiens pour traiter le changement qui s'opère dans la jeunesse de leur communauté religieuse. Le défi auquel ils sont confrontés est constitué d'individus, de militants et de professeurs sur les campus universitaires et même de films documentaires qui présentent Israël comme entravant la liberté religieuse des Chrétiens en Terre Sainte.
 Dans les campus universitaires, le Palestiniens chrétiens ont eu une certaine réussite face aux 120 sections de CUFI bien installées. Des militants du Wheaton College, une importante faculté chrétienne de l'Illinois, ont protesté en 2009 contre une manifestation prévue par CUFI sur le campus ; à Tulsa, dans l'Oklahoma, l'université Oral Roberts a nommé un critique acerbe d'Israël à son conseil d'administration, et à l'université Bethel dans l'Ohio, le président de l'université, Jay Barnes, a visité Israël et les territoires palestiniens dans un voyage qui a changé la vision du conflit par les participants. Barabara Barnes, l'épouse du président de l'université, a publié un poème après le voyage dans lequel elle écrit : « L'apartheid est devenu un mode de vie. Je suis sûre que Dieu pleure. »
Les évangéliques américains qui ont de la sympathie pour les Palestiniens font aussi venir des coreligionnaires en Israël et en Cisjordanie pour des circuits et des conférences. Cette semaine, le Bethlehem Bible College et le Holy Land Trust dont le siège se trouve à Bethléem organisent leur 3ème conférence « Jésus au checkpoint ».Parmi les orateurs participant à cette réunion qui présente aux Chrétiens le point de vue palestinien sur l'occupation de la Cisjordanie par Israël, se trouvent le Dr Izzeldin Abuelaish, le médecin de Gaza qui travaillait en lien étroit aussi bien avec les Arabes qu'avec les Juifs israéliens jusqu'à ce que ses trois filles soient tuée chez dans leur maison par un tir de blindé israélien pendant la campagne militaire de 2008 ; William Wilson, le président de l'université Oral Roberts  et Gary Burge, un professeur de théologie au Wheaton College et auteur du livre « Whose Promise ? What Christians Are Not Being Told About Israel and the Palestinians. » [La promesse de qui ? Ce qu'on ne dit pas aux Chrétiens sur Israël et les Palestiniens .]
Le « manifeste » en douze points de la conférence condamne fermement « toutes les formes de violence » et met en garde contre « la vision stéréotypée de toutes les formes de religion qui trahit le commandememnt divin d'aimer nos voisins et nos ennemis. » Il rejette aussi « toute prétention exclusive sur la terre de la Bible au nom de Dieu » et souligne que « l'appartenance ethnico-raciale à elle seule ne garantit pas les privilèges de l'alliance abrahamique. » Pour certains sur les campus universitaires chrétiens, l'attrait exercé par les opinions pro-palestinennes entre peut-être dans le cadre d'une tendance générale de remise en cause du conservatisme de leurs parents par la jeune génération évangélique. Certains étudiants sont en quête d'une lecture théologique de leur religion qui soit plus progressiste sur les questions de société. Des enquêtes réalisées ces dernières années montrent que les jeunes évangéliques blancs sont moins conservateurs sur les questions du mariage homosexuel, de l'avortement et de la contraception. La même tendance à la diversification politique est peut-être à l'oeuvre sur des questions de politique internationale.
L'inquiétude de CUFI, telle qu'énoncée par Brog dans son article, porte sur la nouvelle génération de leaders évangéliques ; à la différence de Jerry Falwell et Pat Robertson, ils ne donnent pas de la voix sur la question d'Israël. Il décrit la nouvelle génération de leaders d'opinion évangéliques «comme des gens généralement bien coiffés et habillés à la mode qui se consacrent à vendre le christianisme à une génération sceptique en en faisant quelque chose de cool, humaniste et moins ouvertement politique. »
Une des organisations qui attire le plus l'attention sur ce plan est le Telos Group, une association créée il y a cinq ans à Washington et qui se présente elle-même comme « pro-israélienne, pro-palestinienne, pro-américaine et pro-paix. » Dans un entretien pour « The Blaze TV », l'émission de Glenn Beck, Brog a pointé particulièrement cette organisation en disant : « Ce n'est pas l'organisation anti-Israël de papa. Ces gars sont rusés, ces gars sont intelligents. »
Gregory Khalil fondateur de Telos
Gregory Khalil fondateur de Telos
Telos, qui consacre une bonne partie de son travail aux communautés religieuses, a à ce jour organisé 43 séjours de groupes en Israël et dans les territoires occupés. Son président et fondateur, Gregory Khalil dit que son organisation va à la rencontre  de Palestiniens et d'Israéliens très divers pendant ses séjours. « Je pense en fait que David Brog pourrait apprendre beaucoup de choses sur Israël s'il participait à un de nos séjours, » déclare Khalil qui affirme que Brog dénature le travail de Telos.
Mais s'il y a bien un débat naissant sur Israël dans le monde évangélique ; son importance ne doit pas être surestimée. « Nous sommes une petite organisation, » dit Khalil au sujet de son association qui a seulement deux employés. D'autres publications et organisations citées par CUFI comme pro-palestiniennes sont également de dimension bien moindre que l'entreprise pro-israélienne de CUFI.
CUFI a décidé de ne pas attendre que ces organisations se développent. En janvier, à une manifestation juive de collecte de fonds, l'organisation a présenté son plan consistant à emmener chaque année en Israël deux groupes de jeunes leaders d'opinion évangéliques. « Nous devons utiliser le même outil pour riposter, » déclarait CUFI dans son argumentaire pour obtenir le soutien des bailleurs de fonds juifs. «L'organisation lance aussi des tournées de conférences dans les campus et va investir dans la vidéo et les médias sociaux pour faire une veille [to monitor = surveiller, contrôler] sur les Chrétiens influents et « leur répondre quand ils dépassent la limite. »
Le précédent marquant que citent les évangéliques pro-israéliens pour justifier leur démarche est le chemin emprunté par les grandes églises protestantes. Par le passé, beaucoup d'entre elles étaient favorables à Israël, ou au pire neutres. Mais certaines sont depuis devenues le repaire de points de vue pro-palestiniens dans le monde du christianisme américain. Quelques organisations, comme l'église presbytérienne, ont ouvert la voie en appelant au boycott et au désinvestissement contre IsraëL.
 Mais Gushee affirme que les évangéliques ne prendront sans doute pas ce chemin. Les grandes églises protestantes sont peut-être aujourd'hui agressivement anti-Israël, dit-il, mais l'évolution chez les évangéliques ne consistera pas à passer de « pro-Israël à anti-Israël, mais de pro-Israël a une approche plus équilibrée. »

mardi 11 décembre 2012

La crise syrienne pensée hors de la boîte (à idées reçues) par Camille Otrakji


Je vous propose un article qui date un peu mais qui reste d’actualité et dénonce les basses manœuvres saoudo-occidentales contre la Syrie.
L’auteur, Camille Otrakji, nous rappelle que depuis quelques temps la voix de la Syrie supposée résonner à paris ou à Londres n’est pas celle des syriens mais tout au plus d’une clique dûment stipendiée par le Qatar et l’Arabie Saoudite d’un côté, les Etats Unis et l’OTAN de l’autre.
Camille Otrakji, nous propose la métaphore de la boîte (boîte à malices ou boîte à outils ?) dont le contenant, soit 6 justifications pour l’ingérence, est censé autoriser l’Occident à se mêler des affaires syriennes et à exiger le départ du régime en place.

Par Camille Otrakji, The Syria Page 9 octobre 2012 traduit de l’anglais par Djazaïri

L’engagement de la communauté internationale pour l’emporter dans le conflit en Syrie s’accroît et atteint des niveaux sans précédent.

La semaine dernière, l'administration Obama a promis un financement plus direct pour les rebelles qui se battent contre l'armée syrienne. Cette semaine, le ministre des affaires étrangères australien Bob Carr a suggéré que l'assassinat du Président de la Syrie pourrait être une option raisonnable et nécessaire. Le Premier ministre turc Erdogan dont le pays est membre de l'OTAN État a dit que son pays était prêt à faire la guerre avec la Syrie.

Si vous écoutez l’intégralité de l’interview de Bob Carr sur le réseau d’ABC Australie, vous pourrez entendre une question qui commence par: la plupart des reportages suggèrent assez régulièrement que la chute du régime n’est qu’une question de temps”. Les attentes d’une fin imminente du régime, dont on considère qu’elle est la définition même du «succès» ont été au cours de ces 20 derniers mois un des principaux piliers de la motivation des membres de l’alliance conduite par la communauté internationale dans sa tentative de faire tomber le régime de Damas.

Personne n'a questionné le Premier ministre Erdogan au sujet de ses déclarations d’il y a un an selon lesquelles «les jours d'Assad sont comptés»

Personne n'a interrogé l'administration Obama sur ses fréquentes  affirmations il y a un an que «le temps d’Assad était compté"

Personne n'a demandé à  Ehud Barak, le ministre israélien de la Défense, qui a déclaré à nouveau en Juillet 2012 que «la chute d'Assad est plus proche que jamais" ce que cela signifiait vraiment. "plus que jamais" est moins précise que ses déclarations optimistes d’il y a 10 mois selon lesquelles «Assad sera renversé en quelques semaines"

Les six facettes de la boîte à outils de la crise syrienne

La communauté internationale veut gagner à tout prix, en Syrie, mais de nos jours il n'est pas politiquement correct de présenter ses objectifs en des termes aussi abrupts. Une approche plus politiquement correcte consiste à établir un récit portant sur les droits de l'homme. Quiconque propose des solutions ne doit pas sortir hors de  la boîte fabriquée par la communauté internationale pour la crise en Syrie:

the-syria-crisis-box
Vignette du haut: penser hors de la boite, dialogue et évolution, pas armes et révolution
- Les jours du régime sont comptés. Les opposants au régime peuvent réussir s’ils travaillent avec nous encore quelques semaines de plus, c'est tout ce qu'il faudra.
- Les Syriens nous remercieront de les avoir aidés à renverser le régime. Ce sera bon pour la Syrie. Si seulement nous renversons le régime. Une courte période de transition peut être difficile, mais peu de temps après ce sera la démocratie et d’autres évolutions positives seront à portée de main.
- "Le peuple syrien" veut que nous renversions le régime, pas parvenir à un compromis avec lui. Vous ne pouvez pas vous tromper si vous êtes du côté du «peuple syrien». Les gens ont une seule chose en tête ... le changement, un changement complet et total.
- Le prix à payer pour un changement révolutionnaire n'est pas trop élevé. Le peuple syrien est prêt à payer ce prix plutôt que le coût beaucoup plus faible de la recherche d’un changement par une évolution qui ne suit pas la formule du "printemps arabe" que nous trouvons des plus excitantes ici aux États-Unis. La Syrie ne sera pas détruite dans ce processus, son économie sera facile à redresser. Les gens travailleront ensemble après cette guerre civile.
- Le régime, c’est la famille Assad. Débarrassez-vous de Assad et vous pourrez crier victoire. Faites que Farouk Chareh remplace Assad ... suivez la solution de formule du Yémen  vers la démocratie [ voir commentaire ici ]
- Travailler avec les islamistes est inévitable et raisonnable. L'Occident peut utiliser la force des islamistes pour combattre et renverser le régime, ALORS l'Occident pourra installer ses alliés syriens de l'opposition laïque et éliminer les islamistes de la scène. Si les islamistes gagnent les prochaines élections en Syrie, ce ne sera pas un problème. Ils seront sous le contrôle et l’influence des islamistes modérés de Turquie.
Toutes ces hypothèses ont été faites sans consulter le "peuple syrien". Après les premières manifestations symboliques à Deraa et Damas, les gouvernements et les médias occidentaux ont commencé à faire toutes les hypothèses ci-dessus. Personne ne veut de nous expliquer d’où viennent les 250.000 soldats et officiers dévoués qui constituent l'armée régulière syrienne s'ils ne font pas partie du «peuple syrien».

Pour trouver un moyen de sortir de la crise très dangereuse en Syrie, il faudra réfléchir en dehors de cette boîte bien pratique. En dehors de cette boîte, vous pourriez être en mesure de réaliser que la victoire est beaucoup plus coûteuse et incertaine. Que la laïcité pourrait être une bien meilleure alternative à l'expérimentation avec les alliés Erdogan, les Frères musulmans et les salafistes alliés de l'Arabie Saoudite, et surtout que la crise en Syrie est beaucoup plus que cela. C'est la crise au Moyen-Orient. Les Etats-Unis doivent faire face à tous les conflits régionaux qu’ils ont esquivés depuis des décennies.

La crise en Syrie n'a pas pour objet le maintien d’Assad au pouvoir ou non comme on veut vous le faire croire. C'est le dernier avertissement aux USA pour qu’ils
refondent une politique en panne au Moyen-Orient avant qu'il ne soit trop tard.

samedi 1 décembre 2012

Palestine, Gaza, ONU, la nouvelle donne


J’ai un peu de temps, alors j’en profite pour sortir un peu le blog de sa léthargie.
La dernière agression sioniste contre Gaza a montré comme les agressions précédentes la capacité destructrice du terrorisme sioniste.

Si les conflits politiques se résumaient à une simple arithmétique de la force militaire, l’entité sioniste aurait dû poursuivre son offensive et lancer à l’assaut les dizaines de milliers de réservistes qu’elle avait commencé à mobiliser.

Il n’en a rien été parce que la guerre  est autre chose qu’une bagarre de gamins dans un bac à sable ou un combat de boxe qui s’achève par le K.O. d’un des adversaires.

En effet, le conflit palestino-sioniste n’engage pas seulement l’Etat prétendu juif et le peuple palestinien, mais toute la région arabe et proche orientale ainsi que les Etats Unis et l’Europe.

La récente agression a permis de vérifier une fois de plus la détermination du peuple palestinien à résister et à recouvrer ses droits. Et les autorités sionistes médusées ont pu constater que les combattants palestiniens étaient désormais en mesure de toucher des villes aussi éloignées de Gaza que Beersheba et surtout Tel Aviv.

En ce sens le Hamas et les autres organisations de la résistance palestinienne ont remporté une victoire stratégique en faisant échouer la tentative sioniste de leur administrer une raclée et en signifiant qu’un jour peut-être pas si éloigné, c’est un déluge de feu qui pourrait s’abattre sur Tel Aviv.

Et Tel Aviv, c’est le véritable cœur de l’entité sioniste qui se résume en pratique à cette cité Etat.

Ensuite, comme je l’écrivais précédemment, l’entité sioniste est en quelque sorte passée sous la tutelle de l’Egypte qui a assuré, en coordination avec les Etats Unis, la gestion des tractations en vue d’un cessez-le-feu.

 C’est un point de vue très proche du mien que développe Alex Callinicos et je suis donc ravi de vous proposer une traduction d’un article qu’il vient de publier dans The Socialist Worker.
Alex Callinicos à la 5ème conférence anti-guerre du Caire en 2007
Alex Callinicos à la 5ème conférence anti-guerre du Caire en 2007
L’autre grand évènement stratégique est bien sûr l’octroi à la Palestine du statut d’Etat observateur à l’Organisation des Nations Unies.

Certains considèrent que cette reconnaissance porte en elle l’abandon par les Palestiniens d’une partie de leurs droits fondamentaux sur leur patrie. C’est vrai en théorie et en faisant abstraction du contexte réel. Ceux qui pensent ainsi supposent en effet que l’entité sioniste pourrait admettre un jour ou l’autre la restitution des territoires qu’elle occupe depuis 1967, permettant ainsi à un gouvernement palestinien d’exercer une autorité souveraine sur la Cisjordanie et la bande de Gaza.

Cette hypothèse relève de la chimère car jamais les sionistes n’accepteront de rétrocéder des territoires qu’ils estiment avoir vocation à contrôler et à coloniser totalement. Le nouveau statut politique reconnu à la Palestine est donc un acquis précieux qui  ne remet nullement en cause la pertinence de la résistance sous tous ses aspects, y compris militaires.


Les révolutions font trembler tous les régimes – les régimes arabes, ainsi que celui d'Israël,
Par Alex Callinicos, Socialist Worker (UK) 1er décembre 2012 traduit de ‘anglais par Djazaïri

Friedrich Engels écrivait en 1854: «Nous ne devons pas oublier qu'il y a une sixième puissance en Europe, qui à certains moments affirme sa suprématie sur l'ensemble des cinq soi-disant« grandes puissances »et fait trembler chacun d'entre eux. Cette puissance est la Révolution. "

Il en va de même dans le Moyen-Orient aujourd'hui. Si vous ne vous intéressez qu’à l'équilibre militaire des forces, vous conclurez que rien n'a vraiment changé depuis la dernière guerre d'Israël contre Gaza.

Le Hamas dispose désormais de missiles Fajr-5 de plus longue portée qui peuvent frapper Tel-Aviv. Mais l’armée israélienne conserve une écrasante supériorité matérielle. Mais ne prendre en compte que le matériel et les troupes serait superficiel. En réalité, tout a changé.
Le quotidien libéral israélien Haaretz a publié un article fascinant sur les débats de la semaine dernière entre les hauts responsables du gouvernement- le premier ministre Benjamin Netanyahou, le ministre de la Défense Ehud Barak et le ministre des Affaires étrangères Avigdor Lieberman –au sujet de la trêve proposée par le président égyptien, Mohamed Morsi:
"Lors de la réunion de mardi, juste avant l’arrivée de la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton, il est apparu clairement à Israël que les principes du cessez-le feu proposé par l'Egypte étaient beaucoup plus proches des positions du Hamas que des siennes.

"L'hypothèse formulée par les responsables du renseignement lors de la réunion triumvirat était que, contrairement à la situation à l’époque de Moubarak, les Egyptiens s'alignant sur le Hamas et essayent de lui permettre d’obtenir des succès."

Cessez-le-feu

Barak voulait accepter le cessez le feu sur la base du fait que l'armée israélienne avait donné une leçon au Hamas. Lieberman plaidait pour une offensive terrestre et Netanyahou se situait entre les deux points de vue.

Les trois ministres israéliens avaient demandé à Clinton de «faire pression sur l'Egypte pour qu’elle présente un accord de cessez-plus équilibré». Au lieu de quoi, soutenue par des appels téléphoniques de Barack Obama, elle les a poussés à accepter les termes de l'Egypte.
Et ils les ont acceptés. Même l'extrémiste de droite Lieberman s'est soumis, expliquant à d’autres ministres, «La décision est simple. Rabin [le Premier ministre israélien assassiné pour avoir enclenché le «processus de paix»] avait dit que s’ils nous tirent dessus depuis le bande de Gaza, nous la réoccuperons, mais c’est à l’évidence difficile. " 

Les révolutions arabes sont derrière le rôle joué par Morsi pour obtenir un cessez-le-feu que le Hamas pourrait proclamer comme une victoire. La dernière guerre contre gaza a montré comment ces révolutions commencent à transformer la géopolitique régionale.
Netanyahu s’est servi de la supériorité militaire d'Israël pour reprendre l'initiative. Ses exigences pour une guerre contre l'Iran, techniquement très difficile à faire sans le soutien des Etats Unis - étaient son stratagème initial. Mais il s’est retrouvé bloqué à la fois pas sa propre hiérarchie militaire et par Obama

L'assassinat du chef militaire du Hamas, Ahmad al-Jaabri au moment où un nouveau cessez-le feu de Gaza était en discussion [avec précisément al-Jaabri, NdT] était le stratagème suivant de Netanyahou. 

Agenda

Netanyahu a soutenu Mitt Romney lors des dernières élections américaines. Le journaliste américano- palestinien Ramzy Baroud avance que le but de la guerre était de "pousser le thème de la sécurité d'Israël dans les priorités de l'agenda de la nouvelle administration"
Mais les yeux Etats Unis se sont tournés plus loin à l’est. Ce qui a été symbolisé par le fait qu’Obama s'est rendu en Birmanie, dans une démarche visant à l’éloigner de la Chine au moment de l'attaque israélienne contre Gaza. Une nouvelle guerre au Moyen Orient est donc la dernière chose que veulent les Etats Unis.

Et, à dans la région, M. Netanyahou a perdu des amis très puissants. La Turquie, qui avait fait signé un pacte militaire avec Israël, s'est retournée contre lui. Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a dénoncé la semaine dernière Israël comme un "Etat terroriste".

Mais Morsi et Erdogan ont un problème. Ils veulent nuire symboliquement et diplomatiquement à Israël, mais ils n'ont pas l'intention de reprendre la lutte armée contre Israël.
Morsi en particulier,est le président d’un peuple pour qui trouve insuffisantes les dénonciations rhétoriques et les manoeuvres en coulisses.

Ainsi qu’il l’a découvert le weekend dernier, la révolution arabe est une force dynamique qui ne peut pas être simplement exploitée à des fins d’intrigue de parti. Comme le disait Engels, elle fait trembler chaque régime, arabe comme israélien, même ceux qui prétendent être le produit de la révolution.

dimanche 28 octobre 2012

Qui dirige le sionisme chrétien?


Maidhc Ó Cathail est un journaliste Irlandais ouvertement engagé en faveur de la Palestine. Tout en contribuant à un certain nombre d’organes de presse, il anime un blog baptisé The Passionate Attachment.

Son engagement affiché ne lui fait cependant pas perdre de vue les règles du journalisme et il s’efforce d’avancer des informations étayées et vérifiables.

Il nous en donne ici un exemple en mettant en évidence cette situation en principe incongrue dans laquelle on constate qu’un des dirigeants du mouvement sioniste chrétien aux Etats Unis est certes sioniste mais pas du tout chrétien.

A chacun d’en tirer les conclusions qu’il voudra.

par Maidhc Ó Cathail, The Passionate Attachment 22 octobre 2012 traduit de l’anglais par Djazaïri

Afin de détourner l’attention de son influence sue la politique des Etats Unis au Moyen Orient, le lobby pro-israélien souligne parfois le soutien passionné apporté par de nombreux Chrétiens évangéliques – qualifiés habituellement de sionistes chrétiens – à l’Etat juif. La plus importante des organisations sionistes chrétiennes, avec plus d’un million d’adhérents – est Christians United for Israel (CUFI); ce qui en fait dans le même temps la plus grande organisation pro-israélienne établie aux Etats Unis. La plupart des gens qui s’intéressent à cette organisation extrémiste pro-israélienne l’associent à John Hagee, le théâtral pasteur sioniste chrétien de San Antonio qui préside CUFI. On en sait beaucoup moins par contre sur le directeur exécutif de CUFI.

Fait révélateur, la personne qui dirige la plus importante organisation sioniste chrétienne n’est même pas un Chrétien. Dans un questions – réponses avec des lecteurs du journal israélien Haaretz il y a quelques années, il avait été demandé à David Brog si sa conception religieuse voulait qu’Israël contrôle l’ensemble de la Terre Sainte. «Simplement pour clarifier les choses,» avait répondu Brog, «la théologie évangélique sur laquelle j’écris n’est pas ma théologie. Je suis juif.»
David Brog (à gauche sur la photo)
Si le directeur exécutif de Christians United for Israel n’est peut-être pas Chrétien, il n’y a aucun doute sur son pedigree sioniste. Quand un autre lecteur lui avait demandé s’il était apparenté à l’actuel ministre de la défense Israélien, Brog l’avait complimenté pour sa perspicacité. Et le directeur de CUFI d’expliquer :
L’ancien premier ministre Ehud Barak est mon cousin. Il a changé son patronyme de «Brog» en «Barak» au moment de son entrée dans l’armée. Compte tenu de son illustre carrière dans l’armée et le gouvernement israéliens, c’est un lien dont je suis très fier.
Avec des liens aussi étroits entre le gouvernement israélien et l’homme qui dirige la majorité des sionistes chrétiens aux Etats Unis, on ne doit pas s’étonner que les dirigeants Israéliens puissent se permettre de se moquer des croyances soigneusement entretenues de ces sionistes chrétiens. C’est ainsi qu’avait plaisanté l’ancien premier ministre Menahem Begin, considéré par un initié bien placé comme le «père» du mouvement sioniste chrétien :
Je vous dis que si ces Chrétiens fondamentalistes nous soutiennent au Congrès aujourd’hui, je les soutiendrai demain quand arrivera le Messie.
Peut-être Arlen Specter, un autre pilier du lobby pro-Israël sourit-il dans sa tombe à l’idée de voir son adjoint de longue date exercer une si forte influence sur la droite chrétienne que ce sénateur avait dénoncée lors dune campagne présidentielle en 1995 (Specter avait été candidat à l’investiture républicaine) comme une tendance extrémiste qui joue un trop grand rôle dans la définition de l’agenda politique du Parti Républicain.

Dernière info : Selon un article du Jewish Georgian Newspaper d’Atlanta, chaque fois qu’Ehud barak se rend à Washington, il consacre toujours du temps à son cousin David Brog.

mercredi 28 mars 2012

Signes de détérioration mentale chez les dirigeants politiques Européens

Je crois que les politiciens Occidentaux sont dérangés mentalement et que c’est le gang de Tel Aviv qui  a perturbé leur psychisme.

On a eu par exemple M. Alain Juppé qui tout en arborant un signe religieux ostensible, a déclaré,.aux obsèques des victimes juives de Toulouse :
"Quand un Juif est visé en France, c'est toute la France qui est touchée. L'agression de Juifs en France est l'affaire des 65 millions de Français. Votre deuil, vos douleurs sont les nôtres"
Certes, cela semble évident, mais pourquoi cette nécessité de l’affirmer dans l’entité sioniste ? de poser en réalité l’extériorité fondamentale des Juifs par rapport à la nation français en disant "vos douleurs [celles des Juifs] sont les nôtres" [celles des Français] ?  Et l’assassinat de Musulmans ou de Catholiques, ce n’est donc pas un motif de préoccupation pour tous ?

Apparemment non.

Si ce ne sont pas là des signes de détérioration mentale…

Voyez aussi  le ministre Allemand de la défense, Thomas de Maizière qui affirme avoir mis en garde son homologue sioniste Ehud Barak contre une intervention militaire visant les installations nucléaires iraniennes :
“Certains dans le gouvernement israélien sous-estiment les conséquences négatives d’une telle attaque. En tant qu’amis d’Israël, nous leur avons vivement déconseillé de franchir le pas.”
Et pour montrer que le gouvernement allemand était opposé à une agression militaire sioniste contre l’Iran, le ministre Allemand n’a rien trouvé de plus dissuasif que d’annoncer la vente d’un sixième sous-marin :
"Un sous-marin supplémentaire va bien être livré à Israël", a déclaré M. de Maizière au cours d'une conférence de presse commune, précisant que l'Allemagne prendra à sa charge une partie du coût du submersible, sans préciser combien.
Fin novembre, une source gouvernementale avait indiqué que l'Allemagne s'était engagée à prendre à sa charge un tiers de ce coût, soit un montant maximal de 135 millions d'euros.
On sait que ces sous-marins sont très discrets et sont aptes à l’emport de missiles balistiques armés éventuellement de têtes nucléaires…
Et comme vous l’avez lu, l’Allemagne les vend à prix cadeau…

C’est sûr qu’Ehud Barak a dû bien rigoler après sa rencontre avec ce ministre atteint de confusion mentale.

dimanche 4 septembre 2011

L'OTAN en Libye, ou quand les fripouilles parlent d'honneur (comme les mafieux, c'est vrai)


L’intervention militaire de l’OTAN en Libye, avec la participation de démocraties avancées comme la Jordanie, le Qatar ou les Emirats Arabes Unis, est l’exemple même d’une action humanitaire qui répond non seulement aux critères des droits de l’homme mais aussi de la morale.

Oui, Alain Juppé a parlé d'un «investissement sur l'avenir.» Mais en fait vous êtes trop prosaïque parce que je ne crois pas qu’il parlait de contrats pétroliers ni de contrats de »reconstruction » (oui, une spécialité de l’Occident est la reconstruction de ce qu’il a détruit). Il voulait parler du surcroît de richesse spirituelle et morale que le rôle de la France allait lui valoir et du nouveau rayonnement des valeurs universelles que porte la France.

C’est-y-pas beau ?

Un calcul électoral de la part de certains dirigeants politiques comme Cameron, Obama ou Sarkozy ainsi que le suggère le Daily Mirror ?
Une thèse étayée par les tous récents propos de François Fillon qui
a regretté dimanche au Campus UMP à Marseille la "relative indifférence qui a entouré le succès" de la diplomatie et de l'armée françaises en Libye.
"Ce qui est sûr, c'est que si Nicolas Sarkozy n'avait pas eu l'audace de sauver Benghazi, le carnage aurait eu lieu et l'honneur de la communauté internationale aurait été bafoué", a jugé le Premier ministre.
François Fillon parle d’honneur, on va croire qu’il sait ce que c’est ! S’il avait lu Hannah Arendt, François Fillon aurait compris que les victoires dans les guerres impérialistes suscitent rarement un élan populaire en faveur de ceux qui les commanditent.

Maintenant, voyons d’un peu plus près ce qu’il en est des principes chez ceux qui se sont coalisés contre le régime de Mouammar Kadhafi, en foulant aux pieds la lettre et l’esprit de la résolution 1973 de l’ONU.
Vos journaux parlent d’une opération réalisée par le gouvernement britannique afin de contourner l’embargo onusien sur la Libye qui interdisait aux « rebelles » de se procurer le carburant indispensable aux véhicules de combat et de transport. Ce contournement était en tant que tel une violation en toute connaissance de cause du droit international

Le Figaro et Le Monde vous parlent en détail de cette opération secrète.menée sous la houlette d’Alan Duncan, un ministre dont je vous avais parlé au sujet de la fermeté de ses principes. Seul le journal Le Monde apporte les précisions suivantes sur la compagnie Vitol :
Certes, les arrière-pensées de relations publiques n'étaient pas absentes après une série de scandales qui ont terni l'image de Vitol (en 2008, l'organisme américain de régulation des marchés à terme avait classé Vitol comme un spéculateur et non plus comme un intermédiaire commercial)
Ce journal qui s’inscrit lui aussi dans la démarche propagandiste au service des buts de guerre en Libye, en dit pourtant soit trop, soit pas assez..
Le Daily Mirror, nous en dit beaucoup plus, aussi bien sur la compagnie Vitol que sur le ministre Alan Duncan.

Après avoir lu l’article, je me suis dit que décidément Mouammar Kadhafi n’avait pas su s’y prendre avec les politiciens Occidentaux et qu’il avait omis de mettre à disposition quelques éphèbes locaux. Il est vrai que dans les monarchies, on sait beaucoup mieux faire sous cet aspect. Et soyez certain que des Alan Duncan, ce n'est pas ce qui manque dans les pays coalisés.

Par Ryan Parryn Daily Mirror (UK) 3 septembre 2011 traduit de l'anglais par Djazaïri




Alan Duncan, député et ministre conservateur Britannique


Sous le feu de la critique, le ministre conservateur Alan Duncan faisait face hier à des pressions croissantes au sujet de son rôle secret dans un accord pétrolier d’une valeur d’un milliard de dollars pour un vieil ami.

Le ministre du Département pour le Développement International a secrètement négocié un accord lucratif entre la société pétrolière Vitol et les rebelles.
On a su hier soir que M. Duncan avait auparavant fait partie du personnel de l’entreprise, empochant 1 750 £ par jour.
Ses liens étroits avec Vitol et son chef Ian Taylor sont apparus au microscope par rapport à un accord pour couper l’approvisionnement en carburant des troupes du colonel Kadhafi et assurer d’énormes profits à Vitol.

Nous avons aussi appris que M. Taylor, qui est un contributeur financier du parti conservateur, avait payé des dizaines de milliers de livres sterling au cabinet privé de M. Duncan.
Des questions plus graves ont été soulevées  sur le maintien des relations entre ce député âgé de 54 ans et le milieu interlope du négoce international de pétrole.
Avant d’entrer en politique, M. Duncan s’était fait beaucoup d’argent en décrochant des contrats pour acheter et vendre de grandes quantités « d’or noir », et en le transportant à travers le globe sur une flotte de bateaux pétroliers affrétés.
Pendant une vingtaine d’années, il a évolué dans des milieux qui étaient mêlés  à des contrats douteux avec des dictateurs, des criminels de guerre et des gouvernements corrompus. Le passé d’aventurier du pétrole du député soulève un énorme point d’interrogation sur son dernier projet et a suscité des appels à une enquête du gouvernement.

Sur fond «d’énorme conflit d’intérêt, » l’ancien ministre de la défense, Bob Ainsworth, a exigé hier qu’Alan Duncan divulgue tout les détails sur cette opération secrète
M. Ainsworth, un député travailliste, et membre de la commission des affaires étrangères, a déclaré qu’il était “essentiel” de tout savoir sur la cellule du pétrole libyen, une organisation mise en place par M. Duncan qui a en définitive profité à Vitol.
Il a affirmé: « Il importe que nous trouvions des voies adéquates pour enquêter à fond sur ce sujet. Il est inacceptable que ce genre de choses se passe à huis clos. »

Et hier soir, Douglas Alexander, ministre des affaires étrangères du cabinet fantôme, a déclaré : « Les ministres du gouvernement devraient consacrer leur temps à agir de manière impartiale pour l’intérêt national du Royaume Uni, pour aider le peuple libyen plutôt que de faire des déclarations grandiloquentes sur leur propre rôle et leur expertise. » De 1982 à 1988, M. Duncan, formé à Oxford, a travaillé pour Marc Rich, un négociant Américain de matières premières très controversé.
M. Rich avait été inculpé sur l’accusation de commerce illégal avec l’Iran et pour évasion fiscale, ce qui avait obligé l’Américain à vivre en Suisse parce que ce pays n’avait pas d’accord d’extradition avec les Etats Unis.
Il avait été finalement gracié pendant la dernière semaine du mandat de Bill Clinton.(grâce à l’intercession du délinquant Ehud Barak).

M. Duncan, alors qu’il travaillait pour M. Rich, avait été impliqué dans une opération complexe pour contourner les sanctions de l’ONU contre l’Afrique du Sud de l’apartheid, selon un journal en 2001.
Le ministre a rejeté ces allégations qu’il qualifie de “malveillantes et fausses », affirmant qu’un exemplaire des documents sur l’accord lui avait été adressé par erreur.
Il a créé le cabinet Harcourt Consultants après la fuite de M. Rich des Etats Unis.
Il gagnait environ 400 000£ par an – et se vantait de s’être fait 1 million de £ pendant la guerre du Golfe en vendant du pétrole au Pakistan, entre 1988 et 1992.

A la même époque, M. Duncan mettait le pied en politique, et était élu à la chambre des Communes en 1992.
Après plusieurs postes mineurs dans le gouvernement de John Major, il joua un rôle essentiel dans l’accès de William Hague à la direction du parti Conservateur en 1997.
M. Duncan devint ministre du commerce et de l’industrie dans le cabinet fantôme dirigé par David Cameron.
Mais il maintint des liens très étroits avec ses vieux amis de l’industrie pétrolière.
En 1993 encore, alors qu’il était dans la vie politique depuis un an, M. Duncan s’était trouvé mêlé à un contrat pétrolier de plusieurs millions de £ dont l’illégalité présumée avait entraîné une enquête criminelle.

En 2001, on avait appris que  le gouvernement pakistanais enquêtait sur une énorme cargaison de pétrole livrée en 1993, quand Vitol avait vendu 280 000 tonnes de pétrole « contaminé » à la société publique d’électricité de ce pays.
M. Duncan était un consultant rémunéré par Vitol à l’époque et il s’occupait principalement de ses opérations au Pakistan.
En 1994; le gouvernement pakistanais avait lance une enquête sur ce scandale. Elle sera abandonnée par la suite.
Rien ne permet de laisser entendre que M. Duncan ou Vitol aient agi de manière irrégulière ou illégale.

Son amitié avec Vitol, plus spécialement avec le patron de la compagnie, M. Taylor ; se poursuivra les 17 années suivantes.

M. Taylor a donné plus de 200 000£ au Parrti Conservateur, dont une bonne partie s’est retrouvée directement sur le bureau [parlementaire] de M. Duncan. M. Duncan a toujours soutenu ne pas être au courant que l’argent de son bureau venait de M. Taylor.
Le député n’était certes pas perturbé par les controverses régulières autour de Vitol.
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Entre avril 2008 et avril 2009, Duncan, alors ministre du cabinet fantôme, était payé 35 000£ par an pour 20 jours de travail – 1 750 £ par jour – au service d’Arawak Energy, une société de prospection pétrolière avec des intérêts en Russie, en Azerbaïdjan et au Kazakhstan.
La société, qui a des bureau à St James, à Londres, appartient en partie à Vitol.
M. Duncan était entré à Arawak comme administrateur non exécutif, seulement quelques semaines après que cette entreprise canado-britannique ait levé des capitaux par une introduction à la bourse de Londres.
A la même époque, M. Duncan gagnait également 45 000 £ par an avec le société technologique basée à Los Angeles Catalytic Solutions.

M. Duncan -qui avait dit une fois qu’il aurait été « super-riche » s’il avait continué à travailler dans le secteur pétrolier – a démissionné de ses deux fonctions en 2009 et son cabinet de consultant avait aussi cessé ses activités.
Une démarche effectuée après que David Cameron ait exigé un contrôle sur les intérêts extérieurs des ministres du cabinet fantôme. Mais la persistance des liens lucratifs de M. Duncan avec Vitol avaient causé plus de soucis, notamment  quand des contrats pétroliers douteux ont été évoqués par les media.
Des documents montraient qu’il avait signé un contrat avec la compagnie serbe Orion pour vendre du pétrole à l’ex Yougoslavie.

En 2007, Vitol avait plaidé coupable de “vol qualifié” devant un tribunal des Etats Unis et avait été condamnée à une amende de 17 millions de dollars pour avoir payé 13 millions de dollars de dessous de table au gouvernement de Saddam Hussein pour faciliter l’obtention de contrats pétroliers.

L’éloquent M. Duncan a l'oreille des magnats du pétrole super-riches, particulièrement ceux du Moyen Orient, depuis une vingtaine d’années.
Ce politicien, ouvertement homosexuel [gay] avait même proposé le mariage à son compagnon, James Dunseath, le jour de la Saint Valentin alors qu’ils séjournaient à Oman.

Ses liens avec cette riche nation pétrolière se sont tissés par son travail et il manqué rarement de passer le nouvel an là-bas en tant qu’invité du sultanat. Ces dix dernières années, il a passé plus de 100 jours à vivre dans le luxe à Oman. Les frais sont à la charge du gouvernement du sultan qui lui a offert cinq montres, trois paires de boutons de manchette, une cafetière traditionnelle omanaise et un encensoir.

Duncan a toujours rejeté l’idée selon laquelle il y a quelque chose d’anormal dans ses relations avec le régime omanais mais, une fois encore, elles soulèvent la question de savoir comment il peut rester impartial quand il négocie des contrats pétroliers pour le compte du gouvernement britannique.

Hier soir, le député travailliste John Speller a déclaré: “Il est curieux qu’il ait gardé des liens aussi forts avec ces compagnies qui ont eu régulièrement des démêlés avec la loi. Cela soulève de graves problèmes de jugement. »
Les Etats Unis doivent transférer 300 millions de dollars d’avoirs libyens bloqués au Vitol Group pour payer le carburant livré aux rebelles.

On rapporte que Vitol a acheté deux cargaisons de pétrole brut au Conseil National de Transition, l’organisation qui chapeaute les rebelles, tout en fournissant environ 20 chargements de pétrole raffiné.

Duncan a affirmé avec force qu’il n’y a pas eu de conflit d’intérêt dans son rôle avec la cellule du pétrole libyen et il a explique que ses liens avec l’industrie pétrolière sont connus et déclarés.