vendredi 8 janvier 2010

Quelques centaines de millions de terroristes Musulmans

Dans la mise en garde contre le danger posé par le terrorisme dit islamique, le djihad global dans le vocabulaire des milieux néoconservateurs, la coutume est de préciser que ce danger lié à l'islamisme radical ne doit pas donner lieu à amalgame avec l'ensemble des Musulmans qui sont majoritairement pacifiques ou du moins "modérés." Un musulman modéré étant celui qui accepte la dictature quand elle convient à l'Occident et se satisfait des ingérences de ce même Occident.
 Quel Musulman ne se sentirait-il pas rassuré par le fait qu'on se garde de le mettre, lui, dans la minorité des perturbateurs et des fanatiques dangereux?
Très bien, mais qu'est-ce que veulent dire dans la bouche de ces politiciens et autres spécialistes les termes 'majoritairement,' 'dans leur grande majorité' etc.?
En fait il ne s'agit de rien d'autre qu'une déclaration hypocrite qu'on contredit généralement immédiatement après l'avoir faite.
Comme on peut le constater dans une déclaration publique, sur Fox News, faite par Ed Koch, l'ancien maire de New York et sur laquelle le site TPM attire notre attention.
Dans la séquence ci-dessous, l'ancien maire qui réagit à tentative d'attentat d'Umar Farouk Abdulmutallab (surnommé aux Etats Unis 'underbomber' en référence à la dissimulation d'explosifs dans son slip) explique que :

Bien sûr, l'immense majorité des Musulmans, ils sont 400 millions, ne sont pas des terroristes. Mais il y en a des centaines de millions qui le sont. Ils veulent tuer tous les Chrétiens, tous les Juifs, tous les Hindous qui ne veulent pas se convertir. Et on doit en parler.


Le chiffre de 400 millions m'a interloqué. En effet les statistiques donnent un peu plus d'un milliard de Musulmans dans le monde. Se pourrait-il qu'Ed Koch se trompe à ce point sur le nombre de Musulmans dans le monde? Il est effectivement possible que ses sources de la hasbara l'aient induit en erreur. L'autre possibilité est qu'il voulait dire que sur l'ensemble des Musulmans, 400 millions ne seraient pas, selon lui, des terroristes. Si c'est la bonne éventualité, alors d'après Ed Koch, c'est en fait la majorité des Musulmans qui doit être classée dans la rubrique terrorisme.

Quoi qu'il en soit, l'estimation à plusieurs centaines de millions du nombre de terroristes islamofascistes évoque plus une guerre de civilisations qu'une simple guerre contre le terrorisme.
D'autant que les cibles de ces islamofascites sont dans l'ordre: les Chrétiens (tous), les Juifs (tous), les Hindous (tous).
Il est d'ailleurs intéressant de voir comment cette petite liste correspond tout à fait aux préoccupations actuelles du sionisme. En dehors de l'entité sioniste, les Juifs sont surtout présents dans des pays Chrétiens, priés de déclarer la guerre à l'Iran. Tandis que l'Inde est un pays dans lequel le sionisme met beaucoup d'espoirs en sa qualité de puissance de premier plan de demain.
Curieusement, ces trois acteurs semblent avoir été impliqués dans l'attentat manqué du vol 253: les Etats Unis puissance chrétienne (selon Bush), le sionisme en tant que représentant auto-proclamé du judaïsme (avec la société basée à Tel Aviv chargée d'assurer la sécurité, ou plutôt, l'insécurité à l'aéroport d'Amsterdam et l'hindouisme en la personne de ce monsieur "bien habillé" qui a aidé l'underbomber Nigérian à embarquer sans encombre dans l'avion à destination de Détroit.

Cette propagande sioniste est vraiment lourdingue mais d'une certaine efficacité cependant, au moins aux Etats Unis, grâce à son rabâchage sur certaines chaînes de télévision où certains journaux. Gardons en mémoire aussi que quand la presse parle d'émotion de l'opinion etc., elle parle avant tout des réactions de ses confrères et des politiciens amenés à intervenir dans la presse. Et ceci dans un contexte où la pluralité de la presse et des médias s'avère de plus en plus relever de la fiction.
Si on prend par exemple la menace iranienne, sa représentation se construit d'abord dans les cercles autorisés des politiques et des médiats pour être présentée à une opinion à qui on assure que ce sont ses sentiments dont la fameuse presse parle. Le plus difficile étant de créer le climat émotionnel, la peur, le plus favorable à l'émergence des opinions recherchées que des sondages judicieusement élaborés et réalisés aux moments opportuns viendront confirmer. Le site Les Mots sont Importants vous propose un certain nombre d'exemples de construction de l'opinion dans une démocratie moderne, la France en l'espèce.

jeudi 7 janvier 2010

Vol 253 - Umar Farouk Abdulmutallab, Barck Obama, FBI, CIA... Tous des nuls?

Les journaux français ne veulent pas vous informer. Il faut pourtant bien que quelqu'un le fasse, alors je me dévoue.
L'attentat raté contre le vol 253 a fait couler beaucoup d'encre et été à la source d'un pseudo-débat sur la sécurité dans les transports aériens. Vous connaissez tous ces éléments et vous avez pu lire ici ou quelques éléments de nature à jeter plus que l'ombre d'un doute sur les tenants et aboutissants de cette affaire.
Le fiasco des services de renseignements occidentaux, US en particulier, a été pointé du doigt avec insistance: que savait-on au juste d'Umar Farouk Abdulmutallab et de ses plans. Apparemment beaucoup et certainement plus qu'il n'en savait lui-même.
Alors qu'au début de cette affaire on s'accordait à parler de difficultés dans les échanges d'informations entre les différents services de sécurité, et qu'on affirmait ignorer absolument l'existence d'un plan précis et à fortiori l'existence d'un danger imminent, voilà maintenant qu'on nous serine une autre chanson.

On peut ainsi lire dans le Los Angeles Times:
Une nouvelle information montre que des agents de la police de l'air et des frontières avaient découvert des liens suspects avec l'extrémisme du Nigérian Umar Farouk Abdulmutallab dans une base de données en dépit des défaillances des services de renseignements qui ont été critiquées par le président Obama.
"A Détroit, on était prêt à le soumettre à une seconde inspection," a déclaré un haut fonctionnaire des forces de l'ordre. "La décision avait été prise. Elle [la base de données] renseignait sur la préoccupation du Département d'Etat vis-à-vis de ce type - que ce type pouvait avoir été en relation avec des éléments extrémistes au Yémen." Si cette information avait été décelée plus tôt, elle aurait pu déboucher sur la fouille et l'interrogatoire d'Abdulmutallab à l'aéroport d'Amsterdam, selon de hauts fonctionnaires des services de sécurité qui ont tous requis l'anonymat à cause du caractère sensible de l'affaire.
On notera simplement que pour qu'il y ait un deuxième contrôle du suspect, encore  eût-il fallu qu'il y en ait eu un premier. Or, nous savons que tel ne fut pas le cas.
On attend que les mêmes services américains passent enfin aux aveux et admettent qu'ils connaissaient la nature du dessein du terroriste présumé avant même l'embarquement à l'aéroport d'Amsterdam. On peut rêver.
Car si les services de sécurité, désormais sur la défensive, se cherchent des excuses auprès d'un président qui les a fustigés, ils ne vont quand même pas avouer avoir laissé délibérément un terroriste embarquer sur un avion à destination des Etats Unis.
Certes non, car si on en croit la Maison Blanche, la police de l'air et des frontières de Détroit n'avait pas de motif particulier de s'inquiéter car:
La Maison Blanche rejette le contenu d'un article du Los Angeles Times de mercredi selon lequel la police de l'air et des frontières avait pris connaissance des liens allégués du suspect avec l'extrémisme alors qu'il était en route. "Comme nous l'avons indiqué auparavant, il y avait des éléments d'informations disponibles sur Abdulmutallab à divers niveaux du système avant le 25 décembre. Aucune nouvelle information n'est apparue alors que l'avion était en vol," a déclaré un officiel de l'administration.
La Maison Blanche oppose ici un double démenti. Le premier concerne le caracère préoccupant des informations recensées dans la base de données des services de sécurité (pas d'éléments nouveaux susceptibles d'élever le niveau d'alerte). Le deuxième concerne la réalité même des préparatifs d'interpellation envisagés par la police de l'aéroport de Détroit.

Qui ment? Qui dit vrai?
J'ai mon idée comme vous l'aurez compris, mais à vous de juger.

mercredi 6 janvier 2010

Pourquoi le terroriste du vol 253 n'avait-il pas subi un contrôle par scanner corporel à l'aéroport dAmsterdam?

L'attentat raté contre le vol 253 reliant Amsterdam à Détroit aux USA, s'il a été un fiasco pour le terrorisme international, n'en est pas moins un événement marquant pour les Etats Unis et donc pour le monde.

Je ne crois bien entendu pas à la revendication tombée à point nommé d'al Qaïda. D'abord pour des raisons techniques: je ne comprends pas comment une organisation accusée d'avoir précipité un avion sur le Pentagone et deux autres sur les tours jumelles de New York le 11 septembre 2001 se réorienterait ves des modalités d'action aussi rudimentaires: un pauvre garçon avec une petite quantité d'explosifs dissumulée dans son slip.

Ensuite en raison du témoignage désormais passé à la trappe de Kurt Haskell, un passager de ce vol, qui raconte comment le terroriste présumé a pu éviter les contrôles à l'embarquement grâce à l'intervention d'un tiers.
Et je ne reviendrai pas sur l'alerte donnée par le propre père du terroriste présumé.

Maintenant, on a bien vu comment la diplomatie des Etats Unis entend exploiter cette affaire en accroissant son ingérence dans un Yémen dont le gouvernement semble un peu effrayé par la tournure des événements. Car après tout, les autorités du Yémen n'ont eu de cesse d'alerter sur le danger représenté chez eux par la présence de cellules d'al Qaïda. Al Qaïda est, dans les pays arabes, le nom générique que donnent les régimes en place à leurs opposants un peu pugnaces; ou parfois tout simplement à des organisations de pur brigandage.

Mais il y a plus, car l'attentat raté donne l'occasion à ceux dont c'est le métier, ou parfois la responsabilité (voire les deux) de plaider avec énergie pour la mise en place dans les aéroports de contrôles obligatoires avec des scanners corporels perfectionnés. Mesure qui avait été rejetée un peu partout, en Europe comme aux Etats Unis.

D'ailleurs si Umar Farouk Abdulmutallab n'était pas passé par un contrôle scanner à l'aéroport d'Amsterdam (en dehors de l'intervention d'un bienfaiteur de l'humanité), c'est tout simplement parce que l'aéroport hollandais ne pratiquait pas ces contrôles sur les voyageurs à destination des Etats Unis.

Et pourquoi donc?

Parce que, peut-on lire dans Business Week:

"Les responsables de cet aéroport n'utilisaient pas les scanners sur les passagers à destination des Etats Unis à la demande des officiels US qui étaient préoccupés par [le respect de] la vie privée des Américains."
Les mêmes autorités US qui demandent aujourd'hui des scanners partout et d'aucuns voient là une occasion en or de faire taire l'opposition de nombreux citoyens et organisations, ainsi que celle de nombreux élus de tous bords à la mise en place de ce genre de contrôles.!

Troublant, n'est-ce-pas?

Michel Chertoff, ancien responsable de la sécurité intérieure sous Bush junior, n'est pas le dernier à donner de la voix en faveur des scanners corporels. Il est vrai que ce sioniste convaincu, est aussi convaincu de son intérêt pécuniaire dans cette affaire puisqu'il utilise son passé de haut responsable de la sécurité aux USA pour vanter ces appareils dont, heureux hasard, il se trouve représenter commercialement l'un des constructeurs. (Y'en a vraiment qui ont du flair!)

Chertoff qui s'est recyclé dans les affaires liées à la sécurité est un bon exemple de l'émergence d'un nouveau type d'activité industrielle qui tire profit de l'externalisation par les Etats d'un certain nombre d'activités qui ont longtemps été considérées comme des prérogatives régaliennes. Il s'agit parfois de véritables empires "industriels", dont Blackwater est l'exemple le plus connu. Issus de rapports incestueux entre le monde des affaires et celui de la politique, cette évolution ne peut pas ne pas être sans conséquence sur la politique des Etats.

lundi 4 janvier 2010

Dans quel pays peut-on dire publiquement "Hitler avait raison"?

La réponse nous est apportée par les animateurs de Jews sans frontières qui suivaient une manifestation à Jérusalem le 25 décembre 2009.

Ce que vous voyez, ce sont des passants qui réagissent à une manifestation de Juifs contre les expulsions de familles palestiniennes du quartier de Cheikh Jarrah à Jérusalem. Ils crient "Hitler avait raison", expriment leur regret que les manifestants n'aient pas été exterminés, et font le salut nazi.






C'est plus compliqué qu'il n'y paraît pour ceux qui connaissent mal la sociologie isréelienne. Ces deux Israéliens, des Juifs d'origine arabe, identifient les manifestants comme étant des Juifs Ashkénazes (d'origine européenne), et leurs propos se veulent des insultes contre les Ashkénazes. En Israël, les Juifs d'origine arabe ont été systématiquement discriminés et opprimés depuis la création de l'Etat. La grande réussite du parti travailliste dominé par les Ashkénazes fut d'associer la paix avec les Palestiniens à une intensification du racisme contre les Juifs d'origine arabe. Ceci est le fruit immonde de cette réussite.
Je me demande si l'Anti Defamation League (ADL ,équivalent américain de la LICRA) aura quelque chose à dire à ce sujet. Je n'y crois pas trop.

PS: Ils crient aussi des insultes contre Yossi Beilin, l'architecte des accords d'oslo avec qui les manifestants ont en réalité peu en commun. Je suis d'accord avec ces insultes là.

dimanche 3 janvier 2010

Kalvarisky, ou les problèmes de conscience d'un spoliateur

Dans leur majorité, les sionistes, comme beaucoup de délinquants, vivent en paix avec leur conscience: voler, assassiner ne sont des problèmes moraux pour eux que dans la mesure où quelqu'un, c'est-à-dire leur victime, les "oblige" à le faire. C'est tout le drame de la "conscience" sioniste que rend l'expression "Tuer et pleurer." Golda Meir avait formulé ce pseudo-drame de conscience de manière moins elliptique en accusant les Arabes de les obliger, eux sionistes, à tuer leurs enfants tant il est "vrai" que les Palestiniens sont allés chercher les colons sionistes en Roumanie, en France ou en Pologne pour les soumettre à ce cruel dilemme.

Il est cependant arrivé que des sionistes éprouvent de réelles difficultés avec leur concience et cela semble avir été le cas d'un certain Haim Margaliot Kalvarisky, agronome de son état, qui était missionné pour acheter des terres aux Arabes en vue de les livrer à la colonisation.
Dans le texte que je vous propose, on nous montre une personne qui semble réellement souffrir de participer à ce qu'elle-même appelle la dépossession (qu'on peut traduire aussi par spoliation) des paysans Palestiniens.

Vous me direz que ces terres sont légalement achetées, en quoi peut-il être question de "dépossession"? Simplement parce que ces terres ne sont pas achetées aux payasans considérés qui n'en sont souvent que les métayers ou les fermiers, parfois depuis plusieurs générations, mais à de gros propriétaires absentéistes. Et que non seulement la cession de la terre entraîne l'exclusion des paysans indigènes, mais une terre devenue "juive" ne pourra ultérieurement être cédée à un non Juif.

On remarquera aussi qu'acheter une parcelle de terre ne signifie pas normalement qu'elle en vienne à acquérir un statut d'extra-territorialité: ainsi si demain vous achetez un lopin de terre dans le Cantal, vous auriez quelques problèmes avec les pouvoirs publics si vous le proclamiez en tant que partie d'un territoire désormais non soumis aux lois de la république française (c'est la principale différence entre immigration et colonisation).
Kalvarisky n'a rencontré, dans sa tentative désespérée de trouver une issue satisfaisante pour tous, qu'indifférence et méfiance auprès de l'establishment sioniste. On comprend pourquoi.


par Abigail Jacobson, Haaretz (Sionistan) 31 déc. 2009 traduit de l'anglais par Djazaïri

Malheureusement pour la mémoire d'Haim Margaliot Kalvarisky (1868 – 1947) – qui achetait des terres en Galilée pendant l'époque pré-étatique pour le compte de la Jewish Colonization Association – la discussion sur sa vie s'est récemment passé de la rubrique culturelle des journaux au tribunal. La famille de Kalvarisky a décidé de poursuivre en justice l'écrivain Alon Hilu pour avoir, selon elle, rendu compte de manière déformée de la personnalité de son proche dans son roman « Ahuzat Dajani » ('LaMaison Dajani'). La dispute entre les Kalvariskys et Hilu soulève naturellement certaines questions fondamentales sur le degré de liberté qu'un auteur peut prendre dans une fiction historique;elle offre aussi, cependant, une opportunité de sauver de l'oubli une figure historique qui a été quelque peu oubliée, et pas par accident.

Kalvarisky est né en Pologne en 1867 et est venu en Eretz Israël en 1895. Agronome de formation, il a passé de nombreuses années à manager des communautés agricoles en Galilée. Une partie de son travail consistait à acheter des terres aux habitants Arabes de la région pour y développer la colonisation juive,mais diverses sources, dont de nombreuses trouvées dans les Archives Centrales Sionistes – indiquent clairement qu'il a sincèrement et profondément ambivalent au sujet de la relation du mouvement sioniste avec les Arabes. En 1919, il devint le principal agent de liaison du mouvement avec les dirigeants Arabes et fonda même « l'Arab National Society, » qui était financée par le mouvement sioniste dans le but de contrebalancer les activités des dites organisations islamo-chrétiennes qui s'opposaient au sionisme dans les premières années du mandat britannique sur la Palestine.

Finalement, Kalvarisky devint un des principaux militants de l'organisation Brit Shalom qui plaidait pour la promotion de la compréhension mutuelle entre Juifs et Arabes en Palestine.

Dans la mémoire collective palestinienne, Kalvarisky est perçu comme un agent sioniste qui a persuadé, parfois par la corruption, des Arabes de vendre leurs terres aux Juifs. En revanche, sa personnalité a pratiquement disparu de la mémoire collective sioniste, peut-être à cause de son engagement ultérieur dans Brit Shalom. Mais la distinction binaire entre le « collaborateur sioniste » et un homme qui refuse de se conformer à l'idéologie sioniste est trop simpliste, et elle ne rend pas justice à la personnalité complexe de Kalvarisky qui, encore jeune, était conscient de l'accroissement des tensions entre Juifs et Arabes en Palestine.

En 1919, à l'invitation du prince Hachémite Fayçal, Kalvarisky présenta au Congrès Général Syrien un plan pour un accord judéo-arabe. Le plan contenait ses points à première vue contradictoires. Dans sa première partie, Kalvarisky déclare que « La Palestine est la patrie de tous ses citoyens:Musulmans, Chrétiens et Juifs sont tous citoyens avec des droits égaux. »

La seconde partie reprend l'esprit de la Déclaration Balfour et reconnaît la Palestine comme le foyer national du peuplejuif qui a besoin d'un territoire afin de réaliser ses aspirations nationales et culturelles. Cependant, poursuit Kalvarisky, aucune religion ne doit avoir de prééminence en Palestine, et les membres de toutes les confessions doivent avoir un statut égal et ne pas faire l'objet de discrimination. Selon ce concept, l'immigration juive en Palestine ne devait pas être soumise à restriction parce qu'aussi bien le capital que la main d'oeuvre juifs étaient profitables au territoire – et à ses habitants (Central Zionist Archives document A113/1).

Adopté dans son principe par le Congrès Syrien, le plan de Kalvarisky reflète les contradictions internes auxquelles il a été confronté. D'un côté, il acceptait l'esprit de la Déclaration Balfour; de l'autre, il appelait à l'égalité pour tous les habitants de la Palestine. Pourtant Kalvarisky lui-même ne semble pas avoir pensé que son plan était contradictoire en soi. Quand il le présenta au comité intérimaire sioniste [la représentation politique provisoire de la communauté juive pré-étatique] en juin 1919, il soutint que « l'accord judéo-arabe n'exigeait pas de nous d'abandonner quoi que ce soit de notre programme fondamental. Eretz Israël devra être notre foyer national, l'hébreu devra être reconnu comme langue de ce territoire à côté de l'arabe..? L'immigration juive et la colonisation devront être complètement libres... Et en même temps, nous ne devons pas ignorer les besoins de nos voisins. Parce que nous ne devons pas construire notre foyer national sur la destruction de celui des autres. Si nous suivons cette règle – que nous ne devrions pas faire aux Arabes ici ce que nous ne voulons pas que les Gentils nous fassent dans la diaspora – je suis sûr que cet accord avec les Arabes peut entrer dans les faits et sera une bénédiction pour nous. » (CZA 8777/J1, pgs. 108-109).

La 'question arabe'

L'expression la plus claire de l'ambivalence de Kalvarisky quant à son rôle dans le mouvement sioniste peut s'observer dans les tout premiers moments de la session de ce même comité. Débutant avec une touche personnelle, Kalvarisky expliqua comment sa propre histoire personnelle avait contribué à sa prise de conscience de la « question arabe: » « La question des Arabes m'est apparue dans toute sa gravité dès le premier achat de terre que j'ai effectué ici, quand j'ai eu pour la première fois à me confronter au fait de déposséder des habitants Arabes de leur terre pour permettre à nos frères de s'y établir... J'ai alors vu à quel point le bédouin est attaché à sa terre. Pendant mes 25 ans de travail de colonisation, j'ai dépossédé de nombreux Arabes de leurs terres et vous comprenez que ce travail – déposséder des gens de la terre où ils, et peut-être leurs ancêtres, sont nés – n'est pas du tout quelque chose de facile, spécialement quand le spoliateur ne considère pas les spoliés comme un troupeau de moutons mais plutôt comme des personnes avec un coeur et une âme.

« Je devais pratiquer ces dépossessions parce que le Yishouv [la communauté juive pré-étatique] l' exigeait de moi,maisj'ai toujours essayé de les faire en douceur de sorte à ce que le dépossédé ne le ressente pas trop durement...J'ai aussi essayé de faire en sorte que le dépossédé ne quitte pas sa terre les mains vides et de m'assurer que les effendis – qui étaient toujours les pourvoyeurs, les intermédiaires entre acheteurs et vendeurs – ne les volent pas... Dès le début de mon travail ici, je suis entré en contact avec les Arabes et la question arabe » (CZA 8777/J1, pgs. 104-105).

Ces lignes pourraient avoir valeur d'exemple de la fameuse maxime israélienne « tuer et pleurer, » et pourtant, personne ne peut ignorer le courage de Kalvarisky quand il utilise le mot « dépossession » : un terme fort et sans ambigüité dans le contexte du débat sur les achats de terres par les sionistes.

En opposition à l'état d'esprit des dirigeants sionistes des débuts de la colonisation juive en Palestine, la personnalité de Kalvarisky apparaît particulièrement fascinante. Elle rejoint celles d'autres, comme les journalistes et militants de Jaffa Nissim Malul et Shimon Moyal qui ont oeuvré pour le mouvement sioniste mais se sont exprimés avec force contre son traitement des Arabes et son refus de reconnaître la « question arabe. » Les écrits, les lettres et les discours de Kalvarisky témoignent de façon répétée de son ambivalence devant sa propre entreprise – des actes immoraux vis-à-vis des Arabes mais aussi une mission à caractère national. Sa vision du problème, aussi naïve qu'elle puisse sembler, reste hautement pertinente par rapport à nombre de dilemmes auxquels la société israélienne doit aujourd'hui faire face.

samedi 2 janvier 2010

Attentat du Vol 253: Obama va-t-en guerre malgré le témoignage obstiné (bientôt désespéré) de Kurt Haskell

Selon le président Obama, c'est bien l'organisation al Qaïda qui est l'instigatrice de l'attentat à la culotte piégée qui visait le vol 253 reliant Amsterdam à Détroit. Peu importe si des signaux susceptibles d'alerter les services de sécurité des Etats Unis sur la dangerosité d'Umar Farouk Abdulmutallab avaient été fâcheusement ignorés par les mêmes services pourtant dûment informés.




Et peu importe surtout, l'insistance de Kurt Haskell, cet avocat qui se trouvait dans l'avion, qui réaffirme avoir vu quelqu'un aider le terroriste à franchir sans trop d'encombre les contrôles douaniers à l'aéroport d'Amsterdam en faisant intervenir le prestataire en matière de sécurité de l'aéroport.



Haskell ne se voit pas comme un conspirationniste (il ne se rend d'ailleurs pas compte qu'il est en train d'élaborer une théorie du complot); il ne comprend tout simplement pas que son témoignage ne soit pas pris en compte et aussi qu'on l'ait laissé, ainsi que les autres passagers, peut-être à la merci d'une autre explosion, soit dans l'avion lui-même, soit dans l'aérogare où les passagers étaient confinés.



Parce que ce jour là, il y a eu deux arrestations et non une seule...



Maintenant, je pense que Haskell devra méditer sur "le pot de terre et le pot de fer," c'est-à-dire sur le poids de la vérité de sa parole opposé à celui de la machine de propagande qui parle par grands organes de presse et politiciens interposés. Car si Haskell ne s'est pas exprimé sur un média marginal (c'est-à-dire qu'il s'est exprimé sur un site web qui a pignon sur rue, n'est ni conspirationniste,ni crypto-communiste où que sais-je encore), sa parole n'a pas eu l'opportunité d'être reprise par d'importants média écrits ou audio-visuels.



Les choses pourraient changer, mais il sera de toutes façons trop tard: le Yémen et al Qaïda ont été pointés du doigt comme l'Irak l'a été hier par la machine politico-médiatique des Etats Unis.


par Aaron Foley
MLive.com (USA) le 31 décembre 2009 traduit de l'anglais par Djazaïri

Suite à une visite d'agents du FBI concernant un témoignage oculaire présenté d'abord sur MLive.com, l'avocat Kurt Haskell, de l'Etat du Michigan, a décrit cette visite dans la section commentaires de Mlive.com ce mercredi.

Haskell et son épouse Lori étaient à bord du vol 253 quand Umar Farouk Abdulmutallab a, présume-t-on, tenté de détruire l'avion. Ils disent qu'un autre homme a essayé d'aider Abdulmutallab à embarquer dans l'avion à Amsterdam.
Haskell a rédigé deux billets détaillés. Voici la première partie:
Aujourd'hui est la deuxième pire journée de ma vie après le 25 décembre 2009 [jour de la tentative d'attentat]. Aujourd'hui j'ai réalisé que mon propre pays me mentait ainsi qu'à tous mes compatriotes. Je m'explique.

Depuis que je suis descendu du vol 253, je répète ce que j'ai vu dans la zone des douanes américaines. Spécifiquement, 1 heure après notre sortie de l'avion, des chiens renifleurs d'explosifs sont arrivés. Pendant tout ce temps, tous les passagers avaient leurs bagages à main avec eux. Quand les chiens renifleurs sont arrivés, un chien a trouvé quelque chose dans le bagage d'un homme de type indien [d'Inde] âgé d'une trentaine d'années.Ce n'est pas l'homme "bien habillé" dont j'avais parlé. J'évoquerai cet homme en parlant de "l'homme en orange." L'homme en orange s'est trouvé tout le temps à environ 6 mètres de moi jusqu'à ce qu'il soit emmené pour être fouillé et interrogé dans une pièce voisine. A ce moment là, il n'était pas menotté. Quand il est sorti de la pièce pour être emmené, il était menotté. A ce moment là, un agent du FBI est venu devant le reste des passagers et a dit ce qui suit (citation approximative) "Vous allez tous être transférés dans un autre secteur parce que celle ci n'est pas sûre. Je suis certain que beaucoup d'entre vous ont vu ce qui vient de se passer (faisant référence à l'homme en orange) et êtes assez intelligents pour lire entre les lignes et comprendre." Nous avons alors quitté la zone de récupération de bagages et marché dans un long couloir. Pendant tout ce temps et jusqu'à notre sortie de la zone douanière, personne à moins d'être un membre de la police ou un passager de notre vol n'a été autorisé à accéder à la zone de notre terminal (voire même tout le terminal). Le FBI était si inquiet pendant cette période que nous n'avions pas le droit d'utiliser les toilettes sans être individuellement accompagnés par un agent du FBI, nous n'étions pas autorisés à boire ou à manger, ni à envoyer des textos ou à appeler quiconque. J'ai répété cette même histoire ces cinq derniers jours. Le FBI a, depuis notre atterrissage, affirmé qu'un seul homme avait été arrêté pour l'attentat contre l'avion (contredisant ma version). Cependant, plusieurs autres passagers se sont manifestés ces derniers jours, ont soutenu mes affirmations et mis la pression sur le FBI et la police des frontières pour qu'ils disent la vérité. Plus tôt dans la journée, j'ai entendu deux différents journalistes dire qu'un service fédéral (le FBI ou la douane) admettait désormais qu'un autre homme avait été placé en rétention (et sera détenu pour une durée indéterminée) vu que notre avion s'est posé pour des "raisons relatives à l'immigration." (règles d'entrée sur le territoire) Notez que cet homme a été placé en "rétention" et non "arrêté", ce qui est un charmant stratagème du FBI pour distordre la vérité sans mentir.

Juste une question, se pourrait-il que cet homme en orange soit dépourvu de passeport?

Cependant, quelques heures plus tard, la police des frontières a changé à nouveau sa version des faits. Cette fois, M. Ron Smith, des douanes, affirme que l'homme qui a été interpellé "a été placé en détention, mais déclare à la presse que cette personne était passager sur un autre vol." M. Ron Smith, vous prenez les Américains pour des imbéciles. Voyons un peu la plausibilité de cette histoire (après que vous l'ayez modifiée à deux reprises). Pour admettre la véracité de votre version, nous devons croire que:

1. Le FBI et la douane laissent des passagers d'un autre vol se mêler aux passagers du vol 253 alors que la plus importante enquête depuis huit ans est en cours. J'ai déjà signalé qu'aucune personne qui n'était pas un passager ou un membre des forces de l'ordre ne se trouvait dans notre secteur pendant tout le temps où nous avons été retenus par les douanes.

2. Le FBI et la douane, tout en retenant les passagers du vol 253 dans le cadre de ce qui est peut-être la plus importante enquête depuis la dernière attaque terroriste [septembre 2001],et malgré qu'ils n'aient laissé aucun passager du vol 253 manger, boire, passer un appel ou utiliser les toilettes, laissent les passagers des autres vols piétiner la zone au risque de contaminer des indices.

3. Il faut croire à ce qui précède (1 et 2) en dépit du fait que pendant ce temps, aucun des autres vols n'a autorisé les passagers à débarquer des avions et que ces derniers ont tous été bloqués sur les pistes pendant au moins la première heure de notre période de rétention.

4. Il faut croire que l'homme qui se trouvait à 6 mètres de moi depuis notre entrée aux douanes venait d'un mystérieux avion qui n'a jamais atterri, a fait débarquer ses passagers et laissé cet homme se faufiler dans notre groupe de passagers en dépit d'une sécurité extrêmement renforcée à ce moment là (i.e. on ne pouvait même pas boire).

5. Le FBI et la douane amenaient de mystérieux passagers venus d'autres vols dans le secteur où on nous retenait pour contaminer les indices et permettre des discussins avec les suspects du vol 253, ou encore pour permettre l'échange de bombes, d'armes ou d'autres dispositifs entre les mystérieux passagers des autres vols et ceux du vol 253.


Sérieusement M. Ron Smith, jusqu'à quel point prenez-vous les Américains pour des idiots?

La troisième version de M. Ron Smith est une plaisanterie absolument improbable. Je vous encourage, M. Ron Smith, à débattre publiquement avec moi où et quand vous voudrez pour que le peuple américain voie qui est crédible et qui ne l'est pas.

Je pose la question, cette version n'est-elle pas plus plausible:

1. La police des frontières et le FBI ont réalisé avoir merdé et ne veulent pas reconnaître avoir laissé les passagers du vol 253 pendant 20 minutes sur le tarmac dans un avion où se trouvait une bombe.

2. La police des frontières et le FBI ont réalisé avoir merdé et ne veulent pas reconnaître avoir laissé les passagers du vol 253 dans la zone de douanes pendant 1 heure avec une bombe dans un bagage à main

3. La police des frontières et le FBI ont réalisé que l'homme en orange renvoie à quelque chose de plus vaste que la théorie du terroriste isolé qu'ils défendent.


M. Ron Smith, je vous encourage à sortir de votre petit bureau et à venir avec une version 4 plus crédible de votre histoire.

Haskell a poursuivi ses commentaires dans un autre billet sur MLive.

Ces cinq derniers jours, j'ai relaté mon histoire sur "l'homme bien habillé." Pour ceux qui n'ont pas lu mon témoignage, il implique un "Indien" élégamment vêtu qui négociait avec un agent du comptoir d'embarquement pour laisser un supposé "réfugié Soudanais" (le terroriste) monter dans le vol 253 sans passeport. Je n'ai aucune idée de comment les choses se sont goupillées sauf à constater que le soit disant "réfugié Soudanais" a embarqué par la suite dans mon vol et qu'il a essayé de le faire sauter et de me tuer. A aucun moment mon récit ne laissait entendre , où même considérait comme important, le fait que le terroriste dispose ou non d'un passeport. L'important dans mon récit était et reste la tentative (réussie apparemment) par le complice d'un terroriste, présentant toutes sortes de caractéristiques de nature à donner l'alerte, de contourner les procédures normales de vérification de passeport à l'embarquement à Amsterdam. En passant, les services de sécurité d'Amsterdam se sont manifestés l'autre jour pour admettre que le terroriste n'avait pas eu à "passer par les procédures normales de contrôle de passeport."

Messieurs des services de sécurité d'Amsterdam, SVP, expliquez à l'opinion américaine ce qu'est une "procédure norme de contrôle de passeport à l'embarquement."

Voyez-vous, le FBI voudrait que l'opinion américaine pense que ce qui était important était de savoir si le terroriste avait effectivement un passeport.

Réfléchissez-y sérieusement. On a un auteur d'attentat suicide qui se trouvait récemment au Yémen spécialement pour préparer un attentat, que le père a signalé en tant que terroriste, qui était supposé se trouver sur une sorte de liste de terroristes présumés aux Etats Unis, et qui savait probablement que les Etats Unis étaient au courant de sa dangerosité. Pourtant, il n'est pas passé par la "procédure normale de contrôle de passeport." Qu'est-ce que cela signifie? Peut-être a-t-il exhibé en coulisses son passeport à une sympathique responsable de la sécurité pour éviter un examen plus précis des signaux d'alerte. Qu'importe s'il avait un passeport. Ce qui importe, c'est qu'il ne voulait pas le présenter et d'une manière ou d'une autre a évité un contrôle plus serré et "la procédure normale de vérification du passeport." Chaque passeport comporte un code barre qui peut être scanné pour fournir un tas d'informations sur la personne. Je parie que le contrôle du passeport du terroriste a omis la lecture de son code barre (qui aurait pu révéler des informations compromettantes sur le terroriste).

Notez SVP qu'il est très facile de vérifier la véracité de mon premier récit sur "l'homme bien habillé." La police hollandaise a reconnu avoir visionné la vidéo où on voit cet "homme bien habillé" dont je parlais. Notez qu'elle n'a pas été rendue publique. Voyez-vous, si mon témoignage est faux, on peut aisément le prouver en rendant publique cette vidéo. Cependant, la preuve de la véracité de mon témoignage pourrait aussi être attestée si je dis la vérité, et je dis la vérité. Il y a une raison pour laquelle nous avons entendu parler de la vidéo mais ne l'avons pas vue. Autorités hollandaises, "RENDEZ CETTE VIDEO PUBLIQUE!" C'est la plus importante vidéo de ces huit dernières années et elle ne dure peut-être que deux minutes. Montrez l'intégralité de la vidéo et "NE LA TRAFIQUEZ PAS!" L'opinion américaine mérite d'avoir la possibilité d'essayer d'identifier "l'homme bien habillé." Je ne doute pas que si cette vidéo contredisait mon témoignage, elle aurait déjà inondé le web mondial.

Au lieu de la vidéo, nous avons eu une déclaration selon laquelle la vidéo avait été visionnée et que le terroriste avait un passeport. Toutes ces déclarations ont été faites de manière intéressée par le FBI en jouant sur la sémantique et toutes ignorent l'importance de mont premier témoignage sur "l'homme bien habillé." L'important étant que l'homme [le terroriste] a "essayé d'embarquer dans l'avion avec l'aide d'un complice et sans passeport." L'autre point important est que seule la vidéo de surveillance de l'aéroport peut confirmer mon témoignage et qu'elle n'a pas été rendue publique.

Qui décide de l'ordre du jour dans cette enquête et qui n'en décide pas? Réfléchissez-y pendant une petite minute.

vendredi 1 janvier 2010

L'holocauste par le mariage

Un texte d'Aliza Lavi, paru dans l'édition de ce jour d'un grand journal de l'entité sioniste nous donne l'occasion de revenir sur le caractère étrange de la conception du judaïsme par le sionisme. Cette personne, fort mignonne au demeurant, saisit l'occasion des fiançailles de Chelsea, la fille de Bill et Hillary Clinton avec le fils d'une riche famille juive américaine pour souligner le danger des mariages entre juifs et non juifs.




D'aucuns apprécieront sa comparaison de ce genre de mariages avec ce qu'on appelle l'holocauste, soit la tentative d'extermination des Juifs européens par le nazisme. L'auteur nous apprend qu'il y a eu en réalité plusieurs holocauste antérieurs en raison de ces fameux mariages mixtes.




Bon, elle ne pousse pas le bouchon jusqu'à taxer Mlle Clinton d'antisémite, mais on n'en passe pas loin.




La conception du judaïsme manifestée par ce texte n'est en rien spirituelle mais à mi-chemin entre une conception raciale et nationale tout simplement parce que l'auteure tente de résoudre à sa manière des contradictions qui restent cependant insolubles.




En effet, Aliza Lavi met en garde contre le danger à relativement court terme que posent les mariages mixtes à la communauté juive américaine, elle reconnait implicitement que ce danger est d'autant plus grand que les portes de la conversion au judaïsme restent le plus souvent à peine entrouvertes pour ceux qui souhaiteraient adhérer à la religion juive. Elle plaide donc pour un rabbinat plus ouvert à l'accueil des convertis car cet accueil doit se faire selon la loi juive. Mais comme ce sont les rabbins qui décident de ce qu'est l'application de la loi juive, il faut que retirer cette affaire aux religieux en désignant... des rabbins plus flexibles. Les positions de Mme Lavi ont moins à voir avec un motif spirituel qu'avec un motif national. Et c'est donc la nation, c'est-à-dire l'entité sioniste qui doit prendre cette affaire en charge sous peine de perdre ses "enfants au profit d'autres religions, d'autres peuples et d'autres nations". En une seule phrase, nous retrouvons l'intrication de ces trois termes; religion, peuple et nation.




On pointera certaines erreurs, par volonté ou ignorance, de Mme Lavi. Elle signale par exemple que, contrairement au christianisme et à l'Islam, le judaïsme n'est pas prosélyte. Ce n'est certes plus le cas, mais il n'en a pas toujours été ainsi et l'action prosélyte du judaïsme dans le Maghreb antique est bien connue. La fin du prosélytisme date de la prise en main de ce qu'on appelle judaïsme aujourd'hui par le rabbinat et la mise au pas d'une forme de judaïsme universaliste et non sectaire (le karaïsme).




Elle note concomitamment que le judaïsme, n'a été prosélyte ni par la persuasion et encore moins par la force. Cette affirmation n'a de valeur que lorsque le judaïsme est dépourvu d'Etat, ce qui a généralement été le cas avant l'instauration de l'Etat sioniste. Mais si nous prenons le cas du Yémen ancien, avec présence d'un Etat juif, nous observons un comportement tout à fait différent avec un roi Juif qui donne aux Chrétiens le choix entre la conversion au judaïsme ou la mort.



Le problème des mariages mixtes n'est pas une question religieuse, mais une affaire nationale
par Aliza Lavi, Yedioth Aharonoth (Sionistan) le 1er janvier 2010 traduit de l'anglais par Djazaïri

Chelsea Clinton, la fille d'une des familles les plus en vue de la classe politique américaine, a choisi un Juif pour mari. Le futur époux, Marc Mezvinsky, appartient à une famille du monde des affaires et de la politique. Preuve supplémentaire qu'on peut trouver des juifs au cœur même de l'establishment américain. L'ancien président et l'actuelle secrétaire d'Etat seront les beaux parents d'un Juif.

Avec toute notre reconnaissance et notre vieille amitié pour Bill et Hillary Clinton, et en dépit du fait que l'image de cette dernière joue le rôle d'exemple pour de nombreuses femmes dans le monde - on pourrait envisager cette même histoire sous un angle opposé et la considérer comme un motif de préoccupation.

Un type, membre d'une famille juive, fait un mariage mixte. On n'a aucune indication selon laquelle Chelsea Clinton envisage de se convertir au judaïsme. Et peut-être Marc, comme beaucoup de Juifs de sa génération; va-t-il épouser la femme qu'il aime sans se poser des questions en apparence obsolètes.

Bill et Hillary Clinton sont des amis sincères d'Israël et du peuple juif. Quand Hillary s'est exprimée, en qualité de première dame, le jour en mémoire de Yitzhak Rabin, elle avait commencé son discours par des citations de section hebdomadaire de la Torah. Peu de politiciens Israéliens le font. Ce faisant, Hillary montrait sa proximité intime avec le peuple juif et son patrimoine. Pendant la bataille pour la restitution des avoirs des victimes de l'holocauste conservés dans les banques suisses, c'est Hillary qui avait engagé Bill à agir pour le bien de la justice historique. Mais néanmoins, nos enfants ne peuvent pas se marier dans la famille Clinton.

Le nombre de mariages mixtes dans la diaspora a augmenté de 200 % ces 50 dernières années. Environ 55 % des mariages conclus par des Juifs sont mixtes. Dans un quart des familles, les enfants de la prochaine génération ne seront plus Juifs et auront, au mieux, une vague lien avec leurs racines juives. Une projection dans l'avenir montre qu'en l'espace de quelques générations, la communauté juive américaine aura pratiquement disparu, en dehors de sa composante religieuse et ultra orthodoxe.

Il y a des limites
Certains diront que je suis vieux jeu et raciste. Certains diront, "Pensez-vous vraiment que nous avons le droit de faire obstacle?" Et il y a ceux qui, comme certains de mes amis, qui disent qu(il y a si peu de différences entre les jeunes gens d'aujourd'hui qu'elle-même ne s'était pas rendue compte que sa fille s'était fiancée avec un Gentil avant que d'assister au mariage à l'église du frère de son futur gendre.
Ma réponse à ces arguments est la suivante: Oui, il y a des limites. La faculté du peuple juif à continuer à exister et à survivre à travers les générations repose, entre autres, sur le maintien du mariage à l'intérieur, et seulement à l'intérieur, de la communauté. L'assimilation et les mariages mixtes ont détruit des communautés complètes avant même l'holocauste.
La judaïsme, contrairement au christianisme et à l'Islam, n'est pas une religion missionnaire. Elle ne cherche pas à augmenter le nombre de ses croyants, ni par la persuasion et surtout pas en recourant à la force. Mais ce n'est pas non plus une religion fermée dans laquelle les gens ne peuvent pas entrer. Ceux qui souhaitent la rejoindre peuvent le faire, aux conditions de la loi juive. Ceux qui veulent épouser un homme ou une femme de confession juive peuvent se convertir. Les gens font des choses bien plus difficiles par amour.

Malheureusement, cette bataille semble presque perdue dans la communauté juive des Etats Unis. Mais du moins devrions nous, en Israël, parler en conséquence de ces mariages mixtes. avec plus de retenue et de façon moins colorée. En même temps, nous devons œuvrer à la nomination de juges rabbiniques qui soient sensibles et comprennent les nécessités de l'heure, qui permettront à ceux qui le veulent de se convertir. Les mariages mixtes ne sont pas un problème religieux mais un problème national. Ce n'est pas l'affaire des religieux. C'est l'affaire des juifs Israéliens qui risquent de perdre leurs enfants au profit d'autres religions, d'autres peuples et d'autres nations.